fusil sur la tempe

Le fusil sur la tempe

Par Philippe David

Un aspect du débat autour du projet de loi 3 sur la pérennité des régimes de retraite des employés municipaux qui, je crois, ne reçoit pas suffisamment d’attention est la légitimité.

Si on devait en croire les matamores des syndicats, ce projet de loi met en péril les acquis de leurs membres et donc, tout leur est permis pour protéger leurs acquis. La réalité est que leurs acquis ne sont absolument pas menacés. Tout ce que le projet de loi fait est de forcer les employés du secteur public à contribuer plus à leur retraite. La retraite dorée à 50 ans est certainement encore là pour ces travailleurs, ce qui est loin d’être le cas pour ceux qui payent les taxes qui ont comblé les déficits de ces régimes au cours des années.

La Rolls Royce

Les employés du secteur public jouissent de privilèges que l’écrasante majorité des travailleurs du privé n’ont pas. Ils ont la Rolls Royce des plans de retraite (Cadillac, c’est même plus assez riche pour décrire ces régimes. Ce sont des Rolls Royce, des Bentley, des Lamborghini même! Rien de moins!). Ce sont des régimes à prestation déterminées.

Qu’est-ce qu’un régime à prestation déterminées? Simplement, on vous garantit que peu importe l’état de la caisse de retraite, on vous pairera à la retraite un montant x, généralement un savant calcul basé sur le nombre d’années de service et vos meilleures années de salaire. Après 25 ans de service, certains régimes vont vous garantir jusqu’a 70% de la moyenne de salaire de vos 5 meilleures années, indexé au coût de la vie. Considérant qu’une fois à la retraite, votre coût de la vie est considérablement réduit (après tout, vos enfants ont présumément quitté le nid et vous n’avez pas toutes ces dépenses reliées à l’emploi), donc 70% du salaire de vos meilleures années est énorme et vous permet de maintenir un niveau de vie encore plus élevé que lorsque vous travailliez.  Certainement ce genre de régime est un rêve pour ceux qui peuvent en bénéficier. Ils obtiennent, tout au long de leur retraite, peu importe combien d’années ils vivent, une rente substantielle à l’abri de tous les aléas des marchés.

Cependant, si justement, on se retrouve avec de moins en moins de cotisants, le régime devient de plus en plus dépendant aux rendements des marchées pour maintenir leur viabilité et si ces rendements ne sont pas au rendez-vous, la caisse de retraite peut facilement se retrouver en déficit.  Qui doit combler ces déficits? Selon les syndicats, c’est à l’employeur. Mais dans le secteur public, l’employeur c’est vous!

Et le reste d’entre nous?

Même parmis les plus grosses entreprises du Québec (200 employés et +), moins de 50% des travailleurs ont la chance d’avoir un tel régime. De plus ce type d’entreprise compte pour moins de 1% de toutes les entreprises au Québec, ce qui fait que la grande majorité des travailleurs du secteur privé n’ont pas ce genre de régime. Une autre distinction importante est le nombre d’années de service. Pour obtenir les prestations maximales, il faut travailler pour le même employeur 25 ou 30 ans. Ce n’est pas inhabituel du côté public, mais qui, de nos jours, travaille encore aussi longtemps pour le même employeur?

Donc, non seulement très peu de travailleurs du privé ont accès à des régimes à prestation déterminées, mais encore moins de ces travailleurs pourront prendre leur retraite avec pleine pension. La retraite dorée des employés du secteur public n’est donc qu’un rêve inaccessible à la grande majorité des travailleurs qui pourtant sont forcés à contribuer aux régimes des employés publics.

L’Iniquité avec un grand « I »

Quand je dis que les travailleurs du privé sont forcés de contribuer aux régimes de retraite des employés, ce n’est pas seulement au sens figuré. Ces travailleurs n’ont guère le choix que de payer leurs taxes et impôts, dont une partie est allé à fournir non-seulement les contributions normales de l’employeurs, mais aussi combler les déficits, très substantiels dans certain cas, de ces régimes.

Si encore ces privilèges avaient été obtenues par le biais d’ententes de bonne foi entre les syndicats et la partie patronale, mais dans le sercteur public, nous savons tous qu’il n’en est rien. Le terme « libre négociation » brandi par les syndicats n’a jamais été autre chose qu’une grosse farce dont nous sommes tous les dindons.  Ces privilèges ont toujours été obtenus en prenant la population, dépendante des services municipaux et gouvernementaux monopolisés, très littéralement en otage comme s’ils avaient un fusil sur la tempe. Comment alors peut-on parler de bonne foi? L’usage de la force, de l’extortion, du vandalisme sont-ils ce qu’on appelle « négocier de bonne foi »?

Comment se fait-il que nous acceptons encore la légitimité de ces privilèges accordés à une infime minorité au dépens de la grande majorité des travailleurs? Qu’est-ce qui rend cette minorité plus méritante que les autres? Rien, sauf le rapport de force dont ils jouissent.

Certains vous diront qu’il faut vivre dans la réalité. Que ces privilèges ont été accordés depuis si longtemps qu’ils sont maintenant des acquis que nous ne pouvons pas retirer. J’imagine que c’est probablement ce qu’on disait naguère des titres de noblesse. Du moins, jusqu’à ce qu’on décide de passer quelques nobles à la guillotine. Mais maintenant, la nouvelle noblesse, ce sont les employés du secteur public et il arrivera un jour où leurs privilèges ne seront plus tolérés.

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Tuer la poule aux œufs d’or?

Par Philippe David
Récemment, les jeunes libéraux ont fait d’intéressantes propositions que Philippe Couillard a tôt faites de tuer dans l’œuf. L’une d’entre elles est de privatiser la SAQ, une proposition qui devient de plus en plus populaire.

Réjean Parent, en bon syndicaliste qui s’est enrichi largement grâce à l’expansion de l’état québécois, pousse le bouton panique en disant que si le gouvernement se défait de la SAQ, nous allons tuer la poule aux œufs d’or. Bien sûr, tous les moyens sont bons pour piller la population et grossir l’état toujours plus. Selon lui, l’idée que nous vivons au-dessus de nos moyens relève de la pure fiction, malgré toutes les preuves du contraire. Après tout, combien de dettes accumulées un gouvernement doit-il avoir avant que les syndicats réalisent qu’il dépense bien au-delà de ce qu’il récolte en impôt et taxes de toutes sortes et que, étant déjà la juridiction la plus taxée en Amérique du Nord, il ne peut guère augmenter les taxes sans souffrir des conséquences (voir : Courbe de Laffer).

Est-ce que le gouvernement du Québec perdrait tant de revenus que ça s’il privatisait la SAQ? Considérant qu’il continuerait quand même à taxer chaque bouteille de vin et spiritueux vendue et qu’il n’aurait plus à payer les salaires et plans de pension relativement exorbitants (comparativement au marché de la vente au détail) des employés de la SAQ, probablement pas tant que ça. Et même si c’était vrai, devrait-on verser une larme? Après tout, nous les consommateurs payons déjà assez.  Pourquoi devrions-nous payer plus? Nous travaillons déjà la moitié de l’année pour le gouvernement et les impôts et taxes sont déjà ce qui a le plus augmenté dans notre budget familial.

Est-ce vraiment le rôle du gouvernement d’être un détaillant d’alcool? Ou tant qu’à y être de gérer des casinos et vendre des billets de loteries? Ou même, produire et distribuer l’électricité (à perte, côté production du moins)? La dernière fois que j’ai vérifié, ça ne faisait ni partie des fonctions régaliennes, ni de ce qu’on considère typiquement comme un service public essentiel. Alors pourquoi l’état québécois a-t-il  nationalisé ces marchés si ce n’est que pour soutenir l’insoutenable?

Pour M. Parent, la solution passe toujours par plus de revenus pour l’état. Nul doute qu’il n’aurait aucun problème à ce que l’état vienne vous chercher jusqu’à votre dernière cenne noire (puisque ça se traduit par plus de cotisations perçues pas les syndicats). Et si ce n’est pas assez, empruntons toujours plus pour hypothéquer les générations futures. Il ne serait surtout pas question de dire que peut-être le gouvernement est trop inefficace et que l’entreprise privée mise en concurrence, offrirait la plupart des services présentement offerts par le gouvernement à meilleure qualité et meilleur coût simplement dû au fait de ne pas être un monopole gangréné! C’est pourquoi il serait impératif de réfléchir  à quels services devraient être confiés au gouvernement. Puisque c’est effectivement un monopole lourdaud (et corrompu à l’os), ne devrait-on pas lui confier le moins possible?

Certains vous diront que ces services ne sauraient être confiés au privé qui n’a pour intérêt que de faire du profit, mais qu’est-ce qui est vraiment mieux? Obtenir un service de quelqu’un qui a tout avantage de vous en offrir pour votre argent parce qu’il dépend de chaque dollar que vous dépensez volontairement  chez lui plutôt que chez son compétiteur, ou quelqu’un qui se fout éperdument de vous parce qu’il aura votre argent de force, peu importe la qualité du service qu’il offre et que de toute façon, vous ne pouvez pas aller ailleurs? Réfléchissez-y deux secondes. Croyez-vous vraiment que vous serez mieux servis par le deuxième?

Donc, privatiser la SAQ et ouvrir le marché de la vente d’alcool à la concurrence (simplement remplacer un monopole public par un monopole privé ne serait vraiment une solution) offrirait non seulement un meilleur service à meilleur prix, mais il donnerait un peu de justice aux consommateurs québécois de vins et spiritueux, depuis trop longtemps les prisonniers de ce monopole.

[Crédit photo : Comparaison de prix SAQ vs US par Philippe David]

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