La plume et l’épée

Par Philippe David

Depuis toujours, les caricaturistes se donnent pour mission de ridiculiser les conneries de ce monde et le monde est certainement une source intarissable de bêtises. C’est leur job!  Dépassent-ils occasionnellement les limites du bon goût? Assurément! Mais il faut parfois choquer les gens pour les faire réfléchir. L’humour est souvent une source d’introspection. Du moins, pour ceux qui en sont capables (une infime minorité, j’en conviens).

C’est, je crois, ce que Charlie Hebdo faisait. Ses auteurs et caricaturistes poussaient la limite du bon goût et brassaient les cages afin de réveiller les gens et pour eux, aucun sujet n’était tabou. Ils s’attaquaient autant à des figures politiques, des célébrités et toutes les religions.  Ils débusquaient sans aucune gêne la connerie, où qu’elle se trouve.

Pourtant, de tous les groupes qu’ils ont piqué de leurs plumes, un seul a tenté par deux fois de les réduire au silence par la violence. Certains disent que Charlie Hebdo est l’artisan de ses propres malheurs. «Qui sème le vent récolte la tempête», disent-ils. «Ils ont été beaucoup trop incendiaires, ils sont allés trop loin!» Vraiment? N’est-ce pas comme dire qu’une femme mérite d’être violée parce que sa tenue dévoile un peu trop de peau au goût de certains?  L’insulte et le ridicule ne sont pas les crimes, mais le meurtre et l’intimidation, eux, le sont. Devrions-nous plier l’échine et laisser des barbares nous dicter ce que nous pouvons et ne pouvons pas publier dans un journal à coup de kalachnikov? C’est inacceptable! Si un journal publie quelque chose qui vous déplaît ou qui vous offense, vous pouvez envoyer une lettre à l’éditeur, faire une plainte, protester, dénoncer mais VOUS NE POUVEZ PAS TUER!!!!  Suggérer que les gens de Charlie Hebdo ont mérité ce qu’il leur est arrivé, c’est cautionner que la violence est une réponse légitime à leurs écrits et leurs dessins.

Ce n’est pas d’hier…

Ce n’est pas d’hier que ce genre de chose se produit. Comme Mario Roy,  ancien éditorialiste de La Presse nous le rappelle sur son blogue, L’occident a la chienne depuis 15 ans.   Souvenons-nous des émeutes suite à la publication des caricatures de Mahomet dans le quotidien danois  Jyllands-Posten, des batailles légales d’Ezra Levant et Mark Steyn contre les diverses commissions des droits canadiennes et tous les assassinats commis en criant «Allahu ackbar».  Tous des actes de barbarie abjecte.

Il est étonnant de voir à quel point les médias sont complaisants.  Vous pouvez critiquer ou même ridiculiser toutes les religions, sauf une: l’islam. La foi des musulmans est-elle si fragile qu’elle ne supporte aucune critique? Je ne peux pas concevoir que dans une société civilisée, nous tolérons qu’un groupe se conduise en brute de cour d’école à chaque fois que quelqu’un critique sa religion. C’est intolérable.

Encore aujourd’hui,  un imam à Ottawa déclarait que de faire des caricatures de leur prophète devrait être illégal. Je l’inviterais à utiliser la liberté dont il jouit au Canada pour déménager ses pénates dans un pays qui concorde mieux avec son idéologie (l’EI, par exemple)  parce qu’il n’y a aucune bonne raison d’avoir une telle loi ici au Canada.  Non seulement cautionne-t-il les attaques contre les médias, mais il voudrait utiliser la force de notre gouvernement contre nous-même. Quel culot tout de même! Si tous les musulmans s’indignaient des conneries faites au nom de leur religion la moitié de ce qu’ils s’indignent pour les caricatures, Charlie Hebdo aurait beaucoup moins de matériel à se mettre sous la dent! Ce n’est pas parce que Charlie Hebdo fait des caricatures que les islamistes font des conneries, c’est parce que les islamistes sont cons que Charlie Hebdo fait des caricatures.

Les canards du kiosque de tir

Un autre aspect de ce drame que peu de chroniqueurs québécois ou français  vont mentionner est que les employés du Charlie Hebdo auraient pu tout aussi bien se promener avec une cible peinturée dans le dos.  Comment est-ce possible que des hommes puissent débarquer au milieu d’un quartier affluent de Paris avec des kalachnikovs à la main? Ces armes ne sont-elles pas interdites en France? Car, voyez-vous, pour ceux qui veulent aller commettre un acte terroriste, les interdiction contre les armes à feu sont le cadet de leurs soucis. Nous avons pourtant vu de nombreuses vidéos des tueurs. Et si ces gens avaient été armé d’autre chose que des caméras, les tueurs auraient-il pu faire  autant de victimes?  Nous ne le sauront jamais.

Toujours est-il que ces interdictions ont transformé les citoyens ordinaires en canards de kiosque de tir.

La plume et l’épée

Vous pouvez tuer un caricaturiste, un éditorialiste ou un chroniqueur, un autre prendra leur place. Les idées sont à l’épreuve des balles. La plume demeurera plus puissante que l’épée tant que nous ne nous laisseront pas intimider par des barbares.  Après tout, si des millions publient ces caricatures, ils ne peuvent pas tous nous tuer. Même si Charlie est un canard de gauche, je me battrai jusqu’à la mort pour son droit d’exister et de s’exprimer.

Les yeux grand fermés

Par Philippe David

Il est pratiquement impossible de discuter politique sur les réseaux sociaux sans rencontrer quelqu’un qui réclame à grand cris l’abolition du capitalisme. Ils décrient l’exploitation d’un tel système qui selon eux, ne profite qu’aux riches et puissants et écrase les pauvres.

Quoi?  Les pauvres étaient-ils mieux avant l’avènement de la révolution industrielle et du capitalisme? Étions-nous tous riches à craquer. N’y avait-il aucune famine? Avions-nous une meilleure espérance de vie? N’y avait-il pas de riches et puissants et des pauvres également à cette époque? Les écarts de richesse étaient-ils moindres? Bref, la condition humaine était-elle vraiment meilleure à l’époque pré-capitaliste? Allons! Soyez honnêtes!

Nonobstant les écrits d’auteurs comme Charles Dickens, la réalité est que non, la condition humaine n’était pas meilleure avant le capitalisme. Elle était bien pire! La vie était courte et brutale et nous étions fréquemment fauchés dans la fleur de l’âge par des maladies et blessures maintenant considérées comme bénignes. Nos récoltes pouvaient être décimées par toutes sortes de fléaux et la disette nous guettait à tout moment. La grande majorité de la race humaine ne vivait pas, elle survivait, de peine et de misère! Seules la royauté, la noblesse et une poignée de bourgeois vivaient au-dessus du niveau de subsistance et les rois et les nobles ne devraient leur propre richesse qu’au pillage des autres classes. Et si vous êtiez nés un roturier, vous mourriez aussi comme tel, à moins d’avoir accompli un quelconque exploit, et encore! Telle était la vie à cette époque. Aimeriez-vous y retourner? Non? Pourtant, en proposant d’abolir le capitalisme, c’est exactement ce que vous suggérez de faire!

Que vous vouliez l’admettre ou non, ce n’est que depuis le 18e siècle que la race humaine a commencé à s’élever au-dessus de l’état d’extrême pauvreté. Qu’est-ce qui a changé à ce moment? Nous nous sommes rendus compte que par l’épargne, le réinvestissement des profits et la mécanisation, nous pouvons produire de plus en plus par heure travaillée, ce qui nous permet de produire toujours plus avec de moins en moins de travail et de ressources. C’est comme ça que nous avons créé de plus en plus de richesse. Les produits qui autrefois ne pouvaient êtres produits qu’en petite quantité étaient désormais produits en grande quantité à plus faible coût que jamais auparavant, les rendant disponibles non seulement aux riches, mais aussi aux masses. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les hommes arrivaient lentement, mais sûrement à se nourrir plus convenablement. Pour la première fois dans l’humanité, il était possible de s’enrichir plus par la production et le commerce que par le pillage et il était possible même à des pauvres de devenir aussi riches, sinon plus que les nobles.

Bien sûr, tout le monde ne s’enrichit pas au même rythme, mais ils s’enrichissent tout de même. Alors qu’avant la révolution industrielle 90% de la race humaine vivait dans la misère la plus absolue, aujourd’hui il n’y a guère plus que 17% d’une population mondiale plus de cent fois plus vaste qui vit toujours dans la pauvreté extrême. Il n’y a jamais eu de meilleur moyen d’éliminer la pauvreté que la libre-entreprise. C’est elle qui crée les emplois qui sortent les gens de la misère et qui permet à leurs enfants de s’éduquer pour aspirer à une vie meilleure. C’est elle aussi qui a inspiré toutes les innovations qui agrémente nos vies et les rendent plus aisées.

C’est donc plutôt ironique de nos jours de voir des inconscients condamner un système sans lequel le média ou les appareils avec lesquels ils le condamnent n’existeraient même pas. J’en rirait si leur aveuglement n’était pas si tragique.

La valeur du savoir

Par Philippe David

J’apprend ce matin, via le site de Radio-Canada, que selon un sondage réalisé l’automne dernier par Mitacsfaire de longues études n’est pas nécessairement une garantie de richesse (matérielle, du moins). En effet, on y apprend que deux tiers des post-doctorants gagnent moins de $45 000/an et qu’à peine 20% des finissants arrivent à se décrocher un emploi dans leur discipline.  Ces chiffres me laissent songeur.

Certains diront que des études ce n’est jamais perdu mais que vaut vraiment le savoir s’il ne peut pas être mis en application? Est-il vraiment utile de passer de longues années à étudier pour ensuite se retrouver à occuper un emploi ou ce savoir est complètement inutile? Est-il utile de s’endetter personnellement pour finalement n’en retirer aucun avantage financier afin de rembourser ces dettes? Par la même occasion, puisque ces études sont en grande partie financées par les contribuables, est-ce que la société y gagne au change à dépenser tant d’argent et voir ce savoir se perdre, puisqu’il n’est mis au service de personne?

À quoi sert l’éducation?

Peu importe ce que certains peuvent en penser,  l’éducation n’est pas une fin en soi.  Nous étudions d’abord et avant tout pour se munir de certains outils intellectuels nous permettant d’atteindre un but précis. Ce but peut être pour satisfaire une curiosité personnelle ou pour acquérir une culture générale ou pour apprendre une discipline précise qui nous permettra de décrocher  un emploi et faire de nous un membre productif de la société et nous permettre  de subsister et subvenir à nos besoins personnels.

Si vos priorités sont bien ordonnées, votre  premier objectif doit être de veiller à votre subsistance. Après tout, vous ne pouvez pas vivre éternellement au dépens de vos parents. Un jour où l’autre vous devrez assurer votre propre survie et croyez-moi, du point de vue de vos parents, le plus tôt sera le mieux! Donc, si par bonheur, vous pouvez marier l’utile à l’agréable et trouver une discipline qui vous passionne et qui peut vous permettre de gagner votre croûte, à la bonne heure! Mais sinon, vous devrez faire certains compromis. Je suis certain que d’étudier l’organisation sociale des macaques d’Indonésie peut être passionnant, mais il y a peu de chance que vous puissiez décrocher un emploi qui vous permettra de faire ce genre de recherche. C’est malheureux, mais vous devrez probablement passer au plan B (ou C ou D) si vous ne voulez pas faire partie du 80% des hauts diplômés qui travaillent chez Mc Do.

Des incitatifs tordus.

Pourquoi avons-nous tant de gens qui poursuivent des études sans avenir? Ils sont présumément intelligents et savent sûrement que peu de débouchées existe dans leur champs d’étude, alors pourquoi persistent-ils? La raison est simple: le système actuel leur épargne beaucoup du poids des conséquences de leur décisions.  Puisque leurs études sont financées en grande partie par l’état, leurs études ne leur coutent que très peu cher, comparativement à ce qu’elles coûtent aux contribuables. Ce n’est qu’une autres des multiples façons que l’état socialise les pertes et privatise les gains. Si les études débouchent sur un emploi bien rémunéré, les gains  vont directement dans les poches du premier concerné, mais sinon, c’est l’ensemble des contribuables qui paie pour une éducation qui ne lui est d’aucun bénéfice.  C’est similaire au dilemme quand un médecin est formé dans nos universités, mais qu’il décide ensuite d’aller pratiquer ailleurs. Dans ce cas aussi, nous avons payé pour rien.

Quelles solutions?

À ce petit problème,  je ne vois pas beaucoup de solutions. En fait, je n’en vois que deux:

  1. Soit l’état décide quelles études vous avez le droit de faire
  2. Soit l’étudiant doit payer le plein coût de ses études et subit seul les conséquences de son choix

La première implique de vous forcer à aller dans une discipline que vous n’aimerez peut-être pas alors que la seconde vous laisse libre de choisir, mais vous laisse en subir les conséquences, bonnes ou mauvaises.

Je vous laisse deviner quelle des deux solutions je préfère…

Faustérité

Par Philippe David

Samedi dernier, ça hurlait dans les rues. Avec la mise à jour économique  de Carlos Leitao d’hier, ça risque de continuer à hurler contre la soi-disant « austérité ».  Pourquoi hurlent-ils? Certainement, les contribuables ont de quoi hurler. On leur balance taxe par-dessus taxe, tarif par-dessus tarif. Certainement eux, ils doivent se serrer la ceinture. Mais qu’en est-il des autres?  N’est-ce pas ironique que ceux qui hurlent le plus, sont en fait ceux qui en perdent le moins au change?

Les gras-dur

Les syndicats font certainement beaucoup de bruit, mais pourquoi? Est-ce que le gouvernement a congédié 30% de la fonction publique comme en Estonie? Ont-ils coupé leurs salaires de 20% comme en Grèce (ou comme l’a fait René Lévesque en 1980)? Ont-ils supprimé leur sécurité d’emploi ou remplacé leurs régimes de retraite dorés à prestation déterminées contre des régimes à cotisations déterminées comme ils ont fait en Suède (pourtant le modèle préféré de la gauche)?

Ont-ils privatisé des services publics? Ont-ils aboli des ministères? Ont-ils fait ne serait-ce qu’une réforme structurelle? Les syndicats se plaignent de quoi au juste? Si le gouvernement de Philippe Couillard avait fait ce que des pays comme la Suède, l’Estonie ou la Lettonie ont fait, les syndicats auraient eu de quoi hurler, mais ils braillent la bouche pleine! Personne ne leur a encore rien enlevé si ce n’est que de leur faire payer un peu plus pour leurs régimes de retraites dorés, que la majorité des contribuable qui payent pour n’ont pas.  Dites-moi que ce n’est pas totalement pervers!

La vraie austérité.

La vraie austérité c’est de remettre en question notre façon de faire. C’est de revoir ce qui fonctionne et qui en fonctionne pas et éliminer ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est pas faire juste quelques coupes cosmétiques et faire le reste du retour à l’équilibre budgétaire en jouant dans la colonne des revenus.

Jusqu’ici, ce que j’ai vu du gouvernement c’est faire porter un complet à rayures verticales à quelqu’un souffrant d’obésité morbide pour essayer de l’amincir  plutôt que de lui faire une gastrectomie et une liposuccion.  Parce que c’est vraiment de ça que l’état québécois a besoin.

D’autres l’ont fait

Comme je l’ai mentionné plus haut, d’autres pays l’ont fait, notamment la Suède, l’Estonie et la Lettonie. Ils ont osé regarder leur modèle, le remettre en question et tenter dégraisser la machine.  Quand aurons nous des politiciens qui auront le courage de faire la même chose plutôt que de nous infliger toujours plus de taxes et de tarifs?

 

Le grand mythe de l’austérité

Par Philippe David

Le terme « austérité » a mauvaise presse ces temps-ci. On voit ce terme galvaudé à gauche et à droite, surtout à gauche, à toutes  sauces, tant par des illettrés économiques que par des prix Nobel de l’économie comme Stiglitz et Krugman, mais c’est quoi l’austérité vraiment?

Quand on examine les dictionnaires, on y parle de rigueur en général ou rigueur budgétaire en particulier. Certains démagogues parlent de « coupes sauvages ». Certaines doctrines économiques ne jurent que par les interventions du gouverment pour contrer ce qui est perçu comme « les lacunes du capitalisme ».  Pour ces gens if fait un certain sens de toujours vouloir  plus de dépenses gouvernementales et ils trouveront certainement des tas de raisons pour justifier ces dépenses. Ils auront donc intérêt à nous mettre en garde contre toute diminution des dépenses de l’état parce que ces gens croient qu’ils sont plus éclairés que le reste des gens et croient qu’ils peuvent gérer les ressources mieux que vous.

Qui gère mieux quoi?

L’austérité revient en réalité à une seule question: « Qui gère mieux quoi? ».  Les ressources dans l’économie ne sont pas infinies (comme les anti-capitalistes aiment à nous rappeler, comme si nous ne le savions pas) et dans notre société, deux grands groupes se font concurrence pour les gérer: Les individus et le gouvernement.  Effectivement, celui ou celle qui s’oppose à « l’austérité » croit effectivement que le gouvernement est le mieux qualifié pour gérer ces ressources, alors que celui qui est pour les mesures d’austérité croit au contraire que les ressources sont mieux gérées par les individus.

Des opposants de l’austérité, comme Stiglitz et Krugman croient que les dépenses du gouvernement viennent avec un « multiplicateur » qui fait qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait pour deux dollars de bien. Sur quoi repose cette assomption demeure encore un mystère, mais il faut les croire sur parole que c’est vrai, même s’il n’existe aucune donnée empirique pour le prouver.

Cependant, l’économiste Milton Friedman qui a consacré sa vie à démontrer de façon empirique que les programmes gouvernementaux sont invariablement inefficaces, explique qu’il y a quatre façons de dépenser de l’argent:

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

Avec les individus, ce sera invariablement les trois premiers qui primeront. Pour les gouvernements, c’est pratiquement exclusivement la quatrième méthode qui prime. C’est pour ça que pratiquement tous les programmes gouvernementaux aboutiront inévitablement avec des dépassements de coûts, du gaspillage et de la corruption. Vous ne me croyez pas? Retournez voir les clips des témoignages de la Commission Charbonneau sur Youtube. Si ça ne vous convainc pas, rien ne vous convaincra et on pourra effectivement dire que votre foi en l’état prend des caractéristiques religieuses. Le fameux multiplicateur des keynésiens, dans les faits est plutôt un diviseur.

La véritable question

Certains essaient de vous faire croire que si certains services ne sont pas offerts par le gouvernement, ils ne le seront pas du tout, ou ils seront offerts à des prix prohibitifs par le privé. Pourtant c’est faux. Là où le gouvernement offre un service, il revient toujours généralement plus cher. Pensons simplement aux prix de la SAQ.

La gratuité de certains services n’est aussi qu’une grande illusion qui ne persiste que par les véritables coût sont cachés. Un excellent exemple de ceci est notre système de santé qui coûte moins que le système américain, nous dit-on (et pourtant pas beaucoup moins), mais quels sont les coûts engendrés par tous les temps d’attentes du système? Combien coûtent toutes les heures que nous passons à attendre à une salle d’urgence (qui est vraiment un oxymore dans notre système) ou les mois où des gens ne peuvent travailler en attendant une chirugie orthopédique ou cardiaque qui les rendront de nouveau productifs. Comme l’a souvent dit l’économiste Frédéric Bastiat, ce qui est important dans l’économie n’est pas tant ce qu’on voit, mais ce qu’on ne voit pas. Ainsi il est bien plus aisé de voir ce qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait que de faire l’effort intellectuel pour imaginer ce qu’il aurait pu faire dans les mains d’un individu, si on ne lui avait pas arraché par la force.

Puisque les ressources ne sont pas infinie et que les gouvernements ont toujours été et seront toujours des gaspilleurs de ressources à grande échelle et que chaque dollar dépensé par un gouvernement est un dollar de moins dépensé de façon plus productive par un individu. Donc, dans le débat sur l’austérité, la véritable question est combien de ressources finies voulons-nous vraiment confier au gouvernement. La réponse devrait être simple: le moins possible.

Quand les gougounes se mêlent d’économie…

Réponse à Marilyse Hamelin

 

Par Philippe David

Chère madame,

L’économiste Murray Rothbard a dit un jour que « ce n’est pas un crime d’être ignorant(e) en économie, qui est après tout une discipline spécialisée que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre», mais il est totalement irresponsable d’exprimer une opinion forte et bruyante des sujets économiques tout en demeurant dans cet état d’ignorance. » Vous auriez dû tenir compte de ce sage conseil lorsque vous avez rédigé votre chronique car vous y avez étalé toute votre ignorance de façon magistrale! Il y a tellement d’erreurs factuelles dedans qu’on ne sait guère où commencer. Commençons donc par le commencement.

Roosevelt, le New Deal et la Grande Dépression.

Je dois admettre que sur ce sujet, si vous avez erré, c’est probablement la faute de notre système d’éducation qui véhicule de nombreux mythes sur cette période de l’histoire. C’est aussi probablement parce que les historiens ne connaissent rien non plus en économie et qu’ils ne savent pas interpréter les résultats des politiques économiques qui ont été mises en vigueur pendant cette période, encore moins d’en évaluer l’efficacité.

Depuis ce temps, des économistes comme Harold Cole et Lee O’Hanian à UCLA ont déterminé que le New Deal de Roosevelt, plutôt que de mettre fin à la Grande Dépression, l’ont plutôt rallongée de 7 ans.  D’ailleurs,  pourquoi pourriez-vous croire que le New Deal ait vraiment été un succès alors que le chômage était encore à peu près au même niveau en 1941 quand les États-Unis sont entrés en guerre, que lorsque Roosevelt a pris le pouvoir? S’il vous était donné de faire quelques recherches, vous seriez probablement étonnée d’apprendre que la cause de la Grande Dépression n’était pas, tel que les historiens le prétendent, le krach de 1929, quoiqu’il y ait contribué, mais plutôt les interventions gouvernementales et de la Réserve Fédérale qui ont transformé ce qui aurait été une courte récession en une dépression de plus d’une décennie.

Bien sûr, le problème du chômage s’est vite résolu en envoyant les chômeurs se faire tuer au front, mais la prospérité était tout sauf revenue pendant la guerre alors que la presque totalité de la production était détournée à fabriquer des tanks et des bombes, alors que les gens à la maison devaient survivre avec des cartes de rationnement. Pourtant, la plupart des livres d’histoire vous diront que la dépression s’est terminée au début de la guerre.

Contrairement à ce que vous prétendez, les trente glorieuses qui ont suivi la guerre n’ont pas eu lieu grâce aux politiques social-démocrates de Roosevelt, mais simplement parce que les économies occidentales se sont remises à produire autre chose que du matériel militaire, libérant ces ressources pour inonder le marché de réfrigérateurs, de cuisinières, de laveuses-sécheuses, d’automobiles, de téléviseurs et de radios à transistor. Au fait, vous n’étiez pas sérieuse lorsque vous avez affirmé que les États-Unis n’ont connu aucune récession ni dépression de 1930 à 1970, j’espère? Commençons par le fait que pendant toutes les années 30, les États-Unis étaient en dépression et ont même réussi l’exploit d’avoir une récession à l’intérieur d’une dépression (en 1938), selon les données du NBER, de 1945 à 1975, les 30 années qui ont suvi la guerre, les États-Unis ont eu pas moins de sept récessions! Embarassant, n’est-ce pas? Mais ne laissez surtout pas les faits et les statistiques briser vos illusions!

Reagan, Thatcher, Mulroney et « l’austérité »
[Insérez la musique de « Psycho » ici]

Je ne veux pas trop m’étendre sur ce sujet, mais je vais m’y attarder juste assez longtemps pour montrer à quel point vos affirmations sont ridicules. Tout d’abord, puisque vous semblez totalement ignorante de ce qu’est vraiment une politique d’austérité, je vous offre une définition:

Politique d’austérité

Au niveau d’une nation ou d’une entreprise une politique d’austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur

S’il s’agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l’endettement du pays, une politique d’austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.

Dans la lutte contre l’inflation, la politique d’austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s’appuyant sur divers leviers :
– la restriction du crédit,
– la modération salariale,
– l’augmentation de la pression fiscale…

(Selon le Toupictionnaire.)

Expliquez-moi alors comment Reagan, Thatcher et Mulroney qui ont été au pouvoir respectivement 8,11 et 9 ans n’ont pas réussi à équilibrer leur budget pendant tout ce temps, à part pour Thatcher dans sa dernière année? De quelle austérité parlez-vous au juste?

L’exemple suédois… Ja ja!

Vous serez probablement surprise de me voir dire que j’approuve entièrement l’idée de suivre le modèle suédois. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que vous croyez. Voyez-vous, comme tous les socialistes québécois, vous vivez dans l’illusion que la Suède est un pays social-démocrate et que sa prospérité prouve votre point. Mais c’est là que vous faites votre plus grande erreur.

En effet, la Suède a connu une période social-démocrate pendant les années 1970 et 1980 et ça les a mené sur le bord de la ruine. Un peu comme le Québec maintenant. Qu’ont-ils fait? Au début des années 90, suite à un krach bancaire, ils ont adopté, vous avez deviné… des politiques d’austérité. Ils ont réduit les dépenses de l’état, réformé et privatisé un grand nombre de services publics, réformé les retraites des fonctionnaires et mis fin à leur sécurité d’emploi. Ils ont aussi réformé leur système de taxation et dérèglementé l’industrie. Ils ont libéralisé leur système scolaire et introduit des bons d’études. Bref, toutes les politiques qui feraient hurler de désespoir la gauche québécoise.

La Suède a investi, c’est vrai, mais plutôt que d’investir dans l’État, elle a investi dans le marché.  Alors que vous croyiez par leur exemple prouver que les politiques d’austérité ne fonctionnent pas, la Suède, au contraire, a prouvé sans équivoque que ces politiques fonctionnent à merveille! Pas de chance!

Alors, la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie d’émettre des opinions fortes et bruyantes sur des sujets économiques, essayez donc de faire quelque chose à propos de votre profond état d’ignorance du sujet. C’est vraiment embarassant.

Veuillez accepter, chère dame, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

Le droit à l’auto-défense

Par Philippe David

Je ne peux pas m’empêcher de voir une touche d’ironie quand je vois les gens acclamer Kevin Vickers en héros. C’est vrai qu’il a agit avec bravoure pour protéger les gens d’un dangereux tireur fou, ce qui démontre encore une fois que la meilleure façon de stopper un mauvais homme avec un fusil, c’est avec un bon homme avec un fusil. Les mauvais se moquent bien des registres d’armes à feu et des restrictions sur celles-ci. Une personne voulant commettre un crime peut trouver assez aisément trouver une arme avec numéro de série limé sur le marché-noir, même au Canada. Donc, les restrictions d’armes n’ont jamais servi, en réalité, qu’à empêcher les honnêtes gens d’en posséder.

L’ironie est que pendant que Kevin Vickers est acclamé en héros, beaucoup de citoyens ordinaires doivent consacrer beaucoup de temps et d’argent à se défendre devant les tribunaux. Leur crime? Avoir tenté de protéger leur vie, leur famille et leur propriété.

En janvier 2011, j’avais publié un texte sur le Minarchiste Québécois, relatant quelques exemple. Je le partage avec vous aujourd’hui.

Quand les victimes sont traitées en criminels

Par Philippe David • 27 janvier 2011

On dit souvent en dérision que lorsque les secondes comptent, la police sera là dans quelques minutes. En fait, dans la plupart des grandes villes canadiennes, le temps de réponse de la police à un appel au 911 est en moyenne dix minutes. Si vous faites face à un attaquant armé, ça veut dire que les policiers arriveront à temps pour tracer le contour de votre cadavre à la craie. Aussi, peut-on blâmer un citoyen qui cherche à se protéger lui-même, sa famille et sa propriété? Apparemment, les policiers croient que oui. Je vous cite quelques exemples:

En août dernier à Port Colbourne en Ontario, trois hommes masqués ont lancé six cocktails molotov sur la résidence d’ Ian Thomson alors qu’il dormait à l’intérieur. Réveillé par le bruit et apercevant les intrus, il récupère un de ces révolvers de son coffre-fort, le charge et sort à l’extérieur, tirant deux ou trois fois dans les airs pour effrayer ses agresseurs qui ont pris la fuite. Il a ensuite avertit la police et leur a remis les enregistrements de ses caméras de sécurité (apparemment ce n’était pas la première fois qu’on commettait des actes de vandalisme sur sa propriété). Deux des suspects furent appréhendés peu après et on passa les menottes aussi à M. Thomson pour usage négligent d’une arme à feu. L’ironie est qu’Ian Thomson est un instructeur de tir et aurait très bien pu tuer ou blesser ses agresseurs s’il l’avait voulu. Les procureurs de la couronne réclament une peine de prison pour M. Thomson.

En 1995, James Morrow d’Ottawa dû faire face à un homme avec qui il avait eu une dispute d’affaires. L’homme en question, ivre,  a défoncé la porte de l’immeuble dans lequel M. Morrow habitait et est monté à son appartement en disant être armé d’un révolver et menaçant de lui brûler la cervelle. M. Morrow a immédiatement téléphoné au 911 et a passé 9 longues minutes avec le répartiteur alors que les secours n’arrivaient toujours pas. L’intrus a finalement défoncé la porte et est entré dans l’appartement où M. Morrow, qui possédait une arme, l’a tué d’une balle. Malgré le fait qu’il s’agissait d’un cas parfait de légitime défense, James Morrow a dû se défendre  pendant deux ans et demi contre des accusations de meurtre avant que, finalement, un juge rejette les accusations.

En mars 2010, averti par ses voisins de la présence de trois intrus dans sa cours arrière, Lawrence Manzer du Nouveau Brunswick, sort de sa maison avec un fusil de chasse non-chargé pour faire fuir les intrus. M. Manzer était fréquemment la victime de vandalisme. Jusqu’ici la police locale s’en était très peu préoccupé, mais cette fois-ci elle a agi, arrêtant M. Manzer pour avoir troublé la paix publique.

Finalement, en avril 2009, après avoir souffert des visites quotidiennes de voleurs à l’étalage et l’indifférence totale de la police, David Chen, un marchand de Toronto, décide de faire une arrestation citoyenne d’un de ses voleurs, le ligotant en attendant l’arrivée de la police. L’ont-ils remercié? Non. Ils l’ont plutôt accusé de voies de fait et séquestration. Il fût acquitté en octobre dernier.

Qu’auraient dû faire ces hommes? Laisser leurs agresseurs faire leur sale boulot? Il est certain que ce n’est pas une très bonne idée de laisser des citoyens prendre la loi dans leurs mains, mais nous avons un droit de nous défendre, non? Ce droit est d’ailleurs un corollaire au droit à la vie et à celui à la propriété. C’est notre droit légitime, dans une situation où on est agressé, d’utiliser autant de force qui soit nécessaire pour repousser une attaque contre notre personne, notre famille et notre propriété. Il serait grand temps de laisser le gros bon sens prévaloir et que la police et les procureurs de la couronne se contentent de poursuivre les vrais criminels et cessent de traiter les victimes en criminels.

 

 

N’était-ce pas eux aussi des héros? Ne méritaient-ils pas un tout autre traitement que d’avoir à débourser des milliers de dollars en frais d’avocats?

Il est grand temps qu’on puisse jouir de notre droit à l’auto-défense comme M. Vickers, n’est-ce pas?

Ne jamais gaspiller une bonne crise…

Par Philippe David

Dans les jours qui ont suivi la première élection de Barack Obama à la Maison Blanche, son chef de cabinet de l’époque, Rahm Emmanuel, a laissé tomber en entrevue une des règles cardinales, mais inédites, de la politique : Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise. Elle vous permettra toujours de passer des agendas que vous ne pouviez passer avant.

Nos libertés ont déjà beaucoup souffert grâce à ça. Depuis le 11 septembre 2001, nous devons nous soumettre aux pires inconvénients pour voyager et nous n’avons désormais aucun droit à la vie privée. Big Brother est partout qui nous écoute. En fait, aux États-Unis, on a lancé à la blague que la NSA est la seule agence gouvernementale qui écoute vraiment les citoyens. On pourrait probablement en dire autant du SCRS.

Malgré tout ça, deux convertis à l’islam, qui étaient pourtant sous surveillance policière et soupçonnés de liens terroristes, si bien que le passeport de l’un d’eux avait été révoqué, ont réussi tout de même à tuer deux membres des forces armées en l’espace de quelques jours. Ceci devrait suffire à vous convaincre du peu de capacité de l’état à vous protéger, mais il y en aura toujours, suite à de tels évènements qui réclameront plus de mesures de la part de l’état afin de les « protéger » malgré son incompétence manifeste en la matière. Mais les politiciens, suivant la même mentalité que ce bon vieux Rahm, ne seront que trop heureux de répondre à leurs supplications afin de passer pour des héros et naturellement, gagner en popularité et en influence. Que les droits restreints pour les uns, le sont aussi pour tous les autres et que ces même politiciens qu’ils supplient de les protéger aient causé le problème en premier lieu, importe peu à nos moutons. Tout ce qui importe, c’est cette illusion de sécurité.

Emprisonnons-les!!! (Rah!Rah!Rah!)

D’un peu partout fusent les demandes d’emprisonner à vue non-seulement ceux qui sont déjà sous surveillance, mais tous ceux qui sembleraient soutenir l’État Islamique de près ou de loin. Ça veut dire quoi ça, soutenir l’EI? Est-ce que ça veut dire de des policiers devraient venir défoncer ma porte en pleine nuit, terroriser ma famille et m’emmener, menottes aux poings parce que j’ai écrit dans mes articles que je suis en désaccord avec la mission militaire contre l’EI? Si Gilles Duceppe a ce qu’il souhaite (et que beaucoup appuient), pourrait-on même critiquer cette mission sans risquer de se faire jeter en prison? Tant qu’à faire, puisque certains musulmans ne dénoncent pas ces attaques et que qui ne dit mot consent, prenons tous les musulmans et enfermons-les dans des camps de concentration  comme les japonais en 1942! Tant qu’à être fasciste, autant l’être jusqu’au bout!  Ironique venant de quelqu’un qui a toujours dénoncé les arrestations arbitraires de la crise d’octobre 1970, vous ne trouvez pas?

On dirait que certaines personnes ne comprennent absolument pas c’est quoi les droits. Ils accusent la charte canadienne des droits et libertés de protéger les terroristes islamistes grâce à la liberté de religion. Ces gens sont incroyablement obtus. La charte ne donne aucun droit aux musulmans qu’elle ne donne pas également aux catholiques, aux protestants aux bouddhistes et aux hindous. Elle ne donne pas plus le droit de commettre des actes terroristes aux musulmans qu’au reste d’entre nous. Elle ne leur donne pas le droit non-plus de nous imposer la charia, donc ceux qui vivent dans la terreur irrationnelle de se retrouver dans un pays qui lapide les femmes adultères et décapite des homosexuels, peuvent donc dormir tranquille.

La charte des droits (canadienne et québécoise), n’en déplaise à certains, traite chaque citoyen également.  Alors si nous retirons un droit à un individu ou une certaine catégorie d’individus, il sera retiré pour tous. On ne peut pas dire qu’on va limiter la liberté d’expression aux islamistes, sans limiter celui des autres également, car une fois qu’on a établi le précédent, tout autre groupe qui déplait au gouvernement pourra aussi être bâillonné et emprisonné. Peut-être qu’à la prochaine crise, ce sera vous, parce que vous aurez critiqué telle ou telle décision du gouvernement.  C’est ce que vous voulez? Pourtant, une fois qu’on aura ouvert la porte à l’emprisonnement d’opinion, c’est toujours ce qui arrive.

Celui qui abandonnera ses libertés en échange de sécurité…

… Ne mérite ni liberté, ni sécurité et perdra les deux. Si c’est la sécurité totale que vous recherchez, enrobez-vous de papier-bulle, enfermez-vous à double-tour et ne bougez plus! C’est la seule façon de garantir que vous ne risquez rien (en autant qu’un avion ne s’écrase pas sur votre maison).  Mais quel genre de vie ce serait? Personnellement, je préfère avoir la liberté d’aller où je veux, quand je veux, avec qui je veux et pouvoir dire ou écrire ou penser ce que je veux, et vous? Le seul gouvernement qui pourrait vous garantir que vous ne serez pas tués par des terroristes est un état policier totalitaire, et encore! Pourtant, même après les évènements de cette semaine, vous avez plus de chance de mourir dans un accident de voiture, d’être frappé par un bus, ou même d’être frappé par la foudre que d’être tué par un terroriste.  Préférez-vous vivre un peu dangereusement, ou vivre dans une cage?

 

Honorons leur mémoire

Vous serez peut-être surpris de l’apprendre, mais pendant 3 ans de ma jeunesse, j’ai fièrement porté l’uniforme des forces canadiennes comme réserviste à l’escadrille 438 Montréal de réserve aérienne.  De ce passage, j’ai retenu une chose : peu importe que les forces canadiennes soient utilisée à bon ou mauvais escient pas ses maitres politiques, les hommes qui endossent cet uniforme, le font par amour de leur pays et ses valeurs parce qu’ils croient que le Canada est une terre de justice, de droit et de liberté.

Le port de l’uniforme demande beaucoup de sacrifices. Le service militaire brise souvent mariages et familles. Le taux de divorces et de suicides est très élevé chez les militaires. Beaucoup trop de ces hommes et femmes qui vont en mission à l’étranger reviennent marqués pour la vie et certains y ont fait l’ultime sacrifice.  Pour cela, ils méritent tout notre respect.

Cette semaine deux de ces hommes ont payé de leur vie le port de cet uniforme. Ils ont été spécifiquement ciblés parce qu’ils le portaient. Je ne connaissais pas l’adjudant  Patrice Vincent, ni le caporal Nathan Cirillo, mais nul doute qu’ils partageaient les mêmes sentiments qui m’ont animé naguère. La pire chose qu’on pourrait faire, serait de déshonorer leur mémoire en succombant à la tentation de sacrifier les valeurs et libertés pour lesquelles ils ont donné leur vie en cédant à la peur générée par leurs meurtriers. Nous devons plutôt honorer leur mémoire en nous tenant la tête haute et en préservant à tout prix ces valeurs et ces libertés qu’ils ont défendu de leur vivant.
[Crédit photo : Desktopnexus.com  « Always Remember » ]

Un débat qui ne devrait pas en être un

Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé récemment au sujet de la candidature possible de Pierre-Karl Péladeau à la chefferie du PQ. Cette candidature, si jamais PKP finit par se brancher, soulève certaines questions d’éthique, principalement parce que M. Péladeau contrôle 40% des médias québécois. C’est donc facile d’imaginer les conflits qu’il pourrait y avoir s’il devenait premier ministre. On imagine facilement que les médias de Québécor deviennent les Pravda du PQ et se mettent à promouvoir activement l’option souverainiste, comme si Radio-Canada et le Devoir ne suffisaient pas. Aussi je voudrais ajouter mon grain de sel.

Il y en a qui voudraient que la question soit examinée par un comité supervisé par le président de l’Assemblée Nationale. C’est vrai qu’au Québec, on est fort pour créer des comités inutiles. C’est si compliqué de dire que fondamentalement, la presse est supposée être le gardien de la démocratie et qu’en tant que tel, il se doit d’être indépendant du pouvoir s’il veut être libre de le critiquer? Quel journaliste de QMI oserait être critique de son patron, s’il était également premier ministre?

Ceux qui doutent de l’influence des médias n’ont qu’à regarder à quel point nous sommes terrorisés de façon cyclique. Pendant 45 ans, le croque-mitaine était l’URSS, puis ce fût les terroristes, Saddam Hussein, les serbes en Bosnie, des maladies comme le sida, le sras, la grippe aviaire, la grippe H1N1 et maintenant, l’ébola. Ils ont même réussi à nous convaincre qu’une force de 30 000 hommes en pickup représente une menace existentielle aux démocraties de l’occident. Regardez aussi le rôle qu’ont joué les médias dans le débat de la charte des valeurs. Ça c’est du pouvoir! Déjà que simple député, Pierre-Karl Péladeau est déjà intervenu en faveur de l’achat des studios Mel’s par Québécor, imaginez s’il était premier-ministre.

On se soucie déjà des conflits d’intérêts potentiels lorsqu’un homme d’affaires se lance en affaires, on devrait s’en soucier encore plus quand ses affaires lui permettent de contrôler l’opinion publique.

Ça ne devrait pas être matière à débat. Pierre-Karl Péladeau devra choisir un jour s’il veut être un magnat des médias ou le premier ministre du Québec et les premiers à lui demander de faire ce choix devraient être les membres de son propre parti. Qu’il soit les deux pourrait vite compromettre le processus démocratique.

Intervention militaire contre l’EI : Une très mauvaise idée

Par Philippe David

S’il y a un temps où on peut observer un grand clivage entre libertariens et conservateurs, c’est lorsqu’il est  question de guerre. Par moment, j’ai une grande difficulté à supporter l’attitude générale des conservateurs à ce sujet. Je réalise qu’ils ne sont pas tous comme ça,  mais il y en a qui sont carrément agaçants. À les entendre parler d’aller « exterminer la vermine » de l’EI, on croirait qu’il y a les hordes d’Attila le hun qui sont massés à nos portes pour nous submerger. Pourtant, quand il s’agit de justifier le casus belli, leurs arguments deviennent parfois risibles. Ce n’est pas que j’affectionne l’EI, loin de là, mais l’EI est en réalité le résultat de la somme des interventions occidentales et d’imaginer qu’encore plus de bombes occidentales vont régler le problème est totalement stupide.

L’EI ne pourra pas être vaincue du haut des airs

L’EI n’a pas de véritable armée. Ce sont des terroristes et des guérillas qui iront vite se cacher parmi la population locale où il est impossible de distinguer amis et ennemis du haut d’un F-18 filant à haute-vitesse. Nous en viendront inévitablement à une situation où notre aviation restera impuissante et incapable de cibler quoi que ce soit, où elle causera des milliers de victimes collatérales, augmentant le ressentiment local contre nous. Il faudra donc inévitable ment des troupes au sol pour débusquer les jihadis.

Une menace pas si terrible

On semble un petit peu hystérique sur la nécessité des gouvernements occidentaux d’agir dans cette région. Pourtant l’hystérie a toujours été mauvaise conseillère. Personne ne dispute le fait que les sbires de l’EI se sont montrés brutaux et barbaresques. Mais ils ne sont certainement la menace mondiale qui est dépeinte dans les médias traditionnels et les médias sociaux. On y fait même des comparaisons avec l’Allemagne nazie, ce qui est complètement absurde. En 1939, l’Allemagne avait des milliers de tanks, d’avions de combat et une des marines les plus puissantes du monde. L’EI, lui, n’a qu’une quarantaine de tanks capturés de l’armée irakienne, quelques Hummvees et des pick-ups armés et au mieux, 30 000 hommes.  Point de vue strictement militaire, c’est loin d’être terrible, malgré ses succès. C’est certainement très loin de la menace que posait l’Allemagne nazie en 1939. Cessons donc de prétendre que seuls les États-Unis et ses alliés sont à la hauteur pour disposer de ce groupe. C’est faux. Quant à la menace terroriste, c’est l’affaire des services de renseignement et de la police, pas de l’armée.
 

Le cœur et la raison

L’aspect le plus important dans un affrontement contre une armée irrégulière, qui pratique la guérilla et se fond dans la population locale, c’est de gagner les cœurs et les esprits de cette population. L’EI a beau être tyrannique et brutal, mais si leurs opposants  n’arrivent pas à gagner la confiance de la population, ceux-ci pourraient préférer coopérer avec les hommes de l’EI plutôt qu’avec des soldats étrangers qui ne connaissent ni leur langue, ni leurs coutumes. De plus, à bien des égards, les États-Unis et ses alliés n’ont pas bonne réputation dans cette région. Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que gagner le cœur et la raison des irakiens et des syriens sur les territoires de l’EI risque d’être plutôt difficile.

Si c’est pas nous, qui?

C’est drôle que la plupart de ceux avec qui j’ai discuté de la question semblent oublier qu’il y a encore des opposants régionaux à l’EI. Quoique passablement affaibli, le gouvernement syrien existe encore et dispose encore d’une armée. Le gouvernement irakien est encore là et bien que leur armée éprouve un problème de moral et souffre de nombreuses désertions, elle compte encore plus de 200 000 hommes et est très bien équipée. Leurs meilleures unités sont présentement à Bagdad pour bloquer l’avance de l’EI. De plus, le gouvernement Irakien, dominé par des chiites qui n’ont aucune sympathie pour l’EI qui est sunnite, a demandé l’aide de l’Iran qui a envoyé deux unités de la garde révolutionnaire en renfort à Bagdad. Mais ce n’est pas tout. Les kurde d’Irak contrôlent une région autonome de l’Irak et ont leur propre armée qui compte près de 200 000 hommes et qui est bien équipée. À eux quatre, ces forces devraient avoir bien plus d’hommes et d’équipement qu’il en faut pour expédier les jihadis de l’EI à leurs 72 vierges (ou en enfer, c’est selon…). Alors, pourquoi ne pas les laisser faire?

Sortez le popcorn

Je ne comprends pas l’attitude que certains ont. Même si on déteste les islamistes, on devrait pourtant apprécier la chance de se faire du popcorn, s’installer confortablement au bord du ring et de laisser les différentes factions se tabasser entre eux plutôt que de vouloir planter des bombes chez nous. À mon sens, c’est une occasion en or. Sommes-nous vraiment obligés de résoudre tous les problèmes de la planète alors que nous sommes  incapables de résoudre les nôtres?

(Crédit photo : Gouvernement du Canada)

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