Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

Par Philippe David

Tragiquement, le weekend dernier, une autre fusillade a coûté la vie à 50 personnes et blessé une autre cinquantaine à Orlando en Floride. Ce genre d’évènement est certainement déplorable. Mes pensées sont naturellement pour les familles et amis des victimes qui ont été fauchées dans la fleur de l’âge. Après un tel évènement, il va de soit que les médias s’emparent de la nouvelle. De telles tragédies sont bonnes pour la circulation des journaux et les côtes d’écoute et les clics sur le web. Bien sûr, il est aussi naturel de chercher à trouver un sens dans une situation qui n’en a pas. Qui était ce tueur? Était-il un terroriste islamiste en quête d’un coup d’éclat au nom d’Allah? Un homosexuel refoulé qui exprimait son malaise envers sa propre sexualité? Un peu des deux? Toujours est-il qu’il a téléphoné au 911 pour leur dire qu’il agissait au nom de l’EI et que son choix de cible démontre qu’il avait un gros problème avec l’homosexualité. Mais ce n’est pas vraiment de ça que je veux vous parler.

Alors que les politiciens et leurs caniches des médias s’empressent de vous dire de ne pas faire d’amalgames envers les musulmans (et ce ne sont certainement pas tous les musulmans qui sont d’accord avec le geste d’Omar Mateen),  ils ne ratent jamais une occasion de blâmer les armes à feu. Chaque fois on propose diverses mesures pour accroître le contrôle des armes, car croit-on, ce serait un problème majeur aux États-Unis et il y a beaucoup trop d’armes à feu en circulation. Comme les politiciens doivent absolument être vus en train de faire quelque chose, même si c’est n’importe quoi, ils vont tenter de jouer sur vos émotions pour tenter de vous convaincre de rehausser les restrictions. Ils essaieront de vous convaincre qu’il y a urgence d’agir, sinon les choses ne feront qu’empirer.  Tremblez-vous dans vos bobettes? Vivez-vous dans la terreur que vous serez parmi les prochains qui seront mitraillés quand vous aurez le malheur de sortir de votre maison? C’est ce qu’ils veulent! Ils veulent que vous soyez terrorisés à ce point que vous soyez prêts à vous mettre à genoux pour les supplier de faire quelque chose pour assurer votre sécurité.  Et ils feront de leur mieux, vous savez, de donner l’apparence de vouloir vous protéger, mais il y a ces méchants de la NRA qui ne cessent de faire du lobbying pour les en empêcher et ce maudit second amendement aussi! Si seulement on pouvait s’en débarrasser!

Naturellement, les corps n’auront pas eu le temps de refroidir quand ils commenceront à faire tourner leur cassette. Il faut battre le fer quand il est chaud, alors il faut qu’ils passent leur message pendant que vous claquez des dents, que vous vous rongez les ongles et que vous faites dans votre froc.

Non, il n’y a pas des centaines de tueries de masse à chaque année aux États-Unis

Les tueries de masse font toujours la une des journaux et la première des nouvelles télévisées. Dans la profession journalistique, ils disent souvent «If it bleeds, it leads.» (Si ça saigne, ça mène). Malgré que ce soit une tragédie, il y a toujours cette fascination morbide. Cependant, il y a des médias qui aiment verser dans le sensationnalisme et qui rapportent qu’il y a des centaines de tueries de masse à chaque année aux États-Unis. Si ça vous semble ridiculement haut, c’est parce que ça l’est. Dans la réalité le nombre de tueries de masse est plus comme entre une et cinq dans une même année et le nombre de victimes compte pour moins de 1% de tous les homicides. Je suis d’accord avec vous si vous dites que c’est déjà trop, mais si vous voulez vraiment établir une politique publique efficace pour réduire le nombre d’homicides par armes à feu, ce n’est pas en vous attardant aux homicides les plus marginaux, aussi spectaculaires soient-ils, vous vous allez y arriver.

Non, les États-Unis n’ont pas le taux d’homicides le plus élevé parmi les pays développés.

Un autre exemple d’enflure verbale est lorsqu’un média rapporte de les États-Unis ont le taux d’homicides le plus élevé de tous les pays développés. Tout d’abord, c’est quoi la définition d’un «pays développé»? Juste les pays d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord? Les pays membres de l’OCDE? Il y a énormément de «cherry picking» de la part des anti-armes là-dessus. Généralement, ils prennent ceux avec les taux d’homicides les plus bas et évitent ceux qui, malgré qu’on puisse les considérer objectivement comme développés. Prenons l’appartenance à l’OCDE comme critère, par exemple…

homicides OCDE

Ah zut! Le Mexique et l’Estonie ont des taux d’homicides plus élevés! Y a-t-il une mesure plus objective? Pourquoi pas l’Indice de Développement Humain (IDH)? N’est-ce pas là comment l’ONU détermine le niveau de développement d’un pays? Puisque le Mexique est suffisamment développé pour l’OCDE, je suis allé trouver son IDH qui est 0,756 et pour prendre un beau chiffre rond, j’ai choisi tous les pays avec un IDH de 0.750 et plus et j’ai comparé leurs taux d’homicides. Ça nous donne les 78 pays les plus développés au monde selon une mesure objective.

homicides IDH +750

Tiens, il y a beaucoup plus de pays avec un taux d’homicide plus élevé que les États-Unis maintenant. Quoi, vous voulez me dire que la Russie n’est pas un pays développé? Ou l’Argentine? Ou le Venezuela, dont Joseph Stiglitz lui-même faisait l’éloge il y a quelques années?

Le taux d’homicides a beau être élevé aux États-Unis, mais le plus élevé de tous les pays développés? Non, désolé!

Le taux d’homicides américain est à son plus bas depuis 1963

Eh oui! Je suis certain que vous n’en aviez aucune idée, mais le taux d’homicides américain est constamment en baisse depuis 1993 et il est maintenant à sont plus bas en plus de 50 ans. Vous ne verrez certainement pas ça dans les médias Québécois.

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Tout ça alors qu’il se vend de plus en plus d’armes aux États-Unis.

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Est-ce que plus d’armes donnent plus de crimes? Apparemment, rien n’est moins sûr. Est-ce qu’il y a un problème de crime aux États-Unis? Absolument! Est-ce que ce problème est aussi grave que les Obama, Clinton, etc. ou les médias le prétendent? Loin de là! Chose certaine, restreindre encore plus la possession d’armes à feu n’est pas la solution.

 
Ajout:

Oh, et en passant, Orlando n’est pas le pire massacre de l’histoire des États-Unis

À Wounded Knee, le gouvernement américain a massacré plus de 300 Sioux (hommes, femmes et enfants) désarmés. Mais c’est le gouvernement, alors chuuuut! Ça ne compte pas.

Ajout 2:

Certains critiques me font remarquer que je fais des comparaisons avec des pays trop pauvres. Je ne vois pas pourquoi, si le Mexique est assez «riche» pour faire partie de l’OCDE, des pays avec un IDH semblables ne pourraient pas être inclus. Il y a plus au niveau de développement d’un pays que la simple richesse économique. Mais soit! Prenons un pays qui est vraiment comparable aux États-Unis au niveau économique, la Russie (dont les américains dépendent encore pour faire du taxi à la station spatiale internationale) et éliminons tous les IDH plus petits. Nous nous retrouvons donc avec le top 50 en termes de développement humain. Voyons ce que ça donne.

homicides IDH +798

Pas de chance! Il y a encore au moins 5 pays pires que les États-Unis et un qui est à un pied d’égalité, même si on a éliminé les petites républiques bananières. Donc il faut bel et bien faire du «cherry-picking» arbitraire pour arriver à la conclusion que les États-Unis sont pires que tous les pays développés en termes d’homicides. C’est tout simplement faux si vous basez votre échantillon sur une mesure objective.

Ajout 2:

On m’a défié de faire un graphique avec les pays du G20. Eh bien voilà!

homicides G20

Robotisation et hausses de prix – Wendy’s réagit au salaire minimum à $15

Par Philippe David

Comme je l’avais expliqué dans un de mes récents billets, les hausses abruptes du salaire minimum ne sont pas sans conséquences et malheureusement, ce sont les plus vulnérables qui écopent.Nous commençons à pouvoir observer ces conséquences dans les états américains qui ont augmenté leur salaire minimum. Le Washington Times rapportait hier que la chaîne de restauration rapide Wendy’s a annoncé l’installation de guichets de commande automatisés dans 6000 de leurs restaurants.

L’article mentionne aussi que certains franchisés de la chaîne ont également commencé à hausser leurs prix pour compenser la hausse du salaire minimum. On s’attend à ce que d’autres chaînes comme McDonalds et Burger King leur emboîte le pas. Dans les faits, je sais que même au Canada, McDonalds a déjà commencé à installer ce genre de guichets dans leurs restaurants. On pourrait certainement s’attendre à une accélération de ces installations si jamais le salaire minimum augmentait à $15/heure ici aussi.

La décision de Wendy’s n’est  d’ailleurs pas les premiers effets observés aux États-Unis, il y  a un peu plus d’un an, le magazine Forbes rapportait une augmentation des fermetures de restaurants dans la ville de Seattle, qui fût la première à imposer le salaire minimum de $15.

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les effets qu’une hausse trop grande du salaire minimum apporterait et ça n’a rien d’idéologique non-plus. Ces effets ont été documentées en long et en large comme est en train de le démontrer Vincent Geloso dans une série de billets au Journal de Montréal. La littérature économique est très extensive à ce sujet. Mais évidemment, nous pouvons toujours compter sur des politiciens populistes et des think tank financés par les syndicats pour tenter de vous faire  croire qu’ils peuvent hausser le salaire minimum comme ils veulent sans aucune répercussion. Vous n’avez qu’à observer les américains se casser la gueule avec pour constater que c’est faux.



Les vrais trous de cul du monde

Par Philippe David

J’ai été sidéré à la lecture de ce billet provenant du blogue d’un certain Jean-François Hotte. Je déteste l’idée de lui faire une quelconque publicité, mais je suis incapable de taire ma révulsion de ce torchon immonde. A-t-on idée de cracher son fiel de telle manière contre une ville vivant un tel désastre? Peut-on à ce point manquer d’empathie alors que la ville brûle encore? C’est inimaginable! Laissez-moi vous livrer un court extrait:

«À Fort McMurray, il fait toujours gris, les gens boivent beaucoup d’alcool. Cette ville connaît un grave problème de prostitution, de jeu et de drogue. Pour la plupart, des gens peu éduqués qui veulent s’enrichir rapidement, c’est un mélange toxique pour n’importe quelle société. En investissant dans cette ville éloignée, le Canada participe au génocide intellectuel d’une nation.

Comme au Far West, les hommes se promènent en pick up neuf, le menton bien haut, c’est ça la vie. Il y a souvent des bagarres, les gens consomment beaucoup de drogue pour oublier l’ennui, beaucoup de drogue.

Lorsque j’ai commencé à travailler comme agent de sécurité sur une mine, tout le monde avait un seul but: faire fortune sans études en se renseignant le moins possible sur le monde autour. La sélection naturelle renversée.

Fort McMurray, c’est le paradis de l’individualisme et de la bêtise. Jean Chrétien nous l’a dit, c’est ça le plus meilleur pays au monde.

Je me sentais comme dans un livre de Orwell, une société sans culture, sans personnalité, un objectif commun: dépenser son argent dans les bars, les voitures et sur les tables de Blackjack du Boomtown.»

Mais qui êtes-vous M. Hotte pour juger ces gens qui ne font au final que poursuivre leur rêve? Si vous croyez que Fort McMurray est si pire, vous auriez dû voir ce que ça avait l’air à la Baie James pendant les années 70. Tous des rustres aussi là pour faire un coup de cash. Et alors? Qu’est-ce qu’il y a de si mal à ça? Vous devriez plutôt leur montrer une petite dose de respect. Si vous avez des études, ces gens en ont payé une part grâce à la péréquation.

Parce que voyez-vous, le méchant pétrole sale de l’Alberta paie pour une bonne partie de nos chers acquis sociaux au Québec depuis des décennies à la hauteur de $ 7 à 10 milliards par année parce que nous nous sommes trop bons pour nous salir les mains à développer nos propres ressources. Nous ne voulons même pas savoir si nous avons des ressources à exploiter. Oh non! Tout d’un coup qu’on deviendrait riches nous aussi plutôt que d’être nés pour un petit pain et lever le nez devant ceux qui se défoncent et n’ont pas peur de se salir pour créer de la richesse pour eux-mêmes et les autres qui ne le méritent pas.

Le pétrole sera là pour encore longtemps

Le pétrole sera là pour rester tant et aussi longtemps que ce sera la forme d’énergie la moins coûteuse, et lorsqu’elle cessera de l’être, il y aura une alternative qui sera prête à prendre le relai. Oui, son exploitation défigure le paysage, mais l’exploitation du lithium pour les piles de vos chères voitures électriques et hybrides n’est pas plus jolie.

Lithium mine
Mine de lithium de Soquimich au Chili.

De plus, l’électricité pour alimenter vos Tesla, Miev et Leaf est dans la plupart des endroits générée par des centrales au charbon et au mazout. Car ce n’est pas partout sur la planète qu’il y a le potentiel hydro-électrique du Québec et le solaire et l’éolien ne pourront jamais les remplacer. Il y aurait bien le nucléaire, mais les écolos n’en veulent pas. Crachez autant que vous voulez sur le pétrole sale de l’Alberta, il en reste que vous n’êtes pas aussi verts que vous le croyez. Cessez-donc de regarder les autres de haut parce que vous vous noyez dans toutes vos contradictions. Si nous faisons bonne figure au niveau de l’émission de GES au Québec, c’est surtout grâce à un accident de la nature plutôt que notre bonne volonté et nos barrages ont été construits bien avant qu’on commence à se soucier de nos émissions de CO2. Cessons donc de nous croire plus verts que verts parce qu’en réalité c’est de l’hypocrisie. Ce sondage de 2013 montre que la lutte aux gaz à effet de serre est plutôt basse dans la liste de priorité des québécois alors qu’un approvisionnement moins cher en pétrole est bien plus haut.

sondage priorités Québec 2013

Cessons donc de faire croire que les québécois se soucient plus de l’environnement que les autres. C’est carrément faux.

Un autre portrait de Fort Mc Murray

Heureusement, il y a des portraits un peu plus honnêtes de Fort McMurray comme cet article du Globe and Mail publié en 2015. Il brosse un tableau très différent Fort McMurrray basé sur des faits plutôt que les impressions biaisées d’un cégepien de 19 ans.

Ft McMurray facts

Avec 30,7% de diplômés universitaires, Fort McMurray n’est certainement pas la ville d’ignares incultes que M. Hotte prétend. Et elle est loin d’être aussi sale.

Ft McMurray panorama

Les vrais trous de cul

Non, Fort McMurray n’est pas le trou de cul du monde, mais son malheur a dévoilé une panoplie de véritables trous de cul. Ceux qui se réjouissent de cet incendie et qui tentent de se faire du capital politique et faire avancer leur agenda alors que les flammes ragent toujours. En passant, tous les scientifiques crédibles disent que rien ne peut lier cet incendie aux changements climatiques. Absolument rien! J’ai toujours su que le mouvement environnementaliste est anti-humain. Nous venons d’en voir une belle démonstration. Vous êtes tout ce qu’il y a de plus bas dans l’échelle évolutionnaire. Je vous emmerde tous autant que vous êtes!



Qu’est-ce qui cloche avec l’idée du revenu universel?

Par Philippe David

« Non vraiment j’y tiens la meilleure façon de tuer un homme
C’est de le payer à ne rien faire. »

– Félix Leclerc, « Les 100 000 façons de tuer un homme »

Le concept d’un revenu universel n’est pas nouveau. Il existe depuis plusieurs décennies déjà et aucun état ne l’avait jusqu’alors implémentée complètement, mais récemment, il y a eu un certain regain d’intérêt pour cette idée. La Finlande en particulier, vient de l’introduire et on commence à y penser sérieusement dans plusieurs pays, incluant le Canada. Notamment, le gouvernement fédéral sous Justin Trudeau et le gouvernement du Québec sous Philippe Couillard sont tous deux en train d’explorer la question. À première vue, l’idée d’un revenu universel peut paraître intéressante, mais j’ai personnellement de fortes raisons de croire qu’il s’agit d’une autre fausse bonne idée.

Le revenu universel, c’est quoi?

Il existe plusieurs variantes, mais grosso modo, l’idée est que l’état attribue à chaque individu un revenu minimum qui est jugé suffisant  pour subvenir aux premières nécessités. Du coup, ça éliminerait en théorie tous les aléas de la pauvreté. Tous les membres de la société seraient assurés d’au moins avoir un toit sur leurs têtes,  de quoi manger et se vêtir, peu importe s’il a un emploi ou non.  Si quelqu’un travaille mais qu’il fait moins que de revenu universel, on comblerait la différence.  Si son revenu d’emploi excède  le revenu universel, alors il ne reçoit plus d’allocation.  En revanche, le gouvernement éliminerait une panoplie de programmes existants.   Si vous commencez à dire que tout ça paraît trop beau pour être vrai, vous avez le bon réflexe.  Voyons pourquoi.

Un programme très coûteux.

Selon ce que rapportait le Journal de Montréal récemment,  un expert a évalué le coût d’un tel programme à $56 milliards, mais le programme actuel de sécurité du revenu coûte $30 milliards, ce qui veut dire que  qu’il faudrait que le gouvernement coupe un autre  $26 milliards d’autres programmes d’assistance pour équilibrer le coût. Plus si on espère faire des économies. Puisqu’au Québec tout programme d’allocation est une vache sacrée assuré par une petite armée de fonctionnaires syndiqués à l’os et défendus par une autre armée de groupe sociaux qui ne manqueront pas de descendre à la rue pour défendre leurs bonbons particuliers. Soyez donc assurés qu’il ne sera absolument pas évident comment le revenu universel finira par nous épargner quoique ce soit. Mon impression est qu’avec l’inefficacité  légendaire du gouvernement et la résistance populaire à laisser les programmes se faire remplacer,  c’est plutôt une explosion des coûts qui est à prévoir… Et plus d’impôts pour les contribuables les plus taxés en Amérique du Nord.

 

Combattre la pauvreté.

Mais c’est quoi d’être pauvre au Québec et c’est quoi la meilleure façon d’aider ceux qui se retrouvent au bas de l’échelle des revenus? Peut-on résoudre ce problème simplement en envoyant un chèque à chaque mois?

La pauvreté a toujours été l’état «par défaut » de l’humanité. La richesse n’existe pas d’elle-même. Elle n’est pas juste présente par petit tas à attendre de se faire approprier par le plus fort, elle doit être créée et la seule façon de créer cette richesse est de satisfaire les besoins d’autrui. Ceux qui créent la richesse sont ceux qui utilisent les moyens que leur fournit la nature et les transforment en quelque chose d’utilisable ou désirable à autrui, que ce soit des produits de base comme de la nourriture, où plus complexe comme de la machinerie lourde ou des téléphones intelligents. C’est ce travail de production et d’échange et d’accumulation de capital qui a permis de hausser le niveau de vie de la race humaine au-delà de la simple subsistance. Aujourd’hui, il n’y a plus que 10% des habitants de cette planète qui vivent encore dans l’extrême pauvreté. Il  y a 200 ans, c’était plus de 90%. Ce qu’on considère comme  de la pauvreté au Québec n’a d’ailleurs aucune commune mesure avec cette pauvreté extrême.

Dans le cas du Québec et du Canada,  la pauvreté est un tout autre problème.  Il faut savoir au départ qu’il n’y existe que très peu de gens y vivent dans un état de pauvreté perpétuel. La grande majorité sont des gens qui commencent leur carrière dans des emplois précaires et peu payés et qui avec l’éducation, le travail, l’expérience et les promotions, grimpent l’échelle et atteignent un plus haut niveau. Selon une étude faite au Canada entre 1990 et 2009, de ceux qui ont débuté dans le quintile de plus bas revenu, 87% ont fini dans un quintile de revenu de revenu supérieur.  C’est donc dire que très peu de canadiens vivent dans un état de perpétuelle pauvreté.  La bonne nouvelle est que ceux qui veulent vraiment s’en sortir, s’en sortent effectivement. Mais que faire avec ceux qui n’y arrivent pas? Et est-ce vraiment une bonne idée de dire que pour aider cette infime proportion de canadiens dans une pauvreté perpétuelle, il faut s’inventer un système universel? Ou ne serait-il pas plus sage, et surtout moins gaspilleur de cibler notre aide vers ceux qui en ont réellement besoin? Et surtout, puisque ces gens reçoivent déjà un chèque d’aide sociale à chaque mois, vous croyez vraiment que si on décide d’envoyer un chèque  plus gros à tout le monde, ça va les aider à s’en sortir? Pas nécessairement. Si quelqu’un est emprisonné dans la pauvreté perpétuelle des années durant, c’est probablement que cette personne a besoin de plus qu’une pitance à chaque mois. Elle a besoin d’un soutien moral. Ce soutien moral, qui va leur donner? Certainement  pas le gouvernement pour qui ils ne sont que des numéros.

L’utopie naïve

C’est plutôt naïf de croire qu’il ne suffit que de faire pleuvoir de l’argent pour éradiquer la pauvreté sans aucun coût social. L’argent doit provenir de quelque part. Au final, il proviendra certainement des poches des plus riches. Le hic, c’est qu’au Québec, nous sommes très pauvres en riches pour financer les coûts additionnels d’un tel programme.  Mais pire encore est l’idée sordide que c’est le rôle de l’état d’assurer une subsistance à chacun de ces citoyen pour le simple fait d’exister. De facto, si vous travaillez, tous ceux qui ne travaillent pas ont un droit de regard inaliénable sur le fruit de votre labeur.  À quoi bon travailler alors? Inévitablement, tous ceux qui gagnent moins que l’allocation minimum ou même un petit peu plus, seront tentés de se laisser vivre. Plus il y aura de gens qui préféreront vivre sur le revenu minimum, plus les coûts du programme seront élevés, ce qui signifie que les impôts devront être augmentés en compensation et plus les contribuables plus riches modifieront leur comportement en conséquent (Trop d’impôt finit par tuer l’impôt, selon Arthur Laffer). Nous nous retrouverons alors avec le paradoxe socialiste. Tôt ou tard, nous finissons par manquer de l’argent des autres.



Comment tuer une société

Par Philippe David

«Lorsque vous voyez que les échanges sont faits, non par consentement, mais par la contrainte — quand vous voyez que pour produire, vous devez obtenir la permission de gens qui ne produisent rien. — lorsque vous voyez que l’argent coule vers ceux qui traitent non pas en biens, mais en faveurs — lorsque vous voyez que les hommes s’enrichissent plus par la corruption et l’influence que par le travail, et que vos lois ne vous protègent pas contre eux, mais les protègent contre vous — lorsque vous voyez la corruption récompensée et que l’honnêteté devient un sacrifice — vous saurez que votre société est condamnée.»

Ayn Rand, Atlas Shrugged (La Grève)

Quand Ayn Rand a écrit ces lignes quelque part dans les années 1950, nous étions loin de nous douter à quel point elles seraient prophétiques au Québec (et dans bien d’autres endroits aussi). Comment en est-on arrivé là? Qu’est-ce qui fait que le Québec traîne de la patte depuis des décennies?

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Le déclin constant du Québec en pourcentage du PIB canadien

Une des raisons possibles est ce que j’appellerais la culture du Québec Inc. Ce qui nous pousse à faire des pieds et des mains pour préserver et subventionner nos «fleurons». Saviez-vous qu’au Canada, le Québec est le champion du BS corporatif? De 1981 à 2009, le gouvernement du Québec a dépensé $115,5 milliards en BS corporatif. Pour mettre ça en perspective, c’est plus que l’Ontario, l’Alberta et la Saskatchewan réunis! Naturellement, nos politiciens tentent toujours de nous vendre l’idée que tout cet argent sert à «stimuler» notre économie, mais dans la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres. Malgré tous ces soi-disants «investissements», nous sommes devenus la province la plus pauvre et nous continuons de nous appauvrir. L’engouement de notre gouvernement, tous partis confondus, pour les leviers économiques depuis 65 ans est en train de tuer notre société à petit feu. Voici quelques raisons pourquoi:

  1. Les gouvernements en général sont de pauvres gestionnaires de capital. C’est vrai pour tous les gouvernements, et c’est certainement vrai au Québec. Le but d’une économie sera toujours de fournir aux consommateurs les biens et services qu’ils désirent le plus et non ce qui est politiquement payant. Lorsque les gouvernements s’immiscent dans la sélection de gagnants et perdants dans l’industrie, ils le font pour des raisons politiques plutôt qu’économiques. Pensons à quelques-uns des gros bénéficiaires de la manne de l’État québécois: La cimenterie de Port-Daniel qui n’a aucune raison d’exister puisque les cimenteries déjà existantes ne fonctionnent même pas à pleine capacité. La CSeries de Bombardier qui, malgré les beaux contrats récents, se permet de vendre ses avions à perte grâce à «l’investissement» de $2 milliards des poches du contribuable. Souriez! C’est vous qui payez pour que Delta puisse renouveler sa flotte à rabais! La Davie, qui vit depuis si longtemps sur le respirateur qu’elle a probablement plus de ressemblance avec les zombies de Walking Dead qu’à un fleuron de l’industrie. Et qui peut oublier les belles expériences de la Gaspésia et Tricofil?
  2. Gros coûts, peu de bénéfices. Le Québec subventionne presque trois fois plus que l’Ontario et pourtant nous sommes la province la plus pauvre. Cherchez l’erreur. Si ça fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait.

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  3. Des dés pipés. Le BS corporatif favorise les gros joueurs au détriment des petits. Les grosses corporations ont beaucoup plus les moyens d’embaucher une armée de lobbyistes pour retirer le maximum des mamelles de l’État. Elles ont aussi beaucoup plus de poids pour faire du chantage pour éviter des pertes d’emplois massives. C’est un transfert de richesse des entreprises les plus petites aux plus grosses, des plus pauvres vers les plus riches, des plus productifs aux plus gaspilleurs et mieux connectés.
  4. Une relation incestueuse. Le BS corporatif a toujours créé une relation incestueuse avec le monde des affaires et le gouvernement. Ce qui favorise la corruption, les retours d’ascenseur et les enveloppes brunes. Quand la manne est aussi grande qu’elle l’est au Québec, il ne faut pas se surprendre que la Belle Province ait la réputation d’être la province la plus corrompue.
  5. Le BS corporatif est anti-consommateur. La raison d’être d’une entreprise est de bien servir ses clients. Si elle remplit bien son rôle, elle sera récompensée par des profits, sinon elle sera punie par des pertes et éventuellement, la faillite. Ce système fait en sorte que les ressources limitées vont vers les entreprises qui ont le plus de succès à satisfaire les désirs des consommateurs. Le gouvernement ne peut rien donner qu’il n’a pas d’abord pris à d’autres. Lorsqu’il finance des entreprises peu profitables au nom de la préservations des emplois, le gouvernement prive les entreprises plus profitables de ces précieuses ressources afin de maintenir les autres, moins adeptes à combler les désirs du consommateur, sur le respirateur. C’est un gaspillage de précieuses ressources limitées qui prive le consommateur des biens et services qu’il préférerait avoir et favorise la production de biens et services dont il ne veut pas. Ça crée une rareté qui fait que le consommateur doit payer plus cher ce qu’il veut pour subventionner ce qu’il ne veut pas. De façon très concrète, ça oblige le contribuable à « acheter » des produits et services dont il ne veut pas. Lorsque le gouvernement donne $7000 par voiture électrique aux fabricants d’automobiles, il force littéralement les contribuables à payer une partie du prix de l’auto électrique de leur voisin.  Ça crée aussi un aléa moral. Pourquoi se casser la tête à servir les clients quand on peut tout simplement se faire subventionner et faire du n’importe quoi plutôt que ce que les consommateurs veulent vraiment? Ce qui m’amène au point suivant.
  6. Plus de lobbying, moins d’innovation. Lorsque les entreprises sont motivées à satisfaire les besoins des consommateurs, elles ont un gros incitatif à innover, investir dans la recherche et le développement et être plus productives et concurrentielles. Pour continuer à demeurer profitables, elles doivent toujours trouver des meilleurs moyens de satisfaire les demandes de leur clientèle. Lorsque que des entreprises sont financées ou autrement protégées des aléas de la concurrence par le gouvernement, elles cessent d’innover. Ça devient plus payant d’embaucher des lobbyistes que d’investir en recherche et développement.
  7. Des permis pour tout et rien sans permis. Au Québec, il est impossible d’entreprendre quoi que ce soit sans permis. C’est presqu’à se demander si ça prend un permis pour respirer. Un permis, c’est quand le gouvernement vous vole votre droit d’entreprendre et vous le revend. Le prétexte est généralement la protection du consommateur, mais c’est un faux prétexte. A-t-on vraiment besoin d’être «protégés» d’une mauvaise coupe de cheveux? Le permis du coiffeur est-il vraiment une garantie d’une belle mise-en-plis? Durant la controverse des taxis vs Uber, on s’est rendu compte qu’aucune vérification des antécédents criminels des chauffeurs de taxi n’était faite. Pour la protection du consommateur, on repassera. En réalité, les permis sont une façon de limiter artificiellement l’offre de biens ou services dans le but de gonfler les prix et favoriser le producteur au détriment du consommateur. Le permis ne protège pas le consommateur contre les abus d’un producteur, il protège plutôt les producteurs des consommateurs en limitant la concurrence.

 

Ayn Rand avait raison

Quand vous êtes forcés à travers la taxation et le BS corporatif de payer pour des produits et services dont vous ne voulez pas. Quand pour entreprendre, vous êtes à la merci de bureaucrates. Quand les lois protègent les corporations plutôt que les consommateurs. Quand c’est plus payant pour un entrepreneur de faire du lobbying plutôt que de faire de son mieux pour satisfaire les besoins de ses clients. Quand l’innovation est sacrifié au nom de la protection d’industries obsolètes. Quand la corruption et le trafic d’influence deviennent la norme comme l’a démonté la Commission Charbonneau. Doit-on être surpris que notre société va de mal en pis et que nous soyons de plus en plus pauvres?

 

Sources des graphiques:

Graphique PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion des Comptes économiques du Québec

Graphique BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010



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