Ce qu’aucun média ne vous dira au sujet des fusillades

Par Philippe David

Tragiquement, le weekend dernier, une autre fusillade a coûté la vie à 50 personnes et blessé une autre cinquantaine à Orlando en Floride. Ce genre d’évènement est certainement déplorable. Mes pensées sont naturellement pour les familles et amis des victimes qui ont été fauchées dans la fleur de l’âge. Après un tel évènement, il va de soit que les médias s’emparent de la nouvelle. De telles tragédies sont bonnes pour la circulation des journaux et les côtes d’écoute et les clics sur le web. Bien sûr, il est aussi naturel de chercher à trouver un sens dans une situation qui n’en a pas. Qui était ce tueur? Était-il un terroriste islamiste en quête d’un coup d’éclat au nom d’Allah? Un homosexuel refoulé qui exprimait son malaise envers sa propre sexualité? Un peu des deux? Toujours est-il qu’il a téléphoné au 911 pour leur dire qu’il agissait au nom de l’EI et que son choix de cible démontre qu’il avait un gros problème avec l’homosexualité. Mais ce n’est pas vraiment de ça que je veux vous parler.

Alors que les politiciens et leurs caniches des médias s’empressent de vous dire de ne pas faire d’amalgames envers les musulmans (et ce ne sont certainement pas tous les musulmans qui sont d’accord avec le geste d’Omar Mateen),  ils ne ratent jamais une occasion de blâmer les armes à feu. Chaque fois on propose diverses mesures pour accroître le contrôle des armes, car croit-on, ce serait un problème majeur aux États-Unis et il y a beaucoup trop d’armes à feu en circulation. Comme les politiciens doivent absolument être vus en train de faire quelque chose, même si c’est n’importe quoi, ils vont tenter de jouer sur vos émotions pour tenter de vous convaincre de rehausser les restrictions. Ils essaieront de vous convaincre qu’il y a urgence d’agir, sinon les choses ne feront qu’empirer.  Tremblez-vous dans vos bobettes? Vivez-vous dans la terreur que vous serez parmi les prochains qui seront mitraillés quand vous aurez le malheur de sortir de votre maison? C’est ce qu’ils veulent! Ils veulent que vous soyez terrorisés à ce point que vous soyez prêts à vous mettre à genoux pour les supplier de faire quelque chose pour assurer votre sécurité.  Et ils feront de leur mieux, vous savez, de donner l’apparence de vouloir vous protéger, mais il y a ces méchants de la NRA qui ne cessent de faire du lobbying pour les en empêcher et ce maudit second amendement aussi! Si seulement on pouvait s’en débarrasser!

Naturellement, les corps n’auront pas eu le temps de refroidir quand ils commenceront à faire tourner leur cassette. Il faut battre le fer quand il est chaud, alors il faut qu’ils passent leur message pendant que vous claquez des dents, que vous vous rongez les ongles et que vous faites dans votre froc.

Non, il n’y a pas des centaines de tueries de masse à chaque année aux États-Unis

Les tueries de masse font toujours la une des journaux et la première des nouvelles télévisées. Dans la profession journalistique, ils disent souvent «If it bleeds, it leads.» (Si ça saigne, ça mène). Malgré que ce soit une tragédie, il y a toujours cette fascination morbide. Cependant, il y a des médias qui aiment verser dans le sensationnalisme et qui rapportent qu’il y a des centaines de tueries de masse à chaque année aux États-Unis. Si ça vous semble ridiculement haut, c’est parce que ça l’est. Dans la réalité le nombre de tueries de masse est plus comme entre une et cinq dans une même année et le nombre de victimes compte pour moins de 1% de tous les homicides. Je suis d’accord avec vous si vous dites que c’est déjà trop, mais si vous voulez vraiment établir une politique publique efficace pour réduire le nombre d’homicides par armes à feu, ce n’est pas en vous attardant aux homicides les plus marginaux, aussi spectaculaires soient-ils, vous vous allez y arriver.

Non, les États-Unis n’ont pas le taux d’homicides le plus élevé parmi les pays développés.

Un autre exemple d’enflure verbale est lorsqu’un média rapporte de les États-Unis ont le taux d’homicides le plus élevé de tous les pays développés. Tout d’abord, c’est quoi la définition d’un «pays développé»? Juste les pays d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord? Les pays membres de l’OCDE? Il y a énormément de «cherry picking» de la part des anti-armes là-dessus. Généralement, ils prennent ceux avec les taux d’homicides les plus bas et évitent ceux qui, malgré qu’on puisse les considérer objectivement comme développés. Prenons l’appartenance à l’OCDE comme critère, par exemple…

homicides OCDE

Ah zut! Le Mexique et l’Estonie ont des taux d’homicides plus élevés! Y a-t-il une mesure plus objective? Pourquoi pas l’Indice de Développement Humain (IDH)? N’est-ce pas là comment l’ONU détermine le niveau de développement d’un pays? Puisque le Mexique est suffisamment développé pour l’OCDE, je suis allé trouver son IDH qui est 0,756 et pour prendre un beau chiffre rond, j’ai choisi tous les pays avec un IDH de 0.750 et plus et j’ai comparé leurs taux d’homicides. Ça nous donne les 78 pays les plus développés au monde selon une mesure objective.

homicides IDH +750

Tiens, il y a beaucoup plus de pays avec un taux d’homicide plus élevé que les États-Unis maintenant. Quoi, vous voulez me dire que la Russie n’est pas un pays développé? Ou l’Argentine? Ou le Venezuela, dont Joseph Stiglitz lui-même faisait l’éloge il y a quelques années?

Le taux d’homicides a beau être élevé aux États-Unis, mais le plus élevé de tous les pays développés? Non, désolé!

Le taux d’homicides américain est à son plus bas depuis 1963

Eh oui! Je suis certain que vous n’en aviez aucune idée, mais le taux d’homicides américain est constamment en baisse depuis 1993 et il est maintenant à sont plus bas en plus de 50 ans. Vous ne verrez certainement pas ça dans les médias Québécois.

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Tout ça alors qu’il se vend de plus en plus d’armes aux États-Unis.

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Est-ce que plus d’armes donnent plus de crimes? Apparemment, rien n’est moins sûr. Est-ce qu’il y a un problème de crime aux États-Unis? Absolument! Est-ce que ce problème est aussi grave que les Obama, Clinton, etc. ou les médias le prétendent? Loin de là! Chose certaine, restreindre encore plus la possession d’armes à feu n’est pas la solution.

 
Ajout:

Oh, et en passant, Orlando n’est pas le pire massacre de l’histoire des États-Unis

À Wounded Knee, le gouvernement américain a massacré plus de 300 Sioux (hommes, femmes et enfants) désarmés. Mais c’est le gouvernement, alors chuuuut! Ça ne compte pas.

Ajout 2:

Certains critiques me font remarquer que je fais des comparaisons avec des pays trop pauvres. Je ne vois pas pourquoi, si le Mexique est assez «riche» pour faire partie de l’OCDE, des pays avec un IDH semblables ne pourraient pas être inclus. Il y a plus au niveau de développement d’un pays que la simple richesse économique. Mais soit! Prenons un pays qui est vraiment comparable aux États-Unis au niveau économique, la Russie (dont les américains dépendent encore pour faire du taxi à la station spatiale internationale) et éliminons tous les IDH plus petits. Nous nous retrouvons donc avec le top 50 en termes de développement humain. Voyons ce que ça donne.

homicides IDH +798

Pas de chance! Il y a encore au moins 5 pays pires que les États-Unis et un qui est à un pied d’égalité, même si on a éliminé les petites républiques bananières. Donc il faut bel et bien faire du «cherry-picking» arbitraire pour arriver à la conclusion que les États-Unis sont pires que tous les pays développés en termes d’homicides. C’est tout simplement faux si vous basez votre échantillon sur une mesure objective.

Ajout 2:

On m’a défié de faire un graphique avec les pays du G20. Eh bien voilà!

homicides G20

Poëtigate

Par Philippe David

Sentez-vous une drôle d’odeur émanant du Ministère des Transport? Une vague odeur de corruption peut-être? Étiez-vous surpris par ce qui a été révélé la semaine dernière? Pourtant, vous ne devriez pas. Ce n’est pourtant pas d’hier que nous savons que notre gouvernement est corrompu. Que nous savons également que cette corruption existe, peu importe quel parti est au pouvoir. C’est toujours ce qui se produit quand trop de pouvoirs se retrouvent concentrés dans trop peu de mains. Et quand on distribue des milliards de l’argent des autres, on peut être tenté de récompenser nos petits amis. Néanmoins, il y a beaucoup de questions en quête de réponses dans toute cette affaire.

Commençons par la façon un peu étrange que Robert Poëti exclu du cabinet juste comme par un grand hasard, il s’adonnait à avoir entrepris une restructuration de l’organigramme du MTQ pour pallier à une situation où des subordonnés se retrouvaient à enquêter sur leurs propres supérieurs et se faisaient intimider par les supérieurs pour balayer les non-conformités sous la moquette. Aussi qu’une vérificatrice  mandatée par Poëti non-seulement trouve bon nombre d’irrégularités, mais qui fait également état d’obstruction de la part de la sous-ministre Dominique Savoie. Philippe Couillard a beau nier que la rétrogradation de Poëti n’avait rien à voir avec le petit ménage qu’il tentait de faire dans son ministère, mais le doute plane encore.

Je trouve également très étrange que Robert Poëti ait entrepris ce ménage dans son ministère depuis 2014 et que le Premier Ministre admette que jusqu’à ce qu’il lise l’article de Louis Lacroix dans l’Actualité, il était complètement dans le noir? Quoi les ministres ne rendent jamais de comptes sur ce qui se passe dans leur ministère à leur patron? En particulier quand ça a rapport avec un problème d’éthique et de corruption? Difficile à croire un peu. Et l’attitude de Jacques Daoust, après que son prédécesseur lui eût fait part de ses inquiétudes? «Chacun ses priorités»??? Parce que pour M. Daoust, un problème de corruption n’est de toute évidence pas prioritaire, même après un rapport assez dévastateur du Vérificateur Général et la Commission Charbonneau? On s’imaginerait que le gouvernement actuel aurait à cœur de vouloir paraître plus blanc que blanc, non? Apparemment pas!

Et que dire de la sous-ministre, Dominique Savoie qui, après avoir traîné ses savates pour répondre aux questions de son ministre jusqu’à ce qu’il soit écarté du cabinet (autre petit fait qui semble indiquer qu’il y a anguille sous roche), déclare devant une commission parlementaire qu’elle n’avait pas d’ordres à recevoir de son ministre? Hmmm. Pourtant, j’aurais juré que le «sous» dans le titre de sous-ministre indiquait qu’elle était subordonnée à lui.

Bof! Ce n’est que l’argent des autres après-tout…

Ce que je trouve fascinant dans toute cette histoire, c’est la désinvolture exhibée par toutes les personnes concernées. C’est à peine s’ils se sentent embarrassés du fait qu’un qu’il existe un système de comptabilité opaque avec plusieurs bases de données séparées pour dissimuler les dépassements de coûts. (Et croyez-mois quand je vous dis que d’établir de telles bases de donnés est loin d’être monnaie-courante dans l’industrie des TI) Ou que des contrats gré à gré sont attribués à des retraités du ministère, allant même jusqu’à scinder les contrats pour éviter les appels d’offre (et bien sûr, ces retraités continuent de recevoir leurs grasses pensions dont les travailleurs du secteur privé ne peuvent que rêver) comme si tout ça était parfaitement normal. Ce n’est pas leur argent après tout! Quel mal ça peut faire? Ils ont bien le droit à leur part du pillage organisé, non?

Rien ne changera

Ce n’est pas la première fois de des politiciens et des fonctionnaires se font prendre à ce genre de combine. Quelques boucs émissaires en payeront le prix assurément.  Déjà, les têtes de la sous-ministre du MTQ et du chef de cabinet du Ministre ornent le bout d’une pique (au sens figuré, bien sûr – Encore chanceux que nous ne soyons pas en Chine). Le reste fera de son mieux pour nous faire tout oublier, puis tout reviendra à la normale et ils continueront à se moquer de vous, peu importe quel parti politique sera au pouvoir. Dites-moi, votez-vous encore?

Le salaire minimum sous le microscope

Par Philippe David

L’économiste et politicien français du XIXe siècle, Frédéric Bastiat, se plaisait à dire que la différence entre un bon et un mauvais économiste est que le mauvais économiste ne considère que les effets visibles et immédiats d’une politique alors que le bon économiste examine tous les effets à court et à long-terme, apparents ou non d’une politique économique. Je ne prétendrai pas être un véritable économiste. Je ne suis qu’un type qui lit beaucoup et qui a aussi un peu d’expérience de terrain en gestion. Je ne fais en réalité que vulgariser ce que je lis. Mais j’essaie autant que possible d’évaluer les conséquences qu’elles soient apparentes ou pas.

Pour parler des conséquences du salaire minimum, on peut citer des tas d’études et pointer vers des données macroéconomiques pour appuyer nos dires, ou nous pouvons utiliser une autre approche, celle de descendre sur le terrain et d’utiliser une peu de logique et se mettre à la place de divers acteurs sur le terrain pour examiner ce que serait leur réaction probable lorsque telle ou telle chose se produit, se basant sur des propositions qui peuvent être considérées vraies a priori. Par exemple, on peut considérer que dans la plupart des cas, les individus vont agir dans le sens de maximiser leur bien-être ou leur intérêt personnel à eux ou celui de leurs proches. C’est ce qu’on entend par un «a priori». Quelque chose qui n’a pas besoin d’être prouvé parce que ça tombe sous le sens. Ce n’est que le gros bon sens de dire qu’il est peu probable que les gens vont sciemment tenter de se tirer une balle dans le pied et agir pour saborder leurs propres projets. Ce serait contraire à la logique. Vous me suivez?

Cette approche particulière s’appelle la «praxéologie».  C’est l’étude objective des actions humaines. L’étude de l’économie en utilisant cette approche consiste à considérer l’économie comme étant la somme des actions de millions d’individus et donc, pour une situation donnée, analyser les actions probables au niveau d’un individu et voir ce qui risque de  se produire si ces actions sont extrapolées au niveau de millions d’individus. J’aime particulièrement ce genre d’approche parce qu’elle permet de concrétiser une science qui est autrement très abstraite et qu’elle ne nécessite pas de données empiriques pour donner un résultat. Nous pouvons l’utiliser pour prédire certains effets sans avoir à expérimenter en implémentant la politique et en observant les données macroéconomiques. C’est un peu comme faire une simulation.  Nous allons donc examiner quelques scénarios pour voir comment ça fonctionne.

Scénario 1: Une visite au supermarché.

Pourquoi je prend cet exemple? Simple! Parce que tout le monde doit manger et tout le monde y fait des choix selon ses propres préférences. Ça en fait un excellent laboratoire. Il ne s’agira pas ici de faire des jugements de valeurs pour dire que les clients du magasin devraient acheter ci ou ça, mais plutôt de regarder ce qui se produirait si le prix d’un produit augment ou diminue, par exemple. Allons-y avec du concret. Supposons qu’il y a eu une épidémie de syndrome de la vache folle qui a décimé les troupeaux bovins en Alberta et que par conséquent, il y a une hausse très prononcée du prix du bœuf, disons 40%. Si vous êtes végétalien, vous ne serez que très peu affectés par cette hausse, mais si vous affectionnez les biftecks d’aloyau ou même les burgers, vous serez probablement très chagrinés de voir ces biftecks passer de $15,99 le kilo à $22,99 ou le bœuf haché de $8.99 à $12.99, ce qui est approximativement ce que donnerait une hausse de 40%. On voit facilement que ce genre de hausse fait très mal au portefeuille. On peut facilement prédire aussi qu’il y aura probablement un sérieux impact sur la consommation de bœuf en général. L’impact exact est l’affaire d’une étude empirique, mais on sait que ça va diminuer parce que les consommateurs n’auront plus les moyens d’en manger autant et ils se tourneront probablement vers d’autres aliments pour compenser comme le poisson, le porc ou la volaille. C’est logique non?

Donc si on affirme que lorsqu’il y a une grosse hausse du prix d’un produit quelconque, les gens vont probablement en consommer moins; selon vous, est-ce que cette affirmation a de bonnes chances d’être vraie? Peut-on prendre ça pour acquis? Est-ce raisonnable aussi d’assumer que c’est applicable non-seulement au bœuf, mais n’importe quel autre bien ou service? Parfait! Nous venons d’établir praxéologiquement qu’il y existe une relation concrète entre le prix d’un bien ou service et la demande pour ce bien ou service. Quel rapport avec le salaire minimum? J’y arrive.

Scénario 2: Dans les souliers du patron.

Supposons que je vous mets dans les souliers d’un patron d’une PME moyenne. Disons une franchise de fast-food (peu importe laquelle). Pourquoi une franchise de fast-food? Parce que c’est une des industries les plus affectées par un hausse du salaire minimum.

Tout d’abord voici quelques données moyennes de l’industrie juste pour nous donner une petite idée de ce qui va guider vos décisions. Les données sont de sources américaines, mais c’est probablement similaire au Canada. On ne fait que regarder les coûts typiques et la marge de profits en pourcentage des ventes.

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On voit donc que dans un restaurant de fast-food typique, les salaires et les achats sont les deux plus grosses dépenses et la marge de profits est plutôt mince si on considère que l’inflation est autour de 2%. Maintenant, juste pour que vous puissiez comprendre ce qui est en jeu, l’augmentation qu’on propose au Québec est de passer de $10,75 à $15,00 ce qui représente une hausse de 39.5% (Eh oui! Dans mon exemple ci-haut, mon pourcentage de de hausse n’était pas un hasard. Me voilà démasqué!) En Faisant un petit calcul rapide pour voir ce qui arrive à la répartition des coûts si on applique une hausse de 39,5% des salaires, on se rend compte que les salaires viennent de passer de $217 484 à $303 466 ce qui représente une augmentation de $85 982, réduisant votre profit de $27 501 à une perte de $58 481.

Voici ce que ça donne:

IB-fast-food-strikes-chart-2

C’est sûr que si vous voulez rester en affaires, vous ne pouvez pas absorber une telle hausse. Vous devez soit augmenter vos ventes de $85 000 ou réduire vos coûts d’autant, ou une combinaison des deux.  Croyez-vous qu’il est raisonnable de conclure que vous devrez probablement faire des mises à pied? Allez-vous peut-être être tenté de robotiser votre restaurant? Logiquement, quels employés allez-vous congédier, les plus expérimentés ou les moins expérimentés? Ces employées auront-ils plus ou moins de difficulté à se faire embaucher ailleurs, étant donné que tous les autres restaurants de fast food ont des contraintes similaires? Est-ce raisonnable de dire que si on augmente le salaire minimum à $15/h au Québec, on a une grosse chance de voir des mises à pieds et des coupures d’horaires dans l’industrie de la restauration rapide et d’autre industries avec des marges de profits similaires?

À titre de référence, voici les marges de profits nets moyens au Canada par industrie selon Statistiques Canada:

avg profit margins canada

Au diable l’idéologie

Je ne vous demande pas d’aimer ce que je vous dis. Que vous l’aimiez ou non, ce que je vous expose est exactement les défis auxquels les entreprises feront face si on augmente le salaire minimum à $15. C’est même pas une question d’idéologie, c’est une question comptable. Il ne s’agit pas ici de comment on souhaiterait que ça fonctionne. Moi aussi j’aimerais que l’argent pousse sur les arbres, mais je n’ai encore jamais vu d’arbre à dollars. Certes, il y a certainement des entreprises qui font suffisamment de profits pour absorber la hausse, mais très peu. Et je vous livre un petit secret, la plupart des entreprises qui pourraient absorber une telle hausse, ont très peu d’employés au salaire minimum (ou même pas du tout). Elles ne sont donc pas touchées par cette hausse.

Il y a certains qui s’imaginent que parce que certaines entreprises font des millions en profits qu’on peut se permettre d’augmenter le salaire minimum autant. C’est faux. Au Québec, la vaste majorité des entreprises sont des PME qui n’ont pas les moyens d’une telle augmentation, même si elles avaient les patrons les plus généreux du monde. Les forcer à subir une telle hausse du salaire minimum serait d’acculer un bon nombre d’entre elles à la faillite. Comme si ce n’était pas déjà assez difficile de faire des affaires au Québec.



Robotisation et hausses de prix – Wendy’s réagit au salaire minimum à $15

Par Philippe David

Comme je l’avais expliqué dans un de mes récents billets, les hausses abruptes du salaire minimum ne sont pas sans conséquences et malheureusement, ce sont les plus vulnérables qui écopent.Nous commençons à pouvoir observer ces conséquences dans les états américains qui ont augmenté leur salaire minimum. Le Washington Times rapportait hier que la chaîne de restauration rapide Wendy’s a annoncé l’installation de guichets de commande automatisés dans 6000 de leurs restaurants.

L’article mentionne aussi que certains franchisés de la chaîne ont également commencé à hausser leurs prix pour compenser la hausse du salaire minimum. On s’attend à ce que d’autres chaînes comme McDonalds et Burger King leur emboîte le pas. Dans les faits, je sais que même au Canada, McDonalds a déjà commencé à installer ce genre de guichets dans leurs restaurants. On pourrait certainement s’attendre à une accélération de ces installations si jamais le salaire minimum augmentait à $15/heure ici aussi.

La décision de Wendy’s n’est  d’ailleurs pas les premiers effets observés aux États-Unis, il y  a un peu plus d’un an, le magazine Forbes rapportait une augmentation des fermetures de restaurants dans la ville de Seattle, qui fût la première à imposer le salaire minimum de $15.

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les effets qu’une hausse trop grande du salaire minimum apporterait et ça n’a rien d’idéologique non-plus. Ces effets ont été documentées en long et en large comme est en train de le démontrer Vincent Geloso dans une série de billets au Journal de Montréal. La littérature économique est très extensive à ce sujet. Mais évidemment, nous pouvons toujours compter sur des politiciens populistes et des think tank financés par les syndicats pour tenter de vous faire  croire qu’ils peuvent hausser le salaire minimum comme ils veulent sans aucune répercussion. Vous n’avez qu’à observer les américains se casser la gueule avec pour constater que c’est faux.



Les vrais trous de cul du monde

Par Philippe David

J’ai été sidéré à la lecture de ce billet provenant du blogue d’un certain Jean-François Hotte. Je déteste l’idée de lui faire une quelconque publicité, mais je suis incapable de taire ma révulsion de ce torchon immonde. A-t-on idée de cracher son fiel de telle manière contre une ville vivant un tel désastre? Peut-on à ce point manquer d’empathie alors que la ville brûle encore? C’est inimaginable! Laissez-moi vous livrer un court extrait:

«À Fort McMurray, il fait toujours gris, les gens boivent beaucoup d’alcool. Cette ville connaît un grave problème de prostitution, de jeu et de drogue. Pour la plupart, des gens peu éduqués qui veulent s’enrichir rapidement, c’est un mélange toxique pour n’importe quelle société. En investissant dans cette ville éloignée, le Canada participe au génocide intellectuel d’une nation.

Comme au Far West, les hommes se promènent en pick up neuf, le menton bien haut, c’est ça la vie. Il y a souvent des bagarres, les gens consomment beaucoup de drogue pour oublier l’ennui, beaucoup de drogue.

Lorsque j’ai commencé à travailler comme agent de sécurité sur une mine, tout le monde avait un seul but: faire fortune sans études en se renseignant le moins possible sur le monde autour. La sélection naturelle renversée.

Fort McMurray, c’est le paradis de l’individualisme et de la bêtise. Jean Chrétien nous l’a dit, c’est ça le plus meilleur pays au monde.

Je me sentais comme dans un livre de Orwell, une société sans culture, sans personnalité, un objectif commun: dépenser son argent dans les bars, les voitures et sur les tables de Blackjack du Boomtown.»

Mais qui êtes-vous M. Hotte pour juger ces gens qui ne font au final que poursuivre leur rêve? Si vous croyez que Fort McMurray est si pire, vous auriez dû voir ce que ça avait l’air à la Baie James pendant les années 70. Tous des rustres aussi là pour faire un coup de cash. Et alors? Qu’est-ce qu’il y a de si mal à ça? Vous devriez plutôt leur montrer une petite dose de respect. Si vous avez des études, ces gens en ont payé une part grâce à la péréquation.

Parce que voyez-vous, le méchant pétrole sale de l’Alberta paie pour une bonne partie de nos chers acquis sociaux au Québec depuis des décennies à la hauteur de $ 7 à 10 milliards par année parce que nous nous sommes trop bons pour nous salir les mains à développer nos propres ressources. Nous ne voulons même pas savoir si nous avons des ressources à exploiter. Oh non! Tout d’un coup qu’on deviendrait riches nous aussi plutôt que d’être nés pour un petit pain et lever le nez devant ceux qui se défoncent et n’ont pas peur de se salir pour créer de la richesse pour eux-mêmes et les autres qui ne le méritent pas.

Le pétrole sera là pour encore longtemps

Le pétrole sera là pour rester tant et aussi longtemps que ce sera la forme d’énergie la moins coûteuse, et lorsqu’elle cessera de l’être, il y aura une alternative qui sera prête à prendre le relai. Oui, son exploitation défigure le paysage, mais l’exploitation du lithium pour les piles de vos chères voitures électriques et hybrides n’est pas plus jolie.

Lithium mine
Mine de lithium de Soquimich au Chili.

De plus, l’électricité pour alimenter vos Tesla, Miev et Leaf est dans la plupart des endroits générée par des centrales au charbon et au mazout. Car ce n’est pas partout sur la planète qu’il y a le potentiel hydro-électrique du Québec et le solaire et l’éolien ne pourront jamais les remplacer. Il y aurait bien le nucléaire, mais les écolos n’en veulent pas. Crachez autant que vous voulez sur le pétrole sale de l’Alberta, il en reste que vous n’êtes pas aussi verts que vous le croyez. Cessez-donc de regarder les autres de haut parce que vous vous noyez dans toutes vos contradictions. Si nous faisons bonne figure au niveau de l’émission de GES au Québec, c’est surtout grâce à un accident de la nature plutôt que notre bonne volonté et nos barrages ont été construits bien avant qu’on commence à se soucier de nos émissions de CO2. Cessons donc de nous croire plus verts que verts parce qu’en réalité c’est de l’hypocrisie. Ce sondage de 2013 montre que la lutte aux gaz à effet de serre est plutôt basse dans la liste de priorité des québécois alors qu’un approvisionnement moins cher en pétrole est bien plus haut.

sondage priorités Québec 2013

Cessons donc de faire croire que les québécois se soucient plus de l’environnement que les autres. C’est carrément faux.

Un autre portrait de Fort Mc Murray

Heureusement, il y a des portraits un peu plus honnêtes de Fort McMurray comme cet article du Globe and Mail publié en 2015. Il brosse un tableau très différent Fort McMurrray basé sur des faits plutôt que les impressions biaisées d’un cégepien de 19 ans.

Ft McMurray facts

Avec 30,7% de diplômés universitaires, Fort McMurray n’est certainement pas la ville d’ignares incultes que M. Hotte prétend. Et elle est loin d’être aussi sale.

Ft McMurray panorama

Les vrais trous de cul

Non, Fort McMurray n’est pas le trou de cul du monde, mais son malheur a dévoilé une panoplie de véritables trous de cul. Ceux qui se réjouissent de cet incendie et qui tentent de se faire du capital politique et faire avancer leur agenda alors que les flammes ragent toujours. En passant, tous les scientifiques crédibles disent que rien ne peut lier cet incendie aux changements climatiques. Absolument rien! J’ai toujours su que le mouvement environnementaliste est anti-humain. Nous venons d’en voir une belle démonstration. Vous êtes tout ce qu’il y a de plus bas dans l’échelle évolutionnaire. Je vous emmerde tous autant que vous êtes!



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