Marie-Antoinette part à la retraite

Par Philippe David

Au moment que j’ai écrit ces lignes, vous avez probablement  entendu parler du courriel éventé par le Journal de Montréal provenant d’une fonctionnaire de l’agence de revenu du Québec qui part pour une pré-retraite d’un an à plein salaire,  dans lequel elle faisait part à ses collègues de tous ses petits projets de voyage et de se la couler douce.  Beaucoup ont trouvé cette histoire choquante. Pour ma part, ce n’est pas tant le contenu du courriel que l’attitude derrière qui me choque. 

Lorsqu’informé de l’histoire, le Président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux a souligné que la dame ne fait que profiter d’avantages qui lui sont dus. C’est vrai. Ça ne change cependant rien au fait que comparativement aux conditions de travail plupart des contribuables québécois, les avantages dont jouissent les fonctionnaires sont carrément indécents.

Une étude récente de l’Institut Fraser rapporte qu’en moyenne, les salaires des fonctionnaires du Québec (tous niveaux de gouvernement confondus) sont 10,8% plus élevés que ceux qui travaillent dans le secteur privé. Comme si ce n’était pas assez, ils bénéficient  également de la Rolls Royce des plans de retraite, de congés payés accumulables, moins d’heures de travail et une sécurité d’emploi en béton armé. Les graphiques ci-dessous, tirés de l’étude illustrent bien ces différences:

Condittions de travail public vs privé

 Bien entendu, pour ceux qui suivent un peu l’actualité, rien de tout ça n’est nouveau. Il y a belle lurette que les fonctionnaires du Québec sont choyés. La dame mentionnée plus haut bénéficie du fait que les fonctionnaires peuvent cumuler leurs congés de maladie inutilisés tout au long de leur carrière pour se payer un an sans travailler à plein salaire. Allez voir combien de travailleurs du privé peuvent se permettre ça. Vous allez chercher longtemps. 

Pourtant, ce qui est le plus scandaleux n’est pas tant ces conditions de travail privilégiées, mais l’attitude des fonctionnaires quand ils défendent leurs privilèges. Les commentaires à la chronique d’hier de Michel Hébert en disent long à ce sujet. Pour eux, ce sont des acquis qu’ils ont mérités (en travaillant moins et en s’absentant plus que tout le reste du monde) et ils s’en félicitent sans gêne aucune.

Mais la réalité est toute autre. Ces conditions de travail, ils les ont obtenues parce que les services qu’ils prodiguent sont monopolisés par l’état et que seulement la menace d’une grève tient toute la population en otage puisque, contrairement au privé, la clientèle ne peut pas aller voir un compétiteur. Le gouvenement n’est pas non-plus soucieux de la rentabilité puisqu’ils obtiennent leurs revenus des contribuables par la force.  Leur intérêt ne se retrouve pas dans les moyens de payer pour tous ces avantages mais de préserver la paix sociale. Les négociations syndicales dans le secteur public se résument généralement à l’image d’un négociateur syndical qui pointe un révolver sur la tempe du contribuable pendant qu’il passe le stylo au politicien en disant « Signe ça ost…! »

Les avantages des fonctionnaires sont donc le fruit d’une extorsion grossière sur le dos des contribuables, qui eux n’ont pas ces avantages mais, comme la noblesse d’autrefois, soit les fonctionnaires en sont totalement ignorants ou ils s’en tapent royalement. Ils tiennent à leurs privilèges et si le bon peuple n’a plus de pain, tant pis! Qu’ils mangent de la brioche! 

Souvenez-vous en la prochaine fois que vous les verrez dans la rue à protester contre «l’austérité» parce que les contribuables ne devraient pas être les seuls à se serrer la ceinture.

Droit et Éthique

Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé autour du thème de la libre-expression depuis une semaine. J’ai moi-même défendu l’idée que ce droit est absolu. J’aimerais maintenant parler de l’autre côté de la médaille.

Plusieurs ont applaudi ces médias qui par solidarité, ont publié des caricatures controversées de Charlie Hebdo. Je l’ai fait moi-même pour la cause de la libre-expression, mais ça ne veut pas dire que je le referais sous d’autres circonstances. Beaucoup ont également critiqué les médias qui ont, pour diverses raisons, refusé de publier ces caricatures. Cependant, je ne les critiquerai pas moi-même.

L’autre versant de tout droit est la responsabilité. Si, en principe, nous avons le droit de tout dire et écrire (ou dessiner) ce que nous voulons, nous pouvons cependant nous garder une petite gêne. La nuance a capter ici, c’est que cette restriction soit volontaire et non par peur de représailles. Comme je l’ai expliqué dans ma récente chronique. Ce n’est pas d’hier que des fanatiques tentent de museler les médias par l’intimidation et la violence.

Mais si un média décide pour des soucis d’éthique de volontairement s’auto-censurer, il n’y a rien de réprehensible  là-dedans et c’est même tout à l’honneur de l’équipe éditoriale. Nous voulons certainement que les médias se comportent de façon responsable. Nous faisons tous le choix de nous taire  plutôt que d’émettre des propos blessants à un moment ou un autre, et c’est tout à fait normal. La liberté d’expression nous permet de dire au gens ce qu’ils ne veulent pas entendre, ça ne veut pas dire que nous devons le faire de façon grossière. On peut parfaitement faire preuve de tact pour critiquer même un sujet sensible comme la religion.

Je ne porterai donc pas de jugement envers ces médias qui ont refusé de montrer les caricatures. Je n’ai aucun moyen de savoir s’ils ont cédé à la menace ou s’ils ont agit par souci éthique. Je leur donnerai le bénéfice du doute à ce sujet parce qu’agir selon leur propre conscience est aussi leur droit.

Ces grands défenseurs incohérents de la liberté

Par Philippe David

C’est étonnant les incohérences que nous pouvons relever lorsque nous comme confrontés à des débats concernant les droits et les libertés .

Prenons par exemple l’attentat contre Charlie Hebdo et le débat sur la charte qui faisait rage il y a environ un an. Il y a quelques jours, Mathieu Bock-Côté se faisait un devoir de nous faire la leçon dans son texte Liberté d’expression 101 dans lequel il défend la liberté de Charlie Hebdo d’imprimer tout se qu’il veut. Ce n’est pas que je sois en désaccord avec son texte, loin de là, mais je me demande si sa redécouverte soudaine des vertus des droits et libertés veut dire qu’il a changé d’avis sur la charte qu’il défendait si ardemment l’an dernier? Lui qui fustigeait tous ceux qui argumentaient pour les droits des croyants d’exprimer leur foi par des symboles religieux. ( Il m’a d’ailleurs rayé de sa liste d’amis Facebook pour cette raison et il n’a pas été le seul, d’ailleurs )

Inversement, je vois maintenant bien des gens qui ont combattu contre la charte à mes côtés, mais qui maintenant disent que Charlie Hebdo ne devrait pas imprimer des caricatures incendiaires. Que la retenue, la politesse et la courtoisie envers les croyants devraient être «obligatoires» (par une loi?).  Autrement dit, la liberté d’expression est correcte quand elle n’est pas trop controversée, mais si par hasard l’opinion nous rebiffe, alors là…

Les amis, je suis désolé d’avoir à vous le dire, mais si vous croyez avoir le droit de  libre-expression pour afficher votre foi, Charlie Hebdo a parfaitement le droit de faire des caricatures provocantes. Ce sont deux côtés de la même pièce. Nous ne pouvons refuser à l’un ce que nous permettons à l’autre et ce n’est pas parce qu’il s’agit de religion que vous êtes exempts. J’ai personnellement vu autant d’énormités dites ou écrites par des prédicateurs religieux de toutes les croyances que celles contenues dans Charlie Hebdo.

Dans mon cas, je me range derrière George Orwell qui a écrit «Si la liberté d’expression existe pour une raison, c’est pour pouvoir dire aux gens ce qu’ils ne veulent pas entendre.» La liberté d’expression n’existe pas pour échanger des banalités ou parler de météo. Elle existe pour pouvoir débattre de sujets controversés. Si vous voulez qu’on respecte votre point de vue, ayez la politesse de respecter celui des autres.

De plus, les droits individuels sont le seul rempart entre vous et un état totalitaire. Vous l’ignorez probablement, mais il est déjà mal en point. Si vous voulez que votre descendance grandisse un jour dans un pays similaire à la Corée du Nord, je vous en prie, continuez de réclamer à grands cris que l’état vous «protège» en les effritant davantage.

La plume et l’épée

Par Philippe David

Depuis toujours, les caricaturistes se donnent pour mission de ridiculiser les conneries de ce monde et le monde est certainement une source intarissable de bêtises. C’est leur job!  Dépassent-ils occasionnellement les limites du bon goût? Assurément! Mais il faut parfois choquer les gens pour les faire réfléchir. L’humour est souvent une source d’introspection. Du moins, pour ceux qui en sont capables (une infime minorité, j’en conviens).

C’est, je crois, ce que Charlie Hebdo faisait. Ses auteurs et caricaturistes poussaient la limite du bon goût et brassaient les cages afin de réveiller les gens et pour eux, aucun sujet n’était tabou. Ils s’attaquaient autant à des figures politiques, des célébrités et toutes les religions.  Ils débusquaient sans aucune gêne la connerie, où qu’elle se trouve.

Pourtant, de tous les groupes qu’ils ont piqué de leurs plumes, un seul a tenté par deux fois de les réduire au silence par la violence. Certains disent que Charlie Hebdo est l’artisan de ses propres malheurs. «Qui sème le vent récolte la tempête», disent-ils. «Ils ont été beaucoup trop incendiaires, ils sont allés trop loin!» Vraiment? N’est-ce pas comme dire qu’une femme mérite d’être violée parce que sa tenue dévoile un peu trop de peau au goût de certains?  L’insulte et le ridicule ne sont pas les crimes, mais le meurtre et l’intimidation, eux, le sont. Devrions-nous plier l’échine et laisser des barbares nous dicter ce que nous pouvons et ne pouvons pas publier dans un journal à coup de kalachnikov? C’est inacceptable! Si un journal publie quelque chose qui vous déplaît ou qui vous offense, vous pouvez envoyer une lettre à l’éditeur, faire une plainte, protester, dénoncer mais VOUS NE POUVEZ PAS TUER!!!!  Suggérer que les gens de Charlie Hebdo ont mérité ce qu’il leur est arrivé, c’est cautionner que la violence est une réponse légitime à leurs écrits et leurs dessins.

Ce n’est pas d’hier…

Ce n’est pas d’hier que ce genre de chose se produit. Comme Mario Roy,  ancien éditorialiste de La Presse nous le rappelle sur son blogue, L’occident a la chienne depuis 15 ans.   Souvenons-nous des émeutes suite à la publication des caricatures de Mahomet dans le quotidien danois  Jyllands-Posten, des batailles légales d’Ezra Levant et Mark Steyn contre les diverses commissions des droits canadiennes et tous les assassinats commis en criant «Allahu ackbar».  Tous des actes de barbarie abjecte.

Il est étonnant de voir à quel point les médias sont complaisants.  Vous pouvez critiquer ou même ridiculiser toutes les religions, sauf une: l’islam. La foi des musulmans est-elle si fragile qu’elle ne supporte aucune critique? Je ne peux pas concevoir que dans une société civilisée, nous tolérons qu’un groupe se conduise en brute de cour d’école à chaque fois que quelqu’un critique sa religion. C’est intolérable.

Encore aujourd’hui,  un imam à Ottawa déclarait que de faire des caricatures de leur prophète devrait être illégal. Je l’inviterais à utiliser la liberté dont il jouit au Canada pour déménager ses pénates dans un pays qui concorde mieux avec son idéologie (l’EI, par exemple)  parce qu’il n’y a aucune bonne raison d’avoir une telle loi ici au Canada.  Non seulement cautionne-t-il les attaques contre les médias, mais il voudrait utiliser la force de notre gouvernement contre nous-même. Quel culot tout de même! Si tous les musulmans s’indignaient des conneries faites au nom de leur religion la moitié de ce qu’ils s’indignent pour les caricatures, Charlie Hebdo aurait beaucoup moins de matériel à se mettre sous la dent! Ce n’est pas parce que Charlie Hebdo fait des caricatures que les islamistes font des conneries, c’est parce que les islamistes sont cons que Charlie Hebdo fait des caricatures.

Les canards du kiosque de tir

Un autre aspect de ce drame que peu de chroniqueurs québécois ou français  vont mentionner est que les employés du Charlie Hebdo auraient pu tout aussi bien se promener avec une cible peinturée dans le dos.  Comment est-ce possible que des hommes puissent débarquer au milieu d’un quartier affluent de Paris avec des kalachnikovs à la main? Ces armes ne sont-elles pas interdites en France? Car, voyez-vous, pour ceux qui veulent aller commettre un acte terroriste, les interdiction contre les armes à feu sont le cadet de leurs soucis. Nous avons pourtant vu de nombreuses vidéos des tueurs. Et si ces gens avaient été armé d’autre chose que des caméras, les tueurs auraient-il pu faire  autant de victimes?  Nous ne le sauront jamais.

Toujours est-il que ces interdictions ont transformé les citoyens ordinaires en canards de kiosque de tir.

La plume et l’épée

Vous pouvez tuer un caricaturiste, un éditorialiste ou un chroniqueur, un autre prendra leur place. Les idées sont à l’épreuve des balles. La plume demeurera plus puissante que l’épée tant que nous ne nous laisseront pas intimider par des barbares.  Après tout, si des millions publient ces caricatures, ils ne peuvent pas tous nous tuer. Même si Charlie est un canard de gauche, je me battrai jusqu’à la mort pour son droit d’exister et de s’exprimer.

Les yeux grand fermés

Par Philippe David

Il est pratiquement impossible de discuter politique sur les réseaux sociaux sans rencontrer quelqu’un qui réclame à grand cris l’abolition du capitalisme. Ils décrient l’exploitation d’un tel système qui selon eux, ne profite qu’aux riches et puissants et écrase les pauvres.

Quoi?  Les pauvres étaient-ils mieux avant l’avènement de la révolution industrielle et du capitalisme? Étions-nous tous riches à craquer. N’y avait-il aucune famine? Avions-nous une meilleure espérance de vie? N’y avait-il pas de riches et puissants et des pauvres également à cette époque? Les écarts de richesse étaient-ils moindres? Bref, la condition humaine était-elle vraiment meilleure à l’époque pré-capitaliste? Allons! Soyez honnêtes!

Nonobstant les écrits d’auteurs comme Charles Dickens, la réalité est que non, la condition humaine n’était pas meilleure avant le capitalisme. Elle était bien pire! La vie était courte et brutale et nous étions fréquemment fauchés dans la fleur de l’âge par des maladies et blessures maintenant considérées comme bénignes. Nos récoltes pouvaient être décimées par toutes sortes de fléaux et la disette nous guettait à tout moment. La grande majorité de la race humaine ne vivait pas, elle survivait, de peine et de misère! Seules la royauté, la noblesse et une poignée de bourgeois vivaient au-dessus du niveau de subsistance et les rois et les nobles ne devraient leur propre richesse qu’au pillage des autres classes. Et si vous êtiez nés un roturier, vous mourriez aussi comme tel, à moins d’avoir accompli un quelconque exploit, et encore! Telle était la vie à cette époque. Aimeriez-vous y retourner? Non? Pourtant, en proposant d’abolir le capitalisme, c’est exactement ce que vous suggérez de faire!

Que vous vouliez l’admettre ou non, ce n’est que depuis le 18e siècle que la race humaine a commencé à s’élever au-dessus de l’état d’extrême pauvreté. Qu’est-ce qui a changé à ce moment? Nous nous sommes rendus compte que par l’épargne, le réinvestissement des profits et la mécanisation, nous pouvons produire de plus en plus par heure travaillée, ce qui nous permet de produire toujours plus avec de moins en moins de travail et de ressources. C’est comme ça que nous avons créé de plus en plus de richesse. Les produits qui autrefois ne pouvaient êtres produits qu’en petite quantité étaient désormais produits en grande quantité à plus faible coût que jamais auparavant, les rendant disponibles non seulement aux riches, mais aussi aux masses. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les hommes arrivaient lentement, mais sûrement à se nourrir plus convenablement. Pour la première fois dans l’humanité, il était possible de s’enrichir plus par la production et le commerce que par le pillage et il était possible même à des pauvres de devenir aussi riches, sinon plus que les nobles.

Bien sûr, tout le monde ne s’enrichit pas au même rythme, mais ils s’enrichissent tout de même. Alors qu’avant la révolution industrielle 90% de la race humaine vivait dans la misère la plus absolue, aujourd’hui il n’y a guère plus que 17% d’une population mondiale plus de cent fois plus vaste qui vit toujours dans la pauvreté extrême. Il n’y a jamais eu de meilleur moyen d’éliminer la pauvreté que la libre-entreprise. C’est elle qui crée les emplois qui sortent les gens de la misère et qui permet à leurs enfants de s’éduquer pour aspirer à une vie meilleure. C’est elle aussi qui a inspiré toutes les innovations qui agrémente nos vies et les rendent plus aisées.

C’est donc plutôt ironique de nos jours de voir des inconscients condamner un système sans lequel le média ou les appareils avec lesquels ils le condamnent n’existeraient même pas. J’en rirait si leur aveuglement n’était pas si tragique.

La valeur du savoir

Par Philippe David

J’apprend ce matin, via le site de Radio-Canada, que selon un sondage réalisé l’automne dernier par Mitacsfaire de longues études n’est pas nécessairement une garantie de richesse (matérielle, du moins). En effet, on y apprend que deux tiers des post-doctorants gagnent moins de $45 000/an et qu’à peine 20% des finissants arrivent à se décrocher un emploi dans leur discipline.  Ces chiffres me laissent songeur.

Certains diront que des études ce n’est jamais perdu mais que vaut vraiment le savoir s’il ne peut pas être mis en application? Est-il vraiment utile de passer de longues années à étudier pour ensuite se retrouver à occuper un emploi ou ce savoir est complètement inutile? Est-il utile de s’endetter personnellement pour finalement n’en retirer aucun avantage financier afin de rembourser ces dettes? Par la même occasion, puisque ces études sont en grande partie financées par les contribuables, est-ce que la société y gagne au change à dépenser tant d’argent et voir ce savoir se perdre, puisqu’il n’est mis au service de personne?

À quoi sert l’éducation?

Peu importe ce que certains peuvent en penser,  l’éducation n’est pas une fin en soi.  Nous étudions d’abord et avant tout pour se munir de certains outils intellectuels nous permettant d’atteindre un but précis. Ce but peut être pour satisfaire une curiosité personnelle ou pour acquérir une culture générale ou pour apprendre une discipline précise qui nous permettra de décrocher  un emploi et faire de nous un membre productif de la société et nous permettre  de subsister et subvenir à nos besoins personnels.

Si vos priorités sont bien ordonnées, votre  premier objectif doit être de veiller à votre subsistance. Après tout, vous ne pouvez pas vivre éternellement au dépens de vos parents. Un jour où l’autre vous devrez assurer votre propre survie et croyez-moi, du point de vue de vos parents, le plus tôt sera le mieux! Donc, si par bonheur, vous pouvez marier l’utile à l’agréable et trouver une discipline qui vous passionne et qui peut vous permettre de gagner votre croûte, à la bonne heure! Mais sinon, vous devrez faire certains compromis. Je suis certain que d’étudier l’organisation sociale des macaques d’Indonésie peut être passionnant, mais il y a peu de chance que vous puissiez décrocher un emploi qui vous permettra de faire ce genre de recherche. C’est malheureux, mais vous devrez probablement passer au plan B (ou C ou D) si vous ne voulez pas faire partie du 80% des hauts diplômés qui travaillent chez Mc Do.

Des incitatifs tordus.

Pourquoi avons-nous tant de gens qui poursuivent des études sans avenir? Ils sont présumément intelligents et savent sûrement que peu de débouchées existe dans leur champs d’étude, alors pourquoi persistent-ils? La raison est simple: le système actuel leur épargne beaucoup du poids des conséquences de leur décisions.  Puisque leurs études sont financées en grande partie par l’état, leurs études ne leur coutent que très peu cher, comparativement à ce qu’elles coûtent aux contribuables. Ce n’est qu’une autres des multiples façons que l’état socialise les pertes et privatise les gains. Si les études débouchent sur un emploi bien rémunéré, les gains  vont directement dans les poches du premier concerné, mais sinon, c’est l’ensemble des contribuables qui paie pour une éducation qui ne lui est d’aucun bénéfice.  C’est similaire au dilemme quand un médecin est formé dans nos universités, mais qu’il décide ensuite d’aller pratiquer ailleurs. Dans ce cas aussi, nous avons payé pour rien.

Quelles solutions?

À ce petit problème,  je ne vois pas beaucoup de solutions. En fait, je n’en vois que deux:

  1. Soit l’état décide quelles études vous avez le droit de faire
  2. Soit l’étudiant doit payer le plein coût de ses études et subit seul les conséquences de son choix

La première implique de vous forcer à aller dans une discipline que vous n’aimerez peut-être pas alors que la seconde vous laisse libre de choisir, mais vous laisse en subir les conséquences, bonnes ou mauvaises.

Je vous laisse deviner quelle des deux solutions je préfère…

Faustérité

Par Philippe David

Samedi dernier, ça hurlait dans les rues. Avec la mise à jour économique  de Carlos Leitao d’hier, ça risque de continuer à hurler contre la soi-disant « austérité ».  Pourquoi hurlent-ils? Certainement, les contribuables ont de quoi hurler. On leur balance taxe par-dessus taxe, tarif par-dessus tarif. Certainement eux, ils doivent se serrer la ceinture. Mais qu’en est-il des autres?  N’est-ce pas ironique que ceux qui hurlent le plus, sont en fait ceux qui en perdent le moins au change?

Les gras-dur

Les syndicats font certainement beaucoup de bruit, mais pourquoi? Est-ce que le gouvernement a congédié 30% de la fonction publique comme en Estonie? Ont-ils coupé leurs salaires de 20% comme en Grèce (ou comme l’a fait René Lévesque en 1980)? Ont-ils supprimé leur sécurité d’emploi ou remplacé leurs régimes de retraite dorés à prestation déterminées contre des régimes à cotisations déterminées comme ils ont fait en Suède (pourtant le modèle préféré de la gauche)?

Ont-ils privatisé des services publics? Ont-ils aboli des ministères? Ont-ils fait ne serait-ce qu’une réforme structurelle? Les syndicats se plaignent de quoi au juste? Si le gouvernement de Philippe Couillard avait fait ce que des pays comme la Suède, l’Estonie ou la Lettonie ont fait, les syndicats auraient eu de quoi hurler, mais ils braillent la bouche pleine! Personne ne leur a encore rien enlevé si ce n’est que de leur faire payer un peu plus pour leurs régimes de retraites dorés, que la majorité des contribuable qui payent pour n’ont pas.  Dites-moi que ce n’est pas totalement pervers!

La vraie austérité.

La vraie austérité c’est de remettre en question notre façon de faire. C’est de revoir ce qui fonctionne et qui en fonctionne pas et éliminer ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est pas faire juste quelques coupes cosmétiques et faire le reste du retour à l’équilibre budgétaire en jouant dans la colonne des revenus.

Jusqu’ici, ce que j’ai vu du gouvernement c’est faire porter un complet à rayures verticales à quelqu’un souffrant d’obésité morbide pour essayer de l’amincir  plutôt que de lui faire une gastrectomie et une liposuccion.  Parce que c’est vraiment de ça que l’état québécois a besoin.

D’autres l’ont fait

Comme je l’ai mentionné plus haut, d’autres pays l’ont fait, notamment la Suède, l’Estonie et la Lettonie. Ils ont osé regarder leur modèle, le remettre en question et tenter dégraisser la machine.  Quand aurons nous des politiciens qui auront le courage de faire la même chose plutôt que de nous infliger toujours plus de taxes et de tarifs?

 

Le grand mythe de l’austérité

Par Philippe David

Le terme « austérité » a mauvaise presse ces temps-ci. On voit ce terme galvaudé à gauche et à droite, surtout à gauche, à toutes  sauces, tant par des illettrés économiques que par des prix Nobel de l’économie comme Stiglitz et Krugman, mais c’est quoi l’austérité vraiment?

Quand on examine les dictionnaires, on y parle de rigueur en général ou rigueur budgétaire en particulier. Certains démagogues parlent de « coupes sauvages ». Certaines doctrines économiques ne jurent que par les interventions du gouverment pour contrer ce qui est perçu comme « les lacunes du capitalisme ».  Pour ces gens if fait un certain sens de toujours vouloir  plus de dépenses gouvernementales et ils trouveront certainement des tas de raisons pour justifier ces dépenses. Ils auront donc intérêt à nous mettre en garde contre toute diminution des dépenses de l’état parce que ces gens croient qu’ils sont plus éclairés que le reste des gens et croient qu’ils peuvent gérer les ressources mieux que vous.

Qui gère mieux quoi?

L’austérité revient en réalité à une seule question: « Qui gère mieux quoi? ».  Les ressources dans l’économie ne sont pas infinies (comme les anti-capitalistes aiment à nous rappeler, comme si nous ne le savions pas) et dans notre société, deux grands groupes se font concurrence pour les gérer: Les individus et le gouvernement.  Effectivement, celui ou celle qui s’oppose à « l’austérité » croit effectivement que le gouvernement est le mieux qualifié pour gérer ces ressources, alors que celui qui est pour les mesures d’austérité croit au contraire que les ressources sont mieux gérées par les individus.

Des opposants de l’austérité, comme Stiglitz et Krugman croient que les dépenses du gouvernement viennent avec un « multiplicateur » qui fait qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait pour deux dollars de bien. Sur quoi repose cette assomption demeure encore un mystère, mais il faut les croire sur parole que c’est vrai, même s’il n’existe aucune donnée empirique pour le prouver.

Cependant, l’économiste Milton Friedman qui a consacré sa vie à démontrer de façon empirique que les programmes gouvernementaux sont invariablement inefficaces, explique qu’il y a quatre façons de dépenser de l’argent:

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

Avec les individus, ce sera invariablement les trois premiers qui primeront. Pour les gouvernements, c’est pratiquement exclusivement la quatrième méthode qui prime. C’est pour ça que pratiquement tous les programmes gouvernementaux aboutiront inévitablement avec des dépassements de coûts, du gaspillage et de la corruption. Vous ne me croyez pas? Retournez voir les clips des témoignages de la Commission Charbonneau sur Youtube. Si ça ne vous convainc pas, rien ne vous convaincra et on pourra effectivement dire que votre foi en l’état prend des caractéristiques religieuses. Le fameux multiplicateur des keynésiens, dans les faits est plutôt un diviseur.

La véritable question

Certains essaient de vous faire croire que si certains services ne sont pas offerts par le gouvernement, ils ne le seront pas du tout, ou ils seront offerts à des prix prohibitifs par le privé. Pourtant c’est faux. Là où le gouvernement offre un service, il revient toujours généralement plus cher. Pensons simplement aux prix de la SAQ.

La gratuité de certains services n’est aussi qu’une grande illusion qui ne persiste que par les véritables coût sont cachés. Un excellent exemple de ceci est notre système de santé qui coûte moins que le système américain, nous dit-on (et pourtant pas beaucoup moins), mais quels sont les coûts engendrés par tous les temps d’attentes du système? Combien coûtent toutes les heures que nous passons à attendre à une salle d’urgence (qui est vraiment un oxymore dans notre système) ou les mois où des gens ne peuvent travailler en attendant une chirugie orthopédique ou cardiaque qui les rendront de nouveau productifs. Comme l’a souvent dit l’économiste Frédéric Bastiat, ce qui est important dans l’économie n’est pas tant ce qu’on voit, mais ce qu’on ne voit pas. Ainsi il est bien plus aisé de voir ce qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait que de faire l’effort intellectuel pour imaginer ce qu’il aurait pu faire dans les mains d’un individu, si on ne lui avait pas arraché par la force.

Puisque les ressources ne sont pas infinie et que les gouvernements ont toujours été et seront toujours des gaspilleurs de ressources à grande échelle et que chaque dollar dépensé par un gouvernement est un dollar de moins dépensé de façon plus productive par un individu. Donc, dans le débat sur l’austérité, la véritable question est combien de ressources finies voulons-nous vraiment confier au gouvernement. La réponse devrait être simple: le moins possible.

Quand les gougounes se mêlent d’économie…

Réponse à Marilyse Hamelin

 

Par Philippe David

Chère madame,

L’économiste Murray Rothbard a dit un jour que « ce n’est pas un crime d’être ignorant(e) en économie, qui est après tout une discipline spécialisée que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre», mais il est totalement irresponsable d’exprimer une opinion forte et bruyante des sujets économiques tout en demeurant dans cet état d’ignorance. » Vous auriez dû tenir compte de ce sage conseil lorsque vous avez rédigé votre chronique car vous y avez étalé toute votre ignorance de façon magistrale! Il y a tellement d’erreurs factuelles dedans qu’on ne sait guère où commencer. Commençons donc par le commencement.

Roosevelt, le New Deal et la Grande Dépression.

Je dois admettre que sur ce sujet, si vous avez erré, c’est probablement la faute de notre système d’éducation qui véhicule de nombreux mythes sur cette période de l’histoire. C’est aussi probablement parce que les historiens ne connaissent rien non plus en économie et qu’ils ne savent pas interpréter les résultats des politiques économiques qui ont été mises en vigueur pendant cette période, encore moins d’en évaluer l’efficacité.

Depuis ce temps, des économistes comme Harold Cole et Lee O’Hanian à UCLA ont déterminé que le New Deal de Roosevelt, plutôt que de mettre fin à la Grande Dépression, l’ont plutôt rallongée de 7 ans.  D’ailleurs,  pourquoi pourriez-vous croire que le New Deal ait vraiment été un succès alors que le chômage était encore à peu près au même niveau en 1941 quand les États-Unis sont entrés en guerre, que lorsque Roosevelt a pris le pouvoir? S’il vous était donné de faire quelques recherches, vous seriez probablement étonnée d’apprendre que la cause de la Grande Dépression n’était pas, tel que les historiens le prétendent, le krach de 1929, quoiqu’il y ait contribué, mais plutôt les interventions gouvernementales et de la Réserve Fédérale qui ont transformé ce qui aurait été une courte récession en une dépression de plus d’une décennie.

Bien sûr, le problème du chômage s’est vite résolu en envoyant les chômeurs se faire tuer au front, mais la prospérité était tout sauf revenue pendant la guerre alors que la presque totalité de la production était détournée à fabriquer des tanks et des bombes, alors que les gens à la maison devaient survivre avec des cartes de rationnement. Pourtant, la plupart des livres d’histoire vous diront que la dépression s’est terminée au début de la guerre.

Contrairement à ce que vous prétendez, les trente glorieuses qui ont suivi la guerre n’ont pas eu lieu grâce aux politiques social-démocrates de Roosevelt, mais simplement parce que les économies occidentales se sont remises à produire autre chose que du matériel militaire, libérant ces ressources pour inonder le marché de réfrigérateurs, de cuisinières, de laveuses-sécheuses, d’automobiles, de téléviseurs et de radios à transistor. Au fait, vous n’étiez pas sérieuse lorsque vous avez affirmé que les États-Unis n’ont connu aucune récession ni dépression de 1930 à 1970, j’espère? Commençons par le fait que pendant toutes les années 30, les États-Unis étaient en dépression et ont même réussi l’exploit d’avoir une récession à l’intérieur d’une dépression (en 1938), selon les données du NBER, de 1945 à 1975, les 30 années qui ont suvi la guerre, les États-Unis ont eu pas moins de sept récessions! Embarassant, n’est-ce pas? Mais ne laissez surtout pas les faits et les statistiques briser vos illusions!

Reagan, Thatcher, Mulroney et « l’austérité »
[Insérez la musique de « Psycho » ici]

Je ne veux pas trop m’étendre sur ce sujet, mais je vais m’y attarder juste assez longtemps pour montrer à quel point vos affirmations sont ridicules. Tout d’abord, puisque vous semblez totalement ignorante de ce qu’est vraiment une politique d’austérité, je vous offre une définition:

Politique d’austérité

Au niveau d’une nation ou d’une entreprise une politique d’austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur

S’il s’agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l’endettement du pays, une politique d’austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.

Dans la lutte contre l’inflation, la politique d’austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s’appuyant sur divers leviers :
– la restriction du crédit,
– la modération salariale,
– l’augmentation de la pression fiscale…

(Selon le Toupictionnaire.)

Expliquez-moi alors comment Reagan, Thatcher et Mulroney qui ont été au pouvoir respectivement 8,11 et 9 ans n’ont pas réussi à équilibrer leur budget pendant tout ce temps, à part pour Thatcher dans sa dernière année? De quelle austérité parlez-vous au juste?

L’exemple suédois… Ja ja!

Vous serez probablement surprise de me voir dire que j’approuve entièrement l’idée de suivre le modèle suédois. Cependant, ce n’est pas pour les raisons que vous croyez. Voyez-vous, comme tous les socialistes québécois, vous vivez dans l’illusion que la Suède est un pays social-démocrate et que sa prospérité prouve votre point. Mais c’est là que vous faites votre plus grande erreur.

En effet, la Suède a connu une période social-démocrate pendant les années 1970 et 1980 et ça les a mené sur le bord de la ruine. Un peu comme le Québec maintenant. Qu’ont-ils fait? Au début des années 90, suite à un krach bancaire, ils ont adopté, vous avez deviné… des politiques d’austérité. Ils ont réduit les dépenses de l’état, réformé et privatisé un grand nombre de services publics, réformé les retraites des fonctionnaires et mis fin à leur sécurité d’emploi. Ils ont aussi réformé leur système de taxation et dérèglementé l’industrie. Ils ont libéralisé leur système scolaire et introduit des bons d’études. Bref, toutes les politiques qui feraient hurler de désespoir la gauche québécoise.

La Suède a investi, c’est vrai, mais plutôt que d’investir dans l’État, elle a investi dans le marché.  Alors que vous croyiez par leur exemple prouver que les politiques d’austérité ne fonctionnent pas, la Suède, au contraire, a prouvé sans équivoque que ces politiques fonctionnent à merveille! Pas de chance!

Alors, la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie d’émettre des opinions fortes et bruyantes sur des sujets économiques, essayez donc de faire quelque chose à propos de votre profond état d’ignorance du sujet. C’est vraiment embarassant.

Veuillez accepter, chère dame, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

Le droit à l’auto-défense

Par Philippe David

Je ne peux pas m’empêcher de voir une touche d’ironie quand je vois les gens acclamer Kevin Vickers en héros. C’est vrai qu’il a agit avec bravoure pour protéger les gens d’un dangereux tireur fou, ce qui démontre encore une fois que la meilleure façon de stopper un mauvais homme avec un fusil, c’est avec un bon homme avec un fusil. Les mauvais se moquent bien des registres d’armes à feu et des restrictions sur celles-ci. Une personne voulant commettre un crime peut trouver assez aisément trouver une arme avec numéro de série limé sur le marché-noir, même au Canada. Donc, les restrictions d’armes n’ont jamais servi, en réalité, qu’à empêcher les honnêtes gens d’en posséder.

L’ironie est que pendant que Kevin Vickers est acclamé en héros, beaucoup de citoyens ordinaires doivent consacrer beaucoup de temps et d’argent à se défendre devant les tribunaux. Leur crime? Avoir tenté de protéger leur vie, leur famille et leur propriété.

En janvier 2011, j’avais publié un texte sur le Minarchiste Québécois, relatant quelques exemple. Je le partage avec vous aujourd’hui.

Quand les victimes sont traitées en criminels

Par Philippe David • 27 janvier 2011

On dit souvent en dérision que lorsque les secondes comptent, la police sera là dans quelques minutes. En fait, dans la plupart des grandes villes canadiennes, le temps de réponse de la police à un appel au 911 est en moyenne dix minutes. Si vous faites face à un attaquant armé, ça veut dire que les policiers arriveront à temps pour tracer le contour de votre cadavre à la craie. Aussi, peut-on blâmer un citoyen qui cherche à se protéger lui-même, sa famille et sa propriété? Apparemment, les policiers croient que oui. Je vous cite quelques exemples:

En août dernier à Port Colbourne en Ontario, trois hommes masqués ont lancé six cocktails molotov sur la résidence d’ Ian Thomson alors qu’il dormait à l’intérieur. Réveillé par le bruit et apercevant les intrus, il récupère un de ces révolvers de son coffre-fort, le charge et sort à l’extérieur, tirant deux ou trois fois dans les airs pour effrayer ses agresseurs qui ont pris la fuite. Il a ensuite avertit la police et leur a remis les enregistrements de ses caméras de sécurité (apparemment ce n’était pas la première fois qu’on commettait des actes de vandalisme sur sa propriété). Deux des suspects furent appréhendés peu après et on passa les menottes aussi à M. Thomson pour usage négligent d’une arme à feu. L’ironie est qu’Ian Thomson est un instructeur de tir et aurait très bien pu tuer ou blesser ses agresseurs s’il l’avait voulu. Les procureurs de la couronne réclament une peine de prison pour M. Thomson.

En 1995, James Morrow d’Ottawa dû faire face à un homme avec qui il avait eu une dispute d’affaires. L’homme en question, ivre,  a défoncé la porte de l’immeuble dans lequel M. Morrow habitait et est monté à son appartement en disant être armé d’un révolver et menaçant de lui brûler la cervelle. M. Morrow a immédiatement téléphoné au 911 et a passé 9 longues minutes avec le répartiteur alors que les secours n’arrivaient toujours pas. L’intrus a finalement défoncé la porte et est entré dans l’appartement où M. Morrow, qui possédait une arme, l’a tué d’une balle. Malgré le fait qu’il s’agissait d’un cas parfait de légitime défense, James Morrow a dû se défendre  pendant deux ans et demi contre des accusations de meurtre avant que, finalement, un juge rejette les accusations.

En mars 2010, averti par ses voisins de la présence de trois intrus dans sa cours arrière, Lawrence Manzer du Nouveau Brunswick, sort de sa maison avec un fusil de chasse non-chargé pour faire fuir les intrus. M. Manzer était fréquemment la victime de vandalisme. Jusqu’ici la police locale s’en était très peu préoccupé, mais cette fois-ci elle a agi, arrêtant M. Manzer pour avoir troublé la paix publique.

Finalement, en avril 2009, après avoir souffert des visites quotidiennes de voleurs à l’étalage et l’indifférence totale de la police, David Chen, un marchand de Toronto, décide de faire une arrestation citoyenne d’un de ses voleurs, le ligotant en attendant l’arrivée de la police. L’ont-ils remercié? Non. Ils l’ont plutôt accusé de voies de fait et séquestration. Il fût acquitté en octobre dernier.

Qu’auraient dû faire ces hommes? Laisser leurs agresseurs faire leur sale boulot? Il est certain que ce n’est pas une très bonne idée de laisser des citoyens prendre la loi dans leurs mains, mais nous avons un droit de nous défendre, non? Ce droit est d’ailleurs un corollaire au droit à la vie et à celui à la propriété. C’est notre droit légitime, dans une situation où on est agressé, d’utiliser autant de force qui soit nécessaire pour repousser une attaque contre notre personne, notre famille et notre propriété. Il serait grand temps de laisser le gros bon sens prévaloir et que la police et les procureurs de la couronne se contentent de poursuivre les vrais criminels et cessent de traiter les victimes en criminels.

 

 

N’était-ce pas eux aussi des héros? Ne méritaient-ils pas un tout autre traitement que d’avoir à débourser des milliers de dollars en frais d’avocats?

Il est grand temps qu’on puisse jouir de notre droit à l’auto-défense comme M. Vickers, n’est-ce pas?

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