Le mythe Legault

 

On le sait, la politique intéresse peu les gens au Québec. Encore moins au provincial. L’échiquier politique est occupé depuis près de 40 ans par les deux mêmes partis, le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, tous deux sociaux-démocrates mais souverainiste et fédéraliste. Autrement dit, c’est la gang du « oui » contre la gang du « non ». Qui plus est, depuis le référendum de 1995, l’appui à l’indépendance du Québec n’a jamais dépassé le seuil critique de 45 %. Le PQ n’est donc pas à la veille de déclencher le processus de « libération du Québec », à moins d’être masochiste. Sans un chef très charismatique de la trempe de René Lévesque ou de Jacques Parizeau, le PQ ne réussit pas à convaincre les Québécois du bien-fondé de « la cause ». Le parti se rabat donc sur la gouvernance de l’État tout en faisant miroiter la possibilité de tenir un référendum afin de garder ses militants.

Usé par trois mandats d’affilée et le scandale de la construction, le Parti libéral de Jean Charest devrait normalement se faire massacrer dans les sondages. C’était plutôt vrai jusqu’à la fin de la session parlementaire hivernale, moment où cinq députés ont quitté le navire, pour des raisons aussi différentes que la contestation du leadership de Pauline Marois (qui a obtenu plus de 93 % d’appui de ses militants en avril!), le côté entêté du parti à faire la souveraineté et son côté pas assez pressé à le faire. Ajoutons le spectre Legault qui commence à hanter le PQ.

Ils n’ont toujours pas créé leur parti politique, mais les « caquistes » François Legault et Charles Sirois trônent en tête des intentions de vote, avec plus ou moins 40 %, ce qui pourrait leur donner théoriquement un gouvernement majoritaire. Libéraux et péquistes déçus ou déchus frapperaient aux portes du mouvement politique, devant l’ampleur de cette popularité.

C’est justement la base du problème. La Coalition pour l’avenir du Québec représente un certain vent de fraîcheur en politique, mais elle recrute chez les deux partis qui représentent la lassitude des électeurs. En effet, même s’il existe une entente plus ou moins tacite entre les adéquistes et les caquistes, aucun adéquiste n’a annoncé son désir de joindre le mouvement Legault. Même si certaines idées sont intéressantes, elles ne vont pas tellement dans l’idéologie adéquiste, en particulier en santé. Il faut quand même le reconnaître, l’ADQ est le premier parti a avoir parlé de la place du privé en santé, et elle est toujours la seule formation politique au Québec à en parler ouvertement.

L’orientation du mouvement est des plus ambigües, les journalistes la désignant de coalition de centre-droit, tandis que le principal intéressé la définit de gauche efficace. À vouloir inclure tout le monde, le mouvement risque de ressembler à un mélange libéralo-péquiste un peu nationaliste mais pas trop, extrême-centriste. Bref, il représente une façon pour les vieux politiciens de demeurer dans le portrait encore quelques années. De nombreux bloquistes et péquistes ont des contacts réguliers avec François Legault, ce qui laisse planer un doute sur la nouveauté et l’orientation de droite.

Pour le moment, François Legault a plus l’air d’un caméléon qui dit ne pas être contre le privé en santé à CHOI-FM mais qui affirme à Radio-Canada que le fait de donner plus d’argent aux artistes est bon pour l’économie québécoise. Autant dire qu’il s’ajuste à son auditoire. Seuls les droitistes purs du Réseau liberté Québec et les vrais gauchistes de Québec solidaire ne sont pas intéressés par le train Legault.

Si j’étais Jean Charest, je déclencherais le plus tôt possible des élections, pour éviter de perdre des militants et des députés et afin de capitaliser sur la faiblesse du PQ. Mais une chose est sûre : le mouvement Legault donne un second souffle aux deux vieux partis, même s’ils s’en méfient.

Gauche et droite a l’origine

Les notions de droite et de gauche renvoient à une opposition en politique qui, depuis la France de 1789 s’est étendue dans une grande partie des systèmes politiques d’assemblée. L’évolution et les nuances de cette bipolarisation opposent globalement :

  • la défense d’un ordre efficace respectant l’autorité et la propriété (droite)
  • la revendication d’un progrès égalitaire organisé par l’État (gauche)

Traditionnellement, les valeurs suivantes sont considérées comme étant caractéristiques de la droite : mérite, travail, ordre, sécurité, tradition, loyauté ; par opposition, les valeurs suivantes sont généralement considérées comme étant de gauche : égalité, solidarité, progrès…

 Au fil des années, il y a eu comme un renversement des pôles ce qui était à droite est passé à gauche et inversement.  Ce qui signifie que la droite d’aujourd’hui n’est pas celle du début…

 Droite et gauche possèdent chacune quelques figures de proue.

La droite, malgré toutes ses diversités, a comme influences Caton l’AncienFrançois-René de ChateaubriandAdolphe ThiersRaymond PoincaréPaul Reynaud. La gauche se reconnaîtrait davantage dans les GracquesRosa Luxemburg ou Jean Jaurès.

Dans l’ensemble, il s’agit bien d’un positionnement relatif, leurs électeurs respectifs se réclamant rarement de faire pencher le bateau dans un sens ou dans l’autre, mais plutôt de le remettre droit. On serait ainsi très embarrassé aujourd’hui, pour classer des hommes politiques comme Abraham Lincoln à droite ou à gauche. Républicain, par son souci de l’unité du pays, libéral par son anti-esclavagisme, il s’opposait pourtant aux démocrates (à l’époque ceux du Sud étaient favorables à un esclavagisme lié à leur système communautaire) ce qui fait que des agitateurs d’idées, comme Michael Moore (« gauche »), se réclament de ses idées aujourd’hui (2005)… contre les actuels Républicains.

De la même façon, par son évolution personnelle comme par celle des enjeux entre 1865 et 1920, Georges Clemenceau, considéré comme d’extrême gauche en son temps, serait, par ses propos sans illusions sur la démocratie  et son comportement (feu ouvert à plusieurs reprises sur des manifestants), vu comme d’extrême droite aujourd’hui.

Un nuage menaçant

Par Reynald Du Berger

(Collaboration spéciale)

 

On soupçonnait déjà que les rayons cosmiques atteignant la Terre jouaient un rôle important dans la formation des nuages en basse altitude. Mais on n’avait jamais étudié auparavant le phénomène en laboratoire. CLOUD (Cosmic Leaving Outdoor Droplets) est cette grande expérience du CERN débutée il y a plus d’un an à Genève et regroupant quelque 17 instituts de recherche de 8 pays différents, principalement d’Europe et d’Amérique. Elle vise à étudier, dans une chambre spéciale à atmosphère hyper-controlée, la formation des nuages sous l’effet d’ensemencement par les rayons cosmiques.

De façon simplifiée, disons qu’aux taches solaires, est associé un champ magnétique qui protège la Terre du bombardement par les rayons cosmiques provenant de l’espace. Plus les rayons cosmiques atteignant la Terre sont abondants, plus cela favorise la formation de nuages en basse altitude, et plus la couverture nuageuse de basse altitude est importante, plus les températures sont basses. Les premiers résultats de CLOUD viennent tout juste d’être publiés dans la revue scientifique Nature, et tendent à confirmer cette hypothèse. Nous sommes en ce moment dans un creux solaire jamais atteint depuis 50 ans. Si la tendance se maintient, en 2014 il n’y aura plus aucune tache solaire et cette année-là devrait donc être particulièrement froide. On peut même anticiper un petit âge glaciaire analogue à celui que nos ancêtres ont connu aux 17ième et 18ième siècles (La Tamise avait gelé à plusieurs reprises), qui pourrait débuter d’ici une trentaine d’années. Le soleil et non les GES émis par vos voitures a toujours été et restera le moteur principal des changements climatiques -mis à part quelques soubresauts volcaniques comme par exemple celui du super-volcan Toba il y a 74 000 ans-. Bref, c’est le refroidissement qui nous guette… rien de bien réjouissant!

Ces premiers résultats de CLOUD sont le premier pavé important, pavé de nature rigoureusement scientifique, jeté dans la marre des réchauffistes du GIEC, dont les rapports alarmistes reposent très peu sur les observations scientifiques mais surtout sur des modèles climatiques sur-simplifiés. CLOUD permet aussi de mieux comprendre les processus chimiques impliqués dans la formation de ces nuages. Les périodes où la Terre connait un réchauffement coïncideraient avec celles des périodes d’activité solaire maxima et vice versa. Or il se trouve que les observations actuelles sont en harmonie avec cette hypothèse, contrairement aux prédictions des modèles du GIEC. Les prêtres du réchauffisme qui célèbrent leur culte dans les temples de cette nouvelle religion climato-alarmiste que sont les Universités de Pennsylvania State et d’East Anglia ainsi que la NASA ont toujours été hantés par le spectre de cette hypothèse des rayons cosmiques. C’est donc une première flèche, et elle est de taille, qui leur est ainsi décochée dans leur talon d’Achille climatique. La douleur est lancinante.

L’expérience est loin d’être terminée. Un nuage gris, menaçant et de plus en plus gros apparaît dans l’azur des réchauffistes. L’orage n’est pas loin. Mes prévisions de climato-sceptique : effondrement imminent du déjà fragile édifice du GIEC et ensuite de la précaire Bourse du carbone à laquelle le vert et naïf Québec vient de s’inscrire.