Le déclin du pouvoir syndical

Il n’y a pas de doute. Nous sommes dans une extraordinaire période de transition. Nos repères ont foutu le camp, les souverainistes s’entredéchirent, tous les partis politiques tremblent à l’idée de la prochaine élection et la population n’a que le goût de leur donner leur 4%! Bref, les piliers du modèle québécois s’effondrent littéralement sous nos yeux.

Un de ces piliers est sans aucun doute le syndicalisme tel que nous le pratiquons au Québec. En cette Fête des travailleurs, il semble que l’organisation InfoTravail ait décidé de servir un sérieux avertissement aux organisations syndicales.

Les résultats du sondage sont on ne peut plus clairs (Voir aussi l’article de Carl Renaud, la chronique de Richard Martineau).

Mais le chiffre qui m’épate le plus est celui-ci: 54% des employés syndiqués préfèreraient ne pas l’être! C’est pas rien ça! Vous imaginez si on obligeait demain matin un nouveau vote d’allégeance à votre syndicat? J’ai idée que le taux de syndicalisation au Québec diminuerait pas à peu près!

Ce n’est pourtant pas la 1ère fois que l’on remarque combien nos gouvernements sont déconnectés de la population en la matière. En août 2009, l’Institut économique de Montréal avait commandé un sondage semblable. Le résultat: sept Québécois sur dix estimaient que le gouvernement devrait modifier la loi actuelle pour rendre obligatoire la tenue d’un vote au scrutin secret auprès des employés visés par une demande d’accréditation syndicale. L’appui à une telle modification est encore plus fort chez les travailleurs syndiqués, à 80%!!!

Alors la véritable question est peut-être la suivante. Qu’attend donc le gouvernement du Québec pour y voir? De quoi a-t-il peur? Y a-t-il des squelettes dans le placard de nos politiciens que les élites syndicales menacent de dévoiler? Se font-ils menacer lorsqu’ils abordent une réforme du Code du travail?

La correlation entre la rigidité des lois du travail et la croissance économique a été démontrée de toutes les façons possibles. Le Québec étouffe, oui, sous le poids des monopoles syndicaux.

Les Québécois ne veulent plus être contraints d’adhérer obligatoirement à un syndicat, ils ne veulent plus que leurs cotisations servent à d’autres fins que la négociation de leurs conditions de travail et ils ne veulent plus que leur argent aillent à faire de la propagande partisane.

À un moment où les impôts, taxes et tarifs agressent le contribuable québécois, peut-être que les employés syndiqués commencent à penser qu’il serait bien de faire disparaître leur cotisation syndicale sur leur chèque de paie, qui sait?

Dans tous les cas, le temps n’est ni à la réflexion, ni à un débat, ni à une commission parlementaire sur le sujet. Les constats sont faits et le jugement a été prononcé. Ne reste plus qu’à agir et à réformer une fois pour toutes le Code du travail – ou plutôt le Code de la syndicalisation – du Québec.

Soyez sympa! Partagez!