Départ de Nathalie Normandeau : jeu de chaise musicale

Nathalie Normandeau, vice-première ministre, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ministre responsable du Plan Nord et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, vient d’annoncer son départ de la vie politique.

Cette décision était mûrie depuis quelques mois. Jean Charest n’a pas réussi à la retenir, mais elle a accepté d’attendre son retour de l’Asie pour montrer un signe d’unité. La démission tombe mal pour Jean Charest, qui doit faire la promotion de son Plan Nord en guise d’héritage politique, et surtout remonter dans les intentions de vote (même si le Parti québécois connaît des difficultés) tout en contrant la montée du « parti » de François Legault.

Il perd également une autre ministre senior qui faisait la « sale job » pour lui, comme dans le cas de Jacques P. Dupuis. Pire encore, il perd possiblement le comté de Bonaventure, en Gaspésie, où seule Nathalie Normandeau avait la capacité de se faire élire haut-la-main. Sachant qu’il détient une majorité anémique, Jean Charest pourrait perdre la majorité des sièges à l’Assemblée nationale avec une ou deux démissions libérales. Il devra récompenser les récalcitrants.

À court terme, il vient d’annoncer la nomination de Line Beauchamp comme vice-première ministre. Elle devrait bien s’acquitter de la besogne, qui consiste essentiellement en le remplacement du premier ministre lorsqu’il n’est pas en terre québécoise. Clément Gignac vient d’hériter des Ressources naturelles, ce qui ne sera pas facile. Il devra nager dans les eaux troubles des gaz de schiste, du développement minier, des hydrocarbures et d’Hydro-Québec. Fait étonnant, Yves Bolduc, ministre originaire du Saguenay parachuté à Québec, hérite du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Les trois députés libéraux des régions concernées sont déçus de ne pas accéder au Conseil des ministres.

Outre les ministres Gignac et Beauchamp (et un peu Bolduc), le remaniement ministériel touche Sam Hamad, qui devient ministre du Développement économique, et qui est remplacé par Pierre Moreau aux Transports. De plus, Yvon Vallières s’occupera des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne.

Pour en revenir à Nathalie Normandeau, elle quitte vraisemblablement pour des motifs personnels. La politique est très exigeante. Sa relation avec Yvan Delorme, ancien chef de la police de Montréal, a pu influencer sa décision. Elle a quand même consacré 16 ans à la vie publique, municipale et provinciale. Peut-être n’est-ce qu’un au revoir de courte durée, qui sait…

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