Human Action: Un résumé, partie 1

Human Actionce chef-d’oeuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture!

  

PARTIE 1: LES ACTIONS HUMAINES

 

Partant d’un simple axiome « Human Action is purposeful behavior » (les actions humaines sont des comportements visant un but !?!?, je suis un très mauvais traducteur), Mises explique les rouages du libre-marché et de son fonctionnement.

Le problème épistémologique de la praxéologie

On peut diviser la science des actions humaines en deux branches: la praxéologie et l’histoire.

L’histoire réfère aux activités qui étudient les données passées pour ensuite user de la compréhension pour essayer d’expliquer ce qui s’est passé. En aucun cas, on peut utiliser ce qu’on apprend de l’histoire pour stipuler une théorie valide à tout coup. Premièrement parce qu’on fonde cette connaissance sur notre compréhension des événements passés. Cette compréhension est basée sur notre propre cheminement personnel, sur notre propre conception du savoir. La deuxième guerre mondiale ne réveille pas les mêmes émotions pour un juif allemand que pour un américain ou un brésilien. Donc, on ne peut être sûr à 100% que nos interprétations des événements passés est exact. Ensuite, même si on suppose une compréhension juste à 100%, on ne peut pas affirmer que les mêmes phénomènes dans le présent vont amener le même résultat, car les gens ne sont pas les mêmes, l’état des choses n’est pas la même et la société est également différente. Par exemple, si vous aviez faim hier et que vous avez mangé une pomme, rien ne dit que si les mêmes conditions se présentent vous allez encore manger une pomme. Vous pourriez aussi bien opter pour une banane.

La deuxième branche de cette science est celle de la praxéologie: l’étude des actions humaines et leurs implications, toujours et à tout moment. Comme on ne peut se fier sur l’histoire pour établir une théorie infaillible, on doit utiliser une autre méthode d’acquisition du savoir. La praxéologie se fonde donc sur la logique absolue pour établir une théorie sur les actions humaines. La seule façon d’invalider ou valider cette théorie n’est pas par l’expérience comme dans les sciences naturelles, car nous sommes alors confrontés au problème cité plus haut relatif à l’histoire, mais par l’examination logique de toute les étapes du cheminement de pensée pour s’assurer de son exactitude en tout lieu et en tout moment en présences des éléments de bases supportant la théorie. Par exemple si on dit qu’une roche et de l’eau qui entre en contact devienne de l’or (suite à un cheminement logique infaillible (ce qui ne peut être le cas, mais supposons)), il faut, pour que la théorie soit vrai, être en présence de roche et d’eau. On ne peut pas supposer l’exactitude de la théorie si on remplace l’eau par du bois.

Je vois mal comment je peux résumer différemment ce passage sans étaler l’argumentation complète de Mises. Si vous êtes insatisfait de cette partie, je vous suggère de lire le chapitre 2 de son ouvrage.

L’homme comme acteur

Quelqu’un agit i.e. fait une action, dans le but de corriger une insatisfaction, de répondre à un besoin, une envie. Il croit que son action va améliorer son état actuel. Pour qu’il y est action, trois prérequis doivent être présent:

  1. Notre acteur doit ressentir une insatisfaction;
  2. Il doit concevoir un état où cet insatisfaction n’est plus présente;
  3. Il doit croire que son action va l’amener vers cet état de satisfaction.

Bien sûr, quand on parle de la praxéologie, on ne s’intéresse qu’aux actions volontaires et préméditées. Les réactions biochimiques de notre corps face aux stimulis de l’environnement ne sont pas, par exemple, considérées par notre étude. Pour qu’une action entre dans le champ d’études de la praxéologie, elle doit être rationnelle et réfléchi. Le degré de rationalité est indéfini ainsi que la valeur de la réflexion. On ne s’intéresse pas à la qualité de la décision menant à l’action, mais à l’action elle-même. Quand on dit que toute action est rationnelle et réfléchi, on veut dire que l’acteur effectue une action, car il croit, selon les informations qu’ils disposent, que c’est la façon la plus efficace (rapport coûts/bénéfices) d’atteindre son but soit l’effacement de son insatisfaction.

Il importe ici de clarifier deux concepts, soit: moyen et fin. Celui qui agit le fait dans le but de parvenir à une fin. Il oriente ses agissements dans le but d’atteindre l’état vers lequel il aura éliminé son sentiment d’insatisfaction. Si quelqu’un a soif (état d’insatisfaction), il va agir dans le but de parvenir à une fin soit de se réhydrater. La fin en soi n’a aucune incidence sur l’économie. Ce n’est qu’une vision du futur. C’est ici que les moyens entrent en jeu. Pour parvenir à une fin, l’acteur utilise des moyens. Il a soif? C’est là que le jeu économique entre en jeux. Il a le choix des moyens à utiliser pour se réhydrater. Il peut boire, il peut se brancher un soluté ou encore il peut décider qu’un autre besoin est plus urgent (pisser?) et de ne rien faire. Bien sûr, 99,9% des gens s’entendent pour dire que le meilleur moyen est de boire, mais le problème ne s’arrête pas là. Il doit encore choisir parmi plusieurs possibilités sur quoi boire. De l’eau, du jus, de la bière, une boisson gazeuse, du vin, etc. Il va baser son choix sur un jugement de valeur opposé aux coûts de la dîtes actions. Je reviendrai sur le jugement de valeur. L’important ici est de bien comprendre les deux termes soient: moyens et fins. La fin est l’état de satisfaction qu’on voit dans le futur et le moyen est ce qu’on fait pour y parvenir. Seulement ce dernier joue un rôle économique.

Il va sans dire que l’homme n’est jamais satisfait. Il nous est impossible de penser à état des choses où un quelqu’un est entièrement satisfait et où aucune action ne peut améliorer l’état d’un être. Ainsi on peut donc conclure que l’homme acteur, est toujours en train de réaliser une action dans le but de parvenir à l’état de grâce parfaite. Il est constamment en train d’agir dans le but de satisfaire le plus de besoins possibles sans jamais y parvenir.

Comme les besoins sont infinis (on n’arrive jamais à l’état de parfaite satisfaction), l’acteur doit toujours faire des choix face aux insatisfactions à corriger. Ces choix sont purement personnels et sont basés sur des jugements de valeur. Bien que l’immense majorité des gens vont combler leur besoin de se nourrir et de boire avant celui de consommer de l’art, on ne peut affirmer de façon certaine que c’est le choix qui prévaudra toujours dans toutes les situations. Si une personne a décidé, pour une raison qui lui est propre, qu’elle jeunait, il est fort probable qu’elle consommera alors de l’art avant de se nourrir. Toute personne, à un moment donné, va toujours, selon son jugement propre, satisfaire son besoin le plus urgent selon ses capacités (j’y reviens plus loin). Elle peut être soumise à des contraintes et de ce fait son choix peut varier, mais la décision lui est quand même personnel quand à l’avenue finale. Il peut arriver que le besoin le plus urgent ne puisse être comblé au moment de la prise de décision, faute de moyens, mais c’est justement l’essence même de l’économie soit de faire face à la rareté des ressources i.e. les moyens.

Encore ici, on ne peut pas mettre en évidence toutes autres règles face à ce choix autre que celles mentionnés. On ne peut pas, par exemple, supposer que si une personne préfère 5p à 10n, elle va également préférer, selon les mêmes ratios, 4p à 8n. Peut-être que pour l’atteinte de sa fin, 5p peuvent être utilisé comme moyen, mais pas 4p. Peut-être que cette unité manquante de p l’oblige à délaisser sa fin ou encore de modifier ses moyens. Ainsi, il peut arriver alors qu’elle préfère 8n à 4p. Donc, il nous est impossible d’essayer de formuler une règle de satisfaction des besoins basée sur l’observation, car on ne peut jamais évaluer un jugement de valeur et on se retrouve encore avec le problème de l’observation historique discuté plus haut. Aussi, on ne peut pas ordonner les besoins de façon quantitative, on ne peut le faire que de façon qualitative et cette échelle de qualité n’est valable que dans la situation donnée au moment donné. Par exemple, si par exemple on est devant les éventualités suivantes: 

  • Aller voir un match de hockey;
  • Aller au cinéma;
  • Lire un livre.

Quelqu’un peut décider qu’il préfère aller voir un match de hockey sur les trois options. Donc, il préfère l’option 1 à l’option 2 et à l’option 3, mais si on lui donne le choix entre le match de hockey ou aller au cinéma et lire un livre (les deux activités plutôt que la première), il se peut qu’il préfère alors les deux autres options. Dans le même ordre d’idée, si on ajoute un quatrième choix, soit de jouer au soccer et qu’on suppose qu’il préfère lire un livre plutôt que de jouer au soccer (qui lui est précédé par le match de hockey) rien ne nous permet d’affirmer sans aucun doute qu’il ne préférera pas le match de soccer au match de hockey. Donc, les jugements de valeurs sont personnels et on ne peut pas essayer d’en comprendre une régularité. Ils dépendent de l’état d’âme de l’acteur à un moment donné et peuvent varier à tout moment.

Les limitations aux actions

Toute personne est limitée par des barrières dans la poursuite du bonheur absolu. L’action est toujours positionnée dans le temps et comporte toujours une durée. Parfois elle est si minime qu’elle pourrait être ignorée et d’autres fois elle est si longue que le résultat final n’est pas celui escompté. L’homme, dans l’utilisation de moyens pour parvenir à une fin, doit toujours prendre en compte le fait que du temps est nécessaire à l’obtention de la fin convoité. Ils utilisent les produits du passé i.e. les moyens disponibles aujourd’hui, dans le but d’être contenté dans le futur. Le moment présent n’est utile que par les moyens qui sont disponibles maintenant, par l’état d’âme de l’acteur présentement et que par les possibilités qui existe aujourd’hui. Les mêmes facteurs qui se présentent à un autre moment, à supposer que c’est possible malgré le fait que le monde évolue, ne veulent pas dire que le choix sera le même. En plus, l’acteur doit toujours effectuer un jugement de valeur relativement aux choix d’actions disponibles, car il ne peut pas en effectuer deux en même temps. Il choisit donc ce qui est le plus urgent en étant conscient que l’autre choix ne sera peut-être plus disponible dans le futur. 

Il faut cependant être conscient que l’action, qui se déroule toujours dans le présent, aura des conséquences seulement dans le futur qui lui est incertain. L’homme ne peut changer le passé, il doit donc se contenter de l’état de fait présent aussi imparfait soit-il dans le but d’améliorer son futur.

Comme l’achèvement des actions vers une fin prend du temps, l’avenue est toujours incertaine. Certaines actions ont presque 100% de chances de se réaliser tel que prévu alors que d’autres présentent une incertitude plus élevée. Plus le résultat est loin dans le temps et plus les chances que des nouvelles données dans l’environnement viennent modifier le résultat final. Cet élément est très important dans la prise de décision de toute personne, car, selon son jugement de valeur, elle va évaluer différemment certaines avenues dépendamment de leurs positionnements dans le futur ainsi que leurs probabilités de réalisation de la façon désirée. Certains vont préférer une jouissance moins grande maintenant, mais plus sûr, alors que d’autres préfèrent avoir une satisfaction plus grande à une date ultérieure au risque de ne rien avoir du tout. Plus le bénéfice est loin dans le futur et plus les chances de défaut sont grandes. Chacun est libre de faire son propre jugement de valeur selon ces différentes options et possibilités. Nous reviendrons ultérieurement sur l’élément de préférences reliés au temps i.e. préférences temporelles.

Conclusion

L’étude de l’économie doit se faire en tenant en compte qu’on fait affaire avec des êtres humains qui agissent selon leur propre envies. Ces actions sont orientées par l’environnement qui entre en ligne de compte dans la décision de l’homme, mais en aucun cas on ne peut élaborer de formule mathématique pour prédire l’agissement de quelqu’un. L’acteur évolue dans un monde changeant et essaie toujours de s’approcher de l’état de satisfaction parfaite sans jamais y parvenir. Il essaie constamment d’utiliser les moyens à sa disposition de la façon la plus efficiente possible dans l’atteinte de ses fins.

Il est essentiel de bien comprendre ces concepts avant de poursuivre l’étude du sujet. C’est pourquoi Ludwig Von Mises a réservé 140 pages dans son ouvrage à l’établissement de cette base que j’ai ici essayé de vous résumer en 2000 mots. De cette base est montée toute sa théorie économique sur le fonctionnement d’un marché. Le prochain article portera sur l’action dans le cadre de la société ainsi que les bases du calcul économique nécessaire à la compréhension des mécanismes du marché qui suivra ensuite.

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