Human Action: Un résumé, partie 2&3

Ludwig von Mises
Human Action, ce chef-d’oeuvre de Ludwig Von Mises est un ouvrage grouillant de sagesse. Je vous invite dans l’univers de Mises avec ce résumé en six parties. Bien sûr, il appert qu’il m’est impossible de refléter la profondeur de ces écrits de 881 pages (en petit caractères) en quelques lignes, mais j’espère bien parvenir à y faire ressortir l’essentiel. Certains passages sont plus personnels suite à ma compréhension. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture! 


PARTIE 2: LES ACTIONS DANS LE CADRE DE LA SOCIÉTÉ

Maintenant qu’on comprend mieux les actions humaines (partie 1), il est important de placer ces actions dans le contexte de la société.

La société humaine

La société c’est des actions concertées, c’est la coopération. La réalité dans laquelle on vit à vu le jour parce que depuis la nuit des temps, l’homme a su parfaire sa compréhension sur le fait que la coopération est la façon la plus efficace de parvenir au plus grand nombre de fins. Pensez à l’ensemble des biens que vous possédez. Croyez-vous que vous pourriez avoir toutes ces choses, de la même qualité, si vous aviez eu à les produire tout seul, isolé, sans aucune aide extérieure? La réponse va de soi! C’est cette évidence qui a poussé les humains, au fil du temps, à parfaire toujours de plus en plus leur mode de coopération. On a donc observé à l’apparition de la division du travail qui ne cesse de s’améliorer avec le temps.

La division du travail est simplement le fait que chaque personne, dans le cadre de la société, a tendeance à se spécialiser dans un domaine de production particulier. Une personne comprend assez rapidement, dans le monde de division du travail, qu’elle peut répondre à plus de besoins, d’envies, en améliorant sa capacité de production dans un domaine particulier et en échangeant les fruits de son labeur contre d’autres produits dont elle désire profiter. Par exemple, prenons Jean qui a des talents d’ébéniste et qui peut construire une table par jour grâce à ses aptitudes et à son expérience. Il est évident qu’il n’a pas besoin d’une table par jour pour répondre à ses besoins. Par contre, beaucoup de gens dans la société ont besoin d’une table. Jean sait qu’il peut échanger ses tables contre d’autres produits dont le besoin est plus urgent que sa table qu’il vient de fabriquer (il a déjà la sienne, donc cette table ne lui sert à rien). Il va donc voir le fabricant de foyer et lui échange sa table contre un foyer. Son foyer lui a donc coûté une journée de travail. S’il avait décidé de fabriquer son foyer lui-même, on peut parier qu’il aurait eu besoin de plus qu’une journée, car il aurait dû penser à son plan, apprendre la technique, réparer ses erreurs pour ensuite constater les défauts de son produit fini (on peut toujours améliorer un produit). Ces choses sont beaucoup moins lourde à supporter quand il fabrique une table, car l’expérience qu’il a acquise fait de lui un ouvrier beaucoup plus efficace que la moyenne dans la fabrication de tables. En échangeant sa table contre un foyer, il échange sa grande productivité de producteur de table contre la grande productivité du producteur de foyer. Ce dernier est d’autant plus content, car lui aussi de son côté, il a une table de meilleur qualité et à meilleur marché que ce qu’il aurait pû produire lui-même.

Voici un autre exemple des avantages de la division du travail. Prenons la civilisation des blancs et la civilisation des jaunes. Les blancs peuvent produire avec une quantité de ressources n, 8p OU 4r. Les jaunes eux peuvent produire, avec la même quantité de ressources, 6p OU 12r. Si nos deux civilisations se privent de l’avantage de la division du travail i.e. bénéfice de l’échange, ils doivent donc produire eux-même ce dont ils ont besoin. Ils produisent donc, supposons, 50% des deux produits (pour arriver à 100% de production avec les ressources). La production total du monde est donc de 7p + 8r. Si, par contre, ils décident d’échanger et de profiter des avantages de la division du travail, chacun se spécialise ce dans quoi il est le plus efficace. La production mondiale devient donc 8p + 12r. La population est donc plus riche de 1p + 4r du simple fait de tirer avantage de la division du travail.

Même si on fait le même exercice avec une civilisation beaucoup plus productive que l’autre en tout point de vue le résultat est le même. Les Blancs produisent: 8p OU 4r; les Jaunes produisent: 10p OU 6r. Sans la division du travail la production totale est de 9p + 5r. Sous la division du travail, il est plus avantageux pour la nation la plus productive de produire le produit pour lequel son avantage comparatif est le plus grand. En d’autres mots, le produit qu’elle peut fabriquer avec la plus grosse différence de coûts relatifs est celui qui lui procurera le plus gros avantage i.e. la plus grande possibilité de l’échanger contre plus de choses.  L’autre nation ne pouvant pas trouver les capitaux nécessaires au développement de la production de ce en quoi elle excelle, car ces capitaux sont tous dans la nation où la productivité est plus grande, se voit contrainte de produire le produit moins avantageux délaissé par les jaunes. Les jaunes ont une productivité supérieur au blanc de 25% pour le produit p et de 50% pour le produit r. Les jaunes choisissent donc de produire r. Donc la production totale mondiale devient: 8p + 6r. Comme la valuation des Blancs pour le produit r est de 2p et que pour les Jaunes elle est de 5/3p on peut conclure que l’unité de r gagné est plus désiré que l’unité de p perdu. On y gagne encore. 

Bien sûr, la réalité change un peu quand on inclue les jugements de valeurs de nos acteurs (partie 1), car la valeur d’un produit n’est plus nécessairement attaché à la quantité de ressources utilisées, mais plutôt à la valeur de ces ressources, mais ça ne change rien aux principes logiques qui sous-tendent notre explication. Ce qui est important de comprendre est qu’on est plus productif sous la division du travail qu’en solitaire. Cette plus grande productivité nous permet d’acquérir plus de richesses i.e. parvenir à plus de fins.

Le rôle des idées

L’humain est toujours en quête d’amélioration. Il apprend de ses erreurs et va toujours essayer de reproduire ce qui marche et éviter ce qui ne marche pas. Peu importe si ces idées sont correctes ou erronées d’un point de vue divin (excempt de tout jugement de valeur) est d’aucune importante du point de vue de la praxéologie. Ce qui importe c’est que l’homme cherche toujours la vérité absolue sur tous les sujets (à la mesure où il est confronté à un questionnement) et qu’il agit toujours de la façon qu’il considère la plus efficace, selon les moyens à sa disposition et son jugement de valeur à un moment donné, pour l’atteinte de ses fins.

Ainsi, les individus ont compris, au fil de l’évolution, que la meilleure façon de parvenir à plus de fins est de s’assurer de maintenir l’ordre social qui permet la division du travail, car celle-ci permet à l’homme, comme individu, de combler le plus de ses besoins à lui. C’est par un sentiment purement égocentrique que l’humain en est venu à se bâtir une société. Elle est le produit des actions humaines. Elle n’existe que par les actions réalisés par des individus autonmome. Chacun a avantage a protéger cette société basée sur la division du travail, car c’est le meilleur moyen pour arriver à plus de fins.

Les échanges  dans la société

Les actions sont toujours orientés dans le but d’échanger un état de fait contre un autre plus satisfaisant. Sinon, pourquoi agir? Souvent, on doit échanger avec d’autres personnes comme meilleur moyen pour atteindre une fin. C’est là qu’on observe un échange. Pour qu’un échange se fasse, il faut que les deux parties y voient un avantage. Le marteau que j’échange à moins de valeur, pour moi, que le tournevis que je reçoit et l’inverse est vrai pour mon partenaire. S’il tenait plus au tournevis que le marteau, il n’aurait pas procéder à l’échange, car son action n’aurait pas aider à diminuer son état d’insatisfaction.

Lors d’un échange, les deux parties s’entendent sur les termes de celui-ci: ils en sortent satisfait, chacun y trouvant son compte. Comme les deux personnes sont égales dans la transaction, deux partenaires d’affaires, il faut une autorité supérieure visant à assurer la préservation des conditions permettant à une société bâti sous la division du travail de perdurer. Cette autorité est appelée l’état, le gouvernement. Son rôle est de s’assurer que chacun est libre de faire ce qu’il veut de sa vie et de sa propriété sans contrainte ni pression i.e. de protéger sa vie et sa propriété contre les agressions et la fraude. Elle doit aussi s’assurer que les conditions contractuelles sont respectées par les deux parties. C’est ainsi qu’on s’assure que les conditions optimales permettant la réalisation d’un maximum de fins sont protégées.


PARTIE 3: LE CALCUL ÉCONOMIQUE

Un acteur attache à l’ensemble des moyens nécessaires à l’atteinte d’une fin, la même valeur que la fin en soi. Bien sûr, ces moyens n’ont de sens que lorsqu’ils font partie de la séquence d’actions menant vers la fin. Ainsi, une personne va entreprendre la série d’actions nécessaires à l’atteinte d’une fin que si elle arrive à la conclusion que la valeure de la satisfaction (la fin), est égale ou supérieure à la valeure des moyens qu’elle doit utliser dans l’atteinte de celle-ci. Sinon, il s’en trouve qu’elle éprouvera plus d’insatisfactions (coût de l’action) que le bénéfice qu’elle reçoit en bout de ligne. Bien sûr, l’acteur peut se tromper et le résultat final peut en être un de perte de jouissance, mais, au départ, on ne peut contredire le fait que la personne pensait, selon les informations qu’elle détenait et son jugement de valeur, améliorer sa condition en se lançant dans l’aventure au départ.

Il en va de même dans la conduite des affaires. Celui responsable de la production de biens et services, utilise le calcul économique pour savoir la rentabilité d’un projet d’investissement. Si les coûts dépassent le bénéfice, l’aventure est vaine. Afin de faciliter cette évaluation, l’humain s’est doté au fil du temps d’un outil très pratique dans cette activitée: la monnaie. L’outil qu’est le prix est la base même du calcul économique. C’est cet indice qui permet à un individu d’utiliser le calcul économique dans l’évaluation de ces actions. Nous reviendrons dans le prochain billet sur les prix, une des bases d’un marché.

Il ne faut pas oublier de tenir en compte du facteur temps. Une évaluation effectué aujourd’hui, ne donnera pas la même conclusion que celle effectuer demain. Les données de l’environnement auront changé ainsi que le jugement de valeur des protagonistes. Donc, le calcul est toujours à recommencer. En plein milieu du cheminement vers une fin, on peut réaliser que finalement le plan prévu dans l’utlisation des moyens disponibles n’est plus viables et on doit donc reviser nos positions en tenant compte des nouvelles données comme le chemin qui a déjà été fait par exemple. Peut-être que ça vaut la peine de continuer avec une jouissance moins grande (ou plus grande) en bout de ligne ou peut-être qu’il vaut mieux abandonner et de perdre ce qui a déjà été fait. Comme le monde change et est en constante évolution, on ne peut jamais être certain de l’exactitude de nos calculs ainsi que le fait que les conditions qui sous tendent cette évalution vont rester constantes.


Prochaine partie: l’économie de marché.
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