Monthly Archives: octobre 2011

Duceppe PM? Ce n’est pas le changement, c’est le rejet, stupides!

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C’est François Legault qui doit être sans connaissance en lisant le Journal de Montréal ce matin. Il n’est pas le seul. Bernard Drainville et Pierre Curzi doivent être sur la déprime, de même que tous les opportunistes politiques qui croyaient bien faire en surfant sur la vague Legault.

En effet, selon Léger Marketing, si des élections avaient lieu demain matin, Legault remporterait 77 sièges au Québec avec 35% des votes. Par contre, avec Gilles Duceppe à la tête du Parti Québécois, c’est 37% des votes et un gouvernement majoritaire qu’irait chercher le Parti québécois. Voici un homme éradiqué de la scène politique fédérale le 2 mai dernier à qui les Québécois voudraient donner un prix de consolation, celui d’être le chef d’un parti dont l’option souverainiste est à 36%, le plus faible taux jamais vu. « Le projet souverainiste se meurt présentement », selon Jean-Marc Léger.

Et le graphique de Léger est frappant. Clairement, le projet souverainiste est le projet d’une génération, celle des 45-54 ans d’aujourd’hui. « Les jeunes ne sont plus souverainistes », selon Léger. « La souveraineté est le dernier de leur souci ».

Bref, comme le dit Jean-Marc Léger à l’émission Larocque Lapierre, « ce n’est pas très clair ce que les Québécois veulent, mais ce qui est clair, c’est qu’ils veulent autre chose ». Ne soyons pas gênés. Selon ce sondage, ce qu’ils veulent, CE N’EST ni le changement, ni autre chose et principalement parce que le « autre chose » ne leur est pas offert.

Ce qui est révélé dans ce sondage N’EST PAS un changement de politique publique ni de politiciens. Duceppe et Legault incarnent tous deux le débat stérile souverainiste-fédéraliste et soutiennent tous deux un État interventionniste, obèse, coûteux et inefficace. Comme je l’écrivais ici, ce que les Québécois semblent vouloir, c’est d’abord et avant tout de « flusher » à la fois les chefs de partis ET les partis existants (58% des Québécois veulent que Pauline Marois démissionne alors que 64% d’entre eux veulent que Jean Charest démissionne).

Empruntant à la formule du conseiller de Bill Clinton, James Carville, « It is not foreign policy, but it’s the economy, stupid », je propose donc « It’s not change, it’s rejection, stupid ».

Oui, c’est le rejet, stupides! Pur et simple. Pas plus compliqué que ça. Pas plus songé que ça.

Dans les prochaines semaines, des secousses se feront sentir dans le monde politique. Mais ce qui apparaît très clair, c’est que pour le bien de son parti, Pauline Marois devra céder sa place à Gilles Duceppe et qu’il devient très hasardeux pour François Legault de risquer de se mouiller dans une arène où la glace est aussi mince.

Au fait, qui est prêt à parier que François Legault va lancer son parti le 14 novembre prochain comme il l’a annoncé lors du forum public qu’il tenait à Québec le 20 octobre dernier? Hmmm. Quant à moi, quant à ne rien changer, peut-être nous faudra-t-il nous enfoncer davantage avant de choisir de véritables réformes? À ce compte-là, choisissons Duceppe, tiens! Et quant à ça, pourquoi pas une gouvernement majoritaire mené par Duceppe avec Françoise David de Québec solidaire à l’Opposition officielle!

Au point où on en est, plus rien ne me surprendra.

Le délire hebdomadaire à Lauzon

Lauzon

Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine, il nous fait part du ras-le-bol de la population face au monde moderne1.

 

Sur le fond, je suis obligé d’être d’accord avec lui : il y en a marre que le monde soit dirigé par des politiciens, des lobbyistes et des organismes de recherches dont les conclusion sont tronquées d’avance. Mais comme d’habitude, il a (presque) tout le reste faux …

 

La pauvreté du Québec

 

Parce que la Belle Province occupe le 20e du PIB par habitant au niveau mondial, nous ne sommes apparemment pas pauvres. Bien que cette mesure soit trompeuse – il y a quatre pays islamistes dans le top 152, et trois n’ont pas la cote côté droits individuels3 4  5 –, voyons voir comment on se compare au niveau canadien : nous sommes en milieu de peloton quant à la prévalence de faible revenu pendant six ans ou plus6, nous sommes en queue de peloton quant au revenu médian avant impôts (nous sommes les seuls qui l’a vu diminué)7 et à égalité en bas du classement avec la Nouvelle-Écosse si le revenu médian est considéré après impôts (et encore là, il a le plus diminué en 30 ans)8, le quintile inférieur a connu la 2e plus faible augmentation de ses revenus et se classe à peine devant la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique9, nous sommes en milieu de classement quant à la rémunération hebdomadaire moyenne et en 8e position quant à son augmentation moyenne10 et nous sommes les plus grand récipiendaires de cette aumône des pauvres euphémiquement nommée péréquation qui, n’en déplaise aux analphabètes économiques qui ont rédigé le dernier budget du Québec, est ce qui nous permet de vivre au-dessus de nos moyens (ces huit milliards permettent de payer les places publiques en garderie11, le régime d’assurance parentale12, en plus de combler les déficits à venir, et le régime d’assurance-médicaments13). Donc, bien que nous soyons plus riches que le Zimbabwe, le Togo et le Bangladesh, je me désole que nous soyons une des provinces les plus pauvres du pays.

 

Ensuite, notre dette est supposément un pétard mouillé parce que « nous » possédons Hydro-Québec, qui vaut plus que la dette du Québec. À ce compte, les États-Unis n’ont aucun problème puisqu’ils ont un vaste réseau de parcs nationaux, de bureaux de postes, d’autoroutes (Interstate), d’édifices fédéraux … Et comme nous conservons notre « bonne cote » de Moody’s, tout est parfait. Vraiment? Ladite cote de Moody’s du Québec est à égalité avec celle des provinces Maritimes, soit en fond de classement, derrière toutes les provinces à l’Ouest de la rivière des Outaouais; celle de Standard and Poor’s nous classe à égalité avec Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve en bas de classement, tout juste devant l’IPÉ14 (quoique sa cote devrait remonter, considérant sa très grande discipline fiscale15).

 

Les méchantes entreprises

 

Puisqu’il est question du ras-le-bol de la population, Môsieur Lauzon ne pouvait évidemment pas passer sous silence le souffre-douleur de l’heure : les grandes entreprises. Leurs « vaches sacrées » – abris fiscaux, paradis fiscaux, baisses indécentes d’impôts, subventions éléphantesques – causeraient une désinvolture de la population quand vient le temps de voter.

 

Comme trop de gens de sa trempe, le professeur met tous les œufs dans le même panier. Oui, les subventions sont des aberrations, qui transfèrent l’argent des entreprises qui ont du succès vers celles qui sont médiocres. Oui, les abris fiscaux n’ont pas lieu d’être. Mais les paradis fiscaux (mauvaise traduction de « fiscal haven ») existent seulement parce qu’il y a des « enfers » fiscaux. Si l’on veut qu’ils cessent d’exister, alors il faut jouer le jeu et diminuer les impôts.

 

Après tout, l’entreprise privée n’est pas une œuvre de charité. Elle existe pour faire du profit. Si ses couts augmentent (par les impôts, notamment), alors elle devra compenser cette hausse en augmentant ses prix, la rendant moins compétitive. Le Manitoba semble avoir compris ce détail, en devenant une zone franche pour les petites entreprises. Ou plutôt, un « paradis fiscal » (sic).

 

Toutefois, malgré une imposition plus basse qu’aux États-Unis, Lauzon se scandalise que nos biens et services soient en moyenne 20 % plus chers. Le fait que les produits agricoles (lait, blé, œufs, etc.) soient réglementés (et que les importations ont des tarifs prohibitifs) et que notre marché intérieur soit environ neuf fois plus petit que celui des États-Unis n’a évidemment rien à y voir …

 

En conclusion, il est important de mettre les choses au clair : ce contre quoi les gens sur Wall Street et partout ailleurs protestent, c’est le corporatisme. Lauzon a donc raison a dénonçant les subventions aux entreprises. Par contre, il oublie de dire que les lobbys existent uniquement parce que les gouvernements sont trop gros. C’est très simple : moins de gouvernement = moins d’impôts perçus = moins d’argent à distribuer aux plus offrants = moins de corruption. Sans compter que plusieurs lobbys se sont formés suite à l’intervention du gouvernement : les associations médicales et légales (pour devenir médecin ou avocat, il faut nécessairement obtenir un permis, qui coute très cher et prend une éternité), pharmaceutiques (en plus de profiter de généreux brevets, elles seraient derrière plusieurs saisies de pot en Californie, État qui a pourtant légalisé la drogue16), bancaires (les banques canadiennes sont à peu près protégées de la concurrence étrangère, ce qui leur permet d’exiger des frais d’opération élevés), syndicales (aucun vote secret n’est exigé pour être syndiqué au Québec, et l’utilisation des fonds perçus est entouré d’une culture du secret), etc. Je termine en laissant la parole à un homme qui dit avoir vécu en URSS, et qui fait passer des manifestants pour des idiots : http://www.breitbart.tv/former-soviet-citizen-confronts-socialists-at-occupy-wall-street/ .

Éloge au travail à bon marché

Vuilnisbelt

Smokey Mountain. L'alternative aux sweat shops pour les pauvres.

Un vieil adage dit que si vous donnez un poisson à un homme, vous le nourrirez pour un jour. Donnez-lui un filet et apprenez-lui à pêcher et il pourra se nourrir pour la vie. Si la plupart d’entre nous n’ont aucun problème à donner un poisson, ceux qui veulent fournir le filet essuient souvent l’ire des bien pensants qui considèrent ça comme de l’esclavage et de l’asservissement. Comment pouvons nous oser exploiter ces pauvres gens en les payant une pitance pour satisfaire nos besoins de consommation? Je ne tenterai pas de vous expliquer moi-même, méchant droitiste exploiteur que je suis; je vais plutôt laisser une icône de la gauche le faire pour moi. Il n’arrive pas souvent que je sois d’accord avec Paul Krugman, l’économiste/chroniqueur du New York Times, titulaire du Nobel d’économie de 2008 pour ses travaux sur le commerce international et la globalisation, mais pour une fois je suis complètement en accord avec son article sur le site Slate. Je me permets de le traduire et de le reproduire ici pour votre bénéfice.


Paul Krugman

Éloge au travail à bon marché

De mauvais emplois mal payés sont mieux que pas d’emploi du tout.

Par Paul Krugman

Publié sur Slate le 21 mars 1997.

Traduit de l’anglais par Philippe David



Pendant plusieurs années, un énorme dépotoir connu sous le nom de Smokey Mountain était le symbole préféré des médias de la pauvreté du tiers-monde. Plusieurs milliers d’hommes, femmes et enfants vivaient dans ce dépotoir – supportant la puanteur, les mouches, et les déchets toxiques afin de gagner sa vie en fouillant les ordures pour de la ferraille et autres matières recyclables. Et ils vivaient là volontairement, parce que les 10 $ qu’une famille de squatteurs pouvait gagner dans une journée était meilleurs que les alternatives.

Les squatteurs sont partis maintenant, enlevé de force par la police philippine l’année dernière comme un geste cosmétique à l’avance d’un sommet du Pacifique. Mais je me suis trouvé à penser à Smokey Mountain récemment, après avoir lu mon dernier lot de courrier haineux.

L’occasion était un éditorial que j’avais écrit pour le New York Times, dans lequel j’avais fait remarquer que si les salaires et les conditions de travail dans les nouvelles industries d’exportation du Tiers-Monde sont effroyables, ils sont une grande amélioration sur «la pauvreté moins visible en milieu rural qu’il y avait précédemment. » Je suppose que j’aurais dû m’attendre à ce que ce commentaire génère des lettres du genre: «Eh bien, si vous perdez votre position confortable comme un professeur américain, vous pouvez toujours trouver un autre emploi – aussi longtemps que vous avez 12 ans et êtes désireux de travailler pour 40 cents l’heure. »

Cette indignation morale est commune parmi les adversaires de la mondialisation – du transfert de technologie et de capital de hauts salaires vers les pays à bas salaires et la croissance résultant du labeur intensif du secteur des exportations du tiers monde. Ces critiques considèrent comme acquis que n’importe qui fait l’apologie de ce processus est naïf ou corrompu, et, dans les deux cas, un agent de facto des capitaux mondiaux dans son oppression des travailleurs à l’étranger.

Mais les choses ne sont pas si simples, et les lignes morales ne sont pas si claires. En fait, permettez-moi de faire une contre-accusation: Le ton moral élevé des adversaires de la mondialisation n’est possible que parce qu’ils ont choisi de ne pas pousser leur réflexion jusqu’au bout. Alors que les gros bonnets capitalistes peuvent bénéficier de la mondialisation, les plus grands bénéficiaires sont, eh oui, les travailleurs Tiers Monde.

Après tout, la pauvreté mondiale n’est pas quelque chose récemment inventée pour le bénéfice des sociétés multinationales. Revenons en arrière au tiers monde d’il y a deux décennies (et tel qu’il est encore, dans de nombreux pays). En ces jours, même si la croissance économique rapide d’une poignée de petits pays asiatiques a commencé à attirer l’attention, les pays en voie de développement comme l’Indonésie ou le Bangladesh étaient encore essentiellement ce qu’ils avaient toujours été: des exportateurs de matières premières, importateurs de produits manufacturés. Des secteurs manufacturiers inefficaces desservant leurs marchés intérieurs, à l’abri derrière les quotas d’importation, mais qui généraient peu d’emplois. Pendant ce temps, la pression démographique poussaient les paysans désespérés dans la culture de terres de plus en plus marginales ou à chercher un moyen de subsistance de toutes les façons possibles – comme quadriller une montagne d’ordures.

Compte tenu de cette absence d’autres possibilités, vous pouviez embaucher des travailleurs à Jakarta ou Manille pour une bouchée de pain. Mais dans le milieu des années 70, la main d’œuvre bon marché ne suffisait pas à permettre à un pays en voie de développement de concurrencer sur les marchés mondiaux pour les produits manufacturés. Les avantages retranchés des nations avancées – leur infrastructure et leurs savoir-faire technique, la taille beaucoup plus grande de leurs marchés et leur proximité avec les fournisseurs de composants clés, leur stabilité politique et les adaptations sociales subtiles, mais essentielles qui sont nécessaires à l’exploitation d’une économie efficace – semblait l’emporter sur une multiplication par dix ou vingt fois de la disparité des taux de salaire.

Et puis quelque chose a changé. Une combinaison de facteurs que nous ne comprenons toujours pas – les barrières tarifaires plus faibles, l’amélioration des télécommunications, des transports aériens moins chers – ont réduit les inconvénients de la production dans les pays en voie de développement. (Toutes autres choses étant égales, c’est toujours mieux de produire dans le Premier Monde – des histoires d’entreprises qui ont déplacé leur production au Mexique ou en Asie, puis sont retournées après avoir connu les inconvénients de l’environnement du Tiers Monde, sont communes.) Dans un nombre important d’industries, les bas salaires ont permis aux pays en voie de développement de pénétrer les marchés mondiaux. Et donc les pays qui avaient autrefois survécu en vendant des articles en jute ou du café ont commencé à produire des chemises et chaussures de sport à la place.

Les travailleurs de ces usines de chemises et espadrilles sont, inévitablement, très peu payés et doivent endurer de terribles conditions de travail. Je dis «inévitablement» parce que leurs employeurs ne sont pas en affaires pour leur santé (ou celle de leurs travailleurs), Ils vont payer aussi peu que possible, et ce minimum est déterminé par les autres possibilités offertes aux travailleurs. Et ce sont des pays encore extrêmement pauvres, où la vie sur un tas d’ordures est attrayante par rapport aux alternatives.

Et pourtant, partout où les industries d’exportation se sont implantées, il y a eu des améliorations mesurables dans la vie des gens ordinaires. C’est dû en partie au fait qu’une industrie en croissance doit offrir un salaire un peu plus élevés que ce que les travailleurs pourraient obtenir ailleurs afin de les inciter à se déplacer. Plus important encore, cependant, la croissance du secteur manufacturier – et la pénombre d’autres emplois que le nouveau secteur de l’exportation crée – a un effet d’entraînement dans l’économie. La pression sur la terre devient moins intense, donc les salaires ruraux augmentent; le bassin de chômeurs citadins toujours soucieux de se trouver du travail rétrécit, forçant les usines à se concurrencer les unes avec les autres pour les travailleurs et les salaires urbains commencent également à augmenter. Lorsque le processus a duré suffisamment longtemps – comme en Corée du Sud ou Taïwan – le salaire moyen de commencer à approcher ce que l’adolescent Américain peut gagner chez McDonald’s. Et finalement, les gens ne sont plus désireux de vivre dans les dépotoirs. (Smokey Mountain persiste parce que les Philippines, jusqu’à récemment, ne prennenr pas part à la croissance alimentée par les exportations dont jouissent ses voisins. Les emplois qui paient mieux que le tri d’ordures sont encore rares.)

Les avantages de la croissance économique alimentée par les exportations pour la masse des gens des pays nouvellement industrialisés ne sont pas une question de conjecture. Un pays comme l’Indonésie est encore si pauvre que des progrès peuvent être mesurés en termes de combien la personne moyenne reçoit à manger, depuis 1970, par l’apport par habitant est passée de moins de 2 100 à plus de 2 800 calories par jour. Un choquant un tiers des jeunes enfants souffrent encore de malnutrition – mais en 1975, la proportion était plus de la moitié. Des améliorations similaires peuvent être vus tout le long de la côte du Pacifique, et même dans des endroits comme le Bangladesh. Ces améliorations n’ont pas eu lieu parce que les gens bien intentionnés dans l’Ouest ont fait quoi que ce soit pour aider – l’aide étrangère, jamais grande, a récemment été réduite à presque rien. Il n’est pas le résultat des politiques bénignes des gouvernements nationaux, qui sont aussi impitoyables et corrompus que jamais. Il est le résultat indirect et involontaire de l’action des multinationales sans âme et rapace des entrepreneurs locaux, dont la seule préoccupation était de tirer parti des possibilités offertes par les bénéfices du travail à bon marché. Ce n’est pas un spectacle édifiant, mais peu importe la bassesse des motifs des personnes concernées, le résultat a été d’amener des centaines de millions de personnes de la misère à quelque chose de terrible, mais néanmoins encore nettement mieux.

Pourquoi, alors, l’indignation de mes correspondants? Pourquoi l’image d’un indonésienn cousant des espadrilles pour 60 cents de l’heure évoquent sentiment plus violent que l’image d’un autre indonésien gagnant l’équivalent de 30 cents l’heure à essayer de nourrir sa famille sur une petite parcelle de terre – ou d’un philippin faisant le tri sur un tas d’ordures?

Le principal élément de réponse, je crois, est une sorte de délicatesse. Contrairement à l’agriculture de subsistance famélique, les femmes et les enfants dans l’usine d’espadrilles travaillent à des salaires d’esclaves pour notre bénéfice – et cela nous fait sentir souillé. Et alors il y a des demandes bien-pensantes des normes internationales du travail: Nous ne devrions pas, les adversaires de la mondialisation insistent, être disposés à acheter ces chaussures et ces chemises à moins que les gens qui font les reçoivent des salaires décents et travaillent dans des conditions décentes.

Cela semble juste – mais l’est-ce? Pensons aux conséquences en profondeur.

Tout d’abord, même si nous pouvions assurer les ouvriers dans les industries d’exportation du Tiers-Monde de salaires plus hauts et de meilleures conditions de travail, cela ne ferait rien pour les paysans, les journaliers, les éboueurs, et cetera qui composent la plus grande partie des populations de ces pays. Au mieux, forcer les pays en voie de développement d’adhérer à nos normes de travail créerait une aristocratie privilégiée de travail, laissant la pauvre majorité pour compte.

Et il ne pourrait même pas faire ça. Les avantages des industries établies du Premier Monde sont toujours formidables. La seule raison que les pays en voie de développement ont pu rivaliser avec ces industries, est leur capacité d’offrir de la main-d’œuvre bon marché aux employeurs. Refusez-leur cette possibilité et vous pourriez aussi bien leur refuser la perspective de continuer la croissance industrielle, et même renverser la croissance qui a été réalisée. Et puisque la croissance à vocation exportatrice, pour toute son injustice, a été un avantage énorme pour les ouvriers dans ces nations, quoi que ce soit qui ralentit cette croissance est certainement contre leurs intérêts. Une politique de bons emplois en principe, mais aucuns emplois en pratique, pourrait apaiser nos consciences, mais ce n’est pas favorable à ses bénéficiaires présumés.

Vous pouvez dire que les damnés de la terre ne doit pas être forcés à servir comme coupeurs de bois, porteurs d’eau et couseurs des chaussures de sport pour les riches. Mais quelle est l’alternative? Doivent-ils être aidés par l’aide étrangère? Peut-être – même si les données historiques des régions comme le sud de l’Italie suggère que cette aide a tendance à favoriser la dépendance perpétuelle. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas la moindre perspective d’une aide importante qui se matérialise. Leur propre gouvernement devrait-il fournir plus de justice sociale? Bien sûr – mais ils ne seront pas, ou du moins pas parce que nous leur disons de le faire. Et tant que vous n’avez pas d’alternative réaliste à l’industrialisation basée sur les bas salaires, de s’y opposer signifie que vous êtes prêt à refuser aux gens désespérément pauvres la meilleure chance qu’ils ont de progresser pour ce qui revient à un un standard esthétique – c’est à dire, le fait que vous n’aimez pas l’idée des travailleurs soient payés un salaire de misère de fournir des Occidentaux riche en articles de mode.

En bref, mes correspondants n’ont pas droit à leur indignation. Ils n’ont pas réfléchi à la question. Et quand les espoirs de centaines de millions sont en jeu, porter notre réflexion jusqu’au bout n’est pas seulement une bonne pratique intellectuelle. C’est un devoir moral.

Une petite chose amusante est que dans le premier passage que j’ai mis en caractères gras, Paul Krugman décrit précisément la main invisible d’Adam Smith. Quant au deuxième passage, il décrit très bien les conséquences de la bien-pensance et pourquoi elle est déplacée.

On ne peut pas accuser M. Krugman d’être à droite et pourtant même lui reconnaît que le travail bon marché est ce qui permet à des millions de gens de se sortir de la misère. L’aide internationale c’est le poisson qui ne nourrit son homme qu’un seul jour et qui le garde dans la dépendance perpétuelle. Les usines, aussi exploitatives soient-elles, sont le filet qui permet à ces gens de sortir de la dépendance et leur permettre de pourvoir pour eux-même.

Sortir le gouvernement du système monétaire

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L’or a été, pendant des millénaires, l’objet de choix comme unité de compte et comme moyen d’échange. Facile à reconnaître, à transporter et à transformer en pièces de monnaie, homogène et durable; voilà quelques-unes des qualités qui ont avantagé le métal jaune (et, à une moindre mesure, l’argent) comme monnaie.

 

Malheureusement, comme toute chose qui fonctionne bien seule (ou presque), l’État doit y étendre ses tentacules. Surtout depuis la Renaissance, il s’est arrogé de plus en plus le contrôle du système monétaire et l’a complètement corrompu. Les transformations progressives nous ont donné notre système monétaire moderne : des monnaies fiduciaires flottant les unes par rapport aux autres, une inflation galopante en temps de paix, un système de réserves bancaires fractionnaires qui est, ni plus ni moins, que de la fraude légalisée et, bien sûr, des libertés individuelles encore plus restreintes. Murray Rothbard, célèbre économiste de l’École autrichienne, a dénoncé ce système il y a près de 50 ans dans un essai, qui a été publié sous forme de livre en 1974, sous le titre The Case for a 100 percent Gold Dollar1. J’ai eu le privilège de lire et de traduire ce livre sous le titre Plaidoyer pour un dollar pleinement garanti par l’or.

 

Le cœur de sujet de ce livre – le contrôle gouvernemental du système monétaire est un gâchis pour l’économie – est on ne peut plus d’actualité. En effet, la crise actuelle est facilement attribuable à l’intervention du gouvernement dans le système monétaire, notamment le « fort encouragement » qu’il a envoyé aux banques pour prêter à n’importe qui2, la mise en pool des prêts consentis par ces « encouragements3 », le maintient de taux d’intérêts artificiellement au travers de la Fed (banque centrale des États-Unis), le Community Reinvestment Act, renforcé sous Bill Clinton4, etc. N’eût été de ces interventions, la crise actuelle – prédite par les économistes autrichiens depuis déjà 20035 – n’aurait probablement pas eu lieu.

 

La destruction lente et progressive du système monétaire

 

Dans son excellent essai, Rothbard retrace les grandes étapes de la monopolisation monétaire de l’État. Ça a commencé par le monopole de la frappe, sous prétexte que les frappeurs de monnaie privés pourraient frauder leurs clients en mettant moins d’or qu’ils ne le devraient dans les pièces. Chacun sait que l’État est *évidemment* incapable de faire ça … De plus, si l’on utilise de « raisonnement », il faudrait abolir tous les contrats parce que quelques escrocs en rédigent des frauduleux ou ne les respectent tout simplement pas.

 

Le monopole de la frappe par l’État a créé, n’en déplaise aux opposants à la frappe privée, ce qu’on appelle la loi de Gresham : les bonnes pièces de monnaie sont amassées tandis que les moins bonnes (usées ou avec un défaut de fabrication) demeurent en circulation. Cette loi s’applique quand une pièce de monnaie a une valeur immuable; peu importe si elle pèse maintenant 25 grammes, si la pièce dit qu’elle vaut 30 grammes d’or, alors elle vaut 30 grammes d’or. C’est comme si un kilogramme équivalait soudainement à 750 grammes.

 

Ce monopole de frappe, et l’immuabilité de la monnaie, a engendré le second problème : l’insistance sur le nom de la monnaie et non sur sa masse. Pour ceux qui l’ignoraient, toutes les monnaies nationales étaient, à prime abord, des unités de masses, au même type que le mètre est une unité de mesure ou la seconde est une unité de temps. La livre sterling en est sans doute le meilleur exemple, puisque l’unité de base de la monnaie anglaise était justement ça : une livre de monnaie d’argent. Le dollar des États-Unis, lui, était 1/20 d’once d’or (1,56 gramme). D’ailleurs, jusqu’au milieu du XIXe siècle, des pièces de monnaies étrangères (en or ou en argent) circulaient sans aucun problème aux États-Unis. Malheureusement, afin de renforcer l’État central, Washington et les autres capitales occidentales ont interdit les monnaies étrangères dans leur pays pour favoriser la monnaie nationale, ce qui accordait encore plus d’importance au nom et non à la masse.

 

L’étape finale de la perdition du système monétaire fut l’invention des banques centrales. Créées pour supposément stabiliser le système financier, elles n’ont fait que le contraire, comme en fait foi la Grande Dépression, causée par une décennie de taux d’intérêts trop bas. Elles ont également encouragé cette fraude légalisée nommée réserves fractionnaires.

 

Jadis, les banques devaient avoir en tout temps assez d’espèce pour rembourser sur demande quiconque voudrait en avoir (appelé réserves intégrales). Elles n’avaient pas le choix; si, pour une raison quelconque, elles ne pouvaient remplir leurs obligations contractuelles, la banque faisait faillite parce que les gens paniquaient et avaient peur de ne pas avoir leur propriété (les espèces). Mais à cause de l’intervention des gouvernements et des banques centrales, cette crainte est disparue. Le gouvernement garantissait aux banques qu’il ne les laisserait pas faillir – ce qu’il a fait, et à cout de billions de dollars. Et n’oublions pas qu’en ayant le monopole de l’émission de la monnaie, l’État peut – et l’a fait constamment dans le passé – imprimer autant d’argent qu’il le souhaite. Il peut ainsi s’avantager, de même que les lobbys assez puissants, au détriment de la population et de façon nettement plus subtile qu’avec une hausse d’impôts ou de taxes. Cet sur-émission de billets a été le dernier clou dans le cercueil de l’étalon-or.

 

Un retour à un système monétaire honnête

 

Après avoir montré ce qui a détruit le système monétaire, Rothbard se propose de le reconstruire. Sa proposition est audacieuse : il veut non seulement que nous retournions à l’étalon-or, mais il veut que tous les billets de banques et les comptes bancaires – puisqu’ils sont pareils d’un point de vue monétaire : une promesse de remboursement en espèce en tout temps – soient garantis par l’or. Que ça se fasse par une déflation de la masse monétaire actuelle ou par une augmentation exponentielle du prix de l’or pour refléter la masse monétaire actuelle6, ou par un mélange des deux, il faudra que l’opération se fasse un jour ou l’autre. L’argent des autres finira par manquer, dixit Margaret Thatcher.

 

Néanmoins, même si l’on venait qu’à prendre ce chemin du salut, l’économie se s’en porterait pas nécessairement mal. En effet, une suggestion de Rothbard, lors de la première publication de son essai, est maintenant largement utilisée par les banques : les certificats de dépôt (CD). Ces obligations, de même que les fonds mutuels du marché monétaire, sont d’excellents outils d’épargne qui ne créent aucune inflation. Pour une période variable de temps – le client a le dernier mot, comme pour tout ce qui est sur le libre-marché –, une personne achète ladite obligation, qui devient en fait une nouvelle promesse de remboursement en espèce, plus intérêt. L’argent est ainsi prêté à un particulier ou à une entreprise, qui doit le retourner à échéance. Ainsi, contrairement aux prêts bancaires actuel, aucun nouvel argent n’est créé puisque la banque ne prête pas de fonds sans avoir les espèces (or ou argent) nécessaires. D’ailleurs, selon la proposition de Rothbard, tous les métaux précieux seraient remis entre les mains des particuliers et des banques, facilitant ainsi l’émission de ces obligations. De plus, ce seraient les banques qui auraient la responsabilité d’émettre des billets de banque ou des dépôts, selon ce que les clients veulent.

 

Éventuellement, cette décentralisation monétaire ferait que tous les noms de monnaie (dollar, yen, euro, peu importe) deviendraient obsolètes et seraient remplacés par grammes d’or. Ainsi, adieu taux de changes et bonjour monnaie internationale stable et libre d’intervention des gouvernements. La libéralisation serait complétée en privatisant, une fois de plus, la frappe de monnaie.

 

Ce programme, je le concède, peu paraître radical. Mais si les libertariens « lâchent leur bout » et cèdent trop de terrain afin de plaire au plus de monde possible, alors il n’y a que le statu quo possible. Un tel monde se reflète bien dans le Québec d’aujourd’hui, et c’est exactement ce que le livre de Rothbard veut combattre.

 

Le livre sera bientôt disponible pour environ 5 $ sur le site www.mises.ca. Joignez l’Institut Ludwig Von Mises du Canada pour un 5 à 7 le 19 novembre à l’hôtel Hilton Bonaventure. J’y ferai une brève présentation du livre; Johanne Marcotte sera également là pour présenter son nouveau livre, Pour en finir avec le gouvernemaman.

5Un document, traduit par moi-même, racontant les succès des prédictions autrichiennes au cours du dernier siècle, dont celles sur la bulle immobilière, sera disponible lors de la conférence de Cambridge House, au kiosque de l’Institut Ludwig Von Mises à l’hôtel Hilton Bonaventure les 18 et 19 novembre.

6Cela suppose que le dollar des États-Unis est 35 $ l’once, tel que décrété par les accords de Bretton Woods. Mais rien n’empêche de trouver une nouvelle définition pour la masse du dollar.

Mathieu Roy: Le spectre de Malthus…

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Aussi incroyable que cela puisse l’être, en 2011, un type peut se présenter sur le plateau d’un des émissions les plus regardées au Québec (Tout le Monde en Parle), affirmer (sans rire) que le progrès est une mauvaise chose et menace la survie de notre civilization tout en se faisant applaudir à tout rompre et encenser par l’animateur! Dès le départ, le ton de Guy A. Lepage nous annonce que l’entrevue ne sera pas critique. Il ne lui posa aucune question cherchant à nuancer la thèse du documentaire.

Je propose ici de ramener un peu de bon sens dans tout cela. Notez cependant que je n’ai toujours pas vu le film en question.

 

 

Roy se dit contre « l’idéologie de la croissance sans fin » et la surconsommation. Pour lui, « la consommation est un mal ».

Il oublie que le niveau de vie et la consommation sont intrinsèquement lié. Peut-être que Roy pense qu’un cellulaire ou une télé haute-définition sont des objets inutiles dont on pourrait se passer, mais il n’en demeure pas moins que ces objets améliorent notre niveau de vie. La croissance n’est pas sans fin. En fait, la population de la terre se régule d’elle-même et sa croissance est présentement en ralentissement.

D’ailleurs, une croissance économique positive ne signifie pas nécessairement que nous consommons plus de ressources ou que la population augmente. La croissance économique provient aussi de l’amélioration de la productivité grâce au développement. Même lorsque la population et la consommation d’énergie seront en décroissance (c’est déjà le cas dans les pays de l’OCDE), nous continuerons de voir notre niveau de vie s’améliorer constamment (c’est ce que nous observons).
En fait, si Mathieu Roy souhaite la simplicité volontaire, qu’il la pratique. Les choix de consommation sont des choix individuels. Qui est-il pour prétendre que je surconsomme? Ceci étant dit, les gouvernements nous orientent vers la surconsommation car ils veulent que leurs revenus fiscaux augmentent. Ainsi, ils subventionnent l’exploitation des ressources naturelles (e.g. le Plan Nord) et poussent la population à s’endetter pour consommer en abaissant les taux d’intérêt. Ils subventionnent les naissances pour contrer le vieillissement de la population. D’ailleurs, les déficits chroniques des gouvernements montrent que ce sont eux qui surconsomment et ils utilisent la création de monnaie pour financer leurs excès.

Ensuite, Roy va même jusqu’à affirmer que le Printemps Arabe représente un indice de l’indignation du peuple face au système actuel. Je lui rappellerais que ces révoltent ont débuté par l’immolation d’un marchand harcelé par les sbires d’un gouvernement autocratique et corrompu. Les Arabes veulent plus de liberté pour s’épanouir économiquement et atteindre le niveau de vie (et de consommation) des occidentaux. Ça ne va pas vraiment dans le sens de la thèse de son documentaire…

Les prix de la nourriture ont aussi engendré des révoltes populaires, mais encore là, la politique monétaire des grandes banques centrales y est pour quelque chose (voir ceci), tout comme les subventions gouvernementales sur l’éthanol de maïs.

Par la suite, Roy affirme que le Québec devrait imiter la Norvège et investir les redevances provenant de l’exploitation des ressources naturelles dans un fonds pour les générations futures. Puis-je signaler à ce pseudo-intellectuel que nous en avons déjà un: le Fonds des Générations! L’Alberta en a un aussi en passant (voir ceci).

Concernant l’Afrique, Roy affirme que « les banques occidentales enchaînent ces pays avec de la dette pour pouvoir mieux exploiter leurs ressources naturelles et alimenter notre surconsommation ». Premièrement, le FMI n’est pas une banque occidentale, c’est une coalition de gouvernements. C’est bien différent et c’est pour cette raison que moi non plus je n’aime pas le FMI. Deuxièmement, il a raison de souligner que le FMI « prête » de l’argent à des dirigeants corrompus, ce qui contribue à les garder au pouvoir. C’est pourquoi je m’oppose à l’aide internationale, mais ce n’est pas le cas de la gauche… Troisièmement, le problème de ces pays n’est pas qu’ils nous vendent des ressources naturelles, mais bien qu’ils sont incapables d’instaurer un État de droit protégeant adéquatement les droits de propriété, ce qui favoriserait l’essor économique et la création d’entreprises. Ainsi, ils pourraient peut-être nous vendre des cellulaires plutôt que de nous vendre seulement les métaux qu’ils contiennent (c’est ce que les Tigres Asiatiques sont arrivés à faire grâce à la liberté économique).

Il n’en fallait pas plus pour que Denise Robert saute dans la mêlée avec un argument sur l’obsolescence programmée! Selon elle, il est présentement impossible de trouver quelqu’un pour réparer son grille-pain lorsqu’il se brise. Donc, on le jette et on en rachète un autre. Mais dîtes-moi Madame Robert, quel prix seriez-vous prête à payer pour faire réparer votre grille-pain, en sachant que vous pourriez en acheter un neuf pour $50, au goût du jour et frais sorti de sa boîte? Disons $15. En supposant que le réparateur mette une heure à réparer le grille-pain et que ses coûts d’opération (loyer, pièces, fournitures, électricité, etc) représentent 50% de ses revenus, ça lui fait un profit net de $7.50! Est-ce que Madame Robert serait prête à travailler pour $7.50 de l’heure? Non! Et pas grand monde au Québec non plus. Ce que cet exemple démontre est que la valeur de notre temps de travail est si élevée et celle des matières premières si basse qu’il n’est pas justifié de gaspiller du temps à réparer un vieux grille-pain brisé plutôt que d’en acheter un neuf. C’est un signe de richesse. Lorsque les matières premières deviendront réellement rares, leur prix augmentera et à ce moment il deviendra plus avantageux de réparer plutôt que de jeter.

Ainsi, selon Mathieu Roy, l’excès de progrès menace notre civilisation (sic). Il mentionne s’inspirer de l’histoire pour affirmer cela. Un exemple? En voici un savoureux. Lorsque l’homme préhistorique arrive à tuer deux mammouths en une semaine plutôt qu’un seul, c’est un progrès. Mais lorsqu’il arrive à tuer un troupeau entier en les amenant à se jeter en bas d’une falaise, c’est un « trop grand progrès qui menace sa survie« , car les mammouths deviendront rare. Wow! Quelle éloquence. C’est plutôt une démonstration du syndrome de la tragédie des biens communs, qui montre que lorsque personne n’est propriétaire d’une ressource, elle risque d’être gaspillée. Lorsque les ressources sont la propriété de quelqu’un et qu’elles peuvent être transigées, le prix assure que la ressource ne soit pas gaspillée et indique le niveau de rareté de celle-ci. Qu’en est-il des prix des ressources? Comme le démontre le graphique ci-bas, ceux-ci sont sur une tendance baissière depuis fort longtemps. En fait, les ressources exploitables sont de moins en moins rare en raison de l’amélioration de nos technologies.

Autre exemple mentionné par Roy: les Sumériens seraient disparus à cause de l’épuisement de leurs ressources. C’est faux. Les Sumériens sont disparus parce qu’ils ont été conquis militairement. Leur territoire était particulièrement difficile à défendre.

Concernant les leçons historiques, permettez-moi de lui en adresser une à ce cher Mathieu Roy; celle de l’économiste britannique du 18e siècle Thomas Malthus. Malthus croyait que la terre n’avait pas suffisamment de ressources naturelles pour supporter plus de 1 milliard d’individus. L’erreur de Malthus a été de grandement sous-estimer le développement technologique et la capacité d’adaptation d’une économie libre. En 1968, l’auteur de l’ouvrage The Population Bomb, Paul Ehrlich, déclarait que la croissance de la population mondiale engendrerait des famines massives au cours des années 70 et 80. (voir ceci). En 1968, le Club de Rome arrivait à la conclusion que les réserves connues de pétrole seraient épuisées dès 1992. Sans même tenir compte des sables bitumineux, les réserves prouvées de pétrole ont augmenté de 46,7 % entre 1992 et 2010 (voir ceci).

En bref, la plupart des disciples de Malthus ont été ridiculisés au cours de l’histoire et Mathieu Roy ne fera pas exception à la règle. Son discours sensationnaliste et populiste fera vendre, mais il n’en demeure pas moins qu’il est complètement ignorant du fonctionnement d’une économie.

Plus récemment, le professeur Vaclav Smil de l’Université du Manitoba  (ayant participé au film) nous dit qu’il y aurait aujourd’hui 5 milliards d’être humains dont la satisfaction des besoins pourrait épuiser toutes les ressources et rendre la terre invivable, à moins que nous limitions nous-mêmes notre consommation d’énergie et de ressources. Comme le mentionne sarcastiquement Pierre Duhamel dans sa critique de Mathieu Roy, il faudrait qu’on s’appauvrisse pour permettre aux autres de s’enrichir. C’est d’ailleurs une solution proposée par Mathieu Roy: la simplicité volontaire (et éventuellement imposée). Comme dirait Peter Mcleod: « c’est de l’élevage de mongoles! » (mes excuses aux habitants de la Mongolie, il n’est pas question de vous ici).

Maintenant, pour être « fair » avec le documentariste, on pourrait affirmer que Roy n’est pas contre le progrès, mais plutôt contre « l’excès de progrès » (sic). Roy ne réalise pas que c’est le progrès qui permet de développer des technologies plus efficaces et, par conséquent, moins polluantes. Que c’est le progrès qui permet de créer la richesse nécessaire à financer ces avancées. Il ne peut y avoir d’excès de progrès, c’est un non-sens.

Finalement, Roy ne réalise pas que presque tous les problèmes environnementaux peuvent être résolus par une bonne définition et protection des droits de propriété. C’est plutôt pour cela qu’il devrait militer plutôt que de lutter contre le progrès!

Pour des lectures complémentaires, voir ceci, ceci et ceci. Par ailleurs, je vous conseille fortement de visionner l’excellent vidéo ci-bas au sujet du mythe de la surpopulation (il y a plusieurs parties).


Le Mythe de la Surpopulation Mondiale by tchels0o

Qu’est-ce qu’un volontariste?

volontarisme
Le volontarisme est une philosophie sociale portée par un très haut standard de moralité. Un volontariste base toute sa pensée concernant les relations humaines sur un simple axiome qui est le principe de non-agression. Ce principe implique que tout usage de force, de coercition, de violence contre quelqu’un est moralement condamnable. Je ne peux pas vous contraindre à faire quoi que ce soit sans votre consentement et nous n’avez pas l’autorité moral de m’obliger à faire quelque chose pour vous ou pour quelqu’un d’autre. Chaque individu est libre de sa personne et de ses actions et n’est contraint de quoi que ce soit d’autre que de respecter la liberté d’autrui. Chaque individu est, également, individuellement responsable de ses actions.

Le principe de non-agression s’appuie sur un concept fondamental qu’est celui de la propriété. Ce concept est très, très mal compris par une majorité de gens. Je viens de terminer la lecture de ce livre très intéressant qui peut vous éclairer grandement sur le sujet: Boundaries of order: private property as a social system. C’est ce livre qui a planté le dernier clou du minarchisme pour moi.

Dans cet ouvrage, Shaffer nous apprend ce qu’est la propriété et comment on en détermine le propriétaire. Pour résumé, la propriété est la partie de la nature sous le contrôle d’un être. N’importe quel organisme vivant sur cette planète se doit de contrôler une partie de la nature pour son utilisation exclusive au détriment des autres dans le but de survivre. L’humain n’y échappe pas. C’est un concept ancré dans nos gênes sur quoi est basée la survie. Ce qui détermine qui est propriétaire d’une propriété (concept qui est défini très clairement dans le livre, l’auteur est professeur de droit) est la notion de contrôle. Pour déclarer avoir une propriété, il faut en avoir le contrôle.

Shaffer avance dans son livre que tous les conflits qu’on observe dans nos relations humaines sont, en fait, toujours une violation de nos droits de propriété. Le conflit prend naissance du fait que deux ou plusieurs personnes ne s’entendent pas sur la frontière entre deux propriétés i.e. la partie qui est sous le contrôle de qui. Quand un individu essaie de dépasser la frontière (de ne pas respecter le principe de non-agression), il y a un conflit qui émerge.

Un volontariste juge, basé sur le principe de non-agression, qu’il est totalement immorale de tenter d’imposer un contrôle sur la propriété de quelqu’un d’autre. Notre propre corps, notre vie, notre énergie étant, de par notre état d’être vivant, notre propre propriété, il est totalement immorale que d’autres personnes tentent d’imposer leur propre volonté sur notre vie. Les volontaristes sont pacifiques et toute forme de violence les répugne.

En poursuivant dans cette logique on peut facilement déclarer qu’il est moralement condamnable de tuer (atteinte à ma propriété corporelle), voler ou frauder (atteinte à ma propriété matérielle) ou d’user de violence pour contraindre quelqu’un à notre volonté (atteinte à mon libre arbitre, à la propriété de ma vie). Bien que les trois premiers ne nécessitent pas d’explication, je crois qu’il faut éclaircir le dernier. Je ne peux pas user de violence pour vous contraindre à vous comporter d’une façon qui est contre votre volonté. Pour demeurer pacifique, je dois respecter votre personne, vos choix, vos volontés tant et aussi longtemps qu’ils n’empiètent pas sur ma propriété à moi. Ce que vous faites de votre vie et des produits qui en découlent ne regardent que vous et je n’ai aucun droit quel qu’il soit de décider pour vous quoi en faire.

Êtes-vous d’accord avec moi, jusqu’à maintenant, qu’il est moralement condamnable de tuer, de voler, de frauder et d’user de coercition? Si oui, tant mieux nous pouvons continuer; si non, vous pouvez optimiser votre temps ailleurs sur le Web, il est impossible que vous soyez d’accord avec le reste du texte…

Les volontaristes, comme j’ai dit au départ, sont portés par un très haut standard de moralité. Donc, ce qu’ils considèrent immoral l’est toujours et en toute circonstance. Donc, il est tout aussi immoral qu’un groupe de personne, bien qu’il est l’appuie de la majorité, use de meurtre, de vol, de fraude ou de coercition envers d’autres individus. Vous aurez compris que les volontaristes sont contre toute forme d’organisation qui se donne le pouvoir d’imposer sa volonté aux gens. Les volontaristes sont contre l’état. Pourquoi Paul ne peut pas visiter son voisin et le tuer alors qu’un pays peut déclarer la guerre à un autre et assassiner des dizaines (des centaines, des milliers) de gens? Pourquoi Paul ne peut pas voler de l’argent à son voisin alors que l’état peut collecter des impôts de façon violente (essayez de ne pas payer vos impôts, vous finirez par rencontrer de la violence dans le processus)? Pourquoi Paul ne peut pas contraindre son voisin à lire un livre en particulier alors que l’état peut imposer un apprentissage obligatoire à tout le monde?

Le problème de notre société moderne, bien qu’on essaie de nous convaincre du contraire, est que les droits de propriété ne sont pas du tout respectés et nous observons donc des conflits. L’état se permet de prendre le contrôle de n’importe quel élément de propriété de façon arbitraire et d’en faire ce qu’il veut sous prétexte de répondre aux demandes de la majorité. Admettons qu’on accepte la prémisse pour fin d’argumentaire que l’état répond bien aux demandes de la majorité (bien que la théorie des choix publics nous prouve le contraire), les volontaristes n’acceptent pas le fait qu’un groupe d’individu (la majorité) impose sa volonté à une autre personne (la minorité). C’est moralement mauvais et indéfendable.

Pour vivre dans une société pacifique, on doit nécessairement respecter cette partie de la nature qui est sous le contrôle des autres. Il est dans l’intérêt de tout le monde de le faire ne serait-ce que pour s’assurer que les autres respectent notre propriété à nous. Est-ce parce qu’un loi vous empêche de le faire que vous n’empiétez pas sur le terrain de votre voisin ou bien parce que vous souhaitez qu’il fasse de même de son côté?

Les minarchistes défendent leur vision en expliquant qu’il faut justement une entité neutre et toute puissante pour s’assurer que les droits de propriété sont respectés et c’est pourquoi j’étais minarchiste. Par contre, même si on établi un état ayant ce seul et unique objectif, on se retrouve encore avec le fait qu’un groupe de personne aura le pouvoir d’exercer du contrôle sur la propriété des autres sans leur consentement et donc de créer des conflits. Par ailleurs, même le système étatique de résolution de conflits (la justice) est hors de la portée de la personne moyenne. La très grande majorité des disputes se règlent autrement, à l’amiable, de façon volontaire et spontanée. La simple volonté de pouvoir vivre à l’abri de l’agression des autres nous encourage à respecter les autres. Tout le monde s’assure de régler les conflits du mieux possible dans l’harmonie. D’autres minarchistes se défendent en amenant le besoin de protection contre les agressions. C’est un besoin, je vous l’accorde, mais il peut très bien être répondu par le libre-marché. Nul besoin d’une organisation monopolistique de violence.

Ensuite, le principal point de désaccord face à cette philosophie est celui de la solidarité. Il faut s’occuper des moins chanceux de la société selon plusieurs. Je fais partie de cette majorité, mais je ne crois pas qu’il est justifié d’obliger tout le monde a adhérer à cette pensée. Si on accepte le fait que 75% des gens croient fermement qu’il faut s’occuper de son prochain (j’avance ce chiffre de façon complètement arbitraire, mais je crois que c’est plausible), les organisations/initiatives nécessaires à l’accomplissement de la solidarité verrait le jour de toute façon. Même avec notre état omnipotent, les initiatives privées de solidarité sont monnaie courant dans l’ensemble de la société. Elles seraient juste encore plus présente et probablement de façon encore plus efficace. De plus, 50% des gens qui pratiquent la solidarité de façon volontaire produiraient beaucoup plus de biens que 100% des gens qui le font de façon obligatoire (ça c’est si on considère que 100% des paie des impôts ce qui est on ne peut plus faux…) On a pas besoin d’un monopole de violence pour réaliser ce qu’on considère individuellement important.

Pour une explication approfondie du fonctionnement social sans état, vous pouvez écouter les premiers (1 et 2) podcast de Stefan MolyneuxOn serait beaucoup mieux servi si le pouvoir de contrôle serait réparti à l’ensemble des gens plutôt que dans les mains d’une poignée d’illuminée! Ne serait-ce que pour arrêter les conflits… De plus, ce qui est beau dans l’affaire, c’est que la théorie économique nous prouve qu’on aurait une société encore plus prospère.

Mythes et légendes socialistes: Le système de santé cubain

hospital-cuba

S’il existe un mythe persistant, c’est la supposée excellence du système de santé cubain.  Malgré la propagande castriste gaiement perpétrée par des idiots utiles comme Michael Moore et nos propres élites gauchistes. Il s’avère que le système Cubain est un système à trois vitesses. Une pour l’élite du Parti Communiste, une pour les touristes et une autre pour les cubains ordinaires. La seule différence entre les touristes et l’élite cubaine, c’est qui paie et qui ne paie pas pour les soins. Les touristes paient bien sûr en pésos convertibles, dont la valeur est fixée au dollar américain. Pour les cubains ordinaires, la situation est tout autre.  

Cuba en chiffres.

  Canada Cuba
Population (2007) en millions 32 876 11 268
Âge médian 39 37
PIB par habitant ($ PPA int.) 35 310 N/D
Dépenses de santé % du PIB (2006) 10,0 7.7
Dépenses de santé par habitant ($ PPA int.) 3 673 674
Espérance de vie à la naissance (2007) 81 78
Nbre de Médecins par 10 000 habitants 19 59

Nbre d’infirmières et sages-femmes par 10 000 habitants

101 74
Nbre de lits d’hôpitaux par 10 000 habitants 34 49

(Source: OMS)

Si on ne se fiait qu’aux statistiques, le système cubain semble impressionnant. Il semble faire beaucoup avec rien. Mais les statistique de l’OMS proviennent du gouvernement de chaque pays respectifs. Si on peut dire que la plupart des pays occidentaux ont bonne réputation par rapport à leur transparence, ça n’a jamais été le cas de gouvernements communistes, comme ceux de la défunte URSS et de Cuba, qui par le passé n’ont jamais hésité à fournir des statistiques bidon pour bien paraitre et qui maintiennent tout le contrôle de l’information en restreignant le la liberté d’expression et la liberté de presse.

Il ne suffit que de visiter les sites d’organismes comme Amnistie Internationale, Human Rights Watch et Reporters Sans Frontières pour constater la volumineuse documentation contre Cuba au niveau des droits humains et de la liberté d’expression. L’URSS était notable pour gonfler leurs statistiques de production industrielle. Lorsque le rideau de fer est tombé, on s’est bien rendu compte que l’URSS était un tigre en papier. Que le système de santé cubain soit également un tigre en papier, ne devrait surprendre personne. Par exemple, le faible taux de mortalité infantile cache le fait que Cuba a un des taux d’avortement les plus élevés au monde, presque 5 fois celui du Canada. Ça pourrait laisser croire qu’à Cuba, on avorte tout fœtus qui pourrait avoir une défectuosité quelconque. D’autres facteurs tendent aussi à démontrer que les statistiques de Cuba sont trompeuses.

Financement

Tous les soins, pour ce qu’il y a, sont financés par le gouvernement cubain qui en retour, taxe 95% des revenus de ses citoyens. Pour un système qui est supposé être gratuit, je trouve qu’en réalité il coûte affreusement cher en termes du pouvoir d’achat des cubains ordinaires qui ne gagnent environ $20 par mois. Si d’ailleurs vous allez vérifier les statistiques de l’OMS sur le PIB par habitant et le pourcentage d’habitants vivant en dessous de $1 par jour, comme par hasard, ces statistiques sont non-disponibles. D’après mes calculs très conservateurs, la dernière de ces statistiques doit englober plus de 95% de la population. Si le nombre de médecins et infirmières de Cuba parait impressionnant, c’est que le régime cubain s’en sert comme monnaie d’échange pour obtenir des denrées, comme du pétrole vénézuélien, par exemple.

La prestation des soins.

À Cuba, tous les soins sont prodigué dans des hôpitaux gérés par le gouvernement cubain. Toute forme de clinique privée y est bien sûr illégale. Il existe quelques hôpitaux modernes comme celui qu’a visité Michael Moore pour son film « Sicko ». Rien n’est trop beau pour les apparatchiks et les touristes et leurs dollars. Mais la grande majorité des hôpitaux cubains sont vétustes et dilapidés. Michael Moore a demandé à ce que les patients qu’il a emmené avec lui soient traités « exactement » comme les cubains ordinaires et n’était que trop heureux de gober tout ce que les autorités cubaines lui ont dit, sans même vérifier. S’il avait vu comment les cubains ordinaires sont traités, il aurait été horrifié. Les images valent mille mots, alors vous n’avez qu’à regarder la photo ci-haut et la photo ci-contre pour avoir un aperçu de ce qu’un cubain ordinaire subit lorsqu’ils sont hospitalisés.

Dans la photo ci-contre, on voit un patient dans un lit dont le matelas ne serait utilisé que par des sans-abris au Québec et les deux pieds dans sa propre merde! À Cuba, des médicaments ordinaires comme l’aspirine, l’acétaminophène, l’ibuprophène et les antibiotiques sont très rares et ne sont trouvables que dans des magasins réservés à l’élite et les touristes dont les prix sont en $US ou en Euros, ou sur le marché noir. Les gants de latex sont tellement difficiles à obtenir, que les chirurgiens doivent les réutiliser. Les défenseurs du système cubain sont vites à blâmer l’embargo américain, mais cet argument est une coquille vide. Il impliquerait que les États-Unis seraient la seule source de médicaments sur laquelle Cuba pourrait compter et ce n’est certainement pas vrai. Cuba a un bon nombre de partenaires commerciaux qui ont accès à tous les médicaments dont Cuba pourrait avoir besoin et qui ne demanderaient pas mieux que de leur vendre. Dans la réalité, un patient cubain qui fait un séjour à l’hôpital doit fournir ses propres vêtements, ses draps, sa nourriture, ses médicaments et son fil de sutures. De plus, quelqu’un de sa famille devra prendre soin de lui la plus grande partie de son séjour. C’est ça le système cubain. Tout ça est documenté. Seuls les amis du régime vont tenter de prétendre le contraire.

Conclusion.

Certains considèrent à tort que Cuba est un modèle à suivre. Seulement, aucune personne saine d’esprit ne considèrerait adopter ce système. Bien des opposants de l’inclusion du privé dans notre système de santé, brandissent le spectre de la médecine à deux vitesses. L’exemple de Cuba démontre conclusivement qu’un système 100% public et socialiste est une garantie d’équité. En réalité, il démontre plutôt que ce genre de système mène inévitablement à une plus grande iniquité: un apartheid médical.

Sources:

For Cubans, a bitter pill – National Post, July 7,2004.

The Myth of Cuban Health Care

« Sicko » Presents False View of Cuba’s Health System

Cuba’s Healthcare Horror

‘The Cuban model doesn’t even work for us anymore’: Castro

The Incidence of Abortion Worldwide

OMS: Statistiques Sanitaires Mondiales 2010

Divertissement au zoo.

Les "indignés" de Montréal

Les "indignés" de Montréal / Photo: Philippe David, Contrepoids

Les indignés me divertissent. C’est comme aller au zoo mais moins cher et en plus c’est commode, ils sont direct au centre ville à deux pas de mon stationnement (souterrain merci) et de mon client. La vie est bonne j’vous dit. 

J’ai parlé à l’un d’entre eux. Un jeune avec les cheveux en longues couettes jusqu’au milieu du dos qui me tutoie comme si on avait élevé les cochons ensemble.

« Pourquoi êtes vous indignés? »
« Parce que, t’sé man tu comprendrais paw passe que t’es obviously un « suit ». «  
« C’est quoi un « suit ».
« Ben un bonhomme comme toué t’sé, un gars qui comprends rien aux problèmes du monde comme nous autres. »
« Ah? Quels sont vos problèmes? »
« Tu voué, tu comprends rien. Pas de job, pas de revenu, pas rien. »
« Vous ne pensez pas que si vous étiez ailleurs en train de chercher un job plutôt qu’ici en train de chialer que vous n’en avez pas pas, ce serait un pas dans la bonne direction? »
« Tu voué, j’te l’ai dit man que tu comprends rien! »

OK je suis « obvioulsy » bouché parce que moi, quand j’ai pas eu de job (à mon âge ça m’est arrivé une couple de fois) je ne suis pas descendu dans la rue mais plutôt remonté mes manches et je me suis retrouvé de l’emploi. Puis ensuite j’ai CRÉÉ ma propre job. Pas chiâlé, pas « réclâmé la justice », pas craché sur ceux qui font la richesse. Je me suis juste pris en main. Comme un humain. Je n’ai pas attendu qu’on me donne de la bouffe et du logis. Je n’ai pas attendu qu’on me soigne, qu’on vienne me porter une toilette portative. 

Non je ne suis définitivement pas un animal de zoo.

L’intimidation sur les chantiers, la construction et les syndicats

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Le spectacle désolant offert par les deux principaux syndicats de la construction cette semaine me fait penser à un spectacle de corrida, où le taureau, en l’occurrence la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction – International, se fait blesser puis mettre à mort par le gouvernement Charest.

Avant le spectacle à proprement dit, il y a une parade pour amadouer les spectateurs, le paseo, qui correspond selon moi à toutes les révélations des journalistes sur l’intimidation sur les chantiers, dont celles de la pertinente émission « Enquête ». C’est à ce moment où la plupart des Québécois ont appris la situation grave sur les chantiers.

Lors du tercio de pique, des picadors affrontent le taureau et le blessent à l’aide d’une longue pique, ce qui permet à la fois de l’affaiblir et d’évaluer son comportement. Cela correspond à l’élaboration du Projet de loi 33 sur le placement de la main-d’oeuvre, qui vise à diminuer le pouvoir des syndicats. Après quelques consultations, la ministre Thériault se rend compte que les deux centrales syndicales feront tout pour ne pas qu’il passe. Elle annonce une commission parlementaire afin de ne pas leur donner de raison valable, aux yeux du public, de faire des moyens de pression. Même si le gouvernement annonce qu’il ne reculera pas, il favorise le dialogue avec les syndicats.

Au cours du deuxième acte, le tercio de banderilles, des banderilleros plantent trois paires de banderilles dans le dos du taureau. Cette étape nous emmène dans le vif du sujet, cette semaine, soit celle où la FTQ-Construction et l’International usent d’intimidation (qu’elle soit verbale, économique ou physique) sur les chantiers pour prouver que les changements au placement syndical proposés par le gouvernement afin de contrer cette même intimidation ne sont pas une bonne idée. Les nombreux reportages montrant l’intimidation de façon claire et sans équivoque montrent aux Québécois la réalité des chantiers. Les syndicats se sont pendus avec leur propre corde: voulant dénoncer les médias qui « exagèrent » les cas d’intimidation sur les chantiers de construction, ils usent d’intimidation pour convaincre les médias. Ils ne connaissent peut-être pas d’autres méthodes de contestation, qui sait. Comme le taureau, les centrales syndicales sont très affaiblies par l’opinion publique.

Enfin, lors du troisième tercio, moment auquel les spectateurs assistent à la mise à mort, le matador, après une faena, une série de passes exécutées avec sa muleta, met à mort le taureau par l’estocade portée avec son épée. Dans le cas qui nous concerne, le gouvernement Charest réussit à enlever du pouvoir aux syndicats, à les mettre à l’amende, mais surtout, à avoir fait le ménage dans la construction, avant même le début de la commission d’enquête sur la construction. Les spectateurs sont rassasiés.

Le Projet de loi 33 sur le placement syndical est un pas dans la bonne direction, mais il ne règle qu’une partie du problème de la construction. Le pouvoir est en bonne partie retiré aux syndicats, mais il n’est pas redonné entièrement aux entrepreneurs, plutôt à la Commission de la construction du Québec.

Mais surtout, d’autres problèmes ne sont pas réglés, comme le vote syndical non secret, l’accréditation obligatoire aux syndicats et la réglementation excessive des métiers de la construction. À ce titre, il est déconcertant de constater le nombre élevé de métiers de la construction au Québec, soit 26, quand on compare avec l’Ontario, qui n’en compte que 6. Selon l’économiste Pierre Fortin, l’impact de la Loi R-20 (Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction) est de 10,5 % sur le total des coûts de construction. Il vaudrait donc la peine pour les finances publiques de moderniser cette loi. (Pour plus d’information, voir cet article)

Il y a aussi des problèmes liés à l’infiltration du crime organisé, à la circulation d’argent au noir, au blanchiment d’argent et au financement des partis politiques, tous liés entre eux d’une façon ou d’une autre. Ce problème est délicat à régler, et surtout très complexe. La seule façon de lutter contre l’évasion fiscale est de diminuer les taxes et les impôts, mais il faut du courage politique.

Avec ce projet de loi et l’annonce d’une commission d’enquête sur la construction (dont le mandat change trop souvent), le gouvernement semble utiliser la stratégie du petit pas pour régler les problèmes en construction. Espérons qu’elle va fonctionner, mais avec le pouvoir donné aux syndicats (ou qu’on leur a laissé prendre depuis quelques décennies), ils peuvent paralyser de très gros chantiers en débrayant de façon illégale. Je suis plus un partisan des changements radicaux, mais après tout, le Québec est la province de la Révolution tranquille…

Le terrorisme syndical

Caricature signée Ygreck

Caricature signée Ygreck

 Comme l’illustre la caricature d’Ygreck ci-haut, peut-on imaginer quelque chose de plus aberrant dans une industrie que de voir le dirigeant d’une entreprise se faire littéralement dicter qui il doit embaucher, combien de travailleurs il doit employer sur son chantier, en plus de dicter leurs conditions de travail. Un patron dans une manufacture mettrait probablement la clef dans la porte et irait investir dans une autre industrie, mais dans l’industrie de la construction, cette situation dure depuis des années et on se demande pourquoi il y a des problèmes dans cette industrie.

Maintenant, le projet de loi 33 veut rétablir l’équilibre en éliminant cette aberration, mais les syndicats ne sont pas contents du tout. Ce matin, des représentants syndicaux se sont rendus à plusieurs chantiers pour demander aux travailleurs de quitter le chantier. Un attroupement, supposément impromptu de travailleurs syndiqués ont commencé à assiéger le siège de la CCQ.

On a appris que la ministre du travail, Lise Thériault aurait reçu des menaces par téléphone ce weekend et une femme de la Côte Nord qui devait comparaitre devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 33, n’a pas pu s’y présenter parce qu’elle aurait été rudoyée par des représentant syndicaux et aurait eu des côtes félées. Il semble que l’altercation n’avait rien à voir avec la participation de la dame à la commission parlementaire, mais était reliée a d’autres demandes faites par celles-ci. Néanmoins, il s’agit d’un exemple totalement inacceptable d’intimidation sur les chantiers qui n’aurait pas lieu sans le placement syndical.

La FTQ nie toute responsabilité des gestes posés. Je crois qu’ils prennent des gens pour des idiots et je doute fort que le public soit dupe. À TVA, pendant une entrevue avec Lise Thériault près d’un chantier, on pouvait voir des représentant syndicaux arriver sur le chantier et haranguer les travailleurs et ensuite voir les travailleurs partir au nez et à la barbe des caméras et de la ministre.

Par ailleurs, un communiqué du Conseil du Patronat rapporte que selon des entrevues faites avec des entrepreneurs de la construction que plusieurs compagnies enregistrent des pertes de plus d’un million par jour à cause de ces débrayages illégaux.

Ces tactiques d’hommes des cavernes sont inacceptables et doivent cesser. Le gouvernement doit tenir les centrales syndicales, et particulièrement la FTQ,  responsables des pertes dues aux débrayage et au vandalisme, et leur infliger les sanctions qui s’imposent.

Je me souviens avoir vu le gouvernement de Jean Charest plier sous l’intimidation syndicale en 2003 alors qu’il avait promis une ré-ingénierie de l’état. Espérons que cette fois ci, les libéraux se tiendront debout. Là-dessus, les propos de Mme Thériault, qui a déclarer qu’elle ne se laisserait pas intimider, me rassurent. Peut-être finalement qu’en politique, ce sont les femmes qui ont des couilles.

La dictature des associations étudiantes

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Le débat sur la hausse des frais de scolarité est de nouveau d’actualité au Québec. Au cours des prochaines semaines, une pléthore d’associations étudiantes collégiales et universitaires tiendront des votes de grève. Dans un premier temps, elles veulent tenir une journée de grève le 10 novembre afin de manifester en grand nombre à Montréal. Dans un deuxième temps, elles désirent avoir un mandat de grève générale illimitée pouvant être mis en application durant le mois de janvier. Cette mesure menacerait la session de tous les étudiants.

Alors que le consensus social québécois reconnaît enfin la nécessité de hausser substantiellement les frais de scolarité, une poignée de militants étudiants continue de vouloir faire la pluie et le beau temps sur les campus universitaires. Bien entendu, ces étudiants ont droit à leur opinion et ils ont le droit de l’exprimer. Toutefois, le problème est qu’ils se servent des associations étudiantes afin de se draper d’une légitimité représentative qu’ils n’ont que rarement.

La très grande majorité des étudiants universitaires québécois sont des gens sensés et raisonnables. Ils comprennent que l’éducation a un coût et ils acceptent d’y participer. Si payer plus leur donne un meilleur service, soit. Tous ne sont pas heureux de la hausse des frais de scolarité. Toutefois, l’obtention de leur diplôme et l’apprentissage sont plus importants que de perdre du temps à revendiquer. Leur objectif est de compléter leurs études et d’aller vers autre chose. Quand les frais d’immatriculation augmentent, ils ne vendent pas leur voiture. Quand les frais de scolarité sont majorés, ils n’abandonnent pas la moitié de leurs cours.

La majorité des étudiants comprennent que leur statut est transitoire et que l’école n’est qu’un tremplin vers autre chose. Payer une partie de leurs études est vu comme un investissement et non un frein à l’accessibilité. Bien sûr ils aimeraient payer moins cher, mais on peut dire la même chose pour tous les biens et services qu’ils consomment. Plusieurs étudiants travaillent, parfois même à temps plein, tout en poursuivant leurs études selon leurs moyens et contraintes (famille, travail, disponibilité, etc). Les cohortes actuelles dans nos universités sont tout sauf homogènes. Certains sont parents, d’autres habitent loin de l’Université, d’autres étudient le soir. Bref, presque chaque étudiant est désormais presque un cas unique.

Les étudiants qui travaillent ou qui ont d’autres obligations que les études sont souvent plus conscients de ce que la réalité du travailleur exige. En ce sens, ils sont peut être mieux préparés que ne le sont ceux qui ne font qu’étudier, dans un environnement clos dans lequel les études occupent toute la place. Les frais de scolarité très bas, en ce sens, ne rendent pas toujours service aux étudiants qui ont alors plus ou moins conscience de la valeur de leur formation.

Les associations étudiantes sont peu adaptées à cette réalité. Dans les faits, les exécutifs d’associations sont majoritairement investies de jeunes étudiants à temps plein qui ne travaillent pas et qui ont le temps de s’impliquer. Or, la plupart de ces personnes ne connaissent rien des réalités de vie de leurs collègues. Pour eux, une grève est un moment de manifester, de revendiquer. Ils ne se préoccupent pas de la perte de cours ou de temps puisque, de toute manière, ils sont là à temps plein et n’ont rien d’autre à faire que d’étudier. Pour les gens qu’ils disent représenter, par contre, une grève et un arrêt de cours posent plus de problèmes.

Une grève prolongée retarde la réussite des cours et l’attribution du diplôme tout en nuisant à la qualité de l’enseignement pour tous. En cas de grèves mineures, les professeurs doivent ajuster leurs cours, souvent au détriment de l’évaluation et de la quantité de matière enseignée. Si les associations étudiantes sont sérieuses, pourquoi ne font-ils pas leurs manifestations et leurs assemblées en dehors des heures de cours? Si elles sont sérieuses, pourquoi ne pas manifester la fin de semaine, comme la CSN vient de le faire? Ainsi, tout le monde pourrait y participer, sans perte de cours. C’est le monde à l’envers, les permanents des associations étudiantes font les manifs la semaine car ils travaillent la fin de semaine!

La même logique s’applique aux réunions étudiantes. Quels étudiants peuvent aller à une assemblée générale le mardi à 11h? Certainement pas ceux qui travaillent à temps plein ou qui suivent des cours du soir. La contribution à l’association est toutefois obligatoire. Les gens paient alors qu’on sait très bien qu’ils ne pourront jamais participer.

Malheureusement, les institutions d’enseignement se font complices de cette réalité. Elles laissent les étudiants parler de la grève au début des cours et permettent aux associations de distribuer leur propagande sur les heures de cours et dans les salles de classe. Cette situation est unique dans notre société au plan de la démocratie représentative. Bien entendu, aucun temps n’est accoré au point de vue opposé à celui des apparatchiks des associations.

Aucun syndicat qui se respecte ne procèderait ainsi. Si un syndicat agissait comme une association étudiante, il perdrait rapidement sa légitimité auprès de ses membres. Les activités de militantisme syndical qui ne sont pas des moyens de pression se tiennent hors des heures de travail et, bien souvent, hors des lieux de travail. Depuis quand ferme-t-on l’épicerie au complet pour discuter de ses problèmes avec le gérant? Depuis quand arrête-t-on une usine, ne serait-ce que quinze minutes, pour discuter de la convention collective? On ne le fait pas. Alors pourquoi tolérons-nous des processus semblables dans les universités?

L’université est un lieu d’apprentissage privilégié et un tremplin vers le monde professionnel. On dit souvent que l’éducation est la meilleure voie pour améliorer son sort et qu’elle représente un facteur important de mobilité sociale. En ce moment, une poignée d’étudiants veulent remettre en cause le parcours académique de leurs collègues au nom d’un idéal utopiste dépassé. Les étudiants ont droit à une formation correcte. Or, dispenser cette formation, nos universités ont besoin de plus de moyens.

En dollars constants, les études universitaires au Québec sont moins chères qu’en 1968, même avec la hausse de frais prévue. De plus, l’éducation au Québec coûte bien en deça de la moyenne canadienne. Enfin, le Québec a un généreux programme de prêts et de bourses qui permet aux jeunes moins fortunés d’étudier. Il est absurde de prétendre que l’accès à l’université est freiné par les coûts au Québec. Le Québec a les frais universitaires les plus bas et une fréquentation universitaire plus basse que le reste du pays. La gratuité n’est en aucun cas une garantie d’accessibilité.

 Le citoyen surtaxé ne peut contribuer davantage et c’est au tour des étudiants de faire leur part. Après tout, ils seront les premiers à bénéficier de leur formation. La priorité des étudiants devrait être de compléter leurs études dans les temps. Il est inconcevable qu’un petit groupe d’activiste menace de paralyser le parcours scolaire de milliers d’étudiants qui ne demandent pas mieux que de terminer ce qu’ils ont entrepris et de pouvoir contribuer à l’ensemble de la société par leurs talents et connaissances.

Too-big-to-fail: le film

toobig

J’ai récemment visionné le film-documentaire « Too big to fail » de Curtis Hanson et tiré du livre de Andrew Ross Sorkin. Voici mes commentaires.

Le générique du début commence bien mal, c’est-à-dire en indiquant à tort que la dérèglementation du système bancaire (sic) est à la source de la crise financière. Comme je l’expliquais ici, au moment de la crise, l’industrie financière n’avait jamais été autant règlementée. La seule exception est le Glass-Steagall Act, qui empêchait les banques commerciales de fusionner avec des banques d’investissement, qui fut éliminé en 1999. Est-ce que cette loi aurait pu empêcher les fiascos de Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill-Lynch, qui sont au coeur du documentaire? Absolument pas!

Premièrement, même avant l’abolition de cette loi, les banques d’investissement étaient déjà autorisées à commercer et à détenir les actifs financiers au centre de la crise financière tels que les titres basés sur des prêts hypothécaires (RMBS, CMBS), les Credit Default Swaps (CDS) et les Collateral Debt Obligations (CDO).

Deuxièmement, très peu de sociétés financières ont décidé de combiner les activités d’investissement et les activités de banque commerciale, ce que permettait l’abolition de Glass-Steagall. Les deux banques d’investissement dont la déroute symbolise la crise financière, soit Bear Stearns et Lehman Brothers, n’étaient affiliées à aucune institution de dépôt. Au contraire, si Bear Stearns ou Lehman Brothers avait eu une source importante de dépôts assurés, elles auraient probablement survécu à leurs problèmes de liquidité de court terme. En outre, les grandes banques qui combinent des activités d’investissement et des activités commerciales ont traversé la crise en meilleure santé que les autres.

La loi Gramm-Leach-Bliley (qui abolissait Glass-Steagall) en elle-même n’a eu que peu d’impact sur les activités de trading des banques d’investissement. Les activités hors-bilan de Bear Stearns et Lehman étaient autorisées avant l’adoption de la loi. Je ne comprends donc pas pourquoi beaucoup de « pseudo-experts » du système financier s’acharnent sur ce point; c’est ridicule.

 

Les choses deviennent plus intéressantes par la suite, alors que ce même générique montre des discours de Georges W. Bush vantant les mérites de l’accession à la propriété. Dommage que le documentaire n’ait pas été plus en détails et ne parle pas de ces politiques gouvernementales qui ont littéralement créé l’industrie des hypothèques subprimes et contribué à gonfler la bulle immobilière (Fannie/Freddie, CRA, HUB, etc, voir ceci).

L’histoire commence par tourner autour de Dick Fuld, alors PDG de Lehman. Ce dernier harcèle les politiciens (Paulson et Geithner notamment) pour obtenir de l’aide. On constate rapidement à quel point le système était infesté par le risque moral. Les interventions multiples du gouvernement dans le passé, notamment durant la crise des « savings-and-loans » en 1991, ont engendré une anticipation néfaste que l’État se porterait infailliblement au secours des grandes institutions. Ce risque moral induit par les politiques du gouvernement est une cause fondamentale de la crise. Il est important de noter que suite à ce que le gouvernement ait aidé JP Morgan à acquérir Bear Stearns, Dick Fuld s’attendait au même traitement de faveur. Il a donc agi de façon laxiste et commis beaucoup d’erreurs, comme celle de refuser l’offre de Warren Buffet. Fuld aurait peut-être aussi été moins exigeant envers les Coréens s’il avait été convaincu que le gouvernement ne viendrait pas à son secours.

D’ailleurs, il est fascinant de constater à quel point les politiciens ont été profondément impliqués dans les événements. Cela est troublant lorsque l’on entend à tort et à travers que les États-Unis sont un des pays les plus capitalistes. Pour ma part, s’il y a une chose que ce film fait bien c’est de démontrer ce qu’est le « capitalisme de copinage ».

Durant la première moitié du film, on sent que Paulson est déterminé à ne pas utiliser de fonds publics pour renflouer les banques. Il met tout en oeuvre pour organiser une solution « privée » à la crise, de façon à préserver les apparences d’un système de libre-capitalisme. Une fois le deal entre Merrill et Bank of America scellé et les chances d’une transaction entre Barclays et Lehman anéanties, Paulson se résigne donc à laisser faillir Lehman Brothers. C’était effectivement la bonne chose à faire, mais est-ce que Paulson était prêt à faire face à la musique et à assister une profonde purge du système bancaire américain? Il s’est avéré que non!

La faillite de Lehman a pesé sur l’accélérateur du broyeur à déchet de la crise financière. C’est que beaucoup d’institutions avaient des relations d’affaires avec Lehman et cette entreprise avait des engagements envers eux. Ensuite, les investisseurs ont retirés leurs billes des autres banques d’investissement, craignant qu’elles ne subissent le même sort que Lehman. Cela a eu un impact déflationniste et mis un stress supplémentaire sur le système.

Lorsqu’il s’est avéré que l’assureur AIG était en situation critique, ayant assuré un grand nombre de mauvaises créances hypothécaires adossées, les politiciens ont paniqué. Le gouvernement a alors nationalisé Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont joué un rôle central dans la formation de cette crise, puis il a pris une grande participation dans AIG. Paulson a ensuite convaincu les banques d’accepter des fonds gouvernementaux dans le cadre du TARP, qu’elles en aient de besoin ou non (pour ne pas que celles qui en ont vraiment de besoin ne soient identifiables, minant leur crédibilité).

Lorsque la conseillère en communications de Paulson lui demande pourquoi ils n’ont pas régulé l’exposition d’AIG et des assureurs « monolignes » aux CDS, la réponse de ce dernier (dans le film) est que « c’était bien trop payant ». La réalité est que les régulateurs sont contaminés par ceux qu’ils régulent et ne sont pas assez compétents pour comprendre ce qu’il se passe. Néanmoins, ils confèrent aux clients de ces institutions un faux sentiment de sécurité et contribuent au risque moral dans le système. C’est pourquoi la règlementation n’est pas la solution.

À noter que Bernanke a convaincu les politiciens d’accepter le TARP en leur brandissant le spectre de la Grande Dépression de 1929, qui fut aussi marquée par une crise du crédit. Cependant, lorsque l’on sait que la déflation du boum de crédit est une étape nécessaire au processus de rémission, on comprend que cet argument n’est pas valide.

La cause la plus fondamentale de la crise financière, soit le système bancaire à réserves fractionnaires et la création de monnaie ex nihilo par la banque centrale, n’est qu’effleurée dans une scène où Paulson se confie à son épouse dans sa cour arrière, alors qu’il souffre d’insomnie. Si ma mémoire est bonne, Paulson mentionne :

« Aucune banque au monde n’a suffisamment d’argent pour rembourser tous ses déposants. Tout le système n’est basé que sur la confiance. »

Le réalisateur n’a malheureusement pas élaboré sur ce point, ignorant probablement que toutes les crises financières sont causées par les réserves fractionnaires. Paulson explique ensuite à sa femme ce qu’il craint qu’il arrive s’il ne fait rien :

« …dans les deux semaines qui suivraient, il n’y aurait plus de lait sur les tablettes des épiceries ».

En quoi est-ce que des faillites de grandes banques d’investissement pourraient-elles faire en sorte qu’il n’y ait plus de lait dans les épiceries? L’inventaire de l’épicier ou du grossiste était-il financé à crédit par du papier commercial dont personne ne voulait? Ceux-ci auraient fini par financer leurs inventaires à l’aide de leur flux monétaires d’opération, ce qui serait nettement plus sain que d’utiliser le crédit.

Ceci étant dit, si c’est un « credit crunch » que Paulson craignait, le TARP n’a pas réussi à l’éviter. Selon le sondage de la Federal Reserve, de moins en moins de banques ont augmenté la sévérité de leurs critères d’octroi de prêts suite au bailout (voir premier graphique ci-bas). Cependant, cela ne signifie pas qu’ils aient abaissé ces critères et ouvert les vannes du crédit pour autant. D’ailleurs, ceux-ci étaient probablement très élevés à l’époque. Ils n’ont cependant pas tant augmenté comme l’affirme l’épilogue du film (sauf pour les subprimes évidemment).

Néanmoins, c’est véritablement suite à l’annonce du TARP (octobre 2008) que le crunch s’est produit (voir le second graphique ci-bas). Certains disent que c’est parce que les banques ne voulaient pas prêter, ayant un problème de capital, alors que d’autres affirment que les banques ne pouvaient pas prêter car il n’y avait pas suffisamment de demande pour le crédit. C’est un peu des deux. En fait, ce que les banques ont fait avec l’argent du TARP a été tout simplement de stationner les fonds dans leur compte à la Federal Reserve sous forme de bonds du Trésor (le troisième graphique ci-bas montre les réserves excédentaires des banques à la Fed).

Donc le sauvetage n’a pas réussi à éviter le crunch de crédit et il n’a pas réussi à stabiliser le marché immobilier. Ce qu’il aura réussi à faire par contre aura été de 1) permettre à AIG de rembourser les $13 milliard qu’elle devait à Goldman Sachs, l’ancien employeur de Paulson, 2) rendre les grandes banques encore plus grosses qu’elles ne l’étaient déjà alors que Wells Fargo a acheté Wachovia et que BofA a acheté Merrill, pendant que les petites banques ont fait faillite par centaines, 3) engendrer encore plus de risque moral, que les régulateurs tentent de minimiser en augmentant le niveau de règlementation, ce qui est voué à l’échec.

La facture cinématographique du film est bonne, les acteurs sont fort ressemblants aux personnages réels, mais les dialogues sont parfois ridicules et caricaturaux (on tente de faire paraître les banquiers trop arrogants et cupides; ils le sont, certes, mais peut-être pas à ce point). Je recommande le film à tous ceux qui s’intéressent à cette fameuse crise, mais je vous mets en garde à l’égard du fait qu’il comporte de sérieuses lacunes.

Conclusion :

Est-ce que la dérèglementation est responsable de la crise? Non!

Quelles sont ses causes alors?

                Les politiques gouvernementales favorisant l’accession à la propriété.

                Une politique monétaire trop expansionniste par la Federal Reserve.

                Le système bancaire à réserves fractionnaires.

                Le risque moral induit par l’intervention étatique.

Est-ce que le TARP était nécessaire? Non!

A-t-il permit d’éviter un crunch de crédit? Non!

A-t-il eu des effets pervers? Oui, plusieurs.

Est-ce que l’économie en a bénéficié? Pas vraiment. Le marché immobilier continue de se dépérir, le chômage demeure élevé et les États-Unis sont en train de devenir une économie de zombies contrôlés par le gouvernement (voir ce qui est arrivé au Japon depuis 20 ans).

Qu’aurait-on dû faire alors? Rien! Laisser le système se nettoyer de lui-même en le purgeant de ces grandes banques mal gérées et de tout ce crédit inflationniste. Le choc aurait été brutal, mais la rémission serait venue plus rapidement, aurait été plus brève et durable.

En lecture complémentaire, voir ceci et ceci.

Congrès du PLQ : Le maître des « patentes à gosses »

Martocop
 

Caricature par Ygreck

En fin de semaine, les militants (autorisés?) du Parti libéral du Québec iront applaudir leur maître: ce grand prestigidateur du Québec, ce champion des « patentes à gosses ».

Honnêtement, le monde là, sommes-nous véritablement étonnés du dernier artifice de Jean Charest? Cela lui a réussi jusqu’à présent, non? Pourquoi se serait-il privé de tenter une autre arnaque? La carrière de ce grand prestigidateur n’était-elle pas florissante?

Souvenons-nous.

En 2004-2005, Jean Charest faisait dire à son ministre des Finances de l’époque, Yves Séguin, que son budget comprenait une baisse d’impôt de 1 milliard de dollars alors qu’en réalité, le gouvernement instituait de nouveaux programmes de redistribution sociale (Soutien aux enfants, Prime au travail). Aussi insensé que cela puisse paraître, on disait baisser les impôts de ceux qui n’en payaient déjà pas!

Deux ans plus tard, ce fut le grand exploit du Fonds des générations. L’ADQ était devenue menaçante avec ses discours sur la dette. Au lieu de contrôler ses dépenses et de diminuer la dette, Jean Charest optait pour jouer à la bourse en confiant des sommes à la Caisse de dépôt et de placement. Selon les plus récents documents budgétaires du gouvernement, le Fonds des générations a une valeur marchande de 3,5 milliards $. Tout un exploit alors que selon l’agence DBRS, le déficit pour cette année seulement est de 9,1 milliards $ !!! et que la dette, elle, a augmenté de 6,5 %!

Plus récemment, Jean Charest faisait dire à son ministre des Finances, Raymond Bachand, que le gouvernement allait contribuer 66% de l’effort pour atteindre l’équilbre budgétaire. Au moins, cette fois-là, les « cols rouges » de Québec n’y ont pas cru et étaient dans la rue! Ils avaient bien raison, car depuis ce temps, de nouvelles conventions collectives ont été signé, le nombre d’employés du secteur public a augmenté de même que le nombre d’organismes gouvernementaux. Pire, on a « suspendu » la loi sur l’équilibre budgétaire et le gouvernement s’est octroyé une carte de crédit GOLD avec fonds illimités (Lire « Le chèque en blanc » de David Descoteaux) !

Je vous ferai grâce de la parade et des artifices qu’a utilisés Jean Charest pour ne pas se conformer au jugement Chaoulli (santé). Quelle belle opportunité perdue! On pourrait peut-être également ajouter à la liste le mirage du Plan nord.

Ainsi, pour Jean Charest, il est possible de diminuer les impôts de ceux qui n’en paient pas, d’alléger le fardeau fiscal en taxant davantage, de rembourser la dette tout en l’augmentant et de dégager une marge de manoeuvre tout en augmentant le service de la dette…

La dernière tromperie: il est possible d’annoncer une commission d’enquête sans se conformer à la Loi sur les commissions d’enquête et sans contraindre les gens à témoigner. Non mais…

Serait-ce la goutte qui fera déborder le vase? Il semble que oui. Selon le Journal de Québec de ce matin, 81% des Québécois ne croient pas que la « Commission » va réussir le mandat qu’on lui a confié. À la Une de La Presse, les policiers de Montréal doutent de la pertinence de cet exercice sans dents. De même, Yves Boisvert raconte que des juges de la Cour supérieure fulminent à l’idée que Jean Charest se serve du prestige de la Cour à des fins politiques!

Je vous le dis. Jean Charest brûle, discrédite et détruit tout sur son passage.

Alors aux libéraux qui seront autorisés à assister à votre Conseil général de cette fin de semaine, voici: VOUS DEVRIEZ AVOIR HONTE si vous appuyez la dernière décision de votre maître à penser. Qu’avez-vous donc fait de votre sens éthique et du devoir?

Votre parti a gagné! Sans aucun doute, il y a au moment d’écrire ces lignes une méga opération de « damage control ». Vous laisserez-vous intimider?

Alain Dubuc s’interroge ce matin dans la Presse. « Pourquoi Jean Charest n’est-il pas allé jusqu’au bout? », se demande-t-il. Voici ma réponse.

Parce qu’il faut croire que les dirigeants du Parti libéral du Québec ont plus peur de ce qui se révélerait lors d’une véritable commission d’enquête que de perdre les prochaines élections. Et ça, c’est pas peu dire de ce parti de pouvoir qu’est le PLQ!

Y a rien à voir, passez votre chemin!

Mouna Diab lors de la "mission de paix" à Hérouxville

Mouna Diab lors de la "mission de paix" à Hérouxville

 Il y a un sacré bonne raison pour laquelle j’ai créé ce site d’information et cette histoire en est un bon exemple. Vous trouverez cette histoire dans le Globe and Mail de Toronto et dans le Daily Star de Beyrouth au Liban, mais dans les journaux et médias québécois, c’est le silence complet. Pourtant, la nouvelle qu’une activiste musulmane de Montréal qui est appréhendée à l’aéeoport P-E Trudeau pour traffic d’armes aurait peut-être dû attirer l’attention de nos médias. En effet, si vous vous souvenez, Mouna Diab faisait partie de ce contingent de militantes musulmanes qui sont allées visiter Hérouxville lors de la crise des accommodements raisonnables.  Mais peut-être sont-ils trop occupés par la commission fantoche de Jean Charest, ou peut-être sont-ils trop occupés à dénigrer Djemila Benhabib.

Alors, passez votre chemin! Y a rien à voir! Juste une militante musulmane avec des pièces détachées de carabines d’assaut AR-15 (mieux connue sous son appellation militaire, la M-16) plein ses valises et apparemment aucun papiers d’enregistrement d’armes. Diantre! Je me demande comment elle les a obtenues.  Au dépanneur du coin peut-être? Mais selon certains chroniqueurs, il n’y a pas d’islamistes ici au Québec, ou si peu! Qui sait, je suis peut-être un hystérique moi-aussi.

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Des islamistes reconnus pour être homophobes et mysogines sont invités comme conférenciers à Montréal et Toronto et c’est le grand silence jusqu’à ce qu’un quotidien de Toronto le signale. Une militante islamiste se fait pincer à l’aéroport avec de quoi assembler une ou deux carabines dans ses bagages et encore le grand silence.  J’imagine que même si elle se promenait avec un collier de grenades, nos valeureux journalistes se feraient un devoir de l’ignorer, comme ils ignorent ceux qui ont invité les deux salopards homophobes et mysogines à leur conférence ce weekend qui doivent certainement avoir des atomes crochus avec eux. Mais voyons! On n’a pas de problèmes avec les islamistes au Québec! C’est de l’hystérie que j’vous dis! Passez votre chemin, y a rien à voir!

Pour compléter, le seul autre média québécois qui rapporte cet histoire:

Les inimitables Richard Martineau et Éric Duhaime.

La foutaise

OWS

 

Quelle sacré époque nous voyons défiler devant nos yeux. Si l’histoire est destinée à être répétée, je plains mes decendants… Je commencerai donc par me désoler du spectacle attristant que nous offre Jean Charest et ses sbires. Nous, naïfs citoyens, qui croyaient que la farce de la commission Bastarache ne pouvait être accotée tant il était grossier de voir un bon libéral, nommé juge à la cour suprême par un bon libéral pour ensuite servir de commissaire dans une commission théâtrale (à l’exception de la diction et du calibre de la prose des procureurs) mise sur pied par des libéraux et pour les intérêts libéraux! Et bien, il semble que Jean Charest aime se dépasser. Il vient de mettre sur pied une commission d’enquête où les filous devront s’inscrire volontairement pour aller témoigner! Rembourse-t-il aussi l’essence et le poulet? Si c’est ça qu’il appelle faire la lumière, ça ne doit pas lui coûter cher d’électricité… Dans n’importe lequel pays normalement constitué, un tel affront se terminerait par des élections hâtives suite au renversement du gouvernement. Il semble que nous carburons à l’indignation « lite ». Il reste que cette commission sera un gaspillage d’argent et de temps. Deux choses qui manquent déjà au Québec…

Mais, réjouissons-nous. Le Québec est en mouvement: nous avons une foule de gens qui campent dans un parc en s’imaginant que le système va changer avec des pancartes et une douche par semaine. Je suis flabergasté. Les citoyens sont dégoûtés, nul n’en doute. Et avec raison. Je ne peux pas croire que mes taxes (eh oui, même les citoyens Canadiens ont pompé du fric pour palier à l’incompétence de ces crétins) ont servi à renflouer ces banques. Inutile de vous dire que moi, je les aurais laissé crever. Le capitalisme n’existe qu’à travers la sélection naturelle.

Il est à noter que dans ces pauvres gens privés de leur maison et qui supposément campent sur Wall Street, il y en a un nombre non négligeable qui croyaient qu’ils pouvaient vivre dans des maisons de dix fois leur revenus bruts… Une bonne compréhension du système (qui a nourri leur rêve, en passant) aurait été plus utile qu’une bonne grosse intervention étatique telle qu’ils la réclament aujourd’hui. Un citoyen informé et responsable en vaut deux.

Je sais, je délire. A part les commentateurs médiatiques habituels, d’un gauchisme risible, qui y voient une révolution et une prise de pouvoir par le peuple et patati et patata, il reste que ce sont encore les mêmes squatteurs habituels qui s’y adonnent. Au lieu de squatter les mamelles de l’État et les devants d’édifices gouvernementaux avec des pancartes, ils sont venus quémander plus d’État et blâmer l’État d’avoir répondu au quémandage  de Wall Street.  Quémander  l’État, pauvre ou riche, est un aveu d’échec. Et les échecs ont une magnifique propriété: en les analysant ont en tire des leçons. Il semble que ce dernier échec ait encore plein de leçons latentes…

En terminant, qu’ont donc en commun ce mouvement populaire et les commissions de Charest?  Ils ne sont que foutaise, un spectacle pour éviter d’affronter la réalité et pelleter par en avant des problèmes qui exigent des individus d’importantes et douloureuses remises en question.

Occupons Montréal : Quand c’est payant de ressembler aux États-Unis

Les joyeux campeurs d'Occuppons Montréal / Photo: Philippe David, Contrepoids
Les joyeux campeurs d'Occupons Montréal / Photo: Philippe David, Contrepoids
 

Honnêtement, je suis mal à l’aise avec les satellites québécois du mouvement « Occupy Wall Street ». J’étais aussi mal à l’aise lorsqu’en 2009, les analystes comparaient les problèmes structurels des États-Unis à ceux du Canada, encore pire, à ceux du Québec. (Lire « Le Canada n’est pas les États-Unis« )

Souvenons-nous. En pleine crise financière, les admirateurs de Obama de chez-nous – chroniqueurs, analystes et politiciens -  étaient dans un mode « Si Obama le fait, fais-le donc ». Nous étions tous dans le même bain, nous disait-on. Allez hop! On se vote d’énormes plans de relance.

Le système bancaire canadien est plus solide que celui des États-Unis, les Canadiens bénéficient d’un filet social qui fait l’envie des Américains, il n’y avait pas de bulle immobilière au Canada, mais qu’importe tout cela. Sous la pression de nos savants analystes et élites politiques interventionnistes, Harper s’est vu contraint d’opter pour le « One size fits all ». En trois ans, on aura effacé tous les efforts d’une décennie pour réduire l’endettement public du pays.

Aujourd’hui, le mouvement « Occupy Wall Street » fait des petits notamment à Montréal. Il semble donc que lorsqu’il est question d’ajouter à la dépense publique – parce qu’ultimement, c’est ce dont il s’agit – le démon néolibéral américain nous semble tout à coup très sympathique. Curieux, non? Tout à coup, notre caractère « distinct » ne mérite plus d’être défendu… et nous ne bénéficions plus des bienfaits d’une bienveillante social-démocratie.

Avons-nous des raisons de nous indigner? Bien sûr, bien qu’ils soit indécent de comparer nos malheurs à ceux du monde arabe (lire Mario Roy). La collusion entre nos gouvernements et intérêts privés quels qu’ils soient (corporations, lobbies, groupes de pression, syndicats, grands financiers des partis politiques, etc.) ET les intérêts du secteur public (fonction publique, organismes et monopoles gouvernementaux) nous irrite au plus haut point.

Seulement, il me semble sincèrement que la cible des attaques soit mal identifiée. Après tout, pour ne prendre que cet exemple, si la Caisse de dépôt et de placement du Québec n’avait pas le monopole dans la gestion des caisses de retraite de l’ensemble des Québécois, peut-être aurions-nous des résultats moins désastreux? Peut-être que la personne responsable des produits dérivés aurait été clairement identifiée et qu’elle aurait été sanctionnée?

S’en prendre aux riches du Québec? Faites-moi rire. Comme si leur nombre et de les imposer davantage y changerait quoique ce soit… N’a-t-on pas compris encore que le Québec est riche en pauvres et pauvre en riches? Aucune comparaison possible avec la distribution des revenus aux États-Unis.

Non. Ce discours populiste me rend bel et bien mal à l’aise. Si le secteur privé des banques d’investissement américaines mérite des reproches, les gouvernements sont tout aussi coupables de l’état de la situation. D’ailleurs, elles étaient où la SEC et l’AMF qui devaient veiller à assurer l’intégrité des produits financiers? Si elles ont failli à se rendre utiles à un moment aussi crucial, le sont-elles tout court?

Alors, si l’on veut s’indigner, indignons-nous! Mais de grâce, ciblons les véritables responsables. Et parmi ces responsables, il y a, malheureusement pour ceux qui campent au Square Vicoria, l’ensemble des groupes d’intérêts qui ne cessent d’augmenter leurs demandes auprès du gouvernement, dont celui du lobby étudiant.

Comme l’écrit Benoît Aubin,

« les économies occidentales ne produisent plus assez de richesses pour supporter les gouvernements et les programmes sociaux dont elles se sont dotées durant leurs années de vaches grasses. C’est plate, c’est brutal, ça fait mal, mais c’est ainsi. »

Non. S’indigner ne suffira pas!

Et si on faisait l’éloge du travail au noir?

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Si on en croit un récent sondage, l’évasion fiscale et le travail au noir se classent respectivement au 7e et 13e rang du palmarès des comportements immoraux des Québécois. Puis après…

Le gouvernement nous rappelle sans cesse que le travail au noir, c’est du vol. Mais qui sont les victimes? On connaît le refrain : ce sont les contribuables qui paient leurs impôts assidûment. Ainsi, il serait injuste qu’un contribuable assume davantage d’impôt parce que des travailleurs se font payer « en dessous de la table » pour faire vos réparations ou vos travaux domestiques.

Et si les travailleurs au noir protégeaient tous les contribuables des abus de nos gouvernements? Plusieurs économistes considèrent que l’économie souterraine freine l’appétit fiscal de nos gouvernements. Plus ces derniers augmentent vos impôts, plus ils encouragent le travail au noir. Or, plus le travail au noir augmente, moins le gouvernement retire de revenus de l’impôt. Il arrive même un moment où toute nouvelle hausse de taxes diminue les revenus de l’État! Ce qui fait dire à l’économiste et philosophe Pierre Lemieux que « les travailleurs au noir […] empêchent l’État d’être encore plus vorace. En ce sens, tout le monde profite du travail au noir […] »

J’en conviens, priver nos gouvernements de revenus défavorisera certains individus, principalement ceux qui vivent aux crochets de l’État. Mais attention! Ceux qui vivent aux dépens de l’État ne sont pas tous des démunis et des gens dans le besoin. Oh non! Ces derniers n’accaparent qu’une partie des dépenses de nos gouvernements.

Où va donc le reste de vos impôts? Voilà la question! Une fois que l’État a rempli ses soidisant devoirs essentiels, il lui en reste suffisamment pour nourrir toutes ces organisations qui font de la spoliation une spécialité. Je parle de qui? Lisez le rapport Duchesneau…

De toute évidence, nous versons trop d’impôt au gouvernement… et c’est ce qui lui permet d’entretenir à son bénéfice un marché des faveurs. Un marché où ce ne sont plus les entreprises efficaces et compétitives qui gagnent les appels d’offres du secteur public, mais − soyons polis − celles qui ont les meilleurs contacts au gouvernement.

Si on était sérieux, si on désirait vraiment moraliser notre société, on implanterait des règles limitant la part de l’économie confiée au secteur public. Lorsqu’on versera moins d’impôt à l’État, il lui sera plus ardu d’essaimer les faveurs. Sans compter que les travailleurs auront, eux aussi, moins d’intérêt à assumer les risques du travail au noir.

En diabolisant le travailleur au noir, on se donne peut-être bonne conscience, mais on se prive aussi d’un des seuls moyens d’empêcher nos gouvernements d’abuser des contribuables. Vous rétorquerez que les comportements immoraux de l’un ne justifient pas les comportements immoraux de l’autre. C’est vrai! Mais entre deux comportements immoraux, je choisis celui qui me coûte le moins cher. Dans l’adversité, on ne choisit pas ses amis…

La liberté d’expression ne doit pas être à géométrie variable

Abdur-Raheem-Green

Abdur Raheem Green

Beaucoup d’électrons s’excitent cette semaine au sujet d’une conférence organisée par iERA Canada (Islamic Education and Research Academy).  Cette conférence devait avoir lieu à Montréal le 21 octobre et Toronto le 23 octobre et présentait des conférenciers pour le moins particuliers.  Le site Poste de Veille expose, liens à l’appui, les positions singulières desdits conférenciers comme suit:

Hamza Tzortzis promeut le califat islamique et dénonce la liberté :

«En tant que musulmans, nous rejetons la notion de liberté d’expression, et même la notion de liberté. Nous savons que sous le califat, quand les gens interagissent de manière positive, la notion de liberté est redondante, elle est inutile parce que dans le système d’éducation du califat à l’intérieur du cadre politique de l’islam, les gens comprennent qu’ils doivent interagir d’une manière positive et productive pour mener à des résultats, comme dit le coran, et apprendre à se connaître».

Hamza Tzortzis promeut la criminalisation de l’homosexualité au même titre que la pédophilie et le cannibalisme:

«Certains sont opposés au fait que l’islam considère toute expression publique d’homosexualité comme un acte criminel. C’est une opinion subjective qui touche uniquement la corde sensible de ceux qui ne peuvent échapper aux constructions sociales de leur propre société. Il y a des sociétés, autrefois et aujourd’hui, qui acceptaient la pédophilie et le cannibalisme comme des éléments normaux de la vie humaine, et les adeptes de ces pratiques se sentiraient opprimés d’être empêchés de les poursuivre dans la société occidentale».

 Abdur Raheem Green : dans cette vidéo, il livre un plaidoyer passionné en faveur du droit du mari de battre sa femme rebelle. Résumé :

L’état peut utiliser la force pour prévenir ou réprimer le crime. De la même manière, le chef de famille a le droit d’utiliser un certain type de violence pour empêcher sa femme de transgresser un interdit islamique (ce qui est haram). L’épouse doit obéir à son mari et si celui-ci constate un égarement qui pourrait la mener en enfer, il doit d’abord l’admonester gentiment. Si elle ne s’amende pas, il la prive de relations sexuelles, d’affection et de tendresse. Si cela ne fonctionne pas, le mari est alors autorisé à utiliser la violence : il peut la battre légèrement, en évitant toutefois de laisser des marques physiques.

Abdur Raheem Green promeut aussi la lapidation des adultères et la peine de mort pour les homosexuels :

«L’adultère est puni de mort, et par une mort lente et douloureuse infligée par lapidation. Cela nous montre à quel point ce crime est dangereux pour la société.  …de façon similaire, les actes d’homosexualité sont traités aussi durement.»

Des positions qui sont aussi diamétralement opposées à nos valeurs les plus fondamentales doivent effectivement être dénoncées.  Cependant, là où je diverge de certains de mes confrères, c’est quand vient l’idée de les interdire d’entrer au pays, ou de les expulser ou tout autre action qui viserait par la force (violence ou force de loi) à les empêcher de parler.

Une liberté indivisible

La liberté d’expression n’est pas quelque chose qu’on peut accorder ou révoquer selon que l’opinion de la personne nous déplaise ou non.  Le baillonnement pour discours haineux est d’ailleurs une des tactiques préférées des islamistes lorsqu’on critique leur idéologie politique et leur religion.  Il faut que nous fassions gaffe à ne pas sombrer à leur niveau.

Lorsque des enragés viennent ici pour en appeler à la lapidation des femmes adultères et la décapitation des homosexuels, ils ne font que se discréditer eux-même. Si c’est effectivement la position de ces deux conférenciers, plutôt que de tenter de les censurer, nous devrions envoyer caméras et micros sur place enregistrer chaque parole et les exposer au grand jour. Qui peut douter que ces clowns ne pourraient qu’être considérés comme des fous par la majorité des québécois? Qui pourrait douter que leur idéologie se retrouverait totalement discréditée dans l’opinion publique?

Le problème avec la censure est non-seulement qu’elle pourrait un jour se retourner contre vous, mais aussi qu’elle fait dévier le véritable débat. Celui-ci devient alors un débat sur les mesures, au lieu de débattre les idées fautives que ces énergumènes colportent. Au Canada, il est possible de faire taire le discours haineux par la force de la loi. Là-dessus, nos voisins américains sont plus sages que nous. Ils n’ont aucune restriction sur la liberté d’expression, ce qui fait qu’ils ont tout le loisir d’exposer les idiots et de les traiter comme tel. C’est une leçon qu’on devrait apprendre ici. Il n’y a pas lieu d’avoir peur des idées contraires, même si celles-ci sont idiotes, ou haineuses. La meilleure manière de contrer ces idées est de les exposer au grand jour. Elles ont toujours le don de disparaitre à la lumière et retourner dans le trou noir dont elles sont issues.

D’ailleurs, rien ne nous empêche, lorsqu’ils auront craché leurs débilités, de les escorter hors du pays sur un rail, couverts de goudrons et de plumes…

La banlieue honnie

Nos planificateurs urbains s’acharnent contre les pauvres gens.

Sans la densification urbaine, point de salut. Voilà la belle affaire! Les experts en planification urbaine sont unanimes: les bungalows doivent disparaître au profit des condos. Il faut développer les transports en commun et freiner l’étalement urbain.

Nos spécialistes de la planification urbaine n’aiment pas les banlieues. À leurs yeux, l’étalement urbain est une pandémie, le résultat d’un déficit de planification qui permet la vente de terrains et la construction des maisons en fonction des préférences des citoyens. Quelle aberration! Comment a-t-on pu vivre si longtemps sans cette horde de planificateurs s’acharnant à gérer nos vies?

Imaginez notre vie sans planificateurs urbains. Nous n’aurions sans doute peut-être jamais connu les bulles immobilières… ou, en tout cas, elles auraient plafonné plus bas. Car voyez-vous, il suffit de confier le développement d’une ville à un planificateur pour faire augmenter le prix des habitations.

D’abord, il interdira la construction domiciliaire dans tel ou tel secteur au nom de l’étalement urbain, du réchauffement climatique, du patrimoine agricole, de la protection d’une espèce de grenouille et j’en passe. Une fois qu’il aura créé une rareté dans l’offre de terrains, il obligera l’entrepreneur à lui demander une autorisation ou un permis qui prendra des mois, voire des années à être délivré. Finalement, ce même entrepreneur devra se conformer à une panoplie de normes, de règlements et de procédures. Tout ça, évidemment, pour conforter quelques groupes de pression et augmenter les recettes fiscales de la grande ville.

Par la magie de la planification, la maison de 100 000$ que vous convoitiez coûte désormais… 250 000$. Consolez-vous! On vous a protégé contre vous-même. C’est connu, un agent immobilier aurait pu vous forcer à acheter une maison de banlieue contre votre gré.

Nous vivons dans un monde où les planificateurs urbains se concertent pour décider où et dans quel type d’habitation les gens doivent vivre. Un monde où ce sont des technocrates qui décrètent qu’une famille à faible revenu vivra dans un HLM ou un logement multifamilial du centre-ville.

Comme si plus personne n’aspirait à s’offrir une maison avec un petit bout de terrain pour jouer avec ses enfants, faire du jardinage ou… laver sa voiture. Parce que, voyez-vous, cette damnée voiture, celle que nos planificateurs veulent bannir, c’est aussi elle qui a permis à beaucoup de familles d’accéder à leur rêve de propriété. Alors qu’auparavant l’auto était réservée aux mieux nantis, à peu près tout le monde peut maintenant s’en procurer une, ne serait-ce que pour aller vivre dans un bungalow de banlieue pour échapper aux coûts faramineux de la planification urbaine.

On a beau dire, mais ceux qui prétendent se soucier des gens à revenu modeste sont aussi ceux qui privent plusieurs familles des joies de la propriété. En s’acharnant contre l’étalement urbain, nos planificateurs s’acharnent aussi contre les pauvres gens.

Le cappucino

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Occupons Montréal / Photo: Philippe David, Contrepoids

Pas vraiment le temps d’écrire un article mais je veux partager ce que dont j’ai été témoin ce midi.

Je suis devant la cité Internationale (entre la tour de la bourse et la cité en fait) et je suis en train de fouiner les indignés – histoire de voir ce qui se passe. Deux hommes, mi-quarantaine, sortent d’une limo, complets Armani ou Hugo Boss ou autre. L’un dit à l’autre: « Doit faire frette en crisse dans des tentes. Moi j’monte au bureau et j’demande à ma secrétaire de m’faire un bon cappucino. »

Vraiment ça m’a fait sourire et je me suis demandé si je ne voyais pas droit devant moi l’image exacte du problème. Un paquet de poteux – pas de job – en train de manifester pour en avoir plus, deux hommes très riches (ou très endettés) qui savent très bien qu’ils sont intouchables et moi le ti-coune qui doit retourner au travail pour m’assurer que les manifestants recoivent leur BS et que les deux gars recoivent leurs subventions gouvernementales pour « recherche et développement. »

Si on est pas déjà dans l’mur les amis, on y va à vitesse grand « v ».

Gardez le sourire les travailleurs, et rappelez-vous que vous êtes dans la moitié de l’année où vous gardez la majeur partie de vos revenus.

On se moque des indignés sur Twitter

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Manifestant d'Alternative Socialiste à "Occupons Montréal" / Photo: Philippe David, Contrepoids

Aux États-Unis, on avait donné le sobriquet un peu railleur de « teabagger » aux manifestants des tea parties. Il est donc de bonne guerre que les fameux « indignés » de Wall street se méritent un petit surnom. « Flea bag » en anglais se traduit par « sac à puces ». On a donc donné le surnom de « fleabaggers » à ces manifestants, probablement pour l’apparence plutôt miteuse qu’ont certain d’entre eux.

Si les médias sociaux ont été instrumentaux pour organiser et répandre ce mouvement, ils ont également beaucoup servi à s’en moquer. Nous trouvons ces moqueries notamment sur Twitter sous le hashtag #youmightbeafleabagger. Voici quelques exemples:

 If you say our system is broken and want to replace it with the perennial totalitarian failure that is Marxism, #YouMightBeAFleabagger

If you believe getting your third PhD is a basic human right… #youmightbeafleabagger

If your concept of rights comes from FDR and/or the Beastie Boys, #YouMightBeAFleabagger

If you think Karl Marx was a great man just like his brothers Groucho and Harpo… #youmightbeafleabagger

You rail against « Jew Bankers » while wearing a brown shirt and you don’t see the irony… #youmightbeafleabagger

If your entire political philosophy fits on the front of a T-shirt – which you don’t wash… #youmightbeafleabagger

#YouMightBeAFleabagger if you owe $200K in student loans, and misspell « guillotine » on your cardboard protest sign.

Grèce: faillite d’un État-providence

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Grèce, Portugal, Espagne, Italie. Ces quatre pays défraient la manchette depuis plus d’un an en raison des difficultés économiques qu’ils traversent. Par le biais de divers programmes de stabilisation et une imposante aide directe, leurs confrères européens sont jusqu’à maintenant toujours venus à leur secours. Tellement, que c’est aujourd’hui l’Europe toute entière qui menace de se trouver en difficulté. Et tout ça, dans le but de soutenir des États démesurés et incapables de vivre selon leurs moyens.

Aujourd’hui, tant en Allemagne que dans d’autres pays, des voix s’élèvent pour que le support absolu aux nations en difficulté cesse ou qu’il s’accompagne à tout le moins de réelles exigences en matière de redressement des finances publiques.

 

La Grèce: symbole du modèle étatiste en faillite

Ne nous faisons pas d’illusions, la Grèce demande actuellement au reste de l’Europe de payer son épicerie et de régler sa carte de crédit. Toutefois, elle n’en est pas moins dépensière et ses citoyens demeurent tout aussi gourmands. La somme de 8 milliards de dollars promise la semaine dernière par les partenaires européens, vise à ce que la Grèce paie ses employés du secteur public et effectue les paiements dûs aux retraités. Comment justifier d’endetter ou de prendre de l’argent à des citoyens slovaques, belges ou allemands afin de payer le salaire et la retraite de gens qui ont vécus au dessus de leurs moyens durant des décennies? Le reste de l’Europe devrait marcher dans les rues pour que cesse cette mascarade.

Dans un système capitaliste qui se respecte, la Grèce aurait due être laissée à elle-même depuis des lunes afin de régler ses problèmes budgétaires et d’assumer ses propres comportements. Les institutions publiques et privées qui lui ont prêté auraient alors pu librement continuer de le faire afin de garantir leur investissement initial. Ces mêmes institutions auraient aussi pu refuser de réinvestir tout en exigeant des garanties plus solides. L’impact se serait avéré été minimal sur les citoyens du reste de l’Europe. La Grèce regimbe à assainir ses finances publiques depuis le début de son adhésion au marché commun. L’erreur de l’Europe aura été de laisser traîner les choses et de ne pas avoir su couper le cordon ombilical à temps.

Au nom d’une stabilité artificielle, l’Europe a toléré les écarts grecs et s’est ensuite mobilisée pour régler la facture. Le problème est que ce type de soutien manque de crédibilité et qu’il va à l’encontre des principes fédératifs de responsabilité économique. De toute évidence, la Grèce pense encore que le robinet financier de l’Europe est ouvert à vie et qu’elle peut continuer d’agir comme bon lui semble, que les autres seront toujours là pour la renflouer. Non seulement cette pensée magique n’aide pas la Grèce à se responsabiliser mais elle incite d’autres États comme l’Espagne et le Portugal à choisir également la fuite en avant.

Comme tout processus de redistribution de richesse, celui entre les États d’une même fédération vise à prendre de l’argent aux plus productifs et responsables afin de le donner aux moins efficients et à ceux qui vivent au dessus de leurs moyens. Les problèmes surviennent quand une telle situation passe de conjoncturelle à structurelle. Les motifs de support peuvent être fort louables mais à moyen terme la résultante en est inévitablement un nivellement par le bas et une déresponsabilisation des assistés. Pourquoi la Grèce se prendrait-elle en mains quand elle peut compter sur la cagnotte de ses voisins?

 

Échec de l’État tout-puissant

Les Grecs ont collectivement et individuellement choisi des orientations qui les ont mené sur le chemin de la faillite. Malgré l’ouverture du marché européen, ils n’ont pas su profiter de la nouvelle économie afin de se développer. Comme plusieurs autres nations d’Europe, la Grèce a préféré conserver son modèle traditionnel d’un gigantesque État, d’une couverture sociale mur-à-mur et de retraites dorées garanties. Le secteur public représente à lui seul 40% de l’ensemble de l’économie grecque et il est aujourd’hui largement dépendant de ses créanciers internationaux. Un État qui devient aussi gros et aussi endetté est un État qui perd son indépendance et sa souveraineté réelle.

Les grecs ont cultivé un modèle de dépendance des citoyens envers un État tentaculaire jumelé à un régime fiscal d’impôts élevés pour nourrir la bête. La faillite du modèle est aujourd’hui révèlée au grand jour. C’est maintenant le pays tout entier qui, à genoux, doit quémander l’aide de ses voisins.

L’Europe devrait évincer la Grèce hors de la zone euro afin d’arrêter de traîner son marasme économique, tel un boulet à ses pieds. Cela pourrait aussi servir de leçon aux autres États qui ne respectent ni la prudence budgétaire ni les règles de l’Union européenne. Les grandes nations d’Europe doivent trouver de nouveaux moyens de forcer les États membre de l’Union à respecter leurs engagements envers leurs partenaires.

Sans cela, la Grèce ne s’avérera finalement que le début d’un infernal jeu de dominos.

Dérèglementation, mon oeil

Manifestants à "Occupons Montréal" / Photo: Philippe David, Contrepoids

 

Manifestants à "Occupons Montréal" / Photo: Philippe David, Contrepoids

NDLR: Avec les évènements « Occupons… » qui se répandent et qui semblent vouloir reprendre de l’ampleur, nous reproduisons ici cette excellente chronique du blogueur Minarchiste sur les origines de la crise financière, question de remettre les pendules à l’heure.

J’ai expliqué à maintes reprises sur ce blogue de quelles façons l’interventionnisme étatique a causé la crise financière de 2008. Cependant, les responsables continuent de nier l’évidence et tentent de réparer les pots cassés en appliquant les mêmes politiques que celles qui ont mené à la crise. Le bouc-émissaire qu’ils ont trouvé pour se déculpabiliser est la règlementation. Selon eux, la « dérèglementation » du système bancaire a été la cause principale de la crise financière et des réformes sont nécessaires à cet égard.

En réfutation à ce mythe, je vous offre un billet inspiré d’un article de Mark Calabria, du CATO Institute, publié l’an passé.

Un recul de l’Etat réglementateur ?

On peut obtenir une mesure directe de la réglementation par la taille des budgets ainsi que par les niveaux d’effectifs des organismes de réglementation financière. Dans une étude du Mercatus Center, Véronique de Rugy et Melinda Warren ont conclu que les dépenses pour la réglementation bancaire et financière sont passées de $190 millions seulement en 1960 à $1.9 milliard en 2000, et à plus de $2.3 milliards en 2008 (en dollars constants de 2000).

Si l’on se concentre spécifiquement sur la Securities and Exchange Commission (SEC), l’agence au coeur de la réglementation de Wall Street, les dépenses budgétaires sous le mandat du président Bush ont augmenté, en termes réels, de plus de 76%.

L’agence comptait 2,841 employés en équivalent temps plein en 2000, 3.568 en 2008 ; soit une augmentation de 26% en 8 ans. Le niveau d’effectifs de la SEC en 2008 est par exemple plus de huit fois celui de la Consumer Product Safety Commission, qui passe en revue des milliers de produits de consommation par an.

Une autre mesure de la réglementation est le nombre absolu de règles édictées par un ministère ou organisme. Le régulateur financier principal, le Département du Trésor, a vu sa moyenne annuelle de nouvelles règles proposées passer d’environ 400 dans les années 1990 à plus de 500 dans le années 2000. Durant les années 1990 et 2000, la SEC a émis environ 74 règles par an.

La loi Gramm-Leach-Bliley

Au coeur de toutes les affirmations selon lesquelles la déréglementation a entraîné la crise, on trouve le Gramm-Leach-Bliley Act, lequel comprenait une abrogation du Glass-Steagall Act, loi qui datait de l’époque du New Deal et qui interdisait de mélanger la banque d’investissement et la banque commerciale.

Les banques d’investissement assistent les entreprises et les États pour la souscription, le marketing, et de conseil sur la dette et les capitaux. Elles réalisent souvent des opérations importantes de négociation, achetant et vendant des titres financiers à la fois au nom de leurs clients et pour leur propre compte. Les banques commerciales acceptent les dépôts assurés et accordent des prêts aux ménages et aux entreprises.

La critique de la déréglementation suggère qu’une fois que le Congrès a ouvert la voie pour la fusion des banques d’investissement et des banques commerciales, les banques d’investissement ont été incitées à prendre davantage de risques, tout en réduisant leurs capitaux propres. Il y a des doutes sur l’effet que cette loi a eu sur les marchés financiers et sur le fait de savoir si elle a eu une quelconque influence sur la crise financière actuelle.

Premièrement, même avant l’adoption de cette loi, les banques d’investissement étaient déjà autorisées à commercer et à détenir les actifs financiers au centre de la crise financière tels que les titres basés sur des prêts hypothécaires, les Credit Default Swaps (CDS) et les Collateral Debt Obligations (CDO).

Deuxièmement, très peu de sociétés financières ont décidé de combiner les activités d’investissement et les activités de banque commerciale. Les deux banques d’investissement dont la déroute symbolise la crise financière, Bear Stearns et Lehman Brothers, n’étaient affiliées à aucune institution de dépôt. Au contraire, si Bear Stearns ou Lehman Brothers avait eu une source importante de dépôts assurés, elles auraient probablement survécu à leurs problèmes de liquidité de court terme. En outre, les grandes banques qui combinent des activités d’investissement et des activités commerciales ont traversé la crise en meilleure santé que les autres.

Comme l’ancien président américain Bill Clinton l’a déclaré dans Business Week en 2008,

« je n’ai pas constaté que la signature de ce projet de loi ait eu quoi que ce soit à voir avec la crise actuelle. En effet, l’une des choses qui a aidé à stabiliser la situation actuelle est le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, qui s’est fait beaucoup plus en douceur que si ce projet de loi n’avait pas été signé. »

La loi Gramm-Leach-Bliley en elle-même n’a eu que peu d’impact sur les activités de trading des banques d’investissement. Les activités hors-bilan de Bear Stearns et Lehman étaient autorisées avant l’adoption de la loi.

La SEC a-t-elle déréglementé les banques d’investissement ?

L’une des « déréglementations » revendiquées, résultant d’un mélange des activités d’investissement et commerciales, a été l’augmentation du ratio d’endettement des banques d’investissement permise par la SEC.

Cependant, l’utilisation volontaire des règles de Bâle sur le capital a été considérée comme une petite partie seulement d’un système de réglementation plus élaboré, comme l’a exprimé John Heine, porte-parole de la SEC:

« Les règles de 2004 de la Commission ont intensifié la surveillance des marchés des titres, parce qu’avant leur adoption il n’y avait pas de supervision réglementaire formelle, pas d’exigences de liquidité, et aucune exigence de capital pour les holdings bancaires d’investissement. »

Ces exigences accrues ont conféré à la SEC des responsabilités plus larges en termes de surveillance prudentielle des banques d’investissement et de leurs sociétés holding.

 Les agences de notation :

En vertu des règles du capital de la SEC, une maison de courtage doit réduire la valeur des titres à risque ou spéculatifs sur son bilan pour tenir compte du niveau de risque. En définissant le risque des titres détenus, la SEC a lié la mesure du risque à la notation de crédit du titre détenu, les titres non notés étant considérés comme les plus risqués.

La SEC, en élaborant ses règles sur le capital, s’est inquiété que, en permettant à des agences de notation externe définir le risque, certaines agences de notation seraient tentés tout simplement de vendre des notes favorables, quel que soit le risque véritable. Pour résoudre ce risque perçu, la SEC a décidé que seules les Organisations nationalement reconnues de notation statistique (Nationally Recognized Statistical Rating Organizations ou NRSRO) auraient leurs notations reconnues par la SEC et utilisées pour la conformité aux exigences de capital réglementaire.

En définissant les qualifications d’une NRSRO, la SEC a délibérément exclu les nouveaux entrants et a favorisé les entreprises existantes, telles que Moody’s et Standard and Poor’s. En essayant de résoudre un problème imaginaire, une prétendue course vers le bas, la SEC a réussi à créer un problème réel, un oligopole accrédité dans le secteur des notations. Une des conséquences de cet oligopole est qu’au début des années 1970, les agences de notation s’écartèrent de leurs pratiques historiques de marketing et de vente de notes à des investisseurs, pour se diriger vers la vente des notes aux émetteurs de dette.

Durant les années 1980 et 1990, la SEC a toujours plus ancré le contrôle du marché par les agences de notation reconnues. Par exemple, dans les années 1980, la SEC limitait la souscription des fonds de marché monétaires aux titres qui étaient « investment grade », tels que définis par les NRSRO. Cette exigence a été étendue au papier commercial.

Le conflit d’intérêt entre les évaluateurs et les émetteurs n’est pas le résultat de l’absence de réglementation, mais la conséquence directe et prévisible de la réglementation. La solution à ce problème consiste à supprimer les privilèges des NRSRO et de rétablir la concurrence sur le marché.

 L’accès à la propriété :

J’ajouterais que s’il y a une règlementation qui a eu un impact significatif sur la crise, c’est bien le Community Reinvestment Act. Cette loi a littéralement créé le marché subprime en forçant les banques à prêter à des ménages moins fortunés pour les aider à accéder à la propriété.

Fannie Mae et Freddy Mac ont d’ailleurs été des instruments de choix pour orchestrer les politiques d’accès à la propriété du gouvernement et ce en échange d’une garantie implicite du gouvernement fédéral. Ainsi, ces deux governement-sponsored entities (GSE) ont acheté plus de 40% des CDO de subprime au plus haut du marché.

Ainsi, la règlementation étatique visant à favoriser l’accès à la propriété a grandement contribué à l’essor de la crise financière.

Conclusion:

La croyance voulant que la dérèglementation du système financier soit la cause principale de la crise financière est un mythe inventé de toutes pièces par les vrais responsables de la crise, qui eux sont à la recherche d’un bouc-émissaire et d’une augmentation encore plus grande de leurs pouvoirs.

TAGUEULE.COM

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Quand tu écoutes les nouvelles, le matin, tu penses à quoi?

Quand tu lis ton journal, qu’est-ce que ça t’inspire?

Sûrement, tu te fais une opinion. Sur le besoin ou non d’une enquête publique sur l’industrie de la construction. Sur une ville qui signe une entente mais qui doit faire amender la loi pour la justifier. Sur les accusations portées contre le député en fonction Tony Tomassi. Sur les propos de Don Cherry. Sur le départ précipité de la ministre Nathalie Normandeau. Et celui du journaliste de TVA Carl Langelier. Sur les syndicats qui en mènent large au Québec.

À coup sûr, tu as une opinion. Que tu partageras volontiers si on t’en donne l’occasion. Exprimer son opinion, c’est faire bon usage de sa liberté d’expression. Dans une société démocratique, l’un ne va pas sans l’autre.

Pas vrai? Pas sûr!

Au Québec, on s’est embarqué sur une pente savonneuse, et drôlement dangereuse.

Des joueurs de la LNH proposent des changements? Tagueule.com

Don Cherry critique les ex-joueurs de hockey qui dénoncent la violence sur la patinoire? Tagueule.com

Un chroniqueur demande la démission de Don Cherry : Tagueule.com

Éric Duhaime commente les positions linguistiques de Don Cherry : Tagueule.com

La ministre Lise Thériault veut revoir les lois régissant l’industrie de la construction : Tagueule.com

L’animateur du FM93 Sylvain Bouchard s’interroge sur certaines procédures de la ville de Québec : Tagueule.com (dit le maire, Régis Labeaume)

L’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare rapporte les propos de son premier ministre : Tagueule.com (dit Bastarache)

L’ex-policier Jacques Duchesneau révèle des failles majeures au sein du ministère des Transports : Tagueule.com (dit Lafrenière)

Un citoyen remet en question l’entente entre la ville de Québec et Quebecor : Tagueule.com (garçon : une loi 204, SVP)

Un blogueur s’interroge publiquement sur le pouvoir syndical de la gauche?  Tagueule.com

Un groupe de réflexion, le Réseau Liberté-Québec, se réunit pour se pencher sur un modèle québécois dépassé : Tagueule.com (et une pelletée de fumier, avec ça).

Le quotidien La Presse s’interroge sur les étranges déclarations de l’étrange maire de Montréal, Gérald Tremblay : Tagueule.com

Le journaliste Dominic Maurais de CHOI RadioX propose ponctuellement le LABEAUME-WATCH? Tagueule.com

La SRC révèle l’omniprésence d’un important entrepreneur dans l’industrie de la construction? Tagueule.com (même moi, je tais son nom)

Au Québec d’aujourd’hui, t’as droit à ton opinion, mais… Tagueule.com

T’es en désaccord avec tes élus ?  Tagueule.com

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Tu as une opinion sur ce texte? Tagueule.com

 

Une suite à l’Illusion tranquille…

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Cinq ans après L’Illusion tranquille, jour pour jour, j’ai décidé de donner suite à mon documentaire politique. Les 8 et 9 novembre prochains, je lancerai mon essai intitulé: Pour en finir avec le Gouvernemaman. L’Illusion tranquille était, en effet, lancé à Sainte-Foy le 8 novembre 2006. Cinq ans déjà!

Je vais attendre après le lancement pour vous en parler davantage et j’ai très très hâte de vous montrer la page couverture du livre, mais d’ici là, j’invite tous les adhérents au Réseau Liberté-Québec à venir souligner l’événement avec moi. J’enverrai aussi, bien sûr, des invitations à ceux que j’ai le plaisir de connaître personnellement. Cela aura lieu:

À QUÉBEC, le 8 novembre, de 17h à 19h

Hôtel Classique, Restaurant La Pointe des Amériques, 2815, boul. Laurier, (418) 658-2583

À MONTRÉAL, le 9 novembre, de 17h à 19h

Restaurant Chez Le Portugais, 4134, boul. St-Laurent, (514) 849-0550

Les intéressés n’ont qu’à m’envoyer un courriel à jomarcot@coopcscf.com pour exprimer votre désir d’y être en spécifiant l’endroit (Québec ou Montréal) et le nombre de personnes. Consommation, bouchées et séance de signature incluses!

Pour vous aiguiser l’appétit, voici ce qu’avaient à en dire certaines personnes qui m’ont fait l’honneur de lire mon manuscrit:

Nathalie Elgrably-Levy, économiste et chroniqueuse
Cet essai politiquement incorrect est un condensé de vérités troublantes sur le modèle québécois.  Un ouvrage courageux, cru et bien documenté qui dénonce l’infantilisation des Québécois et défend la liberté et la responsabilité individuelle. Un brillant exercice d’introspection sociétale qui provoque la réflexion, bouscule les convictions, et alimente le débat.  Une lecture enrichissante qui ne laissera personne indifférent !
 Michel Kelly-Gagnon, Président-directeur général, Institut économique de Montréal 
C’est un véritable Grand Reportage sur l’état (mais aussi l’État!) d’un Québec qui a perdu le sens de la liberté et de la responsabilité individuelles ces dernières décennies que nous propose Joanne Marcotte dans cet essai décapant. Elle s’attaque sans merci à divers aspects – syndicats corporatistes, gens d’affaire pleutres, politiciens manipulateurs, bureaucratie sans cesse croissante, système de santé bloqué, péréquation, culture, idéologie, etc. – de notre « société du no-fault ». Ce n’est pas simplement une analyse isolée que nous propose Joanne, mais une sorte de réquisitoire collectif, appuyé de nombreux témoignages et citations de la part d’observateurs qui partagent le même constat. On sent que ce livre très accessible pourrait devenir le manifeste d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur. Et en le refermant, on se  prend à rêver à la vision optimiste du Québec de 2025, dynamique et enfin libéré de ses obsessions pathologiques, qu’elle nous présente en épilogue.
Mario Roy, journaliste
L’État est nu - Après la Révolution tranquille puis L’Illusion tranquille, son film coup-de-poing de 2006, le Québec vivra-t-il dorénavant un « déclin tranquille? » demande Joanne Marcotte. La question est pertinente car, peut-être, glissons-nous déjà irrémédiablement sur cette pente. Mais peut-être pas non plus. Et si tel est le cas, s’il y a encore de l’espoir, la réflexion citoyenne de l’auteure doit être entendue. « L’État est nu », démontre-t-elle en étalant une montagne de faits qui n’ont pas encore été suffisamment compris, eux et leurs conséquences. En fait, l’État québécois (sans parler de ses courtisans et profiteurs) est non seulement nu. Il est aussi figé dans le passé. Et il semble devoir se consacrer pour l’éternité, quitte à dilapider les milliards, à s’immiscer dans le moindre interstice de la vie collective et même privée. Cela ne peut pas continuer. Et s’il faut une autre révolution, ce sera celle d’une plus grande responsabilité individuelle, plaide Joanne Marcotte avec rigueur et vigueur.

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