Steve Jobs et les barbottes

Depuis la mort de M. Apple, comme tout le monde, je lis des commentaires, des éloges, des réflexions. Sur Twitter, Facebook, les journaux, en ligne et imprimés. Tout le monde est à peu près unanime: « Nous avons perdu un visionnaire, un penseur, un vrai entrepreneur ». Je partage entièrement ces pensées. Je n’irai donc pas en rajouter.

Ce qui m’a fait lever le poil sur le corps ce sont certaines réponses affichées dans un commentaire de Richard Martineau sur FaceBook. Pas son commentaire à lui, car je partage beaucoup de ses idées, mais des réponses.

Je m’excuse à l’avance du français, je ne fais que copier coller les messages.

« Si s’aurait pas éter lui, s’aurait éter qqn d’autre. » (la personne parlait sans doute de tout ce que Apple avait mis sur pied)
« Y’avait rien de special, y ai mort come tout l monde ».
« Y a rien fait de si gros q’ça »
« J’men colisse »

Tu t’en câlice?
TU T’EN CÂLICE???

Aille champion, t’as fait quoi toi dans les 10 dernières années pour changer quelque chose? Oublie « changer la face du monde » et d’une industrie au complet. As tu au moins ramassée une bouteille d’eau vide par terre? Puis d’essayer d’apprendre le français écrit, ça te tentait pas?

Une des personnes m’a répondu: « J’ai fait du bénévolat ». Ben bon vous en fasse mon cher monsieur. Je suis certain que votre mère doit être bien fière. Moi je pense que quand tu crées 50,000 emplois direct et des milliers d’autres indirects, quand tu permets à des milliers de gens de réaliser leur rêves de bâtisseurs, comme ingénieurs, comme vendeurs, comme managers, t’as pas besoin de faire du bénévolat. Comprenez moi bien, le bénévolat a du bon, mais ça fait combien de DÉCENNIES qu’on fait du bénévolat en Haïti, et un peu partout en Afrique? Comme disent les avocats: « I rest my case ».

Chus tu tanné moi de voir ce paquet de losers cracher sur nos bâtisseurs, nos créateurs, nos faiseurs d’emplois. Chus tu tanné moi d’entendre ces poissons barbottes, ces « bottom feeders » critiquer sur ceux qui leur donne des jobs ou qui contribuent par leurs taxes à ce qu’ils reçoivent, en dépôt direct s’il vous plait, leur chèque de BS. Puis qui pensez-vous a permis que ces dépôts directs soient possibles? C’est ça, des penseurs, des créateurs, des gens qui imaginent.

Ma frustration paraît-elle un tout petit peu?

« Y avait rien de spécial »

Loin de moi d’encenser Steve Job, l’être humain. Je ne le connais que de réputation et que par ses réalisations. Mais de dire que ces gens, ces Jobs, ces Henry Ford, Einstein, Edison, Bombardier, Marie Curie, Bethoven, Salvator Dali, Spielberg, les frères Lumières et j’en passe, sont « du monde ordinaire » moi ça me dépasse. Ça prend juste du bien petit monde pour ne pas reconnaître que parmi nous, vivent des génies, des gens qui ont et qui vont continuer de changer le monde. Malgré votre sarcasme, malgré votre critique et malgré votre mauvaise volonté.

Entre temps, rentrez dans vos tanières et allez regarder votre télé plasma, envoyez vos SMS, ne répondez pas à votre cellulaire et laissez la boite vocale le faire à votre place. Écoutez votre musique, sur votre baladeur – sans doute PAS un iPod n’est-ce pas? Peut-être êtes vous toujours à l’heure du Walkman ou du stéréo haute fidélité? Et souvenez vous que cette musique, téléchargée depuis un serveur quelque part dans le monde, comme par magie, est aussi le fruit de créateurs, de gens très très spéciaux.

Si vous êtes malades, allez chercher vos médicaments dans une pharmacie au coin de la rue. Des médicaments qui sont le fruit d’années de recherche et de millions de dollars d’investissement.

Si vous voyagez, montez dans un avion qui vole à des centaines de km / heure, bien assis dans un fauteuil à 10,000 mètres d’altitude dans un cabine pressurisée en prenant votre bière et en écoutant un film, choisi peut-être parmi 4 ou 5 disponibles depuis votre siège.

Puis rendez vous compte que ce que vous prenez pour acquis, ce sont des gens comme Jobs qui vous l’offrent.

Soyez sympa! Partagez!