Occupation de Wall Street: beaucoup de bruit pour rien

Depuis plusieurs semaines déjà, des centaines de personnes campent à proximité de Wall Street, à New York, afin de dénoncer ce qu’ils perçoivent comme des abus de la part des politiciens et des financiers américains et internationaux.

Les médias ont sympathiquement relayé les images de cette occupation en plus de donner la parole à plusieurs manifestants. Encore une fois, nous avons eu droit à une longue litanie de récriminations contre des personnes et des organisations perçues essentiellement comme riches, égoistes et malveillantes.

Depuis le début du vingtième siècle, Wall Street est le plus puissant symbole américain de la finance et du développement des affaires. Il est aussi un bouc émissaire facile pour les gens ayant des difficultés économiques. Depuis la récession de 2008-2009 et la chute de quelques grosses institutions financières, il est de bon ton de casser du sucre sur le monde financier américain et ses employés. Il est vrai que plusieurs personnes ont perdu gros lors de la débâcle d’il y a quelques années et que certaines institutions ont abusé de leur position. Toutefois, il faut faire attention à ce que l’on choisi comme cible de son mécontentement. Il est certes plus facile de blâmer les autres, surtout quand il s’agit de corporations, que de se regarder soi-même.

Les manifestants de New York se plaignent que l’État, les banques, les agences de notation et je ne sais qui encore ne font rien pour eux et nuisent à leur situation économique. De plus, ils ajoutent que leurs concitoyens plus riches devraient être solidaires de leur situation précaireet que le système financier devrait leur remettre une plus grande part des revenus générés par son activité économique (via des taxes et impôts plus importants). Mais que font ces gens pour leurs prochains? Que font-ils pour s’aider eux-mêmes et aider leurs compatriotes? Qu’en est-il de leur responsabilité individuelle?

En ce moment, des centaines, parfois des milliers de personnes parfaitement aptes au travail utilisent leur temps pour manifester contre un ennemi virtuel et chimérique dans les rues de New York. Et après? Pourquoi ces gens n’utilisent-ils pas leur inventivité et leur talent pour améliorer leur propre sort et celui des autres? La ville de New York compte une myriade d’organisations sociales et communautaires venant en aide aux plus démunis. Pourquoi les manifestants ne vont-ils pas les aider au lieu de camper dans les rues?

La réponse est que le type d’occupation comme celle qui a lieu à Wall Street n’a que peu à voir avec de réelles demandes, de légitimes frustrations ou de vraies exigences démocratiques. La véritable motivation des manifestants, dont plusieurs sont des professionnels et n’ont aucun problèmes financiers, est de participer à un événement glamour et hip, à une sorte de fête de l’anticapitalisme au sein d’une des villes les plus libres et démocratiques du monde. Leur but est de pouvoir dire “j’y étais”, photos et page facebook à l’appui.

Le maire de New York a déclaré que les gens avaient le droit de manifester, qu’il trouverait de bonnes places dans sa ville pour que leur démonstration ait lieue. On ne parle certainement pas ici d’un régime répressif. En ce sens, le choix des organisateursde se référer au printemps arabe a quelque chose d’indécent et de choquant. Ce choix nous montre aussi queles jeunes manifestants s’accrochent plus au sens global de leur présence narcissique à l’occupation qu’à de réelles demandes ou exigences. On a l’impression qu’ils agissent plus par mimétisme qu’à partir d’un réel sentiment de révolte.

Au lieu de glorifier ces gens, nous devrions les considérer pour ce qu’ils sont. Des adolescents en mal de sensations fortes qui préfèrent blâmer les autres plutôt que d’accepter leur propre rôle et responsabilités dans le déroulement de leur vie.

 

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