Grèce: faillite d’un État-providence

Grèce, Portugal, Espagne, Italie. Ces quatre pays défraient la manchette depuis plus d’un an en raison des difficultés économiques qu’ils traversent. Par le biais de divers programmes de stabilisation et une imposante aide directe, leurs confrères européens sont jusqu’à maintenant toujours venus à leur secours. Tellement, que c’est aujourd’hui l’Europe toute entière qui menace de se trouver en difficulté. Et tout ça, dans le but de soutenir des États démesurés et incapables de vivre selon leurs moyens.

Aujourd’hui, tant en Allemagne que dans d’autres pays, des voix s’élèvent pour que le support absolu aux nations en difficulté cesse ou qu’il s’accompagne à tout le moins de réelles exigences en matière de redressement des finances publiques.

 

La Grèce: symbole du modèle étatiste en faillite

Ne nous faisons pas d’illusions, la Grèce demande actuellement au reste de l’Europe de payer son épicerie et de régler sa carte de crédit. Toutefois, elle n’en est pas moins dépensière et ses citoyens demeurent tout aussi gourmands. La somme de 8 milliards de dollars promise la semaine dernière par les partenaires européens, vise à ce que la Grèce paie ses employés du secteur public et effectue les paiements dûs aux retraités. Comment justifier d’endetter ou de prendre de l’argent à des citoyens slovaques, belges ou allemands afin de payer le salaire et la retraite de gens qui ont vécus au dessus de leurs moyens durant des décennies? Le reste de l’Europe devrait marcher dans les rues pour que cesse cette mascarade.

Dans un système capitaliste qui se respecte, la Grèce aurait due être laissée à elle-même depuis des lunes afin de régler ses problèmes budgétaires et d’assumer ses propres comportements. Les institutions publiques et privées qui lui ont prêté auraient alors pu librement continuer de le faire afin de garantir leur investissement initial. Ces mêmes institutions auraient aussi pu refuser de réinvestir tout en exigeant des garanties plus solides. L’impact se serait avéré été minimal sur les citoyens du reste de l’Europe. La Grèce regimbe à assainir ses finances publiques depuis le début de son adhésion au marché commun. L’erreur de l’Europe aura été de laisser traîner les choses et de ne pas avoir su couper le cordon ombilical à temps.

Au nom d’une stabilité artificielle, l’Europe a toléré les écarts grecs et s’est ensuite mobilisée pour régler la facture. Le problème est que ce type de soutien manque de crédibilité et qu’il va à l’encontre des principes fédératifs de responsabilité économique. De toute évidence, la Grèce pense encore que le robinet financier de l’Europe est ouvert à vie et qu’elle peut continuer d’agir comme bon lui semble, que les autres seront toujours là pour la renflouer. Non seulement cette pensée magique n’aide pas la Grèce à se responsabiliser mais elle incite d’autres États comme l’Espagne et le Portugal à choisir également la fuite en avant.

Comme tout processus de redistribution de richesse, celui entre les États d’une même fédération vise à prendre de l’argent aux plus productifs et responsables afin de le donner aux moins efficients et à ceux qui vivent au dessus de leurs moyens. Les problèmes surviennent quand une telle situation passe de conjoncturelle à structurelle. Les motifs de support peuvent être fort louables mais à moyen terme la résultante en est inévitablement un nivellement par le bas et une déresponsabilisation des assistés. Pourquoi la Grèce se prendrait-elle en mains quand elle peut compter sur la cagnotte de ses voisins?

 

Échec de l’État tout-puissant

Les Grecs ont collectivement et individuellement choisi des orientations qui les ont mené sur le chemin de la faillite. Malgré l’ouverture du marché européen, ils n’ont pas su profiter de la nouvelle économie afin de se développer. Comme plusieurs autres nations d’Europe, la Grèce a préféré conserver son modèle traditionnel d’un gigantesque État, d’une couverture sociale mur-à-mur et de retraites dorées garanties. Le secteur public représente à lui seul 40% de l’ensemble de l’économie grecque et il est aujourd’hui largement dépendant de ses créanciers internationaux. Un État qui devient aussi gros et aussi endetté est un État qui perd son indépendance et sa souveraineté réelle.

Les grecs ont cultivé un modèle de dépendance des citoyens envers un État tentaculaire jumelé à un régime fiscal d’impôts élevés pour nourrir la bête. La faillite du modèle est aujourd’hui révèlée au grand jour. C’est maintenant le pays tout entier qui, à genoux, doit quémander l’aide de ses voisins.

L’Europe devrait évincer la Grèce hors de la zone euro afin d’arrêter de traîner son marasme économique, tel un boulet à ses pieds. Cela pourrait aussi servir de leçon aux autres États qui ne respectent ni la prudence budgétaire ni les règles de l’Union européenne. Les grandes nations d’Europe doivent trouver de nouveaux moyens de forcer les États membre de l’Union à respecter leurs engagements envers leurs partenaires.

Sans cela, la Grèce ne s’avérera finalement que le début d’un infernal jeu de dominos.

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