Monthly Archives: novembre 2011

Oui, il faut abandonner Kyoto!

Je ne peux m’empêcher de sourire lorsque je vois la déconfiture des médias suite à l’annonce de l’abandon probable par le Canada de l’entente de Kyoto. J’ai vu certaines personnes même aller jusqu’à exprimer de la honte d’être canadien. Que c’est ridicule! Tout le monde se demande pourquoi les conservateurs voudraient laisser tomber Kyoto. Ma question serait plutôt pourquoi le Canada devrait-il continuer à adhérer à un protocole qui n’a sérieusement pas sa raison d’être.

Premièrement, contrairement à ce que les médias et l’élite politique québécoise voudrait vous faire croire, le débat sur les origines du réchauffement climatique est très loin d’être clos. Les données de températures les plus récentes démontrent qu’en fait, il n’y a plus de réchauffement depuis 1998 et pendant ce temps, les émissions de CO2 anthropogéniques n’ont cependant pas diminué, au contraire. Récemment, des incidents comme le Climategate, ainsi que la révélation que beaucoup de documentation dans leurs rapports sont basées sur des faits anecdotiques et non-scientifiques, la crédibilité du GIEC en a pris pour son rhume. Le projet CLOUD du CERN a aussi beaucoup endommagé la thèse selon laquelle les GES émis par l’activité humaine est la raison principale des changements climatiques. Je laisse l’éminent géophysicien français Vincent Courtillot vous expliquer dans cette courte vidéo:

 


Vincent Courtillot et le réchauffement climatique par VideoScopie

Mais, même si on admettait que c’est vrai qu’il y a réchauffement et que celui-ci est causé par l’activité humaine, et même si tous les pays émetteurs de GES adhéraient à Kyoto, les projections du GIEC évaluaient que la différence sur la température globale ne serait que de 0,2 degrés Celcius dans 100 ans. Pour ce minable 0,2 degrés, nous allons dépenser des centaines de milliards de dollars alors que nous sommes déjà endettés jusqu’au cou. Y-a-t-il une quelconque logique à ça? Moi je dois avouer qu’elle m’échappe, pas vous?

Au lieu de se demander pourquoi on devrait laisser tomber Kyoto, on devrait plutôt se demander pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt.

Polygamie: L’art de tout mélanger

Cette semaine, en Colombie-Britannique, s’appuyant sur le cas d’une secte mormone à Bountiful, la cour provinciale de C-B a réaffirmé la légitimité des lois anti-polygamie du Canada, disant que celles-ci étaient nécessaires afin de protéger les droits des femmes et des enfants dans de tels mariages.

À mon avis, le tribunal mélange tout et dans le cas spécifique de la secte de Bountiful, le problème ne vient pas du mariage polygame, il provient de la secte. Cette secte encourageait le mariage d’hommes d’âge mur avec de jeunes adolescentes. Or ce comportement serait répréhensible et immoral même si le mariage était monogame, alors en quoi serait-ce pire si c’est un mariage polygame?

Le jugement du tribunal fait état de dommages faits aux femmes et enfants de telles unions, ainsi qu’à l’institution du mariage monogame. En revanche, le tribunal ne voit aucun inconvénient à ce que des adultes consentants cohabitent dans une relation polyamoureuse, tant que ceux-ci ne tentent pas de formaliser leur union. Pouvez-vous m’expliquer la différence? En quoi la dernière est moins dommageable pour les femmes et les enfants parce que les participants ne sont pas mariés?

La réalité est qu’il n’y a aucune différence et que les « dommages » n’existent pas plus dans un cas ou dans l’autre si les membres de la relation polyamoureuse sont des adultes consentants. Le jugement de la Cour tourne donc autour du concept du mariage comme tel et non du réel bien-être des participants. Il repose sur le fait que certains éléments de notre société refusent de considérer l’institution du mariage comme autre chose que l’union monogame d’un homme et d’une femme. Au fond, l’argument est le même pour le mariage gai. Il s’agit ici d’un segment de la société qui impose, par le biais de la force de l’état, son sens de la moralité au reste de la société, sans égard à ceux qui désirent volontairement vivre autrement.

Ce qui me mène à la question: en quoi est-ce le rôle de l’état de définir le mariage? De quel droit l’état dicte-t-il à des individus comment ils peuvent s’associer? Aucun individu n’aurait le droit de le faire, donc, si un gouvernement n’a de pouvoir que ceux qui lui sont délégués par les individus qui forment la société, il serait impossible d’hériter de tels pouvoirs, puisque la collectivité ne devrait pas avoir plus de pouvoirs que les individus qui la composent. Ce droit que l’état se donne à dicter comment des adultes peuvent définir comment formaliser volontairement leur union est complètement illégitime.

Le vrai piège caché dans le programme de la CAQ – Texte intégral

Image: La première minute

 

Le plan d’action de Monsieur Legault est très astucieux. Les tenants de la droite au Québec tomberont-ils dans le panneau?

Nous parlons aussi du Code de Vinci, d’Audrey Tautou, et Yvon Deschamps est nommé conseiller politique.

 

Lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec. (PDF téléchargeable ici.)

Mesdames, Messieurs,

Je viens de parcourir le Plan d’action de la CAQ. J’y ai trouvé un piège pour les partisans de la droite. Je le trouve brillant. Sur une échelle de danger allant d’un à dix, c’est onze. Il est possible qu’il ne soit pas prémédité. Mais à ce stade, ça compte peu si on ne le comprend pas. La clé est dans le contexte et son timing.

Nous avons toutefois un autre problème.

The Medium is the Message

Englobé dans ce contexte, le problème des limites du médium. Nous analysons le monde à travers des fragments d’information sur des téléphones intelligents ou des écrans d’ordinateur qui nous font mal aux yeux tard le soir. Bref, je ne peux pas vous décoder ça en cent quarante caractères sur Twitter ou en un message instantané envoyé sur votre iPhone ou Blackberry. C’est un outil merveilleux, Internet. Mais se taper une couple de pages de texte sur une page Web, ça peut sembler longuet. Les plus vieux, vous rappelez-vous Cité libre, Perspectives et Le Jour, dans le temps où la musique était de la musique? Mais ce temps n’est plus, genre maintenant que vous êtes à me lire.

Si vous êtes comme moi, votre réflexe sera d’imprimer cette page Web ou le PDF pour analyse en prenant une brioche et un café.  Parce que j’ai un beau Code de Vinci pour vous. Je ne suis pas Dan Brown et suis un peu moins mignon qu’Audrey Tautou, mais êtes-vous game? Cependant, si vous n’avez pas lu Le Code de Vinci, vous avancez désormais à vos risques et périls.

Un comique devient malgré lui conseiller politique de François Legault

Au Québec, la plupart des programmes de partis politiques sont pénibles à lire. C’est le beurre et l’argent du beurre, l’importance d’agir sous le signe du changement dans la continuité, dans un français fluide comme de la mélasse verte. Québécois, vous êtes beaux et je vous ai compris. Il nous faut un Québec indépendant dans un Canada fort.

Bon, ça c’est un discours qui marche avec votre voisin mais je m’adresse à un lectorat moins naïf. Le Québec indépendant dans le Canada fort, c’est une phrase d’Yvon Deschamps, pour une époque où la question était voulez-vous l’indépendance.

‘’Quoi, quoi, quoi? Quitter la  maison? Avez-vous perdu la raison?‘’

‘’Madame, Monsieur, nous avons aussi la souveraineté-association en promotion cette semaine. C’est quand même comme quelque chose de grand mais moins cher. Et la garantie est meilleure.‘’

‘’Avez-vous une carte? On va y penser.‘’

À lire le Plan d’action de la Coalition pour l’avenir du Québec, j’ai l’impression qu’en y travaillant l’équipe de François Legault devait avoir la télé allumée pendant la rediffusion d’un spectacle d’Yvon Deschamps sur ARTV. Une reprise une fenêtre sur la fin d’une autre époque, celle où un rêve n’était plus mais que le patient était encore sous le choc, son corps encore plein de l’adrénaline de l’espoir.

Yvon Deschamps était un artiste engagé qui croyait à un monde meilleur et que ce monde devait passer par l’indépendance du Québec. Un comique, Yvon Deschamps? Paraîtrait. Mais il était et demeure un formidable observateur de la comédie humaine. Vous comprendrez que, dans le temps d’un avant et d’un après référendum, il n’était pas homme à laisser ses convictions affecter la finesse de son regard. Elles lui donnaient simplement du mordant.

Monsieur Deschamps a dû avoir profondément mal de voir un peuple incapable de se brancher. Ici, je ne parle pas de tout un peuple. Les tenants du Non étaient-ils moins québécois? Non. Toutefois, à cette frontière où un oui hésitant se transforme en un non, à tort ou à raison, nombres de Québécois fatigués de l’Anglais ont refusé de montrer leur passeport.

Québécois, je vous ai compris.

Mais, Monsieur de la Noüe, ce n’est pas supposé être un texte sur un piège caché dans le programme de la CAQ, cela? Auriez-vous pris des stupéfiants?

Oui, et sans façon, merci.

Quand François Legault écoute Yvon Deschamps en reprise sur ARTV, ce n’est pas pour les tenants d’une droite québécoise

Le Plan d’action de la CAQ me fait penser à une reprise présentée sur une chaîne spécialisée… à minuit moins cinq. C’est ce beurre et son argent qui sont le menu politique servi aux Québécois depuis des décennies par le Parti libéral et le Parti québécois. Le repas est pourtant fait du même animal, il n’y a que la coupe et les assaisonnements qui changent. Les Québécois n’ont pas envie de l’indépendance? Très bien. Mais voilà un demi-siècle qu’ils confient leur sort à des gouvernements interventionnistes.

Je sais que vous savez que le Parti libéral n’est pas un parti de droite. Quand on l’époussette, il ressemble au Parti québécois. Mais, à ce stade, ce n’est pas une perception majoritaire. Moi, je pense que comme Yvon Deschamps un lendemain d’arrache-cœur, François Legault et son équipe nous ont compris. Le Québécois moyen commence à ressentir un malaise face à la politique et un malaise tout court. Mais il n’arrive pas à  mettre le doigt dessus. Il aimerait que ça change mais l’état est depuis cinquante ans la maman qui console et guérit.

Le Modèle québécois est une mère prodigue, un gouvernemaman qui paye à ses enfants des iPhone et des passes d’autobus avec l’argent de leurs études universitaires. Ainsi pense le Québécois moyen, à tout le moins. Il serait plus juste de dire que ce sont les enfants des générations X et Y qui ont payé un méchant party aux baby-boomers et leurs parents. Autrement, les p’tits d’aujourd’hui ils rouleraient tous en Volkswagen.

Il est désormais flagrant que Monsieur Legault n’a pas claqué la porte du Parti québécois sur un coup de tête. Je pense aussi qu’il ne se contentera pas du seul fait d’avoir été fidèle à ses convictions. François Legault et son équipe sont dans l’arène pour remporter le Prix. Et pour séduire, à l’automne 2011, le contexte ne se prête pas à un discours où il faut choisir entre beurre et argent. Il pourrait changer plus vite que certains imaginent mais le fruit n’est pas mûr. Pour devenir Premier ministre, mordre dedans tel qu’il est aujourd’hui équivaudrait à se casser les dents.

À l’automne 2011, la seule façon de rester haut dans les sondages, c’est de proposer une gauche ‘’efficace‘’.

L’est-elle?

Vignettes d’une gauche inefficace? On démêle des affaires.

Monsieur Legault se réclame d’une gauche efficace, capable de reprendre le contrôle des finances publiques tout en maintenant à un niveau élevé l’interventionnisme de l’État. Ici, il faut départager trois éléments.

Un, une vision de la société où l’état est l’acteur dominant.

Deux, la CAQ sera-t-elle oui ou non ‘’efficace‘’ dans la réalisation de cette vision?

Trois, la CAQ prendra-t-elle oui ou non les meilleures mesures pour reprendre le contrôle des finances de l’état québécois et de son hallucinante dette?

Une vision de la société où l’état est l’acteur dominant

François Legault et les partisans de la CAQ pensent que la solution au problème passe par un état touche-à-tout. Au point où en est la situation au Québec, je suis convaincu du contraire. Je pense que le Québec va avoir besoin d’un gouvernement fort, dans le sens d’avec une colonne vertébrale, avec le courage de mettre fin au party de certains s’il veut être capable de mettre un peu de chair sur l’os de la pauvreté, le vrai, celui des sans voix et de tous ces autres êtres humains touchés par le doigt du destin. De plus, pour la classe moyenne, le mouton n’a plus de laine, juste une carte de crédit défoncée. De l’argent, mes amis, il n’y en aura plus des masses à distribuer prochainement. Monsieur du Banquier va présenter sa facture et sera moins intéressé à faire crédit. On parie?

En conséquent, tous ces lobbys prêts à réclamer des hausses de salaire en se réclamant des pauvres pour s’offrir petits fromages, une maison et deux voitures, si vertes soient-elles, ils seront bientôt à marcher dans la rue pour exiger qu’on s’occupe de la pauvreté… la leur.

Au niveau de mes convictions, je suis aussi un de ceux à croire que je n’ai pas besoin d’un gourvernemaman à me dire ce que je peux faire ou ne pas faire tant que je fiche la paix à mon voisin. Je ne veux pas d’un état tellement sûr de mon bien qu’il est prêt à me l’imposer à mon corps défendant. Avez-vous une cigarette?

N’en demeure pas moins, c’est une vision de l’état. François Legault, la CAQ, et tous les gens prêts à y souscrire en ont le droit. L’esprit de la démocratie, c’est ça, un débat où la meilleure défense contre une idée est une autre idée.

La CAQ propose-t-elle une gauche efficace? On s’approche du piège.

Nous voilà devant le piège. Il y a un petit bout de fromage, là, et nous le voyons tous clairement: c’est la nature de la gauche telle que vue par la CAQ. Efficace? Ne tombons pas le panneau, ce fromage nous le laisserons là. Mais le problème est que la détente du piège n’est pas cachée sous ce bout de fromage.

C’est un leurre.

Si le piège n’est pas la nature d’une gauche version CAQ, quel est-il? Ha, ha. Quelque part vers la page soixante-seize de la version poche du Code de Vinci, vous aviez compris qu’Audrey Tautou était parente avec le petit Jésus.

Me voyez-vous venir?

La CAQ est-elle capable de reprendre le contrôle des finances publiques?

Voici le troisième élément à départager. On peut adhérer à une vision interventionniste de l’état tout en se préoccupant sincèrement de la dette du Québec. La ‘’solidarité‘’, il faut quand même avoir les moyens de la payer.

Avez-vous lu l’excellent Éloge de la richesse d’Alain Dubuc? Monsieur Dubuc défend un argumentaire où, pour qu’une redistribution de la richesse soit possible, il faut d’abord que richesse il y ait. Ici, je n’ai nulle envie de tenter de vous résumer sa pensée. Je vais me limiter à vous dire qu’elle est nuancée tout en étant présentée avec rigueur.

Mon point est simple:

Un, le trou noir qu’est devenu les finances publiques n’est pas un enjeu de gauche ou de droite. Il menace la société dans son ensemble.

Deux, c’est toutefois aux tenants de la gauche de s’interroger sur la nature des fleurs du tapis du Plan d’action de la CAQ, pas à la droite.

On y est.

Master and Commander:

Quand le navire est en train de couler, ce n’est pas le moment de regarder aux jumelles la frégate de l’ennemi

L’Action démocratique est aux prises avec un schisme intérieur. Devrait-elle fusionner ou non avec la coalition de François Legault? Dans Union ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?, j’ai pris position: un vote pour l’ADQ c’est un votre pour l’ADQ. Dans Union ADQ-CAQ: Le regard des petits-enfants sur ces ministres de plus rien, j’ai affirmé que le Québec a besoin d’une droite, que la droite a besoin d’un vaisseau parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

Au moment où je vous écris ceci, l’issue des pourparlers de fusion entre ADQ et CAQ est on ne peut moins claire. Pour ceux qui souhaitent la présence d’un parti de droite au Québec, il y a danger que le bateau soit sabordé ou vendu à l’ennemi.

L’Action démocratique est un parti politique reconnu, il dispose de la flopée habituelle de chartes et de statuts. Le navire prend l’eau mais il a quand même une existence physique et juridique. Dans combien de temps les prochaines élections provinciales? Aurions-nous suffisamment de temps pour dessiner et construire un nouveau vaisseau?

Je n’en ai aucune idée. Et vous?

Alors, pendant que le bateau prend l’eau et qu’il n’y a pas consensus parmi l’équipage, François Legault agite un programme qui n’en est pas encore un. C’est un plan d’action en vingt points, rien d’autre. D’ici les élections, ces points sont sujets à moult révisions ou atermoiements… pour ceux qui lisent entre les lignes et écoutent la radio. On verra. Mais ne perdez jamais de vue que présentement les partisans de la nécessité d’un parti de droite au Québec sont comme le capitaine interprété par Russell Crowe dans le film Master and Commander, forcés de faire des miracles en mers ennemies avec des ressources limitées.

Forcés de gagner.

Vous êtes des corsaires, vous n’êtes pas nombreux, et François Legault sur son bateau est un toréador. Voyez-vous rouge? Savez-vous nager? Dans la mer, il y en a un qui est comme un poisson dans l’eau à vous attendre. Il a de bonnes dents.

Si j’étais Jean Charest, je déclencherais des élections le plus vite possible. Au printemps 2012? Techniquement, le printemps commence dans moins de quatre mois. Un scénario où Monsieur Charest serait à nouveau fait Premier ministre du Québec ne relève pas de la science-fiction. Idéalement, je m’arrangerais pour que l’affaire soit dans le sac avant la Saint-Jean-Baptiste. Autrement, le contexte risque de basculer si rapidement que n’importe lequel des partis en présence, Québec solidaire excepté, pourrait mettre la main sur le Prix. Et ça inclut une ADQ qui serait toujours vivante. Le PQ? Oui. Je n’ai jamais été aussi sérieux.

Ministres de rien ou députés de tout? Peut-être bien plus que députés. Prenez le temps d’y penser. Parce qu’il y a urgence.

Le Québécois moyen est-il à ronfler? Je le crois. Mais peu importe nos travers collectifs, nous ne sommes pas plus bêtes que d’autres. Comme le reste de l’Occident, nous nous sommes simplement débranchés de la chose politique, le nez trop près d’une vitre que j’appelle la culture de l’abrutissement.

Quand on est des vietcongs capitalistes pris pour faire le lavage et la file au supermarché, les batailles rangées on s’abstient

Dans les ‘’Vingt-z-actions pour agir sur l’avenir‘’, je n’ai pas eu besoin de fouiller longtemps pour voir des solutions selon moi incompatibles avec une gauche ‘’efficace‘’ et à me rappeler qu’un gourvernemaman ça me tape royalement sur le système. Et, si vous êtes comme moi tenant de la droite, je suis convaincu qu’il en sera de même pour vous. En quelques pages quelques phrases, votre idée se fait. Vous voyez une incohérence, la faille dans l’argumentaire ou que les totaux présentés ne correspondent pas aux vôtres. Et, comme vous avez les facultés intellectuelles requises, la tentation est forte de vous installer devant votre écran, traitement de texte et chiffriers Excel ouverts.

Je sais.

À ce stade, la plupart de ceux à me lire en sont capables. L’exercice demande cependant une somme de travail considérable.

En partant, ce n’est pas évident. La droite québécoise n’en est pas une d’activistes professionnels. Pour ceux qui ont pris position en sa faveur, le geste en a été un de courage et de sacrifice. Dans un climat de cons sans suce québécois – en trois mots – on y pense à deux fois, chaque fois. Nous sommes entrés dans l’ère du mot de trop, celui capable de détruire une carrière. Dans un Québec où la pensée unique domine, aller à contre-courant constitue aussi un risque.

Des cons sans suce? Sans épine dorsale, pour ne pas dire autre chose, et incapables de supporter la vôtre. Parce que vous les mettez en face de leur lâcheté.

Nous vivons dans un Québec où la majorité a peur d’avoir peur. Même pas besoin de gagner à la loterie de la controverse, prendre position est un geste suffisant pour faire le vide autour de vous. C’est le spectre de la lettre du schizophrène, publiée dans un quotidien qui oublie de numériser les bonshommes allumette qu’il avait pourtant ajoutés pour illustrer son propos. C’est celui d’une cliente qui appelle au service à la clientèle de votre employeur ou d’un de vos fournisseurs, à chanter que si vous persifflez elle ira ailleurs.

Ce n’est même pas sa réalité, c’est un fantôme, c’est un monstre sous le lit. Il ne devient vrai que de peur d’avoir peur.

Madame, Monsieur, si vous prenez position, cette nuit Jean Charest, Pauline Marois et François Legault viendront vous chanter une berceuse. Et, l’autre, là, il déposera… en chambre une pétition en vue de vous interdire, avec un amendement visant à prohiber la vente de chaussures faites en démocratie.

La fin d’un monde s’en vient?

‘’Mais je n’ai pas le temps, moi. Faut que j’aille conduire junior au soccer et c’est le hockey ce soir.‘’

‘’Ce n’est pas à toi que je parlais. Qu’est-ce que tu fais là, à lire l’équivalent rasé d’un discours plate de dictateur barbu? Tu connais des sites plus distrayants.‘’

Bon, il vient de s’en aller sur CENSURÉ POUR LES PLUS VIEUX.

Pendant ce temps, écrit sur la cravate de Bernard Derome:

‘’Si la tendance se maintient, la prochaine élection au Québec sera la plus importante depuis la réélection des libéraux de Jean Lesage en 1962. Hugo Boss.‘’

Nous disions?

Et vous suivez quand même votre conscience. Entre la file au supermarché, le lavage, le plus jeune qui a son otite et ces devoirs de la plus vieille qui exigent un incroyable deux heures, vous prenez un, deux ou trois soirs, sacrifiez des petits moments de liberté au nom d’une plus grande. Celle de votre expression.

Je salue votre courage.

Ce que j’ai à vous soumettre aujourd’hui, c’est tant qu’à accepter de payer le prix, arrangez-vous pour en avoir le maximum pour votre argent.

Nous sommes beaucoup mais pas assez et trop isolés pour ne pas choisir nos combats à chaque fois. Commenter le Plan d’action de la CAQ est important, oui. Mais à ce stade, la majorité des tenants de la droite, observateurs bénévoles de la chose, possède la culture idéologique et économique nécessaire pour le reconnaître pour ce qu’il est au premier coup d’œil: un discours de gauche.

Le Plan d’action de la CAQ, c’est du réchauffé, une poutine passée aux micro-ondes d’un restant de Révolution tranquille. Une cuisine sincère? C’est p’tet vrai, mais c’est pas bien frais.

L’importance des messagers de la remise en question

Présentement, un énorme pan du Québec a de la difficulté à faire la différence entre une droite du centre et celle d’extrémistes. C’est stupéfiant. Littéralement. Pour certains, un débat gauche-droite c’est choisir entre l’interventionnisme du Parti québécois et le discours communisant de Québec solidaire. Les stupéfiants, ce sont eux qui en ont fumé.

Ceci dit… Le piège calculé ou non du programme de la CAQ est de lutter spécifiquement contre lui, maintenant, à force de tableaux qui n’intéresseront que ceux qui savent déjà. Ici, je ne pense pas aux professionnels du commentaire politique ou économique. Eux sont payés pour ça. Pas nous.

À cet effet, les fois où j’allume ma télé, j’écoute l’émission de Mario Dumont. Quand je lis le journal, je commence par Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy. J’ai fait un test empirique de la reconnaissance de leurs noms. Mario Dumont? Tout le monde connaît Mario! Il passe à la télé. Ah, oui? Peut-être. À quelle heure quel poste? Vtélé? Moi, je suis une famille TVA. Oh, moi c’est Radio-Canada, les publications à Monsieur Péladeau, c’est en-dessous de moi.

Ben, voyons, va jouer avec ton cerceau, mon garçon.

Radio-Can, c’est pour les gens qui prennent le thé le petit doigt en l’air. Quant à toi, avec Denis Lévesque tu pourrais attraper une maladie transmissible. Richard Martineau? Oui, mais seulement avec le condom des Francs-Tireurs.

Excusez-moi mais vous faites dur. Pas ces distingués animateurs, pas vous non plus à me lire, distingués lecteurs – vous êtes une poignée. Mais collectivement nous partons de loin. On fait dur. Vraiment.

Parmi ce ‘’petit monde‘’ dont je fais partie, disons qu’il reste du travail à faire pour qu’Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy deviennent ‘’épidémiques‘’. Je pourrais tartiner épais sur l’importance du rôle du Réseau Liberté Québec de Joanne Marcotte et sa bande mais je vais me garder une petite gêne. Une autre fois.

Je sais qu’il y en existe d’autres qu’eux, des aussi intéressants. Et les idées qu’ils défendent n’appartiennent à aucun individu. Dans mes écrits, j’ai à date parlé de Monsieur Duhaime et Madame Elgrably-Lévy parce que je les considère actuellement comme les meilleurs vecteurs d’une remise en question du discours souvent simpliste des tenants d’une gauche ‘’unique‘’ qui rêve de nous transformer en enfants obéissants. Même chose pour Mario Dumont aujourd’hui. Ils n’en sont pas là, mais l’épidémie ne pourrait demander que quelques pichenettes.

Mais la pomme ne tombe jamais loin du pommier. Gauche, droite, les Québécois sont des gens d’émotion. Pour les tenants de la droite, dans le contexte actuel, nous sommes exposés à beaucoup d’émotions. Il y a risque de voir rouge et devenir taureaux.

La conjoncture telle que je la vois

1. Les tenants de la droite par conviction sont peu nombreux.

2. La majorité d’entre eux ont très peu de temps à leur disposition.

3. La droite a besoin d’un vaisseau politique parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

4. L’ADQ pourrait couler à pic ou tomber aux mains d’une gauche qui, si efficace soit-elle, n’en est pas moins une gauche ‘’gouvernemaman‘’.

5. Est-il possible de créer à partir de rien une nouvelle formation politique de droite comparable à l’ADQ avant les prochaines élections?

6. S’attaquer maintenant au Plan d’action de la CAQ, c’est trébucher dans les fleurs du tapis. C’est le vrai piège.

7. Un grand travail de diffusion ‘’générale‘’ des idées de droite auprès du public reste à faire. Au niveau de l’engagement citoyen, un vaisseau existe et c’est le Réseau Liberté Québec. Au niveau de la diffusion des idées, des vecteurs, ceux sur lesquels miser en premier sont Éric Duhaime, Nathalie Elgrably-Lévy et la bande à Mario Dumont. Je heurte certains mais regardez les chiffres.

La radio de Québec? Une autre fois. Aujourd’hui, je parle de la province.

8. Il reste une éternité politique avant les prochaines élections provinciales. Le contexte peut changer et rendre l’électorat plus réceptif, et il reste du temps pour faire valoir des points de vue ‘’de droite‘’. Il n’est pas trop tard.

9. Si l’ADQ est la meilleure solution en tant que navire politique, de combien de temps dispose-t-elle?

10. Cette question est d’autant plus pressante à régler parce qu’un parti politique a besoin de militants et d’une machine bien rôdée. Présentement, le moteur est sur l’établi, en instance de pièces détachées.

11. Dans le climat actuel au Québec, additionné aux tensions internes à l’ADQ, plusieurs hésitent aussi à prendre position. J’affirme que la prochaine élection provinciale sera la plus importante de l’histoire du Québec depuis la réélection du Parti libéral en 1962. Pas de bateau, mes amis, nous allons regarder le train passer. Moi, je pense que ça mérite de prendre des risques.

Conclusion

Selon moi, pour la droite, François Legault est un toréador.

On s’en reparle.

           

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, si la tendance se maintient, et si je n’ai pas trop de linge sale à laver, je devrais préciser ma pensée sur l’importance de cette prochaine élection provinciale. Autrement, j’aurai peut-être en attendant un texte en psychologie à vous proposer comme plan… B. On verra. Revenez me voir. Perry Ellis.

PDF imprimable de ce texte : www.lapremiereminute.ca/lezamis/adq-caq

Adresse à tweeter : http://wp.me/p1Ge6d-1mK

 

NOTES

VOUS AVEZ DÉNONCÉ ET C’EST CE QU’IL FALLAIT FAIRE. SUIVANT!

Quelque part, je soupçonne que des gens meilleurs que moi ont pris clavier et calculatrice pour dénoncer certains points du Plan d’action de la CAQ. C’est parfait. Au point un de la page seize du ‘’Plan’’, moi je voyais déjà matière à ventiler. De telles actions sont nécessaires et vous êtes en train d’inscrire votre nom dans la petite et la grande histoire du Québec. À date, personne de la droite ne s’est encore fait planter de banderilles dans le dos. Enfin, pas dans ce dossier, n’est-ce pas?

Alors, écrivons de nouvelles pages, ensemble, et livrons le combat de maintenant.

Tout au cours de 2012, nous aurons besoin de ceux qui savent compter pour livrer ce combat d’après-demain. Pendant le magasinage de Noël, n’oubliez-pas de faire provision de recharges d’encre pour votre calculatrice. Vous allez en avoir besoin.

LE PLAN D’ACTION DE LA CAQ

‘Toujours préférable de se faire sa propre opinion à partir des faits. En date de publication de ce texte, il est téléchargeable ici.

Site officiel de la CAQ

MASTER AND COMMANDER

Le film, sur Wikipédia.

YVON DESCHAMPS

À la fois le Beatle et le Rolling Stone de l’humour au Québec.

Sur Wikipédia.

DES VOIX QUI MÉRITENT D’ÊTRE ENTENDUES

Réseau Liberté-Québec

Éric Duhaime

Nathalie Elgrably-Lévy | Archives IEDM

Joanne Marcotte                

LE MYSTÈRE MARIO DUMONT

Cofondateur de l’ADQ et chef de l’opposition officielle au Québec en 2007-2008, Monsieur Dumont ne fait plus l’actualité, il la commente. Il n’a pas peur non plus de laisser l’ensemble du spectre politique venir s’exprimer à son émission. Le coloré et distrayant Gilles Proulx est un collaborateur régulier. Patrick Lagacé, coinventeur de la Clique du Plateau avec son ami Jeff Fillion, est aussi un régulier du plateau.

J’y vois parfois Mathieu Bock-Côté, un des esprits les plus fins en analyse politique et sociale à se révéler au Québec ces dernières années, à un point tel qu’il pourrait être français ou Denise Bombardier. Vous devriez le lire, lui aussi.

Ignorer une émission réseau qui propose autre chose que de la pensée unique réchauffée est un non-sens. Programmez vos Illico, Bell ou autres et essayez Mario Dumont une semaine.

Mario Dumont sur Vtété

Mathieu Bock-Côté, blogue | Chroniques Journal de Montréal

CLIQUE DU PLATEAU

Groupe d’individus à portefeuilles en terre cuite portant des chemises en biscuits Graham. En guerre contre la droite, les capitalistes obligés de travailler et le plaisir des autres, particulièrement quand il s’appelle Jeff Fillion, un animateur de radio de la région de Québec. Également un code postal pour journalistes.

ALAIN DUBUC, ÉLOGE DE LA RICHESSE

Cœur et idéologie à gauche, Monsieur Dubuc nous fait la démonstration que l’argent n’est jamais sale quand il permet de faire le bien. Et la meilleure façon de lutter contre la pauvreté c’est de créer des emplois. Quant à les taxer… hum…

Chroniques dans Cyberpresse | Son livre chez Archambault | Renaud-Bray | Amazon

LE ‘’NAME DROPPING‘’ NE PAYE PAS

Je viens de nommer tellement de belles gens aujourd’hui que j’aimerais bien pouvoir recevoir deux dollars par nom encensé. Mais je n’ai rien à leur vendre… à eux. De plus, je ne suis pas sûr que ma caution vaille deux piastres du nom.

AVIS JURIDIQUE

Je suis membre du Réseau Liberté-Québec, à titre de citoyen, mais les opinions exprimées dans ce texte sont uniquement les miennes.

Le vrai piège caché dans le programme de la CAQ – FILM

image: La première minute

 

Le plan d’action de Monsieur Legault est très astucieux. Les tenants de la droite au Québec tomberont-ils dans le panneau?

 VERSION:

REGARDEZ LA FIN DU FILM POUR RACONTER LE PUNCH À VOS AMIS

 

Extraits d’une lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec.

Mesdames, Messieurs,

Je viens de parcourir le Plan d’action de la CAQ. J’y ai trouvé un piège pour les partisans de la droite. Je le trouve brillant. Sur une échelle de danger allant d’un à dix, c’est onze. Il est possible qu’il ne soit pas prémédité. Mais à ce stade, ça compte peu si on ne le comprend pas. La clé est dans le contexte et son timing.

La conjoncture telle que je la vois

1. Les tenants de la droite par conviction sont peu nombreux.

2. La majorité d’entre eux ont très peu de temps à leur disposition.

3. La droite a besoin d’un vaisseau politique parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

4. L’ADQ pourrait couler à pic ou tomber aux mains d’une gauche qui, si efficace soit-elle, n’en est pas moins une gauche ‘’gouvernemaman’’.

5. Est-il possible de créer à partir de rien une nouvelle formation politique de droite comparable à l’ADQ avant les prochaines élections?

6. S’attaquer maintenant au Plan d’action de la CAQ, c’est trébucher dans les fleurs du tapis. C’est le vrai piège.

7. Un grand travail de diffusion ‘’générale’’ des idées de droite auprès du public reste à faire. Au niveau de l’engagement citoyen, un vaisseau existe et c’est le Réseau Liberté Québec. Au niveau de la diffusion des idées, des vecteurs, ceux sur lesquels miser en premier sont Éric Duhaime, Nathalie Elgrably-Lévy et la bande à Mario Dumont.

La radio de Québec ? Une autre fois. Aujourd’hui, je parle de la province.

8. Il reste une éternité politique avant les prochaines élections provinciales. Le contexte peut changer et rendre l’électorat plus réceptif, et il reste du temps pour faire valoir des points de vue ‘’de droite’’. Il n’est pas trop tard.

9. Si l’ADQ est la meilleure solution en tant que navire politique, de combien de temps dispose-t-elle?

10. Cette question est d’autant plus pressante à régler parce qu’un parti politique a besoin de militants et d’une machine bien rôdée. Présentement, le moteur est sur l’établi, en instance de pièces détachées.

11. Dans le climat actuel au Québec, additionné aux tensions internes à l’ADQ, plusieurs hésitent aussi à prendre position. J’affirme que la prochaine élection provinciale sera la plus importante de l’histoire du Québec depuis la réélection du Parti libéral en 1962. Pas de bateau, mes amis, nous allons regarder le train passer. Moi, je pense que ça mérite de prendre des risques.

L’essentiel de mon raisonnement concernant le piège

Je viens donc d’écrire une lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec. C’est la fin du film! Mais vous avez manqué pas mal d’action. Audrey Tautou, Yvon Deschamps et Russell Crowe ont des rôles de soutien.

C’est aux tenants de la gauche de s’interroger sur la nature du Plan d’action de la CAQ, pas à la droite. Le vrai piège est là, parce que la droite au Québec n’en est pas une d’activistes professionnels. Nous devons choisir nos combats chaque fois. La majorité d’entre nous possédons la culture nécessaire pour voir ce plan pour ce qu’il est: un discours de gauche réchauffé aux micro-ondes.

François Legault agite un programme qui n’en est pas encore un. C’est une distraction. François Legault est un toréador. Voyez-vous rouge?

Une brioche et un café pour alimenter votre réflexion

Si ma liste vous interpelle, prenez connaissance du texte intégral de ma lettre. Ça vous fera quelque chose à lire en prenant une brioche et un café.

Cannelle, sans sucre dessus, s’il vous plaît.

Merci

 

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, si la tendance se maintient, et si je n’ai pas trop de linge sale à laver, je devrais préciser ma pensée sur l’importance de cette prochaine élection provinciale. Autrement, j’aurai peut-être en attendant un texte en psychologie à vous proposer comme plan… B. On verra. Revenez me voir.

PDF imprimable de ce texte : www.lapremiereminute.ca/lezamis/adq-caq

Adresse à tweeter : http://wp.me/p1Ge6d-1mJ

Contrepoids maintenant sur votre téléphone intelligent

Je suis heureux maintenant de vous annoncer que Contrepoids est maintenant adapté aux téléphones intelligents. Vous pouvez donc maintenant consulter Contrepoids partout où vous allez grâce à la nouvelle interface mobile.

L’interface devrait être compatible avec la plupart des téléphone offrant l’accès au web. Essayez-le!

Les indignés – suite et fin.

Note au lecteur. Ceci est ma dernière opinion sur les « indignés », promis. Si, comme moi, vous en avez assez d’en entendre parler alors faudrait que je commence moi-même à me la fermer non?

Intéressant les indignés, je parle de ceux de Montréal. 

Les « leaders » sont en train de lever le camp parce que des « parasites » (c’est à dire les itinérants, les drogués et autres indésirables), viennent occuper leur territoire. Ces « non contribuants à la cause » viennent manger leur bouffe, boire leur eau, utiliser leurs toilettes mais ne contribuent pas à la cause. 

Tiens donc, quelle ironie. Il semble que les indignés (les vrais) trouvent que ces itinérants et ces drogués profitent de leur largesse et du fait qu’ils se soient organisés pour trouver un peu de café, un petit refuge chaud et un endroit où ils n’auront pas à trop forcer pour survivre. 

C’est drôle, on dirait qu’ils accusent les itinérants des mêmes positions qu’ils ont pris depuis « l’occupation ». Celle de prendre de ceux qui se prennent en main pour donner à ceux qui ne veulent pas se prendre en main. Ou comme disait Karl Marx « From each according to his ability, to each according to his needs ». – Disons, pas certain que Marx l’aurait dit en anglais mais enfin.  

Les itinérants de Montréal sont aux indignés de Montréal ce que les indignés de Montréal sont au travailleurs et aux contributeurs de Montréal. 

Allez les amis, fini la récré. Entrez chez vous. Mais avant – AVANT – faite le ménage s’il vous plait. Ramassez vos affaires, jetez vos déchets, remettez les poubelles à l’horizontale. Le square Victoria c’est pas votre appartement, vous pouvez pas laisser vos cochonneries trainer partout.

Union ADQ-CAQ : Le regard des petits-enfants sur ces ministres de plus rien

Caricature: Ygreck

Caricature: Ygreck

 

 Le fascinant parallèle historique de Martin Otis, une réflexion sur le silence des chiens de garde de la droite et quelques autres gentillesses.

Et ça commence par Union ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?, où j’ai partagé avec vous mes craintes que les idées de droite de l’ADQ puissent être dénaturées au point de disparaître du paysage politique québécois en cas de fusion avec la coalition de Monsieur Legault. J’ai fait un retour sur la campagne électorale fédérale de 2000, quand le baroud d’honneur de Joe Clark permit au Parti conservateur de vivre pour livrer d’autres batailles et finalement gagner la guerre.

Ce faisant, je vous ai parlé de la possibilité de pouvoir regarder en arrière, quelques rides quelques cheveux gris en plus, la tête haute et, pardonnez le jeu de mot, surtout invité les parties en présence à penser au regard que leurs enfants porteraient sur elles dans quelques années.

Mais je m’en suis tenu à l’histoire des vivants. Martin Otis, lui, vient de parler de l’histoire des morts et de faire un fascinant parallèle avec l’alliance Gouin-Duplessis en 1935. Il a frappé dans le mille, le sacripant.

C’est passé en-dessous de mon radar et j’estime important d’attirer votre attention sur son texte, au cas où il soit passé sous votre radar à vous.

Au temps d’une paix, un mariage d’argent pour une dot vite flambée

En 1935, le Parti conservateur du Québec n’est pas en odeur de sainteté. Après avoir tenu à envoyer sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale des vierges canadiens-français mourir fusil en main pour Sa Majesté, l’électorat québécois s’est vengé de lui en faisant du Parti libéral le parti du pouvoir. Ce sont ces rouges de Louis-Alexandre Taschereau, si chers à Joseph-Arthur dans la série Le Temps d’une paix. Les scandales de corruption sont toutefois à pleuvoir sur le gouvernement libéral et le canard est en instance de patte cassée. Dans l’ombre, un certain Maurice Duplessis travaille à faire son heure. Il a été nommé chef de l’opposition en 1932. C’est un bleu, un conservateur.

Chez les libéraux, un groupe de députés menés par Paul Gouin vient de claquer la porte pour fonder l’Action libérale nationale, l’équipe qui remettra un peu de libéralisme dans une idéologie qui est devenue dominée dans les faits par le ‘’capitalisme des amis’’, cet interventionnisme étatique qui, sous le manteau du bien commun, donne tout son sens à l’expression ‘’voter du bon bord’’.

Les Québécois vont bientôt montrer la porte à Taschereau. Mais le fruit n’est pas mûr. Duplessis et Gouin contemplent la possibilité d’élire chacun de leur côté une poignée de députés. Et Duplessis l’underdog se fait lentement géant, à force de talent et d’une obstination relevant de la foi du charbonnier. Il comprend toutefois que les troupes de Gouin risquent de lui barrer le chemin. De plus, il passe certainement par la tête de ces dernières que les retourne-veste sont rarement récompensés à l’urne. Un par-ci par-là, oui, peut arriver à se faufiler. Mais toute une bande? Les ennemis de mes ennemis sont-ils mes amis? Dans les années trente, conservateurs et libéraux provinciaux sont chiens et chats, autant sinon plus que péquistes et libéraux d’hier. À la perspective d’un mariage d’argent avec des rouges travestis, la base militante des bleus de Duplessis ne se sent pas fringante.

Dans des petits bureaux enfumés, la question est posée. Qui portera les culottes? Soixante-quinze ans plus tard, elle pourrait être posée plus crûment. Qui baisera qui? Excusez ma vulgarité, mais il serait naïf de croire que les bleus de Duplessis firent dans la dentelle à l’idée de faire leur lit avec une ennemie idéologique. Présentons-nous devant l’autel, ramassons la dot, et laissons la mariée faire la vaisselle pendant que nous passerons nos soirées en d’autres lieux.

Et un mariage fut. En novembre 1935, Louis-Alexandre Taschereau réussit à conserver le pouvoir par la peau des dents. Peu après naissait l’Union nationale et, en août 1936, Maurice Duplessis remportait le Prix pendant que Paul Gouin se préparait à devenir un boulevard. Et les ténors de l’ALN furent placés dans des positions inoffensives et son programme à la poubelle. Les libéraux reprirent le pouvoir pour un mandat en 1940, les transfuges de l’ALN oubliés, et Duplessis revint ensuite faire la pluie et le beau au Québec le temps d’une Grande Noirceur.

L’histoire se répète parce que la nature humaine ne change pas

Avec son texte, L’alliance Deltell-Legault, l’histoire se répète, Martin Otis fait six parallèles directs entre l’alliance Gouin-Duplessis et l’alliance Deltell-Legault. C’est court, frappant et intrigant. Il a été publié le quatorze novembre dernier dans Le Prince Arthur. Le quinze, je publiais donc dans Contrepoids ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?

Avoir su, il est certain que dans mes notes j’aurais invité le lecteur à le consulter. Eh, bien je le sais maintenant. Je suis tombé sur son texte le seize.

Dans tout ce qui est passé sur mon bureau ces derniers jours, le texte de Monsieur Otis compte parmi ceux qui viennent nourrir le débat au lieu d’en être simplement observateurs. Ce que Martin Otis nous dit, c’est que la nature humaine ne change pas. L’histoire se répète parce que nous avons tendance à en oublier les leçons. Les amours Gouin-Duplessis étaient trop loin de ma culture politique, une note de bas de page dans les livres d’histoire, pour que je réalise à quel point elles rappellent les rituels nuptiaux entre Messieurs Deltell et Legault. Et l’amour est aveugle. Lisez son billet. C’est sidérant.

À mesure que les jours passent, les messages que je reçois sont qu’une aile de l’ADQ a envie de s’associer à une gauche efficace en enterrant le plus discrètement possible une droite peut-être militante. Je sens chez elle une frustration certaine mais bien peu de colère. Partageant ceci avec vous, je tiens toutefois à vous rappeler que je vous écris confortablement assis sur un divan à l’extérieur de l’ADQ. Je pèse donc des mots qui, pas trop mal écrits, pourraient donner une fausse impression d’autorité. Je pose des questions, commence à prendre position à titre d’illustre jean-foutre très connu dans son entourage. C’est très différent. Et je me méfie comme la peste du danger de faire des affirmations qui n’ont pas été confirmées par plusieurs sources. À ce stade, donc, tout le monde est beau et gentil à rouler sur un chemin pavé des meilleures intentions.

Dans la direction générale de l’Enfer.

Le Québec a besoin de géants. À gauche? Il a aussi besoin d’une droite.

Je suis convaincu que le paysage politique québécois a besoin d’une gauche dynamique, efficace, éclairée. Celle de Monsieur Legault occupant le haut du panier? Mon idée n’est pas faite, mais pourquoi pas? Étant fédéraliste depuis ma France entendre, je vais peut-être en étonner certains. Je serais de ceux à déplorer une disparition du Parti québécois de la scène politique. Parce qu’une partie de leur argumentaire demeure pertinent et qu’il a la capacité d’élever le débat. Remarquez, ils n’ont plus besoin de l’aide de personne pour faire échouer leur nef mais, ça, j’y reviendrai une autre fois.

Les libéraux de Monsieur Charest, c’est autre chose. Au-delà d’un interventionnisme économique aussi assidu que mollet, d’une conciergerie moyennant frais de gestion qui nous sont présentés comme une bonne affaire (mais pour qui?) et d’un rempart contre le Piku, le Parti libéral, quossa donne?

Monsieur le Premier Ministre du Québec, vous pouvez retenir vos avocats. Je ne suis pas en train de vous accuser personnellement de malversations, je suis en train d’énoncer un principe qui est mien. Je suis partisan d’une alternance des pouvoirs réfléchie. Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument.

À la décharge des libéraux, peut-être, une phrase qu’une personnalité péquiste a laissé passer en ne se doutant pas qu’elle se rendrait à mes oreilles au lendemain de l’élection des libéraux provinciaux en 2003, preuve une fois de plus que le nombre idéal de personnes pour garder un secret c’est un.

‘’Ne vous en faites pas pour Jean Charest, nous lui laissons les finances tellement de travers qu’il ne pourra rien faire.’’

Ben, voyons, à cœur vaillant rien d’impossible. La dette du Québec continue toujours à grimper. Je préciserai éventuellement ma pensée à ce sujet. En attendant, allez lire Nathalie Elgrably-Lévy, Joanne Marcotte et Éric Duhaime.

Nous vivons depuis plus de trente ans dans une matrice où les extrêmes sont gauche et plus à gauche et elle fausse collectivement notre jugement. Le Québec a besoin d’une ‘’vraie’’ droite pour équilibrer le balancier. J’ai une tendance en devenir pour vous. À gauche, il commence à y en avoir plusieurs à réaliser que le combat de la dette n’est plus une question de gauche ou de droite. La fin du party s’en vient et la peur s’installe. Je ne suis pas seul à m’inquiéter que les finances publiques en viennent incapables de mettre cette chair sur l’os de la pauvreté.

Mais le Québec dispose-t-il présentement d’un vaisseau politique capable d’avoir le courage de réserver l’argent du beurre pour ceux nés pour un petit pain?

J’ai la chienne pour eux.

Le Québec a besoin d’une droite. La droite a besoin d’un vaisseau. Sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

Pour qu’il prenne cet équilibre qui lui manque, le Québec politique a besoin d’une droite dynamique, engagée et engageante. Vocale. Il y a déjà un moment, Joanne Marcotte a commencé une longue traversée du désert à placer les Québécois devant la réalité de leur Illusion tranquille. Le Québec compte d’autres voix aussi engagées et engageantes. Je nomme ici Madame Marcotte en pensant aux actions concrètes qu’elle a posées suite à la réalisation de son documentaire. Avec Éric Duhaime et quelques autres, Joanne Marcotte est cofondatrice du Réseau Liberté-Québec, un organisme voué à la promotion d’idées de droite et surtout à leur démystification dans l’œil d’un public ayant de la difficulté à faire la différence entre une droite du centre et celle d’extrémistes.

Le geste est tout à son honneur. Nous avons besoin d’un mouvement non partisan, de citoyens, capable d’endosser ponctuellement les positions de tel ou candidat, par exemple, mais qui n’est à la solde de personne. Paraîtrait même qu’il y a des gens de gauche parmi ses membres.

Cela dit, alors que le combat n’est pas livré, j’ai commencé à entendre le discours de la défaite parmi certains tenants convaincus de l’importance d’avoir au Québec un parti de droite, du genre le vaisseau prend l’eau, restons sur la rive à clamer notre indignation. Nous réussirons à faire entendre nos voix malgré tout.

Ah, ouais? Il n’y a pas de pire sourd que celui qui n’est pas forcé de vous écouter. En politique, la possession constitue les dix dixièmes de la loi. Vous imaginez-vous, casquette tendue, à demander des finances publiques plus saines? Vous serez de vulgaires quémandeurs qui, au mieux, se feront accorder à grands frais une commission sur la question. Histoire de faire couler bateau encore plus vite et de ne pas vous dire que vous étiez dans le vrai.

En clair, pas de sucre dessus? Le Réseau Liberté-Québec me semble la plus belle invention depuis le pain tranché – assez pour que j’en sois devenu membre. Mais s’il devait être seul à s’attaquer à un ennemi fortement retranché, ce serait lui concéder l’avantage de se défendre sur un seul front. La Charge de la brigade légère, ça vous tente, vous?

Le silence des chiens de garde

Il prend l’eau? Le Québec a quand même besoin d’un vaisseau de droite et,  à l’intérieur de l’ADQ, ce ne sont pas les tenants d’une fusion avec la CAQ qui feront des efforts pour le radouber. C’est d’autant plus vrai que plusieurs d’entre eux sont de bonne foi. L’ADQ est-elle un parti de droite? Et, si oui, qui peut bien avoir réussi à lui insuffler ce penchant? On n’y pense plus maintenant, mais l’Action démocratique du Québec est née dans le bruit et la fureur qui ont suivi les échecs des accords du Lac Meech et de Charlottetown. Elle était d’abord et avant tout une réaction supplémentaire au choc des deux solitudes. Une photogénique caution à ménager, aussi, pour un référendum d’il faudrait.

Quelque part en son sein, des partisans de la droite, eux aussi de bonne foi. C’est leur silence qui m’inquiète. Question. L’ADQ est-il un adulte à casquette dans le sous-sol de Moman? Pour un jeune parti, ce serait signe de notre époque, de ces générations X et Y que le contexte a faites Tanguy, à professer leur autonomie en frappant la table du poing pendant que l’autre est tendue à réclamer les clés de l’auto. C’est aussi un signe de cette timidité qui fait partie de nos gènes. Le porteur d’eau n’est pas loin. C’est le voisin. C’est moi. C’est vous.

C’est le temps de grandir.

Je m’inquiète aussi du silence des coroners de la chose politique dont le regard est suffisamment clair pour comprendre que gauche et plus à gauche c’est dangereux. Bien sûr, à ce stade, pour la majorité le cœur penche toujours à gauche, observateurs inclus. Plusieurs pensent sans oser le crier que de voir l’ADQ digérée par une gauche ‘’efficace’’ est une excellente idée. Évitons de le dire au visage de la mariée, prenons-lui sa dot et ainsi soit-il. Elle aura au moins le bénéfice du couvert.

J’ai parlé de la bonne foi de ces partisans qui, à l’intérieur de l’ADQ, sont prêts à embrasser la gauche ‘’efficace’’. Je ne partage pas leur point de vue mais leur accorde le bénéfice du doute. Ils ne peuvent pas renier une vision de l’état à laquelle ils n’ont jamais adhérée en partant. Le moment de vérité sera au moment des adieux. Locataires voulant casser leur bail, seraient-ils prêts à s’enfuir avec les meubles contre le gré de leur base militante? L’histoire nous le dira.

Revenons au parallèle Gouin-Duplessis fait par Martin Otis.

Êtes-vous de ceux qui commencent à croire qu’une fusion ADQ-CAQ ne serait rien de plus qu’une prise de contrôle inversée?

C’est le temps d’agir.

C’est le temps de faire entendre vos voix, de mettre de côté les conflits personnels et ce que j’appelle les concours de basse-cour, à jalouser la crête du ‘tit coq d’à côté. Monsieur Gouin et ceux qui l’ont suivi ne sont plus que des notes de bas de page de l’histoire, les dindons d’une farce opportuniste que Monsieur Otis vient de nous rappeler. Au mieux, une poignée de leurs petits-enfants devenus vieux les regardent de loin. C’est grand-père, un oncle un sourire une poignée de bonbons. Ministres de rien du tout.

L’histoire de maintenant reste à s’écrire. Autant suivre sa conscience pendant que nous pouvons en voir les fruits de notre vivant. Et parce que j’aimerais mieux vivre beau que laid. Je mourrai bien assez vite.

Et ça se termine avec un épilogue dans Barry Lyndon, le film des aventures d’une canaille pas trop méchante, prête à tout pour s’élever dans la bonne société anglaise de la fin du dix-huitième siècle. Le film est basé sur un roman de Thackeray mais Stanley Kubrick avait été égal à lui-même, le transformant en beaucoup plus que l’œuvre originale. Son histoire finie, il avait ajouté sur fond noir:

Ces personnages vécurent sous le règne de George III. Bons ou méchants, beaux ou laids, ils sont tous égaux à présent.

 

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, je précise ma pensée concernant l’émergence de la coalition de François Legault. À tous avoir le nez contre la vitre, un élément est négligé par plusieurs. Et ce n’est pas une fleur dans le tapis.

 

NOTES

MARTIN OTIS – LE PRINCE ARTHUR

L’alliance Deltell-Legault, l’histoire se répète, publié le 14 novembre 2011 dans Le Prince Arthur.

MON TEXTE DU 15 NOVEMBRE

C’est ici.

ÉRIC DUHAIME

Son blogue dans le Journal de Québec.

NATHALIE ELGRABLY-LÉVY

Ses chroniques dans le Journal de Montréal.

Toutes ses chroniques archivées sur le serveur de l’Institut économique de Montréal.

JOANNE MARCOTTE

Son blogue.

REGARDEZ L’ILLUSION TRANQUILLE POUR PAS UNE CENNE

RÉSEAU LIBERTÉ-QUÉBEC

C’est ici.

L’ÉPILOGUE DANS BARRY LYNDON

Le texte de l’épilogue du film n’est pas de la main de Kubrick mais bel et bien de celle de William Thackeray. Dans son livre, toutefois, il l’avait placé au début du chapitre premier. En le plaçant à la fin de l’histoire, Kubrick lui donne une toute autre portée. Le petit mot dans le roman nous distance des personnages, dans le film il nous fait leurs semblables.

Bilge Ebiri, dans Barry Lyndon: The Shape of Things to Come, nous dit à peu près la même chose.

Citation originale du roman: ‘’It was in the reign of George the III that the above named personages lived and quarreled; good or bad, handsome or ugly, rich or poor, they are all equal now‘’

FRANCE ENTENDRE?

Pensez-y, les Dupondt, dans Tintin.

TANGUY?      

Le film, dans Wikipédia.

UNE YGRECK DANS L’AIR DU TEMPS

Coucou.

AVIS JURIDIQUE

Je viens de me prendre une carte de membre du Réseau Liberté-Québec, oui, mais mes propos n’engagent que moi et personne d’autre.

P.S.: Merci, c’était plaisant. À plus.

Les indignés – encore.

Occupons-Montreal

J’apprend ce matin que les indignés de Montréal « sont d’accord pour démenteler leurs structures de bois à la condition que la ville leur signe une entente qu’ils pourront occuper le square Victoria au moins jusqu’au printemps. » 

!!!!!!!

Mais quelqu’un peut-il m’expliquer c’est quoi cette merde? J’ai tu bien compris?

Ils occupent ILLÉGALEMENT un parc PUBLIC payé par nos taxes pour l’utilisation de tous. Ils l’occupent depuis assez longtemps qu’ils croient avoir le droit de DICTER des règlements? 

Et que fait le cher maire de Montréal? Ils leur dit qu’ils devraient partir mais qu’ils peuvent rester. C’est certain qu’avec une position forte comme cela et une menace qui plane sur leur tête, les pauvres indignés doivent vraiment penser à aller ailleurs. Comme se faire japper après par un Chihuahua. Si tu continues de me japper après non seulement tu m’énerves mais dans un moment je vais te donner un solide coup de pied. C’est exactement comme cela que les indignés se comportent. Et qui pourraient les blâmer? Ils ont été élevés à revendiquer mais pas à contribuer. À chialer sans jamais offrir des vraies solutions qui pourraient fonctionner. À s’asseoir et occuper, plutôt qu’à se lever et changer les choses par l’action. 

On fait vraiment pitié. On tolère que des vas-nu-pieds nous tiennent en ôtage, qu’ils occupent des parcs publics, empêchant les travailleurs d’en jouir. Surtout celui du Square Victoria oû des dizaines de milliers de travailleurs passent chaque jour pour aller travailler – savez ce bizarre de concept?

Ma solution? On leur donne une journée – UNE- pour démanteler, nettoyer et s’en retourner chez leurs parents, aller étudier, aller travailler. OK soyons conciliants, on leur donne un week end – un dernier week end. Après, la ville débarque, sans violence, et reprend possession du parc. On démonte les tentes, les structures de bois, les toilettes chimiques, on nettoie le tout et on passe à autre chose. 

Non mais quand est-ce qu’on va exiger que la ville mette ses culottes? C’est vrai qu’avec le maire qu’on a, les espoirs sont minces. Celui même qui a déclaré que Montréal était « la capitale internationale de la tolérance ». Mets-en. La capitale internationale du laisser faire, du mou et de l’immobilisme. 

Tanné vous dites? Vous avez pas idée.

Message de Bill Gates aux indignés

Bill Gates1

 

Ceci n’est pas vraiment un message que Bill Gates a adressé aux indignés, mais il aurait bien pu. C’est en réalité une liste de dix règles qu’ils s’est imposé à lui-même et qui ont été extraites d’un discours qu’il a prononcé dans une école secondaire quelque part aux États-Unis. Ça circule présentement beaucoup sur Facebook. Qu’il ait prononcé ce discours ou non, c’est trop bon pour ne pas le divulguer:

Règle 1:
La vie est injuste: habituez vous!

Règle 2:
Le monde se fout de votre amour-propre.
Le monde s’attendra à ce que vous accomplissiez quelque chose AVANT que vous ne vous félicitiez vous-même.

Règle 3:
Vous ne gagnerez pas 60,000 $ par an en sortant de l’école.

Vous ne serez pas vice-président en commençant, avec GSM et voiture de
fonction fournis, avant d’avoir mérité, gagné ces privilèges.

Règle 4:
Si vous croyez que votre professeur est dur avec vous, attendez d’avoir un patron.

Règle 5:
Travailler dans une friterie n’est pas s’abaisser. Vos grands-parents avaient un mot différent pour ça: ils l’appelaient une opportunité.

Règle 6:
Si vous gaffez, CE N’EST PAS LA FAUTE DE VOS PARENTS, arrêtez de
chialer et apprenez de vos erreurs.

Règle 7:
Avant que vous naissiez, vos parents n’étaient pas aussi ennuyants qu’ils le sont maintenant !
Ils sont devenus comme ça :
* En payant vos factures,
* En nettoyant vos vêtements
* Et en vous entendant répéter sans arrêt combien vous êtes bons et cools.
Ainsi, avant de sauver les forêts tropicales des parasites de la génération de vos parents, commencez donc par faire le ménage dans votre propre chambre et tout ce qui s’y trouve

Règle 8:
Votre école s’est peut-être débarrassé du système « gagnant-perdant », PAS LA VIE !
Dans certaines écoles, on a aboli les notes de passage et on vous donne autant de chances que vous voulez pour obtenir la bonne réponse.
Ceci n’existe pas dans la vraie vie !

Règle 9:
La vie n’est pas divisée en semestres.
L’été n’est pas une période de congé.
Et très peu d’employeurs sont disposés à vous aider à VOUS ASSUMER, c’est votre responsabilité.

Règle 10:
La télévision n’est pas la «vraie vie».
Dans la vraie vie, les gens quittent le café et vont travailler.

À cette liste, j’ajouterais une règle no 11: Cessez de chiâler contre les riches parce qu’ils sont riches et IMITEZ-LES. Ils ne sont pas devenus riches en restant assis sur leur steak à attendre que la « société » leur donne leur « dû ».

Union ADQ-CAQ : Le marié est-il le meilleur parti ?

ygreck-legault-deltell

Caricature: Ygreck

 

 

Un vote pour l’ADQ, c’est un vote pour…

Après une semaine de vacances des nouvelles de notre étang, j’ouvre mon Journal de Québec en plein sur la caricature d’Ygrec. Je n’aime pas ce que je vois. Gérard Deltell est en robe de mariée, impassible, un doigt pointé vers François Legault. Non, pas le majeur.

Et un curé laïque étole fleurdelisée dit :

‘’Promettez-vous d’abolir les Commissions scolaires et de privatiser en santé pour le meilleur et le pire ? Dites : oui je le veux.’’

Et, bien que Jean-Michel Anctil ne soit pas illustré sur la caricature, François Legault, alliance en main, sue à grosses gouttes pendant que, trois points de suspension, il marque une pause équivalente à une sieste de Râteau avant de répondre d’une voix ferme :

‘’HEU…’’

Donc, l’ADQ est en pourparlers de fusion avec la CAQ. Ygreck vient de me sauver l’écoute du téléjournal une fois de plus. À l’âge qu’a Monsieur Deltell, je pourrais lui reprocher d’avoir choisi une robe de mariée blanche. Je pense qu’un tailleur noir aurait été plus convenable. Quant à s’être laissé séduire par Monsieur Legault, je ne sais pas encore, il a peut-être des atouts que nous ignorons. Mais j’aime Monsieur Deltell et j’ai beaucoup de respect pour la tâche ingrate qui a été la sienne ces dernières années – les Iznogoud de ce monde n’ont pas exactement fait la file pour être calife à sa place. Je suis aussi un de ces Québécois un peu bizarres, à croire que le Québec a besoin de laisser plus de place aux idées de droite. Alors, je me sens le droit, le devoir, de poser la question : le marié est-il le meilleur parti pour lui ? Pour nous ?

À quel point en sont Messieurs Deltell et Legault dans leurs rituels nuptiaux ? Nous vivons dans une société dite ‘’moderne’’. Parfois, les unions sont consommées avant l’échange des alliances et la mariée enceinte devant l’autel. Mais à voir les parents, je me demande à quoi pourrait ressembler le petit et qui va porter les culottes.

Un fédéraliste de droite convole avec un souverainiste se réclamant de la gauche. Ça risque de faire passer la direction bicéphale de Québec solidaire pour une union modèle. Jean Charest risque d’en faire des gorges chaudes. À continuer à lire mon journal en attendant ma commande, je me rends compte que c’est chose faite.

Et, un soir de patates frites mayo maison plus cinq ketchups, en page vingt de l’édition du neuf novembre du Journal de Québec, c’est titré : ‘’FUSION Charest niaise les caquistes’’.

‘’Les gens savent à quoi s’en tenir avec un gouvernement libéral, pas avec un parti dirigé par un ancien ministre péquiste qui a laissé de côté la souveraineté,’’ prévient Monsieur Charest.

Concernant l’ancien ministre péquiste, je ne sais pas plus à quoi m’en tenir qu’au sujet de ses amours avec un fédéraliste de droite. Par contre, Jean Charest est cent pour cent dans le vrai quand il nous prévient que nous savons à quoi nous en tenir au sujet de son gouvernement.

Avec ce que vous savez, vous, souhaitez-vous voir Jean Charest à la tête d’un gouvernement libéral aux prochaines élections ? Dans le contexte actuel, voudriez-vous d’un gouvernement libéral tout court ? Si la réponse est non, il va falloir s’intéresser sérieusement à la mariée, sa dot, et son prétendant. Là, là, pas après le magasinage de Noël.

Mes sympathies adéquistes étant ce qu’elles sont, au premier coup d’œil j’ai été peiné de voir qu’Ygrec avait décidé que Monsieur Deltell serait celui qui tiendrait le rôle de l’épouse. Appelons-ça le relent d’un prisme poli à une autre époque, quand le mari paraissait être la plus haute instance dans le couple. Bien que, le Québec étant une société matriarcale… on peut toujours espérer que Gérard Deltell occupe le haut du pavé, mine de rien.

Une chose est certaine. Une Adéclaque (Action démocratique pour l’avenir de la coalition du Québec) gouvernerait certainement plus à gauche que l’ADQ telle que nous la connaissons maintenant. Ce qu’il faudrait voir, c’est si cette Adéclaque gouvernerait plus à droite que les libéraux ou les péquistes. Le vrai enjeu aux prochaines élections provinciales sera la dette du Québec et un redressement de ce qui restera des finances publiques. Aussi avec un ‘’Y’’,  la fin du party s’en vient, les amis, je vous le dis. Épelez-moi le mot ‘’austérité’’ dans l’ordre et, dans tous les sens du terme, le désordre.

Évidemment, la donne actuelle au Québec fait qu’il est impossible de se faire élire sur un programme électoral qui ne soit pas clientéliste à outrance. Il faut promettre le beurre et l’argent du beurre. Il faut dire aux gens qu’ils sont beaux et en aucun cas promettre du sang et des larmes. Ça, c’est bon pour les Anglais, et uniquement quand un petit caporal s’emploie à envoyer des gentillesses sur Londres.

Vous rappelez-vous Jean Charest, version 2003, à promettre une réingénierie de l’état ? J’attends toujours, et vous ? Alors, à faire des promesses en visant le centre d’un axe où les extrêmes sont gauche et plus à gauche, à quoi pourrait-on s’attendre après les élections ? Un glissement vers la gauche afin de ne pas trop faire de vagues ? Un automne de ‘’réingénierie’’ en 2003, le chemin qui y menait a été bloqué net par quelques barricades.

Je suis conscient de poser des questions déplaisantes. Mais je pense essentiel de les poser maintenant, avant que le contrat de mariage ne soit signé et l’enfant conçu. Ce faisant, elles pourraient aussi contribuer à grossir la taille de la dot de la mariée.

N’en demeure pas moins, je suis un pragmatique. Un tien vaut mieux que deux tu l’auras. Je pense au parcours du combattant de Stephen Harper, au chemin qui l’a conduit à la tête du Parti conservateur puis au pouvoir. Le point de départ était l’Alliance canadienne, incarnation politique de ses idéaux. Il a mis un peu d’eau dans son vin et a quand même réussi à accomplir une grande partie de ses objectifs.  Parenthèse ouverte fermée rapidement, je ne crois pas qu’il en ait terminé avec la liste des réalisations qui lui sont chères. Just watch him. Mais lui dispose de plus de temps. D’autant plus que Monsieur Harper est une de ces étonnantes créatures politiques, genre avec une colonne vertébrale, qui réussissent à maintenir le cap de leur navire, tempête ou pas. À contrôler l’agenda, aussi. Vous y penserez. Même maintenant, je pense qu’il demeure sous-estimé.

Ce que je suis en train de vous dire, c’est qu’il est possible qu’une fusion de l’ADQ avec la CAQ puisse permettre la réalisation d’une partie suffisante de son programme. La variable politique majeure, c’est le contexte. L’histoire s’accélère. La dette du Québec est une abstraction depuis trop longtemps. Collectivement, nous ne réalisons pas à quel point le mur est proche. Toutefois, cette proximité du mur va commencer à être remarquée par plusieurs avec une intensité croissante cet hiver. Assez pour en secouer plus d’un dans son confort intellectuel et son confort tout court. Dans la perception du public, le déclencheur sera l’inflation.

            La force, c’est le nombre, le nombre, le nombre. Y aura-t-il suffisamment de gens à prendre conscience de l’urgence de repenser le Modèle québécois pour rouvrir une porte à l’ADQ ? Une ADQ se relevant seule et fière de l’être ? Y a-t-il un actuaire psychologue dans la salle ? Il y aurait une profonde ironie à voir des préoccupations ‘’typiquement’’ adéquistes devenir épidémiques chez l’électorat alors que ses militants viendraient juste de monter à bord d’un autre bateau, à regarder s’enfoncer dans la mer la poupe du navire qu’ils viennent de saborder. Je vois même la petite hélice qui tourne et les glous-glous.

            L’autre variable est évidemment à quel moment les élections seront déclenchées. Avantage : Jean Charest. Voilà ce que ça donne, de ne pas tenir de scrutins à date fixe.

            Toute la cage des homards est là, l’attrape : ce contexte qui change mais qui n’a pas encore atteint son point de bascule au Québec. Dans les faits, le vrai enjeu des prochaines élections sera les finances publiques. Il n’est cependant pas impossible que le public n’en prenne conscience qu’après coup.

            Bien sûr, la perspective du pouvoir pour le pouvoir c’est toujours tentant. Parlez-en aux péquistes, à supporter Madame Marois en congrès pour ensuite la renier six mois plus tard quand il apparait clair que le PQ a besoin de beaucoup plus qu’une liposuccion pour reprendre le pouvoir. Ou conserver les sièges sur lesquels certains sont assis, n’est-ce pas ?

            J’ai déjà simplifié ma pensée à l’extrême face aux péquistes. Je ferai peut-être amende honorable une autre fois. Mais vouloir être à la fois vache et mal informé, je ferais tout de suite un amalgame entre des angoisses péquistes et adéquistes face au pouvoir de l’argent… et d’une pension. Mais il est encore trop tôt, comme il est trop tard pour retourner sa veste. Je vais me limiter à mentionner que s’il y avait un moment pour obtenir un job en politique sur la force d’une marque de commerce quelconque, c’était sur celle de Jack Layton aux dernières élections fédérales.

            Avez-vous fait le saut en politique par conviction, pour faire un monde meilleur, ou êtes-vous en politique pour vous offrir un monde meilleur ? Un choix parmi d’autres. Vous pouvez devenir ministre de rien ou député de tout. Essayez maintenant le chapeau pour voir s’il vous fait.

            Ça ne prend pas grand chose parfois. Un changement de contexte, un minuscule intangible qui devient l’étincelle mettant le feu aux poudres. Après le départ de Brian Mulroney en 1993, le Parti conservateur était aux prises avec de légers problèmes rappelant ceux que connaît présentement le Bloc québécois. Vous rappelez-vous Joe Clark et son stupéfiant baroud d’honneur durant la campagne électorale fédérale de 2000 ? Cet homme-là a sauvé les meubles du Parti conservateur et lui a permis de racheter la maison quelques années plus tard. Ça a pris un moment, je sais, et pas sous la forme que Monsieur Clark aurait souhaitée. Mais en 2000, Joe Clark a fait preuve d’un courage politique et personnel remarquable. Son courage appartient maintenant à l’histoire, et s’il existe un homme politique canadien qui peut marcher la tête haute c’est bien lui.

            À vous rappeler ce moment, le lecteur attentif aux nuances sera peut-être tenté de me dire que le courage de Joe Clark a été suivi par la fusion de deux partis politiques et que celle-ci lui fit claquer la porte. Je sais. Monsieur Clark a cependant pris ses distances devant la crainte de voir le Parti conservateur glisser vers la droite tandis que c’est un glissement de l’ADQ vers la gauche qui m’inquiète. La nature profonde de la peur est la même, toutefois, celle de voir une formation politique se dénaturer. Et c’est pour ceux qui partagent ces mêmes appréhensions que j’écris aujourd’hui.

            Je m’adresse donc aux adéquistes mais je m’adresse autant sinon plus à ceux qui sur la clôture sont à craindre que le Québec ne meure noyé sous sa dette. Un tel moment venu, ce sont tous les acquis sociaux arrachés à la force du poignet il y a trois générations qui seront soldés dans une monumentale vente de faillite. Ici, je parle de cette chair sur l’os de la pauvreté, pas du caviar que s’est offert à la louche une certaine gauche. Entendez-vous le glas de la Grèce ? Il sonne pour nous tous.

            Un pan marquant de l’histoire du Québec est en instance de s’écrire. À ceux qui doutent, à ceux qui ont peur, j’ai envie de vous dire de penser au regard de vos enfants quand la poussière sera retombée. Quand, vous, vous appartiendrez à une histoire récente, comme celle de Joe Clark aujourd’hui.

Un rendez-vous s’en vient. Il n’est pas impossible qu’il puisse permettre le retour de ces géants de la politique, hommes et femmes d’état plutôt que ces insignifiants mangeurs de hot-dogs myopes et sans épine dorsale. S’il nous reste des géants, bien sûr. Et si notre passivité complice devant un système éducatif déterminé à faire de nos enfants des nains n’a pas été trop grande.

            Est-il trop tard ? Il est minuit moins cinq. Mais même à minuit une il n’est jamais trop tard : c’est simplement un jour nouveau qui commence. Et à jour nouveau, l’importance de livrer les combats d’aujourd’hui, de demain, et non ceux d’hier. Pensez à vos enfants. Pensez à l’espoir dans leurs yeux, parce que c’est le vôtre qui s’y reflète. Vous êtes des géants, des modèles. Si vous en décidez ainsi. Autrement, ne comptez pas sur moi pour leur dire que vous êtes beaux.

Je vous aime. Peut-être.

            Cette envolée poétique faite, redescendons dans le ring. Même si le Québec a plus tendance à foutre ses premiers ministres à la porte qu’à s’en choisir des nouveaux – suivant, l’autre on ne l’aime plus! – une campagne électorale percutante demeure nécessaire pour être élu. Peu importe qu’après on passe tout son mandat à tremper son pain dans l’assiette en prenant un air innocent, il faut d’abord la formule assassine pour administrer cet électrochoc qui viendra neutraliser la prime de l’urne.

Et ça m’amène à Jean Charest, artisan potentiel d’une renaissance de l’ADQ. Précisons que je n’ai jamais vu Monsieur Charest manger, mais je l’ai vu sur le terrain. Jean Charest est un formidable campaigner, et il existe une ou deux formations politiques où je serais tenté d’envoyer son curriculum vitae. Imaginez un parti bicéphale, avec Monsieur Charest pour faire campagne et un autre pour gérer la machine une fois les élections gagnées. La gérer comme il faut, s’entend.

            Au débat des chefs, je verrais très bien Jean Charest nous dire avec conviction :

            ‘’Un vote pour l’ADQ, c’est un vote pour l’ADQ.’’

            En tout cas, si Monsieur Charest devait décider de ne pas vous le dire, moi je vous le dis : un vote pour l’ADQ, c’est un vote pour l’ADQ. Et vous pouvez me citer.

            Vous, vous en pensez quoi ?

Vous avez mes notes maintenant. Je vous invite à les comparer avec les vôtres. Bonne réflexion. Moi, je retourne me regarder dans le miroir, à continuer à me poser de sérieuses questions sur ma passivité des vingt dernières années. Parce que je ne me sens pas plus beau que vous.

On s’en reparle.

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca      

 

 

NOTES :

CARICATURE D’YGREC

La caricature d’Ygrec est ici :

http://ygreck.typepad.com/.a/6a00d8341c5dd653ef015392e5b322970b-popup

Quand vous voudrez faire semblant de travailler, visitez son site, c’est hilarant et il m’épargne à l’occasion l’écoute du téléjournal.

http://ygreck.typepad.com/

Les 13 et 14, Ygreck a commis deux autres caricatures dignes de mention :

http://ygreck.typepad.com/.a/6a00d8341c5dd653ef015392fa1036970b-popup

J’adore le deltaplane à pédales :

http://ygreck.typepad.com/.a/6a00d8341c5dd653ef015436e0d596970c-popup

DÉVELOPPEMENTS

Ce texte a été rédigé le soir du 9 novembre 2011. J’y ai apporté des révisions mineures le 11 suivant mais les choses vont vite :

GILBERT LAVOIE/LE SOLEIL

Le samedi 12, Gilbert Lavoie du Soleil a publié une très bonne chronique : Et si l’ADQ refusait de mourir… Le nez un peu plus proche que moi de l’action, Monsieur Lavoie parle, lui, d’un scénario où l’ADQ disparait purement et simplement au profit de la coalition de François Legault.

Vous pouvez la lire dans le site de Cyberpresse.

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201111/11/01-4467119-et-si-ladq-refusait-de-mourir.php

IAN SÉNÉCHAL/LES ANALYSTES

Dans le site Les Analystes, Ian Sénéchal a mis en ligne le dimanche 13 un texte où il écrit qu’il ‘’est évident qu’une fusion ADQ-CAQ ne servirait les intérêts que des quelques élus adéquistes et de tous ces gens qui ont cautionné la dette du parti.’’

Il ajoute plus loin :

‘’Les mouvements politiques de droite ont plus de vigueur que jamais au Québec. C’est du côté de la partisannerie politique qu’il y a un problème. Le seul véhicule disponible est cabossé pas à peu près.’’

Candidat défait de l’ADQ aux élections de 2008, Monsieur Sénéchal est aussi cofondateur du Réseau Liberté-Québec.

C’est ici :

http://lesanalystes.wordpress.com/2011/11/13/en-reponse-a-m-pratte/#more-5056

PHILIPPE DAVID/CONTREPOIDS

Le 13, dans La naissance de la CAQ signifie-t-elle la fin de la droite au Québec?, Philippe David du webzine Contrepoids prend position :

‘’C’est mon espoir et celui d’un grand nombre de partisans de la droite libertarienne et économique que la proposition de fusion soit soumise à un vote des militants et soit battue. Les membres du comité exécutif et du caucus qui ont soutenu la fusion démissionneraient, ou seraient invités à partir, laissant la place à des successeurs qui sont vraiment de droite. Pour cela, il faudrait que les vrais partisans de la droite reviennent au bercail et peut-être que de nouveaux partisans viennent rejoindre leurs rangs.’’

C’est ici :

http://www.contrepoids.com/2011/11/13/la-naissance-de-la-caq-signifie-t-elle-la-fin-de-la-droite-au-quebec/

                                                                                   

 

 

 

La naissance de la CAQ signifie-t-elle la fin de la droite au Québec?

C’est André Pratte qui pose cette question sur le blogue de l’édito de La Presse. Je me suis permis d’y répondre et je vais donc reproduire ma réponse ici.

J’ai l’honneur et le privilège de côtoyer plusieurs figures de proue de la droite québécoise, incluant M. Pouliot, Joanne Marcotte et Éric Duhaime, pour ne nommer qu’eux. Les discussions font rage sur les réseaux sociaux en ce qui concerne l’ADQ.

Les partisans de la droite sont des orphelins politiques et sont très mal représentés. Aucun parti politique ne défend vraiment leurs valeurs. Ces partisans on crû pour un temps que l’ADQ puisse répondre à leurs aspirations. Certains y croient encore, mais beaucoup n’y croient plus. C’est pourquoi ils ont déserté l’ADQ aux dernières élections.

Plus j’en apprend sur l’ADQ, et plus j’en viens à la conclusion que ce parti est profondément divisé, ayant d’un coté des partisans férus de la droite économique et de l’autre des partisans du centre-mou, pour ne pas dire centre-gauche, menés par un des fondateurs du parti, Jean Allaire.

Ce sont M. Allaire et sa clique qui désirent la fusion avec la CAQ, alors que le reste est farouchement contre. Il est difficile de savoir présentement quel groupe est prédominant, mais M. Allaire compte plus de sympathisants parmi le comité exécutif et probablement le caucus des députés, qui calculent leurs chances de ré-election et croient les vents plus favorables à la CAQ. Du côté de la base militante, mon impression est qu’un grand nombre est contre la fusion.

C’est mon espoir et celui d’un grand nombre de partisans de la droite libertarienne et économique que la proposition de fusion soit soumise à un vote des militants et soit battue. Les membres du comité exécutif et du caucus qui ont soutenu la fusion démissionneraient, ou seraient invités à partir, laissant la place à des successeurs qui sont vraiment de droite. Pour cela, ilfaudrait que les vrais partisans de la droite reviennent au bercail et peut-être que de nouveaux partisans viennent rejoindre leurs rangs.

Suite à ça, l’ADQ aurait quand même plus d’un an avant la prochaine élection pour redorer son blason auprès de la droite québécoise et recruter des candidats de qualité et enfin devenir un représentant digne de ce segment de l’électorat québécois.

La cartélisation des professions

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Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine1 ne fait pas exception : il continue de railler contre les « fermetures sauvages » d’usines – chacun sait que l’entreprise privée se doit d’être charitable, et au yâble les pertes –, la hausse des frais de scolarité – alors que des frais bon marché ne semble pas influencer la fréquentation2 – et affirme que le patronat est d’accord avec les subventions – alors que le Conseil du patronat affirme qu’il faut faire le contraire3. Par contre, environ la moitié de son texte contient une sagesse insoupçonnée : la dénonciation du monopole du Collège des médecins.

Bien sûr, en glorificateur de l’État qu’il est, M. Lauzon ne reconnaitra pas que c’est le gouvernement qui a créé ce puissant lobby. En effet, depuis 1898, et sur approbation du gouvernement de l’époque, il est du pouvoir du Collège d’accorder un permis de pratique à qui satisfait leurs conditions4. Ainsi se réalise le cauchemar d’Adam Smith : « Il est rare que des gens du même métier se trouvent réunis, fût-ce pour quelque partie de plaisir ou pour se distraire, sans que la conversation finisse par quelque conspiration contre le public, ou par quelque machination pour faire hausser les prix »5 Et quand ces machinations sont forcées par l’État – via le Collège des médecins ou le Barreau du Québec – alors le public en sort perdant.

 

Naturellement, les principaux concernés affirmeront que c’est « pour notre bien », que sans formation et certification officielle, les gens courent le danger de tomber sur un charlatan. Considérant que leur nombre est toujours aussi impressionnant (homéopathie, magnétothérapie, reiki), force est de constater que c’est un échec. De toute façon, cessons de jouer à l’autruche : la seule et unique raison pour laquelle ces cartels – parce qu’ils en sont6 – existent, c’est pour protéger les membres et leurs salaires7. À ce sujet, les hauts salaires des médecins s’expliquent par des principes d’économie 101.

 

Comme pour toute profession, celle des médecins est soumise à l’offre et à la demande. Ces derniers offrent leurs services à qui veut payer pour en recevoir. Malheureusement, la limitation de l’offre de services des médecins fait qu’ils peuvent se permettre de charger plus pour leurs services. Ils peuvent se permettre de charger encore plus parce que la demande est artificiellement augmentée au travers des services de santé étatisés et même au travers des assurances privées dans certains pays. Simple curiosité : pourquoi tient-on autant à ce que les médecins soient accessibles? Pourquoi les dentistes? les chiropraticiens? les massothérapeutes? Même avec une assurance privée, les gens doivent toujours débourser un certain montant pour se procurer les services.

 

Déréglementer pour économiser

 

Afin de régler les nombreux problèmes occasionnés par le Collège des médecins – prix exorbitants, monopole dans la distribution des permis de travail et dans la formation, non-reconnaissance des diplômes étrangers –, il s’agirait tout simplement de l’abolir.

 

Je sais, je sais, sans certification « officielle », plusieurs charlatans voudront s’improviser médecin et tenter de me voler mon argent en me proposant des solutions bidons. Malheureusement pour ces personnes, je suis un homme intelligent et je sais faire la part des choses. Autant je ne prends pas de médicaments homéopathiques pour soigner mes maladies, autant je ne consulterais pas un docteur n’ayant pas une certaine formation (fût-elle optionnelle) et une certaine expérience dans le domaine. Et même si des gens tombaient dans le piège d’un faux médecin, ce dernier devrait en subir les conséquences par des poursuites pour fraude, blessures ou meurtre, dépendant de la gravité de la faute. Aucun humain normalement constitué ne veut s’alourdir la conscience de telles choses.

 

Mais d’un autre côté, les couts en santé diminueraient dramatiquement. Comme la majorité des hausses des couts en santé sont causées par les hausses salariales des professionnels, « dé-carteliser » les médecins et les autres professions ramènerait l’offre de services à un niveau plus près de celui du libre-marché. Il resterait toutefois à voir si les gouvernements voudront toujours laisser la demande de services à son niveau actuel, qui est artificiellement haut parce que les gens ne paient pas directement les services.

 

En conclusion, à l’image de LP Lauzon, je dénonce le lobby médical. Mais contrairement à lui, je vois très bien qu’il doit son existence à l’intervention de l’État. Et c’est pourquoi j’exige que le gouvernement cesse de le protéger. Ainsi, tout le monde en sort gagnant, et nos libertés individuelles en sortent grandies, nous laissant ainsi le liberté de voir qui l’on veut pour se faire soigner et de prendre les arrangements que l’on veut avec cette personne pour se prémunir d’un quelconque accident pouvant se produire durant la consultation.

La SRC et les demeurés!

tour-cbc

La guerre que se livrent nos médias a monté d’un cran la semaine dernière, à la suite de la diffusion par la Société Radio-Canada d’un reportage sur l’empire Quebecor. Rien de surprenant, si ce n’est que… je me méfie de la place accordée, dans cette émission, à tous ces revendicateurs de contrôle étatique et de corporatisme qui ont profité de la tribune pour nous donner des leçons d’objectivité, d’éthique et de morale journalistique.

Ce n’est pas l’influence du groupe Quebecor qui m’a dérangé dans ce reportage. Pas plus que la démonstration que PKP pouvait influencer le contenu de ses propres médias. C’était trop facile! Je ne suis pas naïf au point de croire qu’un empire de la taille de Quebecor n’exerce aucune influence sur l’opinion des Québécois ou que le propriétaire d’une entreprise de presse n’a rien à dire sur l’orientation éditoriale de ses quotidiens. Je ne suis pas dupe… et le public non plus!

À moins d’être entièrement sous le joug de l’État, les médias sont d’abord et avant tout des entreprises commerciales qui doivent offrir à leur clientèle une information de qualité pour espérer survivre et prospérer dans un marché concurrentiel. C’est vrai non seulement pour Quebecor, mais aussi pour les journaux du Groupe Gesca et n’importe quel autre média (journaux, radio, télévision, blogues, etc.) qui vit de lecteurs ou de cotes d’écoute.

N’en déplaise à ceux qui s’obstinent à me protéger contre moi-même, Quebecor aurait beau m’échafauder la plus grande fumisterie du monde, j’ai encore la SRC, La Presse, Le Devoir, The Gazette et quelques centaines d’autres quotidiens, stations de radio ou de télévision, sans oublier les milliers de blogues diffusés ici et là sur la toile, pour dénoncer les complots machiavéliques du méchant concurrent.

Évidemment, personne ne niera que des enjeux corporatistes puissent être véhiculés par nos grands empires de presse. Mais contrairement à ce qu’on nous laisse croire, l’information n’a jamais été si abondante, accessible et diversifiée. Le reportage de la SRC contre Quebecor fait d’ailleurs, sans le vouloir probablement, une éloquente démonstration que la diversité d’opinion et d’information est encore bien vivante au Québec.

Aujourd’hui, ce n’est pas le contrôle des familles Péladeau et Desmarais sur leurs entreprises de presse que je crains. La concurrence les empêchera toujours de pousser le bouchon de l’intérêt corporatiste trop loin. Je me méfie surtout de tous ces « tsars » de la rectitude qui aspirent à décider quelle information sera diffusée au bon peuple. Je m’inquiète de cette croisade menée par des soi-disant « grands sages » qui rêvent de se faire octroyer par l’État un pouvoir de contrôle sur l’information publique.

Leur stratégie? Faire croire subtilement aux lecteurs de journaux et aux auditeurs qu’ils sont des victimes; les convaincre qu’ils gobent n’importe quoi et qu’ils se laissent aisément berner par n’importe quelle grande entreprise de presse. 

Leur but? Obliger le citoyen à signer un mandat d’inaptitude qui confie à une fédération de journalistes, ou à toute autre instance bureaucratique, la tâche de choisir ceux qui sauront identifier la bonne information; une information « Québec approved » qu’un journaliste professionnel aura étiquetée d’objective et d’éthique. La Pravda québécoise finalement!

Mon problème avec l’émission Enquête, ce n’est pas de m’avoir informé des pouvoirs convergents et tentaculaires de l’empire Quebecor. Qui se plaindra d’en connaître davantage sur nos citoyens corporatifs? Ce qui est déplorable dans ce reportage, c’est cette insistance à prendre les citoyens pour des demeurés inaptes à juger de la qualité et de la pertinence des informations qui lui sont proposées par nos grands et plus petits médias.

Populisme et sophismes

JeanBarbe

La gauche est toujours prête à accuser la droite d’être populiste et simpliste. Pourtant, comme nous l’avons vu plus tôt cette semaine à Franchement Martineau, dans un débat opposant Jean Barbe et Éric Duhaime, ce sont le plus souvent les gauchistes qui sont simplistes et populistes. Pendant ce débat, il semblait suffisant pour M. Barbe d’affirmer que la dernière crise était le fruit de la dérèglementation et que le néolibéralisme règnait depuis trente ans. Selon lui, c’est supposé être l’évidence même, tellement qu’il ne sent aucun besoin d’offrir une preuve quelconque de ce qu’il avance. Nous sommes supposés prendre sa parole pour du « cash ». Quand Éric Duhaime lui a demandé de fournir des chiffres, il a tout simplement répondu: « Je ne donne pas de chiffres. »

Dans les faits, nos bons gauchistes sont tellements endoctrinés qu’ils croient tous à leurs propres mensonges. Pour eux, nul besoin de se justifier. C’est pour ça d’ailleurs qu’au camp des indignés, on voit tant de slogans anti-capitalistes. Chez eux, ces dogmes sont généralement acceptés sans l’ombre d’une preuve.  Je m’amuse d’ailleurs souvent à dire que pour les marxistes, la ligne entre idéologie et religion est plutôt brouillée; et ceci est un excellent exemple si vous notez l’acte de foi nécessaire ici pour accepter leur version des faits. Vous voulez les voir patiner? Demandez-leur quelle règlementation a été abrogée qui aurait causé la débâcle de 2008. Je vous parie qu’ils ne sauront pas quoi répondre.

Dans le but de rétablir les faits, je vais donc vous présenter des preuves que le fardeau règlementaire est loin d’avoir diminué aux États-Unis alors que la table était mise pour la dernière crise, au contraire.

(source)

Le federal register est le recueil de tous les règlements fédéraux. Bien qu’il y ait eu dérèglementation sous Reagan, ses successeur ont vite rétabli la règlementation au même niveau qu’avant Reagan,  et plus, exception faite du terme de Carter. On peut facilement constater que le réputé capitalisme débridé de nos voisins du sud n’existe plus depuis très longtemps.

Le volume de la règlementation n’est cependant pas suffisant pour prouver quoique ce soit, si cette règlementation n’est pas enforcée par le gouvernement, alors qu’en est il des budgets alloués à cet enforcement de la règlementation?

(source)

Encore une fois, on voit une augmentation constante des budgets des agences de règlementation. Alors elle est où au juste cette fameuse dérèglementation? Comme toujours, on constate que les assertions de M. Barbe tiennent plus du dogme que de la réalité.

Mais est-ce aussi vrai que le néolibéralisme règne au Québec? Encore une fois, quand on compare l’évolution de l’indice de liberté économique du Québec, on constate que le néolibéralisme est plutôt mort au Québec.

 (source)

Mais il est bien vivant dans les provinces qui paient la péréquation plutôt que de la recevoir. Encore une fois, la gauche pèche par populisme en lançant des slogans faciles mais faux. Croyez-le ou non, je sympathise avec les indignés et Dieu sait qu’ils ont de bonnes raisons de l’être, si seulement ils savaient ce qu’elles sont! Mais ils faudrait qu’ils cessent de s’imaginer qu’en transformant un parc municipal en bidonville, en se gelant la face et en grattant leur guitare en chantant « Kumbaya »; ils vont changer quoi que ce soit.

Le déclin du « modèle québécois »

gouvernemaman

Cela fait maintenant 5 ans, presque jour pour jour, que Joanne Marcotte a lancé son film, L’Illusion Tranquille. Ce documentaire politique avait fait bien des remous à l’époque et force est d’avouer qu’il est encore tout aussi d’actualité aujourd’hui qu’il y a 5 ans. Maintenant Joanne Marcotte récidive avec son premier livre, « Pour en finir avec le Gouvernemaman ».

Si vous entretenez encore l’illusion que les choses vont bien au Québec, et honnêtement il faut être sérieusement dans sa bulle pour le croire, ce livre vous causera un choc nerveux.  De la première à la dernière page, Joanne Marcotte vous guide à travers une démolition contrôlée de tous les mythes de la société québécoise. Suivant un modèle similaire à celui de L’illusion Tranquille, elle s’exprime par la plume de divers chroniqueurs, éditorialistes et écrivains afin de démontrer les lacunes de notre état-providence et ses effets pervers sur notre société.

Elle commence par montrer comment notre état-nounou nous infantilise et nous déresponsabilise.  Puis elle nous amène à constater la source de notre immobilisme, ce qu’elle appelle « la pathologie de l’auto-diagnostic ».  Elle nous parle de tout ces rapports qui ont été commandés au fil des ans et qui proposaient des solutions diverses, mais qui se sont tous retrouvés sur les tablettes, comme le sera probablement celui de la Commission Charbonneau.

Elle nous démontre comment différents acteurs y trouvent aussi leur compte et obtiennent des privilèges de l’état au détriment de tous, que ce soit par des programmes d’aide à l’entreprise trop généreux ou par l’hyper-bureaucratisation de l’état et l’hyper-syndicalisation. Elle démasque ces pillards qui vivent au dépens des contribuables.

Par la bande, elle nous sert également un excellent exposé des philosophies politiques de l’étatisme et du libéralisme et une des meilleures descriptions de l’axe gauche-droite que j’ai vu jusqu’ici.

Elle termine en nous donnant une description de ce que pourrait être le Québec en 2025 si nous nous réveillons et que nous commençons à repenser le rôle de l’état. J’ose dire ici que je ne suis pas aussi optimiste qu’elle. Je crois effectivement que si un changement vient, il nous sera imposé de l’extérieur. Il ne viendra pas de nous. Rien dans l’attitude des différents partis politiques et des électeurs ne laisse présager un réveil collectif avant que nous frappions un mur.

J’ai trouvé le livre extrêmement bien structuré et facile à lire. Aucun besoin d’être un expert en science politique pour s’y retrouver. Ce livre s’adresse plus au néophyte et le guide très efficacement à travers le b-a-ba de la politique et l’économie québécoise. Je crois même que si les indignés de Montréal et Québec venaient à le lire, ils sauraient enfin pourquoi ils protestent, et leurs tentes se retrouveraient devant l’Assemblée Nationale, plutôt que dans les districts financiers.

Le lancement officiel de « Pour en finir avec le Gouvernemaman » s’est passé ce mardi et mercredi à Québec et Montréal et le livre sera disponible en librairie le 15 novembre. En attendant, vous pouvez vous le procurer sur le blogue de Joanne Marcotte ou sur le site du Réseau Liberté-Québec.

Ajout:

Entrevue de Joanne Marcotte à Franchement Martineau

 

Keystone XL: un projet qui doit voir le jour

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Quelques milliers de manifestants disparates se sont réunis devant la Maison Blanche dimanche afin de s’opposer au projet d’oléoduc Keystone XL. Ce projet vise à permettre le transport du pétrole de l’ouest canadien vers les raffineries du Golfe du Mexique. Il est un complément d’oléoducs déjà existants. L’objectif des manifestants est de faire pression sur le Président Obama afin qu’il s’oppose au projet et qu’il encourage des solutions énergétiques supposément plus vertes.

 

Alors que la production de pétrole est en déclin aux États-Unis, les Américains se tournent de plus en plus vers leur voisin du nord afin d’assurer leur approvisionnement en hydrocarbures. Le Président Obama fait de l’indépendance énergétique une des priorités de son administration et le partenaire canadien est préféré aux fournisseurs traditionnels du Moyen-Orient. Le Canada est un État stable et un partenaire commercial démocratique de premier plan. De plus, notre nation a un intérêt énergétique complémentaire évident avec son voisin.

 

En réalité, il est fondamentalement dans l’intérêt national des deux pays que l’oléoduc Keystone XL soit mis en oeuvre rapidement. Les Américains ont besoin de pétrole et le Canada en a à exporter. Pour le Canada, exporter ses matières premières est essentiel; c’est un aspect important de toute sa stratégie économique et du développement des ses industries. Le marché américain est vaste et ses besoins en énergie sont gigantesques.

 

Comme on peut s’en douter, ce projet, comme tout ceux qui impliquent le pétrole, engendre une levée de bouclier de la part des environnementalistes. Ceux-ci craignent la pollution et de potentielles fuites de l’oléoduc. Or, la technologie moderne réduit les risques à une fraction des autres modes de transport. L’oléoduc prévu est une construction de routine pour l’industrie. L’entreprise impliquée dans le projet, TransCanada Pipelines, estime qu’il y a environ 200 000 miles de telles structures aujourd’hui aux États-Unis. Quand entendons-nous parler de problèmes et de fuites? Le transport par bateau, de son côté, est beaucoup plus risqué. En plus du trajet du navire, il implique le remplissage et le déversage des hydrocarbures.

 

Les environnementalistes s’attaquent aussi au pétrole en lui-même en affirmant que le pétrole des sables bitumineux est sale et polluant. À ce niveau, on peut parler de mauvaise foi et de protectionnisme américain mal placé. Les sables bitumineux ne sont certes pas plus nocifs que les gisements américains de pétrole lourd. De plus, les États-Unis ont largement recours au charbon et à l’éthanol dans l’ensemble de leur production énergétique. On ne peut pas dire que ces deux sources d’énergie soient moins polluantes que le pétrole canadien.

 

En raison des intérêts nationaux des deux pays, les hydrocarbures canadiens seront acheminés vers les États-Unis d’une manière ou d’une autre. Il serait donc ridicule de freiner la mise en oeuvre de l’oléoduc Keystone XL alors qu’il est le mode de transport le plus économique et le plus sûr.

Le droit d’offenser

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Un des droits que je considère les plus sacrés est la liberté d’espression.  Ce droit comprend le droit d’offenser. Ceci doit être une choc pour certains, mais il n’existe aucun droit de ne pas être offensé, ou de ne pas être critiqué. Offenser quelqu’un n’est pas un crime et notre système judiciaire ne pourrait pas tolérer qu’il le devienne parce qu’il ne pourrait pas absorber le nouvel influx de poursuites qui en résulterait.  Insulter n’est pas poli, mais ce n’est pas criminel.

Ce qui est criminel, c’est de réagir avec violence à une insulte ou à une critique. Qu’il s’agisse de coups, d’attaque à main armée ou au cocktail molotov, ce genre d’acte est effectivement proscrit par la loi.  Au moment de lire ces lignes, vous aurez probablement entendu parler de l’attaque contre les locaux de Charlie Hebdo en France.  Nous ne devons pas céder devant ce genre d’intimidation et espérons que les coupables seront trouvés et poursuivis.

Désolé pour les musulmans, mais aucune religion n’est à l’abris des critiques et même de railleries et si une religion mérite des railleries de nos jours, c’est bien l’Islam. Quand une religion prescrit à ses fidèles comment tout faire dans leur vie, à aller jusqu’à comment déféquer, il est impossible de ne pas pouvoir en rire.  Les adeptes de la plupart des religions savent généralement composer avec de telles critiques sans violence, les musulmans devraient donc apprendre à faire de même. Sinon, il peuvent toujours exercer leur droit d’aller vivre à un endroit où ils serons certains de ne pas être offensés, comme l’Arabie Saoudite par exemple…

Pas hâte, pas hâte pantoute!

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De plus en plus, le Québec me fait rire. Je prends de plus en plus à la légère notre insignifiance relative lorsqu’il vient de temps de parler de politiques publiques. Non pas que je ne m’inquiète plus pour le Québec, mais plutôt que je commence à penser que l’on mérite notre « déclin tranquille » et que j’ai hâte de voir notre réaction quand on fera la une des journaux lorsque nos créanciers vont finalement mettre un terme à la récréation. J’ai hâte de nous voir jouer à la victime encore!

Par contre, ce qui me fait moins rire et surtout me met en colère, c’est quand je lis sur le système d’éducation. J’aurai à envoyer mes fils à l’école d’ici 3 à 4 ans. Je vais vous le dire bien franchement, j’ai la chienne.

Je suis incapable de m’imaginer la déprogrammation que j’aurai à faire à la maison si j’envoie mes enfants dans le réseau scolaire socialisant. Je tiens à inculquer à mes enfants des valeurs de responsabilité, de respect, de liberté d’esprit et de penser. Comment puis-je penser que l’école sera un allié dans cette quête quand je vois des conneries pareilles? (texte présenté aux étudiants de 6ième année à Montréal).

L’auteur de cette idiotie a-t-il réellement l’impression d’avoir apporté les faits à l’étudiant ou a-t-il été trop imbécile pour laisser transparaître son dégoût de l’idéologie conservatrice? J’en ai marre de la démonisation effectuée sur Maurice Duplessis et de la béatification de la Révolution tranquille. Bonté divine, c’est cette Révolution qui a engendré notre gouffre dans lequel on se retrouve aujourd’hui. Serait-il possible de garder un tant soit peu de jugement? Juste un peu, je ne demande pas grand-chose.

Serait-il possible que les auteurs de matériel scolaire se contentent d’outiller les enseignants au lieu de tomber dans la propagande? Sérieusement?

Le pire dans tout ça est que j’imagine très bien le visage de l’auteur de ce torchon lire mon texte demain matin. Deux grands points d’interrogation apparaîtraient au beau milieu de sa face. L’incompréhension serait évidente. Le pauvre, il n’a probablement jamais voulu tomber dans la propagande et il doit lui-même se décrire comme un esprit libre. Il a tout simplement interprété un discours majoritaire comme étant un fait. Preuve qu’il n’a probablement pas été à l’école suffisamment longtemps où qu’il n’a pas su avoir l’esprit assez libre pour se forger une opinion personnelle.

Jamais je ne croirai ou n’accpeterai qu’un homme d’état est contre le progrès, peu importe son idéologie. Ceux qui croient que le conservatisme combat le progrès sont tout simplement de graves incultes politiques, mais ça, on le sait, il y en a plein les rues au Québec et le monde académique n’y échappe pas.

PS : Merci à la personne qui m’a fourni ce document. Elle pourra se nommer dans les commentaires si elle le souhaite.

Les indignés de Québec

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Depuis quelque temps, des militants de la grande région de Québec occupent le terrain de l’Université du Québec dans la Vieille-Capitale. Ils campent pour protester contre le monde financier, en lien avec le mouvement de New York « Occupy Wall Street ». Mais contrairement à eux, ils n’ont pas vraiment de revendications précises, du moins, elles ne se rendent pas à mes oreilles de façon intelligible et coordonnée. Si les protestataires sont surtout composés de la clientèle altermondialiste que l’on voit défendre toutes sortes de causes sociales, soit des étudiants de sciences po et des écologistes, il est difficile d’établir des liens entre le système financier américain et celui du Canada, encore moins avec la Ville de Québec. 

Ils donnent plutôt l’impression de hippies version moderne qui veulent festoyer en plein air. J’ai personnellement vu peu de gens s’offusquer de leur présence, même les politiciens associés à la droite. Fidèle à son habitude, le maire Labeaume ne prend pas la situation au sérieux. On est loin du maire de New York qui n’est pas très à l’aise avec leur présence. Bien sûr, au début, Michael Bloomberg n’avait rien contre ce mouvement, du moins en apparence, mais il a ordonné aux pompiers et aux policiers de sa ville de retirer les génératrices du camp de fortune des indignés, pour des raisons de sécurité. Il se fie aux conditions climatiques peu avantageuses des prochains jours pour voir les manifestants quitter. 

Les principales revendications du groupe de New York est de taxer davantage les riches, de redistribuer la richesse, de restreindre le lobbyisme et de réglementer davantage le système financier. 

On peut être en accord ou non avec leurs revendications, mais dans une démocratie, il faut accepter les débats et les manifestations. Malheureusement, en ce qui concerne les indignés de Québec, ça ressemble beaucoup plus à une commune et à un « party » à ciel ouvert qu’à une manifestation coordonnée. Mais je m’opposerai toujours à ce qu’on les chasse, tant et aussi longtemps qu’ils demeurent pacifiques et qu’ils ne coûtent rien aux contribuables.

Quant aux revendications, vous connaissez généralement ma position: elles sont soient inapplicables, ou elles entraînent des conséquences graves sur le prix à la consommation, sur l’emploi ou sur la richesse collective.

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