2011 et la fin des illusions

 

L’an 2011 sera probablement considérée par les historiens comme une année charnière parce qu’elle aura mis fin à bien des illusions et des croyances. Elle aura aussi vu des profond changements et bouleversements.

2011 est d’abord l’année qu’on a réalisé que le Québec ne peut plus à lui seul empêcher un gouvernement fédéral majoritaire. L’élection du 2 mai a démontré que le reste du Canada pouvait élire un gouvernement majoritaire sans nous.

2011 est aussi l’année de la chute des vieux paradigmes. Ce fût la fin du sempiternel débat constitutionnel et le retour à un débat plus orienté sur l’axe gauche-droite. Ce fût la chute du Bloc Québécois et l’implosion du PQ. Ce fût aussi une raclée pour le Parti Libéral du Canada qui se voit relégué au rôle de tiers-parti pour la première fois de son existence. L’élection fédérale de 2011 aura aussi vu la montée du NPD. Suffit maintenant de savoir si ce parti arrivera à se maintenir et survivre au décès du chef le plus charismatique qu’il ait jamais eu.

2011 est l’année de la descente aux enfers de Jean Charest et du PLQ.  Accablé de plus en plus par les signes de corruption au sein de l’industrie de la construction et des liens avec son gouvernement, Jean Charest s’est vu forcé de créer la Commission Charbonneau. L’an 2012 nous dira ce que cette commission va nous donner de plus que toutes les précédentes, mais elle n’augure pas bien pour les chances de réélection du PLQ.

En fait, 2011 sera probablement vue comme l’année où le Québec aura complètement perdu ses repères du point de vue politique. Libérés du pardigme 0ui/non constitutionnel, les québécois perdent le nord face au nouveau paradigme gauche-droite qui remet en question le modèle québécois social-démocrate et se retrouvent prêt à élire un parti sans programme et sans idéologie par simple volonté de changement.

L’an 2011 marquera aussi le déclin du pouvoir syndical au Québec. Nous avons assisté à la déconfiture de l’Alliance Sociale, à la déconfiture de la FTQ construction face à l’abolition du placement syndical et la désaccréditation de plusieurs syndicats dans des entreprises.

En Europe et partout au monde, l’an 2011 aura aussi mis au jour les limites et les failles de l’État Providence. Il y a quelques années, nous n’aurions jamais crû que nous verrions des états européens acculés à la faillite et la zone euro sur le bord du précipice. Nous n’aurions jamais crû voir le géant américain fléchir des genoux comme il le fait maintenant.

Du point de vue économique, 2011 nous aura aussi montré les faiblesses du système monétaire actuel, basé sur de la monnaie fiduciaire et le système de réserves fractionnaires. Ce système qui depuis des décennies fait fi du fait qu’avant de pouvoir consommer, nous devons produire et que toute production doit être basée sur l’épargne pour être soutenable; ne pouvait faire autrement que de s’écrouler. Nous voyons les colonnes de l’euro commencer à s’effriter et nous verrons bientôt le dollar américain commencer à s’écrouler lui aussi.

Mais il y a des lueurs d’espoir. Je salue en 2011 la sortie du livre de Joanne Marcotte, une critique on ne peu plus lucide de l’état-nounou québécois et qui viendra certainement alimenter le débat que nous aurons inévitablement en 2012 sur le rôle de l’état dans nos vies. J’attends aussi avec beaucoup d’anticipation celui de Éric Duhaime sur l’iniquité inter-générationnelle. J’espère qu’il servira à ouvrir les yeux des jeunes sur le fardeau que les générations précédentes ont placé sur leurs épaules.

À tous nos lecteurs et lectrices, j’aimerais souhaiter une bonne et heureuse année 2012 au nom de Contrepoids et tous ses contributeurs. Merci de continuer à nous lire.

L’ADQ et l’omerta

Par Julie Thibault,

En 2007, l’ADQ est passé à deux doigts du pouvoir avec ses idées de droite, en 2008, 700 000 de leurs électeurs se sont abstenus, déçus de leur prise de positions et du rôle qu’ils ont joué à l’opposition  les rayant pratiquement de la carte électorale.

 

Aujourd’hui, n’ayant toujours pas compris l’électorat, l’ADQ persiste à vouloir recentrer le parti, allant jusqu’à conclure une entente avec la gauche efficace. Ce parti est prêt à troquer ses idéaux pour prendre le pouvoir. Les méthodes prisent pour concrétiser cette union contre nature est digne des libéraux desquels l’ADQ ne semble plus rien avoir à apprendre.

 

Depuis l’annonce de l’assimilation de l’ADQ par la CAQ, de nombreuses révélations nous sont faites par les acteurs de cette mauvaise comédie. En commençant par Claude Garcia, membre de l’exécutif national dans un article de Denis Lessard, en passant par Denis Claveau, de la commission jeunesse, qui à même révélé qu’après leur prise de position contre la fusion, ils ont reçu un blâme se voyant même menacer de se faire enlever le droit de vote à ceux qui «trahissent la position officielle» du parti

 

De plus, Denis Lessard dans son article «François Legault et Gérard Deltell: les drôles de compagnons» publié le 17 décembre 2011, dévoilait les dessous des procédures qui ont amené à cette fusion. Malgré les nombreuses déclarations de Gérard Deltell voulant  qu’aucune négociation n’avait été entrepris, il semblerait que dès le printemps, alors que les membres étaient réussis à Trois-Rivière, les proches de Legault réussissaient, par l’entremise de M. Allaire, à faire échouer certaines propositions acceptées par ce dernier quelques jours auparavant. Proposition qu’ils jugeaient trop à droite, alors que pour bien des observateurs en attente d’un signal clair que le parti s’engageait maintenant à proposer des changements significatifs pour le Québec, ce n’était que le strict minimum.

 

Il n’est donc pas étonnant que le congrès prévu cet automne fût annulé. Congrès qui devait avoir comme sujet le privé en santé, un des points les plus litigieux entre les deux formations. La position des membres aurait pu compromettre, voire même faire échouer un mariage déjà consommé.

 

Pourtant, il faut vraiment faire des contorsions intellectuelles pour réussir à voir une similitude entre les deux partis. L’ADQ défend des idées de liberté et de responsabilité de la part des individus, dans un État dégraissé et une gestion responsable du gouvernement.  La CAQ ne remet aucunement le sacro-saint modèle québécois en question, elle veut d’un état fort en injectant plus d’argent notamment dans l’éducation et dans les arts. De plus, la coalition veut jouer avec l’argent du bas de laine des Québécois en utilisant ce fond pour les investir dans des entreprises à risques, mais «québécoises» mettant ainsi en péril la retraite des Québécois.

 

À la lumière de toutes ces révélations, plusieurs membres ont déjà commencé à reconsidérer leur appui à cette fusion, voyant maintenant poindre la possibilité d’un véritable parti de droite nettoyé de ceux qui depuis la course à la chefferie semble avoir tout fait pour détruire ce parti, beaucoup plus préoccuper par le pouvoir et le financement que par la promotion de leurs idéaux qui leurs avait apportés le succès en 2007.

 

 

Mais où étaient-ils?

Le 27 décembre, dans une lettre ouverte, Raymond Francoeur, vice-président de l’ADQ, ancien député et cosignataire de la dette du parti dénoncent le peu d’empressement des gens à donner des dons et à s’impliquer au sein du parti. «… Mais où étaient-ils? Pourquoi maintenant?…»

Les véritables questions qui se posent aujourd’hui sont: où était Raymond Francoeur? Que faisait-il lors du dernier congrès en mai? Et que disait-il aux membres lors des réunions de conté?  S’il avait été un peu moins occupé à écouter Legault, il aurait peut-être entendu les membres s’inquiéter et dénoncer cette fusion.

Ces questions s’adressent également aux membres de l’exécutif. Depuis combien de mois Mario Charpentier fait la promotion pour la CAQ sur les réseaux sociaux sans jamais que sont chef ne démentisse ses propos? L’a-t-on menacé de perdre son droit de vote s’il «trahissait la position officielle» du parti?

 

Quand l’équipage magouille ouvertement pour couler le bateau, faut être culotté pour faire la morale à ceux qui ne veulent pas embarquer.

 

(NDLR: à lire également: « Les membres ignorés » de Caroline Pageau, ex-attachée politique de Mario Dumont en réponse à Raymond Francoeur)

Joyeux Noël

Noël, c’est l’occasion magique de passer du temps avec sa famille et de revivre notre propre enfance à travers nos tout petits. De voir leurs petits visages s’illuminer lorsqu’ils se réveillent le matin de Noël et voient que le Père Noël est passé et qu’il a mangé les biscuits et bu le lait qu’ils lui avaient laissé et qu’ils voient pleins de cadeaux sous l’arbre. Rien au monde ne vaut plus que ça.

Contrepoids fera relâche pendant la fin de semaine de Noël et reprendra ses activités lundi.  De ma part et de celle de tous les contributeurs du journal, j’aimerais souhaiter à nos lecteurs un très joyeux Noël!

Quelques pensées pour mes amis adéquistes

Je vais mettre cartes sur table. Je ne suis pas un membre en règle de l’ADQ. Je ne l’ai jamais été. Il s’en est fallu de peu pour que je m’inscrive, mais il semblait toujours que lorsque je m’apprêtais à prendre ma carte de membre, une action quelconque de l’ADQ me faisait changer d’idée. Je m’adresse à vous en tant que citoyen qui croit que le Québec doit absolument avoir un parti de droite et qui croit également que la CAQ de François Legault ne pourra jamais représenter cet électorat.

Après la période des fêtes vous serez appelés à prendre une grave décision qui aura d’importantes répercussions sur l’avenir de la droite au Québec. Vous ne recevrez qu’une lettre vous expliquant les détails de la fusion avec la CAQ. Elle sera écrite par des gens qui ont un intérêt personnel à ce que vous acceptiez cette fusion. On vous fera croire que leur opinion est neutre, mais c’est faux. Ceux qui opposent la fusion ne pourront pas vous envoyer de lettre expliquant l’envers de la médaille. On leur a refusé l’accès à la liste des membres. C’est pourquoi je vous écris.

Si votre coeur est à la droite du centre et que vous croyez fermement que la solution aux problèmes du Québec passe par une réduction de la taille de l’état. Si, comme moi, vous voyez le modèle québécois comme un modèle dépassé. Alors vous devez voter « non » à cette fusion car la CAQ ne pourra jamais satisfaire vos aspirations.

François Legault n’est pas un homme de droite. Il s’est toujours réclamé de la gauche « efficace ». Il n’a donc jamais été question pour lui d’entamer de grandes réformes du modèle québécois. Il a d’ailleurs affirmé que pour lui, nos programmes sociaux sont « sacrés » et que ça prend un état « fort ». Son approche est une approche de bureaucrate selon laquelle il suffit d’engloutir encore plus d’argent dans notre modèle défaillant pour régler tous les problèmes. Il croit pouvoir lutter contre le décrochage scolaire en augmentant les salaires des enseignants et régler les problèmes de notre pitoyable système de santé en augmentant celui des médecins. Ça fait des décennies que nous utilisons cette approche. Si ça fonctionnait, on le saurait. Son approche pour remettre l’économie sur les rails est de se servir de la Caisse de dépôt et de Investissment Québec comme moteur et laisser des bureaucrates décider quelles compagnies gagnent et perdent. Alors que nous subventionnons déjà les entreprises à un niveau deux fois plus élevé que l’Ontario, M. Legault veut sonner la clochette pour un buffet « all you can eat ». Une orgie de corporatisme; ça aussi, si ça fonctionnait, on le saurait déjà.

Le budget du MSSS à plus que doublé depuis 10 ans, mais les listes d’attente ne font que s’allonger. Les adéquistes savent depuis longtemps que la solution à ce problème se trouve dans l’abandon du système 100% public et le remplacement par un système mixte, comme dans presque tous les pays européens. Quiconque se veut le vrai moteur de changement au Québec, devrait obligatoirement être plus qu’enthousiaste envers de telles réformes. Ça va de soit. Est-ce le cas de M. Legault? Est-ce qu’on aurait eu à lui arracher la promesse d’un vulgaire projet pilote s’il avait vraiment l’âme d’un réformateur?

L’argument qu’on vous servira pour vous convaincre que l’ADQ doit mourir est que ça diviserait le vote. Que ça permettrait aux libéraux de se faire réélire. Que les adéquistes au sein de la CAQ auront la chance de l’influencer. Balivernes! Si M. Deltell n’a pas réussi à obtenir mieux que ce qu’il à obtenu alors qu’il avait $800 000 de financement du DGE à offrir, pourquoi croirait-on pouvoir influencer M. Legault, une fois qu’il aura le chèque en poche? Doit-on voter pour la CAQ seulement par volonté de changer de chauffeur à tout prix? Ou voulons-nous un vrai changement?

Il est vrai que la crédibilité de l’ADQ a été sérieusement atteinte et que même si elle survit, elle sera amputée de son chef, de la majeure partie de son exécutif et de son aile parlementaire, mais elle se sera aussi débarrassé de ceux en son sein qui n’avaient pas de véritables convictions de droite et pour qui les sondages ont plus d’importance que les principes et elle pourra se reconstruire sur une fondation solide pour reconquérir ceux qui l’ont portée au seuil du pouvoir en 2007. Mais pour ça il faut que vous votiez par un retentissant « NON »!

L’ONU est-elle encore pertinente?

Il arrive plutôt fréquemment (récemment) que je me pose cette question. La plus récente occasion fût quand j’ai lu que l’Assemblée générale de l’ONU a cru bon d’observer une minute de silence en hommage à Kim Jong Il. Plusieurs nations, dont Le Canada, les États-Unis, et la plupart des pays d’Europe on boycotté, avec raison, cet hommage.

Ce qui me fait hérisser les poils, c’est qu’un tel hommage soit offert à un dictateur qui a mené son pays avec une main de fer. Qui a causé la mort par famine d’au moins trois millions des ses citoyens et qui en a tué au moins 200 000 dans divers camps de « ré-éducation ». Winston Churchill, un des architectes de l’ONU a bien dû se retourner dans sa tombe.

Ne pensons même pas à la travestie qu’est le GIEC, l’ONU est devenu une organisation sous le contrôle de petits dictateurs qui s’en servent allègrement pour s’attaquer aux droits et libertés fondamentales. Un récent exemple est la résolution anti-blasphème, pour ne nommer que celle-là. Il semble de plus en plus que l’ONU verse dans la mentalité totalitariste. L’Agenda 21 promue par celle-ci est ni plus ni moins qu’un plan structuré vers une gouvernance mondiale socialiste.

Je me demande ce que des pays comme le Canada, qui prisent la liberté individuelle, font encore dans cette organisation. Il est clair que l’ONU n’est plus le défenseur de liberté qu’il était à l’origine. Je crois qu’il est temps de la saborder.

Au fait, l’ONU a-t-elle observé une minute de silence pour Vaclav Havel?

Les accomodements – ben oui, encore

On apprend ce matin (2011-12-19) qu’une fillette de la maternelle a le droit de porter des bouche oreilles pour ne pas entendre la musique car La religion lui interdit. 

Ma première réaction? « Non mais c’est vraiment une religion de fous furieux »
Ma deuxième? « Bon encore des moutons québécois. » 
Ma troisième? « Pauvre petite fille, être élevé par des parents qui sortent direct du moyen âge » 

On nous dira qu’ils ne faut pas être islamophobes, qu’il faut être tolérants. Au tournant du siècle, les immigrés venaient ici pour fuir la famine, les maladies et pour adopter un pays qui leur promettait qu’ils pourraient avoir du succès et une meilleure vie s’ils travaillaient fort, s’ils se prenaient en main. Beaucoup d’immigrés, depuis les Irlandais, les Grecs, en passant par les Italiens, les Français et les Écossais en sont la preuve. Les plus récents, tels les Vietnamiens, et les asiatiques de toutes provenances en sont aussi la preuve. Ils se relèvent les manches et travaillent, tout en conservant leur culture mais en communauté. Nous célébrons même la St-Patrice de façon fantastique et amusante, le 14 juillet est célébré par la communauté Française et les fêtes Bouddhistes et Asiatiques sont également célébrées par les communautés qui le désirent.

Ce rêve d’intégration n’existe plus. Certains membres de communauté religieuses –  les juifs et les musulmans en sont parmi les plus exigeants – demandent tous les avantages de notre société sans devoir adopter les coutumes et sans reconnaître qu’avec les avantages viennent les obligations ! Et nous, au nom du multiculturalisme, plions, faisons des courbettes, et on s’excuse.

Certains ont dit que nous sommes menés par les Musulmans mais je ne partage pas cette opinion. J’ai des amis Musulmans et Juifs qui ont honte du comportement de certains de leurs concitoyens. Nous sommes plutôt menés par les minorités. Nous faisons toutes sortes d’accommodements  pour les minorités. Nous devons faire des courbettes pour les gais, les « gens de couleur » (nous n’avons même plus le courage d’appeler les noirs des noirs), les cyclistes, les marcheurs, les campeurs en ville. Les Juifs ont obtenu le droit de noircir des fenêtres AU CAS OÙ on verrait des femmes faire de l’exercice. Les Sikhs veulent porter des armes à l’école (un kirpa est un poignard, une « arme blanche » comme dirait notre reporter favori Claude Poirier), ou porter le turban plutôt que le chapeau de la GRC. Les Juifs ont obtenu la levée de l’interdiction de stationnement sur certaines rues d’un arrondissement de Montréal. Les Arméniens bénéficient du même privilège pour leur messe dominicale mais deux paroisses catholiques ont réclamé les mêmes droits sans les obtenir. Égalité mais pour les minorités seulement.

En février 2005, deux ambulanciers ont été expulsés d’une cafétéria de l’Hôpital général juif de Montréal parce qu’ils mangeaient un repas qu’ils s’étaient préparé. Le centre de santé, supposément non-confessionnel, financé par le gouvernement, applique pourtant les valeurs du judaïsme. Ses cinq aires de restauration sont casher et on demande aux employés de ne pas y apporter de la nourriture extérieure.

Vous souvenez vous de ceci : En 2007, un groupe de musulmans se sont rendu dans une cabane à sucre. Ils ont demandé au propriétaire de leur permettre de prier avant le repas et il a accepté. Libre à lui, c’est sa cabane après tout.  Sauf qu’ils ont demandé aussi de faire sortir environ 40 personnes dans la salle de réception pour que les musulmans prient en privé. Savez quoi? Le propriétaire a accepté de faire sortir ses autres clients et ceux-ci sont sortis, ont laissé les musulmans prier et sont ensuite rentrés – moutons vous dites???

Je vais en faire friser plusieurs avec ce qui suit. Le gouvernement Québécois exige que les conseils d’administration des corporation de la couronne provinciale  soit composé d’au moins 50% de femmes. Depuis quand est-ce un gage de succès? En passant, ce ne serait pas plus brillant qu’une corporation passe un règlement qui exige que 50% de son CA soit composé d’hommes seulement, ou de gens en haut de 45 ans ou de gens mesurant plus que 6 pieds. Qu’il soit composé de 100% de femmes si elles sont compétentes, je suis partant. Mais qu’on impose une loi, – une autre – pour le faire, me fait lever le poil sur le corps.

Et j’en passe.

Les « centres de santé » réservés aux femmes. Les associations pour les femmes d’affaires.  L’association des femmes de carrière. Il est bien sûr absolument correct que des gens se regroupent pour partager des objectifs et des intérêts communs. Mais avec la restriction que certains autres ne  soient pas admis? Pas d’accord.

Je me demande, si je voulais m’abonner à un centre de conditionnement physique pour femmes, est-ce que je serais accepté? Et si mon centre de conditionnement physique allait refuser qu’une femme en soit membre parce que c’est à partir de maintenant pour hommes seulement, est-ce que ce serait OK? Je vous parie que vous pouvez deviner la réponse.

Moi ce que je refuse c’est que des gens qui viennent ici exigent qu’on se plie à leurs coutumes, à leurs religions et à leurs petites particularités. Ce que je refuse c’est que les besoins de certaines minorités soient imposés à la majorité et que celle-ci soit libellé de « raciste, islamophobe, homophobe, misogyne », et toutes ces autres phobies. Ce que je refuse c’est que nous soyons à la merci de certains groupes de pression qui se réfugient derrière des voiles qu’on ne peut pas toucher.

Tout le monde veut l’égalité, alors soyons égaux.

Dans tout. 

CAQ-ADQ – Partis politiques et mouches à miel

Pour moi, il n’y a rien de plus motivant qu’un article bâclé d’un journaliste biaisé. Aujourd’hui, c’est Robert Dutrizac qui s’est fait complètement remplir et qui n’a probablement même pas tenté de valider les propos absolument mensongers de l’académicien Guy Laforest, ancien président de l’ADQ de 2002 à 2004.

Selon cet “expert” de la question nationale, du fédéralisme canadien et des relations entre le Québec et Ottawa, “les libertariens ont tenté de prendre le contrôle du parti à deux reprises”, soit en 2002 avec Léon Courville et Paul Daniel Muller, puis aujourd’hui avec Claude Garcia, Adrien Pouliot et les “X” du Réseau Liberté-Québec.

Premièrement, suggérer l’idée que des libertariens ont tenté dans les dernières années de faire quoique ce soit à l’Action démocratique du Québec est absolument loufoque et trahit une méconnaissance flagrante de la vie interne du parti des dernières années. Je ne sais pas si Robert Dutrizac a lu le livre des Courville/Muller intitulé Place à l’initiative, mais je vous assure qu’il n’y a rien  pour faire peur aux sociaux-démocrates dans cet essai. En fait, qualifier la vision proposée par les auteurs de “libertarienne” traduit bien davantage l’ignorance en matière de philosophie politique, à la fois de l’académicien et du journaliste qui reprend à son compte l’expression dans la conclusion de son article.

Mais depuis quand un journaliste se doit de s’intéresser aux idées, vous me direz? Ne raconte-t-on pas la politique comme on raconte une joute de hockey?

Pour ce qui est de l’influence des Garcia et Pouliot – qui se se joints cette année à la Commission politique de l’ADQ à la demande d’un chef que l’on croyait conservateur… – cela traduit bien la peur du noyau fondateur du parti envers ceux qui ont tenté, à quelques reprises, de réactualiser l’offre politique de l’ADQ en fonction des préoccupations d’une classe moyenne surtaxée et surimposée plutôt que sur leur lubie nationaliste. En effet, rappelons-le, l’ADN de l’ADQ repose sur le Rapport Allaire. Ce n’est qu’en 2006 que le chef Mario Dumont positionnait plus clairement le parti au centre-droit de l’échiquier politique.

Ils ne l’ont jamais accepté.

La vérité lorsqu’il s’agit des influences qui se sont exercées sur le chef adéquiste et qui ont fait évoluer son offre politique, elle est tout autre. Elle est dans le fait que l’influence réformatrice,

  • elle s’exerce non pas par un “courant libertarien doctrinaire”, mais par des citoyens dévoués qui y sont dans ses pires moments.
  • elle s’exerce aux lendemains de 2003 et aux lendemains de l’élection de 2008 lorsque l’ADQ est au plus bas des sondages.
  • elle s’exerce par ceux qui restent aux lendemains d’une cuisante défaite alors que les grands penseurs, eux, s’éclipsent.
  • elle s’exerce par des gens de conviction à des moments où l’opportuniste n’y voit aucun gain personnel.
  • elle s’exerce par des bénévoles qui n’espèrent pas davantage que de contribuer à améliorer leur espace de liberté
  • par des bénévoles qui se voient écartés le lendemain d’une victoire inespérée pour se faire remplacer par la troupe des fondateurs, les Stéphane Le Bouyonnec et carriéristes politiques qui girouetteront jusqu’à faire lever le coeur des militants qui avaient osé croire en leur compétence et en leur professionalisme.
  • et oui, cette influence, elle s’exercera par des jeunes, parents et aînés qui sacrifieront soirées et fins de semaine pour garder en vie le parti jusqu’à ce qu’un contexte électoral avantage ceux qui ne rêvent que d’asseoir leur joli derrière sur un banc de l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, Guy Laforest s’improvise historien et juge du haut de sa chaire universitaire les influences de ces gens qu’il ose qualifier de “doctrinaires”, ce Guy Laforest que je n’ai seulement jamais rencontré durant toutes les années où j’ai milité à l’ADQ (2002-2009). Ce Guy Laforest, et sûrement quelques autres fondateurs sur lesquels se base un journaliste qui peine à faire la différence entre la droite fiscale dont l’ADQ se réclamait et une droite libertarienne qui a compris depuis des lunes que la politique n’est que le produit d’une lutte entre intérêts corporatistes.

Un parti politique au sommet des sondages n’a rien à craindre pour ce qui est de l’influence de gens qui ont véritablement à coeur de réformer le modèle québécois. Opportunistes et carriéristes politiques s’y agglutineront comme des mouches à miel. Ensemble, ils feront appel aux meilleurs spécialistes de communications pour vendre le rêve, l’illusion et des promesses qu’on sait ne pouvoir tenir.

Vous voilà réconfortés, dirigeants de la CAQ-ADQ. Pour un certain temps, vous n’aurez rien à craindre des gens qui ont véritablement à coeur de réformer le Québec. Profitez-en bien.

L’opéra n’est pas terminé…

Les américains se plaisent souvent à dire « The opera ain’t over ’til the fat lady sings » (L’opéra n’est pas terminé avant que la grosse dame chante). Dans le cas de la fusion entre l’ADQ et la CAQ, il semble que beaucoup ont déjà vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué et l’ours est de très mauvaise humeur. Mais trêve de métaphores.

Plusieurs, moi y compris, se sont donné beaucoup de peine pour démontrer comment ce mariage est contre-nature. Si vous interrogez un grand nombre de militants adéquistes et j’ai passé une part de mes temps libres à échanger avec un grand nombre d’entre eux sur Facebook depuis l’annonce des détails de l’entente de fusion, le feeling est que l’ADQ a vendu son âme. Les militants avec qui j’ai jasé sont pour la plupart amers et enragés. Beaucoup d’entre eux croyaient encore que l’ADQ était encore un véhicule viable pour faire avancer les idées de droite. Même que depuis que Gérard Deltell s’est retrouvé chef du parti et qu’il est allé recruter Claude Garcia et Adrien Pouliot pour présider la commission politique, l’ADQ avait remonté dans les sondages, les militants commençaient à revenir au bercail, Gérard Deltell avait donné un retentissant discours lors du premier rassemblement du RLQ et lors du dernier congrès, 78 pourcent des propositions de la commission politique, résolument à droite, ont été adoptées. L’ADQ semblait avoir retrouvé son âme et sa direction. Puis François Legault est arrivé sur la scène et il semblait que le Québec entier consentait littéralement à lui donner le bon Dieu sans confession.

Flairant une chance de sécuriser leur réélection, certains députés adéquistes se trouvaient attirés vers la CAQ comme des mouches à un tas de fumier. Les membres de l’exécutif aussi ont décidé d’accrocher leur chariot à la locomotive de Legault par pur opportunisme. Je vais laisser le bénéfice du doute à Gérard Deltell. On m’a dit qu’il était très réticent et qu’on lui a tordu le bras. Toujours est-il que les rumeurs de fusion des deux formations, alimentées par le silence de Deltell, ont totalement tué la remontée que l’ADQ avait amorcée. Certains disent que l’ADQ n’allait nulle part, c’est peut-être vrai aujourd’hui, grâce à ceux qui ont sciemment sabordé le parti avec ces rumeurs, mais ça ne l’était certainement pas avant cette histoire de fusion. Et on était surpris de la déconfiture dans Bonaventure? Pourquoi voter pour un parti qui n’existera plus bientôt?

Le pire dans cette histoire est que le caucus et l’exécutif ont « vendu » le parti pour une bouchée de pain. Ils n’ont pour ainsi dire, rien obtenu en retour. Ce n’est pas une fusion où les deux parties y trouvent leur compte, mais une prise de contrôle hostile ou un avale l’autre et ce qui est encore lus ahurissant, c’est le parti qui vient d’être fondé et qui n’a seulement jamais fait ses preuves qui avale celui qui existait depuis 14 ans.

Mais il y a une chose sur laquelle le caucus et l’exécutif n’ont pas compté, c’est la résistance des militants. Lors du vote de l’exécutif, Claude Garcia et Adrien Pouliot ont voté contre, sans surprise, mais Mikey Colangelo Lauzon et Denis Claveau de la commission des jeunes ont ausi voté contre et ont appelé tous les membres à faire de même. Je sens que la résistance s’organise et je ne serais pas surpris que d’ici au 18 janvier, beaucoup de coups de téléphone se passeront pour convaincre le plus grand nombre de militants possibles à voter contre la fusion. Ce sera intéressant de voir s’ils réussiront à contrer les projets de l’exécutif. S’ils réussissent, l’exécutif n’aurait plus le légitimité, qu’arrivera-t-il? Ça reste à voir

La saveur du mois : l’intimidation à l’école

Depuis le décès de l’adolescente Marjorie Raymond, Dieu ait son âme, l’espace médiatique foisonne de références à l’intimidation à l’école. On en vient même à croire, les médias ayant le don d’exagérer certains faits, que ce problème, car il ne s’agit pas d’une problématique, comme le prétendent de nombreux experts qui ne maîtrisent pas la langue de Molière, que ce problème, disais-je, est en progression dans les écoles du Québec. 

Plusieurs indices montrent cette nouvelle tendance depuis quelques semaines. Tout d’abord, les politiciens, le PQ en tête, se sont accaparés du sujet, l’ont transformé en une cause qui dans le fond avantage tous les politiciens, car ils ne peuvent qu’être en accord avec toutes les mesures visant à enrayer ce « fléau ». 

Évidemment, des mesures sont nécessaires afin de diminuer l’intimidation à l’école (j’utilise volontairement le verbe « diminuer » pour demeurer réaliste), comme en améliorant la vigilance des professeurs et en sensibilisant (même si je trouve cette expression galvaudée) les élèves, mais il ne faut pas tomber dans le piège tendu par les politiciens et les forces de l’immobilisme, qui a pour effet d’occulter les autres problèmes majeurs inhérents au système d’éducation, comme le taux de décrochage élevé, la drogue et la piètre qualité de l’enseignement. En mettant l’accent sur l’intimidation, les politiciens évitent de poser les vraies questions qui s’imposent afin de réformer le système. 

Le tourbillon médiatique a tellement emporté la raison que la référence est maintenant évoquée à toutes les sauces. Quand c’est rendu qu’un syndicat brandit le spectre de l’intimidation lorsque le gouvernement songe à diminuer l’effectif d’un ministère, généralement par attrition en plus, ça veut dire que c’est la saveur du mois! 

Cette histoire me fait penser à un candidat à la mairie d’une petite ville du Québec, lors des dernières élections municipales, qui a mentionné avoir puisé son inspiration dans la victoire du président nouvellement élu de l’époque Barack Obama… quand il était populaire. Il ne faut pas avoir peur des comparaisons!

Pour en revenir au tourbillon médiatique, il s’est accentué depuis l’arrivée des chaînes d’information continue. Loin de moi l’idée de critiquer leur venue, mais je trouve quand même que certains sujets sont trop souvent repris dans tous les angles imaginables et inimaginables. Il manque parfois de diversité dans les médias québécois. Peut-être est-ce en raison du petit marché, je ne saurais dire. Chose certaine, il manque de rigueur.

Revenu minimum garanti: Ce que Québec Solidaire ne vous dira pas.

 

Ce weekend, Québec Solidaire a tenu son congrès, duquel est sorti un programme totalement socialiste, comme on pouvait s’y attendre. Comme tous les programmes socialistes, il est bourré de bonnes intentions et de bons sentiments pour sauver la veuve et l’orphelin, mais comme on sait, les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions. Malheureusement, comme tous les programmes socialistes, il est court-termiste et ignore les principes les plus élémentaires de l’économie, mais c’est l’intention qui compte, non? Il ne faut surtout pas se laisser freiner par la réalité. Non, non, non, surtout pas par la réalité.

Prenons par exemple cette idée du revenu  minimum garanti. Au premier abord, ça semble génial. D’un seul coup, on éliminerait théoriquement la pauvreté en fixant un seul de revenu minimum dont tout le monde bénéficierait. Ce seuil permettrait à tous, en théorie, d’avoir un  niveau de vie « acceptable », qu’on travaille ou non. N’est-ce pas merveilleux? Qui plus est, c’est plus facile à administrer, une compensation est automatiquement envoyée à tous ceux qui déclarent un revenu sous le seuil minimum. Pas de formulaire additionnel à remplir, pas de contrainte à se chercher un emploi, pas de boubou-macoutes. Mais, une fois revenus du pays des merveilles, on commence à réaliser que ce n’est pas si rose que ça en a l’air.

Voici le problème: comme tous les systèmes socialistes, il repose sur un modèle statique et assume que tous les gens vont agir exactement comme avant et qu’ils ne seront absolument pas affectés par les nouveaux incitatifs que cette politique fournirait au marché. Il compte donc sur le fait que tout le monde continuera de travailler comme avant, et que les coûts demeureront raisonnables. C’est faux.

Commençons par le fait que c’est trop facile. Une des choses qui empêche le système actuel de de sombrer dans le chaos est l’inefficacité typique du gouvernement qui rend l’application pour recevoir du bien être social compliqué et stigmatisant. Sans ces inconvénients, il devient trop facile d’obtenir quelque chose pour rien. Pire encore, puisque c’est un  minimum garanti, ce n’est plus juste une aide ponctuelle, ça devient un dû, un acquis, un droit.  Non seulement n’est-ce plus stigmatisant de le recevoir, c’est parfaitement normal.

Ensuite, qui détermine le montant du seuil et comment? Ça veut dire quoi « un niveau de vie acceptable »? $15 000 par an? $20 000, $25 000? Mettons, pour les besoin de l’argument qu’on met le seuil à $20 000, on vient automatiquement de mettre au chômage quiconque gagnait moins que ce montant. Pourquoi travailleraient-ils alors qu’il peuvent rester à la maison et toucher quand même à $20 000 par an? Et que dire de ceux qui font $21 000, ou $22 000 ou $23 000? Le revenu net réel pour leur travail ne serait que $1000, $2000 ou $3000. Ça pourrait être tentant, puisque de travailler entraine des coûts additionnels en transport, vêtements, etc., de cesser de travailler eux aussi.

Pendant ce temps, le reste des familles qui gagnent plus paient pour ceux qui ne travaillent pas. Et plus il y en aura qui cesseront de travailler, et plus les coûts du programme exploseront, ce qui entrainera une hausse des impôts pour compenser. Bientôt, ceux qui travaillent encore voient leur revenu net diminuer de plus en plus alors que leur fardeau fiscal augmente. Ceux-là aussi trouveront bientôt tentant de se joindre à ceux qui se la coulent douce. Vous voyez où je veux en venir? Sans compter que si on veut arriver à convaincre quelqu’un de travailler, il faudra le payer de plus en plus cher, de sorte que les prix de ce qu’ils produisent vont augmenter et le revenu minimum deviendra insuffisant, entrainant… une hausse!

Comme le disait une certaine politicienne qu’on surnommait la « dame de fer », le problème avec le socialisme est qu’éventuellement, l’argent d’autrui vient à manquer.  Ceci est un autre exemple pour le prouver.