J’aimerais être fier de ma nation

C’est rare que je fais ça, mais un texte sans aucune statistique! Évidemment, ça fait suite au texte de Jérôme Lussier du VOIR.

Je travaille fort et la productivité est importante pour moi.

Je vis en banlieue.

Je prends ma voiture pour aller travailler.

Dès que j’ai pu, je me suis acheté un terrain pour y bâtir une maison unifamilliale.

Quand j’étais salarié, je prenais 8 heures au bureau pour en travailler 7.

Je suis un entrepreneur dans l’âme. J’aime mon nouveau métier de travailleur autonome.

Ma journée commence à 6h pour se terminer à 20h, quand les petits sont couchés.

Nous sommes deux jeunes parents qui travaillent fort et on amène 2 salaires à la famille.

Je fais l’épicerie une fois par semaine.

J’entrepose ma nourriture dans un garde-manger.

Je magasine plus souvent qu’autrement dans les grandes surfaces.

Depuis que je suis bilingue, j’ai remplacé Annie et ses hommes par Dr. House.

Quand je veux boire de l’alcool, 4 fois sur 5, je débouche une tite-frette et plus rarement, du vin.

Quand je veux me faire plaisir, culinairement parlant, je me tape du “gros junk sale”.

Je prévois passer une bonne partie de ma vie de parent dans les arénas ou sur les terrains de baseball.
Je déteste le soccer. Eh oui, je dis soccer et non football.

Mes sports préférés sont le hockey, le baseball et le football américain.

Mon style de vie s’apparente plus à celui d’un américain qu’à celui d’un français.

J’accepte que le Québec est un peuple distinct et unique.

J’accepte que d’autres cultures s’intègrent à la mienne, mais qu’on ne me demande pas de modifier mes habitudes pour ces dernières.
Je méprise les religions qui traitent la femme comme un objet.

Je fête Noël chaque année, même si je ne crois pas en Dieu.

J’écoute 90% du temps de la musique en anglais. Je n’écoute que les meilleurs artistes francophones (petite plug ici à Ingrid St-Pierre que j’adore).

Je suis tanné de subventionner des artistes sans talent.

Nous ne sommes que 8 millions, on ne peut malheureusement pas produire autant de grands artistes que certains peuples plus nombreux.

J’ai un grand respect pour les traditions.

Je suis conscient que le Québec a été construit autant par les Britaniques que les Français.

Je veux que mes enfants soient bilingues. Par contre, je veux qu’ils parlent français à la maison.

Je ne veux pas que leur langue freine une éventuelle carrière internationale. C’est pourquoi je ferai tout pour leur en donner au moins deux.

La politique américaine me fascine.

Je me considère privilégié de vivre dans une démocratie occidentale, libre et ouverte sur le monde.

Ce que je déteste le plus dans notre société, c’est la dégringolade de la responsabilité individuelle en tant que valeur fondamentale.

Je suis fier d’être canadien et je suis fier d’être nord-américain.

J’aimerais également être fier d’être québécois.

Notre nation semble avoir perdu ses repères.

Je suis tanné de nous voir au bas de tous les classements économiques ou même sociaux (suicide…)

J’ai la profonde conviction qu’on mérite mieux.

J’ai également la profonde conviction que nous sommes les seuls responsables de nos malheurs en tant que peuple.

C’est de notre responsabilité de se remettre sur pieds.

J’ai un profond dégoût de notre perpétuelle tendance à jouer à la victime.

Est-ce trop demander aux indépendantistes (pas tous, mais à la majorité bien sûr) d’arrêter de nous faire honte?

Est-ce trop demander à mon peuple de faire un retour vers une plus grande responsabilisation citoyenne?

Est-ce trop demander que l’on fasse les efforts nécessaires pour redevenir un peuple qui exerce un leadership positif au Canada?

Finalement, est-ce trop demander aux québécois de me donner une vraie raison d’être fier d’être québécois.

Désolé d’être chiant et exigeant, mais le seul fait de parler français en Amérique du Nord est nettement insuffisant pour que je sois fier de ma nation.

Le gros colons qui jouait dans les Bougons à l’époque parlait français, mais pourtant, peu de gens seraient fiers de les avoir dans leur famille.

Redevenons un aspect positif à l’intérieur du Canada. Pas juste le petit cousin chiant que tout le monde a hâte de “kicker-out” de la maison.

Pour terminer, un petit message aux souverainistes qui seront frustrés par ce texte. Quand je serai redevenu fier de ma nation, je vous écouterai quand vous me parlerez de souveraineté. Mais en attendant, sacrez-moi la paix. Vous me faites honte. Et, allez-y, traitez-moi de colonisé, ça fait longtemps que je vous ignore de toute façon.

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