Quelques pensées pour mes amis adéquistes

Je vais mettre cartes sur table. Je ne suis pas un membre en règle de l’ADQ. Je ne l’ai jamais été. Il s’en est fallu de peu pour que je m’inscrive, mais il semblait toujours que lorsque je m’apprêtais à prendre ma carte de membre, une action quelconque de l’ADQ me faisait changer d’idée. Je m’adresse à vous en tant que citoyen qui croit que le Québec doit absolument avoir un parti de droite et qui croit également que la CAQ de François Legault ne pourra jamais représenter cet électorat.

Après la période des fêtes vous serez appelés à prendre une grave décision qui aura d’importantes répercussions sur l’avenir de la droite au Québec. Vous ne recevrez qu’une lettre vous expliquant les détails de la fusion avec la CAQ. Elle sera écrite par des gens qui ont un intérêt personnel à ce que vous acceptiez cette fusion. On vous fera croire que leur opinion est neutre, mais c’est faux. Ceux qui opposent la fusion ne pourront pas vous envoyer de lettre expliquant l’envers de la médaille. On leur a refusé l’accès à la liste des membres. C’est pourquoi je vous écris.

Si votre coeur est à la droite du centre et que vous croyez fermement que la solution aux problèmes du Québec passe par une réduction de la taille de l’état. Si, comme moi, vous voyez le modèle québécois comme un modèle dépassé. Alors vous devez voter « non » à cette fusion car la CAQ ne pourra jamais satisfaire vos aspirations.

François Legault n’est pas un homme de droite. Il s’est toujours réclamé de la gauche « efficace ». Il n’a donc jamais été question pour lui d’entamer de grandes réformes du modèle québécois. Il a d’ailleurs affirmé que pour lui, nos programmes sociaux sont « sacrés » et que ça prend un état « fort ». Son approche est une approche de bureaucrate selon laquelle il suffit d’engloutir encore plus d’argent dans notre modèle défaillant pour régler tous les problèmes. Il croit pouvoir lutter contre le décrochage scolaire en augmentant les salaires des enseignants et régler les problèmes de notre pitoyable système de santé en augmentant celui des médecins. Ça fait des décennies que nous utilisons cette approche. Si ça fonctionnait, on le saurait. Son approche pour remettre l’économie sur les rails est de se servir de la Caisse de dépôt et de Investissment Québec comme moteur et laisser des bureaucrates décider quelles compagnies gagnent et perdent. Alors que nous subventionnons déjà les entreprises à un niveau deux fois plus élevé que l’Ontario, M. Legault veut sonner la clochette pour un buffet « all you can eat ». Une orgie de corporatisme; ça aussi, si ça fonctionnait, on le saurait déjà.

Le budget du MSSS à plus que doublé depuis 10 ans, mais les listes d’attente ne font que s’allonger. Les adéquistes savent depuis longtemps que la solution à ce problème se trouve dans l’abandon du système 100% public et le remplacement par un système mixte, comme dans presque tous les pays européens. Quiconque se veut le vrai moteur de changement au Québec, devrait obligatoirement être plus qu’enthousiaste envers de telles réformes. Ça va de soit. Est-ce le cas de M. Legault? Est-ce qu’on aurait eu à lui arracher la promesse d’un vulgaire projet pilote s’il avait vraiment l’âme d’un réformateur?

L’argument qu’on vous servira pour vous convaincre que l’ADQ doit mourir est que ça diviserait le vote. Que ça permettrait aux libéraux de se faire réélire. Que les adéquistes au sein de la CAQ auront la chance de l’influencer. Balivernes! Si M. Deltell n’a pas réussi à obtenir mieux que ce qu’il à obtenu alors qu’il avait $800 000 de financement du DGE à offrir, pourquoi croirait-on pouvoir influencer M. Legault, une fois qu’il aura le chèque en poche? Doit-on voter pour la CAQ seulement par volonté de changer de chauffeur à tout prix? Ou voulons-nous un vrai changement?

Il est vrai que la crédibilité de l’ADQ a été sérieusement atteinte et que même si elle survit, elle sera amputée de son chef, de la majeure partie de son exécutif et de son aile parlementaire, mais elle se sera aussi débarrassé de ceux en son sein qui n’avaient pas de véritables convictions de droite et pour qui les sondages ont plus d’importance que les principes et elle pourra se reconstruire sur une fondation solide pour reconquérir ceux qui l’ont portée au seuil du pouvoir en 2007. Mais pour ça il faut que vous votiez par un retentissant « NON »!

Soyez sympa! Partagez!