Monthly Archives: janvier 2012

Comment mettre J-F Lisée K. O.

J’ai regardé l’émission « Tout le monde en parle » avec grand intérêt hier soir, comme beaucoup d’autres gens. J’ai attendu avec anticipation l’arrivée d’Éric Duhaime et de Jean-François Lisée. Je n’ai pas été déçu. Je félicite Guy A. Lepage de les avoir invités tous les deux et d’avoir de ce fait sensibilisé ses nombreux auditeurs au débat gauche-droite. Ce débat n’a pas encore pénétré dans le psyché québécois et toute occasion est bonne pour le faire pénéter un peu plus.

Éric Duhaime nous a donné un solide exposé de son livre et la réaction de l’audience a été très positive. Jean-François Lisée, en revanche s’est habillé d’arrogance et de démagogie, et bienqu’Éric Duhaime se soit  bien défendu dans l’ensemble, je me suis retrouvé devant mon écran voulant lui souffler quelques arguments à travers les ondes.

Tout d’abord, j’ai maille à partir avec l’analogie de M. Lisée sur la définition de gauche et droite. La droite croit que c’est votre responsabilité d’apprendre à nager et elle vous laisse la liberté de nager aussi vite et aussi loin que vous le pouvez. En revanche, la gauche vous force à nager avec une veste de sauvetage le restant de vos jours, que vous sachiez nager ou non. Pour une petite minorité incapables d’apprendre à nager, c’est peut-être bien, mais pour la majorité ça devient vite une  entrave. 

Tout de suite au départ, Lisée a usé d’intimidation en interrompant constamment Éric Duhaime. Mais il ne s’est pas laissé intimidé. Bon point pour lui. Là où je me suis rongé les ongles fût lorsque J-F Lisée s’est mit à décrire ce qu’aurait été le Québec si les libertariens. Hydro Québec n’aurait pas été nationalisé, il n’y aurait pas eu d’assurance-maladie, pas de loi 101 et pas de salaire minimum. Ici M. Lisée fait usage de ce qu’on appelle « l’homme de paille ». Une technique qui consiste à ériger une image caricaturale de la droite, pour ensuite démolir cette caricature. M. Lisée est renommé pour utiliser de telle démagogie et je suis certain que son livre en contient une bonne dose. Ma réplique à son argumentaire aurait été de dire « Et alors? Il y aurait eu autre chose. » L’argumentaire de  J-F Lisée repose entièrement sur la prémise qu’il n’y a que le gouvernment qui aurait pu électrifier la province, prodiguer et financer les soins de santé, protéger la langue française ou enrayer la pauvreté. Or c’est faux. Sous la tutelle de l’État, Hydro Québec et le MSSS sont devenus des monstres bureaucratiques beaucoup trop coûteux pour les résultats qu’ils donnent. Quant à la langue elle est en plus grand péril grâce aux technocrates du MELS qu’à cause des immigrants et des anglos. Alors on est en droit de se demander s’il n’y aurait pas d’autres moyens de protéger le français sans ls coercition de l’état. Pour ce qui est du salaire minimum, ils est bien connu que cette mesure crée du chômage et n’aide pas du tout les pauvres dans la réalité. Un monde libertarien ne serait donc pas aussi pire que M. Lisée le prétend. Ce serait plutôt le contraire.

Par exemple, contrairement au monde de M.Lisée, où on s’imagine que c’est la majorité des gens qui sont incapables de payer pour leurs soins médicaux les plus élémentaires, les libertariens fonctionnent avec l’idée qu’au contraire, c’est plutôt une petite minorité des québécois qui seraient incapables de payer pour leurs soins et donc qu’il n’est pas nécessaire que le gouvernement finance des soins médicaux mur-à-mur pour tout le monde. En minimisant l’impact de l’État dans le domaine de la santé, les coûts des soins seraient plus bas et il n’y aurait peu ou pas de temps d’attente. Il pourrait en être ainsi de la plupart des programmes sociaux. L’affreux épouvantail de M. Lisée est bien moin effrayant maintenant.

Un autre beau petit plat de démagogie servi par Jean-François Lisée a été d’accuser la droite néolibérale de la débâcle financière aux États-Unis. Selon les dires de M. Lisée, les banques américaines étaient « auto-régulées » pendant les années 1990, alors qu’en réalité, des lois telles que le Community Reinvestment Act forçaient les banques à faire des prêts hypothécaires à risque (sub-prime) au nom de l’égalité raciale et que ce sont Fannie Mae et Freddie Mac, des entreprises dirigées par le gouvernement américain qui rachetaient ces hypothèques risquées pour les transformé en ces fameux produits dérivés qui ont coûté $40 milliards à la Caisse Dépôt et qui avaient une cote AAA à cause qu’ils avaient une garantie implicite du trésor américain. Cette crise a plutôt été une orgie d’interventions étatiques afin de promouvoir un idéal socialiste d’accès à la propriété coûte que coûte. Soit Jean-François Lisée est bien mal informé, puisque bien peu de politiciens aux États-Unis contestent encore cette version des faits, ou soit il ment sciemment. À vous de choisir. Chose certaine, une simple recherche sur Google vous rapportera des tonnes d’information sur le rôle due gouvernement américain dans cette crise.

Pour ce qui est de la prétention que 99% des Québécois sont plus riches que 99% des américains, je vous réfèrerais à cet excellent texte de Martin Coiteux qui démontre cette fàcheuse tendance que M. Lisée a de prendre les coins ronds avec les statistiques.

J’ai le plus grand respect pour Éric Duhaime, mais j’espère que lorsqu’il aura un autre débat avec Jean-François Lisée, il utilisera certains de ces arguments pour le mettre K.O.

Affrontements stupides

Caricature - Ygreck

J’ai décidé ce matin de ramener une petite caricature que le talentueux Ygreck avait faite environ 3 mois après le premier rassemblement du Réseau Liberté-Québec, alors que les grandes centrales syndicales du Québec faisaient un caca nerveux devant cette nouvelle manifestation d’une droite qu’ils accusaient d’être « provocante ». Je le fais parce qu’il y en a qui affirment sans rire que le RLQ est une organisation inutile. Pourtant, si cette organisation est inutile, pourquoi y a-t-il des gauchistes avec des pancartes à chaque rassemblement majeur de ce mouvement? Pourquoi, avant qu’elle n’apparaisse, le débat gauche-droite était quasi-absent des médias de masse et que maintenant on s’en parle de plus en plus? Pourquoi depuis la fondation de ce réseau, Facebook est-il littéralement en ébullition au Québec avec des débats sur cet axe?

C’est vrai qu’il en en a qui se font de fausses idées sur ce que le RLQ est ou devrait être. Le RLQ n’est pas un parti politique, ni un groupe de pression, ni un lobby. Le RLQ est un réseau. Il n’a pas d’organisation formelle. Il permet à des gens de droite de se réunir et d’échanger. Il permet de tisser des liens et faire des contacts. Il permet également aux gens de droite de s’éduquer en présentant des conférenciers lors de ses évènements. Finalement, grâce à la visibilité médiatique de ses ténors, il est aussi un canal pour les idées de droite dans les médias. C’est loin de ce que j’appellerais « inutile ».  Alors pourquoi y a-t-il des gens de droite si critiques de ce mouvement?

La droite a une particularité intéressante. Elle est farouchement individualiste. Pas individualiste dans le sens du chacun pour soi, mais individualiste dans le sens que l’individu et ses droits sont au centre de ses préoccupation. Contrairement aux drones collectivistes de la gauche, nous ne voulons pas être issus du même moule et nous ne voulons pas nous plier à des exigences ou des solutions uniques. Nous croyons que les solutions émergent du bas vers le haut et non du haut vers le bas. Les idée sont soumises à la loi du marché et ce sont les meilleures idées qui émergent du processus de la concurrence.

Alors, puisque tous les gens de droite sont tous supposés viser le même but, c’est-à-dire moins d’état, je me vois plutôt perplexe d’assister à des luttes intestines stupides qui portent non-pas sur les idées, mais sur le choix d’un véhicule ou de la méthode ou même des conflits d’égos. Vous trouvez que le RLQ n’en fait pas assez? Fondez votre propre mouvement et essayez d’en faire un succès comme Joanne Marcotte, Éric Duhaime, Ian Sénéchal et Roy Eappen ont fait. Vous êtes orphelins politiques depuis que l’ADQ a sombré et vous haïssez la gueule de Jeff Plante? Faites comme lui et partez votre propre parti et voyez si vous pouvez faire mieux que lui. Mais de grâce, cessez de dénigrer ceux qui tentent de s’impliquer corps et âmes à faire avancer la cause de la droite au Québec. J’ai le privilège de connaitre beaucoup de ces gens et chacun est dédié à sa propre manière à la même cause que vous. Pourquoi leur planter des poignards dans le dos? Les traiter de faux droitistes ou que sais-je d’autre encore? Je croyais que seuls les gauchistes s’attribuaient le monopole de la vertu. Et pourtant, si vous n’êtes pas disposés à faire certains des sacrifices que font les Jeff Plante, Éric Duhaime, Ian Sénéchal, Joanne Marcotte et Roy Eappen ont fait, qui êtes-vous pour les critiquer.

L’important n’est pas le véhicule ou la méthode; l’important, c’est les idées. Les luttes intestines ne mènent à rien. Pendant que vous vous obstinez sur le sexe des anges, le véritable adversaire, la gauche, se bidonne. Si ce que le voisin fait pour promouvoir la cause vous déplait, vous pouvez en débattre, mais s’il persiste, vivez et laissez vivre.

L’ADQ est morte, vive la vraie droite

 

C’est maintenant officiel, l’ADQ n’est plus, vendue par des opportunistes pour un sondage. Le parti qui voulait faire de la politique autrement est maintenant remplacé par un parti qui veut faire de la politique n’importe comment. Avec son logo bigarré, la CAQ ne sera qu’un feu de paille lorsque l’électorat réalisera que François Legault promet tout et son contraire. Mais ils se trompent s’ils croient qu’en éliminant l’ADQ, ils ont éliminé toute compétition à la prétention de « force de changement ». La CAQ étant plutôt un vide idéologique navrant se révèlera vite une force du statu quo de l’état nounou monolithique et non les porteurs d’équité générationelle et de redressement des finances publiques. M. Legault ne sera pas celui qui changera le cap de la province, il continuera de la laisser voguer tout droit vers l’iceberg.

Soyons francs, le positionnement de l’ADQ à la droite de l’axe politique a toujours été mitigé. Ses rangs étaient pollués par des personnalités qui n’ont jamais vraiment eu de positions de droite, ce qui a causé sa déchéance à chaque fois qu’elle s’approchait de la ligne des buts. Comme soit-disant parti de droite, l’ADQ était minée de l’intérieur. Au point que la plupart des militants qui ont crû voir en elle un véhicule de changement, l’ont abandonné. Des 2533 membres encore inscrits, seulement 54% on daigné voter et à peine 30% d’irréductibles droitistes ont voté contre la fusion. C’est donc dire que le parti n’avait plus d’âme.  Sa disparition, loin d’être une défaite pour la droite, libérera l’espace à droite du centre pour un parti qui sera vraiment à droite, pas un qui fait semblant de l’être.

Trois nouveaux partis ont été fondés récemment dans le but de combler ce vide. L’Équipe Autonomiste d’Éric Barnabé, le Québec Autonome et Prospère de Jean-François Néron et le Parti Conservateur du Québec, ressuscité par Jeff Plante et Luc Harvey. Sans vouloir offusquer les quelques supporteurs des deux premiers prétendants, la seule option qui me semble viable jusqu’ici est le Parti Conservateur. Non seulement bénéficie-t-il d’une marque de commerce reconnue, mais l’équipe derrière ce parti est composée de personnes qui n’en sont pas à leur premières armes en politique et qui ont de meilleures chances de rassembler une équipe qui pourra présenter des candidats dans tous les comtés. Leur sortie médiatique de cette semaine fût fort remarquée et fait déjà des vagues. Il m’apparaît donc que c’est probablement le meilleur véhicule pour les aspirations de la droite québécoise.

Certains se plaignent de la personnalité de Jeff Plante (qui est controversée, faut l’admettre) ou de la présence dans l’équipe de membres notoires de la « droite religieuse » comme Richard Décarie. Pourtant, ça ne devrait pas nécessairement être une source d’inquiétude pour les tenants de la « droite économique ». Les enjeux controversés pour la droite sociale que sont l’avortement et le mariage gai sont des juridictions fédérales et ne seront donc pas du ressort du PCQ. Les enjeux qui intéressent ce segment de la droite qui sont du ressort provincial ont plus à voir avec la liberté en éducation, l’élimination des cours d’ECR et des accommodements déraisonnables, la compensation pour les parents qui choisissent de garder leurs jeunes enfants à la maison plutôt qu’à la garderie et la préservation de notre patrimoine historique. Ce sont tous des thèmes qui étaient chers à l’ADQ. Je ne vois pas pourquoi ça deviendrait soudainement une source de friction.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec plus de liberté en éducation et avec l’élimination des cours d’ECR et des accommodements. Pour ce qui est de la question des garderies, je considèrerais bien plus équitable de désétatiser les garderies et n’apporter une aide qu’au familles plus démunies pour l’accès aux garderies et laisser le libre choix aux autres familles de payer pour les services de garde qui leur convienne le mieux. Je questionne cependant si c’est vraiment le rôle de l’état de protéger notre patrimoine historique, mais c’est somme toute un point très mineur.

Une victoire de la droite au Québec ne peut se produire qu’en unissant nos forces. Nous ne pouvons pas nous permettre d’exclure certains groupes. Il est toujours possible de trouver un terrain d’entente. Un changement s’impose au Québec. Nous pouvons soit geindre que nous sommes des orphelins politiques maintenant que l’ADQ n’est plus et nous confondre dans des luttes de personnalités. Ou nous pouvons regarder ce qui nous unis, monter à bord du véhicule qui nous est offert et le faire nôtre. Quant à moi, j’ai déjà choisi cette dernière et j’invite les adéquistes et ex-adéquistes à faire de même.

La chute prévisible de la CAQ

 

Par Simon Leduc

La chute prévisible de la CAQ :

Pendant plusieurs mois, le mouvement de François Legault a largement dominé ses adversaires dans les intentions de vote au Québec. Les Québécois ne veulent plus rien savoir des vieux partis et ils désirent du changement. À leurs yeux, la Coalition avenir Québec représente peut-être un vent de fraicheur. En novembre dernier, la CAQ est devenue officiellement une véritable formation politique. Depuis ce temps, la cote de popularité de celle-ci est clairement en baisse. Est-ce que les intentions de vote de la CAQ vont fondre comme neige au soleil dans les prochaines semaines? Il y a deux éléments qui pourraient causer la chute de ce nouveau joueur politique : l’absence d’une base électorale solide et des futures divergences d’opinions entre les membres du caucus caquiste

La volatilité des appuis de la CAQ :

Le leader de la CAQ ne veut pas se définir sur l’échelle idéologique québécoise. Il ne veut pas dire s’il est de droite ou de gauche. Il rejette les étiquettes idéologiques et il adhère au pragmatisme. Il est clair que François Legault ne veut pas déplaire à personne. Cette stratégie risque de causer un effet boomerang. Les conservateurs et les progressistes pourraient tourner le dos à la Coalition avenir Québec. Les « vrais conservateurs » dans l’âme ne peuvent pas appuyer un parti qui va maintenir en place un modèle qui est défaillant. La présence de droitistes au sein de la CAQ (Deltell, Caire, etc.) pourrait faire fuir les gauchistes. Donc, les premiers vont se réfugier dans l’abstentionnisme (ou dans le nouveau Parti conservateur du Québec) et les deuxièmes vont se jeter dans les bras du PQ ou de Québec solidaire.

Un parti politique doit se construire une base électorale solide qui va lui être fidèle. Le PLQ peut compter sur l’appui des anglophones et des allophones et le PQ sur les souverainistes purs et durs. Ces deux entités politiques bénéficient de l’appui de bases électorales qui leurs sont toujours loyaux contre vent et marée. Stephen Harper s’est bâti une clientèle électorale forte et cela lui a permis de remporter une victoire majoritaire le 2 mai dernier. On ne peut pas en dire autant de la CAQ. Celle-ci n’a pas de base électorale solide. Ses appuis sont très volatiles et fragiles. Selon un coup de sonde de Léger Marketing , 55% des électeurs caquistes pourraient changer d’idée d’ici les prochaines élections générales. Sans une base électorale indéfectible, les troupes de Legault risquent de chuter dans les sondages et compromettent leur chance de prendre rapidement le pouvoir. Le refus de l’ancien député de Rousseau de se définir sur l’axe gauche-droite est une grosse erreur et elle pourrait lui être fatale.

Les divergences idéologiques dans le caucus caquiste :

L’équipe parlementaire caquiste est composée de progressistes et de droitistes modérés. Ils ont des divergences importantes sur une tonne de sujets. Tout d’abord, sur le plan environnemental, Gérard Deltell veut que le Québec explore et exploite ses ressources naturelles afin de créer de la richesse . Tandis que François Rebello est un environnementaliste qui préfère les ressources vertes et propres . Ensuite, comment un souverainiste comme François Rebello va pouvoir coexister avec une fédéraliste trudeauiste et multiculturaliste comme Marlene Jennings? Un travail colossal attend François Legault : unifier son équipe parlementaire. Le chef caquiste va devoir imposer son leadership et une ligne de parti à son jeune caucus. Cela ne sera pas facile pour le principal intéressé. Des dérapages et des divergences d’opinions sont à prévoir lors de la prochaine campagne électorale. François Legault est-t-il un leader assez fort et solide pour accomplir cet énorme défi? Les paris sont ouverts.

La route de la CAQ vers le pouvoir semble être semée d’embûches et elle devra agir. Tout d’abord, celle-ci doit se définir clairement sur le clivage gauche-droite, c’est primordial. En politique, on ne peut pas plaire à tout le monde. La CAQ devra cibler et séduire une clientèle électorale afin de se constituer une base solide et fidèle. Ensuite, l’autre priorité de Legault devrait être d’imposer une discipline à son caucus afin que le parti parle d’une seule voix. Ce sont deux éléments fondamentaux pour la Coalition avenir Québec. Les ignorer serait une grosse erreur pour elle et sa popularité pourrait être éphémère.

Le Parti Conservateur renaît au Québec

MONTRÉAL – Alors que certains membres de l’ADQ luttent pour bloquer la fusion de leur parti avec la CAQ et que certains adéquistes déçus sont aller fonder l’Équipe autonomiste, un nouveau parti de droite se manifeste au Québec.  Après de longues années d’absence de la scène politique québécoise, le Parti Conservateur du Québec renait de ses cendres. Anciennement le parti de Gédéon Ouimet, Arthur Sauvé, Camilien Houde et Maurice Duplessis, ce parti a disparu de la carte en 1936 lors de sa fusion avec l’Action Libérale Nationale qui a donné naissance à l’Union Nationale. Un vestige de ce parti a présenté trois candidats aux élections de 1939 et le parti avais disparu depuis.

C’est avec l’ancien député fédéral Luc Harvey comme chef intérimaire et l’animateur de radio Jeff Plante comme président que le parti est maintenant réincarné. Sur le nouveau site web du parti,  MM. Plante et Harvey promettent « plus de liberté, autonomie et moins d’un État qui intervient trop dans nos vies et manquent de respect envers ceux qui les ont élus.  » Parmis les politiques proposées on trouve l’impôt  à taux unique et une réduction de la bureaucratie pour relancer l’entrepreneuriat qui étouffe sous la paperasse inutile. Le PCQ a également pris position pour le projet de loi C-10 et contre les cours d’éthique et culture religieuse obligatoires. Selon les informations prélevées de leur page Facebook, la plateforme du parti sera dévoilé au cours des prochaines semaines. Il semblerait qu’il y en a déjà qui ont commencé à acheter leur carte de membre.

En défense du PLC et du pot

 

Aujourd’hui, j’ai le goût de me faire l’avocat du diable. Beaucoup de chroniqueurs se sont bien amusé avec la proposition du PLC de décriminaliser la marijuana. Je conviens que dans la conjoncture actuelle, ça ne devrait peut-être pas être la première priorité d’un parti. Il y aurait définitivement des problèmes plus urgents à régler. Cependant, il y a quand même beaucoup de bonnes raisons de vouloir décriminaliser les drogues. J’aimerais les faire valoir en vous donnant une petite leçon d’histoire.

Le plus grand accomplissement de F.D.R.

Vous ne verrez pas souvent un libertarien faire les louanges de Franklin Delano Roosevelt. Nous avons plutôt tendance à le mépriser, comme le grand étatiste qu’il était, mais il y a au moins un accomplissement de la présidence de Roosevelt que les libertariens peuvent admirer. Non, ce n’est pas le New Deal. Il a déjà été établi par plusieurs économistes que le New Deal, plutôt que d’avoir aidé à sortir l’économie américaine de la Grande Dépression, il l’aurait allongée de sept ans. Sa contribution à l’effort de guerre? Puisque les libertariens sont anti-guerre, ça ne serait pas vraiment considéré comme un point d’honneur, surtout si on considère certains documents qui suggèrent que Roosevelt savait que les japonais allaient attaquer Pearl Harbor, mais n’a rien fait pour avertir ses généraux afin de pouvoir rendre l’opinion publique favorable à une déclaration de guerre. Non, le plus grand accomplissement de FDR fût d’abolir le 18e amendement à la constitution américaine: la prohibition.

Pendant plus d’une décennie (1920 à 1933), la prohibition a rendu illégale la production et la consommation d’alcool. Contrairement à ce qui avait été l’intention, la prohibition a complètement raté son but de promouvoir la tempérance. Plutôt que d’éliminer les problèmes liés à l’alcoolisme, elle les a décuplés. Dans une étude de 30 villes américaines de 1920 à 1921, le taux de criminalité avait augmenté de 24%. Les cambriolages avaient augmenté de 9%, les homicides de 12.7%, les voies de fait de 13%, l’addiction aux drogues de 44.6% et les coûts des forces policières de 11.4%. Avant la fin de la prohibition le taux d’homicides monta à 10 par 100 000 habitants, une augmentation de 78% par rapport à l’ère pré-prohibitionniste. En peu de temps, les gangs se faisaient la guerre dans les rues.  Les américains, qui jusque là étaient de grands amateurs de bière, se sont retrouvés à fabriquer des boissons fortes avec des méthodes de fortune. Un marché noir florissant s’est développé, mené par le crime organisé. Des dizaines de milliers sont morts de la consommation d’alcool frelaté. Bref, ce fût un échec sur toute la ligne.

Lorsque Roosevelt a pris le pouvoir en 1933, la prohibition était devenue très impopulaire, de plus, avec la Grande Dépression, on pourrait croire que les américains étaient fins prêts pour un petit remontant. L’abolition de la prohibition leur a non seulement fournit ça, mais avec la réouverture des brasseries, vignobles et distilleries légales, ainsi que toutes les autres industries qui les fournissent, elle a aussi fournit une pléthore d’emplois à un moment où le chômage était à 25%. Les alcools frelatés ont quitté le marché pour laisser la place à des boissons beaucoup moins fortes et beaucoup moins dangereuses à consommer.  Le taux de criminalité a chuté dramatiquement.

Taux d'homicides aux États-Unis 1910-1944 (source: US Bureau of Statistics)

 

Pourquoi cette petite leçon d’histoire? Parce que depuis les années 60, nous revivons la même chose avec la guerre que nos gouvernements mènent aux drogues. Quels résultats ont-ils à nous montrer après tant de temps et d’argent à combattre ce supposé fléau? Absolument rien! Les drogues sont tout aussi faciles à obtenir pour n’importe qui déterminé à en avoir. Notre système de justice s’écroule sous le poids. Les gangs de rues prolifèrent et les utilisateurs crèvent de consommer des produits fabriqués par des trafiquants qui se foutent éperdument que leurs client crèvent. Ce n’est pas parce qu’on décriminalise quelque chose que tout le monde va se mettre soudainement à en consommer. La consommation de cannabis sera probablement tout aussi règlementée que la consommation de tabac ou d’alcool, ce qui permettrait de contrôler et limiter plus facilement la consommation par des mineurs. Plutôt que d’avoir la construction de plus de prisons comme enjeu électoral, ne serait-il pas plus opportun de revoir notre stratégie et mettre fin à cette prohibition?

Fusion CAQ-ADQ – Membre radié; Cause: conjoint de Joanne Marcotte!

Que les militants anti-fusion de la CAQ-ADQ prennent bien soin de s’asseoir. J’en ai une bonne à vous conter. Comme Denis Julien, mon chum, n’avait pas reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ (il est membre alors que moi je ne le suis plus depuis un bon moment), je me suis permise de faire un petit suivi et j’ai téléphoné au siège social de l’Action démocratique du Québec ce matin. Une gentille dame m’a donné un service 5 étoiles.

Voici ce qui en a résulté.

- Bonjour. Mon conjoint n’a pas encore reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ. Pourrait-on vérifier si sa lettre a bien été envoyée?

- Oui. Attendez un peu. Je vais vérifier dans le système…. Le nom de votre conjoint?

- Denis Julien. Je peux vous donner son numéro de membre si vous voulez?

- Je vérifie… Attendez un peu… Oui. Son nom figure bien dans la liste mais Raymond Chabot n’a pas envoyé de lettre. Laissez-moi vérifier. Des fois, certains membres sont radiés. Je vais voir.

- Allez-y. Je peux attendre.

- Vous pouvez me donner son numéro de membre?

- 40144. Il a renouvelé aux lendemains du dernier congrès de l’ADQ.

- Oui. J’ai ça ici. Effectivement, il a renouvelé jusqu’en 2016.

- C’est exact.

- Bon. Alors oui, je vois ça ici. Denis Julien au (elle me donne notre adresse) a été radié et il y a une mention “Ne pas contacter. Conjoint de Joanne Marcotte.”

- Hmmm.

- Alors ce que je vais faire, c’est que je vais donner ça à la personne ici qui s’occupe des relations avec Raymond Chabot et elle va faire en sorte que la firme lui envoie son bulletin de vote.

- Alors espérons que le courrier sera rapide puisque la semaine prochaine est la dernière semaine où les gens peuvent voter, non?

- Oui. Oui. Ils sont bien organisés chez Raymond Chabot. Ils s’occupent de ça.

- Alors merci à vous et bonne journée.

Hmmm en effet! Quelle racaille que cette équipe d’administrateurs et de dirigeants de l’ADQ. Comprenez-moi bien. Pour moi, l’ADQ telle qu’elle est perçue par l’ensemble de la population a eu sa chance. Sa marque de commerce est brûlée, sa base militante se sent trahie et les dirigeants actuels sont des guidounes de première classe.

En effet, si autrefois, les politiciens promettaient 100 000 jobs, aujourd’hui, il semble que les politiciens veulent garder leurs jobs à 100 000 dollars! (Celle-là, elle est de mon chum)

Mais bon sang! S’il y a un noyau de personnes qui veulent récupérer cette coquille, l’épurer de ses éléments opportunistes, se “regrounder” sur des valeurs de centre-droite, changer le nom de la marque de commerce et le logo, que sais-je, quelles espèces de crapules cela prend-il pour bousiller à ce point des énergies aussi authentiques et générer un tel cynisme? (Voir dernier communiqué du groupe RestonsADQ qui en rajoute).

C’est vraiment dégoûtant!

 

NDLR – Si vous êtes membres de l’ADQ et que vous n’avez pas reçu votre bulletin de vote, communiquez sans tarder à la permanence de l’ADQ 1 800 370-3221

Prendre les gens pour des cons

Christian Lévesque

Hier matin nous apprenions que Jean Nobert, membre fondateur de l’ADQ, avait fait parvenir à l’exécutif de l’ADQ une demande de convocation d’un Conseil général, signé par 59 membres en règle de l’ADQ, conformément à l’article 35 de la Constitution de l’ADQ. Pendant l’après-midi est arrivé la réponse de Christian Lévesque, le président du parti. Je la reproduis ici intégralement à partir du site de l’ADQ.

Réponse à la demande pour la tenue d’un Conseil général

2012-01-10, 15:05

 

L’Action démocratique du Québec, après analyse par la Commission juridique du parti, et s’appuyant sur les articles 32 et 35 de la constitution,  n’est pas en mesure de répondre de manière positive à la demande formulée par Me JeanNobert pour la tenue d’un Conseil général.

Effectivement, l’article 35 de notre constitution spécifie que le Conseil général se réunit sur la décision du Comité exécutif du parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt-cinq (25) associations de circonscription électorale. Par contre, eu égard à l’article 32, qui spécifie qui a droit de vote lors d’un Conseil général, les membres qui ont demandé la tenue du Conseil général ne répondent pas aux critères énumérés par l’article.

Article 32

Le Conseil général se compose des personnes suivantes:

a) des membres du Comité exécutif;

b) des présidents des associations de circonscription électorale; en cas d’absence, le président peut être remplacé par un membre choisi par le comité exécutif de l’association, pour une (1) réunion du Conseil général;

c)  un (1) membre de chaque association de circonscription choisi par le comité exécutif de l’association;

d) les députés de l’Action démocratique, membres de l’Assemblée nationale du Québec;

e) cinquante (50) jeunes ou leurs substituts choisis, en autant que possible, dans chacune des régions mentionnées à l’article 25, nommés par le Regroupement -Jeunes se pour un (1) an; ces nominations devant être entérinées par le Comité exécutif de l’Action démocratique;

f)   les secrétaires des commissions permanentes.

Article 35

Le Conseil général se réunit sur décision du Comité exécutif du Parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt- cinq (25) associations de circonscription électorale.

Apparemment, l’interprétation de M. Lévesque  de l’article 35 est que pour convoquer un Conseil général, les 50 membres doivent avoir le droit de vote à un Conseil général.  Selon Claude Garcia, du Comité Restons ADQ, bien que M. Lévesque respecte la lettre des articles 32 et 35 de la constitution,  le parti n’a pas respecté l’article 32 par le passé et permettait à tout membre en règle de voter à un conseil général. Maintenant, tout d’un coup, M. Lévesque décide d’appliquer la constitution à la lettre. Mais maintenant que M. Lévesque a retrouvé sa copie de la constitution, peut-être réalisera-t-il les irrégularités qu’il a lui même commises. Chose certaine, le camp du Non, n’a pas dit son dernier mot.

Des élections provinciales ce printemps?

Par Charles-Étienne Bélisle

Les signes ne mentent pas, Jean Charest sera de la prochaine élection. Le lancement de son Plan Nord, l’annonce de la hausse du salaire minimum et ses critiques virulentes envers la Coalition avenir Québec de François Legault. Or, même si les libéraux traînent de la patte dans les sondages, il ne faut pas les tenir pour morts. Ils ont plus d’un tour dans leur sac. Et surtout, c’est eux qui décident du moment du déclenchement des élections, ce qui leur donne un avantage marqué. On peut se plaindre pendant des heures du principe plus ou moins démocratique de l’exercice, mais malheureusement, ça ne changera pas la réalité, du moins pour le moment.

Jean Charest a donc dans sa tête deux scénarios en vue des élections, qui comportent à la fois des avantages et des désavantages. Il est difficile de déterminer pour l’instant son choix avec certitude.

Élections au printemps?

En prenant de court la Coalition avenir Québec, encore peu organisée et aux prises avec de la drogue dans les rangs de la possible ex-ADQ, Jean Charest s’assure d’avoir un avantage. De plus, il ne donne pas le temps au PQ d’aller chercher Gilles Duceppe, probable successeur de Pauline Marois. Il ne faut pas perdre de vue la Commission sur la construction, qui n’aura toujours pas commencé.

Par contre, si les sondages demeurent très favorables à la troupe de François Legault, c’est-à-dire autour de 40 %, Jean Charest ne sera pas tenté de se jeter dans la gueule du loup. Il pourrait attendre à l’automne, peut-être même au printemps prochain, s’il voit que la CAQ maintient la faveur populaire.

Que dire de l’automne?

Le premier ministre déclenchera des élections à l’automne s’il sent ou espère que la CAQ s’essoufle, ou que Pauline Marois quitte le navire péquiste pour se consacrer à ses terres charlevoisiennes. Quant à la commission, elle n’aura pas fait tellement de dégâts, car elle doit s’organiser, filtrer les témoins, écouter des témoignages en huit clos, puis viendra le temps du spectacle en public, qui pourrait n’être qu’en 2013. De plus, les conclusions ne viendront qu’en 2015, qui pourrait être rendu au mi-mandat du prochain gouvernement. Autant dire que Jean Charest n’est pas trop pressé. En outre, le « grand bâtisseur » a besoin d’une session parlementaire pour démolir l’équipe Legault, comme il l’a fait avec succès dans les cas d’André Boisclair, de Mario Dumont et de Pauline Marois. Il aura certes l’avantage de pouvoir dénigrer François Legault à chaque question, ce dernier étant chef de l’opposition officielle auprès des médias et des sondages, sans toutefois avoir une grosse équipe à l’Assemblée nationale. Même si la Coalition ratisse large en oeillant des ténors fédéralistes, elle ne compte pour l’instant que des péquistes et des adéquistes, ce qui facilitera le travail de Jean Charest.

Je penche donc plus pour des élections à la fin de la présente année, sauf évidemment si la Coalition avenir Québec plonge, ou si Pauline Marois quitte la vie politique.

Fusion ADQ-CAQ: des lettres de Christian Lévesque et Gérard Deltell incluses avec les bulletins de vote

 

Par Philippe David

 

Par l’entremise de membres du comité Restons ADQ, j’ai obtenu des photographies des documents envoyés aux membres de l’ADQ afin qu’ils se prononcent sur l’entente de fusion avec la Coalition Avenir-Québec. Outre le bulletin de vote, une lettre expliquant la marche à suivre de la firme Raymond Chabot, Grant Thornton, une copie de l’entente de principe et une fiche d’informations à remplir; on y trouve également des lettres de MM. Gérard Deltell et Christian Lévesque. Rappelons que l’exécutif national a refusé de permettre au comité Restons ADQ d’inclure une lettre contenant des arguments contre la fusion.

Bien qu’aucune de ces deux lettres n’incitent les membres à voter oui ou non comme tel, M. Deltell y exhorte les membre à se prononcer en grand nombres tandis que M. Lévesque rappelle que l’exécutif national du parti a voté à la hauteur de 85% en faveur de l’accord de fusion. Mais même si elles sont relativement banales, elles rappellent au membres que leur chef et leur exécutif sont en faveur de cette entente et vont à l’encontre de la neutralité qui aurait été de mise dans cet exercice. Ça ne pourrait être vu que comme une façon d’influencer les membres. Déjà que le texte de l’entente ressemble à un baratin de vente pro-fusion. Le tout va certainement donner des arguments à ceux qui croient que le processus était

Denis Claveau, président de la commission des jeunes, dit avoir un problème avec l’inclusion de lettres de deux ténors pro-fusion, mais il  qualifie le tout comme étant « une annonce de fusion sans saveur et surtout, sans projet ».

 

Lettre de Gérard Deltell

Lettre de Christian Lévesque

L’hypocrisie de Jean Allaire

 Par Philippe David.

« Il faut avoir la lucidité de reconnaître le moment où un parti atteint le crépuscule de son existence et faire les gestes nécessaires pour que tout le travail fait depuis près de deux décennies ne s’évapore pas en fumée. » — Jean Allaire

C’est ce que Jean Allaire affirme, alors qu’il cherche non seulement à tuer le parti qu’il a fondé, mais aussi toutes les idées qui ont fait son succès et essaie de se sauver avec les meubles et le compte de banque, laissant les militants nus sur le perron.

Il ne faut pas mâcher ses mots. Ce que Me Allaire et ses comparses essaient de faire, c’est de littéralement « voler » les militants de leur parti en le sabordant en faveur de la CAQ. Il n’était pas suffisant à M. Allaire, M. Lévesque et M. Deltell de simplement quitter leur parti et de prendre leur carte de membre de la CAQ, ils leur fallait à tout prix apporter les actifs de l’ADQ avec eux et au diable ceux qui y ont mis leur corp et âme. Mais ils ont sous-estimé la résistance des militants et ils paniquent maintenant.

Me Allaire parle du crépuscule de son parti alors qu’avant que cette histoire de fusion commence, sa popularité était passée de 6% (après la tragi-comique course à la chefferie) à 18%! Par la suite, afin de plaire à François Legault et tenter de réduire le canyon idéologique entre l’ADQ et la CAQ, Me Allaire a tenté de torpiller les résolutions proposées par la commission politique à Trois-Rivières et ont allègrement fait circuler les rumeurs de fusion. Voyez-vous l’ADQ est loin d’avoir atteint le crépuscule comme véhicule d’idées, elle est seulement minée de l’intérieur par des hypocrites.

Me Allaire essaie de vous faire croire que l’ADQ et la CAQ se rejoignent dans les idées. Je vous inviterais à consulter cette présentation d’Adrien Pouliot. Oui oui. Celle que Joanne Marcotte a converti en PDF et que les fusionnistes ont brandi comme la preuve d’un sombre complot de prise de contrôle de l’ADQ par des fanatiques libertariens, alors même qu’ils aident François Legault à commettre une prise de contrôle hostile de leur parti. Il faut le faire, avouez-le!

Cette présentation, disais-je, démontre plutôt bien que les affirmations de Jean Allaire sont fausses. Il existe bel et bien un fossé idéologique important entre les deux partis. Mais Me Allaire n’est pas intéressé par les idéologies, il est intéressé par le pouvoir et il veut y parvenir en aidant François Legault en lui faisant cadeau du budget de $780 000 par an que l’ADQ reçoit du DGEQ, d’une aile parlementaire et même la possibilité d’être reconnu comme parti officiel à l’Assemblée Nationale. Bref, il veut le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière! C’est d’ailleurs pour ça qu’il est capable du même souffle de mettre en garde contre les soi-disant « dérives de la droite », tout en invitant les membre de l’ADQ qui sont de droite à venir essayer de faire avancer leurs idées au sein de la CAQ! Allô! Quelles sont les chances de faire avancer des idées de droite dans un parti où les éminences grises vous mettent en garde contre les soit-disant dérives de ces idées! Vous nous prenez pour des cons ou quoi?

Membres de l’ADQ, je vous implore d’user de bon sens. La démocratie au Québec se portera beaucoup mieux s’il y a un véhicule politique pour les idées de droite. L’ADQ est le meilleur véhicule pour ces idées, alors que les dirigeants de la CAQ ne cherchent même pas à occuper cet espace du marché politique. Y a-t-il suffisamment de clientèle du côté droit de l’échiquier politique pour se faire porter au pouvoir au Québec? C’est discutable, je vous l’accorde, mais l’ADQ n’a jamais été si populaire que lorsqu’elle avançait des solutions de droite et elle n’est jamais descendu plus bas en enfer que lorsqu’elle a trahi son électorat de droite. À vous d’en tirer vos conclusions. Ce parti peut encore être rebâti sur des fondations plus solides et continuer le travail qu’elle avait commencé à faire: servir l’électorat de droite. Si le pouvoir vous importe plus que l’idéologie et que vous préférez répondre au chant des sirènes des sondages, déchirez votre carte, inscrivez-vous à la CAQ et votez contre la fusion ou ne votez pas du tout et laissez aux autres militants qui croient encore à l’ADQ la possibilité de continuer leur travail. Si la CAQ est si géniale que ça, vous n’avez absolument rien à perdre. Si par contre, vous croyez encore à l’ADQ, empressez vous de retourner votre bulletin de vote avec une croix sur le « non ».

Et surtout, montrez à MM. Allaire, Legault, Deltell, Lévesque, Thibault et cie. que le parti ne leur appartient pas et qu’ils ne peuvent pas en disposer comme bon leur semble pour leur propre bénéfice. Montrez-leur que l’esprit de démocratie est bel et bien vivant dans le coeur des adéquistes, même si vos dirigeants ne l’ont plus. Montrez-leur qu’ils ne peuvent pas vous voler votre parti.

La vraie liberté

Par Pierre-Guy Veer

Comme toute personne qui gagne en popularité, Ron Paul passe maintenant sous la loupe des médias. Mais contrairement à ce qu’on a trouvé sur certains de ses adversaires – Gingrich et Romney sont des girouettes sans pareil1, Perry éliminerait les cours qui ne pensent pas comme lui2 –, ce qu’on a « trouvé » sur Ron Paul n’est pas du tout scandaleux. En fait, on pourrait même dire que la réaction des médias3 montre leur ignorance crasse en ce que sont la liberté et la responsabilité.

 

Pensons seulement au questionnement de Paul sur le fait que les sidéens et autres gens souffrant de maladies infectieuses exigent d’être soignés à bon prix. Il blâme surtout leurs habitudes de vie… et il a raison. En effet, les jeunes (homosexuels, surtout) en Europe, à cause de la propagation des trithérapies – qui contrôlent la multiplication du VIH dans le corps – sont devenus extrêmement négligents et prendraient plusieurs risques quand vient le temps d’avoir des rapports sexuels. Et ce n’est pas moi qui le dit : c’est Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine qui a co-découvert le VIH4.

 

Toutefois, ce manque de responsabilisation ne touche pas que les gens sexuellement actifs. Dans n’importe quel pays où les gens n’ont pas à tout payer pour leurs soins de santé, on aperçoit cette insouciance. Combien de fois entend-on parler que l’obésité est un fléau? le tabagisme? le diabète de type 2? Sauf très rare exception, ces problèmes sont uniquement causés par la négligence des gens. Pourquoi mes impôts devraient aider à les guérir, puisqu’ils ne se soucient visiblement pas de leur santé? À défaut de les faire payer entièrement – aucun politicien canadien n’osera avancer une telle « hérésie » –, les gens aux maladies « évitables » devraient à tout le moins débourser une partie des dépenses encourues. On est toujours plus parcimonieux quand vient le temps de dépenser son argent.

 

Égaux devant la loi et rien d’autre

 

Un autre point « litigieux » de Ron Paul est son rejet des droits spéciaux pour les minorités (Noirs, Hispaniques, employés, etc.) Il ironise en soulignant que le fait que les « Blancs » ne forment pas de lobby montre le ridicule d’une telle différenciation.

 

Il marque un autre point sur de sujet. Avant le 20e siècle, les femmes avaient entièrement raison de militer parce qu’elles n’avaient, pour ainsi dire, aucun droit parce que l’État les considéraient comme des enfants. Mais maintenant qu’elles ont obtenu l’égalité juridique, les femmes n’ont absolument rien d’autre à attendre de l’État. Outre la Nature, qui les fait porter le fardeau de la grossesse, elles n’ont qu’elles-mêmes à blâmer pour la supposée inégalité des salaires qu’elles ont par rapport aux hommes. En fait, l’on pourrait même avancer que c’est le désir de celles qui veulent des enfants qui dirigent plusieurs femmes vers des domaines où une absence prolongée n’affectera pas leur rendement de façon notable, comme l’enseignement5.

 

La même chose s’applique pour les Noirs. Ils avaient tout à fait raison de se regrouper et d’exiger notamment le rejet des lois Jim Crowe, qui avait ni plus ni moins instauré l’apartheid dans les États du Sud. Maintenant que c’est chose du passé, il n’y a que le temps qui puisse améliorer l’attitude des Blancs à leur égards. Ils ont toutefois du pain sur la planche; la guerre à la drogue6 et le salaire minimum7 ne sont que deux exemples d’intervention de l’État qui perpétue le racisme institutionnalisé qui a tant empoisonné un pays qui fut jadis un bastion de la liberté.

 

Propriété privée

 

Parallèlement à cette dénonciation, Ron Paul affirme haut et fort qu’une personne a le droit de faire ce qu’elle veut de son commerce sans que l’État n’ait son mot à dire. Évidemment, la gauche (lire : gens qui veulent plus d’intervention du gouvernement) n’aime pas entendre de telles paroles. Si c’est ouvert au public, alors tout le monde a le droit de rentrer, affirme une personne avec qui j’ai eu une discussion musclée sur le sujet. Elle a toutefois pris le soin de distinguer une maison et un club privé d’un commerce ou d’un restaurant.

 

pourquoi? Dans les quatre cas, nous sommes en présence d’une propriété privée. Peu importe l’endroit, une personne a pleinement le droit de refuser l’accès à qui elle veut. C’est elle la pire parce qu’elle se prive de revenus potentiels. La personne « blessée » l’est certes dans son orgueil, mais en aucun cas n’a-t-elle vu ses droits violées. Si tel était le cas, alors les hommes devraient pouvoir devenir danseuse nue, les femmes devraient pouvoir avoir accès aux saunas gays et les adolescents devraient pouvoir devenir membre de la Fédération de l’âge d’or.

 

D’ailleurs, j’ai une question qui me chicote : si une personne est exclue d’un endroit X, pourquoi insiste-t-elle pour qu’on l’y admette de toute façon? Ne sait-elle pas que voter avec ses pieds est un des meilleurs moyens pour faire changer les choses? Le boycott des autobus de Montgomery, Alabama en est un des meilleurs exemples.

 

Ne demandez pas ce que l’État peut faire pour vous

 

En conclusion, ce que prône Ron Paul est simple : on est responsable de ses actes, et l’égalité des personne se fait uniquement devant la loi. L’État n’a pas à privilégier une quelconque minorité ni à payer pour la négligence des gens. Sinon, l’on obtient la situation actuelle : des gens soignés peu importe ce qui a causé la maladie/le malaise et des gens qui se regroupent ensemble afin d’avoir des privilèges, au frais de la princesse naturellement.

 

Les médias y sont pour quelque chose; en effet, pensons seulement à Muguette Paillé, cette femme qui a demandé, lors du dernier débat des chefs fédéraux, ce que le gouvernement peut faire pour elle pour qu’elle se trouve un emploi. Pas ce que le gouvernement allait faire pour lui faciliter la vie (augmenter le commerce, déréglementer). Non : ce que les autres vont faire pour qu’elle ait un emploi. Pourtant, si elle se donnait la peine, elle pourrait facilement se trouver un emploi8

4L’Eau vive, 20 mai 2010, p.3

Joanne Marcotte répond à J.-Jacques Samson

Suivant la chronique d’aujourd’hui de J.-Jacques Samson, “Ça caquette à l’ADQ“, je me permettrai d’offrir ici un complément d’information que M. Samson aurait eu avantage à connaître avant d’écrire son texte.

Le document dont il est question dans sa chronique (Cours de préparation au mariage CAQ-ADQ signé Adrien Pouliot) a effectivement été rédigé par Adrien Pouliot, membre de la Commission politique de l’ADQ. Ce document avait fait l’objet d’une conférence Web donnée par M. Pouliot en décembre dernier. Dans cette présentation Powerpoint, ce dernier donne son appréciation des propositions de la CAQ, mais surtout compare la philosophie politique et quelques éléments des programmes des deux partis que sont la CAQ et l’ADQ.

Comme le Réseau Liberté-Québec se donne comme mandat de diffuser les idées qui se situent à la droite du centre sur l’échiquier politique, nous avons pensé rendre public un document qui compare, de façon assez percutante, les valeurs et les idées de la CAQ vs. l’ADQ (initiative qui, entre vous et moi, devrait être le travail des journalistes…) J’ai donc repris son document, l’ai converti en .pdf et l’ai rendu disponible à partir du site de l’Infolettre du Réseau Liberté-Québec.

En créant ce nouveau document .pdf, c’est ce qui fait que vous voyez mon nom dans le champ “Auteur” des propriétés du document. Je n’ai pas, par ailleurs, changé une seule ligne de son texte. Je ne suis donc pas l’auteure du document – ce que le chroniqueur J.-Jacques insinue à tort dans sa chronique.

Il semble donc qu’il n’ait pas été suffisant que le titre du document soit “Cours de préparation au mariage ADQ-CAQ – SIGNÉ ADRIEN POULIOT” pour le convaincre de l’identité de l’auteur. Cela dit, je peine à imaginer M. Samson fouiller dans les propriétés du document .pdf pour y trouver mon nom. On peut, en effet, raisonnablement penser que ceci lui a été suggéré par un malfaisant qui avait intérêt à injecter encore plus de confusion dans le processus déjà alambiqué de fusion ADQ-CAQ.

De toute évidence, cette stratégie de dernière minute du camp pro-fusion est on ne peut plus claire : tenter de discréditer le groupe RestonsADQ.ca en l’associant à une droite radicale, démagogique et selon Me Allaire, libertarienne (oh! quelle horreur, alors que lui-même a travaillé dans l’équipe du très libertarien Stockwell Day de l’Alliance canadienne, selon les dires de Éric Duhaime!).

Ce camp a également intérêt à faire voir que la résistance à la fusion ne provient pas de l’intérieur, soit des membres de l’ADQ, mais serait téléguidée de l’extérieur. Sous-entendre, par exemple, que Adrien Pouliot est un porte-parole du RLQ est digne de tout ce dont la population a en horreur de la part des magouilleurs professionnels de la politique. Croient-ils vraiment qu’en faisant croire cela, la fusion menée par les élites dirigeantes de l’ADQ apparaîtrait moins comme leur trahison à la fois du membership et des idées du parti. Qui sait ce que mijottent les Me Allaire et leur chef des communications Richard Thibault? C’est suffisamment tordu pour que d’honnêtes gens y perdent leur latin et s’écoeurent encore davantage de ces vieux politiciens.

Quoiqu’il en soit, j’en profiterai donc pour rappeler à M. Samson et à ses lecteurs la nature et la mission du Réseau Liberté-Québec. Contrairement à ce que “spin” Me Jean Allaire, le Réseau Liberté-Québec regroupe tous les Québécois qui ont compris que notre sociale-démocratie est épuisée.

Il regroupe TOUT ce qui est à la droite du centre: des conservateurs fiscaux, des gens attachés à la philosophie libérale classique (dont je suis moi-même), des libertariens ainsi que des nationalistes qui ont à coeur de préserver les valeurs occidentales que sont la liberté d’opinion et de presse, l’égalité homme-femme et la séparation de l’Église et de l’État.

Le Réseau Liberté-Québec travaille à réseauter tous ces gens, à proposer des réformes importantes au modèle québécois et à disséquer l’offre politique des différents partis politiques au Québec afin d’y voir plus clair.

En ce qui touche le positionnement du RLQ face à l’avenir de l’ADQ, je crois pouvoir dire sans trop m’aventurer que nous souhaitons tous qu’à terme, il en résulte un parti politique qui représente les idées réformatrices dont le Québec a tant besoin. Que ce véhicule renaisse de la coquille d’une ADQ qui aurait survécu ou qu’il soit le fruit d’un tout nouveau parti politique né d’une base militante plus homogène et clairement positionnée à la droite du centre, honnêtement, m’importe peu.

Pour cela, seuls les militants engagés au sein des partis politiques en présence sauront nous le dire.

P.S. J’ai communiqué avec J.-Jacques Samson au téléphone aujourd’hui. Après lui avoir expliqué la genèse du document dont il est question dans sa chronique, il me dit qu’il effectuera une correction à ses propos à la première occasion.

L’incompris

Dans la campagne pour l’investiture républicaine qui est en cours aux États-Unis, s’il y a une constante, c’est l’incompréhension complète qui règne autour de la plateforme et des politiques de Ron Paul. Dans tous les médias et l’élite politique, autant de gauche que de droite, on le traite de fou dangereux. Et pourtant, les sondages démontrent qu’un segment grandissant de l’électorat apprécient son message. Voyez-vous, il n’y a pas qu’au Québec que l’élite est déconnectée de l’électorat. Depuis que Paul est devenu un des meneurs pour le caucus de l’Iowa qui a eu lieu hier, et après avoir longtemps ignoré des médias, l’intelligentsia américaine (et même canadienne) a entrepris une campagne de salissage dans une vaine tentative de le discréditer.  Cependant, ceux qui l’attaquent, autant démocrates que républicains, ne font que démontrer le peu de différence idéologique qui existe entre les deux partis.  Les républicains font bien semblant d’être pour la libre-entreprise et une réduction de l’état, mais dans les faits, en aucun moment, sous la gouverne des républicains, y a-t-il eu une réduction du poids de l’état sur l’économie, même sous Ronald Reagan. La réalité est que le bipartisme est un mythe aux États-Unis. Les républicains préfèrent dépenser sur le militaire et le BS corporatif et les démocrates préfèrent dépenser sur des programmes sociaux, mais les deux s’entendent parfaitement sur la taille de l’état: le plus obèse possible. Ron Paul est le seul qui veut sérieusement s’attaquer à la taille de l’état. Alors voyons qu’est-ce qu’il y a de si fafelu dans ses idées, en commencant par ce que plusieurs considèrent son talon d’achille.

Ron Paul et les affaires étrangères.

C’est là que Ron Paul se fait le plus traiter de fou furieux et il faut admettre que du point de vue étatiste, ses idées sont irrecevables. Cependant si on s’arrête à y réfléchir vraiment sous l’angle des vrais problèmes qui affligent les États-Unis présentement, on réalise que Ron Paul n’est pas aussi fêlé que ses critiques voudraient le faire croire. Prenons par exemple sa position sur les attentats du 9/11.  Ses critiques s’exclament haut et fort que Ron Paul croit que le gouvernement américain, par le biais de la CIA, a exécuté l’attentat. Ce n’est absolument pas sa position. La position de Paul est que les États-Unis sont indirectement les artisans de leurs propres malheurs; dû aux conséquences inattendues de leurs interventions au Moyen-Orient. Un bref coup d’oeil à l’histoire lui donnerait raison.

Le concept de « blowback »

« Blowback » est un terme utilisé par la CIA qui désigne des conséquences inattendues issues de leurs opérations secrètes et qui ne peuvent être connectées à l’opération originale. Depuis la chute de l’Empire Ottoman, les puissances colonisatrices que sont la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis (entre autres) ont taillé les frontières du Moyen-Orient à leur guise, causant bien des injustices. Un exemple patent fût le sort des kurdes qui se retrouvèrent apatrides et persécutés dans quatres états-nations. Un autre remaniement frontalier mal avisé fût la création de l’état d’Israël. Je ne conteste pas personnellement son existence, mais force est d’admettre que pour les arabes, ce fût un grave affront et une source éternelle de ressentiment evers l’Occident.

Depuis le début de la guerre froide, les États-Unis ont multiplié leurs interventions dans la région pour tenir le communisme en échec et défendre leurs intérêts dans les ressources pétrolières de la région du Golfe Persique. En 1953, la CIA et le Mi-6 ont orchestré un coup d’état qui a relevé le premier ministre Mossadegh de ses fonctions et restauré le Shah Mohammed Reza Pahlevi, en exil après une tentative d’assassinat avortée contre Mossadegh. Ce coup d’état, en plus d’enlever du pouvoir un politicien très populaire, a transformé la gouvernance de l’Iran de monarchie constitutionnelle à une brutale dictature. Une fois restauré au pouvoir, le Shah entendait bien y rester. Il a donc institué, avec l’aide de la CIA et du Mossad, une police secrète, la SAVAK, dont la mission était de réprimer sauvagement toute opposition et toute critique. La SAVAK avait tous les pouvoirs d’arrêter, détenir, torturer et même assassiner quiconque osait critiquer le Shah et s’est largement servi de ses privilèges. Il est rapporté que le règne du Shah a été tout aussi sanglant que celui de Pinochet, alors il est difficile de le considérer comme une belle époque de l’histoire iranienne, même si la révolution islamique qui l’a suivie n’est guère mieux. Il n’est donc pas trop surprenant que les iraniens ne portent pas les américains dans leur coeur.

Comme si ce n’étais pas assez, il ne faut pas oublier que ce fût le gouvernement américain qui a également mis Saddam Hussein au pouvoir et lui a fourni ses armes chimiques qu’il a ensuite utilisé contre les iraniens, les kurdes et des dissidents irakiens. Ajoutons à cela l’embargo contre l’Irak pendant les années 1990 qui a coûté la vie à un minimum d’un demi million d’enfants irakiens de maladies diverses dûes à la malnutrition et le manque de sanitation que cet embargo a causé. Ajoutons encore le soutien américain de plusieurs dictateurs au Moyen Orient tel que les Sabah et les Saud ou Sadate et Moubarak, sans compter leur soutien inconditionnel d’Israël et ils s’imaginent que les arabes les haïssent parce qu’ils sont libres et prospères et qu’ils en sont jaloux, ou encore par fanatisme religieux. Pourtant, il serait beaucoup plus difficile pour les islamistes de trouver un terreau aussi fertile pour leur jihad, si l’oncle Sam cessait de piétiner sur eux. Mais, je vais certainement me faire accuser d’anti-américanisme primaire pour vous avoir informé de ces faits. Est-il donc surprenant que la présence continue de troupes américaines en Arabie Saoudite pendant les années 90 et l’occupation subséquente de l’Irak et de l’Afghanistan en ait excité plus qu’un? Si on s’arrête à penser ce qui a bien pu motiver Oussama Ben Laden à commettre les attentats du 9/11, on a l’embarras du choix, sans même considérer le fanatisme religieux. Tout ce que Ron Paul a fait est de mettre le nez des américains dans leur propre caca et leur montrer les conséquences des actes de leur propre gouvernement. Sa thèse est plutôt simple, si tu marches à travers les bois en renversant des nids de guêpes au passage, tu vas éventuellement te faire piquer. Le remède est de simplement éviter de renverser les nids de guêpes.

Les opposants de Ron Paul vivent dans le déni et l’illusion. Le déni que par leur impérialisme, leur pays ait antagonisé beaucoup de régions à travers le monde et l’illusion qu’avec plus de 15 billions (trillions en anglais) de dettes, l’oncle Sam a encore les moyens d’agir en policier du monde. En réalité, l’oncle Sam est en faillite et il devra faire des choix difficiles. Seul Ron Paul semble vouloir faire ces choix.

Je vous invite à y réfléchir en regardant cette vidéo.

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