Comment mettre J-F Lisée K. O.

J’ai regardé l’émission « Tout le monde en parle » avec grand intérêt hier soir, comme beaucoup d’autres gens. J’ai attendu avec anticipation l’arrivée d’Éric Duhaime et de Jean-François Lisée. Je n’ai pas été déçu. Je félicite Guy A. Lepage de les avoir invités tous les deux et d’avoir de ce fait sensibilisé ses nombreux auditeurs au débat gauche-droite. Ce débat n’a pas encore pénétré dans le psyché québécois et toute occasion est bonne pour le faire pénéter un peu plus.

Éric Duhaime nous a donné un solide exposé de son livre et la réaction de l’audience a été très positive. Jean-François Lisée, en revanche s’est habillé d’arrogance et de démagogie, et bienqu’Éric Duhaime se soit  bien défendu dans l’ensemble, je me suis retrouvé devant mon écran voulant lui souffler quelques arguments à travers les ondes.

Tout d’abord, j’ai maille à partir avec l’analogie de M. Lisée sur la définition de gauche et droite. La droite croit que c’est votre responsabilité d’apprendre à nager et elle vous laisse la liberté de nager aussi vite et aussi loin que vous le pouvez. En revanche, la gauche vous force à nager avec une veste de sauvetage le restant de vos jours, que vous sachiez nager ou non. Pour une petite minorité incapables d’apprendre à nager, c’est peut-être bien, mais pour la majorité ça devient vite une  entrave. 

Tout de suite au départ, Lisée a usé d’intimidation en interrompant constamment Éric Duhaime. Mais il ne s’est pas laissé intimidé. Bon point pour lui. Là où je me suis rongé les ongles fût lorsque J-F Lisée s’est mit à décrire ce qu’aurait été le Québec si les libertariens. Hydro Québec n’aurait pas été nationalisé, il n’y aurait pas eu d’assurance-maladie, pas de loi 101 et pas de salaire minimum. Ici M. Lisée fait usage de ce qu’on appelle « l’homme de paille ». Une technique qui consiste à ériger une image caricaturale de la droite, pour ensuite démolir cette caricature. M. Lisée est renommé pour utiliser de telle démagogie et je suis certain que son livre en contient une bonne dose. Ma réplique à son argumentaire aurait été de dire « Et alors? Il y aurait eu autre chose. » L’argumentaire de  J-F Lisée repose entièrement sur la prémise qu’il n’y a que le gouvernment qui aurait pu électrifier la province, prodiguer et financer les soins de santé, protéger la langue française ou enrayer la pauvreté. Or c’est faux. Sous la tutelle de l’État, Hydro Québec et le MSSS sont devenus des monstres bureaucratiques beaucoup trop coûteux pour les résultats qu’ils donnent. Quant à la langue elle est en plus grand péril grâce aux technocrates du MELS qu’à cause des immigrants et des anglos. Alors on est en droit de se demander s’il n’y aurait pas d’autres moyens de protéger le français sans ls coercition de l’état. Pour ce qui est du salaire minimum, ils est bien connu que cette mesure crée du chômage et n’aide pas du tout les pauvres dans la réalité. Un monde libertarien ne serait donc pas aussi pire que M. Lisée le prétend. Ce serait plutôt le contraire.

Par exemple, contrairement au monde de M.Lisée, où on s’imagine que c’est la majorité des gens qui sont incapables de payer pour leurs soins médicaux les plus élémentaires, les libertariens fonctionnent avec l’idée qu’au contraire, c’est plutôt une petite minorité des québécois qui seraient incapables de payer pour leurs soins et donc qu’il n’est pas nécessaire que le gouvernement finance des soins médicaux mur-à-mur pour tout le monde. En minimisant l’impact de l’État dans le domaine de la santé, les coûts des soins seraient plus bas et il n’y aurait peu ou pas de temps d’attente. Il pourrait en être ainsi de la plupart des programmes sociaux. L’affreux épouvantail de M. Lisée est bien moin effrayant maintenant.

Un autre beau petit plat de démagogie servi par Jean-François Lisée a été d’accuser la droite néolibérale de la débâcle financière aux États-Unis. Selon les dires de M. Lisée, les banques américaines étaient « auto-régulées » pendant les années 1990, alors qu’en réalité, des lois telles que le Community Reinvestment Act forçaient les banques à faire des prêts hypothécaires à risque (sub-prime) au nom de l’égalité raciale et que ce sont Fannie Mae et Freddie Mac, des entreprises dirigées par le gouvernement américain qui rachetaient ces hypothèques risquées pour les transformé en ces fameux produits dérivés qui ont coûté $40 milliards à la Caisse Dépôt et qui avaient une cote AAA à cause qu’ils avaient une garantie implicite du trésor américain. Cette crise a plutôt été une orgie d’interventions étatiques afin de promouvoir un idéal socialiste d’accès à la propriété coûte que coûte. Soit Jean-François Lisée est bien mal informé, puisque bien peu de politiciens aux États-Unis contestent encore cette version des faits, ou soit il ment sciemment. À vous de choisir. Chose certaine, une simple recherche sur Google vous rapportera des tonnes d’information sur le rôle due gouvernement américain dans cette crise.

Pour ce qui est de la prétention que 99% des Québécois sont plus riches que 99% des américains, je vous réfèrerais à cet excellent texte de Martin Coiteux qui démontre cette fàcheuse tendance que M. Lisée a de prendre les coins ronds avec les statistiques.

J’ai le plus grand respect pour Éric Duhaime, mais j’espère que lorsqu’il aura un autre débat avec Jean-François Lisée, il utilisera certains de ces arguments pour le mettre K.O.

Affrontements stupides

Caricature - Ygreck

J’ai décidé ce matin de ramener une petite caricature que le talentueux Ygreck avait faite environ 3 mois après le premier rassemblement du Réseau Liberté-Québec, alors que les grandes centrales syndicales du Québec faisaient un caca nerveux devant cette nouvelle manifestation d’une droite qu’ils accusaient d’être « provocante ». Je le fais parce qu’il y en a qui affirment sans rire que le RLQ est une organisation inutile. Pourtant, si cette organisation est inutile, pourquoi y a-t-il des gauchistes avec des pancartes à chaque rassemblement majeur de ce mouvement? Pourquoi, avant qu’elle n’apparaisse, le débat gauche-droite était quasi-absent des médias de masse et que maintenant on s’en parle de plus en plus? Pourquoi depuis la fondation de ce réseau, Facebook est-il littéralement en ébullition au Québec avec des débats sur cet axe?

C’est vrai qu’il en en a qui se font de fausses idées sur ce que le RLQ est ou devrait être. Le RLQ n’est pas un parti politique, ni un groupe de pression, ni un lobby. Le RLQ est un réseau. Il n’a pas d’organisation formelle. Il permet à des gens de droite de se réunir et d’échanger. Il permet de tisser des liens et faire des contacts. Il permet également aux gens de droite de s’éduquer en présentant des conférenciers lors de ses évènements. Finalement, grâce à la visibilité médiatique de ses ténors, il est aussi un canal pour les idées de droite dans les médias. C’est loin de ce que j’appellerais « inutile ».  Alors pourquoi y a-t-il des gens de droite si critiques de ce mouvement?

La droite a une particularité intéressante. Elle est farouchement individualiste. Pas individualiste dans le sens du chacun pour soi, mais individualiste dans le sens que l’individu et ses droits sont au centre de ses préoccupation. Contrairement aux drones collectivistes de la gauche, nous ne voulons pas être issus du même moule et nous ne voulons pas nous plier à des exigences ou des solutions uniques. Nous croyons que les solutions émergent du bas vers le haut et non du haut vers le bas. Les idée sont soumises à la loi du marché et ce sont les meilleures idées qui émergent du processus de la concurrence.

Alors, puisque tous les gens de droite sont tous supposés viser le même but, c’est-à-dire moins d’état, je me vois plutôt perplexe d’assister à des luttes intestines stupides qui portent non-pas sur les idées, mais sur le choix d’un véhicule ou de la méthode ou même des conflits d’égos. Vous trouvez que le RLQ n’en fait pas assez? Fondez votre propre mouvement et essayez d’en faire un succès comme Joanne Marcotte, Éric Duhaime, Ian Sénéchal et Roy Eappen ont fait. Vous êtes orphelins politiques depuis que l’ADQ a sombré et vous haïssez la gueule de Jeff Plante? Faites comme lui et partez votre propre parti et voyez si vous pouvez faire mieux que lui. Mais de grâce, cessez de dénigrer ceux qui tentent de s’impliquer corps et âmes à faire avancer la cause de la droite au Québec. J’ai le privilège de connaitre beaucoup de ces gens et chacun est dédié à sa propre manière à la même cause que vous. Pourquoi leur planter des poignards dans le dos? Les traiter de faux droitistes ou que sais-je d’autre encore? Je croyais que seuls les gauchistes s’attribuaient le monopole de la vertu. Et pourtant, si vous n’êtes pas disposés à faire certains des sacrifices que font les Jeff Plante, Éric Duhaime, Ian Sénéchal, Joanne Marcotte et Roy Eappen ont fait, qui êtes-vous pour les critiquer.

L’important n’est pas le véhicule ou la méthode; l’important, c’est les idées. Les luttes intestines ne mènent à rien. Pendant que vous vous obstinez sur le sexe des anges, le véritable adversaire, la gauche, se bidonne. Si ce que le voisin fait pour promouvoir la cause vous déplait, vous pouvez en débattre, mais s’il persiste, vivez et laissez vivre.

L’ADQ est morte, vive la vraie droite

 

C’est maintenant officiel, l’ADQ n’est plus, vendue par des opportunistes pour un sondage. Le parti qui voulait faire de la politique autrement est maintenant remplacé par un parti qui veut faire de la politique n’importe comment. Avec son logo bigarré, la CAQ ne sera qu’un feu de paille lorsque l’électorat réalisera que François Legault promet tout et son contraire. Mais ils se trompent s’ils croient qu’en éliminant l’ADQ, ils ont éliminé toute compétition à la prétention de « force de changement ». La CAQ étant plutôt un vide idéologique navrant se révèlera vite une force du statu quo de l’état nounou monolithique et non les porteurs d’équité générationelle et de redressement des finances publiques. M. Legault ne sera pas celui qui changera le cap de la province, il continuera de la laisser voguer tout droit vers l’iceberg.

Soyons francs, le positionnement de l’ADQ à la droite de l’axe politique a toujours été mitigé. Ses rangs étaient pollués par des personnalités qui n’ont jamais vraiment eu de positions de droite, ce qui a causé sa déchéance à chaque fois qu’elle s’approchait de la ligne des buts. Comme soit-disant parti de droite, l’ADQ était minée de l’intérieur. Au point que la plupart des militants qui ont crû voir en elle un véhicule de changement, l’ont abandonné. Des 2533 membres encore inscrits, seulement 54% on daigné voter et à peine 30% d’irréductibles droitistes ont voté contre la fusion. C’est donc dire que le parti n’avait plus d’âme.  Sa disparition, loin d’être une défaite pour la droite, libérera l’espace à droite du centre pour un parti qui sera vraiment à droite, pas un qui fait semblant de l’être.

Trois nouveaux partis ont été fondés récemment dans le but de combler ce vide. L’Équipe Autonomiste d’Éric Barnabé, le Québec Autonome et Prospère de Jean-François Néron et le Parti Conservateur du Québec, ressuscité par Jeff Plante et Luc Harvey. Sans vouloir offusquer les quelques supporteurs des deux premiers prétendants, la seule option qui me semble viable jusqu’ici est le Parti Conservateur. Non seulement bénéficie-t-il d’une marque de commerce reconnue, mais l’équipe derrière ce parti est composée de personnes qui n’en sont pas à leur premières armes en politique et qui ont de meilleures chances de rassembler une équipe qui pourra présenter des candidats dans tous les comtés. Leur sortie médiatique de cette semaine fût fort remarquée et fait déjà des vagues. Il m’apparaît donc que c’est probablement le meilleur véhicule pour les aspirations de la droite québécoise.

Certains se plaignent de la personnalité de Jeff Plante (qui est controversée, faut l’admettre) ou de la présence dans l’équipe de membres notoires de la « droite religieuse » comme Richard Décarie. Pourtant, ça ne devrait pas nécessairement être une source d’inquiétude pour les tenants de la « droite économique ». Les enjeux controversés pour la droite sociale que sont l’avortement et le mariage gai sont des juridictions fédérales et ne seront donc pas du ressort du PCQ. Les enjeux qui intéressent ce segment de la droite qui sont du ressort provincial ont plus à voir avec la liberté en éducation, l’élimination des cours d’ECR et des accommodements déraisonnables, la compensation pour les parents qui choisissent de garder leurs jeunes enfants à la maison plutôt qu’à la garderie et la préservation de notre patrimoine historique. Ce sont tous des thèmes qui étaient chers à l’ADQ. Je ne vois pas pourquoi ça deviendrait soudainement une source de friction.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec plus de liberté en éducation et avec l’élimination des cours d’ECR et des accommodements. Pour ce qui est de la question des garderies, je considèrerais bien plus équitable de désétatiser les garderies et n’apporter une aide qu’au familles plus démunies pour l’accès aux garderies et laisser le libre choix aux autres familles de payer pour les services de garde qui leur convienne le mieux. Je questionne cependant si c’est vraiment le rôle de l’état de protéger notre patrimoine historique, mais c’est somme toute un point très mineur.

Une victoire de la droite au Québec ne peut se produire qu’en unissant nos forces. Nous ne pouvons pas nous permettre d’exclure certains groupes. Il est toujours possible de trouver un terrain d’entente. Un changement s’impose au Québec. Nous pouvons soit geindre que nous sommes des orphelins politiques maintenant que l’ADQ n’est plus et nous confondre dans des luttes de personnalités. Ou nous pouvons regarder ce qui nous unis, monter à bord du véhicule qui nous est offert et le faire nôtre. Quant à moi, j’ai déjà choisi cette dernière et j’invite les adéquistes et ex-adéquistes à faire de même.

La chute prévisible de la CAQ

 

Par Simon Leduc

La chute prévisible de la CAQ :

Pendant plusieurs mois, le mouvement de François Legault a largement dominé ses adversaires dans les intentions de vote au Québec. Les Québécois ne veulent plus rien savoir des vieux partis et ils désirent du changement. À leurs yeux, la Coalition avenir Québec représente peut-être un vent de fraicheur. En novembre dernier, la CAQ est devenue officiellement une véritable formation politique. Depuis ce temps, la cote de popularité de celle-ci est clairement en baisse. Est-ce que les intentions de vote de la CAQ vont fondre comme neige au soleil dans les prochaines semaines? Il y a deux éléments qui pourraient causer la chute de ce nouveau joueur politique : l’absence d’une base électorale solide et des futures divergences d’opinions entre les membres du caucus caquiste

La volatilité des appuis de la CAQ :

Le leader de la CAQ ne veut pas se définir sur l’échelle idéologique québécoise. Il ne veut pas dire s’il est de droite ou de gauche. Il rejette les étiquettes idéologiques et il adhère au pragmatisme. Il est clair que François Legault ne veut pas déplaire à personne. Cette stratégie risque de causer un effet boomerang. Les conservateurs et les progressistes pourraient tourner le dos à la Coalition avenir Québec. Les « vrais conservateurs » dans l’âme ne peuvent pas appuyer un parti qui va maintenir en place un modèle qui est défaillant. La présence de droitistes au sein de la CAQ (Deltell, Caire, etc.) pourrait faire fuir les gauchistes. Donc, les premiers vont se réfugier dans l’abstentionnisme (ou dans le nouveau Parti conservateur du Québec) et les deuxièmes vont se jeter dans les bras du PQ ou de Québec solidaire.

Un parti politique doit se construire une base électorale solide qui va lui être fidèle. Le PLQ peut compter sur l’appui des anglophones et des allophones et le PQ sur les souverainistes purs et durs. Ces deux entités politiques bénéficient de l’appui de bases électorales qui leurs sont toujours loyaux contre vent et marée. Stephen Harper s’est bâti une clientèle électorale forte et cela lui a permis de remporter une victoire majoritaire le 2 mai dernier. On ne peut pas en dire autant de la CAQ. Celle-ci n’a pas de base électorale solide. Ses appuis sont très volatiles et fragiles. Selon un coup de sonde de Léger Marketing , 55% des électeurs caquistes pourraient changer d’idée d’ici les prochaines élections générales. Sans une base électorale indéfectible, les troupes de Legault risquent de chuter dans les sondages et compromettent leur chance de prendre rapidement le pouvoir. Le refus de l’ancien député de Rousseau de se définir sur l’axe gauche-droite est une grosse erreur et elle pourrait lui être fatale.

Les divergences idéologiques dans le caucus caquiste :

L’équipe parlementaire caquiste est composée de progressistes et de droitistes modérés. Ils ont des divergences importantes sur une tonne de sujets. Tout d’abord, sur le plan environnemental, Gérard Deltell veut que le Québec explore et exploite ses ressources naturelles afin de créer de la richesse . Tandis que François Rebello est un environnementaliste qui préfère les ressources vertes et propres . Ensuite, comment un souverainiste comme François Rebello va pouvoir coexister avec une fédéraliste trudeauiste et multiculturaliste comme Marlene Jennings? Un travail colossal attend François Legault : unifier son équipe parlementaire. Le chef caquiste va devoir imposer son leadership et une ligne de parti à son jeune caucus. Cela ne sera pas facile pour le principal intéressé. Des dérapages et des divergences d’opinions sont à prévoir lors de la prochaine campagne électorale. François Legault est-t-il un leader assez fort et solide pour accomplir cet énorme défi? Les paris sont ouverts.

La route de la CAQ vers le pouvoir semble être semée d’embûches et elle devra agir. Tout d’abord, celle-ci doit se définir clairement sur le clivage gauche-droite, c’est primordial. En politique, on ne peut pas plaire à tout le monde. La CAQ devra cibler et séduire une clientèle électorale afin de se constituer une base solide et fidèle. Ensuite, l’autre priorité de Legault devrait être d’imposer une discipline à son caucus afin que le parti parle d’une seule voix. Ce sont deux éléments fondamentaux pour la Coalition avenir Québec. Les ignorer serait une grosse erreur pour elle et sa popularité pourrait être éphémère.

Le Parti Conservateur renaît au Québec

MONTRÉAL – Alors que certains membres de l’ADQ luttent pour bloquer la fusion de leur parti avec la CAQ et que certains adéquistes déçus sont aller fonder l’Équipe autonomiste, un nouveau parti de droite se manifeste au Québec.  Après de longues années d’absence de la scène politique québécoise, le Parti Conservateur du Québec renait de ses cendres. Anciennement le parti de Gédéon Ouimet, Arthur Sauvé, Camilien Houde et Maurice Duplessis, ce parti a disparu de la carte en 1936 lors de sa fusion avec l’Action Libérale Nationale qui a donné naissance à l’Union Nationale. Un vestige de ce parti a présenté trois candidats aux élections de 1939 et le parti avais disparu depuis.

C’est avec l’ancien député fédéral Luc Harvey comme chef intérimaire et l’animateur de radio Jeff Plante comme président que le parti est maintenant réincarné. Sur le nouveau site web du parti,  MM. Plante et Harvey promettent « plus de liberté, autonomie et moins d’un État qui intervient trop dans nos vies et manquent de respect envers ceux qui les ont élus.  » Parmis les politiques proposées on trouve l’impôt  à taux unique et une réduction de la bureaucratie pour relancer l’entrepreneuriat qui étouffe sous la paperasse inutile. Le PCQ a également pris position pour le projet de loi C-10 et contre les cours d’éthique et culture religieuse obligatoires. Selon les informations prélevées de leur page Facebook, la plateforme du parti sera dévoilé au cours des prochaines semaines. Il semblerait qu’il y en a déjà qui ont commencé à acheter leur carte de membre.

En défense du PLC et du pot

 

Aujourd’hui, j’ai le goût de me faire l’avocat du diable. Beaucoup de chroniqueurs se sont bien amusé avec la proposition du PLC de décriminaliser la marijuana. Je conviens que dans la conjoncture actuelle, ça ne devrait peut-être pas être la première priorité d’un parti. Il y aurait définitivement des problèmes plus urgents à régler. Cependant, il y a quand même beaucoup de bonnes raisons de vouloir décriminaliser les drogues. J’aimerais les faire valoir en vous donnant une petite leçon d’histoire.

Le plus grand accomplissement de F.D.R.

Vous ne verrez pas souvent un libertarien faire les louanges de Franklin Delano Roosevelt. Nous avons plutôt tendance à le mépriser, comme le grand étatiste qu’il était, mais il y a au moins un accomplissement de la présidence de Roosevelt que les libertariens peuvent admirer. Non, ce n’est pas le New Deal. Il a déjà été établi par plusieurs économistes que le New Deal, plutôt que d’avoir aidé à sortir l’économie américaine de la Grande Dépression, il l’aurait allongée de sept ans. Sa contribution à l’effort de guerre? Puisque les libertariens sont anti-guerre, ça ne serait pas vraiment considéré comme un point d’honneur, surtout si on considère certains documents qui suggèrent que Roosevelt savait que les japonais allaient attaquer Pearl Harbor, mais n’a rien fait pour avertir ses généraux afin de pouvoir rendre l’opinion publique favorable à une déclaration de guerre. Non, le plus grand accomplissement de FDR fût d’abolir le 18e amendement à la constitution américaine: la prohibition.

Pendant plus d’une décennie (1920 à 1933), la prohibition a rendu illégale la production et la consommation d’alcool. Contrairement à ce qui avait été l’intention, la prohibition a complètement raté son but de promouvoir la tempérance. Plutôt que d’éliminer les problèmes liés à l’alcoolisme, elle les a décuplés. Dans une étude de 30 villes américaines de 1920 à 1921, le taux de criminalité avait augmenté de 24%. Les cambriolages avaient augmenté de 9%, les homicides de 12.7%, les voies de fait de 13%, l’addiction aux drogues de 44.6% et les coûts des forces policières de 11.4%. Avant la fin de la prohibition le taux d’homicides monta à 10 par 100 000 habitants, une augmentation de 78% par rapport à l’ère pré-prohibitionniste. En peu de temps, les gangs se faisaient la guerre dans les rues.  Les américains, qui jusque là étaient de grands amateurs de bière, se sont retrouvés à fabriquer des boissons fortes avec des méthodes de fortune. Un marché noir florissant s’est développé, mené par le crime organisé. Des dizaines de milliers sont morts de la consommation d’alcool frelaté. Bref, ce fût un échec sur toute la ligne.

Lorsque Roosevelt a pris le pouvoir en 1933, la prohibition était devenue très impopulaire, de plus, avec la Grande Dépression, on pourrait croire que les américains étaient fins prêts pour un petit remontant. L’abolition de la prohibition leur a non seulement fournit ça, mais avec la réouverture des brasseries, vignobles et distilleries légales, ainsi que toutes les autres industries qui les fournissent, elle a aussi fournit une pléthore d’emplois à un moment où le chômage était à 25%. Les alcools frelatés ont quitté le marché pour laisser la place à des boissons beaucoup moins fortes et beaucoup moins dangereuses à consommer.  Le taux de criminalité a chuté dramatiquement.

Taux d'homicides aux États-Unis 1910-1944 (source: US Bureau of Statistics)

 

Pourquoi cette petite leçon d’histoire? Parce que depuis les années 60, nous revivons la même chose avec la guerre que nos gouvernements mènent aux drogues. Quels résultats ont-ils à nous montrer après tant de temps et d’argent à combattre ce supposé fléau? Absolument rien! Les drogues sont tout aussi faciles à obtenir pour n’importe qui déterminé à en avoir. Notre système de justice s’écroule sous le poids. Les gangs de rues prolifèrent et les utilisateurs crèvent de consommer des produits fabriqués par des trafiquants qui se foutent éperdument que leurs client crèvent. Ce n’est pas parce qu’on décriminalise quelque chose que tout le monde va se mettre soudainement à en consommer. La consommation de cannabis sera probablement tout aussi règlementée que la consommation de tabac ou d’alcool, ce qui permettrait de contrôler et limiter plus facilement la consommation par des mineurs. Plutôt que d’avoir la construction de plus de prisons comme enjeu électoral, ne serait-il pas plus opportun de revoir notre stratégie et mettre fin à cette prohibition?

Fusion CAQ-ADQ – Membre radié; Cause: conjoint de Joanne Marcotte!

Que les militants anti-fusion de la CAQ-ADQ prennent bien soin de s’asseoir. J’en ai une bonne à vous conter. Comme Denis Julien, mon chum, n’avait pas reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ (il est membre alors que moi je ne le suis plus depuis un bon moment), je me suis permise de faire un petit suivi et j’ai téléphoné au siège social de l’Action démocratique du Québec ce matin. Une gentille dame m’a donné un service 5 étoiles.

Voici ce qui en a résulté.

– Bonjour. Mon conjoint n’a pas encore reçu son bulletin de vote concernant la fusion CAQ-ADQ. Pourrait-on vérifier si sa lettre a bien été envoyée?

– Oui. Attendez un peu. Je vais vérifier dans le système…. Le nom de votre conjoint?

– Denis Julien. Je peux vous donner son numéro de membre si vous voulez?

– Je vérifie… Attendez un peu… Oui. Son nom figure bien dans la liste mais Raymond Chabot n’a pas envoyé de lettre. Laissez-moi vérifier. Des fois, certains membres sont radiés. Je vais voir.

– Allez-y. Je peux attendre.

– Vous pouvez me donner son numéro de membre?

– 40144. Il a renouvelé aux lendemains du dernier congrès de l’ADQ.

– Oui. J’ai ça ici. Effectivement, il a renouvelé jusqu’en 2016.

– C’est exact.

– Bon. Alors oui, je vois ça ici. Denis Julien au (elle me donne notre adresse) a été radié et il y a une mention “Ne pas contacter. Conjoint de Joanne Marcotte.”

– Hmmm.

– Alors ce que je vais faire, c’est que je vais donner ça à la personne ici qui s’occupe des relations avec Raymond Chabot et elle va faire en sorte que la firme lui envoie son bulletin de vote.

– Alors espérons que le courrier sera rapide puisque la semaine prochaine est la dernière semaine où les gens peuvent voter, non?

– Oui. Oui. Ils sont bien organisés chez Raymond Chabot. Ils s’occupent de ça.

– Alors merci à vous et bonne journée.

Hmmm en effet! Quelle racaille que cette équipe d’administrateurs et de dirigeants de l’ADQ. Comprenez-moi bien. Pour moi, l’ADQ telle qu’elle est perçue par l’ensemble de la population a eu sa chance. Sa marque de commerce est brûlée, sa base militante se sent trahie et les dirigeants actuels sont des guidounes de première classe.

En effet, si autrefois, les politiciens promettaient 100 000 jobs, aujourd’hui, il semble que les politiciens veulent garder leurs jobs à 100 000 dollars! (Celle-là, elle est de mon chum)

Mais bon sang! S’il y a un noyau de personnes qui veulent récupérer cette coquille, l’épurer de ses éléments opportunistes, se “regrounder” sur des valeurs de centre-droite, changer le nom de la marque de commerce et le logo, que sais-je, quelles espèces de crapules cela prend-il pour bousiller à ce point des énergies aussi authentiques et générer un tel cynisme? (Voir dernier communiqué du groupe RestonsADQ qui en rajoute).

C’est vraiment dégoûtant!

 

NDLR – Si vous êtes membres de l’ADQ et que vous n’avez pas reçu votre bulletin de vote, communiquez sans tarder à la permanence de l’ADQ 1 800 370-3221

Prendre les gens pour des cons

Christian Lévesque

Hier matin nous apprenions que Jean Nobert, membre fondateur de l’ADQ, avait fait parvenir à l’exécutif de l’ADQ une demande de convocation d’un Conseil général, signé par 59 membres en règle de l’ADQ, conformément à l’article 35 de la Constitution de l’ADQ. Pendant l’après-midi est arrivé la réponse de Christian Lévesque, le président du parti. Je la reproduis ici intégralement à partir du site de l’ADQ.

Réponse à la demande pour la tenue d’un Conseil général

2012-01-10, 15:05

 

L’Action démocratique du Québec, après analyse par la Commission juridique du parti, et s’appuyant sur les articles 32 et 35 de la constitution,  n’est pas en mesure de répondre de manière positive à la demande formulée par Me JeanNobert pour la tenue d’un Conseil général.

Effectivement, l’article 35 de notre constitution spécifie que le Conseil général se réunit sur la décision du Comité exécutif du parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt-cinq (25) associations de circonscription électorale. Par contre, eu égard à l’article 32, qui spécifie qui a droit de vote lors d’un Conseil général, les membres qui ont demandé la tenue du Conseil général ne répondent pas aux critères énumérés par l’article.

Article 32

Le Conseil général se compose des personnes suivantes:

a) des membres du Comité exécutif;

b) des présidents des associations de circonscription électorale; en cas d’absence, le président peut être remplacé par un membre choisi par le comité exécutif de l’association, pour une (1) réunion du Conseil général;

c)  un (1) membre de chaque association de circonscription choisi par le comité exécutif de l’association;

d) les députés de l’Action démocratique, membres de l’Assemblée nationale du Québec;

e) cinquante (50) jeunes ou leurs substituts choisis, en autant que possible, dans chacune des régions mentionnées à l’article 25, nommés par le Regroupement -Jeunes se pour un (1) an; ces nominations devant être entérinées par le Comité exécutif de l’Action démocratique;

f)   les secrétaires des commissions permanentes.

Article 35

Le Conseil général se réunit sur décision du Comité exécutif du Parti ou sur demande de cinquante (50) de ses membres ayant droit de vote ou de vingt- cinq (25) associations de circonscription électorale.

Apparemment, l’interprétation de M. Lévesque  de l’article 35 est que pour convoquer un Conseil général, les 50 membres doivent avoir le droit de vote à un Conseil général.  Selon Claude Garcia, du Comité Restons ADQ, bien que M. Lévesque respecte la lettre des articles 32 et 35 de la constitution,  le parti n’a pas respecté l’article 32 par le passé et permettait à tout membre en règle de voter à un conseil général. Maintenant, tout d’un coup, M. Lévesque décide d’appliquer la constitution à la lettre. Mais maintenant que M. Lévesque a retrouvé sa copie de la constitution, peut-être réalisera-t-il les irrégularités qu’il a lui même commises. Chose certaine, le camp du Non, n’a pas dit son dernier mot.

Des élections provinciales ce printemps?

Par Charles-Étienne Bélisle

Les signes ne mentent pas, Jean Charest sera de la prochaine élection. Le lancement de son Plan Nord, l’annonce de la hausse du salaire minimum et ses critiques virulentes envers la Coalition avenir Québec de François Legault. Or, même si les libéraux traînent de la patte dans les sondages, il ne faut pas les tenir pour morts. Ils ont plus d’un tour dans leur sac. Et surtout, c’est eux qui décident du moment du déclenchement des élections, ce qui leur donne un avantage marqué. On peut se plaindre pendant des heures du principe plus ou moins démocratique de l’exercice, mais malheureusement, ça ne changera pas la réalité, du moins pour le moment.

Jean Charest a donc dans sa tête deux scénarios en vue des élections, qui comportent à la fois des avantages et des désavantages. Il est difficile de déterminer pour l’instant son choix avec certitude.

Élections au printemps?

En prenant de court la Coalition avenir Québec, encore peu organisée et aux prises avec de la drogue dans les rangs de la possible ex-ADQ, Jean Charest s’assure d’avoir un avantage. De plus, il ne donne pas le temps au PQ d’aller chercher Gilles Duceppe, probable successeur de Pauline Marois. Il ne faut pas perdre de vue la Commission sur la construction, qui n’aura toujours pas commencé.

Par contre, si les sondages demeurent très favorables à la troupe de François Legault, c’est-à-dire autour de 40 %, Jean Charest ne sera pas tenté de se jeter dans la gueule du loup. Il pourrait attendre à l’automne, peut-être même au printemps prochain, s’il voit que la CAQ maintient la faveur populaire.

Que dire de l’automne?

Le premier ministre déclenchera des élections à l’automne s’il sent ou espère que la CAQ s’essoufle, ou que Pauline Marois quitte le navire péquiste pour se consacrer à ses terres charlevoisiennes. Quant à la commission, elle n’aura pas fait tellement de dégâts, car elle doit s’organiser, filtrer les témoins, écouter des témoignages en huit clos, puis viendra le temps du spectacle en public, qui pourrait n’être qu’en 2013. De plus, les conclusions ne viendront qu’en 2015, qui pourrait être rendu au mi-mandat du prochain gouvernement. Autant dire que Jean Charest n’est pas trop pressé. En outre, le « grand bâtisseur » a besoin d’une session parlementaire pour démolir l’équipe Legault, comme il l’a fait avec succès dans les cas d’André Boisclair, de Mario Dumont et de Pauline Marois. Il aura certes l’avantage de pouvoir dénigrer François Legault à chaque question, ce dernier étant chef de l’opposition officielle auprès des médias et des sondages, sans toutefois avoir une grosse équipe à l’Assemblée nationale. Même si la Coalition ratisse large en oeillant des ténors fédéralistes, elle ne compte pour l’instant que des péquistes et des adéquistes, ce qui facilitera le travail de Jean Charest.

Je penche donc plus pour des élections à la fin de la présente année, sauf évidemment si la Coalition avenir Québec plonge, ou si Pauline Marois quitte la vie politique.

Fusion ADQ-CAQ: des lettres de Christian Lévesque et Gérard Deltell incluses avec les bulletins de vote

 

Par Philippe David

 

Par l’entremise de membres du comité Restons ADQ, j’ai obtenu des photographies des documents envoyés aux membres de l’ADQ afin qu’ils se prononcent sur l’entente de fusion avec la Coalition Avenir-Québec. Outre le bulletin de vote, une lettre expliquant la marche à suivre de la firme Raymond Chabot, Grant Thornton, une copie de l’entente de principe et une fiche d’informations à remplir; on y trouve également des lettres de MM. Gérard Deltell et Christian Lévesque. Rappelons que l’exécutif national a refusé de permettre au comité Restons ADQ d’inclure une lettre contenant des arguments contre la fusion.

Bien qu’aucune de ces deux lettres n’incitent les membres à voter oui ou non comme tel, M. Deltell y exhorte les membre à se prononcer en grand nombres tandis que M. Lévesque rappelle que l’exécutif national du parti a voté à la hauteur de 85% en faveur de l’accord de fusion. Mais même si elles sont relativement banales, elles rappellent au membres que leur chef et leur exécutif sont en faveur de cette entente et vont à l’encontre de la neutralité qui aurait été de mise dans cet exercice. Ça ne pourrait être vu que comme une façon d’influencer les membres. Déjà que le texte de l’entente ressemble à un baratin de vente pro-fusion. Le tout va certainement donner des arguments à ceux qui croient que le processus était

Denis Claveau, président de la commission des jeunes, dit avoir un problème avec l’inclusion de lettres de deux ténors pro-fusion, mais il  qualifie le tout comme étant « une annonce de fusion sans saveur et surtout, sans projet ».

 

Lettre de Gérard Deltell

Lettre de Christian Lévesque