La chute prévisible de la CAQ

 

Par Simon Leduc

La chute prévisible de la CAQ :

Pendant plusieurs mois, le mouvement de François Legault a largement dominé ses adversaires dans les intentions de vote au Québec. Les Québécois ne veulent plus rien savoir des vieux partis et ils désirent du changement. À leurs yeux, la Coalition avenir Québec représente peut-être un vent de fraicheur. En novembre dernier, la CAQ est devenue officiellement une véritable formation politique. Depuis ce temps, la cote de popularité de celle-ci est clairement en baisse. Est-ce que les intentions de vote de la CAQ vont fondre comme neige au soleil dans les prochaines semaines? Il y a deux éléments qui pourraient causer la chute de ce nouveau joueur politique : l’absence d’une base électorale solide et des futures divergences d’opinions entre les membres du caucus caquiste

La volatilité des appuis de la CAQ :

Le leader de la CAQ ne veut pas se définir sur l’échelle idéologique québécoise. Il ne veut pas dire s’il est de droite ou de gauche. Il rejette les étiquettes idéologiques et il adhère au pragmatisme. Il est clair que François Legault ne veut pas déplaire à personne. Cette stratégie risque de causer un effet boomerang. Les conservateurs et les progressistes pourraient tourner le dos à la Coalition avenir Québec. Les « vrais conservateurs » dans l’âme ne peuvent pas appuyer un parti qui va maintenir en place un modèle qui est défaillant. La présence de droitistes au sein de la CAQ (Deltell, Caire, etc.) pourrait faire fuir les gauchistes. Donc, les premiers vont se réfugier dans l’abstentionnisme (ou dans le nouveau Parti conservateur du Québec) et les deuxièmes vont se jeter dans les bras du PQ ou de Québec solidaire.

Un parti politique doit se construire une base électorale solide qui va lui être fidèle. Le PLQ peut compter sur l’appui des anglophones et des allophones et le PQ sur les souverainistes purs et durs. Ces deux entités politiques bénéficient de l’appui de bases électorales qui leurs sont toujours loyaux contre vent et marée. Stephen Harper s’est bâti une clientèle électorale forte et cela lui a permis de remporter une victoire majoritaire le 2 mai dernier. On ne peut pas en dire autant de la CAQ. Celle-ci n’a pas de base électorale solide. Ses appuis sont très volatiles et fragiles. Selon un coup de sonde de Léger Marketing , 55% des électeurs caquistes pourraient changer d’idée d’ici les prochaines élections générales. Sans une base électorale indéfectible, les troupes de Legault risquent de chuter dans les sondages et compromettent leur chance de prendre rapidement le pouvoir. Le refus de l’ancien député de Rousseau de se définir sur l’axe gauche-droite est une grosse erreur et elle pourrait lui être fatale.

Les divergences idéologiques dans le caucus caquiste :

L’équipe parlementaire caquiste est composée de progressistes et de droitistes modérés. Ils ont des divergences importantes sur une tonne de sujets. Tout d’abord, sur le plan environnemental, Gérard Deltell veut que le Québec explore et exploite ses ressources naturelles afin de créer de la richesse . Tandis que François Rebello est un environnementaliste qui préfère les ressources vertes et propres . Ensuite, comment un souverainiste comme François Rebello va pouvoir coexister avec une fédéraliste trudeauiste et multiculturaliste comme Marlene Jennings? Un travail colossal attend François Legault : unifier son équipe parlementaire. Le chef caquiste va devoir imposer son leadership et une ligne de parti à son jeune caucus. Cela ne sera pas facile pour le principal intéressé. Des dérapages et des divergences d’opinions sont à prévoir lors de la prochaine campagne électorale. François Legault est-t-il un leader assez fort et solide pour accomplir cet énorme défi? Les paris sont ouverts.

La route de la CAQ vers le pouvoir semble être semée d’embûches et elle devra agir. Tout d’abord, celle-ci doit se définir clairement sur le clivage gauche-droite, c’est primordial. En politique, on ne peut pas plaire à tout le monde. La CAQ devra cibler et séduire une clientèle électorale afin de se constituer une base solide et fidèle. Ensuite, l’autre priorité de Legault devrait être d’imposer une discipline à son caucus afin que le parti parle d’une seule voix. Ce sont deux éléments fondamentaux pour la Coalition avenir Québec. Les ignorer serait une grosse erreur pour elle et sa popularité pourrait être éphémère.

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