Monthly Archives: février 2012

L’art de se mitrailler les bottines

Un autre sondage, de CROP/Le Soleil celui-là, vient confirmer la tendance qui voit les appuis à la CAQ fondre comme la neige au soleil. La CAQ est passée de 39% dans les sondages et l’espoir de former un gouvernement majoritaire, à 26% et juste l’espoir de tenir la balance du pouvoir dans un scénario de gouvernement  minoritaire, soit libéral ou péquiste. Le PLQ et le PQ sont maintenant de retour en tête, virtuellement ex-aequo, avec seulement un point d’écart, bien en dedans de la marge d’erreur.

Pour expliquer les déboires de la CAQ, on parle bien sûr de « l’effet Rebello »  et les sorties de ce député n’ont certainement pas aidé, mais je crois qu’il y a beaucoup plus que ça. Je crois, et je l’avait prédit même, que la CAQ a toujours été vouée à l’échec. Le cafouillage des dernières semaines n’est qu’une cristallisation de ce qui était une évidence dès le départ. Mais quand c’est rendu au point qu’un membre du caucus invite un autre à se taire, il est difficile d’ignorer qu’il y a quelque chose qui cloche.

La CAQuophonie

La première erreur de François Legault était de croire qu’il pouvait construire une coalition basée sur la seule prémisse de remplacer les libéraux au pouvoir. M. Legault a crû pouvoir capitaliser sur la grogne populaire contre les libéraux et prendre le pouvoir avec une collection de transfuges de toutes les appartenances idéologiques. Le hic c’est que pour émettre un message qui ne sera pas dissonant, il faut savoir accorder ses violons. Dans le meilleur des mondes, c’est déjà difficile à accomplir, mais quand vous combinez des gens avec des idéologies aussi diamétralement opposées que François Rebello et Gérard Deltell, doit-on être surpris si nos oreilles commencent à saigner? Aussi aurait-il fallu que Legault soit un sacré bon chef d’orchestre. Malheureusement, il ne l’est pas.

Un problème de leadership

Dans un parti politique, le chef est celui qui doit décider du message que son parti envoie à l’électorat. C’est lui qui décide qui de son parti doit parler, quand il doit parler et ce qu’il doit dire. Or soit François Legault fait exprès pour que son parti dise tout et son contraire, soit il n’a aucun contrôle sur ses députés. Depuis le début la CAQ n’a jamais émis un message et une vision cohérente. Tantôt c’est des posistions de gauche, tantôt de droite, tantôt souverainiste, tantôt fédéraliste et tout recemment, éco-fasciste. Et ils se demandent probablement pourquoi ils sont en chute libre dans les sondages! À force de tirer dans toutes les directions en même temps, ils forcent tout le monde à courir vers les abris. On aucune idée quelles valeurs la CAQ défend.

Les positions de Rebello sur l’environnement

Les dernières sortie de Rebello sur l’environnement relèvent à toute fin pratique de l’éco-fascisme. Une voiture par famille? Voyons donc! C’est bien beau le transport en commun, mais François Rebello devrait peut-être sortir du Montréal métropolitain de temps en temps. Bio-carburant? M. Rebello n’a-t-il pas lu tous les reportages qui décrivent comment la politique de subventionner la production de biocarburant a causé une pénurie de denrées alimentaires et de la déforestration à outrance? Et il veut que nous fassions ça au Québec? Quelle idiotie!

Avec de telles positions, doit-on être surpris que la CAQ soit maintenant la risée des commentateurs politiques? La CAQ a eu le bénéfice d’une grosse bulle médiatique, mais celle-ci s’avère être un sérieux handicap. Elle a montré toutes les failles de ce parti et mis en relief ses incohérences. Après avoir eu un brin d’espoir, les québécois déchantent maintenant.

Budget de la Colombie-Britannique: des leçons pour le Québec

Par David Boudeweel-Lefebvre

Alors que la majorité des provinces sont aux prises avec des contraintes budgétaires et un endettement chronique, certaines d’entre-elles choisissent de prendre le taureau par les cornes afin de remédier à la situation. Le récent budget de la Colombie-Britannique est un cas intéressant dont le Québec devrait s’inspirer le mois prochain.

 Déposé par le ministre des finances Kevin Falcon, ce budget vise à réduire drastiquement l’augmentation des dépenses, augmenter certaines taxes discrétionnaires à la consommation en plus de vendre certains actifs détenus par la province. Ce budget cadre avec un plan de réduction des dépenses amorcé il y a quelques années dans la province. L’objectif est de dégager un surplus budgétaire dès l’an prochain. En réalité, le budget du ministre Falcon est la première étape d’un plan basé sur trois ans qui veut mettre à contribution l’ensemble des citoyens et de l’appareil d’État en évitant à la classe moyenne le fardeau de toutes les compressions.

 Alors qu’au Québec on ne fait que parler de réduction de l’État, la Colombie-Britannique agit. Au cours des trois prochaines années, il est prévu que les dépenses en santé n’augmenteront en moyenne que de 3,2% et celles en éducation de 0,6%. Ces augmentations sont en dessous de la moyenne canadienne et inférieures à ce qui se fait au Québec. La Colombie-Britannique entend aussi poursuivre la réduction de sa fonction publique en recourant davantage à la sous-traitance et non simplement par attrition de fonctionnaires lors des mises à la retraite.

 La province de l’ouest réévalue aussi son rôle dans l’économie et dans certains secteurs d’activités. La mesure la plus visible sera la mise en vente de son réseau de distribution d’alcool, l’équivalent de sa SAQ, afin d’augmenter ses revenus et de se départir d’une mission non-essentielle. Je pense que le Québec pourrait s’inspirer de cette réflexion et revoir à son tour l’ensemble des missions qu’il se donne de même que leur pertinence.

 Pour ce qui est de l’augmentation des revenus, la Colombie-Britannique compte sur la reprise économique et les investissements pour améliorer sa situation. La province augmente également les taxes sur le tabac, une mesure de moins en moins contraignante en raison des baisses de vente de produits du tabac. De plus, le gouvernement revient en arrière sur une promesse de baisse des impôts corporatifs pour les petites entreprises, ce qui est certes l’aspect le plus négatif de son exercice budgétaire. Notons toutefois que l’impôt sur les corporations de la province est un des plus faibles au pays et que la mesure présentée ne remet pas en cause la compétitivité fondamentale de la province pour attirer les petites entreprises..

 L’un dans l’autre, le budget de la Colombie-Britannique montre bien que le gouvernement de cette province comprend les enjeux actuels de notre économie et la nécessité d’avoir de bonnes assises pour une croissance stable et durable. Au lieu de faire preuve d’une audace mal mesurée et de se lancer dans de folles dépenses, nos voisins de l’ouest se concentrent à maintenir le cap vers un État plus petit et plus efficace tout en épargnant la classe moyenne.

 Le ministre Falcon, dans sa présentation, estime que « le temps ou les marchés toléraient les dépenses excessives du gouvernement est révolu ». Il serait grand temps que le Québec le comprenne également, avant de voir sa liberté d’action compromise par son incapacité à se discipliner et à enrayer l’augmentation galopante de ses dépenses de programmes et de sa dette publique.

La chute de la CAQ va se poursuivre

Par Simon Leduc

Depuis qu’elle est devenue officiellement un parti politique, la CAQ est victime de ses nombreuses contradictions. François Legault est incapable d’imposer une discipline et sa vision à son groupe parlementaire. Les divergences règnent en maître dans l’équipe caquiste. Le parti de Legault ne parle pas d’une même voie dans les deux dossiers suivants : les frais de scolarité et l’environnement.

Tout d’abord, François Legault a clairement affirmé que son parti est pour l’augmentation des frais de scolarité. En tout cas, François Rebello ne semble pas être d’accord avec son chef. Sur sa page Facebook, il y avait une photo où on pouvait le voir porter fièrement le symbole (un carré rouge) des groupes étudiants qui s’opposent farouchement à la hausse des droits de scolarité. Les stratèges de la CAQ ont rapidement demandé à son député de retirer cette photo mais le mal est fait. Quelle est la véritable position de la Coalition sur cette question délicate? Ce n’est vraiment clair et l’électorat doit être mêlé en maudit.

Ensuite, M. Rebello affirme que la CAQ désire combattre la pollution en limitant le nombre de voitures des ménages. Le député caquiste affirme que chaque famille devrait avoir seulement une seule voiture afin de diminuer la pollution. Est-ce que la CAQ a décidé de courtiser l’électorat écologiste du Plateau? Sa clientèle cible ne devrait pas être le 450 et la région de Québec? Cette mesure ne va pas plaire aux banlieusards qui ont besoin de deux voitures par famille pour se rendre au travail. Est-ce que le chef acquiesce à la proposition verte de son ami? On n’en sait rien.

La Coalition avenir Québec nage dans une mer de contradictions. Il n’y a pas de cohésion au sein du caucus caquiste. Un député dit une chose une journée et un autre affirme le contraire le lendemain. L’ancien député de Rousseau a rassemblé des personnes qui n’ont rien en commun. Les électeurs québécois ne savent pas où la Coalition s’en va. Legault n’est pas capable de s’occuper de sa petite équipe. Sera-t-il en mesure de bien diriger la province? La chute de la CAQ dans les sondages ne fait que commencer. Elle n’a pas de base électorale solide et son équipe diverge d’opinion sur une tonne de questions. Ces deux éléments vont faire mal à ce jeune parti politique. La chute de la CAQ était prévisible et elle est devenue une réalité.

Lien pertinent : La chute prévisible de la CAQ : http://www.contrepoids.com/2012/01/20/la-chute-previsible-de-la-caq/

La futilité des grèves étudiantes.

Vous êtes un étudiant qui est en faveur des grèves étudiantes? Faites-moi une faveur, expliquez-moi pourquoi?

Croyez-vous vraiment que ça fera une différence? Que parce que vous quittez vos cours, le gouvernement va trembler? Alors vous souffrez de sérieuses délusions. Vous croyez que votre grève dérange quelqu’un? Une grève a toujours été une tactique utilisée par les syndicats pour forcer leur employeur à négocier. Pour qu’elle soit efficace, encore faut-il qu’elle fasse mal à l’employeur en le privant de revenu et en l’empêchant de fournir ses services ou ses biens à sa clientèle. Dans un tel cas, l’employeur n’a d’autre choix que d’écouter. Les employés ont un levier contre leur employeur en le privant de leur travail, mais quel levier avez-vous, pauvres étudiants? Fournissez-vous un service essentiel à quelqu’un? Est-ce que votre grève fera bien grand chose, à part donner congé à vos profs, et encore, ils pourraient bien décider de continuer à donner des cours aux étudiants qui veulent bien continuer d’y aller.

La triste vérité est qu’une grève étudiante ne punira qu’une seule personne: vous-même. Elle vous punira quand vous serez obligés de rattraper le temps perdu pendant l’été, et que pendant ce temps, vous ne pourrez pas faire ce que vous feriez normalement pendant les vacances d’été comme occuper un emploi, faire un stage, faire un voyage d’échange culturel, etc. Ça vous empêchera de débuter votre carrière, si vous étiez sur le point de graduer, ou de passer au niveau suivant si vous comptiez poursuivre du cegep à l’université ou du BAC à la maîtrise ou au doctorat. En fin de compte, vous ne faites qu’ériger des barrières contre vous-même. Vous ne croyez pas avoir suffisamment de problèmes sans vous tirer vous-même dans le pied?

Alors continuez d’agiter d’agiter vos pancartes et vous priver vous-même de l’éducation qui fera votre futur si ça vous chante, mais soyez conscients que la plupart des gens se soucient plus de qui sera le prochain éliminé à Star Académie que de la hausse frais de scolarité qu’on veut vous imposer pour simplement rattraper le retard sur l’inflation. D’ailleurs, considérant la façon que notre gouvernement s’endette et que l’intérêt de cette dette supplantera bientôt l’éducation comme deuxième poste budgétaire le plus important; sans compter que cette dette est une taxe future qui devra tôt ou tard être remboursée par vous, alors je vous dirais qu’une augmentation de quelques centaines de dollars devrait être le moindre de vos soucis.

Maxime Bernier: « La libre entreprise a fait du Canada un pays prospère. C’est la libre entreprise qui va nous sortir de cette crise. »

Le 3 février dernier, Maxime Bernier a prononcé un discours devant la Chambre de Commerce de Toronto. Il vient de poster la traduction française de ce discours sur son blogue hier. J’ai trouvé ce discours intéressant et je me permet donc de le reproduire intégralement ici.

 Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un sujet qui me fascine depuis quelques années : comment sortir de la crise économique globale qui a débuté en 2007.

Comme vous le savez, elle a commencé sous la forme d’une crise financière provoquée par l’effondrement de la bulle immobilière aux États-Unis. Elle s’est ensuite répandue à travers le monde et a entraîné une récession.La plupart des gouvernements ont réagi en adoptant d’ambitieux plans de relance qui ont alourdi les dettes déjà élevées qu’ils avaient. Elle s’est maintenant transformée en crise de la dette publique et en crise budgétaire, en particulier en Europe et aux États-Unis.

Certains pays européens, comme la Grèce, doivent maintenant être sauvés de la faillite. D’autres, comme l’Italie et l’Espagne, ont des problèmes sérieux. Certains seront de nouveau en récession cette année. Plusieurs analystes prévoient que tout cela pourrait entraîner l’effondrement de l’union monétaire européenne.

De leur côté, les États-Unis accumulent depuis plusieurs années des déficits gigantesques qui mettent en danger l’économie américaine à moyen terme.

Au contraire, la situation est sous contrôle au Canada. Notre économie a créé plus d’emplois depuis la récession que nous en avons perdus durant la récession. Le Canada n’a pas trop souffert, en partie parce que nous avions des finances publiques saines avant la crise. Et parce que notre plan de relance a été limité et bien ciblé, en grande partie sur des projets d’infrastructure dont nous avions besoin.

Nous n’avons pas perdu le contrôle de nos dépenses. Nous n’avons pas créé de déficits non viables. Et aujourd’hui, nous sommes clairement sur la voie du retour à l’équilibre budgétaire et, à moins que la situation internationale ne se détériore, d’une croissance économique soutenue.

Pourquoi le Canada se retrouve-t-il dans une situation économique relativement enviable, alors que nos partenaires connaissent toujours de sérieuses difficultés? Parce que nos partenaires appliquent les préceptes d’une école de pensée économique qui s’appelle le keynésianisme. Cette théorie a été développée par l’économiste britannique John Maynard Keynes.

Keynes avait très peu confiance dans les entrepreneurs et le libre marché. Il était un fervent défenseur de l’intervention du gouvernement dans l’économie. L’une des principales idées de Keynes est qu’en période de crise ou de récession, la meilleure façon d’en sortir est d’augmenter les dépenses du gouvernement.

Les dépenses publiques vont soutenir la demande globale, remettre tout le monde au travail et relancer l’économie. Même si le gouvernement a déjà un déficit élevé et une grosse dette accumulée, ce n’est pas grave. Il faut emprunter et dépenser.

C’est l’un des paradoxes proposés par Keynes : la solution à trop de dépenses est de dépenser encore plus. La solution à des niveaux élevés de déficit et de dettes est encore plus de déficit et de dettes.

Les économistes keynésiens prétendent que si l’économie américaine ne s’est toujours pas complètement remise de la crise, c’est parce que le gouvernement ne dépense pas suffisamment. Pour eux, des déficits budgétaires annuels correspondant à 10% du PIB, ça ne suffit pas. Il souhaite des déficits encore plus importants. Pour vous donner une idée, le déficit budgétaire du Canada cette année correspond à un peu moins que 2% du PIB.

Il y a quelque chose de fondamental qui cloche dans cette explication. La question centrale qu’on doit se poser est celle-ci : d’où vient l’argent que le gouvernement dépense? Il doit bien venir de quelque part. Un gouvernement ne peut pas injecter des ressources dans l’économie à moins de les avoir d’abord retiré du secteur privé par des taxes et des impôts; ou de nous avoir endettés davantage en empruntant l’argent.

Chaque fois que le gouvernement prend un dollar additionnel dans la poche de quelqu’un, c’est un dollar que cette personne ne pourra pas dépenser ou investir. Les dépenses publiques augmentent; les dépenses privées diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation de la demande globale.

Les emprunts du gouvernement ont le même effet. Les investisseurs privés qui prêtent l’argent au gouvernement auront eux aussi moins d’argent à dépenser ou à investir ailleurs. Ou bien, ils auront moins d’argent à prêter à des entrepreneurs du secteur privé. Les emprunts et les dépenses publics augmentent; les emprunts et les dépenses privés diminuent. Il n’y a aucun effet net, aucune augmentation dans la demande globale.

C’est comme prendre une chaudière d’eau dans le coin de la piscine ou l’eau est profonde pour la jeter dans le coin où c’est moins creux. Et il est évident que ça ne fonctionne pas. Nos amis keynésiens à Ottawa, les néodémocrates et les libéraux, devraient comprendre ça.

Voyons ce qui est arrivé dans le pays qui a mis en ouvre ce genre de politique de façon très poussée : le Japon. Il y a vingt ans, le Japon a souffert d’une crise similaire à celle qui a frappé récemment les États-Unis. Une bulle spéculative qui s’était développée dans le secteur immobilier a finalement éclaté en 1990. Les prix se sont effondrés et cela a eu un impact négatif sur toute l’économie.

Le gouvernement japonais s’est lancé dans une série de programmes de dépenses publiques pour stimuler artificiellement l’économie. Il a dépensé des billions de yen. L’économie japonaise n’est cependant pas sortie de sa torpeur.

En 1990, la dette publique brute du Japon correspondait à 68% du PIB. Aujourd’hui, c’est 225%. La dette publique japonaise est la plus élevée au monde. Et les Japonais n’ont pas obtenu grand-chose en retour. Ce n’est pas parce qu’on dépense tout ce qu’on peut avec sa carte de crédit qu’on s’enrichit. Et pourtant, s’il faut en croire la logique du keynésianisme, l’économie japonaise aurait dû connaître la croissance la plus rapide dans le monde depuis vingt ans.

Voici deux autres exemples historiques qui permettent de contredire cette théorie.

Dix ans avant la Grande Dépression, en 1920 et 1921, l’économie américaine a subi une très grave récession. Presque personne n’en a entendu parler, parce qu’elle n’a pas duré très longtemps. L’économie a chuté de 17%. Le chômage est passé de 5 à 12%.

Le président à l’époque, Warren Harding, ne croyait pas qu’on pouvait relancer l’économie en augmentant les dépenses publiques. Au contraire, il croyait que le gouvernement devait s’enlever du chemin.

Qu’est-ce qu’il a fait? Il a réduit le budget du gouvernement de presque la moitié. Il est passé de 6,3 milliards de dollars en 1920, la dernière année du gouvernement Wilson, à 3,3 milliards en 1922. Harding a aussi réduit les impôts.

Nos amis keynésiens et les partis d’opposition à Ottawa vont dire que ce n’est pas du tout ce qu’un gouvernement devrait faire pour relancer l’économie. Mais c’est pourtant précisément ce qui est arrivé. Dès la fin de 1921, l’économie avait repris de la vigueur et a en croissance pendant le reste de la décennie. Le chômage est rapidement descendu à 2,4% en 1922.

Qu’en est-il de la Grande Dépression? Beaucoup de gens pensent que c’est le New Deal du président Roosevelt qui a mis fin à la crise. Mais ce n’est pas du tout ce qui est arrivé. Malgré toutes les nouvelles dépenses et les nouveaux programmes du New Deal, la Dépression s’est poursuivie année après année.

En 1939, le secrétaire au Trésor de Roosevelt, Henry Morgenthau, a fait cet aveu surprenant :  » Nous avons essayé de régler le problème en dépensant de l’argent. Nous dépensons plus que nous avons jamais dépensé auparavant et ça ne fonctionne pas. Huit ans après l’entrée en fonction de ce gouvernement, nous avons autant de chômage que lorsque nous sommes arrivés. et une énorme dette par-dessus le marché!  »

On entend également souvent dire que c’est la Deuxième Guerre mondiale qui a mis fin à la Dépression. Ce n’est pas non plus ce qui est arrivé. Le chômage a certainement reculé, parce que des millions d’hommes ont été conscrits et envoyés au front. Mais la situation ne s’est pas améliorée pour l’Américain moyen. La plupart des produits de consommation de base étaient rationnés pendant la guerre. Il n’y a pratiquement pas eu de construction.

La Dépression a en fait pris fin après la guerre. C’est à ce moment que les dépenses du gouvernement ont chuté de façon draconienne. Le budget est passé de 92 milliards de dollars en 1945 à 29 milliards en 1948. Ça signifie une réduction de plus des deux tiers!

La prospérité d’après-guerre a débuté à ce moment-là. La société de consommation telle qu’on la connaît, où une famille moyenne a les moyens de se payer un frigidaire, une voiture, une maison, date de cette époque.

Encore une fois, si on suit la logique keynésienne, ce n’est pas comme ça que ça aurait dû se passer. En faisant toutes ces compressions budgétaires, le gouvernement a réduit la demande globale. L’économie aurait dû s’effondrer. Mais il faut voir les choses d’une autre perspective : le gouvernement a libéré des ressources qui sont devenues disponibles pour le secteur privé. C’est pour ça que l’économie a repris le chemin de la croissance.

Quand il dépense, le gouvernement fait toujours concurrence au secteur privé pour mettre la main sur des ressources rares. Lorsqu’on détourne des ressources de l’utilisation la plus productive qu’elles peuvent trouver dans le secteur privé, pour les utiliser à des fins moins productives dans le secteur public, on ne verra pas beaucoup de croissance.

Pour relancer l’économie, il faut donner aux entrepreneurs les moyens de créer de la richesse. Nous devons mettre en place les meilleures conditions possibles pour que le secteur privé devienne plus productif.

Cela signifie, en premier lieu, de contenir les dépenses. C’est ce que fait notre gouvernement, avec un plan clair pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2015. Dans le prochain budget, notre gouvernement annoncera des compressions de 5 à 10% dans les dépenses d’opération de l’État. Voilà une façon concrète de cesser de concurrencer le secteur privé.

Nous devons également réduire les impôts. Depuis le 1er janvier, l’impôt sur les sociétés au Canada est passé à 15% le plus bas niveau parmi les pays du G7. Il était à 22% quand nous sommes arrivés au pouvoir il y a six ans. Voilà une façon concrète de rendre les ressources disponibles pour le secteur privé.

Nous avons besoin de plus de libre-échange. Notre gouvernement a annoncé des accords de libre-échange avec 11 pays jusqu’à maintenant. Nous sommes toujours en train de négocier avec plusieurs autres. Nous espérons pouvoir annoncer bientôt une entente très importante avec l’Union européenne. Voilà une façon concrète d’élargir les marchés et les opportunités qui s’offrent au secteur privé.

Enfin, il nous faut moins de réglementation. La paperasse inutile est une taxe cachée sur le travail des entrepreneurs qui touchent surtout ceux qui sont le moins capables de la supporter : les petites entreprises. La paperasse inutile ralentit la croissance économique et la création d’emploi, diminue la productivité et a potentiellement pour effet d’écraser l’esprit d’entreprise des Canadiens.

Le 18 janvier dernier, j’ai dévoilé le rapport de la Commission sur la réduction de la paperasse. Il contient 90 recommandations à court terme pour se débarrasser des irritants réglementaires. Et 15 recommandations à long terme pour éviter que la paperasse se remettre à augmenter encore une fois. Voilà une façon concrète de libérer les énergies du secteur privé.

Il est impossible d’atteindre une croissance durable avec plus de dépenses publiques, plus de dettes, et plus de taxes et d’impôt. Ça, c’est la solution keynésienne. C’est ce que l’opposition à Ottawa n’arrête pas de demander. Leur seule solution pour n’importe quel problème, c’est plus de dépenses, plus de taxes, plus de stimulus artificiel et plus de dettes. Ils ne se rendent pas compte que trop de stimulus agit comme un sédatif économique plutôt que comme un stimulant. On ne peut pas retrouver le chemin de la prospérité simplement en dépensant toujours plus.

Les solutions keynésiennes ont échoué. Ce qu’il nous faut, c’est une approche conservatrice, qui met l’accent sur le rôle primordial du secteur privé pour créer de la richesse et soutenir la croissance économique.

La libre entreprise a fait du Canada un pays prospère. C’est la libre entreprise qui va nous sortir de cette crise.

Merci.

La diabolisation de Stephen Harper

 

Par Simon Leduc

Depuis l’union de la droite canadienne (en 2003), les gauchistes tentent de la diaboliser en évoquant son supposé « agenda caché » concernant ces deux questions : l’avortement et la peine de mort. Dans le passé, cette stratégie a bien fonctionné car M. Harper n’arrivait pas à gagner une victoire majoritaire. Le succès de cette tactique a pris fin lors des dernières élections générales. En effet, le 2 mai dernier, le Parti conservateur a finalement obtenu une majorité parlementaire. Il faut croire que la vieille manœuvre des progressistes ne fonctionne plus. Mais, dans les dernières semaines, deux événements ont permis à la gauche de la ramener au premier plan. Est-ce que c’est une stratégie acceptable de la part de la gauche ou seulement une tactique démagogique pour faire peur aux Canadiens? Allons voir cela de plus prêt.

La déclaration du sénateur Boisvenu : une façon indirect de rouvrir le débat sur la peine de mort? :

En 2010, le premier ministre canadien a nommé Pierre-Hugues Boisvenu au Sénat. Celui-ci est devenu le porte-parole francophone des conservateurs dans le dossier de la justice criminelle. Le sénateur appui la réforme conservatrice du système de justice canadien. Elle est basée sur un renforcement des peines de prison pour les criminels dangereux. Durant un scrum avec les journalistes (au Parlement), Pierre-Hugues Boisvenu a fait une déclaration controversée :

«Faudrait que chaque assassin ait droit à sa corde dans sa cellule», a déclaré M. Boisvenu mercredi matin lors d’un point presse à l’entrée du caucus conservateur, précisant toutefois qu’il était contre la peine de mort. «Je pense à (Clifford) Olson, je pense à […] des tueurs en série qui n’ont aucune possibilité de réhabilitation», a-t-il expliqué aux journalistes .

Les gourous de la réhabilitation ont interprété cela comme un appui des conservateurs à la peine de mort. Ceux-ci et les partis d’opposition ont accusé Stephen Harper de vouloir indirectement rouvrir le débat sur ce sujet houleux. Ce n’est pas du tout le cas. Le sénateur conservateur parlait en son propre nom.  Depuis sa première élection en 2006, le premier ministre a clairement déclaré que son gouvernement n’allait pas rouvrir le débat sur cette question délicate. Malgré cela, les progressistes l’accusent d’avoir un agenda caché. C’est une accusation totalement fausse qui doit être dénoncé. Les conservateurs vont maintenir le cap sur la réforme de la justice criminelle. Mais, le dossier de la peine de mort est bel et bien clos.  Il semble que son adversaire idéologique ne comprend pas cela. 

La motion du député conservateur Stephen Woodworth : vers le retour de la recriminalisation de l’avortement? :

Il y a quelques jours, un député conservateur a présenté une motion afin de demander la mise en place d’un comité spécial qui serait chargé d’étudier la définition de l’être humain . Le député ontarien veut que le fœtus soit reconnu comme un être humain avant le moment de la naissance. C’est une position qui se défend très bien et qui ne remet pas du tout en question du droit des femmes à l’avortement. Le gouvernement a rapidement pris ses distances face à la proposition de l’un de ses députés. M. Harper a maintes fois assuré les Canadiens qu’il n’allait pas rouvrir le débat sur l’avortement. Tout comme la peine de mort, ce dossier est clos. Malgré cela, l’opposition a accusé les conservateurs de vouloir la recriminaliser. Stephen Harper ne rouvrira pas cette boîte de pandore. Cela ne peut pas être plus clair.

La légalisation de l’avortement et l’abolition de la peine de mort ne seront pas remises en question par le gouvernement fédéral. Les priorités de celui-ci sont l’économie et la justice. Le conservatisme social ne figure pas dans les plans du chef de l’exécutif. Les progressistes devraient cesser de faire peur aux citoyens. Il faut se dire les vraies choses. Ce n’est qu’une tactique démagogique de leur part afin de présenter le chef conservateur comme un méchant extrémiste de droite qui veut ramener le Canada au Moyen-Âge.

Vos cotisations syndicales à l’oeuvre?

 

Par Philippe David

Mon voyagement quotidien m’amène à passer tous les jours par le terminus du centre-ville de la RTL. Il m’aurait donc été difficile de ne pas remarquer la belle campagne publicitaire que la CSN fait pour sauver Radio-Canada des coupures des méchants conservateurs.  Après tout, il ne faudrait surtout pas que la société d’état soit amputée de 10% de sa subvention de 1,1 milliard par année, ils devraient se contenter d’avoir le même nombre d’employés que les réseaux privés pour faire le même travail.

Imaginez l’impact que la perte de ces cotisations syndicales aura sur les revenus de la CSN! Remarquez qu’ils peuvent peut-être se rattrapper avec les dépanneurs de Couche-Tard. Êtes-vous syndiqués à la CSN? Approuvez-vous que vos cotisations syndicales servent à ça?

La grande illusion

Par Philippe David

 

C’est toujours intéressant de voir deux études apparemment contradictoires sortir quasi-simultanément. La semaine dernière, une étude de Martin Coiteux aux HEC démontrait que l’écart de richesse entre le Québec et les provinces plus riches au Canada s’agrandissait pendant que celui qui sépare la « Belle Province » des provinces plus pauvres s’amenuisait. En même temps, une étude par Luc Godbout et Marcelin Joanis pour Cirano, classe le Québec dans le top 3 des endroits où il fait mieux vivre, avec le Canada et l’Australie.

Selon MM. Godbout et Joanis, bien que le Québec soit plus pauvre, sa meilleure répartition des richesses, ses politiques publiques et sa cohésion sociale font que le Québec arrive à faire plus avec moins. Puisque mieux vivre requiert un minimum de richesse, comment expliquer que le Québec traine au 20e rang de l’OCDE en termes de richesse et en troisième place en termes de qualité de vie? C’est là que l’étude de MM. Godbout et Joanis perd en crédibilité. Elle néglige certains facteurs qui expliquent pertinemment que le Québec ne fait pas plus à partir de moins, mais qu’au contraire, il se donne une certaine qualité de vie en parasitant sciemment envers les générations futures et les autres provinces du Canada.

Nulle part dans l’étude de MM.  Godbout et Joanis est-il mentionné que ce que le Québec fait, il le fait au prix d’un endettement excessif et d’une dépendance aux transferts fédéraux. Le Québec est comme un enfant velcro qui continue de vivre sous le toit de ses parents et se sert allègrement dans leur frigo alors qu’il se paie toute sorte de petits gadgets hors de ses moyens à crédit. Il est certain qu’une personne menant  ce genre de train de vie peut sembler heureuse et confortable… Jusqu’à ce que les huissiers viennent frapper à sa porte pour reposséder ses meubles et que ses parents le mettent à la porte.

La dette du Québec, 5e parmis les pays industrialisés selon le Ministère des Finances, est une taxe sur les générations futures. On ne le dira jamais assez, semble-t-il. Ce sont nos enfants et petits-enfants qui finiront par payer pour notre bien-être artificiel. De même, nous profitons du fait que le Canada est un pays prospère pour nous attribuer sans gêne une partie de ses richesses et nous payer des programmes qu’aucune autre province au Canada ne se paye. Le fait que le Canada soit dans le top 2 au niveau du bien-être signifie que la majorité des autres provinces ont aussi une qualité de vie égale ou supérieure au Québec. C’est donc dire que la note du Québec n’a rien d’exceptionnel par rapport au reste du Canada. Cessons donc de nous faire des illusions.

Certaines personnes semblent tenter désespérément de défendre le modèle québécois et d’entretenir l’illusion qu’il s’agit là d’un modèle soutenable et juste. Ces gens devraient avoir honte. Non seulement ce modèle est-il insoutenable, mais il est aussi profondément injuste envers les générations futures et les autres contribuables canadiens.  Ce n’est pas de rendre service aux québécois que de vouloir à tout prix préserver un tel modèle, ça relève au contraire d’un égoïsme profond. Un égoïsme qui semble dire « au diable les autre, tant que j’ai mes propres conforts. » Peu importe que ces conforts sont payés à la sueur du front d’un autre. Je n’arrive pas à croire qu’au Québec nous souffrions d’un tel manque de moralité que nous puissions accepter le parasitisme comme choix de société. Il faut cesser de vivre cette grande illusion que nos choix passées et présents représentent la justice sociale. Ce n’est pas justice que de vivre au dépens des autre.

Les otages

Propagande soviétique des années 1930. "À la maison je m'ennuie. Je suis heureux à la garderie"

Depuis une semaine, nous assistons à un bras de fer entre le gouvernement et la CSN qui représentent les éducatrices des CPE. Pendant deux jours cette semaine, des milliers de parents se sont retrouvés sans service de garde, grand nombre d’entre eux ont eu à s’absenter de leur travail, faute de solution de rechange. On a parlé à maintes reprises d’une prise d’otage.

La question à se poser n’est pas si les demandes du syndicat sont irréalistes ou exagérées (elles le sont toujours), ni si le gouvernement est intransigeant, ni si les éducatrices de CPE méritent un meilleur traitement (je suis certain que la plupart d’entre elles font un merveilleux travail). La véritable question à se poser est si c’est vraiment le rôle de l’état de garder nos tout petits?

Car si ce n’était pas du fait que l’état s’est attribué une monopole syndiqué à l’os avec le même syndicat, nous n’en serions pas là. Si le gouvernement se contentait d’envoyer un chèque à chaque famille, au pro-rata du revenu, pour assister les parents qui auraient autrement de la difficulté à payer pour le service de garde, et de laisser aux parents le soin de choisir de quelle façon il fait garder ses enfants, tout en encadrant les services pour assurer un minimum de qualité, le système fonctionnerait beaucoup mieux et il y aurait de moindres risques qu’un débrayage affecte tous les CPE.

Pire encore, ce système ne livre même pas la marchandise.  Les CPE étaient supposés aider les familles les plus défavorisées, mais ces familles sont celles qui se retrouvent à croupir sur les listes d’attentes qui peuvent facilement s’étendre  jusqu’à 3 ans. Une étude a également démontré que lorsque des enfants défavorisés ont la chance d’être admis dans un CPE, ils ne font pas mieux que ceux des autres provinces qui n’ont pas une service de garde étatisé.

De plus, alors que le nombre de places n’a augmenté que de 2.5 fois, le coût, lui, a plus que quadruplé. Seulement avec le gouvernement pouvons nous nous retrouver avec moins de service pour quatre fois plus d’argent, en plus de se retrouver pris en otage par les syndicats du secteur public. Et il y a en qui se demandent encore pourquoi, les coûts en santé et en construction d’infrastructures explosent. C’est pourtant simple quand nous avons affaire à un monopole qui a le pouvoir d’extraire ses revenus par la force. La qualité du service n’est pas un facteur. Le gouvernement vous obligera à payer vos impôts et vos taxes, que vous soyez satisfaits du service ou non. Si vous refusez de payer, des hommes armés viendront éventuellement vous mettre dans une cage.

Si vous désirez ne plus être pris en otage, cessez de confier au gouvernement toutes sortes de tâches qu’il ne devrait pas faire.

Les compteurs intelligents d’Hydro-Québec: un peu de rationalité svp…

Par Minarchiste

Hydro-Québec vient d’achever la première phase de son grand projet visant à remplacer 3,8 millions de compteurs électriques au Québec. Environ 20,000 appareils ont en effet été mis en place dans la MRC de Memphrémagog, à Boucherville et l’arrondissement de Villeray, à Montréal. Assurant que les taux d’ondes émises répondent aux normes recommandées par Santé Canada, la société d’État doit déposer son dossier à la Régie de l’énergie sous peu, afin de pouvoir poursuivre l’implantation.

Ces compteurs permettront à la société d’État de mieux mesurer la consommation de ses usagers et d’implanter une tarification variable qui permettra de mieux gérer l’offre. En faisant votre brassée de lavage en période creuse, durant laquelle les tarifs seraient plus bas, plutôt qu’en période de pointe, vous permettriez à Hydro-Québec de réduire ses coûts, laquelle doit souvent importer de l’électricité en période de pointe l’hiver. Par ailleurs, ces compteurs pourront transmettre les données par les ondes, ce qui sera moins coûteux que d’envoyer des employés faire les relevés à pieds.

 

C’est d’ailleurs pour cela que les syndicats se sont révoltés contre cette nouvelle technologie, craignant des mises à pieds ou de l’attrition, réduisant leur base cotisante. Cela fait des mois qu’ils nous bombardent de demi-vérités avec leur campagne de propagande mal ficelée. Ils attaquent le projet sous l’angle économique. Pour eux, le projet ne sera pas rentable pour Hydro-Québec, mais à ce que je sache, les syndicats n’ont pas le mandat d’évaluer ce qui est rentable ou non pour l’employeur. Les décisions d’investissement appartiennent aux entrepreneurs, car c’est leur argent qui est sur la table. Quant aux pertes d’emplois des “releveurs de compteurs ambulants”, cela ne va pas sans rappeller les pertes d’emplois dans l’industrie de la vente et fabrication de chandelles lorsque l’éclairage électrique devint accessible aux masses. Ce genre d’argument est grottesque. Et attention, question de donner de la crédibilité à ses sophismes, la campagne de propagande utilise des études concoctées par l’économiste de SCFP!

Ensuite, un groupe de technophobes réactionnaires est entré dans la danse, craignant les ondes électro-magnétiques émises par les compteurs et invoquant le fameux principe de précaution (voir ceci).

Puis, aussi inévitable que cela puisse l’être, les politiciens opportunistes ont saisi la balle au bond. C’est un député du Parti Québécois – lequel a bien besoin de ce genre de cause présentement- qui a fait une sortie réclamant un moratoire sur l’installation des compteurs (voir ceci).

En somme, un cas typique pour le Québec…

Mais voilà que je suis tombé sur un petit article fort intéressant dans La Presse à ce sujet. Les auteurs sont professeurs titulaires au département de physique de l’Université de Montréal. En voici le contenu (les emphases sont de moi):

“l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a publié le 18 janvier dernier un communiqué qui invite Hydro-Québec à suspendre son projet. Ce communiqué contient des erreurs factuelles tellement grossières qu’il est permis de s’interroger sur la compétence scientifique de ceux qui l’ont rédigé.

La principale d’entre elles se lit comme suit: «La densité de puissance à un mètre des compteurs dépasserait, selon le modèle de compteur utilisé, de 671% à 4980%  la recommandation d’exposition extérieure de long terme (norme de 0,6 V/m ou 1000 uW/m2 extérieurs) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe …».

Ces chiffres, tirés d’un rapport rédigé par la société Expertise électromagnétique environnementale 3E inc., mandatée par l’AQLPA, sont invraisemblables puisqu’ils impliquent qu’à une distance de 10 cm, ces compteurs dépasseraient même la norme canadienne qu’Hydro-Québec doit respecter pour avoir l’autorisation de les installer.

Il serait trop long de commenter la pertinence de la recommandation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dont on cherche en vain une quelconque justification scientifique. Ce qui est par contre avéré, c’est que cette recommandation a trait «à l’exposition à long terme», c’est-à-dire à la valeur de la densité de puissance moyennée sur une longue période de temps. Or, le communiqué de l’AQLPA confond la valeur moyenne avec la valeur maximale de la densité de puissance de l’émission.

Selon le rapport de 3E Inc., la valeur moyenne de la densité de puissance générée par les compteurs d’Hydro-Québec qui ont été testés ne dépasse pas 52 uW/m2 à 1 m, soit à peine plus de 5% de la norme recommandée par le Conseil de l’Europe. L’AQLPA n’a donc aucune raison scientifique de décrier les compteurs, qui sont sans danger pour la santé.

Il est bon de rappeler que nous sommes tous plongés en permanence dans du rayonnement électromagnétique dans le domaine des radiofréquences dont les densités de puissance sont beaucoup plus élevées que celle générée par les nouveaux compteurs d’Hydro-Québec.

Par exemple, Télé-Québec opère au Stade olympique une antenne de 15 000 W. À elle seule, cette antenne émet des impulsions dans le domaine des radiofréquences dont la densité de puissance moyenne à 1000 m de distance est supérieure de 20 fois à celle mesurée à 1 m des compteurs d’Hydro-Québec.

En toute logique, avant de partir en croisade contre Hydro-Québec, l’AQLPA devrait exiger l’arrêt des émissions hertziennes de Télé-Québec, ainsi d’ailleurs que celle de toutes les autres stations de télévision et de radio.”

L’irrationalité, la crédulité et l’opportunisme qui jaillissent de part et d’autre dans ce dossier me sidèrent. Comment notre société peut-elle en être arrivée à cela?  
 
À noter, l’AQLPA a répliqué plutôt faiblement à cet article ici.
 

Soit dit en passant, l’absence de libre-marché dans la distribution d’électricité fait en sorte que les opposants au projet ne peuvent se tourner vers un concurrent qui proposerait des compteurs “non-intelligents”. C’est ce qu’on récolte lorsque l’on supporte un État dirigiste et interventionniste: les choses nous sont imposées, on ne peut choisir selon nos préférences.

FSTQ : Des crédits d’impôt pertinents?

Par Ian Sénéchal,

Comme vous le savez peut-être, je travaille maintenant dans le milieu des finances personnelles. Mon site professionnel est ici. Il m’arrive fréquemment de rencontrer de jeunes clients (20 à 50 ans, je suis très libéral dans ma définition de jeune!) qui possèdent une part importante de leurs actifs dans le Fonds de Solidarité des Travailleurs du Québec (FSTQ). Chaque fois, je me dis la même chose. Par son interventionnisme étatique dans l’économie, le gouvernement pousse plusieurs personnes à prendre de mauvaises décisions.

Le FSTQ jouit d’un avantage concurrentiel majeur par rapport aux autres véhicules d’investissement pour la retraite. En effet, en plus des déductions fiscales habituelles obtenues avec le REER, les gouvernements provincial et fédéral offrent des crédits d’impôts supplémentaires de 15% chacun. Est-ce dire qu’il faille absolument acheter les actions de ce fonds? Non, surtout si on est jeune.

En quoi l’âge du cotisant est-il important ici? Après tout, si un placement ne nous plait pas, on n’a qu’à le revendre et en acheter un autre, non?

Non, justement. Vous êtes tenu de conserver vos actions du FSTQ jusqu’à votre retraite (il existe quelques exceptions). Donc, vous êtes tenu d’avoir confiance dans la direction présente du fonds, mais également dans la direction future du fonds! Avez-vous confiance au gestionnaire qui va gérer le FSTQ dans 20 ans?

Quand on est jeune et que notre horizon de placement est très long, il faut bien sélectionner le gestionnaire de nos placements. Sa performance sera déterminante sur la constitution de votre fonds de retraite. À titre d’exemple, voici ce que devient 10 000$ investit à divers taux d’intérêt sur une période de 29 ans (nombre d’années d’existence du FSTQ). Vous remarquerez l’impact déterminant du taux de rendement sur une longue période d’investissement.

0% : 10 000$

1% : 13 345$

3.6% : 27 889$

5% : 41 161$

7% : 71 142$

J’ai mis 3.6% dans ces exemples pour une raison bien précise. Il s’agit en fait du rendement généré par le FSTQ depuis sa création (0.4% les 10 dernières années et 1.8% les 5 dernières années). Ces rendements sont plutôt faibles, je dirais même, très faibles! Pas pour rien que le FSTQ affiche souvent son rendement en incluant le crédit d’impôt!

Selon Morneau-Sheppell, un fonds équilibré médian a produit un rendement de 5.01% sur 5 ans au 30 juin 2011. C’est bien plus que le 1.8% du FSTQ. Dans un article de Canoe, on apprenait que le rendement médian des fonds équilibrés sur 10 ans était de 4.2%. Bien plus que le 0.4% affiché par le FSTQ.

Plusieurs investisseurs seront attirés par le crédit d’impôt “généreux” offert par le gouvernement, mais quand ils ont un horizon de placement plutôt long, ils devraient l’ignorer. Le régime endossé par le gouvernement est une prison pour l’investisseur qui ne peut retirer son argent avant 65 ans. Ils auront avantage à se garder une certaine flexibilité dans le choix de leur gestionnaire de placement et surtout, dénicher les meilleurs et non acheter un fonds qui ne livre pas la marchandise depuis longtemps.

Quand les investisseurs construisent leur retraite, ils ne doivent pas se transformer en Mère Théresa et investir dans un fonds simplement parce qu’il serait “bon” pour l’économie locale ou encore parce qu’il serait socialement responsable. Ils doivent penser à eux, d’abord et avant tout. D’ailleurs en pensant à eux d’abord, ils contribuent à dégager les générations futures d’une certaine pression, car ils auront bien préparé leur retraite.

Le pire dans tout ça, c’est qu’en incitant les investisseurs à se diriger vers le FSTQ pour de longues périodes, le gouvernement contribue à accroître l’appauvrissement des retraités de demain. C’est quand même incroyable comment l’étatisme nuit à notre population, même si les intentions sont louables.

En 1983, quand le FSTQ a été créé, tout le monde pensait bien faire. Force est de constater aujourd’hui qu’on s’est trompé. Pourrait-on arrêter ces crédits d’impôt sur le champs? Les seuls qui en profitent réellement sont les gens qui investissent dans le FSTQ et qui approchent l’âge vénérable de 65 ans. Les autres font une gaffe, mais ils ne s’en rendront compte que dans quelques années.

Les temps sont durs pour les défenseurs du modèle québécois

En effet, Martin Coiteux, professeur d’économie aux HEC , a publié une étude qui démontre bien que non seulement il existe un écart important entre le Québec et les provinces les plus riches, mais que cet écart va en s’élargissant, alors que l’écart que nous avons avec les provinces plus pauvres s’amenuise.  C’est un triste constat qui confirme l’échec des politiques des 40 dernières années.

Le diagnostic

Le diagnostic que Martin Coiteux pose est peu reluisant. Il  résume en 4 points les causes:

  1. Le Québec est en train de se faire distancer par les provinces les plus riches et de se faire rattraper par les provinces les plus pauvres. Si cette tendance se maintient, le Québec sera bientôt la province la plus pauvre du Canada. Le tableau suivant illustre ce point.
  2. Le coût de la vie plus faible au Québec permet de compenser partiellement son écart avec les provinces les plus riches, mais celui-ci a commencé à rattraper celui des autres provinces, de telle façon qu’il compense de moins en moins. La tendance de l’appauvrissement des québécois s’accélèrera au fur et à mesure que l’écart de coût de la vie avec les autres provinces se rétrécira.  L’étude appuie ce point avec ce tableau.
  3. Non seulement est-ce que les québécois travaillent moins d’heures et pendant moins d’années, mais ils gagnent moins par heure travaillée que dans les autres provinces, ce qui est un grave symptôme des problèmes de notre système d’éducation (décrochage scolaire, trop de jeunes décrochant des diplômes dans des concentrations moins payantes où il y a moins de demande). Ce troisième tableau illustre les écarts avant impôts et transferts.
  4. Les québécois étant plus pauvres, ils payent moins d’impôt au fédéral et reçoivent plus de transferts personnels (à ne pas confondre  avec les transferts aux provinces) du gouvernement fédéral. Nous avons développé une dépendance dangereuse envers ces transferts qui ira en s’accentuant au fur et à mesure que nous nous appauvrissons. L’étude utilise ces graphiques pour illustrer les écarts avec l’Ontario et l’Alberta.

Conclusion

Contrairement à certains néo-jovialistes aux lunettes roses, je considère qu’il est inutile de se bercer d’illusions et que ce n’est pas une preuve d’amour pour le Québec que de nier l’évidence que le modèle social et économique que nous suivons depuis un demi-siècle ne fonctionne tout simplement pas. Plutôt que de nous rendre plus prospère, il ne fait que nous appauvrir. Pire encore, nous nous laissons bercer par le mirage que nous sommes riches alors que nous nous payons des conforts dont nous n’avons pas les moyens à crédit. Imaginez un père de famille qui dépense année après année plus d’argent qu’il ne doit et ne fait que les paiements minimum sur ses cartes de crédit. Est-ce un comportement responsable? En supposant qu’il serait possible à un père de famille de s’endetter de la sorte sans en subir les conséquences inévitables de la faillite, est-il éthique ou moral de vivre  au-dessus de ses moyens pour ne laisser qu’un amoncellement de dettes à ses successeurs?

Un récent sondage montre que les québécois sont majoritairement contre une hausse de l’âge de retraite de 65 à 67 ans. Dans ce déni de réalité, ils démontrent la même mentalité de protection des acquis que les grecs. La triste réalité est que nous prenons déjà notre retraite trop tôt alors que nous n’en avons absolument pas les moyens et la plupart d’entre-nous n’auront pas le choix que de retourner au travail pour arrondir nos fins de mois, si nous ne voulons pas nous retrouver dans un état de pauvreté extrême. Seuls quelques privilégiés auront droit à une retraite confortable, dans certains cas payée par ceux qui n’auront pas cette chance, les jeunes.

Ce n’est pas de haïr sa patrie que de poser un tel diagnostic et de vouloir y apporter une solution.  La haïr serait plutôt de faire le contraire et de la laisser dépérir à petit feu tout en se vautrant dans l’illusion que la finalité est d’être heureux comme peuple, alors que le « bonheur » et le « confort » dont nous jouissons a été acheté à crédit sur le dos de nos enfants. Nous devons rappeler constamment à nos politiciens leurs responsabilités par tous les moyens

Référence

L’étude complète

Quand les chevaliers de l’État étouffent les coopératives de santé

Il n’y a rien qui me choque davantage que de voir des initiatives locales étouffées par le dogme de l’État payeur unique et du monopole public en santé au Québec.

Les coopératives ont une place de choix dans la vie des Québécois: coopérative financière Desjardins, coopératives d’habitation, coopératives étudiantes, coopératives agricoles, etc. Et pourquoi pas des coopératives de santé?

Or, il semble que Radio-Canada sera fort probablement très heureuse de nous apprendre demain soir que 15 coopératives de santé seront mises en demeure par la RAMQ pour frais illégaux.

À partir du moment où un participant ayant dûment accepté de payer sa contribution annuelle affirmera qu’il “doit payer pour accéder à un médecin”, c’en est fait. Les propagandistes du monopole public (dont Radio-Canada), lesquels ont parfois l’arrogance de se désigner comme “Observatoire“, mobiliseront les chevaliers de l’État pour étouffer l’initiative locale et ramener les pêcheurs sur le bon chemin de l’attente.

Ils feront alors appel aux soit-disants “experts” en la matière, tous de purs idéologues d’un régime public mur à mur qui n’existe à peu près à nulle part ailleurs en Occident. Les Marie-Claude Prémont et les Réjean Hébert, tous deux des obsessifs-compulsifs d’un régime public, seront donc appelés en renfort pour dénoncer de pareilles initiatives, associant les coopératives de santé à une commercialisation et à la marchandisation des services de santé. Y’a rien de trop beau pour la gauche populiste du Québec.

Les coopératives de santé peuvent devenir le cheval de Troie qui va démolir notre système de santé, avait déclaré le Dr Réjean Hébert. C’est une forme de privatisation du système de santé.» – Pour en finir avec le Gouvernemaman, p. 77

Les municipalités doivent-elles et peuvent-elles financer pour autant des infrastructures pour y accommoder des coopératives de santé? Probablement pas. Ce n’est probablement pas ce pour quoi les taxes municipales doivent servir. Mais qu’y a-t-il de si dangereux à permettre à des adultes consentants d’adhérer à une coopérative de santé?

La question que pose la RAMQ et Radio-Canada, soit “Devez-vous payer pour accéder à un médecin” n’est pas la bonne. Les véritables questions devraient être:

  • Avez-vous un meilleur service de proximité depuis que vous être membre de votre coop de santé?
  • Y a-t-il de nouveaux services auxquels vous donne droit votre coopérative de santé?
  • Vous est-il possible d’obtenir un rendez-vous plus rapidement qu’autrefois?
  • Avez-vous remarqué que votre coop a engagé des infirmières pour assister le médecin dans sa tâche?

Et puis, en adulte consentant, si les réponses sont négatives, ne pourrait-on pas faire tout simplement confiance à ces adultes pour fréquenter une autre clinique de leur choix?

Les coopératives de santé auraient pu être une avenue absolument intéressante pour tester une formule prometteuse inscrite dans les gènes des Québécois. Malheureusement, il y a, dans ce cas-ci, trop de médecins qui au lieu de faire de la médecine, se préparent trop bien à faire de la politique.

P.S. Le docteur Réjean Hébert est le candidat du Parti québécois qu’a récemment recruté Madame Pauline Marois.

Pierre-Hugues Boisvenu ne doit pas démissionner

Par Simon Leduc

La fille de Pierre-Hugues Boisvenu a été sauvagement assassinée par un multi-récidiviste. Depuis ce temps, la défense des victimes d’actes criminels est devenue une véritable priorité pour lui. Après la mort de sa fille, il a fondé l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues. Pendant des années, il a défendu les intérêts des victimes d’actes barbares. En 2010, Stephen Harper l’a nommé au Sénat. M. le sénateur continue sa quête à l’intérieur de la Chambre haute. Celui-ci est devenu le porte-parole francophone du gouvernement conservateur en matière de justice. Dans la Belle province, c’est lui qui défend les politiques du gouvernement Harper dans ce domaine.

Ses affinités avec les conservateurs dérangent beaucoup la gauche québécoise et les médias traditionnels. Il n’a pas peur d’attaquer de front les biens pensants de la réhabilitation qui pensent que tous les criminels sont réhabilitables (même les meurtriers). Il ne s’est pas fait beaucoup d’amis auprès des obsédés de la réhabilitation. Ceux-ci attendaient une occasion pour le discréditer et l’attaquer. Malheureusement, leur souhait a été réalisé.

Lors d’un point de presse avec les journalistes de la Colline parlementaire, le sénateur Boisvenu a fait une déclaration inappropriée :

«Faudrait que chaque assassin ait droit à sa corde dans sa cellule», a déclaré M. Boisvenu mercredi matin lors d’un point presse à l’entrée du caucus conservateur, précisant toutefois qu’il était contre la peine de mort. «Je pense à (Clifford) Olson, je pense à […] des tueurs en série qui n’ont aucune possibilité de réhabilitation», a-t-il expliqué aux journalistes .

Ce sont des propos inacceptables de la part d’un sénateur fédéral. Le principal intéressé a fait son mea-culpa. Il s’est excusé et a retiré sa phrase malheureuse. Malgré cela, les médias traditionnels ont durement et gratuitement attaqué la crédibilité et la réputation de Pierre -Hugues Boisvenu. Le Soleil a cité en Une le fait que le sénateur conservateur veut rouvrir le débat sur la peine de mort. Cette affirmation est totalement fausse. Durant le point de presse, M. Boisvenu a clairement dit qu’il était contre la peine capitale. Il a juste affirmé qu’elle serait peut-être appropriée dans certains cas de meurtriers en séries (Olson, Pickton, les Shafia,). Cet acharnement médiatique est totalement inadmissible.
L’ancien président de la AFPAD s’est excusé et a retiré ses propos désobligeants. Est-ce que les journalistes peuvent arrêter leur campagne de salissage contre le sénateur. Peut-on passer à autre chose? Plusieurs personnes demandent la démission de Pierre-Hugues Boisvenu. Ils disent que celui-ci n’a plus la crédibilité pour défendre les positions du gouvernement fédéral en matière de justice. Les élites bien-pensantes veulent sa peau.

Celui-ci ne doit pas se laisser faire. Il doit rester en poste et continuer son bon travail de sénateur. Au Québec, il est le seul qui défend les intérêts des victimes d’actes criminels. Les gourous de la réhabilitation pensent juste aux droits des prisonniers et ce au détriment des victimes.

M. Boisvenu, la majorité de la population québécoise est derrière vous. Ne vous laissez pas faire par les médias et les élites. Vous êtes un homme honnête et intègre qui a consacré sa vie à une noble cause. Continuez votre bon travail M. le sénateur.

Le délire hebdomadaire à Lauzon (3)

Par Pierre-Guy Veer

Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine, il nous fait part de l’hypocrisie d’organismes sans but lucratif (OSBL)1.

 

Selon le communiste de service, Équiterre, Sortie 13, Générations d’idée, etc., ne sont que des pantins à la solde des diaboliques multinationales. Que ce soit vrai ou non – rien n’empêche un organisme de se trouver du financement légal –, la conclusion de son texte est sans équivoque : «  La seule et unique façon d’aboutir à une société plus égalitaire et plus démocratique passe par le socialisme. » Bien qu’on ne puisse pas lui reprocher son inconstance, son projet est absolument irréalisable.

 

Tout d’abord, que ça s’appelle interventionnisme/sociale-démocratie/socialisme/communisme, il ne faut pas oublier que l’on parle exactement de la même chose. Une supposée troisième voie (« économie mixte ») n’existe pas. Si les entreprises publiques ne sont pas légion, alors elles peuvent généralement fonctionner comme une entreprise privée et utiliser des couts d’opportunité (Mises les appelle calculs économiques2) pour voir si telle ou telle action est rentable ou non. Mais quand l’État étend trop ses tentacules, alors le libre-marché s’effrite peu à peu et il devient alors impossible d’effectuer des calculs économiques rationnels. S’en suit un chaos total et l’effondrement inévitable du système, comme en a témoigné la chute de l’URSS et l’enlisement constant de la Corée du Nord et de Cuba.

 

Ensuite, quand l’État contrôle quelque chose, l’esprit d’entrepreneuriat – audace, prise de risque, innovation – est remplacé par l’esprit bureaucratique – conservatisme, stabilité, règles rigides. Il ne peut en être autrement : puisqu’une bureaucratie ne fonctionne pas selon le motif du profit, il faut plutôt qu’elle fonctionne selon les budgets qui lui ont été accordés. C’est la seule façon de juger de sa performance. Pour s’en assurer, des règles très strictes sont imposées. Ces règles, fortement hiérarchiques, tuent l’innovation et empêche des améliorations rapides comme on en voit souvent dans le secteur privé3. Un jeune qui y rentre, souvent avec plein de nouvelles idées, est vite remis à sa place par ses patrons plus âgés et se contente de sa sécurité d’emploi de béton, notamment une retraite bien dorée (au fédéral du moins) presque entièrement payée par les contribuables4.

 

Enfin, que Lauzon ose dire qu’un régime socialiste est plus démocratique montre soit son ignorance du concept, soit sa mauvaise foi. En effet, pour atteindre l’Éden socialiste, il faut que l’État contrôle absolument tout afin de complètement tuer le libre-marché. Comme l’ont montré le nazisme et le communisme russe, les régimes totalitaires – qui contrôlent la totalité de la vie des gens – ne tolèrent pas la dissension. Quiconque ose critiquer le plan des dirigeants ou agir à son encontre sera sévèrement puni. Comment peut-il en être autrement? Si le dirigeants permettent la dissension, alors leur pouvoir s’effrite rapidement.

 

Les bienfaits de l’inégalité

Par contre, Lauzon a raison sur un point : seul un régime socialiste peut créer une société égalitaire. Oui, une société où tous sont égaux… et pauvres. La Chine en est un très bel exemple. En 1981, alors que les politiques communistes avaient encore force de loi, le Gini (qui mesure l’inégalité des revenus) était à 0,291 et le taux d’extrême pauvreté (gens qui vivent avec moins de 1,25 $/jour) était à 84 %. Vingt-cinq ans après, suite aux réformes libérales des dirigeants communistes, ces mêmes chiffres étaient 0,415 et 35,9 %. Les écarts de revenus sont plus grands, mais les gens sont moins pauvres. Est-ce mauvais?

 

Par ailleurs, pourquoi se soucie-t-on autant des écarts de revenus? Il est tout à fait normal qu’un cardiologue, par exemple, fasse un salaire aussi élevé. Il doit étudier très longtemps et suivre une formation très longue et ardue. De plus, même si sa profession n’était pas corporatiste, ses collègues seraient sans doute très peu nombreux, considérant la tâche à accomplir; donc, avec une offre peu élevée, les prix augmentent.

C’est tout le contraire d’un caissier de dépanneur. La formation est très courte et on ne requiert généralement aucune étude spécifique. Une offre de travailleurs très élevées, jumelée à la volonté (en général) des clients d’obtenir des produits ayant un bon rapport qualité/prix, fait que les caissiers de dépanneurs travaillent généralement au salaire minimum ou du marché, si le gouvernement n’intervient pas.

 

En conclusion, il reste à espérer que le souhait de Lauzon ne se réalise jamais. Vivre dans un régime socialiste serait une catastrophe sans précédent. Un gouvernement qui contrôle chaque petit aspect de notre vie étouffera complètement l’innovation, et donc l’espoir d’améliorer nos vies avec de nouvelles inventions ou de nouveaux procédés plus économiques. Un tel monde sera soit stagnant, soit sur le déclin, et ça en sera fait de la civilisation.

2MISES, Ludwig Von. Socialism: An Economic and Sociological Analysis  [http://mises.org/books/socialism.pdf] [en ligne] (1er février 2012)

3MISES, Ludwig Von. Bureaucracy [http://mises.org/books/bureaucracy.pdf] [en ligne] (1er février 2012)

Le Québec a perdu les moyens de son indépendance

 

 

Par David Boudeweel-Lefebvre

Le Québec a perdu les moyens de son indépendance 

Depuis des décennies, souverainistes et fédéralistes s’affrontent dans un lutte politique qui n’en finit plus de finir. À coup de chiffres, de campagnes électorales, de référendums, d’appuis et de conversions, chaque camp tente d’avoir l’avantage et de tirer la couverte de son côté. Ce débat lasse de plus en plus les Québécois et, heureusement, la majorité des gens ont envie de parler d’autre chose. Le mouvement souverainiste a perdu son sens en cours de route, si bien que maintenant il s’entredéchire quotidiennement sur la place publique.

Il est de mon avis qu’avec la dépendance grandissante de la province face au reste du pays, le débat est, à tout de fin pratique, officiellement terminé.

Alors que Pauline Marois et ses acolytes parlent aujourd’hui de gouvernance souverainiste, ils doivent se rendre compte que ce sont justement certaines initiatives nationalistes mal choisies qui ont rendu l’indépendance impossible. Déjà que l’argumentaire pour quitter le Canada est faible, à trop étendre l’État québécois et à le faire se mêler de choses qui ne le regarde pas, les souverainistes ont torpillé leur propre cause.

 

La dépendance

Pour l’exercice 2010-2011, le gouvernement du Québec a reçu un transfert de 8,35 milliards de dollars directement du gouvernement fédéral par le biais du programme de péréquation. Les dépenses totales du Québec pour ce même exercice était de 69,1 milliards de dollars. Un total de 12% des dépenses publiques du Québec, soit un dollar sur huit, sont financées par les taxes et impôts du reste du Canada. Cette somme représente environ le montant consacré au service de la dette québécoise qui était de 8 milliards. Bref, on peut dire que le reste du Canada paie les intérêts sur ce que le Québec a emprunté pour financer ses programmes sociaux et une partie de son développement économique. C’est Ottawa qui finance la carte de crédit du Québec.

 Les souverainistes peuvent bien débattre tant qu’ils le veulent, promettre des lendemains qui chantent et des économies par élimination des dédoublements, leur rhétorique économique n’a simplement plus aucun sens. Le Québec est devenu dépendant du reste du pays comme jamais et il ne pourrait se passer de l’argent canadien sous peine d’une baisse radicale du niveau des services offerts aux citoyens. Pauline Marois parlait de cinq années de turbulences advenant la souveraineté. Il apparaît évident que ce serait bien plus long que cela.

En raison de la taille démesurée de son État et de son besoin insatiable de se mêler de tout, y compris des champs de compétence fédéraux ou partagés, le Québec a perdu les moyens de son indépendance. À cet égard, les gouvernements péquistes sont responsables d’une grande partie du problème.

En plus d’endetter le Québec, tout comme leurs adversaires libéraux, les péquistes ont nui aux finances publiques de la province d’une manière toute spéciale. En effet, ils ont été les grands responsables de l’hypertrophie de l’État par la création de nouveaux programmes, souvent dans des champs de compétences fédéraux ou partagés. Il est dans la fibre péquiste de vouloir que l’État prenne beaucoup de place et le parti de René Lévesque a toujours voulu lui trouver de nouvelles missions, surtout si le gouvernement fédéral était impliqué, afin d’y faire concurrence dans le grand dessin chimérique du pays à venir.

Le Québec a des programmes spéciaux en immigration, en culture, en développement d’entreprises, en environnement, etc. Ceux-ci coûtent tous plus cher ici que dans les autres provinces canadiennes. Tout cela, au nom de la spécificité du Québec! C’est bien beau, mais ça coûte cher et ce n’est pas nécessairement plus efficace. C’est tellement cher, que cette espèce d’affirmation nationale en est venue à rendre le Québec dépendant du reste du pays.

Pendant que le reste du Canada investissait dans son développement économique et ses infrastructures, une partie du budget du Québec servait à entretenir des guerres de drapeaux et de compétences avec le gouvernement fédéral. Le Québec a voulu avoir ses propres programmes dans plusieurs domaines jusqu’alors occupés par le gouvernement fédéral. Pourquoi avoir tant investi en immigration, en environnement, en culture, en communication alors que les autres provinces faisaient d’autres choix? Pourquoi avoir voulu à ce point des programmes gouvernementaux plus généreux qu’ailleurs? Pourquoi avoir laissé les syndicats prendre le contrôle du modèle québécois?

Le Québec nationaliste a voulu être une province différente des autres. Pour affirmer sa différence, elle a cependant fait de mauvais choix. Une conséquence des choix identitaires du Québec réside en une dette contraignante dont les intérêts sont maintenant entièrement financés par le reste du pays. Cette dette a été construite par un aveuglément nationaliste et de mauvais calculs politiques dont nous payons aujourd’hui le fort prix.

Si au moins le Québec s’était orienté davantage vers le développement économique plutôt que de faire pencher la balance en faveur du développement social et identitaire, il aurait pu générer des revenus suffisants pour financer ses extravagances. Mais non! La province a préféré avoir des impôts plus élevés que ses voisins, plus de réglementation, moins de développement de ses ressources naturelles, mettre sur pied des institutions qui limitent davantage le développement économique et la création d’emplois ainsi que des programmes sociaux plus généreux que le reste du pays. Et de ces maux, les gouvernements souverainistes sont largement responsables.

Il est vrai que les impôts des Québécois ont servi ailleurs au Canada, à travers le budget général du gouvernement fédéral. Toutefois, il y a infiniment plus d’argent du reste du pays qui a été dépensé ici, comme en fait foi le paiement de péréquation annuel dont profite le Québec. Terre-Neuve a été la risée du Canada pendant des années en raison de sa dépendance des transferts fédéraux. Et bien aujourd’hui, Terre-Neuve paie plus qu’elle ne reçoit!

L’espoir souverainiste

Désormais, il ne reste au Parti québécois et aux souverainistes que les arguments identitaires et linguistiques pour faire la promotion de leur option. Malheureusement, ces arguments tiennent plus du repli sur soir que de l’ouverture sur le monde. Économiquement, le Québec n’a pas les moyens de faire l’indépendance et ses citoyens comprennent les avantages à évoluer dans un système fédéral moderne, ouvert et profitable. Tous les espoirs de séparation résident désormais dans des chicanes avec le gouvernement fédéral ou une éventuelle crise constitutionnelle sortie de nulle part qui remettrait les aspects identitaires à l’avant-scène. L’indépendance ne peut plus se faire que par une réaction épidermique à un quelconque affront.

Le Québec n’a jamais réellement été près de se séparer, hors mis en temps de crise. En 1980, malgré une question peu engageante (un mandat de négocier), René Lévesque a perdu 60-40. En 1995, même les crises de Meech et Charlottetown. Jean Chrétien au pouvoir à Ottawa et l’utilisation de l’appareil d’État complet du Québec au service de la cause n’ont pas réussi à faire pencher la balance pour la séparation.

Depuis près de vingt ans, le Canada anglais a finalement compris que le statu quo est probablement la meilleure option pour tout le monde. Le fédéralisme canadien a prouvé qu’il peut évoluer sans nécessairement entreprendre une refonte constitutionnelle majeure. . À preuve, le règlement du déséquilibre fiscal de même que l’harmonisation des taxes de vente et l’entente illustrent cette réalité.

Le Québec et le reste du pays ont d’autres chats à fouetter que de ressasser les vieilles rancunes et les débats des quarante dernières années. Il serait temps que nos élites politiques comprennent cette situation tout comme des millions de Québécois et Québécoises l’ont fait depuis longtemps. Les citoyens ordinaires comprennent les avantages du Canada et les possibilités économiques que nous avons en en faisant partie.

Le débat est terminé, la cause est entendue.

 

 

Selon Jean-François Lisée : Tout va bien au Québec

Tout va bien au Québec :

Un nouvel ouvrage de Jean-François Lisée vient de sortir dans les librairies : « Comment mettre la droite KO en 15 arguments ». Dans son essai, l’auteur s’attaque au pessimisme de la droite concernant l’avenir économique du Québec. La mouvance conservatrice affirme que la Belle province est médiocre et qu’elle pourrait faire mieux dans les domaines de l’économie, l’éducation et la santé. L’ancien conseiller politique dénonce cette attitude alarmiste. Il pense que la société québécoise est en bonne santé économique et qu’elle se situe dans le plateau de tête des économies occidentales. Qui a raison? La droite est-elle trop défaitiste ou la gauche trop optimiste? Allons voir cela de plus prêt.

Les lunettes roses de Jean-François Lisée

M. Lisée pense que tout va bien au Québec. Voici quelques exemples qui prouvent le contraire. La dette publique québécoise augmente d’années en années. Elle est monstrueuse : 244 milliards de dollars . Notre système d’éducation est dans un état de décrépitude. Le taux de décrochage chez les garçons s’élève à 22.5% . Les écoles primaires ont de graves problèmes de propreté et cela pourrait causer des problèmes de santé aux élèves. Le temps d’attente moyen dans les urgences est de vingt heures . Cela peut mettre en danger la vie de patients qui ont besoin rapidement de soins médicaux. Nos infrastructures routières tombent en morceaux. C’est rendu dangereux de conduite une voiture au Québec. Le gouvernement québécois a perdu le contrôle de ses finances publiques. Celui-ci dépense l’argent des contribuables comme si cela poussait dans les arbres. Les déficits budgétaires s’accumulent depuis des années. Le déficit du régime de retraites des employés provinciaux frôle les milliards de dollars et la caisse de la RRQ sera vide en 2037 . À cause de cela, les générations X, Y et Z n’auront pas droit à de pensions. Chers Québécois, ne vous en faites pas avec tous ces problèmes, la gauche affirme que tout va bien. Il faut la croire sur parole.

Le Québec peut et doit faire mieux :

Il faut vraiment être inconscient pour affirmer que la société québécoise est en bonne santé. Il faut se dire les vraies choses, cela va mal au Québec. Le sacro-saint modèle québécois ne fonctionne plus. Ses politiques progressistes ont plongé le Québec dans un marasme économique important. Depuis 1960, le gouvernement du Québec (péquiste ou libéral) a dépensé sans compter afin de gagner des élections. Celui-ci a hypothéqué l’avenir des jeunes générations. L’État québécois est malade et il est sur son lit de mort. Celui-ci a besoin d’un remède fort et puissant pour guérir.

Le gouvernement du Québec doit mettre en place des réformes qui sont nécessaires pour sortir la province de sa torpeur. Il faut couper dans les dépenses gouvernementales afin de revenir à l’équilibre budgétaire. La réduction de la dette publique doit devenir une priorité. En éducation, il faut couper dans les structures administratives et donner plus d’autonomie aux écoles. La mixité doit devenir la norme en matière de santé. Il faut permettre aux médecins de pratiquer dans le secteur public et privé. Les mieux nantis devraient pouvoir payer pour leurs soins de santé. Cela permettrait de désengorger les listes d’attente et la classe moyenne inférieure aurait accès plus rapidement à des soins de santé. Les solutions sont connues et il faut juste avoir le courage de les mettre en place. Quoi qu’en pense M. Lisée, le Québec peut et doit faire mieux.

Malheureusement, aucun parti politique n’a le courage de réformer le Québec. Ils veulent juste gagner les prochaines élections. La classe politique se fout éperdument de l’avenir des générations X, Y et Z. Jean-François Lisée va être content. Le modèle québécois ne sera pas menacé par les politiciens actuels. À court et moyen terme, le Québec va continuer son lent déclin. Tôt ou tard, il va frapper un mur et cela pourrait lui être fatal.

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