Quand les chevaliers de l’État étouffent les coopératives de santé

Il n’y a rien qui me choque davantage que de voir des initiatives locales étouffées par le dogme de l’État payeur unique et du monopole public en santé au Québec.

Les coopératives ont une place de choix dans la vie des Québécois: coopérative financière Desjardins, coopératives d’habitation, coopératives étudiantes, coopératives agricoles, etc. Et pourquoi pas des coopératives de santé?

Or, il semble que Radio-Canada sera fort probablement très heureuse de nous apprendre demain soir que 15 coopératives de santé seront mises en demeure par la RAMQ pour frais illégaux.

À partir du moment où un participant ayant dûment accepté de payer sa contribution annuelle affirmera qu’il “doit payer pour accéder à un médecin”, c’en est fait. Les propagandistes du monopole public (dont Radio-Canada), lesquels ont parfois l’arrogance de se désigner comme “Observatoire“, mobiliseront les chevaliers de l’État pour étouffer l’initiative locale et ramener les pêcheurs sur le bon chemin de l’attente.

Ils feront alors appel aux soit-disants “experts” en la matière, tous de purs idéologues d’un régime public mur à mur qui n’existe à peu près à nulle part ailleurs en Occident. Les Marie-Claude Prémont et les Réjean Hébert, tous deux des obsessifs-compulsifs d’un régime public, seront donc appelés en renfort pour dénoncer de pareilles initiatives, associant les coopératives de santé à une commercialisation et à la marchandisation des services de santé. Y’a rien de trop beau pour la gauche populiste du Québec.

Les coopératives de santé peuvent devenir le cheval de Troie qui va démolir notre système de santé, avait déclaré le Dr Réjean Hébert. C’est une forme de privatisation du système de santé.» – Pour en finir avec le Gouvernemaman, p. 77

Les municipalités doivent-elles et peuvent-elles financer pour autant des infrastructures pour y accommoder des coopératives de santé? Probablement pas. Ce n’est probablement pas ce pour quoi les taxes municipales doivent servir. Mais qu’y a-t-il de si dangereux à permettre à des adultes consentants d’adhérer à une coopérative de santé?

La question que pose la RAMQ et Radio-Canada, soit “Devez-vous payer pour accéder à un médecin” n’est pas la bonne. Les véritables questions devraient être:

  • Avez-vous un meilleur service de proximité depuis que vous être membre de votre coop de santé?
  • Y a-t-il de nouveaux services auxquels vous donne droit votre coopérative de santé?
  • Vous est-il possible d’obtenir un rendez-vous plus rapidement qu’autrefois?
  • Avez-vous remarqué que votre coop a engagé des infirmières pour assister le médecin dans sa tâche?

Et puis, en adulte consentant, si les réponses sont négatives, ne pourrait-on pas faire tout simplement confiance à ces adultes pour fréquenter une autre clinique de leur choix?

Les coopératives de santé auraient pu être une avenue absolument intéressante pour tester une formule prometteuse inscrite dans les gènes des Québécois. Malheureusement, il y a, dans ce cas-ci, trop de médecins qui au lieu de faire de la médecine, se préparent trop bien à faire de la politique.

P.S. Le docteur Réjean Hébert est le candidat du Parti québécois qu’a récemment recruté Madame Pauline Marois.

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