Les temps sont durs pour les défenseurs du modèle québécois

En effet, Martin Coiteux, professeur d’économie aux HEC , a publié une étude qui démontre bien que non seulement il existe un écart important entre le Québec et les provinces les plus riches, mais que cet écart va en s’élargissant, alors que l’écart que nous avons avec les provinces plus pauvres s’amenuise.  C’est un triste constat qui confirme l’échec des politiques des 40 dernières années.

Le diagnostic

Le diagnostic que Martin Coiteux pose est peu reluisant. Il  résume en 4 points les causes:

  1. Le Québec est en train de se faire distancer par les provinces les plus riches et de se faire rattraper par les provinces les plus pauvres. Si cette tendance se maintient, le Québec sera bientôt la province la plus pauvre du Canada. Le tableau suivant illustre ce point.
  2. Le coût de la vie plus faible au Québec permet de compenser partiellement son écart avec les provinces les plus riches, mais celui-ci a commencé à rattraper celui des autres provinces, de telle façon qu’il compense de moins en moins. La tendance de l’appauvrissement des québécois s’accélèrera au fur et à mesure que l’écart de coût de la vie avec les autres provinces se rétrécira.  L’étude appuie ce point avec ce tableau.
  3. Non seulement est-ce que les québécois travaillent moins d’heures et pendant moins d’années, mais ils gagnent moins par heure travaillée que dans les autres provinces, ce qui est un grave symptôme des problèmes de notre système d’éducation (décrochage scolaire, trop de jeunes décrochant des diplômes dans des concentrations moins payantes où il y a moins de demande). Ce troisième tableau illustre les écarts avant impôts et transferts.
  4. Les québécois étant plus pauvres, ils payent moins d’impôt au fédéral et reçoivent plus de transferts personnels (à ne pas confondre  avec les transferts aux provinces) du gouvernement fédéral. Nous avons développé une dépendance dangereuse envers ces transferts qui ira en s’accentuant au fur et à mesure que nous nous appauvrissons. L’étude utilise ces graphiques pour illustrer les écarts avec l’Ontario et l’Alberta.

Conclusion

Contrairement à certains néo-jovialistes aux lunettes roses, je considère qu’il est inutile de se bercer d’illusions et que ce n’est pas une preuve d’amour pour le Québec que de nier l’évidence que le modèle social et économique que nous suivons depuis un demi-siècle ne fonctionne tout simplement pas. Plutôt que de nous rendre plus prospère, il ne fait que nous appauvrir. Pire encore, nous nous laissons bercer par le mirage que nous sommes riches alors que nous nous payons des conforts dont nous n’avons pas les moyens à crédit. Imaginez un père de famille qui dépense année après année plus d’argent qu’il ne doit et ne fait que les paiements minimum sur ses cartes de crédit. Est-ce un comportement responsable? En supposant qu’il serait possible à un père de famille de s’endetter de la sorte sans en subir les conséquences inévitables de la faillite, est-il éthique ou moral de vivre  au-dessus de ses moyens pour ne laisser qu’un amoncellement de dettes à ses successeurs?

Un récent sondage montre que les québécois sont majoritairement contre une hausse de l’âge de retraite de 65 à 67 ans. Dans ce déni de réalité, ils démontrent la même mentalité de protection des acquis que les grecs. La triste réalité est que nous prenons déjà notre retraite trop tôt alors que nous n’en avons absolument pas les moyens et la plupart d’entre-nous n’auront pas le choix que de retourner au travail pour arrondir nos fins de mois, si nous ne voulons pas nous retrouver dans un état de pauvreté extrême. Seuls quelques privilégiés auront droit à une retraite confortable, dans certains cas payée par ceux qui n’auront pas cette chance, les jeunes.

Ce n’est pas de haïr sa patrie que de poser un tel diagnostic et de vouloir y apporter une solution.  La haïr serait plutôt de faire le contraire et de la laisser dépérir à petit feu tout en se vautrant dans l’illusion que la finalité est d’être heureux comme peuple, alors que le « bonheur » et le « confort » dont nous jouissons a été acheté à crédit sur le dos de nos enfants. Nous devons rappeler constamment à nos politiciens leurs responsabilités par tous les moyens

Référence

L’étude complète

Soyez sympa! Partagez!

2 réflexions au sujet de « Les temps sont durs pour les défenseurs du modèle québécois »

Les commentaires sont fermés.