Les otages

Depuis une semaine, nous assistons à un bras de fer entre le gouvernement et la CSN qui représentent les éducatrices des CPE. Pendant deux jours cette semaine, des milliers de parents se sont retrouvés sans service de garde, grand nombre d’entre eux ont eu à s’absenter de leur travail, faute de solution de rechange. On a parlé à maintes reprises d’une prise d’otage.

La question à se poser n’est pas si les demandes du syndicat sont irréalistes ou exagérées (elles le sont toujours), ni si le gouvernement est intransigeant, ni si les éducatrices de CPE méritent un meilleur traitement (je suis certain que la plupart d’entre elles font un merveilleux travail). La véritable question à se poser est si c’est vraiment le rôle de l’état de garder nos tout petits?

Car si ce n’était pas du fait que l’état s’est attribué une monopole syndiqué à l’os avec le même syndicat, nous n’en serions pas là. Si le gouvernement se contentait d’envoyer un chèque à chaque famille, au pro-rata du revenu, pour assister les parents qui auraient autrement de la difficulté à payer pour le service de garde, et de laisser aux parents le soin de choisir de quelle façon il fait garder ses enfants, tout en encadrant les services pour assurer un minimum de qualité, le système fonctionnerait beaucoup mieux et il y aurait de moindres risques qu’un débrayage affecte tous les CPE.

Pire encore, ce système ne livre même pas la marchandise.  Les CPE étaient supposés aider les familles les plus défavorisées, mais ces familles sont celles qui se retrouvent à croupir sur les listes d’attentes qui peuvent facilement s’étendre  jusqu’à 3 ans. Une étude a également démontré que lorsque des enfants défavorisés ont la chance d’être admis dans un CPE, ils ne font pas mieux que ceux des autres provinces qui n’ont pas une service de garde étatisé.

De plus, alors que le nombre de places n’a augmenté que de 2.5 fois, le coût, lui, a plus que quadruplé. Seulement avec le gouvernement pouvons nous nous retrouver avec moins de service pour quatre fois plus d’argent, en plus de se retrouver pris en otage par les syndicats du secteur public. Et il y a en qui se demandent encore pourquoi, les coûts en santé et en construction d’infrastructures explosent. C’est pourtant simple quand nous avons affaire à un monopole qui a le pouvoir d’extraire ses revenus par la force. La qualité du service n’est pas un facteur. Le gouvernement vous obligera à payer vos impôts et vos taxes, que vous soyez satisfaits du service ou non. Si vous refusez de payer, des hommes armés viendront éventuellement vous mettre dans une cage.

Si vous désirez ne plus être pris en otage, cessez de confier au gouvernement toutes sortes de tâches qu’il ne devrait pas faire.

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