La futilité des grèves étudiantes.

Vous êtes un étudiant qui est en faveur des grèves étudiantes? Faites-moi une faveur, expliquez-moi pourquoi?

Croyez-vous vraiment que ça fera une différence? Que parce que vous quittez vos cours, le gouvernement va trembler? Alors vous souffrez de sérieuses délusions. Vous croyez que votre grève dérange quelqu’un? Une grève a toujours été une tactique utilisée par les syndicats pour forcer leur employeur à négocier. Pour qu’elle soit efficace, encore faut-il qu’elle fasse mal à l’employeur en le privant de revenu et en l’empêchant de fournir ses services ou ses biens à sa clientèle. Dans un tel cas, l’employeur n’a d’autre choix que d’écouter. Les employés ont un levier contre leur employeur en le privant de leur travail, mais quel levier avez-vous, pauvres étudiants? Fournissez-vous un service essentiel à quelqu’un? Est-ce que votre grève fera bien grand chose, à part donner congé à vos profs, et encore, ils pourraient bien décider de continuer à donner des cours aux étudiants qui veulent bien continuer d’y aller.

La triste vérité est qu’une grève étudiante ne punira qu’une seule personne: vous-même. Elle vous punira quand vous serez obligés de rattraper le temps perdu pendant l’été, et que pendant ce temps, vous ne pourrez pas faire ce que vous feriez normalement pendant les vacances d’été comme occuper un emploi, faire un stage, faire un voyage d’échange culturel, etc. Ça vous empêchera de débuter votre carrière, si vous étiez sur le point de graduer, ou de passer au niveau suivant si vous comptiez poursuivre du cegep à l’université ou du BAC à la maîtrise ou au doctorat. En fin de compte, vous ne faites qu’ériger des barrières contre vous-même. Vous ne croyez pas avoir suffisamment de problèmes sans vous tirer vous-même dans le pied?

Alors continuez d’agiter d’agiter vos pancartes et vous priver vous-même de l’éducation qui fera votre futur si ça vous chante, mais soyez conscients que la plupart des gens se soucient plus de qui sera le prochain éliminé à Star Académie que de la hausse frais de scolarité qu’on veut vous imposer pour simplement rattraper le retard sur l’inflation. D’ailleurs, considérant la façon que notre gouvernement s’endette et que l’intérêt de cette dette supplantera bientôt l’éducation comme deuxième poste budgétaire le plus important; sans compter que cette dette est une taxe future qui devra tôt ou tard être remboursée par vous, alors je vous dirais qu’une augmentation de quelques centaines de dollars devrait être le moindre de vos soucis.

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24 réflexions au sujet de « La futilité des grèves étudiantes. »

  1. Monsieur David,

    Suite à la lecture de votre article, je me vois déçu de la façon dont vous apporter de façon sérieuse des arguments comme: «  »mais soyez conscients que la plupart des gens se soucient plus de qui sera le prochain éliminé à Star Académie que de la hausse frais de scolarité » »

    Les études montrent qu’un étudiant universitaire gagnera dans sa vie entre 500 000$ et 700 000$ de plus qu’un étudiant n’ayant que des études post-secondaire.

    De plus, le taux d’imposition des diplômes universitaires est généralement plus élevé que ceux qui ont un diplôme d’études secondaire.

    Sur 500 000$, imposé à 35%(et je suis généreux, on vise le 48% bien plus souvent.) Le gouvernement récolterait 175 000$ de plus en terme d’impôt par contribuable. Pourquoi cette somme ne pourrait pas en partie être réinvesti dans le système scolaire?

    Pour continuer, vous dites que la grève ne nous pénalise que nous, les étudiants, mais cela est bien faux. C’est le fait de ne pas faire la grève qui pénalisera les générations futures.

    Nous devrions être fier de pouvoir assurer l’éducation aux générations futures sans que ceux-ci n’aient à payer pour les choix individualistes d’une génération.

    1. Merci de votre commentaire M. Paquin.

      Vous voulez que je vous dise ce dont vous devriez vous soucier bien plus qu’une légère augmentation de vos frais de scolarité? Commençons par la dette, dont les intérêts annuels se chiffrent présentement autour de 7 milliards. Combien de cet argent pourrait justement être réinvesti dans votre éducation?

      Pensons ensuite à notre système de santé qui avalera bientôt la moitié du budget du gouvernement, au détriment de toutes ses autres missions. Quel sera le coût et l’état de ce système quand vous serez plus âgé et que vous en aurez besoin? Je suis dans le plus vieux des X et on prévoit que la santé avalera 75% du budget d’ici à ce que je tape mes 65 ans. Nous ne faisons qu’engloutir de l’argent dans ce gouffre, sans obtenir aucune amélioration. Le système ne fait que ce détériorer.

      Considérez aussi que notre système de retraite est un schéma de Ponzi, où vos contributions n’iront pas à capitaliser votre retraite, mais à payer les prestations de ceux qui sont déjà à la retraite. Considérez aussi que pour avoir les même prestations que vos grands-parents ont reçu, vous devrez payer 3 à quatre fois plus qu’eux en cotisations au régime.

      Vous faites valoir que les diplômés universitaires gagnent beaucoup plus que les autres, c’est très juste. Raison de plus de considérer les frais de scolarité comme un investissement et non un fardeau. Ces frais ont été gelés si longtemps que dans les faits, ils ont diminué au fil des ans, compte tenu de l’inflation. Vous payez déjà beaucoup moins pour votre éducation que vos parents. En plus, même avec l’augmentation proposée, vous paierez quand même beaucoup moins que dans toutes les autres provinces canadiennes. Fait étrange, même en vous donnant les plus bas frais de scolarité au Canada, nous n’obtenons toujours pas un taux de diplômation plus important que les autres provinces. La majorité des étudiants inscrits à l’université au Québec proviennent de familles relativement aisées. Peu d’entre eux n’auraient pas la capacité de payer, même si nous avions des frais au même niveau que dans les autres provinces. Ils n’ont donc pas besoin qu’on les subventionne. Si l’accessibilité est votre souci, il conviendrait bien mieux de bonifier les prêts et bourses à ceux qui ont vraiment besoin d’aide que de donner une éducation à rabais à ceux qui auraient les moyens d’en payer le plein prix.

      1. Je vais tenter de répondre rapidement à plusieurs arguments que vous avez avancés ici. Toutes mes sources proviennent des documents publiés par l’IRIS, l’IRÉC, l’ASSÉ et la FAÉCUM.

        D’abord, vous nous comparez aux autres provinces canadiennes, mais élargissons cette comparaison à l’ensemble des pays de l’OCDE. Nous remarquons que le Québec détient des frais de scolarité plus élevés que la moyenne de l’OCDE et que le Canada et les États-Unis font partis des pays dont les frais de scolarité sont les plus élevés. De plus, une simple comparaison avec d’autres provinces ne justifie en rien une augmentation des frais de scolarité. Vous n’expliquez pas « pourquoi » il faut effectuer cette augmentation. Je pourrais utiliser la même forme argumentative pour justifier une position contraire : ailleurs (Suède, Finlande, Danemark, Allemagne France, Belgique) on paie des frais de scolarité beaucoup plus bas qu’ici, abaissons donc les frais de scolarité! Comme vous pouvez le constater, cette forme argumentative prise en elle-même ne justifie rien et est plus rhétorique qu’autre chose.

        Ensuite, vous affirmez que les grèves étudiantes ne font pas craindre le gouvernement. Avez-vous oublié la grève de 2005 où le même gouvernement libéral a reculé sur sa décision de couper dans le régime de bourses pour le transférer dans les prêts? Une grève étudiante est très, très coûteuse pour le gouvernement. Avec des Cégeps en grève, ce sont plusieurs cohortes de secondaire qui n’y ont pas accès, dans l’éventualité où une session serait annulée. On parle ici de plusieurs millions de dollars que le gouvernement peut perdre.

        Votre argument final sur les prêts et bourses n’est pas très convaincant non plus. Lorsqu’on regarde les chiffres, on constate que 75% des étudiants n’ont pas accès à ce régime. De plus, au moment de leur diplomation, les étudiants ont accumulé en moyenne 14 000$ de dettes. On constate aussi une grande corrélation entre décrochage universitaire et endettement important. Ainsi, une bonification du régime de prêt ne garantit en rien une meilleure accessibilité aux études supérieures.

        Vous parlez aussi du taux de diplomation inférieur du Québec par rapport au Canada. Vous semblez oublier le Cégep, car lorsqu’on cette institution dans l’équation, on remarque le Québec est la province ayant le taux de fréquentation post-secondaire le plus élevé dans tout le pays. De plus, de nombreuses techniques offertes dans les Cégeps sont offertes dans les universités canadiennes de sorte qu’il n’est pas surprenant d’y voir un taux de diplomation plus élevé qu’ici.

        Je pourrais continuer de long en large avec plusieurs arguments contre la hausse des frais de scolarité. Je vous réfère aux nombreux documents produits par l’IRIS et au très récent rapport d’étude de l’IRÉC démontrant que la hausse des frais de scolarité devrait coûter 192,5 millions de dollars au gouvernement en 2016-2017 (le résultat est surprenant, je le conçois, mais en lisant le document, on comprend). J’aimerais bien d’ailleurs que vous me donniez votre source lorsque vous affirmez que le système de santé accapare la moitié du budget provinciale (qui, je le rappelle, entre 60 et 70 milliards de dollars).

        1. Bonjour M. Verdier,

          Il y a un vieux dicton qui dit que vous obtenez toujours un produit ou service de la valeur pour laquelle vous payez. C’est aussi vrai pour les études universitaires.

          Comme vous voyez, un diplôme est un investissement et les diplômes les moins chers sont loin d’être les plus payants. La plupart des pays que vous citez sont en queue de peloton, quelle coïncidence! Abaissez les frais vous dites?

          Par rapport au taux de diplomation, je vous rappelle que les Cegep n’ont aucun frais d’inscription. Il n’est donc pas valable de les inclure pour comparer l’effet des droits de scolarité sur les taux de diplômation. Comparons au moins des pommes avec des pommes.

          L’éducation est une question de valeur et force est de constater que vous n’accordez que peu de valeur à l’éducation

          Source des donnés du graphique

          1. Autres faits intéressants:

            On dit que les frais de scolarité ont été gelés pendant plus de 40 ans, mais dans la réalité, si on tient compte de l’inflation, ils ont régressé. L’augmentation que les étudiants protestent ne ferait que ramener ces frais à ce qu’ils auraient été s’ils étaient indexés à l’inflation.

            Et malgré des frais ridiculement bas comparé aux autres provinces, le taux de fréquentation des universités au Québec est aussi parmi les plus bas.

            Donc, il est faux de dire que des frais plus élevés nuiraient à l’accessibilité aux études post-collégiales.

          2. M.David, votre stratégie argumentative me déçoit un peu. Vous me collez impunément des procès d’intention à partir de syllogismes fallacieux. Je peux m’y prendre moi aussi : M. David est pour la hausse des frais de scolarité. Toute hausse nuit à l’accessibilité à l’université. Donc, M. David est contre l’accessibilité aux études supérieures.

            Votre remarque sur les Cégeps est non pertinente et force de constater que c’est vous qui faites des comparaisons biaisées. Dans les faits, des frais d’inscription et de scolarité doivent être payées pour étudier dans les Cégeps, mais je ne vois pas en quoi cela est pertinent. Les Cégeps, tout comme les universités, consistent en des institutions d’éducation postsecondaire qui sont absents dans le reste du Canada. Ils offrent des techniques qui sont offertes dans les universités canadiennes. Des programmes dans les universités canadiennes sont offerts dans les Cégeps au Québec de sorte qu’il est tout-à-fait normal de constater un niveau de participation des universités canadiennes plus élevé qu’au Québec puisque nombre d’étudiants québécois n’ont pas besoin de formation universitaire pour détenir certaines formations puisqu’ils les retrouvent dans les Cégeps. Lorsqu’on prend les prend en compte, on remarque que le Québec a le taux de fréquentation des établissements d’éducation postsecondaire le plus élevé au Canada (9% au-dessus de la moyenne canadienne), résultat direct des frais de scolarité peu élevé.

            Il est possible d’accorder de la valeur à l’éducation tout en défendant des frais peu élevés. Il est possible d’augmenter la valeur d’un diplôme sans pour autant que la qualité de l’enseignement y soit excellent. À McGill, par exemple, on a augmenté de 30 000$ la valeur d’un MBA sans aucune raison. Certains collèges anglais ont fait la même chose en espérant attirer une plus grande clientèle qui, devant le prix faramineux d’un diplôme, croit que l’enseignement est conséquent à ce prix. Dans les faits, l’enseignement n’y était pas d’une qualité supérieure (pour plus d’information, je vous réfère à cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=RjXJPX_e4gY). La question est de savoir à qui devrait revenir la facture : au gouvernement ou aux étudiants? Il est possible d’avoir un excellent système d’éducation tout défendant un investissement public. D’ailleurs, les pays que j’ai cités précédemment, particulièrement les pays scandinaves, la France et l’Allemagne, ont des systèmes d’éducation très réputés dans le monde, systèmes qu’on présente d’ailleurs comme « modèles ». Vous semblez confondre la valeur monétaire d’un diplôme avec la qualité de l’enseignement. La valeur d’un diplôme d’un programme d’humanités est évidemment peu élevée, mais cela n’implique pas que l’enseignement y est mauvais! En fait, en accordant tarifs bas, on incite les individus à s’inscrire dans les universités nonobstant leur milieu socio-économique. Dans cette perspective, on accorde dans les faits beaucoup de valeur dans l’éducation de sorte que votre procès d’intention est caduque et plus rhétorique que vrai.

            D’ailleurs, votre nouvelle publication sur la fréquentation des universités est biaisée pour des raisons que vous semblez ignorer volontairement. Je vais encore me répéter : le Québec comprend des Cégeps qui offrent des techniques, techniques qui ne sont par conséquent pas offertes dans les universités québécoises. Or dans le Canada, ces mêmes techniques sont offertes dans les universités. Aussi, les bacs dans les universités canadiennes demandent plus de temps avant d’être accompli qu’au Québec. Lorsqu’on prend en compte les Cégeps, le Québec détient le taux de fréquentation des établissements d’éducation postsecondaire le plus élevé du Canada.

            Des frais plus élevés impliquent logiquement une atteinte à l’accessibilité. Ce serait un non-sens de soutenir le contraire. En admettant ce principe, on admettrait aussi le fait que doubler le prix de location d’un appartement n’empêcherait pas certaines personnes d’y résider, ce qui est absurde. D’ailleurs, le Ministère de l’Éducation a consacré une étude afin de voir l’impact de la hausse sur la fréquentation des universités. Les résultats sont évidents : au moins 7 000 étudiant-e-s seront automatiquement jetés hors des bancs d’école. On peut constater le même phénomène en Ontario et en Angleterre où une hausse drastique des frais de scolarité a entraîné une chute importante de participation de la part des étudiants provenant de milieux défavorisés.

            Pour répondre à ce type d’argument (et afin que je n’ai pas besoin de me répéter une quatrième fois), je vous réfère à cette vidéo de l’IRIS : http://www.youtube.com/watch?v=RbtOSexa1yg&feature=related)

          3. @ Jean-Charles Verdier

            À McGill, par exemple, on a augmenté de 30 000$ la valeur d’un MBA sans aucune raison. Certains collèges anglais ont fait la même chose en espérant attirer une plus grande clientèle qui, devant le prix faramineux d’un diplôme, croit que l’enseignement est conséquent à ce prix.

            Vous voulez une raison? La voici: Grâce au fait que les frais de scolarité ont été gelés dans indexation à l’inflation depuis 1968, nos université accusent de sérieux déficits, et au Canada, elles sont les seules. Pour que votre diplôme ait une valeur, il faut au moins que l’université soit compétitive.

            La question est de savoir à qui devrait revenir la facture : au gouvernement ou aux étudiants? Il est possible d’avoir un excellent système d’éducation tout défendant un investissement public. D’ailleurs, les pays que j’ai cités précédemment, particulièrement les pays scandinaves, la France et l’Allemagne, ont des systèmes d’éducation très réputés dans le monde, systèmes qu’on présente d’ailleurs comme « modèles ». Vous semblez confondre la valeur monétaire d’un diplôme avec la qualité de l’enseignement. La valeur d’un diplôme d’un programme d’humanités est évidemment peu élevée, mais cela n’implique pas que l’enseignement y est mauvais! En fait, en accordant tarifs bas, on incite les individus à s’inscrire dans les universités nonobstant leur milieu socio-économique.

            Probablement sans le savoir, vous touchez au coeur du problème.

            1 – À qui devrait revenir la facture? Si c’est à l’étudiant, c’est le premier bénéficiaire qui paie. Celui qui en profitera le plus parce que le diplôme lui rapporte des revenus plus élevés qu’il n’aurait autrement. Si c’est le gouvernement, alors tout le monde paie, y compris ceux qui ne bénéficient pas nécessairement d’une éducation supérieure. Ce qui fait que même des diplômés du cegep ou du secondaire paient pour votre diplôme. Vous appelez ça de la justice sociale vous? Moi pas. J’appelle ça redistribuer vers le haut. Plus particulièrement parce que la grande majorité des étudiants au niveau universitaire proviennent de la classe moyenne et de la bourgeoisie.

            2- Le fait de trop subventionner les études post-secondaires a aussi des effets pervers. Vous voulez savoir pourquoi les pays que vous avez cités arrivent en peloton de queue dans mon petit graphique? Ça n’a rien à voir avec la qualité de l’enseignement et tout à voir avec les lois économiques de l’offre et de la demande. Vous mettez le doigt directement dessus en mentionnant qu’un diplôme d’humanités vaut moins que d’autres diplômes. Pourquoi? Peut-être est-ce parce que les prospects de carrière y sont plus limités. Et ils sont peu limités parce qu’il n’y a pas de demande dans ce secteur. Or une chose qu’on remarque quand les frais universitaires sont poussés trop bas est que les étudiants vont passer plus de temps à cafouiller et décider où se brancher. Puisqu’en réduisant le coût d’un diplôme d’humanités, on enlève l’obstacle qui détournerait la plupart des étudiants de ces diplômes (qui, il faut l’admettre, sont beaucoup moins exigeants que les diplômes en médecine, en droit ou en génie), créant un surplus d’étudiants dans ces concentrations et du coup une baisse à la rentabilité moyenne des diplômes. Vous voyez, les universités sont supposées desservir les besoins du marché du travail, en faisant un gel généralisé des frais de scolarité, vous pervertissez les incitatifs qui orienteraient les étudiants vers des professions plus payantes, où la demande est plus forte. Vous créez aussi des surplus de main d’oeuvre dans des domaines où il y a peu de demande, ce qui a pour résultat que beaucoup de ces gradués se retrouvent à passer leurs journées à encourager les gens à prendre une frite avec leur hamburger. J’exagère à peine. Prenez la peine de vérifier si vous voulez, mais les endroits où le coût des études universitaires est le plus bas sont aussi les endroit où il y a le plus de chômeurs diplômés.

            3- Le caractère universel du gel des frais de scolarité est la racine du problème et il existe de meilleurs moyens d’augmenter l’accessibilité des études universitaires de façon plus ciblée et moins coûteuse (En ce moment, notre gouvernement paie les salaires de ses fonctionnaires en empruntant, alors le gel de vos frais de scolarité sera probablement payé par vos enfants, qu’ils aillent à l’université ou pas). Les frais de scolarités devraient être établis en fonction de la demande sur le marché du travail et des revenus que le diplômé peut espérer en retirer. Il devrait aussi tenir compte du fait que la plupart des étudiants, s’ils se dirigent dans les bonnes concentrations, auront la capacité de rembourser leurs dettes d’études assez aisément. Il ne suffit en réalité que de faire un programme de prêts et bourses qui paiera des bourses plus généreuses aux étudiants qui en ont le plus besoin, selon leur contexte socio-économique et non d’offrir des études à rabais à tous, indépendamment de leur contexte socio-économique. Qu’est-ce qu’il y a de si mal à faire payer les riches?

  2. Bonjour,

    Je suis tombé sur votre article au hasard. Je trouve décolant votre logique. Les générations avant nous, se levait et manifestait au moindre coup de vent pour obtenir ce qu’il voulait et le fait d’avoir agit de la sorte a engendré une dette énorme. Tout ce que la génération du baby boom voulait, il l’ont eu. Cela a mit le Quebec dans un gouffre financier. Ensuite, on veut faire payer les jeunes qui veulent batir l’avenir. Quand ses même jeune se lève pour prendre exemple sur les générations précédentes, on les dénigrent et on dit que c’est inutile.

    Ce que je pense personnellement, c’est que TOUT les élèves post-secondaire devrai s’abstenir de payer les frais de scolarité l’an prochain. Le gouvernement va pleurer devant les millions de perte… Ensuite, on dira que les jeunes sont immoral et qu’il n’aide pas la société.

    La réalité est simple, les étudiants seront pret a prendre en charge une partie des coût engendrer par les mauvais choix des générations antérieurs le jour ou ses même générations se feront taxer et devront contribuer autant.

    Bref, la grève servira a quelque chose puisqu’il faudra payer plusieurs milliers de policiers et de profs et dans un budget, ca va parraitre.

    1. @Jon Duke

      Je ne vous dis pas que vous ne devriez pas protester, mais à mon avis, une grève prolongée est futile et vous fera bien plus mal à vous même qu’à n’importe qui d’autre. De plus, si justement les baby boomers nous ont mis dans la dèche, vous devriez plutôt manifester pour que le gouvernement redresse cette situation d’iniquité inter-générationnelle.

  3. C’est en pensant comme ca que notre voix se fait de moins en moins entendre… c’est décevant, même déprimant de voir cet article.

    1. @ Stéphanie Cloutier

      Je ne dis pas que vous ne devriez pas vous faire entendre, au contraire. Je suggère simplement qu’une grève n’est pas nécessairement le meilleur moyen.

  4. @Philippe David

     » Par rapport au taux de diplomation, je vous rappelle que les Cegep n’ont aucun frais d’inscription. Il n’est donc pas valable de les inclure pour comparer l’effet des droits de scolarité sur les taux de diplômation.  »

    Je ne crois pas que ce soit une bonne manière de voir les choses. Avoir de frais d’inscription inexistant au cégep augmente justement l’accessibilité aux études post-secondaire. Faudrait-il aussi exclure les universités sans frais d’inscription, si tel était le cas?

    Et puis même si la réponse était affirmative, il ne faut pas oublier que notre taux de fréquentation des universités est plus bas justement à cause des programmes techniques offert par les cégeps.

    Je suis curieux de savoir ce que « rendement » signifie ou inclut plus spécifiquement dans le premier graphique présenté.

    Et si tous ça n’était pas seulement une question de chiffre, de rendement et de bénéfice mais tout simplement une question idéologique?

    Et voici un petit document illustrant comment aller de l’argent pour financer les universités, ou encore d’autres services comme ceux de la santé, sans passer par les poches des étudiants.

    http://www.rq-aca.org/Documents/quoi_de_neuf/depliant_alternfiscalesbudget1112_11-17.pdf

    1. @ Mika Turcotte-Talbot

      Le rendement est un rapport entre le coût d’obtention du diplôme et le revenu que le diplômé recevra et même avec les coûts relativement astronomiques des études universitaires aux États-Unis, la valeur des diplômes dépasse de loin celle de tous les autres pays dans l’OCDE. Ceci n’a rien à voir avec la qualité de l’enseignement et tout à voir avec les incitatifs économiques qui se rattachent à l’obtention d’un diplôme. On a moins tendance à vouloir poursuivre un diplôme en art américain pré-colombien si ce diplôme coûte $30 000 à obtenir et que le meilleur salaire que vous pouvez avoir dans ce domaine est $50 000/an si (et c’est un gros si) vous arrivez même à décrocher un emploi. Vous penserez donc à garder votre intérêt pour l’art comme hobby et vous choisirez probablement un autre plan de carrière.

      Si par ailleurs vous croyez que le cegep est instrumental à augmenter le taux de diplômation, il est aussi responsable à diriger un plus grand nombre d’étudiants vers des diplômes de moindre valeur qui ne rapporteront pas autant à l’étudiant. J’y vois ici une des raisons du déficit de productivité que le Québec accuse sur les autres provinces canadiennes. La cause de ce déficit de productivité n’est pas que nous sommes plus paresseux, mais en moyenne, nous travaillons moins d’heures, nous prenons notre retraite plus jeune, et plus important, nous gagnons moins cher par heure travaillé que presque toutes les autres provinces. Le cegep a certainement un impact sur cette dernière.

  5. @M. David

    0- Par rapport au sous-financement des universités, je préfère parler de malfinancement. En fait, les universités québécoises n’ont jamais reçues autant d’argent que maintenant. Le problème est l’endroit où cet argent est dirigé. L’université de l’enseignement s’appauvrie effectivement, mais au profit de la recherche dont le budget est passé de 1 400 000$ entre 2006-2007 à 1 550 000$ en 2008-2009. On vise principalement la recherche dans des secteurs précis qui ont des retombées économiques immédiates. Le Québec est la province qui dépense le plus d’argent par étudiant-e-s en enseignement et en recherche au Canada (au Québec, les dépenses atteignent 29 941$ par étudiant-e-s alors que la moyenne canadienne se situe entre 27 000$ et 28 000$). Les subventions données à la recherche a plus que doublé en dix ans, dépassant même le cap du milliard. Il ne semble donc pas qu’il y ait un problème de ressources financières, mais de mauvaise gestion et des sens de priorité.

    D’ailleurs, lorsqu’on regarde les chiffres, on constate que la participation de l’État à l’enseignement universitaire ne cesse de diminuer au fil des années alors que la participation des étudiants ne fait qu’augmenter. En 1988, 87% du financement des universités provenait de l’État alors qu’en 2009, ce chiffre est descendu à 65,8%. On nous parle de sous-financement alors que le gouvernement diminue sans cesse sa participation dans le financement des universités, incohérence?

    1- À l’inverse de vous, je considère que l’État devrait payer pour les diplômes de ses étudiants afin d’avoir l’égalité des chances et permettre au plus grand nombre d’accéder à une éducation de qualité (ne vous inquiétez pas, je suis conscient du problème politique relié à la question de la hausse des frais de scolarité). Les diplômés qui bénéficieront d’un salaire plus élevé compte tenu de leur éducation devront payer en conséquence un montant plus élevé en impôt. En fait, ils vont payer beaucoup plus que la valeur de leur diplôme en imposition dans leur vie. Cet argent, comme vous le savez, permettra à d’autres individus d’étudier à l’université. Ainsi, je ne vois pas en quoi il est injuste que l’État finance l’éducation postsecondaire. Aussi, j’aimerais bien que vous me sortiez votre source et votre chiffre exact de la classe sociale des individus étudiant à l’université (j’aimerais aussi vous rappeler que ce ne sont pas tous les parents riches qui paient les études de leur enfant). Ce que je sais, c’est que le Québec compte près de 20% de plus d’étudiants provenant de régions éloignées et de milieu socio-économique défavorable que les autres provinces au Canada. Une hausse des frais de scolarité atteindra d’abord ces individus.

    2- Les humanités n’ont certes pas d’ouverture d’emploi très grande, mais la demande demeure élevée précisément parce que les frais de scolarité sont peu élevés. Au Québec, 70% des étudiants sont inscrits dans des programmes de sciences humaines. La raison pour laquelle les emplois sont limités dans ce secteur est qu’ils ne rapportent pas financièrement. D’ailleurs, j’aimerais que vous me disiez vos critères afin de justifier le fait que les études en humanité sont moins exigeantes que les études dans les sciences appliquées. Vous touchez aussi à un problème central : l’économie du savoir. Vous dites que les universités doivent se brancher au marché du travail. Au contraire, la mission de l’université est de transmettre le savoir de l’humanité indépendamment des milieux et des conjectures économiques, c’est la mission qu’elle remplie depuis plus de 800 ans et c’est pour cette raison que cette institution a été fondée pendant le Moyen Âge. En pensant ainsi, vous mettez en péril la pérennité de toutes les sciences humaines qui, bien que non profitable économiquement, forment des citoyens avertis, ayant un esprit critique vivant et capables de mieux saisir le monde dans lequel ils vivent.

    Aussi, le problème que vous soulevez par rapport aux étudiants chômeurs, qu’il soit existant ou non, revient à la décision de l’individu. S’il est conscient qu’un champ d’activité ne représente pas une grande chance d’embauche et qu’il y étudie tout de même, il subira les conséquences de ses décisions. Personnellement, j’étudie présentement en philosophie et je suis parfaitement conscient du fait que je ne trouverai pas d’emploi à la sortie de mes études relié à mon domaine. Néanmoins, je préfère étudier pour la connaissance qu’étudier pour l’argent. Je ne vois d’ailleurs pas en quoi votre argument justifie une hausse des frais de scolarité, puisque toute hausse empêchera certains individus à accéder à des emplois payants, chose que vous déplorez justement. Je vais ignorez votre commentaire concernant le hamburger et les frites, je vois ceci comme étant un sophisme de la pente glissante et un jugement de valeur qui, sauf si chiffre à l’emploi, ne correspond pas à la réalité.

    3- Le système de prêts et de bourses, comme je l’ai déjà mentionné, ne règle pas les problèmes d’accessibilité aux études. Lorsqu’on s’endette, on poursuit moins nos études universitaires. Le taux d’achèvement des études pour ceux et celles ayant une dette inférieure à 1000$ est de 71%, alors que le taux d’achèvement pour ceux et celles qui doivent plus de 10 000$ est de 34%. L’endettement n’est donc pas une solution viable. De plus, le régime d’AFE n’est disponible qu’à une minorité d’étudiants. En fait, 80% des étudiants-e-s devront payer des frais plus élevés, sans compensation. En effet, seuls les boursiers actuels (soit 17% des étudiant-e-s) du programme d’AFE auront droit à une compensation de la hausse des frais de scolarité. Comme on a constaté en Angleterre, les étudiants, face à la hausse, sont forcés de travailler davantage tout en étudiant, d’où une réduction de leur assiduité et de la qualité de leur apprentissage. D’ailleurs, un programme de bourses et de prêts canadien a fait une recherche sur l’impact du travail sur les notes. Les résultats sont flagrants : travailler plus 15 heures de travail par semaine tout en étant un étudiant à temps a un impact direct sur les résultats. En Angleterre, après la hausse de 2005, le nombre d’étudiant-e-s à temps plein occupant un emploi est passé de 406 880 à 630 718, soit une augmentation de 54%. Bonifier le régime d’AFE n’est donc pas une solution améliorant l’accessibilité aux études supérieures.

    1. Jean-Charles Verdier

      D’ailleurs, lorsqu’on regarde les chiffres, on constate que la participation de l’État à l’enseignement universitaire ne cesse de diminuer au fil des années alors que la participation des étudiants ne fait qu’augmenter. En 1988, 87% du financement des universités provenait de l’État alors qu’en 2009, ce chiffre est descendu à 65,8%. On nous parle de sous-financement alors que le gouvernement diminue sans cesse sa participation dans le financement des universités, incohérence?

      Et pourtant, le Québec est la province où la proportion des dépenses des universités payée par les étudiants est la plus faible au Canada.

      À l’inverse de vous, je considère que l’État devrait payer pour les diplômes de ses étudiants afin d’avoir l’égalité des chances et permettre au plus grand nombre d’accéder à une éducation de qualité

      L’égalité des chances peut être obtenue de plusieurs façons. Je considère que la mienne est meilleure du point de vue économique.

      Aussi, j’aimerais bien que vous me sortiez votre source et votre chiffre exact de la classe sociale des individus étudiant à l’université (j’aimerais aussi vous rappeler que ce ne sont pas tous les parents riches qui paient les études de leur enfant).

      Voici une étude de Statistique Canada qui confirme mes dires à ce sujet. On y lit entre autre que 46% des diplômés ou inscrits à l’université âgés de 18 à 24 ans proviennent de familles à revenu élevé contre seulement 20% qui proviennent de familles à faible revenu. Ceci confirme que le gel des frais de scolarité est effectivement une mesure régressive, comme la plupart des programmes sociaux mur à mur d’ailleurs.

      Au Québec, 70% des étudiants sont inscrits dans des programmes de sciences humaines. La raison pour laquelle les emplois sont limités dans ce secteur est qu’ils ne rapportent pas financièrement.

      Vous croyez que les emplois en sciences humaines rapportent peu par accident? Il n’y a qu’une raison pourquoi un emploi rapporte un salaire moindre que d’autre et c’est que l’offre de main d’oeuvre dans ce secteur excède la demande. Vous confondez cause et effet. Les faibles salaires, par rapport au coût d’obtention du diplôme sont supposés décourager les étudiants de se diriger vers les secteurs où il y a peu de demande. En abaissant les frais de scolarité, on pervertit ces incitatifs. C’est pourquoi il est préférable de laisse les frais aux taux du marché, quitte à donner une aide financière plus substantielle aux étudiants plus défavorisés. Ce serait une méthode plus progressive.

      D’ailleurs, j’aimerais que vous me disiez vos critères afin de justifier le fait que les études en humanité sont moins exigeantes que les études dans les sciences appliquées.

      Allez parler à un étudiant de médecine ou de droit ou de génie des exigences de ces programmes. Ce n’est pas pour rien que ces professions sont payantes. Peu de personnes arrivent à passer à travers à moins d’être très déterminés.

      Aussi, le problème que vous soulevez par rapport aux étudiants chômeurs, qu’il soit existant ou non, revient à la décision de l’individu. S’il est conscient qu’un champ d’activité ne représente pas une grande chance d’embauche et qu’il y étudie tout de même, il subira les conséquences de ses décisions. Personnellement, j’étudie présentement en philosophie et je suis parfaitement conscient du fait que je ne trouverai pas d’emploi à la sortie de mes études relié à mon domaine. Néanmoins, je préfère étudier pour la connaissance qu’étudier pour l’argent.

      Vous croyez que vous subirez les conséquences? Que dire de la société? Ce sera nous tous qui auront partiellement payé pour votre diplôme pour que vous retrouviez sur le chômage ou à faire une « jobine » et nous payerons également du fait que vous ne gagnerez pas des revenus qui vous feront payer des impôts à la hauteur de votre éducation. Si vous voulez étudier pour votre enrichissement personnel, grand bien vous fasse, mais moi je n’ai pas à payer pour.

      1. En fait, votre graphique ne vient en rien contredire ce que j’ai dit. L’engagement financier du gouvernement dans les études supérieures ne cesse de régresser depuis plus de dix années. En maintenant une part du financement peu élevé de la part des étudiants dans les universités, on améliore l’accessibilité aux études supérieures. Pourquoi d’ailleurs faut-il toujours se comparer au reste du Canada? Encore une fois, ce genre d’argument ne justifie en rien une hausse des frais de scolarité pour des raisons que j’ai déjà mentionnées dans mon premier commentaire. Je pourrais prendre la même structure argumentative pour soutenir l’inverse. Ailleurs, la proportion des dépenses universitaires provenant des droits de scolarité est plus basse qu’ici, donc abaissons les frais de scolarité! Voyez-vous que cette structure argumentative est sophistique puisqu’elle n’explique pas le « pourquoi » d’une hausse ou d’une baisse des frais de scolarité. De plus, la partie que vous citez démontrait uniquement l’incohérence du gouvernement lorsqu’il parle de sous-financement alors que, depuis des années, sa part du financement ne cesse de régresser. Votre graphique me semble par conséquent impertinent.

        Vous dites que l’égalité des chances peut être obtenue de plusieurs façons. Nommez m’en quelques-unes.

        Votre étude de Statistiques Canada ne démontre absolument rien. Elle n’a pas été réalisée au Québec, mais dans l’ensemble du Canada où les frais de scolarité sont beaucoup plus élevés qu’au Québec. Par conséquent, il est normal que l’on retrouve une proportion élevée des d’étudiants provenant de milieux riches fréquentant les universités puisque les frais de scolarité sont très élevés au Canada. Un service plus cher va nécessairement attirer une clientèle qui a les moyens de se le payer et pas l’inverse. Trouvez-moi une étude démontrant la même chose, mais qui a été réalisée exclusivement au Québec et je vous accorderai peut-être votre point. J’aimerais aussi vous rappeler (encore une fois) une statistique que je vous ai fournie précédemment. Au Québec, on compte près de 20% de plus de personnes provenant de régions éloignées et de milieux socio-économiques difficiles dans nos universités que dans le reste du Canada. Ce résultat est dû fort probablement à nos frais de scolarité peu élevés. Aussi, je vais encore me répéter et vous rappeler que selon une étude du Ministère de l’Éducation, plus de 7 000 étudiants (d’autres études parlent plutôt de 13 000 étudiants) seront automatiquement éjectés des bancs d’école à cause de la hausse des frais de scolarité. Un gel n’est donc pas une mesure régressive; au contraire il assure une meilleure accessibilité aux études supérieures.

        Si je vous comprends bien, vous êtes pour l’abolition des programmes d’humanités? Effectivement, une demande élevée dans un secteur où l’offre est restreinte implique souvent des salaires moins élevés. Or avec des hausses de frais de scolarité, vous incitez les gens à quitter ces domaines pour aller étudier dans des secteurs impliquant des salaires importants. Cette logique fait partie de ce qu’on appelle « l’économie du savoir » dans laquelle la valeur de l’éducation se mesure aux conjectures économiques et aux demandes du marché de l’emploi.

        Je vous ai demandés des critères, choses que vous ne m’avez pas fournies. Dois-je conclure que vous parlez au travers de votre chapeau et que votre discours se fonde sur des préjugés? Je parle avec des étudiants en médecine et en droit. Certains d’entre eux ont terminé un BAC en philosophie et ils trouvent leur nouveau champ d’étude beaucoup plus facile. En effet, certains programmes d’humanités demandent des capacités de compréhension et d’explicitation importantes tandis que les programmes de génie ou de droit demandent simplement une capacité de mémorisation exceptionnelle. À ce stade, un ordinateur accomplit les mêmes fonctions. Je vous demande encore une fois de me donner des critères justifiant vos affirmations à ce sujet sans quoi je vais devoir ignorer vos commentaires.

        Finalement, je pourrais aussi m’abaisser à votre niveau en vous montrant une photo comprenant des membres d’un parti néo-nazi ou encore comprenant les membres de Radio-X et vous demander si vous vous trouvez sur cette photo. Je ne le ferai pas. Ma mère m’a apprise à demeurer respectueux avec les étrangers, qu’ils se trouvent sur le cyberespace ou dans la rue. Enfin, il est visiblement faux de dire que la maturité d’un individu se mesure à son âge.

  6. @Philippe Duval

     » Vous penserez donc à garder votre intérêt pour l’art comme hobby et vous choisirez probablement un autre plan de carrière. »

    Vous êtes donc en train de dire que l’étudiant devrait réduire son choix de carrière et de diplôme non pas à ce qu’il aime mais à ce qu’il peut se permettre de payer.

    Je suis désolé mais pour moi, c’est un total non-sens. Tout le monde devrait avoir le plein pouvoir d’étudier dans la domaine qu’il préfère, sans avoir à se restreindre de certain choix en évaluant le coût des études contre les revenus futurs apportés par le diplôme.

    Peu importe le programme, les études universitaires demande beaucoup de temps et d’énergie, et je ne voudrais pas avoir à étudier un sujet qui ne m’intéresse pas, ou très peu, seulement parce que c’est le seul diplôme que mon portefeuille me permet de payer. Une telle manière de voir les choses, selon moi, risque d’apporter beaucoup de gens malheureux à la société.

    L’université est pour moi avant tout un lieu de transmission du savoir, non pas une usine à salaire rentable.

    « Qu’est-ce qu’il y a de si mal à faire payer les riches?  »

    Aucun. C’est pour ça qu’une solution proposée est d’ajouter un palier d’impôt dans les couches supérieurs de salaires afin de renflouer les coffres du gouvernement. Puisque les personnes bénéficiant de ces plus hauts salaires sont habituellement celles qui possèdent un diplôme universitaire, l’étudiant va finir par rembourser l’état et payer sa juste part progressivement à travers les taxes et impôts.

     » Vous voyez, les universités sont supposées desservir les besoins du marché du travail »

    Ici, on entre dans un conflit idéologique. Tout dépend de la manière de voir de chacun. Je me répète mais je ne crois pas que l’université, à la base, soit une usine à diplôme mais un lieu de transmission du savoir. L’université a pour but d’éduquer la population et n’est pas un grand centre de formation pour les entreprises. Parallèlement c’est ce qu’elle fait mais il serait désolant de croire que c’est son but premier.

     » créant un surplus d’étudiants dans ces concentrations et du coup une baisse à la rentabilité moyenne des diplômes. »

    Je ne crois pas que le but des étudiants en allant à l’université est de ressortir avec un plus gros salaire, étant donné que les frais de scolarité sont très bas, mais de ressortir avec un formation adéquate, dans le domaine qu’ils préfèrent afin de faire ce qu’ils veulent vraiment faire dans la vie. Enfin, c’est ma façon de voir des choses.

    Je crois que la principale différence entre le tenant de la hausse et ceux qui y sont opposés est la chose suivante :

    Ceux qui ont l’argent comme valeur prioritaire et ceux qui ne l’ont pas.

    Aucun des deux n’est meilleure que l’autre et chacun se bat à sa manière pour ses idéaux.

    1. Mika Turcotte-Talbot

      Vous êtes donc en train de dire que l’étudiant devrait réduire son choix de carrière et de diplôme non pas à ce qu’il aime mais à ce qu’il peut se permettre de payer.

      Je suis désolé mais pour moi, c’est un total non-sens. Tout le monde devrait avoir le plein pouvoir d’étudier dans la domaine qu’il préfère, sans avoir à se restreindre de certain choix en évaluant le coût des études contre les revenus futurs apportés par le diplôme.

      Et vous êtes en train de me dire que vous désirez poursuivre un diplôme qui n’offrirait aucun prospect d’emploi? À quoi bon? Il y a des moments où le gros bon sens doit prévaloir. Votre choix de carrière devrait normalement se faire en fonction de vos intérêts bien sûr, mais aussi en fonction des prospects dans différentes disciplines. Sinon pourquoi devrait-il revenir aux autres de payer pour les conséquences de votre choix (ie payer pour vos frais universitaires ET payer vos prestations d’aide sociale quand vous serez incapable de trouver un emploi)

      Aucun. C’est pour ça qu’une solution proposée est d’ajouter un palier d’impôt dans les couches supérieurs de salaires afin de renflouer les coffres du gouvernement. Puisque les personnes bénéficiant de ces plus hauts salaires sont habituellement celles qui possèdent un diplôme universitaire, l’étudiant va finir par rembourser l’état et payer sa juste part progressivement à travers les taxes et impôts.

      Cent fois plus direct de les faire payer leurs frais universitaires directement, puisqu’ils en ont les moyens, et aider ceux qui n’en ont pas les moyens, si votre souci est vraiment d’aider les étudiants plus pauvres.

      Ici, on entre dans un conflit idéologique. Tout dépend de la manière de voir de chacun. Je me répète mais je ne crois pas que l’université, à la base, soit une usine à diplôme mais un lieu de transmission du savoir. L’université a pour but d’éduquer la population et n’est pas un grand centre de formation pour les entreprises. Parallèlement c’est ce qu’elle fait mais il serait désolant de croire que c’est son but premier.

      Pas du tout si on s’arrête à réfléchir à quoi doit servir un diplôme en premier lieu: décrocher un emploi et construire une carriêre. C’est bien vouloir faire quelque chose qui vous intéresse, mais encore faut-il que ce soit réaliste. Et si vous voulez un diplôme pour votre seul enrichissement personnel, je ne vois pas pourquoi ce serait à la collectivité de payer pour.

  7. Pour faire suite à cette caricature d’une brillante nullité, je vous demande, M. David :

    Et puis le gars complètement à gauche, n’était-ce pas lui que vous applaudissiez, lors de sa présentation sur le multiculturalisme, en avant-midi, le 18 mars 2012?

    Oops…! La sociologie et les autres sciences humaines, elles ne sont plus les hippies et les pelleteux de nuages que vous dites qu’elles sont lorsqu’elles tiennent un discours doux à vos oreilles.

  8. Tous les étudiants, toutes les étudiantes des collèges affiliés à la CLASSE, manipulés et exploités et abusés par ses petits anarchistes culotés auxquels les tribuns des médias et les libertaires twits sans cervelle, sans conscience, sans jugement ni morale des réseaux sociaux fournissent tous les carbures et dont ils rechargent toutes les batteries, devraient être inscrits sur la BLACK LIST du Gouvernement et des Mairies du Québec. Pour leur «dossier» des affronts des derniers mois, le MÉQ et le Conseil Exécutif du Gouvernement du Québec devraient multiplier toutes les mesures qui s’imposent pour les démobiliser la CRASSE SOCIÉTALE qu’est la CLASSE et trainer tous ces adeptes du désordre public devant les cours pénales, pour toute tentative d’affront, pour toute désobéissance civile, pour toute mise en danger de la sécurité publique, pour toute perturbation, pour toute déstabilisation sociale, pour tout boycottage des droits et des libertés des individus, pour toute intimidation, pour tout braquage et pour tout cassage. En raison de sa permissivité, de sa lâcheté, de l’extrémisme de son idéologie du matraquage, de la perversité de son double langage ainsi que de l’ambigüité des ficelages de ses affiliations secrètes avec les franges spécialistes du désordre public, du trucage des votes de grève, du cassage et de toutes les sauvageries qui s’y apparentent, la CLASSE et ses petits «Daniel Cohn-Bendit» à la sauce du plus roublard des fins finauds démagogues, Gabriel Nadeau-Dubois, devraient être inscrits au registre des trouble-fêtes qui mettent impunément le feu aux mèches des agitations tous azimuts, qui pilotent impunément les prises d’otages, qui privent les groupes majoritaires d’étudiants, les entreprises et l’économie globale de droits et de libertés inaliénables, qui se foutent et bafouent les ordonnances de la Cour, qui systémisent les squattages et les mises à sacs et à feux de l’équilibre sociétal et de la démocratie. Le temps est maintenant venu pour les gouvernants du Québec, aux niveaux provincial et municipal, de mettre un frein à ces folles dérapes que commanditent nombres d’enseignants qui croient y acheter la paix, que commanditent les syndicats qui patrouillent tous les sentiers de l’extrémisme et de l’anti capitalisme sauvage. L’heure est venue pour le déploiement du BRAS DE FER. Si on ne les CASSE PAS, ils PASSERONT à l’histoire d’une société anonyme devenue tribale et à la merci des réseautages.

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