L’effronterie

 

Dans une entrevue donnée à la Presse Canadienne publiée ce matin, M. Bachand dit que les Québécois doivent payer leur juste part dans le coût des services publics. Essaierait-il d’insinuer que les Québécois, vivant dans la juridiction la plus taxée d’Amérique du Nord, ne paient pas leur juste part? Cette affirmation frôlerait l’effronterie la plus crasse. Les québécois paient plus que leur part pour des service dont la qualité est pire que presque partout au Canada. Selon cet excellent billet de David Gagnon, nos services publics seraient en fait médiocres. Son billet démontre que:

  1. Le Québec se situe en 8e place au Canada pour l’efficacité de son système de santé.
  2. Le Québec est de loin la pire province canadienne pour la résolution de causes criminelles.
  3. Le Québec est au 4e rang des infrastructures les plus vétustes au Canada
  4. Le Québec a le plus haut taux de décrochage au Canada.

Sans compter les listes d’attentes interminables dans les CPE et les conditions excécrables de nos CHSLD. Bref, considérant la qualité de nos service publics et le montant de taxes, impôts et tarifs de toutes sortes que nous payons, on peut se demander où va tout cet argent? Eh bien selon de dernier rapport du receveur général, les dépenses du gouvernement sont hors de contrôle. Mais selon M. Bachand, ce sont les québécois qui ne font pas leur part.

Le Québec n’a pas un problème de revenu, il a un problème de dépenses. Notre bureaucratie est hors de contrôle. Depuis 2010, année ou M. Bachand avait promis de faire le 2/3 des efforts pour le retour à l’équilibre budgétaire et qu’il nous a incité à bien le surveiller, Nous ne cessons de voir des exemples de gaspillage éhonté des fonds publics et de corruption dans les journaux. Le Québec distribue trois fois plus de subventions aux entreprises que l’Ontario et continue pourtant d’avoir un taux d’entrepreneuriat anémique. Je crois que si ensevelir un problème avec de l’argent suffisait à le régler, nous le saurions. 

Je crois qu’il est grand temps que nous reconsidérions, en tant que société, quel rôle l’état doit jouer dans nos vies. Il est clair, considérant la culture de gaspillage rampante régnant dans une bureaucratie obèse ( 97 employés publics pour 1000 habitants, bien au-dessus de la moyenne canadienne),  que l’état québécois essaie d’en faire trop et vit au-dessus de ses moyens. Il faudrait donc revoir les services offerts par l’état et se demander si ce n’est pas possible que ces services soient offerts par d’autres organisations et laisser des entrepreneurs de concurrencer pour les offrir. Il est temps d’essayer autre chose. Il est aussi temps de donner à M. Bachand son 4%.

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