L’orphelinat

Dimanche dernier a eu lieu le rassemblement tant attendu du Réseau Liberté-Québec. En cette magnifique journée printanière des gens partageant les mêmes convictions se sont réunies à Lévis afin d’échanger et de réseauter. Nous avons eu la chance d’écouter des conférenciers hors-pair et même un peu d’humour. J’ai été honoré d’y jouer une part, si humble soit-elle. 75 personnes se sont présentées le jour même pour acheter leur billet pour participer à la conférence, amenant le total des participants à 450. Ce fût un franc succès.

Malgré tout ça, la conférence s’est déroulée aussi sous un fond de controverse. Quelques jours avant, un article de journal rapportait des propos de Joanne Marcotte où elle qualifiait le Parti Conservateur du Québec comme étant « sectaire » et « puriste ». Étant moi-même militant du RLQ et du PCQ, je me suis désolé de ces propos comme beaucoup d’autres. Dans son discours de clôture, Mme Marcotte s’est d’ailleurs excusé de ces remarques à ceux qu’elles ont offusqué. Elle a également salué le chef du PCQ, Luc Harvey, et l’a félicité pour son annonce à l’effet que toutes les propositions présentées par la commission politique de l’ADQ, dirigée par  Claude Garcia et Adrien Pouliot, seraient reprises par le PCQ. Cependant, elle a également été très claire sur le point que le RLQ n’endosserait pour le moment aucun parti politique. Je crois comprendre pourquoi.

Les orphelins

Nous avons entendu les porte-paroles du RLQ se dire orphelins politiques depuis que l’ADQ a été « racheté par des compétiteurs », pour reprendre les propos de quelqu’un à la conférence. À titre personnel, je ne pourrais pas leur reprocher leur scepticisme. Les nouveaux partis qui viennent tout juste de se former pour tenter de combler le vide n’ont pas encore fait leur preuves. Le PCQ a une longueur d’avance sur l’Équipe Autonomiste qui est tout juste sur le point d’être reconnue par le DGE, et ni l’une, ni l’autre de ces formations n’a tenu de congrès de fondation et n’a présenté un programme.

Un récent sondage des membres du RLQ a révélé que 60% de ces membres n’appuient aucun parti présentement. En qualité de porte-paroles de leur membres, il serait également impossible pour les dirigeants du RLQ de se prononcer en faveur d’un parti alors que la grande majorité de leurs membres sont encore sceptiques. Le RLQ ne peut faire autre chose que de rester neutre dans les circonstances. La balle est dans le court des nouveaux partis politiques de droite. À eux de convaincre les sceptiques et d’accueillir les orphelins.

Comme le Black Block pour la CLASSE

Il y a cependant une ombre au tableau. Si Joanne Marcotte avait qualifié de sectaire et puriste le PCQ, c’est qu’une poignée de personnes disant supporter ce parti mènent une campagne de salissage envers certains porte-paroles du RLQ, notamment contre Mme Marcotte. Des épithètes comme « brainwashée » et « marxiste » ont même été lancées par ces mauvaises langues. Je crois que la réputation de Mme Marcotte et des autres porte-paroles du RLQ comme défenseurs de la liberté et des idéaux de droite n’est plus à faire. De les attaquer ainsi ne fait que discréditer ces gens dont la propre contribution à la cause est plus que douteuse.

Du côté du PCQ, le président, Jeff Plante, m’a assuré que ces personnes ne parlent pas au nom du parti et qu’elles n’en sont même pas membres. Du côté du RLQ, même ceux qui ne sont pas près des membres fondateurs soupçonnent que ces personnes sont des agents du parti.

Que ce soit vrai ou non, ces personnes alimentent la méfiance entre les deux organisation, là où il devrait y avoir des liens cordiaux et coopératifs. Peu importe qu’il s’agisse de têtes brûlées, elles minent la crédibilité du PCQ tout comme le Black Block mine celle du mouvement étudiant lorsqu’il infiltre ses manifestations et cause des dommages matériels et des confrontations. Il faudrait que le PCQ évite de faire comme la CLASSE et dénonce vivement les propos de ces gens sur Facebook afin d’établir un lien de confiance. Même si ces gens ne sont pas membres du parti, ils l’éclaboussent au passage et s’ils sont vraiment des supporteurs du parti, ils devraient cesser cette campagne de salissage immédiatement. En tant que militant du PCQ, j’en suis outré et j’espère que les autres membres du parti qui oeuvrent sincèrement à rallier la droite sous cette bannière, le sont autant que moi.

Lorsque le Parti Conservateur du Québec renaquit de ces cendres, je fus un des premiers à acheter ma carte de membre. J’ai la conviction qu’un jour, il réunira tous ceux qui désirent véritablement un changement au Québec.  Je partage le désappointement de son chef que le RLQ ne puisse ouvertement nous supporter, mais je comprend aussi que si ce n’est pas le cas, c’est parce que c’est à nous de les convaincre et de ne pas nous laisser miner par quelques têtes brûlées.

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8 réflexions au sujet de « L’orphelinat »

  1. Raison de plus pour le PCQ de se distancer de ces « extémistes » qui minent ses relations avec le RLQ dont il a un besoin vital. Mais ce n’est pas ce que j’ai constaté personnellement dans plusieurs discussions. Si Jeff Plante n’encourage pas personnellement le discours parfois haineux de ces extrémistes envers les fondateurs du RLQ, il ne les dénonce aucunement et participe aux mêmes conversations sur les mêmes sites dont la page Facebook « Politique » que vous connaissez bien d’ailleurs M. David. Tant et aussi longtemps que le PCQ ne désavouera pas publiquement ce discours haineux et ceux qui le portent, ces agitateurs qui nuisent au message de la droite, il demeurera un mouton noir, car seul un fou ne réalise pas que le succès de n’importe quel parti politique de droite au Québec, passe par la reconnaissance du Réseau Liberté Québec.

  2. Excellente analyse de la situation. Les médias sociaux ont leur bon côté mais malheureusement, tous les quidams peuvent se permettre d’émettre des opinions qui sont plus dévastatrices que constructives.

  3. L’analyse de Philippe me semble juste et balancée. Personne n’est sans tort dans ce dossier mais j’ai apprécié l’humilité de Johanne Marcotte quand elle s’est publiquement excusée d’avoir offusquée certaines personnes et quand elle a souligné de façon positive la présence de Luc Harvey et l’annonce que les propositions sur l’économie et la fiscalité de la commission politique de l’ADQ au conseil national de Trois-Rivières en mai dernier seront présentées au conseil national ou au congrès du PCQ. Comme plusieurs, elle se préoccupe de l’influence potentielle au sein du PCQ de certaines personnes qui voudraient utiliser le pouvoir coercitif de l’État pour imposer leurs vues morales et religieuses sur les Québécois. C’est une préoccupation légitime pour un réseau qui prone la liberté individuelle. Le PCQ n’a pas annoncé de propositions qui vont dans ce sens pour l’instant. Et même, certaines des positions du PCQ (par exemple, l’appui au projet de loi C-10) rallient probablement un grande nombre de RLQuistes. Mais la seule présence de cette aile, disait Mme Marcotte, risque de devenir un paratonnerre pour les médias et les gauchistes qui utiliseront des tactiques de peur pour peinture du même coup d’un large coup de pinceau les conservateurs fiscaux qui ont, après bien des années, réussi à se dissocier de cette frange de la droite qu’on appelle communément « morale ou religieuse ». Certains diront que ces craintes sont exagérées. Soit. Mais tout comme le PQ éprouve un grand malaise (et même une répugnance) à accepter en son sein quelqu’un qui n’est pas pour l’article 1 de son programme, il est difficile pour ceux qui pronent la liberté et la responsabilité individuelle d’accepter un parti qui compte dans ses rangs des dirigeants qui veulent imposer la « loi naturelle » par le pouvoir coercitif de l’État.

  4. « . Si Joanne Marcotte avait qualifié de sectaire et puriste le PCQ, c’est qu’une poignée de personnes disant supporter ce parti mènent une campagne de salissage envers certains porte-paroles du RLQ, notamment contre Mme Marcotte. »

    C’est l’oeuf et la poule.

    Je ne connais personne au PCQ qui ait dénoncé Mme Marcotte avant que celle-ci insulte le PCQ et ses sympathisants.

  5. Voilà un beau débat en perspective. Je ne suis pas encore membre du PCQ ou de l’EA mais j’espère joindre l’un des partis lorsque les philosophies, les programmes et les leaderships seront arrêtés. Dans le débat actuel concernant la présence d’une supposée « droite morale ou religieuse » il ne faudrait pas se comporter comme la gauche qui interdit la remise en question d’un bon nombre de sujets et de droits acquis. La droite doit relever le défis de remettre en question toutes lois, règlements ou politiques établis qui conduiront à réorienter notre société dans la direction que nous croyons la meilleure pour nos concitoyens. Toute ré-ingénerie de l’état est vouée à l’échec si nous n’ébranlons pas les colonnes du temple. Si on commence à exclure d’emblée tel ou tel sujet, nous introduisons des limites à nos actions futures. Toutes les idées et propositions méritent d’être discutées et l’assemblée générale des membres d’en disposer pour les meilleurs intérêts du Québec et du Canada.
    Toutefois, toutes les idées doivent être apportées et discutées avec sérénité et dans le plus grand respect. Pour répondre aux médias gauchistes qui n’hésiterons pas à établir une relation perfide entre une droit morale avec un parti de droite il faut opposer notre ouverture d’esprit et notre plus grand respect du droit de libre expression garantit par la constitution canadienne.Ceux qui ont des principes religieux sont également citoyens à part égal de ce pays.Il ne faut pas restreindre la droite québécoise à la seule expression de la droite économique. Le vrai changement de notre société viendra de la droite politique.

  6. Très bon texte Philippe. La droite doit s’unir et non se diviser. Il y a certaines personnes sur facebook qui dénigre les créateurs du RLQ et c’est très malsain.

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