Jouer sur les mots

Il serait peut-être temps que les grands médias acceptent ce que les juges ont déjà confirmé et utilisent la terminologie appropriée. Les associations étudiantes ne sont pas des syndicats. Elles sont régies comme des corporations.

Les étudiants ne sont pas des travailleurs syndiqués, ils sont des clients des institutions d’enseignement. Ils paient pour le privilège d’un enseignement supérieur et un diplôme qui sera  le gage d’une rémunération supérieure dans un pas si lointain futur.

De refuser un service pour lequel on paye, n’est pas une grève. Une grève est un moyen de pression utilisé par un groupe de travailleurs sur leur employeur. Les règles qui régissent une grève, que les étudiants tentent d’utiliser pour forcer un boycott non volontaire par l’ensemble des étudiants selon une règle de majorité, ne s’appliquent pas à eux. Le code du travail ne peut que s’appliquer à des travailleurs, des syndicats et des employeurs, pas à des étudiants, leurs associations et les institutions d’enseignement.

Donc, j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi les médias ont un si gros problème à appeler un chat, un chat et un boycott, un boycott, si ce n’est justement à cause du biais manifestement pro-syndical d’une majorité de journalistes.

Comment expliquer la popularité de Gabriel Nadeau-Dubois?

Par Arielle Grenier

Depuis l’automne dernier, Gabriel Nadeau-Dubois fait la manchette dans tous les journaux. Toutes les télévisions se sont entichées de ce jeune homme au discours provocant, convainquant et redoutable. Mais qu’en est-il réellement? Pourquoi les journalistes et médias sociaux sont tombés dans le piège de ce jeune homme? L’histoire est simple. Pour comprendre un phénomène, il faut s’intéresser au cadre sociopolitique qui le précédait. Gabriel Nadeau-Dubois n’est pas apparu comme par magie.

 

L’insatisfaction de la population face au gouvernement Charest.

 

Depuis plusieurs années, à tort ou à raison, la population du Québec fait face à un gouvernement dont le taux d’insatisfaction oscille autour de 70%. Plusieurs ont exprimé collectivement leur mécontentement en refusant catégoriquement des projets proposés par le gouvernement actuel. Rappelons-nous le projet du Suroît, la réingénierie de l’État, le projet du Mont-Orford, la Commission d’enquête sur la construction, les gaz de schistes et tout récemment le Plan Nord. Maintenant, dans le dossier du rattrapage des frais de scolarité universitaire, Gabriel Nadeau-Dubois et ses collègues ont su profiter de la conjoncture politique actuelle. Ils personnifient l’opposition à l’équipe Charest. En plus d’être jeune, Gabriel Nadeau-Dubois, ce politicien en herbe s’exprime dans un discours accrocheur et syndicaliste ce qui a naturellement attiré les médias. Malheureusement pour les Québécois, son discours cache une tout autre réalité, celle de la promotion de la désobéissance civile, du non-respect des décisions de la Cour, du saccage du bien publique et des biens privés et l’appel à la Révolution.

Dans une conjoncture normale, avec un taux de satisfaction envers le gouvernement d’environ 50%, la population aurait rejeté son discours et aurait été beaucoup plus critique à son endroit. Les médias ne se seraient même pas attardés à l’écouter et l’auraient vu tel qu’il est : un agitateur publique qui sème le trouble, le justifie et le promeut. En somme il serait resté dans l’ombre de lui-même et de sa Révolution.

Si les médias avaient plutôt fait leur travail de recherche, analysé son agenda politique afin de mieux comprendre ses intentions politiques réelles, ils n’auraient pas fait de lui le symbole de l’insatisfaction de la population québécoise face à ce gouvernement. Le gouvernement est donc devenu une proie facile.

 

L’agenda politique de Gabriel

 Pourtant, la hausse des frais de scolarité n’est qu’un prétexte pour faire une révolution sociale. Si la population savait qu’il ne respecte pas la loi, nos droits, qu’il se fout des décisions juridiques et qu’il est le grand responsable de toute cette violence, on le verrait sous un tout autre angle.

 Gabriel Nadeau-Dubois a profité de la conjoncture politique pour attirer l’attention des journalistes et de la population. Tous sont tous tombés dans le piège. Il est devenu le symbole de l’Opposition en chambre en ayant la sympathie du Parti Québécois et de Québec Solidaire. Le pire dans tout ça, c’est qu’il a bien mis en place son projet de révolution qui n’a rien de comparable à la Révolution tranquille. Est-ce normal de lancer des briques sur les voies du métro, de bloquer des ponts en coupant l’accès au travail de nos honnêtes citoyens, de peinturer en rouge des édifices publics et commémoratifs? Est-ce devenu la norme au Québec d’avoir recours à la violence et à la désobéissance civile pour s’exprimer? Il a fait de cette province le lieu d’une folie sociale.

Dans ce contexte social, il est normal qu’une femme aussi calme et posée que Madame Beauchamp n’ait jamais voulu négocier avec cet agitateur public. Imaginez les coûts sociaux et économiques que ce jeune homme a causés. Imaginez deux secondes à quel point il nous a menti. Du début à aujourd’hui, Gabriel Nadeau-Dubois pointe le doigt sur la ministre en l’accusant de ne pas faire son travail. Et ton travail Gabriel, fais-tu ton travail? Tu devrais représenter tous les étudiants, mais tu ne parles qu’au nom de ceux qui sortent dans les rues, qui bloquent l’accès aux salles de cours et tout ça, en te disant le grand détenteur de la vérité absolue.

 Gabriel, la population va bientôt comprendre que l’on n’aurait jamais dû t’accorder de l’importance, que sans la conjoncture politique personne ne te connaitrait. Le phénomène Nadeau-Dubois n’est que le résultat de l’insatisfaction de la population, car sans elle jamais ce message de violence n’aurait été toléré.

 J’aimerais dédier cet article aux étudiants de sciences politiques de l’Université de Montréal en espérant que vous changerez votre opinion de ce malheureux événement social.

 

Voici le lien du discours de Gabriel Nadeau-Dubois :

La grève du bon sens

 Nous avons atteint un point de rupture. Alors que le gouvernement est supposé entamer les discussions avec les associations étudiantes, tant réclâmées par nos élites gauchistes; la mauvaise foi règne par les bris répétitifs de la trêve mise en place pour favoriser la discussion. En effet, il semble que des éléments de la CLASSE ne sont même pas capables de se retenir de faire de la casse pendant 48 heures, mais ils voudraient qu’on les prennent au sérieux et qu’on les inclue dans les discussions. Pis encore, les représentants de la CLASSE aux négotiations n’étaient jamais venus pour négocier, mais pour exiger. Exiger quoi? La gratuité, rien de moins. Est-ce ça qu’ils appellent négocier de bonne foi?

Cet après-midi, la ministre Line Beauchamp nous a informé dans un point de presse de sa décision d’exclure la CLASSE des discussions. Comment pourrait-elle en effet négocier avec des gens qui ne sont pas capables de respecter un trêve de 48 heures, de condamner les actes de vandalisme commis durant des manifestations annoncées sur leur site web et qui en plus n’étaient pas là pour négocier de tout façon? Aussitôt que la ministre eut terminé son point de presse, nous avons appris que la FEUQ et la FECQ ont rompu les négotiations. Grave erreur. Peut-être l’ont-ils oublié, mais le gouvernement a la loi et la majorité de la population derrière lui.

Drôle de démocratie!

Ils se voient héroîquement tenir tête au gouvernement comme cet étudiant de la place Tien'anmen tenant tête aux tanks chinois. Ils devraient se souvenir que les étudiants de Tien'anmen luttaient contre un gouvernement établi par une des idoles des membres de la CLASSE et que les manifestations de la Place Tien'anmen s'est terminée par un bain de sang.

Les étudiants essaient de faire croire à une volonté démocratique légitime pour camper leur positions et même justifier faire du grabuge.  Ils ont une délusion romantique d’être les moteurs d’un printemps québécois. Ils se voient héroîquement tenir tête au gouvernement comme cet étudiant de la place Tien’anmen tenant tête aux tanks chinois. Ils devraient se souvenir que les étudiants de Tien’anmen luttaient contre un gouvernement établi par une des idoles des membres de la CLASSE et que les manifestations de la Place Tien’anmen s’est terminée par un bain de sang. Apparemment, les régimes que certains membres de la CLASSE aimeraient voir régner ici avaient beaucoup moins de tolérance que notre gouvernement actuel.

Ils oublient aussi que la majorité des étudiants ne sont pas en grève, mais même s’ils l’étaient, le gouvernement serait-il obligé de les écouter? Laissez-moi vous soumettre une autre question. Si la majorité des musulmans au Québec votaient pour instituer des tribunaux de la Charia, devrions-nous accéder à leur demande? Est-ce que ça leur donnerait le droit de tout casser si nous refusions de les écouter? Différente situation me dites-vous? Vraiment? Depuis quand la majorité de la population devrait subir les frasques d’une infime minorité? (200 000 sur 8 millions ne fait pas le poids) Sans compter que la démocratie présuppose un respect de l’ordre, des institutions et de la propriété. Elle est supposée être une antithèse de l’anarchie et de la loi de la jungle. La démocratie, telle que tentent de nous faire avaler les boycotteurs étudiants n’est pas de la démocratie.

Pour justifier leurs méfaits, la CLASSE cite des noms comme Rosa Parks, Ghandi et Martin Luther King, disant qu’eux aussi font de la désobéissance civile. Peut-être, mais je me souviens aussi distinctement qu’aucun des ces personnages ne cautionnait la violence et le vandalisme. Ils auraient certainement dénoncé les actes de vandalisme dont nous avons maintes fois été témoins ici à Montréal en particulier.

Le monde à l’envers

Comme si tout ça n’était pas déjà assez loufoque, des professeurs et directeurs de trois écoles secondaire ont permis aux étudiants de voter trois jours de boycott de leurs cours et appuyé leur décision! Mesdames et messieurs, c’est officiel. Ce sont maintenant les fous qui dirigent l’asile et les commissions scolaire et les directions d’écoles leur ont donné carte blanche! Si j’étais porté aux théories du complot, je pourrais facilement imaginer les syndicats tirant les ficelles, mais je préfère m’abstenir. À quand les boycotts de marmots à la garderie? Est-ce que ma fille de 4 ans va se retrouver à faire du piquetage bientôt?

Je crois que la comédie a assez duré et que la population en général a dépassé son niveau de tolérance pour ce genre de conneries. Il est temps que des mesures concrètes soient prises pour forcer la réouverture de tous les cégeps et universités et que des sanctions soient distribués aux directeurs d’institution et professeurs récalcitrant. Le gouvernement ne peut certainement pas forcer les étudiants à retourner en classe, mais il peut certainement forcer les institutions et les professeurs à faire ce pourquoi ils sont payés. Les étudiants qui s’obstineront à continuer de boycotter leurs cours couleront tout simplement leur session. Il y a quand même des limites.