La fin des illusions

S’il y a quelque chose que j’adore lorsque je me mets à écrire, c’est de brasser la cage un peu. J’aime donc beaucoup quand l’actualité me donne l’opportunité de le faire. Aujourd’hui, j’aimerais mettre fin à certaines illusions. Au début de cette soit-disant « grève » étudiante, j’ai écris un texte qui a causé certains remous chez les étudiants. Je leur ai expliqué que les conséquences de leur gestes n’étaient vraiment néfastes que pour eux. Je leur ai dit que c’était totalement futile. Certains ne l’ont pas bien pris. Certains m’ont fait valoir que ça a fonctionné par le passé et qu’ils ont obtenu ce qu’ils voulaient. C’est vrai, mais en revanche, la situation financière du gouvernement n’est pas aujourd’hui ce qu’elle était alors. Les choses ont changé.

Un des changements majeurs vient d’arriver cette semaine alors qu’un juge a lancé une injonction contre le Cégep d’Alma pour la levée des lignes de piquetage et le retour en classe des étudiants. Le juge questionnait même le droit des étudiants de faire la grève. Tiens donc! Pourquoi? Parce que les étudiants ne sont pas des travailleurs. Les Cégeps et Universités ne sont pas leurs employeurs. Les étudiants ne sont pas là pour y faire un travail rémunéré, mais pour recevoir un service pour lequel ils doivent payer. De refuser d’aller à ses cours n’est donc pas une grève dans le vrai sens du terme, alors appelons-le par son vrai nom: un boycott.

Les associations étudiantes, même si elles aiment à émuler les syndicats, ne sont pas des syndicats. Donc, les étudiants n’étant pas des travailleurs et les associations étudiantes n’étant pas des syndicats, pourquoi croit-on que le code du travail s’applique ici et que certains étudiants se croient permis de priver les autres de cours pour lesquels ils ont payé. Pourquoi certains étudiants se croient le droit d’agir en voyous et de faire de l’intimidation et du vandalisme sans pour cela qu’on ne les traite comme les criminels qu’ils sont? Au nom de quelle logique, une minorité d’étudiants (car il s’agit bien d’une minorité) peut-elle allègement bafouer les droits de la majorité?

Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que depuis que le mouvement des associations étudiantes d’apprentis-syndicaleux existe, personne n’a posé cette question jusqu’ici! Faut croire qu’au Québec, notre café n’est pas assez fort. On devrait sérieusement songer à se mettre à l’espresso et en prendre cinq ou six d’affilé pour rattraper le temps perdu.

Désolé de péter la bulle de nos apprentis-syndicaleux, mais ils n’ont effectivement aucun droit de grève et aucune légitimité à priver les autres étudiants des cours pour lesquels ils paient. Qui plus est, les universités et cégeps n’ont aucune obligation de respecter les lignes de piquetage et ont en fait une obligation de poursuivre les cours, même si ce n’était que pour une minorité d’étudiants. Soit dit en passant, corrigez-moi si je me trompe, mais les professeurs et syndicats de professeurs qui débrayent en soutien à leurs club-écoles ne sont-ils pas en situation de grève illégale? Qu’attend le gouvernement pour imposer des sanctions? Puisque le gouvernement tient tant à gérer l’éducation, il serait temps qu’il mette ses culottes, vous ne trouvez pas?

C’est donc la fin des illusions pour les club-écoles des syndicats que sont les associations étudiantes. C’est un réveil qui a mis très longtemps à arriver et que j’accueille avec joie. Espérons que se multiplieront les injonctions demandées par ceux parmi les étudiants qui sont brimés dans leur droits par ce boycott.

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4 réflexions au sujet de « La fin des illusions »

  1. Sachant que les propos que vous tenez sont exacts, laissez moi vous poser quelques questions. Le combat des étudiants présentement n’est pas qu’au Québec, mais partout dans le monde. La minorité dont vous parlez présentement peut facilement être élargie. Si nous nous en tenons au Québec, qui pour des raisons évidentes, est présenté comme la province la moins chère en Amérique du Nord et non la 8e place la plus dispendieuse au monde, nous décidions en tant que société que l’éducation, comme nous l’avons fait avec la santé, se doit d’être un droit égal pour tous, quelle autre façon prendriez-vous en tant qu’étudiant, futur contribuable, futur parent d’une classe moyenne appauvrit pour vous faire entendre ? La frustration des étudiants proviendrait-elle des dépenses loufoques du gouvernement qui leur demande par la suite à eux de se serrer la ceinture ? Le cri des étudiants n’est peut-être pas seulement un simple cri face à l’injustice, mais plutôt un envers la mauvaise gestion et du même coup, un appel à la restructuration des institutions. J’applaudis le succès personnel et la réussite d’entreprises. Mais comment se fait-il qu’un emploi au sein du gouvernement puisse rapporter plus d’un quart de million, alors qu’ils aient augmenté depuis 2005 la dette Québécoise d’environ 80 milliards ? Ce sont quelques questions qui méritent qu’on s’y attarde. Le débat va au-delà de la hausse des frais de scolarité et se centre davantage sur les intérêts de TOUS les Québécois pour les décennies et siècles à venir…

    1. @ Dany

      Je ne saurais vous donner raison sur l’idée de la gratuité universitaire. Les études universitaires sont un investissement qui rapportent un salaire beaucoup plus élevé que celui qui n’a pas suivi ces études. De plus, la socialisation des cours universitaires mène à d’autres problèmes. La valeur des diplôme est diminuée parce qu’il se retrouve un excès d’étudiants dans certaines concentrations, les sciences humaines en particulier, ce qui mène généralement à un contingentement des ces concentrations, alors il ne faut pas croire que la gratuité mène nécessairement à une plus grande accessibilité, il mène surtout à des limitations plus arbitraires.

      Par contre, vous avez 100% raison en ce qui a trait à la gestion des finances publiques et c’est bien là le problème. Si le gouvernement faisait le ménage et éliminait les redondances et tout le gaspillage, nous n’aurions probablement pas besoin de hausser les frais de scolarité du tout. Mais voyez-vous, il y a plein de groupes d’intérêt qui tiennent tous à leur petits acquis qui se battront bec et ongles pour les préserver. Les syndicats, avec lesquels les associations étudiantes copinent sont parmi les plus puissants de ces groupes et certainement un des plus gros obstacles à l’assainissement des finances de l’état.

      Mais les étudiants, la plupart de ceux qui protestent, du moins, ne dénoncent pas les gaspillages de l’état. Ils ne militent pas pour une réduction de son poids sur notre portefeuille collectif. S’ils le faisaient, ils auraient l’appui du public. Ils ont certainement le droit de manifester et de dénoncer, tant que c’est fait dans le respect des droits et de la propriété publique et privée. Cependant, mon article ne questionne pas le droit de manifester, il questionne à savoir si le droit de grève, tel que définit dans le code du travail, s’applique aux étudiants et la réponse est non. Manifestez et boycottez vos cours si vous voulez, mais vous ne pouvez pas empêcher les autres de suivre leurs cours s’ils ne sont pas d’accord avec vous.

      1. @Philippe. Donc, si on suit cette logique, Le diplôme gagné en 1960 est moins valables que celui reçu en 2000? Est-ce que vous pensez que le Québec est rendu à son point de non-retour et que l’industrie ne peut pas prendre d’expansion? Ça veut aussi dire que les gens plus aisés, qui ont accès à ces études supérieurs, sont nés plus intelligents que les autres? Je comprends que c’est votre point de vue, je ne vois pas de limitations arbitraire à court terme, et même à long terme je vois un système québécois entrepreneuriale en expansion par plus de gens spécialisés.

        En plus, la gratuité scolaire augmenterais les taxes par foyer de quelques sous par foyer par an? Ce qui n’est pas un mal pour que tout le monde fasse ça part. J’aimerais aussi rajouter qu’un diplômé au baccalauréat va gagner un plus grand salaire ce qui va permettre de lui imposer plus d’argent, qui vas nous permettre d’augmenter l’expansion québécoise plus fermement et à plus long terme que si on augmente les frais de scolarités que pour quelques individus qui ne représente pas la masse.

        Pour moi c’est un débat clair entre le fait d’être dans une société individualiste (qui n’est pas une mauvaise chose, protéger ces biens, payer ces affaires, mener une vie à l’écart des erreurs des autres, la sécurité) et de vivre en temps que société socialiste (la responsabilité de tous et chacun dépends de tous et chacun, encaisser nos erreurs comme nos bons coups ensemble, les services de bases gratuit)? Pour moi, la solution est assez simple, j’ai toujours vécu dans le partage.

        1. Bonjour Alexandre,

          Donc, si on suit cette logique, Le diplôme gagné en 1960 est moins valables que celui reçu en 2000?

          Je n’ai pas parlé de valeur de diplôme dans mon texte, je parles de la légitimité des associations étudiantes d’empêcher ceux qui le veulent de suivre leurs cours. Mais puisque vous ouvrez le sujet…

          Source des donnés du graphique

          La valeur d’un diplôme est inversement proportionnelle au nombre de personnes qui le détiennent. Les lois de l’économie s’appliquent au maarché du travail comme à tous les autres marchés. Plus les qualifications sont rares, et plus vous aurez de la valeur pour un employeur potentiel qui requiert ces qualifications. C’est ce qui explique qu’un diplôme de médecine vaut beaucoup plus qu’un diplôme de philo ou d’histoire du féminisme.

          À Cuba, les études universitaires sont gratuites et tout le monde gagne approximativement le même salaire, qu’ils aient un diplôme ou pas. Un plombier gagne autant qu’un chimiste, que vaut donc le doctorat ou la maitrise de chimie? Si vous regardez le graphique ci-haut, vous constaterez que c’est aux endroits où il y a la gratuité universitaire que les diplômes ont le moins de valeur.

          En plus, la gratuité scolaire augmenterais les taxes par foyer de quelques sous par foyer par an? Ce qui n’est pas un mal pour que tout le monde fasse ça part. J’aimerais aussi rajouter qu’un diplômé au baccalauréat va gagner un plus grand salaire ce qui va permettre de lui imposer plus d’argent,

          Puisque la valeur marchande d’un BAC diminue avec le nombre de diplômés, parce qu’un jour ou l’autre, il y aura un surplus; votre thèse ne fonctionne que jusqu’à un certain point. De plus, si tout le monde profite de la gratuité pour aller chercher un BAC en sciences molles, on finira par se ramasser avec des tas de gens avec des diplômes non-monnayables. Présentement, seriez-vous surpris d’apprendre qu’il y a 8796 assistés sociaux aptes au travail qui ont un diplôme universitaire? Que valent leurs diplômes? Sont-ils une richesse pour la société? Auraient-ils eu plus de valeur pour la société en apprenant un métier comme mécanicien ou plombier?

          Voyez-vous, si vous voulez vraiment que la gratuité serve la société, il faudra quand même décider qui peut étudier dans quelle concentration afin de s’assurer qu’au final, les gradués mènent une vie productive et payent des impôts, sinon c’est peine perdue. En Europe, il existe beaucoup de contingentement justement pour cette raison. Le contingentement est une méthode arbitraire où des bureaucrates décident pour vous. Un marché libre de l’éducation est un environnement qui fournira les incitatifs aux concentrations où les besoins du marché du travail sont les plus criants et vous laissera la liberté de décider de vous-même ce que vous voulez faire. Personnellement, je préfère un système d’incitatifs à l’arbitraire…

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