Alternatives à la hausse des frais de scolarité : couper, privatiser et déréglementer

Par Jocelyn Chouinard

S’il est vrai que l’endettement public, causé par la social-médiocratie (un système gouverné par des irresponsables qui promettent mer et monde aux citoyens à des fins électoralistes), est alarmant (voir ce qui se passe actuellement en Grèce, en Italie, en Espagne, et j’en passe) et injuste envers les jeunes (parce que c’est eux et leurs enfants qui devront tout payer), il importe de faire des choix judicieux pour régler ce problème.

Il existe principalement deux façons d’éliminer un déficit public (ou de réaliser des surplus) : augmenter les revenus de l’État et réduire les dépenses publiques.

La première solution doit être rejetée d’emblée, car les Québécois paient déjà beaucoup trop d’impôts, de taxes, de tarifs et de cotisations obligatoires en tout genre. Hausser davantage ces contributions ralentirait la croissance économique déjà fragile, annulant ainsi les hausses de revenu escomptés du gouvernement par ce moyen (voir la courbe de Laffer). Cibler les entreprises et les riches n’améliorerait en rien cette option : l’impôt des entreprises est, de facto, payé par tous les citoyens (voir la théorie de l’incidence d’une taxe), et les riches paient déjà plus que leur part; en effet, au Québec, 4% des contribuables les plus riches paient 33% de tous les impôts, contre 0% en moyenne pour plus de la moitié des contribuables les moins riches (après crédits d’impôts), et il y a moins de riches ici qu’ailleurs (justement à cause des impôts trop élevés).

Bien que la hausse des tarifs de l’éducation, une solution partielle qui s’inscrit dans la logique de la première solution, serait probablement moins dommageable pour l’économie que des hausses d’impôts et de taxes, et, de surcroît, plus équitable (explication : le gel ou l’abolition des frais de scolarité est une mesure régressive, car peu de pauvres fréquentent l’université, et ceux qui s’y trouvent reçoivent des bourses; et, en passant, pourquoi des étudiants qui se paient le luxe d’étudier dans des écoles privées au secondaire ne devraient pas payer autant pour leurs études universitaires?), la deuxième solution est la plus efficace.

Avant de penser à augmenter les frais de scolarité, le gouvernement du Québec devrait faire le ménage dans ses affaires et songer à privatiser quelques secteurs de l’économie, afin de réduire ses dépenses.

Dans le domaine de l’éducation, le gouvernement pourrait, par exemple, abolir les commissions scolaires, ainsi qu’au moins la moitié des postes de cadres et de pédagogos dans les institutions d’enseignement et au ministère de l’Éducation, lesquels sont responsables, entre autres, des multiples réformes coûteuses, impopulaires et inefficaces que nous subissons. Il pourrait aussi interdire la publicité des cégeps et des universités qui ne sert qu’à répartir autrement la population étudiante, sans procurer de bénéfices aux citoyens et aux étudiants. Cesser de financer les places disponibles dans certains programmes d’études qui conduisent directement au chômage devrait également passer avant la hausse des frais de scolarité. D’autres coupures de dépenses folles dans ce domaine devraient aussi être envisagées; rappelons-nous, par exemple, des déboires de l’îlot Voyageur, des parachutes dorés à l’université Concordia et ailleurs, etc.

Dans le domaine de la santé, on y trouverait environ un bureaucrate pour un membre du personnel qui prodigue des soins directs à des malades. N’est-ce pas insensé? Coupons là-dedans aussi avant d’augmenter les frais de scolarité.

Et que dire des innombrables subventions octroyées à des artistes, à des entreprises et à des lobbys sociaux en tout genre (écolos, féministes, etc)? L’incapacité de certains groupes de se financer ou de réaliser du profit de manière privée devrait éclairer sur la valeur de ce qu’ils ont à offrir à la population. Pensez-y, si vous n’êtes pas prêt personnellement à donner votre argent à un artiste, à une entreprise ou à un lobby, que valent-ils à vos yeux? Et le cas échéant, pourquoi le gouvernement devrait-il les subventionner (avec l’argent de vos impôts, taxes, tarifs et cotisations)?

Une autre façon de réduire les dépenses de l’État est de privatiser. En dénationalisant (en privatisant), par exemple, les garderies et la SAQ, le gouvernement du Québec pourrait réaliser des économies monstres, et les citoyens seraient mieux servis pour moins cher.

La privatisation de la SAQ allégerait les dépenses du gouvernement de plusieurs façons : fin des dépenses aberrantes de presque 25 $/heure à des milliers d’employés non qualifiés (pour la plupart, des décrocheurs scolaires qui jugeraient peut-être dorénavant utile d’étudier); fin des dépenses gouvernementales en publicité pour inciter les Québécois à boire toujours plus d’alcool (ce qui est, par ailleurs, immoral de la part d’un État). Dans cette éventualité, les profits publics actuellement réalisés par la SAQ ne seraient pas nécessairement perdus, car ils pourraient simplement être remplacés par une majoration de la taxe spécifique existante sur l’alcool.

Selon la même logique que pour la SAQ, la privatisation des services de garde ferait disparaître les dépenses gouvernementales trop élevées pour ce service. En prime, il coûterait moins cher aux Québécois (n’oublions pas qu’en plus du 7 $, c’est bel et bien eux qui paient la portion gouvernementale de ce service); ils auraient aussi droit à des services de garde plus diversifiés; ils cesseraient d’être pris en otage en cas de grève générale du monopole syndical qui s’est installé dans ce secteur et, enfin, ils ne subiraient plus les listes d’attente.

Outre des coupures dans les services publics et quelques privatisations bien choisies de monopoles publics, d’autres solutions par le marché pourraient être considérées en remplacement de l’augmentation des frais de scolarité, comme la déréglementation dans certains domaines : fiscalité, marché du travail, marché de certains produits comme celui de la marijuana, etc. Cela libérerait des ressources qui seraient alors affectées à des tâches plus productives dans l’économie, ce qui, en plus de réduire plusieurs dépenses étatiques, générerait des revenus additionnels au gouvernement sans alourdir le fardeau des contribuables.

Le gouvernement actuel fait fausse route avec sont projet de hausse des frais de scolarité universitaire. À l’instar des gouvernements étatistes et populistes qui l’ont précédés, il est mégalomane, accro à la dépense (avec l’argent des autres, bien entendu) et électoraliste. Se refusant à réduire son emprise sur l’économie et sur ses dépenses, il n’envisage que des hausses de ses revenus pour pallier au problème des déficits et de l’endettement publics excessifs qui nous accablent. Conformément à cette contrainte, il a calculé que la hausse des frais de scolarité était la mesure la moins défavorable, électoralement parlant. Malheureusement, comme d’habitude, nous en ferons tous les frais.

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6 réflexions sur “ Alternatives à la hausse des frais de scolarité : couper, privatiser et déréglementer ”

  1. Tenter d’opposer la classe moyenne et les étudiants. Vraiment, pas fort. Privatiser la SAQ serait une sottise. Toutes les études ont démontré que partout où ça a été privatisé, les prix ont augmenté, le choix a diminué, et les coûts sociaux reliés à l’hospitalisation ont augmenté.

    N’importe quoi ce texte.

    1. À mon avis, ce qui n’est pas fort, c’est d’insinuer que les étudiants forment une classe sociale. Aux États-Unis, les produits alcoolisés sont beaucoup moins dispendieux qu’ici et l’on y vend de tout. J’aimerais bien voir l’une de ces études fantômes.

  2. À mon avis, ce qui n’est pas fort, c’est d’insinuer que les étudiants forment une classe sociale. Aux États-Unis, les produits alcoolisés sont beaucoup moins dispendieux qu’ici et l’on y vend de tout. J’aimerais bien voir l’une de ces études fantômes.

  3. Ce texte renferme définitivement des idées intéressantes. C’est pourquoi je crois que l’occasion est bonne pour discuter d’un point que vous amener rapidement dans votre texte et qui revient souvent depuis le début de la grève :

    « Cesser de financer les places disponibles dans certains programmes d’études qui conduisent directement au chômage devrait également passer avant la hausse des frais de scolarité. »

    En fait, je crois que le principal problème de ces programmes est le manque de rigueur et un nivellement par le bas appliqué par les universités afin d’attirer le plus d’étudiants possibles. Souvent des jeunes simplement intéressés par la vie étudiante et des cours faciles. La réputation de ces programmes souffre de cette tendance et les étudiants qui les terminent n’ont pas tous été forcé d’apprendre une discipline et une éthique de travail qui leur permettraient de travailler dans une entreprise ou dans l’administration publique (qui exige des diplômes très précis, comparativement aux entreprises privées).

    En effet, plusieurs programmes menant à un travail précis sont inutiles et les nouveaux employés apprennent plus en 6 mois de travail qu’en 3 ans de cours. J’ai étudié en études anciennes et après avoir buché des heures et des heures sur du grec ancien et du latin, je suis en mesure d’apprendre rapidement plusieurs types de travail et mes connaissances de l’histoire, de la politique et de la philosophie me permettent de comprendre une organisation et les gens qui la composent et d’être un gestionnaire efficace. Et plusieurs de mes collègues se sont placés en enseignement, en édition, en gestion, etc.

    Les matières elles-mêmes ne sont pas les responsables, elles occupent une place importante dans nos sociétés, mais plutôt l’attitude des universités, un peu comme votre commentaire sur les publicités inutiles des institutions scolaires, qui entrent dans une attitude marchande de nivellement par le bas pour attirer des clientèles.

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