Démocratie? Quelle démocratie?

Il y en a qui croient que si quelque chose est décidé par un vote majoritaire, c’est démocratique et légitime. Rien ne pourrait être plus faux. Si on suit cette logique, alors le viol collectif et le lynchage deviennent des exemples de démocratie en action. J’utilise ces exemples pour illustrer comment la démocratie a ses limites. Nous ne pouvons pas avec un simple vote majoritaire, priver un individu de sa vie. Nous ne pouvons pas le priver d’aucun de ses droits fondamentaux. Les étudiants contre la hausse des frais de scolarité aiment donner une odeur de sainteté à leur protestation en se drapant de la démocratie, et pourtant ils se tirent dans le pied en étant tout sauf réellement démocratiques.

Prenons comme exemple des assemblées dans des salles trop petites pour contenir tous les étudiants d’une institution, où le vote de grève est fait à main levée, et où les étudiants qui osent réclamer le vote secret se font huer, ce sont pas là des exemples de vraie démocratie. Il me semble que si on veut vraiment se donner des airs d’avoir un esprit démocratique, il faut être plus blancs que blanc et le mouvement étudiant se mitraille les bottines en s’obstinant à utiliser des pratiques favorisant l’intimidation. Avez-vous si peur qu’un véritable vote démontre que vos nombres ne sont en fait qu’une minorité?

Parlons de droits…

Les étudiants contre la hausse des frais de scolarité essaient de nous faire valoir comment leurs droits sont lésés par la dite hausse. Je leur reconnais le droit de faire valoir leur point de vue, mais de façon pacifique, sans léser le droit des autres. Mais est-ce vraiment ce qu’ils font? Ces étudiants ont leur droits, c’est vrai, mais que dire du droit des étudiants qui ne sont pas du même avis de recevoir les cours pour lesquels ils ont payé? Qu’en est-il du droit d’honnêtes travailleurs de pouvoir se rendre paisiblement à leur travail. Qu’en est-il du droit des usagers du métro de se rendre du point A au point B en toute sécurité sans que quelqu’un ne lance un sac de briques sur les voies et causer un déraillement? Qu’en est-il du droit des millions de contribuables qui paient la plus grosse part de ce que les cours universitaires coûtent réellement à ces étudiants? Les droits des uns ne s’arrêtent-ils pas justement là où débutent ceux des autres? Mais apparemment, ce n’est pas dans le mandat de Gab le rouge et ses acolytes de reconnaitre ce simple fait.

Le rôle d’un gouvernement

Ça n’a pas toujours été le cas dans l’Histoire, mais si nous devons avoir un gouvernement, son premier rôle devrait être de protéger les droits du plus faible contre le plus fort. Il doit donc s’efforcer de protéger les personnes et la propriété contre ceux qui ne semblent respecter aucune règle civilisée dans la poursuite de leur propre agenda. L’utilisation de la violence comme tactique de protestation sera toujours innacceptable et devrait avoir de graves conséquences envers ceux qui l’utilisent. Les honnêtes gens ont droit de se défendre contre des agressions et le rôle du gouvernement est d’assurer cette défense.

La vraie démocratie tient dans la défense des droits des individus et non dans la tyrannie de la majorité.

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8 réflexions au sujet de « Démocratie? Quelle démocratie? »

  1. En fait le problème c’est que toutes les dérivent que tu dénonces sont en réalité la démocratie à son sens le plus propre. Remarque que les pères fondateurs américains n’employaient jamais le terme démocratie car ils ne voulaient pas que la jeune nation devienne une démocratie. Là est la différence entre démocratie et république. Je dis souvent que la démocratie est tellement un beau système qu’on doit cacher le chois des individus à la collectivité pour que se soit considéré valable. Donc je te propose deux signification pour décrire les deux systèmes. Une démocratie est un système qui donne le pouvoir à la majorité au détriment de la minorité, ce que John Stuart Mill appelle la tyrannie de la majorité; et la république est un système dont chacun est tenue de respecter la lois, même les élus et que chaque individus doit être protéger par la loi et ce, au détriment des caprices de la majorité

  2. C’est étrange, car vous auriez pu écrire presque exactement le même article en inversant le rôle des acteurs.

    Par exemple :
    « Il y en a qui croient que si quelque chose est décidé par un vote majoritaire, c’est démocratique et légitime. Rien ne pourrait être plus faux. Si on suit cette logique, alors le viol collectif et le lynchage deviennent des exemples de démocratie en action. J’utilise ces exemples pour illustrer comment la démocratie a ses limites. Nous ne pouvons pas avec un simple vote majoritaire, priver un individu de sa vie. Nous ne pouvons pas le priver d’aucun de ses droits fondamentaux.

    Le gouvernement libéral aime donner une odeur de sainteté à sa position ferme d’augmenter les droits de scolarité sans écouter aucune forme de protestation, en se drapant de la démocratie, et pourtant il se tire dans le pied en étant tout sauf réellement démocratique. »

    Ou encore :
    Le rôle d’un gouvernement

    « Ça n’a pas toujours été le cas dans l’Histoire, mais si nous devons avoir un gouvernement, son premier rôle devrait être de protéger les droits du plus faible contre le plus fort.

    Il doit donc s’efforcer de protéger la population lésée contre ceux qui ne semblent respecter aucune règle civilisée dans la poursuite de leurs intérêts personnels. (…) Les honnêtes gens ont droit de se défendre contre les agressions, les insultes et le mépris des plus forts ($$$) et le rôle du gouvernement est d’assurer cette défense. »

    Finalement, j’aimerais apporter une modification à votre fin :

    La vraie démocratie tient dans la défense des droits de l’ensemble de la population et non dans la tyrannie de la majorité.

    (Vous semblez oublier qu’actuellement, la majorité (les plus forts) semble manifestement être de votre côté, et non du nôtre, c’est-à-dire les honnêtes gens. La tyrannie de la majorité, c’est votre tyrannie à vous).

    La démocratie, par définition, est le pouvoir du peuple, de l’ensemble des citoyens. C’est donc un peu bizarre que vous prétendiez qu’elle tient dans la défense des droits des individus (pris individuellement). Je dis ça juste comme ça.

    1. @ Julie Parenteau

      L’art de tout mélanger…

      C’est étrange, car vous auriez pu écrire presque exactement le même article en inversant le rôle des acteurs.

      Par exemple :
      « Il y en a qui croient que si quelque chose est décidé par un vote majoritaire, c’est démocratique et légitime. Rien ne pourrait être plus faux. Si on suit cette logique, alors le viol collectif et le lynchage deviennent des exemples de démocratie en action. J’utilise ces exemples pour illustrer comment la démocratie a ses limites. Nous ne pouvons pas avec un simple vote majoritaire, priver un individu de sa vie. Nous ne pouvons pas le priver d’aucun de ses droits fondamentaux.

      Le gouvernement libéral aime donner une odeur de sainteté à sa position ferme d’augmenter les droits de scolarité sans écouter aucune forme de protestation, en se drapant de la démocratie, et pourtant il se tire dans le pied en étant tout sauf réellement démocratique. »

      On pourrait dire ça, à la différence que le gouvernement a l’appui de la majorité de la population de laquelle il détient son pouvoir et que l’acte qu’il impose avec cet appui n’est pas une violation de droit, c’est tout simplement de faire payer aux étudiants le service qu’ils reçoivent deux sous de plus par jour alors que tout le reste des prix partout augmentent au rythme de l’inflation. L’augmentation des frais ne sert qu’à ratrapper l’inflation au même niveau qu’en 1968. Même à ça, ils continuent à s’en tirer à bon compte comparativement au reste des canadiens, dont certains qui subventionnent une partie de du coût de leurs études via la péréquation.

      En revanche, les étudiants utilisent un processus démocratique douteux pour légitimiser de priver les autres étudiants qui ne sont pas d’accord avec eux des cours pour lesquels ils ont payé, des emplois d’été qui étaient supposés les attendre et des revenus qu’ils en retireraient. Je crois qu’il y a là une grosse distinction, n’est-ce-pas?

      Il doit donc s’efforcer de protéger la population lésée contre ceux qui ne semblent respecter aucune règle civilisée dans la poursuite de leurs intérêts personnels. (…) Les honnêtes gens ont droit de se défendre contre les agressions, les insultes et le mépris des plus forts ($$$) et le rôle du gouvernement est d’assurer cette défense. »

      Et ceux qui paient en moyenne 88% des coûts de l’éducation universitaire, sans pour autant avoir bénéficié d’une telle éducation, ils ne méritent aucune considération? Pourquoi doit-on payer pour l’éducation de nos enfants ET celles des autres?

      La démocratie, par définition, est le pouvoir du peuple, de l’ensemble des citoyens. C’est donc un peu bizarre que vous prétendiez qu’elle tient dans la défense des droits des individus (pris individuellement). Je dis ça juste comme ça.

      Une démocratie qui ne tient pas compte des droits des individus, c’est comme trois loups et un agneau qui votent sur qui sera servi à diner. J’dis ça comme ça…

    1. Non, je défend la minorité quand ses droits fondamentaux sont violés. Ce n’est pas le cas des étudiants qui boycottent les cours, juste celui de ceux qui veulent suivrent leurs cours. C’est plutot vous qui défendez la majorité quand ça fait votre affaire.

  3. Je ne parle pas des étudiants et de tous ceux qui les appuient comme d’une majorité, mais bien comme d’une minorité de gens sensés qui se battent pour leurs idées contre des monstres qui s’appellent le capitalisme, la corruption et la bêtise.

    « C’est plutôt vous qui défendez la majorité quand ça fait votre affaire. » Il faut vraiment ne plus savoir quoi dire! Vaut mieux se taire quand ça arrive.

    1. Je ne parle pas des étudiants et de tous ceux qui les appuient comme d’une majorité, mais bien comme d’une minorité de gens sensés qui se battent pour leurs idées contre des monstres qui s’appellent le capitalisme, la corruption et la bêtise.

      La corruption et la bêtise ne proviennement pas du capitalisme, ils viennent du gouvernement et du socialime interventionniste qu’il colporte. Mais ça c’est un tout autre débat.

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