Le conflit étudiant : La remise en question de la légitimité des associations étudiantes

Cela fait dix semaines que le gouvernement et les associations étudiantes s’affrontent sur les droits de scolarité. Au début du conflit, les étudiants manifestaient de façon pacifique. Ils défendaient leur cause qui était tout à fait légitime.

Depuis quelques semaines, la métropole est prise d’assaut par les étudiants (et des casseurs professionnels qui s’infiltrent dans les manifs) : blocage de ponts, vandalisme dans les universités et des bureaux de ministres, etc.

Devant cette escalade de violence, la ministre Beauchamp a tendu la main aux leaders étudiants. Elle a proposé une bonification des programmes de prêts et bourses. À peine une heure après l’annonce de la ministre, les groupes étudiants ont rejeté unanimement le compromis du gouvernement. Les trois chefs étudiants auraient pu mettre fin à ce conflit. Ils ont plutôt mis de l’huile sur le feu en se campant sur leur position qui est devenue intenable. En conséquence, les jeunes vont perdre leur session à cause d’une modeste hausse de 325$ par année des droits de scolarité, c’est vraiment ridicule.

Dans ce conflit, les associations étudiantes se sont vraiment comportées comme les grandes centrales syndicales. Ils ont bafoué la démocratie en intimidant les opposants au boycott afin de faire balancer les votes de grève en leur faveur. Ces supposés leaders se prennent vraiment pour des syndicalistes. Selon eux, le déclenchement de cette grève était tout à fait légitime. Sur le plan légal, ce n’est pas une grève mais bien un boycott. La notion de grève générale s’applique seulement aux travailleurs. Il faut se rappeler que les étudiants ne sont pas des travailleurs. Donc, on ne parle pas d’une grève mais bien d’un boycott. Si un groupe d’étudiants veut boycotter ses cours, c’est sa décision. Mais, les boycotteurs ne peuvent pas empêcher les autres de poursuivre leurs études. Les pro-boycotts utilisent l’intimidation pour arriver à leurs fins. C’est inacceptable d’agir ainsi dans une société démocratique. Quand Gabriel Nadeau-Dubois affirme que la CLASSE respecte la démocratie, je le trouve vraiment drôle.

Le conflit étudiant est arrivé à son paroxysme avec les émeutes qui ont frappé la ville de Montréal vendredi dernier. Une manifestation qui était organisée par la CASSE (excuser-moi la CLASSE) a dégénéré en émeute violente. Les forces policières ont dû intervenir pour repousser la racaille qui voulait entrer dans le Palais des Congrès où avait lieu le Salon sur le Plan Nord. Des crapules cagoulées ont fracassé des vitres, attaqué la police et même lancé des briques sur des automobiles qui circulaient au centre-ville. La police a fait un excellent travail dans cette émeute. Elle a su bien arrêter la casse et bien remettre de l’ordre dans la métropole montréalaise. Ceux qui dénoncent la brutalité policière me font bien rire. À les entendre, la police devait laisser ces voyous intimider et vandaliser toute la ville. Les policiers ont fait leur travail, point à la ligne.

Lors d’un discours devant un parterre de gens d’affaires, le premier ministre a fait une blague sur les étudiants. Il a dit que l’on pourrait offrir des emplois à ceux-ci et le plus loin possible dans le Nord. Jean Charest a fait une farce pour détendre l’atmosphère et je l’ai trouvé bien drôle. La déclaration du chef libéral a indigné une bonne partie de la population et les médias. François Legault a dit que Jean Charest a sali sa fonction en riant des étudiants comme cela. Le chef de la CAQ n’a pas peur du ridicule. Sur les réseaux sociaux, on a dénoncé l’arrogance de Jean Charest au lieu de condamner la violence, c’est aberrant.

La gauche bien-pensante affirme que Jean Charest est responsable de la dégradation du conflit. Dans cette bataille de l’opinion publique, le gouvernement Charest a remporté la victoire. Les futurs leaders syndicaux devraient tendre la main à la ministre et négocier une sortie de crise honorable. Le gouvernement ne va pas reculer sur la hausse des frais de scolarité. Les étudiants doivent accepter le compromis de la ministre et retourner en classe. Malheureusement pour les universitaires et cégépiens qui ne voulaient rien savoir de ce boycott, ils vont perdre leur session.

Après ce conflit, c’est le caractère antidémocratique des associations étudiantes qui doit être remis en question. Les étudiants ne doivent plus être pris en otage par de futurs syndicalistes (comme Gabriel Nadeau-Dubois) qui veulent faire avancer leurs propres carrières sur leurs dos. Dorénavant, chaque étudiant devrait décider s’il veut faire partie d’un groupe étudiant ou non. C’est le principe de la liberté de choix qui est en cause ici.

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5 réflexions au sujet de « Le conflit étudiant : La remise en question de la légitimité des associations étudiantes »

  1. Je trouve cet article aberrant,considérer la CLASSE comme étant une organisation violente est carrément surréaliste. La CLASSE représente environ 90 000 étudiants présentement en grève sans compter ceux qui sont en cours, mais qui ne sont pas plus d’accord avec cette hausse que le gouvernement n’arrive toujours pas à justifier. Si le gouvernement veut voir l’éducation comme un Business, il devrait lui demandé un plan d’affaire avec la description de ce que les universités veulent faire avec l’argent, comme pour une compagnie que demande un prêt à la banque. Ici ce n’est pas le cas. Comment prétendre que, par exemple, la petite centaine de personnes qui font réellement du grabuge représente la majorité du mouvement, même avec 900 personnes qui feraient du grabuge, ça ne représenterait que 1% de l’ensemble. C’est beau de s’en prendre au porte-parole, vous auriez crucifié n’importe quelle personne ayant occupé cette tâche. Bien normal que les propos humoristiques de M. Charest est indigné une bonne partie de la population et les médias. Dans quel pays trouverions-nous acceptable qu’un chef d’État fasse des blagues alors qu’il y a des manifestations (émeute cette journée là, mais bon, une émeute sur des centaines de manifestations organisées depuis des semaines, c’est une goûte d’eau dans l’océan). Posez là question aux policiers à l’extérieur s’ils apprécient que M. Charest rie de la situation alors qu’eux se battaient avec certains éléments anarchiques des cette manifestation.
    Je n’attends pas ce genre de comportement provenant d’une personne sensée nous représenter au en tant que nation civilisée. Bien sûr que M. Charest est responsable de la dégradation du présent conflit, une table de discussion dans les premières semaines du conflit aurait été beaucoup plus productive, après sa il aurait pu blâmer les étudiants d’avoir quitté les négociations…mais non… sourde oreille et encouragement du conflit.
    C’est beau la politique au Québec. On se croirait dans un pays d’Afrique.
    Ce genre d’article n’est que pure propagande contre les étudiants.
    Heureusement, je crois que la plupart des lecteurs sont capables de penser par eux-mêmes sans boire des paroles aussi absurdes que celles écrites ci-dessus.

    1. @Samuel Gagnon

      Comment prétendre que, par exemple, la petite centaine de personnes qui font réellement du grabuge représente la majorité du mouvement, même avec 900 personnes qui feraient du grabuge, ça ne représenterait que 1% de l’ensemble. C’est beau de s’en prendre au porte-parole, vous auriez crucifié n’importe quelle personne ayant occupé cette tâche

      Pas de problême alors, il ne suffit que la CLASSE dénonce les casseurs sans ambiguïté et ne tolérer aucun acte de vandalisme. Mais nous savons que ce n’est pas leur message et que la casse fait bien leur affaire…

  2. Comme le dit si bien Philippe David, si la CLASSE avait condamné la violence, on n’en serait pas là. De plus, durant ce conflit, la CLASSE utilise l’intimidation pour empêcher ceux qui ne veulent pas boycotter leurs cours d’avoir accès à leurs salles de cours. C’est vraiment le fondement même de la démocratie étudiante qui faut revoir et réformer. Les étudiants devraient avoir la liberté de choix d’adhérer ou non à une associations étudiantes. C’est la base même de la liberté individuelle. C’est honteux que les étudiants pro-hausse vont devoir payer des cotisations étudiantes à ceux qui les ont empêché de poursuivre leur session.

  3. Très bon article qui fait vraiment le tour de la question qui reflété également le fond de ma pensée. Malheureusement, il n’y a rien qui pourra éclairé ceux qui sont contre la hausse puisqu’ils ne veulent rien entendre. Il y aura probablement des élections provinciales au cours des prochains mois. J’espère bien que les résultats leur montreront le vrai tournant de la population à ce sujet.

  4. Honteux ces étudiants de la CLASSE qui ont des lacunes importantes sur l’éducation de l’économie du Quebec.

    Ce Québec qui a une des plus grosses dettes sur la planète avec ses programmes sociaux exhorbitants et qui reçoit $8.6 Milliards des provinces riches pour pouvoir arriver. Et on en veut encore de l’argent comme des communistes qui veulent que tout soit gratuit, même si l’état croule, l’argent de qui….il reste les contribuables…eux qui sont les plus taxés en Amérique du Nord.

    Je pense qu’il faut que ces étudiants soit raisonnables et réfléchissent avant de faire partie de ces manifestations qui sont vraiment terrifiants et nous donnent l’impression d’être entre les mains de terroristes.

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