Congrès de fondation du Parti Conservateur du Québec

Par Michaël Descamps

Après avoir trébuché et s’être relevé, le Parti Conservateur du Québec (PCQ) tenait les 26 et 27 mai dernier à Drummondville, le premier congrès du parti qui en même temps devenait le premier congrès d’un parti conservateur au Québec depuis plus de 77 ans. L’establishment du PCQ avait opté pour Drummondville en son état de ‘’capitale québécoise de la petite entreprise’’.  J’avais décidé de me présenter au congrès malgré certaines appréhensions. Avec tout ce que l’on a entendu sur les évènements des derniers moi, je considérais ma présence au congrès comme une dernière chance que je donnais au parti. Je vais tenter de vous faire un récit fidèle du déroulement de la fin de semaine.

En présence d’une cinquantaine de personnes et d’une quinzaine de candidats nommés, le congrès s’ouvrait sur la vidéo Et si nous avions fais fausse route depuis soixante ans, issue de la campagne 2012 du mouvement Frédéric Bastiat en France. Se succédant au micro, le président du parti, le président de la commission politique et quelques candidats aux élections, nous tenaient tour à tour un discours inspirant au sujet de la droite au Québec. Puis viens ensuite le discours de Luc Harvey qui commença par saluer la contribution de la défunte ADQ et de mouvements tels le RLQ. Le mot d’ordre était donné : au Parti Conservateur du Québec, on s’assume, on est de droite et on ne veut pas d’ambigüité. Selon Luc Harvey, il n’y a pas ‘’plusieurs’’ droite mais plusieurs vision de la droite, qu’elle soit conservatrice, libertarienne ou identitaire. Puisque le Québec est orphelin d’un vrai parti de droite depuis des décennies il est normal qu’aujourd’hui chaque mouvance à droite du centre, essaie de tirer la couverte de son bord et essaie de trouver un parti qui la représente, elle uniquement. Toutefois, sans union, sans harmonisation du discours, sans fronts communs, il sera très difficile de faire bouger les choses au Québec. Luc Harvey continua sur une histoire qu’un chef aborigène lui raconta un jour en Afrique :

‘’Le matin en Afrique quand le soleil se lève, la gazelle s’étire et réchauffe ses muscles pour être agile et prête à courir vite. Elle sait pertinemment que si elle ne coure pas suffisamment  vite, elle se fera manger. Pareillement le lion s’échauffe lui aussi, car s’il ne coure pas suffisamment vite il ne mangera pas. Le chef dit que cette histoire pourrait être comparée à la situation économique de nos pays nordiques….vous au Québec vous êtes comme des gros lions qui ont trop mangé, vous ne savez plus courir. Vous n’avez jamais connu ce que c’est de devoir trouver de la subsistance pour votre famille ou des soins pour vos petits. Ainsi, puisque vous ne connaissez rien de cela, vous avez oublié ce qu’est le travail et vous attendez à ce que tout vous arrive par magie.’’

Mr. Harvey  ajoute une autre analogie en disant que : ‘’le Québec est comme une équipe sportive arrivée à la mi-temps dans une partie ou il perd 5-0. Comme québécois on a le choix de se relever les manches et travailler fort pour réussir ou encore de laisser tomber et retourner au jeu en attendant que les minutes du match s’écoulent et que tout s’écroule pour nous.’’

Pour officialiser l’ouverture du congrès il rappelle que les propositions du congrès du 26-27 mai ne sont que des embryons du programme final et que la commission politique travaillera d’autant plus fort à la suite du congrès. Il rappelle que tout amendement est le bienvenu et rappelle finalement que s’il devient officiellement le chef du PCQ, il est avant tout un militant et qu’il espère n’être qu’un petit passage dans la longue histoire qui se dessine pour le PCQ.

Suite à cela nous avons eu deux conférenciers, l’un au sujet du problème des gangs de rue qui exploitent les jeunes québécoises dans des réseaux de prostitution et l’autre sur l’exploitation sous développée de nos ressources agricoles.

La matinée fut constituée de trois comités d’étude dans lesquels nous étions invités à débattre des différentes propositions. Les trois comités discutaient soit de la Famille, de la Gouvernance ou de  Fiscalité, retraite et travail. En après midi chacune des propositions fut débattue cette fois en la présence de tous. Je ne m’attarderai pas réellement sur le contenu car les propositions seront sur le site du PCQ ( www.particonservateurquebec.org ) sous peu.

 

En soirée un banquet fut servi, qui permis aux membres et aux intéressés d’échanger sur de multiples sujets, à connotations politiques pour la très grande majorité évidemment.

Le dimanche, les propositions qui n’avaient pas été débattues la veille furent discutées entre 09h00 et midi. Pour clôturer le congrès, plusieurs discours vinrent galvaniser les membres du parti. Le mot de la fin fût évidemment pour Luc Harvey qui rappela l’importance de l’unité et du respect. Il rappela que malgré les embuches connues par le PCQ dans les derniers mois, il y a derrières le logo du parti, des dizaines d’hommes et de femmes qui donnent leur temps et leur argent pour défendre une cause qui leur tient à cœur.  Bien que toutes discussions puissent être saines, il ne sert donc à rien de laver notre linge sale en public, surtout si c’est pour verser dans la démagogie. Nous avons pus apprendre que le PCQ compte actuellement 500 membres et que 70 candidats aux élections sont déjà confirmés, 125 candidats devraient être présents dès le mois de septembre. Nous avons aussi eu l’assurance que les problèmes de communications sont choses du passée maintenant. Il ne devrait plus y avoir de problème de carte de membre, de problème sur le facebook ou sur le site web. L’information devrait circuler beaucoup plus facilement. Le parti a pris en note chacune de nos adresses email et numéros de téléphone pour pallier à toute éventualité. Déjà cette semaine sur le facebook du parti on peut sentir une très nette amélioration.

Pour finir sur une note personnelle, il est clair que dans tout parti, il est impossible que l’ensemble des membres s’entendent sur tout. J’ai bien évidemment pus sentir la présence d’une aile conservatrice, d’une aile plus modérée et d’une aile libertarienne. Bien que certain ne soit pas ressorti pleinement satisfait du congrès, la plupart le sont et tous s’entendent pour dire que le parti marche dans la bonne direction. Maintenant…il est très facile de devenir membre et de se joindre à la commission politique pour présenter des propositions qui penchent davantage vers votre vision de la droite, j’ai demandé moi-même à faire partie de la commission dans cette optique.  Pour finir, s’il y a bien une  chose qui me faisait peur avant le congrès mais dont je suis ressorti rassuré, c’est la démocratie au sein du PCQ.

Le vrai et le faux libéralisme (1re partie)

Par Pierre-Guy Veer

En anglais, le mot « liberal » peut signifier deux choses : un libéral classique – une personne qui veut l’intervention du gouvernement seulement pour protéger des droits de base – et un libéral moderne, qui s’assimile plus ou moins avec un interventionniste de gauche (programmes sociaux, beaucoup de taxes, d’impôts et de règlements). Les partis libéraux au Canada rentrent généralement dans la seconde catégorie. Récemment, j’ai lu un article de blogue1 qui confondait les deux, et mes yeux n’en croyaient pas leurs oreilles. Des rectifications s’imposent donc.

 

Les fleurs : les droits individuels

 

Malgré ses défauts, je dois admettre que le texte dit vrai à plusieurs endroits : le libéralisme a été un très grand bien pour la civilisation. S’opposant à l’absolutisme royal, il a prôné plusieurs liberté « négatives », c’est-à-dire des libertés que le gouvernement ne pouvait toucher. La constitution des États-Unis en est le parfait exemple : interdiction d’imposer une religion d’État ou d’empêcher son exercice (1er amendement), interdiction d’enfreindre le droit de porter une arme (2e amendement), interdiction d’avoir des militaires présent chez soi en temps de paix sans consentement (3e amendement), etc. Ces droits peuvent facilement être relié à l’explosion des découvertes scientifiques lors de la Renaissance. En effet, sans liberté de parole, comment des faits contredisant la bible/les dogmes catholiques auraient pu être exprimés, telle la théorie de l’évolution de Darwin?

 

Au sujet du 2e amendement, l’auteur n’a pu s’empêcher de lancer une pointe comme quoi les « conservatives » (étatistes de droite pour plus d’armée et d’intrusion de l’État dans la vie des gens, notamment au sujet de l’homosexualité) n’auraient pas permis à tout le monde de s’armer. Ça me laisse perplexe; la totalité des gens qui veulent empêcher/restreindre le port des armes sont des collectivistes (à « gauche » ET à « droite). Ce fut longtemps de cas aux États-Unis, avant l’esclavage pour empêcher une insurrection, et après, ce qui a facilité le terrorisme du KKK2. Au 20e siècle, tout dictateur qui se respectait contrôlait sévèrement la possession d’armes à feu : les Juifs ne pouvaient pas posséder une arme en Allemagne nazie3; les Tutsies ont facilement été massacré par les Hutus parce que le gouvernement avait, par décret, désarmé les premiers4; Staline, Mao, Pol Pot, Amin Dada (Ouganda), et j’en passe, ont tous pu facilement massacrer leur population désarmée5.

 

Le pot : les lois du travail

 

Après avoir donné des fleurs, il est temps de lancer plusieurs pots, à commencer par les prétentions sur les lois du travail. L’auteur vante le fait que nous ayons une semaine de 40 heures, des vacances, que le travail infantile soit chose du passé, que nous ayons des droits syndicaux, de l’assurance-emploi, une paie juste (Lily Ledbetter Fair Pay Act aux ÉU) et plusieurs autres.

 

Oui, les « liberals » ont mis ces choses en place, mais étaient-elles justifiables? La majorité d’entre elles sont une violation de la propriété privée car elles empêchent l’employeur et l’employé de négocier de gré à gré. Plusieurs mesures, telles le salaire minimum et l’imposition d’heures de travail ou de vacances, augmentent les couts et créent du chômage6, sans compter que la semaine de 35 heures (France) ne semble pas avoir eu d’effet notable sur la chômage ni les couts de production7. Aussi empêchent-elles des personnes voulant, pour une quelconque raison, travailler plus de le faire. Selon ce que j’ai entendu, les travailleurs mexicains des champs de fraises près d’où vivent mes parents sont des bourreaux de travail. Ils travaillent nettement plus que 40 heures, ce qui leur permet d’accumuler plus d’argent pour subvenir à leurs familles.

 

De plus, ces lois sont-elles nécessaires? On clame que le travail infantile a été stoppé grâce à des lois. C’est faux : le travail infantile (et féminin) a été stoppé grâce à la bête noir des « liberals », soit le capitalisme. Il a tellement enrichi le travailleur moyen qu’il avait la possibilité de faire vivre sa famille sans que cette dernière ne mette sa vie en danger8. Le retour massif des femmes sur le marché du travail peut s’expliquer par l’inflation, causée par le gouvernement, qui rendait nécessaire la venue de deux salaires9. Parlant des femmes au travail, pourquoi a-t-on besoin d’une loi pour qu’elles gagnent un salaire « juste »? Les négociations de gré à gré ne suffisent plus? De toute façon, les lois d’équité salariale profitent plus aux avocats10.

 

Enfin, ces lois sont-elle bonnes pour l’économie? Avoir un syndicat, sans aucune coercition, peut avoir certains avantages. Mais lorsque le gouvernement lui donne une très grande force, comme au Québec, alors il se crée un chômage institutionnel durable11. Les lois anti briseurs de grève (scabs), en plus d’être une violation de la propriété privée, empêchent les gens voulant travailler aux conditions proposées par l’employeur de le faire. Ils ne valent pas mieux que les fanatiques religieux qui veulent massacrer ceux qui ne pensent pas comme eux12 Par ailleurs, l’assurance-emploi et l’aide trop longue aux chômeurs est aussi nuisible. Ça leur facilite la tâche s’ils veulent ne rien faire13. En fait, lors de la dernière récession, de tels bénéfices auraient grandement retardé une nouvelle entrée sur le marché du travail14

6http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=minimum%20wage%20unemployment&source=web&cd=3&ved=0CHAQFjAC&url=http%3A%2F%2Feconomics.uwaterloo.ca%2F2010-Spring%2Fcomplete%2520draft.doc&ei=wsyzT_TTNK3biAKxi832AQ&usg=AFQjCNE6Daa_DMNK1cR2dhx3kew4akW6ZQ&cad=rja

8Mises, Ludwig Von. Human Action : A Treatise on Economics Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.612

11Human Action, p.764

12Ibid, p.773

13Ibid, p.770

La réaction de la gauche concernant la Loi spéciale : Un mépris de démocratie?

Par Simon Leduc

Après vingt-deux heures de débats houleux à l’Assemblée nationale, le gouvernement libéral a adopté la Loi spéciale 78 avec l’appui des députés de la CAQ. Cette législation contient trente six articles mais les trois grands volets sont les suivants : la suspension des sessions dans les établissements en boycott jusqu’au 17 août, permettre aux étudiants de retourner en classe en toute tranquillité et l’encadrement du droit de manifester. Est-ce que la réaction de la gauche prouve qu’elle ne respecte pas la démocratie?

L’adoption d’une loi spéciale : une décision inévitable du gouvernement libéral:

Cela fait treize semaines que cette crise sociale empoisonne la société québécoise et plus particulièrement la métropole montréalaise. Les commerçants, les montréalais et les automobilistes sont les victimes de ces groupes radicaux qui font de la casse durant les manifestations nocturnes. Les étudiants (qui veulent étudier) se faisaient intimider et harceler par les carrés rouges aux portes des établissements postsecondaires. Le gouvernement Charest devait agir afin de mettre fin à ces actes illégaux. Il a adopté une loi spéciale pour mettre au pas ces extrémistes. Dorénavant, les organisateurs d’une manifestation qui regroupera plus de cinquante personnes vont devoir en informer les policiers huit heures avant le début de leur rassemblement. Avec cette mesure, certaines personnes affirment que le gouvernement libéral brime les libertés individuelles des manifestants. Cela se défend mais a-t-on pensé aux droits et libertés des commerçants, montréalais et automobilistes qui en ont marre de se faire écœurer par des casseurs et anarchistes?

La réaction de la gauche réactionnaire :

Sans surprise, la gauche québécoise a unanimement dénoncé et attaqué le projet de loi spécial du gouvernement libéral. Premièrement, les associations étudiantes ont dit que cela allait envenimer la crise sociale. La CLASSE refuse de se soumettre à cette loi qui selon elle, est injuste et attaque une génération entière. C’est une déclaration fausse. La législation veut mettre au pas une minorité d’étudiants radicaux qui ne veut pas respecter la loi. Selon Gabriel Nadeau-Dubois, cette loi est digne d’un régime autoritaire. Ce petit gamin n’a pas peur du ridicule. S’il veut voir quelque chose de ridicule, il a juste à se regarder dans le miroir. Certains manifestants n’ont pas de classe. Lors de la manifestation monstre du 22 mai, ils ont traité la femme d’un chroniqueur politique bien connu de salope, cela me lève le cœur. Deuxièmement, le Parti québécois a voté contre ce projet législatif. Dans ce dossier, l’opposition officielle a choisi de défendre une minorité d’anarchistes qui veulent faire avancer leur cause en utilisant la violence Pauline Marois a tourné le dos à la majorité silencieuse qui en a marre de se faire empoissonner la vie par une gauche radicale. Mme l’opportuniste crasse a décidé de flirter avec l’extrême-gauche. Et elle va en payer le prix au prochain scrutin. Il y a une chose qui doit être claire, cette politique a été adoptée par une majorité de députés élus de l’Assemblée nationale. Elle a force de loi et on doit la respecter et s’y soumettre.
Le mouvement progressiste respecte la démocratie quand cela fait son affaire. Quand un gouvernement légitime adopte une loi qui va à l’encontre de ses intérêts, il crache sur la démocratie et il va manifester dans la rue pour l’intimider et la faire reculer. Il faut que les gauchistes comprennent qu’une société civilisée ne peut pas fonctionner comme cela. Un gouvernement ne peut pas céder devant la violence et l’intimidation. Qu’on l’aime ou non, le gouvernement libéral de Jean Charest a été élu par le peuple québécois le 8 décembre 2008. Il a la légitimité démocratique pour diriger la province jusqu’à la fin de son mandat. Si les étudiants n’aiment pas Jean Charest, ils ont juste à voter contre lui aux prochaines élections générales.

Tous les Québécois doivent dénoncer haut et fort les appels à la désobéissance civile de la part d’une gauche radicale (Amir Khadir, la CLASSE, Léo-Paul Lauzon, François Avard, etc.). Cette attitude n’est pas acceptable dans une société de droit. L’attitude de la gauche québécoise durant cette crise sociale prouve bien qu’elle n’a aucun respect pour la démocratie, point à la ligne.