Les études universitaires sont-elles un droit?

Par Joey Laflamme

Je n’aborderai pas la cause de la hausse des frais de scolarité. Ou oui, je l’aborderai, mais dans un contexte plus large. C’est un débat où les arguments de chaque côté ont été largement entendu et j’ai l’impression que presque tout a été dit sur la question. Je ne perdrai donc pas mon temps sur les points techniques de la loi 78 ou les relations de cause à effet possible entre la hausse des frais et l’accessibilité. Je ne parlerai même pas de ce que l’on appelle la légitimité de la désobéissance civile, quoiqu’un jour je sens que je serai obligé d’y revenir. Non! Ici, il sera question de ce qui a été dit, selon-moi, de plus absurde à se jour. et, non, je ne suis pas en train de parler des propos d’Amir Ghandi ou de Rosa Nadeau-Dubois, mais bien du fait que l’éducation étant un droit, l’université devrait donc être totalement gratuite.

C’est qu’il est important d’évoquer est la différence entre un droit et une commodité. Deux concepts qu’il est très dangereux de confondre. Nous devons garder à l’esprit que : « Un gouvernement assez gros pour te donner tout ce que tu veux, est assez gros pour prendre tout ce que tu as. » comme disait Thomas Jefferson.

 

Les droits sont l’ensemble de règles qui régissent une société et qui sont soit voté à la législative ou bien par convention. Par convention, dans ce cas précis, j’entends la somme des valeurs morales individuelles qui, en s’accumulant, forme un ensemble de valeurs ou de codes d’éthiques commune. Aussi, notre société est basée sur deux principes : liberté et égalité. Ici, liberté prend le sens d’agir sans contrainte externe et le terme égalité revêt le sens d’une assurance que chaque citoyen dispose de la même liberté, ce qui vient limiter la première valeur. Puisqu’une liberté complète veut dire le pouvoir d’empiéter sur les droits d’autrui. On peut alors y aller de l’affirmation suivante : la liberté individuelle se limite à celle d’un autre citoyen. Une masse, même constituée par la majorité, ne peut empiéter sur la liberté d’un individu, puisque cette majorité ou cette masse de gens ne constitue que la somme d’individus et que nous avons admis que chaque individu doit bénéficier des mêmes droits. Donc, on forme un gouvernement et un tribunal pour que l’égalité des droits soit respectée. Alors avec ce concept on pourrait dire que la liberté n’est pas réelle puisque j’avais établi que c’était d’agir sans contrainte externe. Je réponds alors à cette objection, que la liberté à l’état de nature, sans valeur morale ou éthique, ne peut dériver que vers la tyrannie. Alors dans l’énoncer des deux valeurs, la liberté mentionnée n’est pas la liberté dont jouit l’humain à l’état de nature, mais une liberté qui s’est civilisée et modérée. Une société ne peut être réellement libre, si seulement un petit groupe sélect de celle-ci est la seule à en jouir, alors l’égalité est la limite de l’action humaine, basée sur les conséquences de son action sur un autre individu, semblent être la seule limitation à cette liberté. Par exemple, prendre le bien d’autrui par la force est du vol et contrevient au principe que chaque individu a des droits sur ses propriétés ainsi que le fruit de son labeur. J’en tire alors deux règles : d’abord l’état, qui est formé par convention, a le devoir de s’assurer que le droit de tous et chacun soit respecté, ensuite on ne peut utiliser son droit pour écraser le droit d’autrui. Pour prévenir ce genre d’abus, l’action de l’état devient légitime.

 

Une commodité est plutôt le terme employé pour désigner tout objet ou service qui est échangeable contre un autre bien. Il peut s’agir de choses aussi matérielles qu’immatérielles. La confusion entre un droit et une commodité provient du fait qu’un droit, tel que le droit à la vie, vient avec un devoir qui souvent est une commodité. Pour reprendre l’exemple du droit à la vie, se nourrir est le devoir relier à se droit et la nourriture est une commodité puisqu’il s’agit d’un produit échangeable contre un  autre bien, plus couramment la monnaie. Une commodité gratuite implique une personne de force dans l’échange, qui normalement n’aurait rien à voir dans l’échange de bien et de service entre les deux personnes concernées. Ou bien cette personne travaille pour la personne qui obtient le service, ou bien pire encore, la personne qui offre le service travail pour le client gratuitement, contre son gré, ce qui est de l’esclavage. Aussi une commodité gratuite implique qu’on oblige une personne par le bras de la loi à donner un service, même si ce service ou ce volet du service va à l’encontre de ses valeurs personnelles. Par exemple, un médecin à l’emploi d’un système de santé publique qui se voit obliger de pratiquer un avortement contre son gré. Un échange juste se fait toujours entre deux personnes ou partis consentants à ce que l’échange est lieux et qui tirent chacun avantage de l’échange. Dans le cas de la gratuité forcée par l’état, on y implique que le service doit être donné par la force et avec les biens d’une autre personne, qui autrement n’aurait rien à voir dans l’échange.

 

Dans le cas du débat sur les frais de scolarité, pour entrer dans le vif du sujet, je rappelle que je me suis donné pour mandat avec ce texte de réfuter l’affirmation suivante : « L’éducation est un droit, donc l’étude universitaire devrait être gratuite. » D’abord si l’étude universitaire doit être gratuite parce que l’éducation est un droit, pourquoi suis-je donc obligé de payer des livres à la librairie? Ne s’agit-il pas un moyen de s’instruire justement celui de lire un livre? Donc pourquoi payer pour un livre? Et les documentaires, c’est très éducatifs ça, pourquoi je paierais au club vidéo? Maintenant est-ce que l’université est un droit ou une commodité? À la base les gens qui sont des tenants de la gratuité prennent un raccourcit énorme en disant qu’en entrant à l’université tu paie pour l’éducation. Par éducation on parle de l’action d’apprendre, ou de développement de compétences intellectuelles dans ce cas-ci. Le fait est que lorsqu’on paie une institution de haut savoir, on ne paie pas notre éducation à proprement parlé. Comme je l’ai dit précédemment, les moyens de s’instruire sont divers, mais certains moyens sont de meilleures qualités que d’autres. Par exemple, la seule lecture d’un livre n’est pas suffisante en soit, dans le sens que seul à lire et tenter d’interprété on est plus sujet à l’erreur que si on est guidé dans notre lecture par quelqu’un de compétent dans la matière dont on tente d’acquérir la maîtrise. L’université offre ce genre de service. Il offre la possibilité d’apprendre de quelqu’un qui a un haut niveau de maîtrise dans un domaine donné. Beaucoup voient l’idée de marchander le savoir comme étant une aberration. Mais alors, marchander une ressource aussi précieuse que la nourriture n’est-elle pas une aberration de pire nature? On sait tous que si la nourriture devient gratuite, on en perdra la valeur et qu’un jour viendra une grande famine, puisque les gens auront « acheté » toute  nourriture disponible. Si nous rendons la nourriture gratuite, nous n’en verrons plus la valeur, donc notre réflexe sera de la gaspiller. Le traitement fait à l’eau et à l’électricité, qu’on ne paie pas au prix de marché, en est une preuve manifeste. Maintenant si on transpose cette situation à celle des universités, on a un professeur qui possède une connaissance X, des gens qui possèdent cette compétence il y en a un nombre sélect et des gens qui sont disposés à le donner en cours ils sont encore moins nombreux, alors imaginez le nombre qui sont compétent quand vient le temps de transmettre X aux élèves. Donc la connaissance transmise par des gens compétents dans la matière et qui est compétente dans l’art de la transmettre est une ressource en soit assez rare pour qu’on procède à se qu’on appelle la rationalisation par le marché. Alors on peut entendre aussi les justifications sur le fait que je considère l’humain comme un produit dont on peut vendre les services comme on vend du pain ou une voiture? Et bien sur quel concept croyez-vous qu’est bâtie la dynamique des échanges entre le consommateur et le vendeur? Vous croyez que vous payez uniquement pour la voiture quand vous l’achetez? En réalité, quand on paie pour un service on doit avoir en tête que l’on paie en réalité une ou plusieurs personnes pour abattre les obstacles entre un besoin et un service qui vient combler le besoin. Comme je l’ai expliqué plus haut, lire un livre par soit même n’est pas la meilleure manière d’apprendre les sujets que le livre couvre et peut mener à une erreur d’interprétation. Dans le cas qui nous intéresse. L’université emploie des gens qui servent à la base pour la recherche. Il se trouve que cette personne a lu le livre et peut aider à guider le lecteur dans son apprentissage en lui démontrant une interprétation plus près de la réalité du contenu du livre.

 

Finalement avec tout ce que je viens de dire sur la question, il est facilement démontrable que l’étude universitaire appartienne plutôt à la catégorie de la commodité bien qu’il soit relatif au droit à l’éducation. Puisqu’il s’agit d’un service offert par un établissement de haut savoir à une personne qui est prête à se départir d’un bien qu’il possède ou possédera plus tard. L’université peut alors financer ses recherches et le client apprend la matière qui lui permet de combler son besoin. Il ne peut s’agir d’un droit, puisque si j’obtiens l’université gratuite cela se fera aux dépens d’une personne qui est à l’extérieur de l’échange. Ensuite, la personne qui offre le service sera alors forcée de me donner les services demandés par l’état ou la société en général, même si un volet contrevient à ses valeurs personnelles. Étudier à l’université ne peut pas être un droit contrairement à la liberté de parole puisqu’en disant les mots que je dis actuellement je n’engage que ma propre personne dans les conséquences et la portée qu’elles pourraient avoir.  

Le communisme libertaire, ou l’absurdité utopique

J’essaie autant comme autant de me détacher du conflit étudiant, mais je trouve très difficile de m’en détacher. Particulièrement, ce conflit a mis en lumière des groupuscules jusque là inconnus du grand public comme par exemple, l’Union Communiste Libertaire (UCL). Afin de mieux connaître ces groupes, il convient de mieux définir ce qu’est le communisme libertaire ou anarcho-communisme. Ayant déjà eu des débats avec des tenants de cette idéologie, je crois pouvoir vous permettre d’y voir plus clair.

Anarchist communism[1] (also known as anarcho-communism and occasionally as free communism or libertarian communism[2][3][4][5]) is a theory of anarchism which advocates the abolition of the state, markets, money, capitalism and private property (while retaining respect for personal property)[6], and in favor of common ownership of the means of production,[7][8]direct democracy and a horizontal network of voluntary associations and workers’ councils with production and consumption based on the guiding principle: « from each according to his ability, to each according to his need« .[9][10]

Excusez la définition en anglais, mais laissez-moi vous mettre un petit peu au parfum de ce que tout ça veut dire.

Que veulent dire « abolir l’état, le marché, la monnaie et la propriété privée » et qu’est-ce que ça pourrait donner dans les faits?

Tout d’abord, il y a dans cet énoncé une grande contradiction. Le marché étant tout simplement un amalgame d’échanges volontaires entre individus et la propriété privée étant le droit à l’individu de garder et disposer librement du fruit de son labeur, je me demande comment les communistes libertaires proposent de les abolir et continuer d’empêcher les gens de transiger entre eux et accumuler du capital (le fruit de leur labeur) sans l’usage de la force? Et si la force doit être utilisée pour non seulement abolir le marché et la propriété privée, mais pour maintenir cet état de chose, comment faire sans un état totalitaire? Croient-ils vraiment que les individus se plieront volontairement à ce genre de restriction?

Sans compter que du côté économique c’est d’une absurdité extrême.

Comment comptent-ils avoir une économie où il est interdit de transiger entre individus, est où ces individus ne peuvent garder le fruit de leur labeur. Comment peut-on parler de propriété personnelle, sans propriété privée? Et comment peut-on avoir une économie le moindrement sophistiquée sans monnaie ou système d’échange. On sait déjà que le troc ne fonctionnera pas.

Les communistes libertaires sont en fait des communistes qui croient pouvoir maintenir un ban de tout ce qui motive le genre humain à ce lever le matin et aller produire quelque chose tout en ayant un état décentralisé et anarchique de démocratie directe et de libre-association, sans réaliser que la libre-association ne peut se produire que quand on laisse les gens libres de transiger entre eux et que qui dit liberté de transaction, dit libre-marché.

Contrairement aux libertariens et volontaristes qui rêvent d’une société sans état où chacun est libre de transiger librement avec qui ils veulent, quand et comment ils veulent, sans intervention de l’état, les communistes libertaires s’imaginent pouvoir empêcher les gens de transiger librement et conserver le fruit de leur labeur sur une base totalement volontaire, parce qu’ils désirent abolir l’état. Donc finalement, ce sont des libertariens qui sont totalement incultes et illettrés en économie et qui sont totalement incapables de s’imaginer que leur utopie ne puisse s’établir sans un état totalitaire qui va donc répéter inévitablement toutes les erreurs de tous les régimes « communistes » du passé.

Et on accuse les libertariens d’utopisme…

Gagner sa liberté en quittant le Québec (partie 2 de 2)

 

Par Pierre-Guy Veer

 

Des services présents quand on en a besoin

 

Un autre point positif de la terre d’adoption de Julie est la facilité d’obtenir des soins de santé. « Le lendemain de notre déménagement, mon conjoint a débuté ses traitements de chimiothérapie ». Aussi, comme les impôts sont bas, on n’a pas l’impression de payer deux fois quand on va à l’hôpital. « Et les médecins sont facilement accessibles. Je peux prendre un rendez-vous médical en moins d’une semaine, et le pédiatre, même si j’appelle son bureau le dimanche, me contacte le jour même pour me conseiller de prendre rendez-vous ou d’aller à l’urgence. »

 

Parlant des urgences, celles de Houston sont absolument incomparables à celles du Québec. « Dans les hôpitaux privés d’ici, il n’y a aucune attente et tous les examens imaginables sont disponibles. Même l’hôpital public du comté, dont l’urgence et plusieurs services sont gratuits, offre tous les services, quoiqu’il peut parfois y avoir de l’attente. Je me rappellerai toujours cet homme obèse qui se plaignait à un journaliste parce qu’il avait attendu à l’urgence durant … trois heures.

 

« En comparaison, mes frères qui ont des enfants ont parfois dû attendre 17h pour voir un médecin à l’urgence – j’ai entendu dire qu’un délai d’attente de 48h était fréquent aussi[1]. Non seulement doivent-ils souvent attendre pour passer des tests médicaux, mais ils doivent répéter sans cesse leur histoire médicale puisque leur médecin est souvent indisponible. »

 

Se responsabiliser pour l’assurance

 

Évidemment, comme le système de santé n’a pas un assureur unique comme au Québec, plusieurs choisissent de contracter une assurance. « Oui, il peut y avoir beaucoup de paperasse, remarque Julie. Connaître les compagnies de même que les services qu’elles couvrent est presque une profession en soi! Toutefois, je n’ai jamais eu de problème, malgré le cancer de mon conjoint et mes deux accouchements. Il m’en coute 568 $ par mois. » Lors de l’obtention d’un emploi, les gens négocient un tel avantage pécuniaire.

 

Afin de s’assurer que tout fonctionne bien, une personne doit cependant demeurer vigilante. « Je dois toujours m’assurer que la compagnie a payé la facture. » Encore là, elle dit ne jamais avoir eu de problème majeur.

 

Atlas commence à soupirer

 

Malheureusement, le havre de libertarianisme relatif qu’est le Texas commence à disparaître. « J’avais déménagé du Québec à cause de la réglementation étouffante et des impôts trop élevés. De plus en plus, c’est ce qui se produit aux États-Unis. Jamais je ne vivrai dans un monde socialiste. Je serais prête à déménager, mais où irais-je? » se questionne-t-elle.

 

Comme au Québec, les programmes publics sont abusés par plusieurs. Son mari lui en dit des vertes et des pas mûres au sujet des programmes publics de santé (Medicare[2]/Medicaid). « Il est témoin de tellement d’aberrations, comme cet homme qui, malgré une transplantation, continue à fumer. »

Toutefois, ce n’est rien comparé aux immigrants illégaux qui profitent des largesses du système. « Comme les hôpitaux ne peuvent refuser de patients, plusieurs femmes immigrantes en profitent pour accoucher à l’hôpital. D’autres se font soigner et disparaissent ensuite dans la brume. » Il est donc à prévoir que, pour palier ce manque à gagner, les impôts vont augmenter…

 

Aucun espoir?

 

En conclusion, Julie croit que s’en est fait de l’espoir de changement pour le Québec. « Il y a six mois, j’aurais peut-être été plus optimiste. Mais avec l’arrivée du conflit étudiant, je me suis rendu compte que cette mentalité de s’accrocher au gouvernement n’est pas prête de partir. Je ne crois pas voir de grands changements de mon vivant.

 

« Oh, il y a bien des libertariens présent – il semble y avoir une tendance dans la région de Québec –, mais ce ne sont pas des militants car ils ont une vie. » D’autres personnes partagent son pessimisme. Son beau-père est maintenant professeur en Chine, et il n’a pas l’intention de revenir.

 

 



[2]    Pour les aînés