Mieux gérer son argent grâce à des outils en ligne

Par Noémie L.

Avoir une vision claire de son argent et de ses finances est quelque chose d’assez compliqué si on n’utilise que ses relevés de compte. On peut toujours essayer de mettre en place un tableur Excel mais au final, la tâche se révèle très souvent des plus compliqués et très peu lisible.

Depuis l’arrêt de MS Money, il ne restait ainsi plus que Quicken en logiciel PC ou Mac pour avoir la possibilité d’exporter ses comptes et organiser ses dépenses de manière sécurisée (membre du programme Trustee). Le problème est que le prix d’une licence  (entre 50 et 80 dollars par licence) n’est vraiment pas donné.

Pour éviter les problèmes de compatibilité matériel, et face au vide créé par la disparition de Money, de nombreux clients internet sont apparus ces dernières années. Paradoxalement, ce n’est pas un financier mais un assureur qui m’a fait découvrir ces nouveaux acteurs du marché de la gestion financière personnel.  C’est mon contact chez le courtier Gaudreau Demers, chez qui j’ai une partie de mes assurances, qui m’a fourni cette liste de solutions numériques pour la gestion de mon argent.  Au fond, il faut faire un choix entre Quicken, Mint, Yodlee, Budgetable ou GNus Cash (licence libre sous GNU).

Personnellement, je recommanderais plus Mint que les autres pour des raisons de sécurité  mais également d’interface. Mint est en effet une référence en terme d’ergonomie et de visibilité pour la gestion de ses actifs et de ses revenus. C’est très clair et extrêmement intuitif.

Côté sécurité,  l’outil fait partie de programmes très sérieux  comme TRUSTe, Verisign Secured, et Mac Afee Secure. C’est très rassurant.

Et ce que l’on peut dire en terme de gestion d’épargne personnel, c’est que les possibilités d’action sont gigantesques comme, par exemple, de fixer un objectif d’épargne ou d’économies pour partir en vacances, mais également de mieux répartir et comprendre ses dépenses par poste (voiture, nourriture, loisirs…), pour mieux les rationaliser. On peut également fixer des limites d’alertes ou anticiper de manière plus compréhensible l’impact d’une dépense sur ses finances restantes.

Attention aux problèmes de synchronisation

Attention tout de même à certains écueils bancaires. En règle générale, les banques canadiennes ne sont pas vraiment pas ouvertes à la transmission de données vers des services tiers. Dans beaucoup de cas, ce n’est pas vraiment dans leurs politiques de sécurité.

Ainsi, même si de nombreux outils comme Mint se sont très souvent arrangés  avec les banques pour accorder leurs API de façon à intégrer efficacement les données bancaires par pays, parfois la synchronisation prend du temps ou ne marche tout simplement pas.

Parfois, c’est également un problème de langue. Et c’est particulièrement problématique au Québec majoritairement francophone. Ainsi, Mint ne marche pas pour certaines banques et pour certaines interfaces en Français, comme par exemple avec la RBC.

Il faut donc parfois s’armer de patience et multiplier les appels avec sa banque et le service clientèle de l’outil de gestion financier pour faire fonctionner l’ensemble. Mais, je trouve que le jeu en vaut la chandelle, car la gestion de son argent et de son épargne en ressort extrêmement simplifié à tous les niveaux.

Le Bilan des trois face à face: Avantage Legault :

Par Simon Leduc

Cette semaine, les chefs des trois formations politiques se sont affrontés dans des faces à faces qui ont été diffusés sur le réseau TVA. Les électeurs québécois avaient la chance de voir les qualités et les défauts des leaders de la CAQ, du PQ et du PLQ. En terme de cotes d’écoute, ces joutes verbales ont été un grand succès télévisuel : 1.5 millions de téléspectateurs en moyenne par soir. Les nombreux indécis ont-ils pu choisir définitivement leur camp? Qui est ressorti gagnant de cette semaine mouvementée de débats?

Le grand gagnant : François Legault :

L’ancien député de Rousseau n’avait jamais participé à un débat des chefs durant sa carrière politique. C’était un gros défi pour lui d’affronter deux debateurs expérimentés en Jean Charest et Pauline Marois. Le chef de la CAQ est le grand gagnant de ces duels parce qu’il a bien su présenter et expliquer son programme politique aux Québécois. Les Québécois désirent désespérément du changement (WE WANT CHANGE) et je crois que François Legault a su bien se présenter comme le catalyseur de ce changement. Il a martelé le fait que Jean Charest et Pauline Marois représentent la vieille garde politique qui protège le statu quo et le modèle québécois qui est à son dernier souffle. C’est vraiment lors de son duel contre son ancienne collègue du Parti québécois que celui-ci s’est le plus démarqué. Le chef caquiste a brillamment stigmatisé Mme Marois comme la reine du statu quo qui a les mains liées par les grandes centrales syndicales. Le Parti québécois ne se préoccupe pas de la dette publique et de l’iniquité intergénérationnelle. Les deux seules priorités sont la séparation du Québec et la défense des petits privilèges de ses petits amis syndicalistes. Lors de ces batailles verbales, François Legault a prouvé qu’il avait l’étoffe d’un premier ministre en devenir. Il veut sortir la province de sa torpeur et il semble être sincère dans ses intentions de changer les choses.. La CAQ semble avoir le vent dans les voiles. Est-ce que le Québec sera frappé par un raz de marée caquiste? On aura la réponse le soir du 4 septembre prochain.

Le navire libéral est en perdition :

Le premier ministre Jean Charest a déclenché des élections estivales afin de profiter de la crise étudiante pour solliciter un quatrième mandat. Le chef libéral voulait se présenter comme la seule formation politique qui a tenu tête à la révolte étudiante et comme le seul défenseur des principes démocratiques contre la gauche étudiante radicale (la CLASSE). Le conflit étudiant n’a pas été un enjeu prédominant de la campagne électorale. Les étudiants ont décidé de retourner rapidement en classe et cela a fait dérailler la campagne libérale. Le plan de match de Jean Charest était directement lié à la crise sociale qui a empoisonné la société québécoise le printemps dernier. Le premier ministre a tenté de recentrer sa campagne sur la marque de commerce libérale : l’économie. Cet enjeu a toujours été favorable au Parti libéral du Québec mais l’usure du pouvoir semble être un poids que Jean Charest ne peut plus supporter. Le PLQ perd des appuis dans sa propre cour : Robert Libman (l’ancien chef du Parti Égalité), l’ancien député libéral André Chenail et Jean-Paul Boily (un organisateur libéral). Le Parti libéral semble être sur le chemin d’une défaite électorale. Ce parti mérite un long purgatoire dans l’opposition et il semble bien que c’est le sort que les Québécois vont lui réserver le soir du 4 septembre.

Le Parti québécois : ses obsessions linguistiques et souverainistes :

L’usure du pouvoir libéral devrait favoriser le Parti québécois dans sa quête du pouvoir mais ce n’est pas le cas. La CAQ a réussi à s’imposer comme une alternative crédible au gouvernement libéral sortant. Pauline Marois ne se préoccupe pas des priorités des électeurs québécois : la santé, l’éducation, le remboursement de la dette, l’équilibre des finances publiques et la stabilité politique. Le parti souverainiste est obsédé par la question linguistique et la souveraineté. Le PQ version 2012 n’est plus celui que René Lévesque a fondé en 1976. Ce grand leader détestait les radicaux et ce sont eux qui ont pris le contrôle du parti de Mme Marois. L’imposition de mesures linguistiques liberticides (la violation de la liberté de choix des étudiants concernant l’éducation collégiale) et le spectre d’un troisième référendum sur la séparation du Québec (la signature de 15% de Québécois serait assez pour plonger le Québec dans l’abîme référendaire) le prouve bien. Le Parti québécois veut faire reculer le Québec trente ans en arrière et ce n’est pas ce que désire l’électeur québécois moyen. Si Pauline Marois échappe encore au pouvoir le 4 septembre prochain, elle pourra remercier les extrémistes de son parti : Jean-François Lisée, Pierre Duchesne, Bernard Drainville, etc.

Il reste seulement une semaine avant le jour du scrutin. La CAQ a le vent dans les voiles. Est-ce que les deux vieux partis pourront arrêter sa montée? Cela fait plus de quarante ans que le Québec est dirigé par les deux vieux partis politiques. Est-ce que les Québécois oseront opter pour le changement et montrer la porte aux libéraux et aux péquistes. On aura la réponse le soir du 4 septembre.

La nouvelle droite et la question nationale

Par Philippe David

Nombreux sont les intellectuels souverainistes qui perdent leur latin devant le désintéressement général des membres de ce que certains appellent « la nouvelle droite » pour la question nationale et la protection de la langue. Sans pouvoir parler pour tous les individus qui composent la droite québécoise, je crois pouvoir y apporter un peu de lumière.

Libéralisme 101

S’il est faux de dire que la droite québécoise est essentiellement libertarienne, elle est certainement libérale, du moins dans le sens classique du terme. Les libertariens sont effectivement représentés, mais je dirais qu’elle contient une plus grande part de conservateurs fiscaux et de libéraux classiques. Des gens pour qui l’état reste un mal nécessaire, mais qui croient que celui-ci devrait se limiter à des fonctions restreintes et bien définies et qui croient que l’état devrait se substituer le moins possible à la liberté de choix des individus.

Pour les membres de la nouvelle droite, ce qui importe c’est une moins grande ingérence de l’état dans leurs vies personnelles et dans l’économie. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qui réduira la dette. Qui coupera dans la bureaucratie gargantuesque de notre état-providence. Qui remettra en question le panier de services offerts par le gouvernement, de façon à offrir moins de services, mais d’améliorer la qualité de ce qui est offert. Qui réformera le code du travail de façon à donner moins de pouvoir aux syndicats du secteur public?. Qui libéralisera l’éducation de façon à remettre les choix dans les mains des parents et des étudiants?. Qui réformera la santé pour y introduire un système mixte, comme ils ont en Europe et bien d’autres endroits dans le monde, de façon à introduire de la concurrence au grand bénéfice des patients?. Qui osera sabrer dans les subventions directes, indirectes et totalement indécentes, consenties à des compagnies qui ne pourraient se maintenir à flot par elles-mêmes? Qui réformera le système largement déficitaire des garderies?  Qui mettra fin aux monopoles gouvernementaux inefficaces comme la SAQ?

Toutes des préoccupations légitimes et probablement beaucoup plus urgentes à régler que le sempiternel débat constitutionnel et linguistique.

Le monopole du micro

Qu’avons-nous à la place? La même vielle cassette qui tourne depuis un demi-siècle. Le grand péril du français et la souveraineté. Pendant ce temps, le navire coule et nous voulons réorganiser les chaises sur le pont.  Nous ne nous sommes même pas posé de questions sur la dépendance que nous développions pour cet état tentaculaire qui est le nôtre, comme si ça allait de soi. Nous étions tellement obnubilés par la souveraineté et la langue que nous ne nous sommes jamais posés quant aux vrais choix de société que nous faisons. Nous avons perdus cinq décennies à débattre de la langue et de la souveraineté alors que nous nous appauvrissions progressivement et nos infrastructures pourrissaient sous nos pieds. Nous ne cessons de planifier le prochain référendum pendant que les groupes d’intérêt de toute sorte s’enrichissent  à nos dépens, que les contribuables croulent sous le fardeau des taxes et que nous amassons une dette que trois générations ne suffiront probablement pas à payer. Eh bien nous en avons marre!

Nous avons marre des lois liberticides destinées à nous enfermer dans un moule culturel uniforme. Nous avons marre des référendums et des éternelles chicanes avec le reste du Canada. Nous avons marre de la culture de revendication et de mendicité que nous maintenons envers les autres provinces. Nous avons marre du nationalisme économique qui maintient des cancres industriels sur le respirateur et étouffe l’entrepreneuriat en accaparant les ressources. Nous avons marre des apprenti-sorciers qui établissent des programmes qui doivent constamment être réformés, tellement ils sont mal conçus. Nous avons marre de payer trois fois le prix pour tous les projets entamés par le gouvernement. Nous en avons marre de passer des heures interminables à l’urgence et de crever sur les listes d’attentes quand nous savons que les solutions existent mais qu’aucun politicien ne veut les appliquer.

Alors excusez-nous, Ô intellectuels souverainistes, de croire qu’il est  plus urgent de réparer les torts de votre débat stérile que de partager votre fixation idéologique d’un pays qui s’écroulerait de toute façon sous son propre poids. Nous en avons tout simplement assez que vous ayez le monopole du micro.

Parti québécois : nationalisme et socialisme à l’honneur

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti  québécois, dirigé par Pauline Marois. Si les derniers sondages disent vrai, alors le PQ pourrait bien se retrouver au pouvoir, et très près d’une majorité absolue des sièges. Mais en regardant le programme[1], on peut s’attendre au pire.

 

En fait, on n’a pas besoin de regarder plus loin que le slogan électoral (À nous de choisir) pour se rendre compte des dangereuses tendances totalitaires du PQ. Oui, totalitaires : un politicien qui utilise « nous » fait fi des individus et les fond dans une masse indistincte. On ouvre ainsi la porte à tous les abus possibles aux droits individuels, les seuls qui comptent. Si on ne fait pas attention, nous risquons de devoir réciter cette prière :  « We are nothing, Mankind is all. By the grace of our brothers are we allowed our lives. We exist through, by and for our brothers who are the State[2]. » Le programme du PQ regorge de tels exemples, parfois carrément condescendants[3], à commencer par l’affirmation identitaire.

 

Affirmer la prépondérance de l’État dans nos vies

 

Sous la gouverne du PQ, l’État fera tout pour protéger « notre » culture, « notre » identité nationale, « nos » institutions publiques, et j’en passe – sans oublier, bien sûr, un référendum sur la séparation. Le tout sera enchâssé dans une constitution. Il va de soi que la formation de Pauline Marois fait fausse route. Si l’État doit absolument intervenir pour protéger la culture ou la langue, c’est un signe que « le peuple » s’en fiche. En effet, malgré toute les pressions assimilatrices, le français se parle encore dans le reste du Canada. Certes, il n’est pas aussi vigoureux qu’au Québec, mais il montre que le souci individuel de plusieurs personnes peut très bien défier n’importe quoi. Ce n’est pas le cas au Québec; les gens ne consomment pas la « culture »[4], et ce malgré tous les quotas de contenu québécois ou francophone imposé aux différents médias. D’ailleurs, ces mesures empêchent les radios de diffuser la musique qu’elles veulent, donnant un avantage indu à des artistes seulement à cause de leur langue de travail – Arcade Fire, Leonard Cohen et une partie de l’œuvre de Céline Dion sont ainsi exclus.

 

Ce favoritisme se reflétera jusque dans les écoles. On propose notamment l’instauration de crédits d’impôts pour l’apprentissage des arts, l’encouragement pour les écoles pour les sorties « culturelles » et le soutien des tournées (surtout internationales) d’œuvres et de productions culturelles. Dans les trois cas, on changera donc le comportement des gens afin de les faire adopter ce que le gouvernement considère comme « bon ». Et ce, même si ladite production « culturelle » se rentabiliserait d’elle-même si elle intéressait le public.

 

Dans le domaine linguistique maintenant, on propose de terminer l’assassinat de notre liberté de choix en enseignement en barrant toute personne n’y ayant pas droit du système scolaire anglophone – cégep, université, formation professionnelle et écoles « passerelles ». Ayant moi-même fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), je peux promptement m’opposer à cette mesure. Je ne suis pas devenu anglophone; mon anglais s’est même amélioré comme jamais. Si je m’en étais tenu aux cours d’anglais réguliers du secondaire, qui étaient d’une facilité débilitante, je n’aurais pas pu vivre quatre années en milieu majoritairement anglophone.

 

S’appauvrir

Après avoir nationalisé l’identité, le PQ projette par la suite de nationaliser l’économie, et le mot est faible. Puisque le « les Québécois » sont propriétaires des ressources se retrouvant sur 1 667 441 km2, le PQ instaurerait une taxe de 5% sur la valeur brute de la production (même s’il y a des pertes) de même qu’une taxe sur le « surprofit » (non défini) de 30%, sans oublier une taxe de 50% sur les profits de l’exploitation des hydrocarbures avant impôt. Sans le filtre socialiste, ces promesses se liraient : le gouvernement et « le peuple » ont droit au produit des minières, et ils l’auront. Nous allons nous assurer de recueillir juste assez d’argent pour le laisser vivre, mais trop peu pour l’empêcher de fonctionner. La citation d’Anthem prend ici tout son sens.

 

Soyez francs : voudriez-vous travailler dans de telles conditions? Voudriez-vous qu’un criminel soit mieux traité que vous? Voudriez-vous êtes coupables de faire du profit « without any definable criteria of innocence or proof, and [be] left at the mercy of the whim, the favor, or the malice of any publicity-seeking politician, any scheming statist, any envious mediocrity who might chance to work his way into a bureaucratic job and feels a yen to do some trust-busting[5] »? Moi non plus. Avec de telles mesures, attendez-vous à une agonisation complète du secteur minier.

 

Comme si siphonner les entreprises n’était pas assez, le PQ veut également exiger, des entreprises «  en mesure de le faire » (capacité non définie), une 2e et une 3e transformation « afin de créer des emplois de qualité et durables chez nous. » Oui, vous avez bien lu : le PQ est un parti mercantiliste  qui veut affaiblir la division internationale du travail – et donc appauvrir tout le monde[6]. Il oublie ainsi que quand il y a commerce, c’est parce qu’il y a un avantage mutuel. En important, on doit nécessairement exporter quelque chose, que ce soit un produit matériel ou de l’argent, lui-même résultat d’une production antérieure[7]. En fait, un pays gagne à importer plus qu’il n’exporte parce qu’il obtient ainsi plus pour moins[8] (sauf si c’est fait à crédit, naturellement).

 

Le siphonnage des entreprises (et des contribuables) se poursuivrait avec la politique péquiste du bois, qui vie à augmenter son utilisation dans la construction et à doubler la production forestière. Comme c’est le cas avec la culture, ce qui a besoin d’aide pour survivre devrait simplement être débranché. Si le marché (i.e., les décisions de TOUS les humains) ne suffit pas pour que l’industrie du bois survive dans sa forme actuelle, alors qu’il en soit ainsi. Et traiter ceux qui s’opposent à cette politique de traitre[9] ne fait que montrer son irrationalité.

 

Le siphonnage atteindrait son paroxysme avec cette volonté d’atteindre l’indépendance énergétique et alimentaire. Pour ce qui est de l’énergie, le PQ veut réduire les importations de pétrole pour en réduire notre « dépendance », de même que fixer des objectifs de production pour chaque filière « renouvelable » (qui n’utilise pas d’uranium ni de combustibles fossiles). Bref, on veut répéter l’erreur espagnole[10]. Tandis que pour l’alimentation, le PQ veut faire passer de 33% à 50% « la consommation de produits québécois de qualité et à prix compétitif. » Pourquoi faire? Si les produits québécois sont si bons et à si bon marché, leur consommation va augmenter seule. Mais pour l’instant, on a des prix planchers pour le lait, les œufs et même la bière, limitant ainsi la consommation. En comparaison, j’achetais 2 quatre litres de lait pour moins de deux dollars chacun en Idaho; c’est plus de trois fois le prix au Québec.

 

Fausse note environnementale

 

Considérant l’ignorance crasse du PQ en économie, il n’est pas surprenant de voir la même ignorance du côté environnemental. En effet, un gouvernement péquiste se donne comme mission de respecter le Protocole de Kyoto en réduisant les gaz à effet de serre, même si les prévisions climatiques du GIEC ont, depuis longtemps, été discréditée. Non seulement ça, mais l’influence sur le climat planétaire – si tous les pays signataires respectaient les clauses – serait absolument nul parce que les pays émergents (Russie, Chine, Inde) ne pas PAS liés au protocole, et peuvent donc construire des usines au charbon comme bon leur semble. Un gouvernement péquiste investirait aussi massivement dans le transport en commun et l’électrification des transports, comme si notre troupeau d’éléphants blancs n’était pas déjà assez nombreux.

 

L’ignorance se manifeste également dans la volonté de protéger les milieux humides. Ne vous méprenez pas : je suis conscient de leur importance. Mais si on veut les protéger, le mieux est de les privatiser. C’est ainsi qu’on a pu sauver le rhinocéros blanc[11] et l’oryx algazelle[12].

 

Folie des grandeurs économique

 

Le PQ n’est pas en reste quand vient le temps d’étaler son ignorance économique. Voilà maintenant qu’il veut relancer le secteur manufacturier en l’appuyant. Si le PQ veut vraiment aider le secteur manufacturier, qu’il attaque les principaux responsables de sa chute : les syndicats. En effet, les secteurs syndiqués ont été plus touchés par les licenciements[13]. Preuve que les syndicats nuisent : l’Alberta a le plus faible taux dans le secteur manufacturier, et ce dernier est en pleine expansion[14].

 

Et comme si les scandales financiers passés n’étaient pas assez, le PQ voudrait forcer la Caisse de dépôts et de placements à investir davantage au Québec pour notamment contrer la délocalisation d’emplois. On ouvre ainsi la porte pour une nouvelle Gaspésia[15]. Cela risque aussi de se produire avec cette volonté de créer des fonds régionaux pour « diversifier » les économies régionales et locales. En d’autres termes, on veut pousser la logique mercantiliste à l’intérieur même des frontières québécoise. Si une économie est peu diversifiée (peu importe ce que ça veut dire) et qu’elle se concentre seulement sur quelques industries, c’est parce que c’est plus avantageux ainsi. Si le gouvernement s’immisce dans le procédé, alors on affaiblit la division du travail et ouvre la porte à la corruption.

 

Il est donc paradoxal pour le PQ de vouloir à la fois augmenter l’aide de l’État pour l’économie et vouloir plaider pour une réduction de la bureaucratie, et surtout de la taille du ministère de l’Éducation. Considérant la très grande proximité du PQ avec les syndicats, ces derniers, s’ils ne font pas reculer Marois, risque de s’allier avec Québec solidaire, et elle ne veut pas ça. Elle fera donc comme Jean Charest en 2003 et rentrera dans le rang[16] (vers 6:50). Elle le fait déjà dans le programme en promettant de redonner à la fonction publique « son expertise et son haut niveau de compétence. » Quelle compétence? Ils sont les moins productifs du pays[17].

 

S’entraider à la pointe d’un fusil

 

Elle le fait également avec toutes les mesures de « solidarité » proposée, car « il faut assurer la justice économique et défendre vigoureusement les Québécois les moins fortunés de notre société. » Remarquez bien le choix de mots : il faut. Car hors de l’État, point de salut…

 

En éducation, le PQ, malgré tous les troubles causés par les anarchistes, promet d’abolir les hausses annoncées par le gouvernement Charest. Comme opportunisme, on peut difficilement faire mieux. De toute façon, la hauteur des frais de scolarité semble avoir peu d’influence sur la fréquentation et la diplomation[18], si l’on compare aux autres provinces dont les frais sont plus élevés[19]. Et même si les frais diminuent la fréquentation, c’est une bonne nouvelle; en devant payer un prix réaliste pour les études, les étudiants éviteront les facultés aux débouchés plus limités.

En plus d’annuler la hausse, le PQ tiendrait un gigantesque sommet réunissant les représentants des étudiants, les directions d’établissement, les représentants syndicaux et patronaux. Comme toujours, le contribuable est laissé de côté et se ramassera avec la note finale, probablement très salée. Sans compter que tenir un tel sommet est un non-sens. Tient-on des sommets sur l’alimentation quand le prix des denrées augmente dramatiquement? N’en déplaise aux socialistes, l’éducation est une marchandise, pas un droit. Prétendre qu’on a droit au produit d’un humain (son enseignement, dans ce cas-ci), c’est affirmer qu’on a droit à sa vie. Si le PQ veut vraiment aider le système éducatif, qu’il abolisse complètement le ministère de l’Éducation. Ainsi, les écoles seront plus autonomes, elles seront plus libres d’engager les professionnels qu’elles jugent pertinent (plutôt que de voir plus de cadres dans les commissions scolaires), leur laissant ainsi le loisir de créer des programmes qui attireront les élèves et les motiveront à rester sur les bancs. Présentement, l’école régulière suit le même modèle que celui de l’Allemagne du 19e siècle : tout le monde assis, suivant le même programme rigide. Eus-je dû suivre un tel programme – j’ai pu faire parti d’un programme concentration langue –, j’aurais grossi les statistiques du décrochage.

 

Du côté de la santé et des services sociaux, bien qu’on propose l’abolition de la taxe santé, on propose de créer deux nouveaux paliers d’imposition. Peu importe si les riches, aux États-Unis[20] et même au Québec[21], paient nettement plus que leur représentativité dans la population. Et peu importe si le Québec est déjà l’enfer fiscal « par excellence » du Canada – le palier d’imposition le plus bas (16%) est plus élevé que le palier d’imposition le plus élevé de huit provinces. Ceci 1) ne créera pas autant de revenus que les estimations – les gens, à long terme, vont changer leur comportement pour ne pas avoir à payer de l’impôt – et 2) augmentera inévitablement les dépenses[22].

Si on veut vraiment aider le système de santé, la meilleure solution est que le gouvernement s’en retire complètement; donc, pas de ministère de la Santé ni d’ordres professionnels. Ainsi, les hôpitaux deviennent plus autonomes et seront libres d’intégrer les technologies qu’ils veulent (car plusieurs augmentent substantiellement les couts[23]), peu importe leur provenance, les gens qui s’en croient capables peuvent devenir médecin sans avoir à subir de longues et pénibles études – quoiqu’ils auront de la difficulté à se tailler une crédibilité –, ce qui pourrait ainsi soulager la pénurie de médecins. Aussi ne perdrait-on pas de temps avec la prévention, parce que soigner une personne de plus de 80 ans en santé durant sa jeunesse coute plus cher que de soigner un fumeur ou un obèse[24]. Avec toutes ces ressources ainsi libérées, les gens auront le choix de pouvoir se faire soigner à domicile.

 

Nuire plutôt qu’aider

 

En plus d’entraver la santé et l’éducation, le PQ veut également – et fort probablement inconsciemment – nuire aux travailleurs, aux familles et aux démunis.

 

Ces derniers, sous un gouvernement péquiste, verront se construire 3000 logements sociaux par année. Peu importe s’ils sont des nids à criminels[25], tout le monde doit être abrité! Une partie de l’inaccessibilité (et des pénuries) pourrait être réglée si on abolissait le contrôle des loyers. Oui, les prix augmenteraient à court terme, mais les propriétaires seraient ainsi encouragés à construire, ce qui réduira les prix. Et rien n’empêche la création de coopératives d’habitations. Pour ce qui est des autochtones du Nord, leur situation s’améliorerait s’ils étaient propriétaires, ce qui n’est pas le cas[26].

 

Les familles, elles, seront « choyées » en ayant notamment une place assurée pour leurs enfants en CPE, car « le Québec doit pouvoir ainsi compter sur 250 000 places pour répondre aux besoins des familles » et en ayant droit à des congés familiaux pour prendre soin des enfants ou de personnes handicapées ou âgées. Encore une fois, qui veut faire l’ange fait la bête. Forcer les employeurs à accorder plus de congés risquent de les décourager d’engager des parents. Aussi, la création de nouvelle place en garderies publiques ouvre la porte au favoritisme. Sans compter qu’avant cette création de Marois, on ne se plaignait jamais d’un manque de place en garderie.

 

Enfin, pour « aider » les travailleurs, on propose notamment de bétonner leurs régimes de retraite pour les protéger de tout changement et de restreindre encore plus le recours aux briseurs de grève. En d’autres mots, le PQ s’immisce encore plus dans les relations personnelles et dicte ce qui doit et ne doit pas être fait. Dans les deux cas présents, on décourage encore plus l’entrepreneuriat puisque 1) dès qu’un régime de retraite librement consenti est négocié, il est intouchable, ce qui risque d’augmenter dramatiquement les couts – on n’a qu’à penser à GM[27] – et 2) on oblige un employeur à garder les mêmes employés même si ces derniers refusent de travailler. Atlas pousse de très gros soupirs…

 

Agir (relativement) honnêtement

 

Toutefois, je suis obligé de reconnaître que le PQ marque quelques points dans son programme. On propose d’enlever le crédit d’impôt pour don politique, ce qui retirera enfin un peu de financement public pour les partis. On veut aussi, à l’image des ÉU, limiter les mandats consécutifs des premiers ministres et des maires de municipalités de plus de 5000 habitants. Il pourrait certes y avoir du renouveau, mais comme en Russie, rien n’empêchera un candidat de se représenter dans deux élections. Si on veut empêcher les dynasties, le PQ devrait plutôt limiter à deux (pour le PM) ou trois (pour les maires) mandats pour les élus.

 

Parlant d’élection, on souhaite, comme à la CAQ, des élections à date fixe. Mais comme j’en ai déjà parlé[28], tenir une telle promesse est très difficile dans le paysage politique actuel. C’est certainement plus facile en Saskatchewan où, malgré la présence de nombreux partis, seuls deux sont à la législature. D’ailleurs, si les sondages disent vrais, le PQ serait un gouvernement minoritaire. À moins d’une alliance, son pouvoir sera bien fragile.

 

Toujours dans le domaine des élections, on propose de mettre les élections scolaires en même temps que les élections municipales. C’est une bonne idée car on économisera sur les frais d’organisation, mais je doute  que cela change grand-chose pour le monde scolaire; le taux de participation en généralement sous les 10%, et la plupart des gens sont élus par acclamation.

 

La dernière mesure touchant le processus électoral vise l’instauration de référendums d’initiatives populaires. Bonne nouvelle : ils ne pourront toucher la Charte québécoise des droits et liberté de la personne ni une future charte de la laïcité (quoiqu’elle ne soit pas utile en soit; nos lois et chartes actuelles suffisent pour limiter les abus possibles de certaines cultures). Mauvaise nouvelle : ils ne pourront toucher ni la future constitution, ni même les questions fiscales. Alors à quoi bon avoir ces référendums?

 

En conclusion, la venue de Pauline Marois au pouvoir serait bel et bien une catastrophe. Les politiques de son parti son presque plus surréalistes que celle de Québec solidaire. S’il faut voter pour le moins pire dans une élection (si tant voter pour un pire est bon), alors le PQ ne peut être un bon choix. Si les électeurs choisissent ce parti, attendez-vous à une chute de notre économie, prévient une firme d’investissement[29].



[2]    Rand, Ayn. Anthem, Signet Books, Irvine, CA, 1995, p.21

[5]    Rand, Ayn. Capitalism : the Unknown Ideal, Signet Book, New York, 1967, p.51

[6]    Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.11

Le scrutin du 4 septembre : Que doivent faire les conservateurs québécois? S’abstenir ou voter pour la CAQ?

Par Simon Leduc

Au déclenchement des élections, le parti de François Legault était en troisième place loin derrière les deux vieux partis. La CAQ a complètement dominé la première semaine de campagne à cause de ces trois éléments : la formation d’une équipe crédible et expérimentée derrière le chef, la candidature de Jacques Duchesneau et l’imposition de l’intégrité et de la corruption comme enjeux prédominants de la joute électorale. Cela a permis à la CAQ de prouver qu’elle était prête à former le prochain gouvernement.

On ne sent pas un grand enthousiasme pour ce parti centriste (contrairement à l’ADQ en 2007) mais les Québécois veulent du changement. On va se dire les vraies affaires, l’ancien ministre péquiste ne propose pas de remettre en question le sacro-saint modèle québécois. Il ne va pas toucher au caractère universel de nos programmes sociaux coûteux et inefficaces. La mixité en santé a été rejetée du revers de la main part le chef caquiste et le remboursement de la dette publique (qui s’élève à 252 milliards de dollars) ne fait pas partie de ses priorités. Si elle est élue, la Coalition avenir Québec ne va pas réduire de façon importante la taille de l’État parce que son chef est un étatiste. Celui-ci croit en un État fort et interventionniste et il pense que celui-ci serait plus efficace sous sa gouverne. Les troupes caquistes proposent de taponner la Caisse de dépôts et de placements du Québec afin qu’elle investisse davantage dans les entreprises québécoises même si c’est moins rentable pour elle. Autrement dit, M. Legault veut jouer à la roulette russe avec le bat de laine des Québécois. Il faut se rendre à l’évidence, la CAQ n’est pas un parti de droite mais bien centriste.

L’ancien député de Rousseau propose quand même des idées qui peuvent séduire la droite québécoise : une faible réduction d’impôts pour la classe moyenne, un plan de réduction de la dette publique par l’entremise de redevances minières et pétrolières et des coupures dans la fonction publique (abolition des Commissions scolaires et des agences de santé, des coupures de postes à Hydro-Québec et la réduction du nombre d’élus de la métropole. C’est un bon début mais la CAQ ne va pas assez loin dans ses réformes. La question que je me pose est la suivante : Que doit faire la droite québécoise? Elle pourrait voter pour des tiers partis comme le Parti conservateur du Québec ou Équipe autonomiste mais ceux-ci sont des partis marginaux et très peu connus. Les conservateurs québécois pourraient appuyer massivement la CAQ afin de se débarrasser des deux vieux partis mais surtout pour empêcher le PQ de former un gouvernement majoritaire. Le Parti québécois représente réellement une menace pour le Québec. Ce parti (qui était jadis dirigé par un grand homme René Lévesque) s’est radicalisé sur le plan linguistique. Sa volonté d’empêcher les jeunes francophones de fréquenter des collègues anglophones est une attaque directe au principe sacré de la liberté de choix. Avec une majorité, Pauline Marois va pouvoir partir en guerre contre Ottawa et elle va mettre le cap sur un autre référendum. Est-ce que l’on veut cela? Je ne pense pas.

Il ne faut pas que le PQ obtienne une majorité le soir du 4 septembre prochain. Plusieurs de mes amis conservateurs vont être tentés par l’abstention. Je ne crois pas que c’est la chose à faire. À cause de l’effondrement du vote libéral (moins de 20% chez le vote francophone), seul la CAQ peut barrer la route à une majorité péquiste. Les conservateurs devraient y penser à deux fois avant de s’abstenir. En tout cas, une forte abstention des anciens partisans de l’ADQ favoriserait Pauline Marois et ses ayatollahs de la langue. Les électeurs qui se situe à droite du centre du spectre politique doivent se poser cette question : Voulez-vous quatre ans de Pauline Marois? Je pense que de poser la question c’est y répondre.

La CAQ : un parti comme les autres

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve la Coalition Avenir Québec, née des cendres de l’ancienne ADQ. Toutefois, en lisant le programme[1], on se rend vite compte que l’influence de l’ancienne formation de « droite » (pour une intervention réduite du gouvernement) est presque inexistante.

 

En effet, dès les pages 10 et 11, on affirme d’un même souffle que « Si une intervention plus marquée de l’État s’impose dans certaines sphères d’activité, il n’hésitera pas à s’impliquer, tout comme il n’hésitera pas à réduire la taille des structures superflues et à décentraliser au besoin les ressources et les centres décisionnels. » On veut notamment s’assurer « que les Québécois tirent pleinement profit de l’exploitation de leurs richesses naturelles » et « que le ministère de l’Environnement dispose des ressources adéquates pour assurer une protection optimale de l’exceptionnel patrimoine naturel du Québec. »

 

Heu, comment peut-on vouloir à la fois augmenter et diminuer la taille du gouvernement? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre; le gouvernement augmente ou non. Considérant qu’un employé syndiqué est presque impossible à congédier[2], je doute que Legault soit capable de diminuer la taille du gouvernement, à moins qu’il n’ose toucher véritablement au Léviathan syndical.

 

Aussi, le langage collectiviste – les Québécois, le patrimoine exceptionnel du Québec – trahit les vraies intentions de la CAQ. Pour paraphraser Equality 7-2521, les expressions collectives (« les Québecois ») sont « the word of serfdom, of plunder, of misery, falsehood and shame[3]. » En effet, du moment qu’on prétend qu’une ressource, exploitée ou non, appartient à une collectivité, ou que le gouvernement a le droit de vie ou de mort sur son exploitation – ou qu’il y ait une participation minoritaire via la Caisse de dépôts et de placements –, alors on ne peut s’attendre qu’à un pillage systématique, de la misère, de la servitude et de la stagnation. Bref, au statu quo.

« Les Québécois » dans leur ensemble n’existent pas; il s’agit uniquement de 8 M de personnes individuelles qui vivent sur le territoire nommé Québec. « Les Québécois » qui veulent une intervention du gouvernement – même « lorsque nécessaire », si cela est possible – sont simplement des individus regroupés qui ont un fort intérêt à ce que le gouvernement intervienne en leur faveur. Car TOUTE intervention du gouvernement hors de ses tâches régaliennes (justice et sécurité publique) est TOUJOURS pour aider quelqu’un/un groupe de personnes au détriments de tous les autres, généralement au travers d’impôts, de taxes, de réglementation et je ne sais quoi d’autre.

 

De bons efforts pour l’éthique

 

Malgré ses tendances collectivistes, la CAQ a néanmoins certaines bonnes idées, à commencer par sa volonté d’améliorer l’éthique gouvernementale. On propose notamment d’élargir les pouvoir du vérificateur général, pour qu’il puisse vérifier les comptes des sociétés d’État sans leur demander la permission. On pourra enfin exposer au grand jour la mauvaise gestion d’Hydro-Québec[4] et de la SAQ[5], de même que rappeler celle des commissions scolaires[6], afin de demander des changements en profondeur, ou mieux demander leur abolition ou leur privatisation. Mais plutôt que de créer un VG qui vérifierait les comptes des villes de moins de 50k personnes, pourquoi l’actuel ne s’en chargerait pas?

La CAQ proposé également plus de transparence du gouvernement. On promet d’accélérer l’obtention de renseignements publics (via la Loi d’accès à l’information) et de rendre public tout contrat, dépense ou engagement public (ministères ou organismes) de plus de 25k$. Espérons que le gaspillage diminue avec cette mesure de visibilité – espérer une privatisation massive relève (malheureusement) de la pensée magique…

 

Aussi, bien que je sois généralement réfractaire à la création de nouvelles structures publiques, l’idée de créer un directeur parlementaire du budget semble séduisante. Le poste existe à Ottawa, et aussi à Washington (nommé CBO). Celui des ÉU estime, à la demande des parlementaires, des projections de dépenses à plus ou moins long terme pour certaines mesures publiques. Dans un cours que j’ai suivi en ligne, ce sont les prévisions du CBO qu’on a utilisées pour montrer que la réforme de la santé d’Obama allait avoir un effet marginal sur le déficit à long terme; en fait, elle ne ferait que ralentir le rythme de croissance.

 

Pour en revenir à la CAQ, deux dernières mesures d’intérêt pour l’éthique touchent directement les partis politiques. On propose de limiter les dons politiques (à un seul parti) à 100$/personne par année, ce qui « rendra pratiquement impossible l’utilisation des prête-noms. » Si Pauline Marois et Paul Desmarais ont été capables de le faire, ils trouveront sans doute le moyen de le faire encore. En plus de cette mesure, on propose un financement public (via le Directeur général des élections) à hauteur de 3$ par dollar versé par un particulier. En plus d’utiliser l’argent de Pierre pour payer Paul, cette mesure ne favorisera, encore une fois, que les gros partis avec une bonne machine. Avec une telle mesure, je doute fortement que Québec solidaire pour le Parti conservateur ait, à court et moyen terme, beaucoup d’argent, contrairement au PQ et au PLQ.

 

La seconde mesure politique veut instaurer des élections à date fixe comme sept autres provinces canadienne, un territoire et la Chambre des communes. L’idée serait excellente; ainsi, on n’aurait pas à anticiper les caprices du premier ministre en place pour savoir quand nous irions voter. Malheureusement, avec notre système parlementaire actuelle, l’application d’une telle loi est très difficile, comme l’a montré Stephen Harper de 2005 à 2011. Tout comme à Ottawa, les tiers partis prennent de plus en plus de place au Québec. Cela divise le vote (pas que c’est mauvais), rendant les gouvernements minoritaires de plus en plus probables et fréquents. Pour avoir de vraies élections à date fixe, on doit soit adopter le système des États-Unis (séparer le législatif et l’exécutif), soit adopter un système électoral proportionnel, où les alliances entre partis sont plus faciles. Tout cela, naturellement, suppose un statu quo politique, avec un gouvernement omniprésent. Dans un État minarchiste, la présence de plusieurs partis est sans importance puisque l’État n’intervient pas (ou si peu) dans l’économie.

 

Une efficacité superficielle

 

Après avoir parlé de transparence et d’efficacité, la CAQ retombe vite dans le train habituel de « faire mieux » avec les services publics. Et comme les autres partis, on prétend que les citoyens ont droit à ces services. Sans les euphémismes et le filtre de la novlangue, on dit clairement qu’on prône l’esclavage. Non, je ne fais pas de démagogie. L’esclavage était justement ça : prendre le produit d’un autre humain sans que ce dernier ne puisse en profiter. Que ce soit dans un champ de coton, dans un hôpital ou dans une école, le résultat est le même : on brime les libertés individuelles des gens touchés. Si prendre 100% du produit de quelqu’un est de l’esclavage, quel pourcentage n’en est pas?

 

Certes, la CAQ promet un dégraissage de la bureaucratie en tentant de rendre plus responsable les fonctionnaires, ce qui va, dit-on, les faire gagner en efficacité et donc faire économiser. Malheureusement, cette mesure risque d’être vouée à l’échec. En effet, il n’y a que deux choix : fonctionner selon des règles bureaucratiques ou par profit. Et dans le premier cas, les patrons tuent plus souvent qu’autrement l’innovation chez les plus jeunes et ambitieux[7]. Sans profit, il n’existe pas de critères objectifs pour déterminer la réussite ou l’échec d’un programme public. Même un déficit n’équivaut pas à un échec[8]. La seule solution pour vraiment économiser sur la bureaucratie est de diminuer le nombre de fonctionnaires.  Ça ne risque pas d’arriver; le parti de Legault propose de rediriger une partie des économies (s’il y en a) sur les dépenses d’opération vers écoles et autres institutions locales pour « offrir » plus de services à la population.

 

Parallèlement, la CAQ se plaint que le ministère des Transports a perdu son expertise au profit du privé, « laissant le gouvernement sans ressources adéquates pour effectuer la surveillance, la coordination et le suivi des projets et des investissements. » Et pourquoi donc le gouvernement devrait-il gérer les routes? N’en déplaise aux étatistes[9], les routes privées sont possibles, et même désirables[10]. En privatisant les routes, on règle par le fait même leur piètre qualité – un entrepreneur voudra rentabiliser son investissement – et la corruption inhérente à l’attribution de contrats publics.

 

La même chose s’applique au transport en commun. Oui, « la multiplication des structures administratives affecte souvent la qualité de la planification, génère des pertes d’efficacité et contribue à ralentir les processus. » Ce n’est certainement pas en centralisant encore plus – via une nouvelle société d’État – que le problème se règlera. Tout allait mieux à Montréal (côté cout) avant la venue de la STM[11]. Aussi, quand le gouvernement contrôle ce secteur, il y va souvent de choix qui sont non seulement couteux mais qui diminuent l’utilisation[12]. La planification publique est et sera toujours un échec; qu’on laisse les individus se débrouiller eux-mêmes et le tout s’améliorera. Après tout, on ne planifie pas la fabrication de chaussure et de vêtements, et les prix sont relativement bas.

 

Pour en revenir à la simplification des structures, on propose de réduire de plus de moitié le nombre d’élus à Montréal. C’est une excellente idée; il y a un élu pour 15534 personnes à Montréal, contre 57778 à Toronto et 141 379 à New York. J’ajouterais que Québec en aurait aussi besoin; elle a un élu par 18429 habitants.

On propose également de donner la marge de manœuvre nécessaire aux villes pour qu’elles puissent faire face à leurs régimes de retraite. Formulé ainsi, je crains que les taxes foncières fasse comme une montgolfière et s’élèvent encore plus haut…

 

Des efforts financiers insuffisants

 

Du côté des finances, un gouvernement Legault avancerait quelques bonnes idées, notamment une diminution de 1000$ d’impôts par famille et l’élimination de la taxe santé. Malheureusement, les mesures pour compenser cette diminution des revenus – alléger les structures bureaucratiques – risque d’être un échec, tel que mentionné précédemment. D’ailleurs, peu importe les montants investis, que ce soit en éducation[13] ou en santé[14], il y aura toujours des carences majeures quand le public s’en occupe.

 

Parlant d’éducation, la CAQ déplore que les frais de scolarité n’aient pas été augmentés plus dans le passé. Questionnement étrange, considérant que le chef a été ministre de l’Éducation. Néanmoins, en gardant une perspective étatique, une hausse des frais de scolarité est la seule solution envisageable. Quand les frais sont « gelés », ils diminuent si l’on tient compte de l’inflation. Cela crée donc plus de pression sur les finances publiques.

Et n’en déplaise à la CAQ, une hausse soudaine pourrait avoir du bon. En effet, comme les gens devront payer un prix plus réaliste pour leurs études, ils pourraient ainsi ne pas aller à l’université ou, à tout le moins, éviter les facultés aux débouchés limités (théâtre, politique, sociologie). Je n’ai rien contre elles; par contre, le nombre de leurs étudiants est artificiellement élevé justement parce que leurs études sont bon marché (ou, parallèlement, que les prérequis sont trop peu exigeants, contrairement à la médecine), et le marché peut difficilement les absorber.

Une diminution du nombre d’étudiants créerait un soulagement sur le système de prêts. J’ignore quelle est la situation au Québec, mais aux États-Unis, c’est en train de devenir la prochaine bulle[15]. Cela prouve, une fois de plus, que la solution à un problème étatique est privée. L’État change le comportement rationnel des gens et les amènent à agir d’une façon différente que sur le libre-marché.

 

Ce n’est donc pas sans un certain scepticisme que je regarde la promesse de vouloir diminuer la dette. Bien qu’elle ait raison sur le montant et sur l’injustice intergénérationnelle que cela crée, la CAQ affirme aussi que payer la dette permet de libérer des ressources pour les missions « importantes » de l’État, non définies.

 

Elle affirme aussi que les redevances sur les ressources non renouvelables serviront à payer la dette, afin qu’elles « bénéficie à tous les Québécois, et non pas seulement à ceux qui ont la chance de vivre au moment de leur extraction. » Je ne reviendrai pas sur le langage collectiviste d’une telle pensée, mais j’ajouterai simplement que tout ce qu’un entrepreneur privé fait, c’est au bénéfice de la société, même si ce n’est pas le but explicite. Le boulanger, le boucher et le cordonniers ne travaillent pas pour nous nourrir ou nous vêtir mais bien pour se nourrir et se vêtir.

 

Prendre les familles par la main

 

La CAQ poursuit ses politiques collectivistes avec les familles. On espère entre autre mieux encadrer les CPE pour empêcher l’attribution de places par affairisme, pour mieux encadrer les programmes éducatifs qu’on y offre et faire reconnaître leurs services comme essentiels.

 

C’est drôle, mais jusqu’à ce qu’on nationalise les garderies, il n’y avait pas de problème de pénurie de places ni de grève. C’est depuis que l’État les a prises en charge que les problèmes ont commencé, l’affairisme y figurant au premier plan. Quand un programme est politique, la corruption est presque inévitable; le parti au pouvoir « récompense » ses électeurs, peu importe le domaine[16]. Et comme le cout défrayé est bien en-deçà du cout réel – même si le prix nominal a été augmenté[17] – alors la demande augmente artificiellement, ce qui cause des pénuries telles que tous les moyens sont bons pour avoir une place[18]. Enfin, comme les garderies sont devenus un service « public », elles sont nécessairement « essentielles ». Quelle ineptie : seules les tâches régaliennes d’un État sont essentielles, car elles maintiennent un minimum d’ordre dans la société. TOUT le reste ne crée que du chaos, comme c’est le cas avec les garderies.

 

C’est également le cas avec cette volonté d’obliger les employeurs à offrir des congés payés pour raison familiale. En fait, ce n’est pas chaotique, c’est paternaliste. On enlève ainsi la liberté aux employeurs et aux employés d’en arriver à un accord de gré à gré sur le sujet. Maintenant, comme c’est le cas avec les congés parentaux et l’équité salariale, les employeurs pourraient être tentés de discriminer les parents avec des enfants pour éviter d’être obligés de payer ces congés.

 

Ce paternalisme se reflète dans cette promesse de faciliter l’accès à la propriété. Oui, acheter une maison est très dispendieux, et de nombreux frais administratifs l’entoure. Malheureusement, tout gouvernement qui tente « d’aider » la population à devenir propriétaire crée des bulles, comme ce fut le cas aux ÉU[19] ou au Canada[20].

 

Il se reflète aussi dans cette volonté de non seulement maintenir les régimes « volontaires » d’épargne retraite, mais de les centraliser sous la Régie des Rentes du Québec. Il est vrai que les gens n’épargnent pas beaucoup; le programme de la CAQ affirme que 60% des travailleurs n’ont rien d’autre que le régime public auquel ils ont cotisé. C’est dommage, mais c’est prévisible. Avec un taux d’intérêt aussi ridiculement bas, épargner est même désavantageux si l’on tient compte des frais d’administration de plusieurs programme de RÉER. Et avec tout ces frais payés (taxes, impôts, RRQ, assurance parentale, etc.), le salaire réel des gens est maigre pour pouvoir épargner plus. Qu’on commence par l’augmenter –  il n’est pas mieux qu’au milieu du classement canadien[21] – afin de permettre aux gens les moyens de pouvoirs épargner pour leur retraite.

 

D’ailleurs, il n’est pas du ressort du gouvernement de dicter une politique de retraite à quiconque. Présentement, surtout dans le secteur public, on pense encore à Liberté 55; on espère prendre sa retraite à 55 ans ou après 35 ans de services. L’ennui avec cette mesure, c’est que les personnes (surtout les femmes) vivront encore en moyenne 25 ans. Dans l’État actuel du système, et avec la retraite à venir des baby-boomers, ça va créer une pression énorme sur les finances publiques. Laissons-donc le loisir aux travailleurs de prendre leur retraite quand bon leur semble ou de négocier un arrangement avec leur employeur.

 

Nuire à l’économie

 

En plus de vouloir diriger la destinée des familles, la CAQ veut aussi diriger l’économie du Québec. Elle veut notamment que la Caisse de dépôts et de placements investisse plus dans les entreprises québécoises afin que les « Québécois » redeviennent « propriétaires » de « leur » économie. Même d’un point de vue étatique – aucun parti majeur ne prône l’abolition de la CDP – cette mesure est un non-sens. Le but de la Caisse est de faire du profit. Donc, s’il y en a à faire avec une entreprise québécoise, elle le fera. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la CDP a attendu en juillet pour se décider d’acheter Rona[22]. Puisqu’elle est là pour rester, qu’elle soit complètement indépendante des pouvoirs politiques, et donc de pressions pour investir dans des endroits spécifiques. Ceci  inclut toute participation forcée dans les projets miniers du Grand Nord. Encore une fois, s’ils sont payants, la CDP investira d’elle-même.

 

Il en va de même pour l’innovation et la formation. Il est dans l’intérêt personnel d’un entrepreneur d’être le plus à jour possible s’il veut bien concurrencer ses adversaires. S’il ne le fait pas, c’est qu’il juge la mesure trop onéreuse ou inutile. Offrir (d’autres) crédits d’impôts dans le domaine est donc, au mieux, inutile. Mais au pis, cela concentre artificiellement certaines entreprises, comme les jeux vidéos à Montréal ou l’optique à Québec.

 

Idem pour ce qui est de « l’aide » gouvernementale à l’international. Si un entrepreneur québécois juge qu’il gagne à investir sur les marchés étrangers, il le fera. Un un entrepreneur étranger qui veut investir au Québec suivra les mêmes étapes. Malheureusement pour ce dernier, la xénophobie économique des politiciens décourage tout effort[23]. Si l’Alberta avait eu le même réflexe, son économie n’aurait pas autant explosé.

 

Même chose pour le développement régional et des autres secteurs de l’économie. Que ce soit pour Québec, Montréal ou les autres régions, le gouvernement doit tenir compte des deux mots préférés des libertariens anglophones : laisser-faire. Car qui dit investissement public dit taxes et impôts, et donc diminution de la richesse et de la productivité. Pour qu’il y ait développement économique, le gouvernement doit donc laisser faire la marché (i.e. tous les humains) et ainsi leur laisser décider où sera produit quoi afin que ce soit au meilleur prix. « Encourager » une quelconque industrie sur un territoire (dans le cas de la CAQ, la transformation des aliments) sous-entend nécessairement des mesures protectionnistes, et donc une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Toutefois, une mesure encourageante distingue la CAQ des autres partis. En effet, on propose de modifier le Code du travail pour obliger un vote secret pour obtenir une accréditation syndicale. J’irais encore plus loin : fin de la formule Rand – le droit d’association, c’est aussi le droit de ne PAS s’associer – et fin de la loi anti-briseur de grève. Cette dernière est une violation flagrante de la propriété privée, puisqu’elle empêche un employeur d’engager des gens qui veulent travailler aux conditions offertes. La loi a ainsi cédé au terrorisme syndical[24].

 

Fausse route environnementale

 

En ce qui concerne l’environnement, les prémisses de la CAQ sont moins solides qu’un jouet acheté dans un magasin à un dollar. En effet, l’équipe Legault s’engage à respecter les recommandations du GIEC pour la réduction des gaz à effet de serre, même si l’organisation a été discréditée depuis belle lurette[25].

La CAQ veut également imposer un moratoire sur le développement des gaz de schiste « et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation du gaz de schiste qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement naturel et de la santé des populations locales. » Ces études existent déjà, mais la peur continue de régner, fût-elle une fabulation totale[26]. De plus, le gaz naturel est moins polluant que les autres énergies fossiles; cela permettrait au Québec de diminuer son utilisation de mazout lourd, la deuxième plus forte au pays[27].

 

Mais comme l’idéologie prime sur les faits en politique, la CAQ continuera sur sa fausse route en « encourageant » le développement des énergies alternatives et en garantissant un tarif minimal pour leur exploitation. En d’autres mots, on veut répéter l’erreur espagnole[28] et les nombreuses commises aux États-Unis[29][30] et gaspiller les fonds publics dans des aventures vouées d’avance à l’échec.

 

Ce gaspillage se reflète aussi dans la politique de crédit d’impôt pour les voitures hybrides, une des clés de voûte des écologistes modernes. Mais ne leur en déplaise, les voitures hybrides sont très souvent plus sales (pour l’instant) que les Hummer[31] et les propriétaires d’hybride renouvellent rarement leur auto[32].

 

Ce gaspillage se reflètera aussi dans des investissements caquistes pour « améliorer » la circulation automobile. Comme toujours, on ne mise que sur le transport en commun. Bien qu’il ait une certaine importance, il ne faut pas miser uniquement sur lui. En effet, on m’a toujours enseigné dans mes cours d’économie que l’utilisation de l’autobus est inversement proportionnel à la richesse. Durant les deux années où j’ai travaillé à temps plein, j’ai vite compris pourquoi : la voiture est prête quand on a besoin d’elle, tandis qu’on doit être prêt pour l’autobus… si jamais il passe. De plus, un autobus n’est (généralement) écologique qu’aux heures de pointe[33], soit moins de ¼ de la journée au Québec. La congestion routière s’explique par un simple principe d’offre et de demande : les routes offertes sont « gratuites », alors la demande pour ces dernières est très fortes. En instaurant des péages (ou mieux, en vendant les routes), on allègerait du même coup le fardeau fiscal et « obligerait » les gens à repenser leur itinéraire. Et privatiser le transport en commun aussi serait une solution; avant que le public ne s’en mêle, les autobus au Chili étaient très efficaces[34].

 

En conclusion, qualifier la CAQ de « droite » est une farce monumental. Comme je l’ai démontré, ce parti est, à tout le moins, aussi interventionniste que le PQ et le PLQ. Il continuerait de propager la même vieille idée fausse que le gouvernement doit intervenir dans la santé, l’éducation de même que dans la culture et la langue – la CAQ propose encore plus de fonds pour sa « promotion » et sa « protection ». Si François Legault et son équipe rentre au pouvoir, ne vous attendez-donc pas à une révolution.



[3]    Ayn Rand, Anthem, Signet Book, Californie, 1995, p.97

[7]    Mises, Ludwig Von. Bureaucracy, New Haven, Yale University Press, 1944, p.56

[8]    p.61

[24]  Mises, Ludwig Von. Socialism :An Economic and Sociological Analysis, New Haven, Yale University Press, 1951, p.480-1

[28]  http://www.juandemariana.org/pdf/090327-employment-public-aid-renewable.pdf

Le travail engendre le travail

Les Québécois vivent depuis des décennies dans une société socialiste , donc de pénurie, qu’aucun politicien ne remet en cause. Chacun est persuadé de la véracité de la lutte des classes, que patrons et employés sont adversaires, que l’enrichissement des uns entraîne l’appauvrissement des autres. On fait croire que le travail est limité, qu’il faut le partager. Rationner n’est pas politiquement correct, ni électoralement vendeur, « partager » c’est mieux ! D’où les , la réglementation du temps de travail, les taxes (impôts) progressives et élevées, un code du travail draconien etc. C’est le fameux « Travailler moins pour travailler tous ». Ces idées sont fausses mais très largement admises! Elles sont cohérentes avec le socialisme, qui est disette, et qui imprègne notre société. Les individus ne peuvent imaginer autre chose.

Quand on regarde quelle était la condition de l’Homme depuis son apparition sur terre, force est de se rendre à l’évidence, nous étions peu de chose. L’Homme s’en est tiré par son génie, le travail, la coopération et l’échange.

« Il semble, a priori, que tout ce à quoi nous pourrions prétendre, c’est d’obtenir des satisfactions proportionnelles à notre travail. Si nous en avons plus, infiniment plus, à qui devons-nous cet excédant? Précisément à cette organisation naturelle contre laquelle nous déclamons sans cesse, quand nous ne cherchons pas à la détruire. » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, la concurrence.

C’est bien grâce à sa coopération spontanée que l’Homme est sortit de la précarité. Cette organisation naturelle s’oppose aux organisations artificielles. Les organisations artificielles entraînent la contrainte, le délire réglementaire et la spoliation légale. Cela définit le socialisme. La conséquence est la ruine et la pénurie. Il n’y a pas d’exception.

Le travail est une peine pourtant il doit être accompli. Pour y parvenir il existe une motivation naturelle : l’intérêt personnel. Il est redoutablement puissant et efficace. Bien que chacun travaille par intérêt personnel, tout le monde en profite.

Ainsi, la liberté économique engendre croissance et prospérité parce que le travail y est libre. Le capitalisme a sorti l’Europe de la misère au XIXe siècle. (La liberté économique permet aujourd’hui aux pays émergents d’en faire autant). Il a nourri, vêtu, logé des centaines de millions de gens. Il a libéré l’Homme de la simple survie. Il a amélioré sa vie et ses conditions de travail. L’Homme accédé à l’abondance, à une meilleure qualité de vie, et au confort. C’est-à-dire au repos et aux loisirs, donc au superflu. Pour en arriver là, l’homme n’a pas eu une activité de prédation, mais une véritable activité de création. Il a multiplié les richesses.

Dans la nature, seuls les plus forts survivent : c’est la sélection naturelle. Pendant longtemps l’homme y fut soumis. Grâce à ses efforts, à son travail, les plus faibles survivent désormais et apportent leur pierre à l’édification de la civilisation. L’humanité est passée d’une société de rareté à une société d’abondance grâce à l’ingéniosité humaine.

Dans toute société, la somme des services rendus est incommensurablement supérieure à ce qu’un individu seul n’aurait jamais pu obtenir. Ce qui est important c’est que, proportionnellement, dans une société libre, le gain est plus fort pour les plus faibles.

Dans toute autre société, celui qui est plus fort, plus agressif, plus profiteur, qui a des réseaux obtiendra toujours plus que les plus humbles. Ces sociétés sont des sociétés de division, de lutte des classes, de groupes de pressions et de privilèges. Ce sont des sociétés où règne la « spoliation légale » qui n’offrent aucune chance aux faibles. Ces derniers doivent se contenter des miettes que leur octroie chichement la solidarité forcée. Dans une société libre pas besoin de réseau, il n’y a pas de passe droit. Profondément moral, le libéralisme s’adresse à tous, il ignore le clientélisme. La société qui n’est pas libre ne crée rien, ou peu, ou mal. Elle distribue jusqu’à épuisement des stocks ! Une faible partie seulement parvient aux plus démunis. Seule la société libre permet à la création de s’épanouir, à l’offre de biens et de services de se multiplier. Les plus humbles en bénéficient pleinement.

Le libéralisme ne connaît pas de crises et donne du travail à tous. La création de richesse est infinie, parce que les besoins des hommes et leur imagination innovante sont infinis. Les hommes échangent des services et cet échange crée la valeur. Les services obsolètes sont remplacés par d’autres plus performants. Des activités nouvelles apparaissent, les innovations engendrent des richesses supplémentaires. Les besoins sont anticipés par les entrepreneurs. La souplesse du marché permet des adaptations rapides aux événements inattendus. En cas d’erreurs, elles n’ont, grâce à la responsabilité personnelle, que des conséquences limitées envers la communauté. Les hommes sont inégaux, physiquement et intellectuellement. Les inégalités économiques n’ont rien à voir avec l’injustice. La justice impersonnelle du marché n’est pas remplacée par l’arbitraire du décideur politique. L’inégalité est un puissant moteur d’amélioration sociale. Toute personne qui veut entreprendre en a l’opportunité. Les progrès de nos sociétés sont dus à l’échange libre, donc équitable, entre les hommes.

Le travail engendre le travail, il est innovation et création. Il multiplie l’offre de services. Avec l’échange, la spécialisation du travail apparaît et chacun se spécialise dans ce qu’il fait de mieux. Les métiers et fonctions se multiplient. Grâce à ces mécanismes (création, innovation, multiplication de l’offre, spécialisation, échange) le travail des uns crée le travail des autres. Il y a de plus en plus de travail pour de plus en plus de gens. Il n’y a pas de chômage. Cela permet aux plus humbles de trouver une place selon leurs capacités. . La prospérité des uns entraîne celle des autres.

L’accroissement des richesses diffuse ses bienfaits à l’ensemble de la société parce que la concurrence intervient en complément, en appui, du libre échange. La concurrence est l’alliée du consommateur. Elle est la liberté de choix. Le plus faible en profite

Si le libéralisme traite différemment des individus différents, il n’y a pas discrimination de naissance, race, sexe, etc. Seuls les talents comptent. Par un miracle quotidien tous les talents sont utilisés, aussi petits soient-ils.

« Travailler plus pour travailler tous » est un message qui intéresse tout le monde dans notre société de chômage structurel. Les millions de chômeurs et de pauvres qui doivent leur situation à la collectivisation de l’économie, doivent être informés et comprendre que les socialistes les mènent en bateau.

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » Frédéric Bastiat, La Loi

« Nous étudions l’homme tel que Dieu l’a fait; nous constatons qu’il ne peut vivre sans pourvoir à ses besoins; qu’il ne peut pourvoir à ses besoins sans travail, et qu’il ne peut travailler s’il n’est pas sûr d’appliquer à ses besoins le fruit de son travail. » ;

« J’entends par propriété le droit qu’a le travailleur sur la valeur qu’il a créée par son travail. » Frédéric Bastiat, Propriété et loi.

Pour sortir de la situation catastrophique où nous sommes, pour vaincre le chômage et la misère, il faut respecter la Propriété :

Ne pas entraver le travail :

Liberté économique, réforme en profondeur du code du travail, liberté des contrats, réforme des lois syndicales.

Ne pas voler les fruits du travail :

Un seul et unique impôt sur les revenus, proportionnel, sur tous les individus et seulement les individus (Flat Tax). Pas d’impôts sur le patrimoine.

Chacun dispose librement de l’intégralité des fruits de son travail, pour un salarié c’est le salaire complet.

Laisser s’échanger les fruits du travail :

Libre échange

Garantir les fruits du travail :

État minimum : veille au respect des contrats, garantit les Droits naturels : Propriété, Liberté, Personne.

La loi s’oppose à la spoliation. Elle assure la Justice et la Sécurité, y compris la sécurité juridique et fiscale.

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La délirante paranoïa souverainiste

 

 

 Par Philippe David

Ainsi donc, le PQ souhaite étendre la loi 101 aux cégeps et interdire l’accès des francophones aux cégeps anglophones. « C’est urgent ! » dit Mathieu Bock-Côté dans sa chronique, où il accuse les détracteurs de cette mesure de « délirante paranoïa ». Pour appuyer leur thèse, les souverainistes pointent au déclin des Québécois de langue maternelle française dont la proportion à l’échelle du Québec à chuté de 1% de 1971 à 2006, mais plus dramatiquement de 10,4% sur l’île de Montréal, poussant nos bons souverainistes à hurler à l’anglicisation de la métropole.  Si on n’examine que ces statistiques, on pourrait croire que c’est justifié, mais voyez-vous, les souverainistes sont très adeptes du « cherry-picking », si vous voulez me pardonner cette expression.  C’est bien plate les chiffres, mais si on prend le temps de les examiner avec rigueur, on se rend compte qu’il n’y a pourtant rien d’alarmant.

Population du Québec selon la langue maternelle

Région

Langue maternelle

1971

2006

 

 

 

 

Ensemble du Québec

Français

80,7 %

79,6 %

Anglais

13,1 %

8,2 %

Autre

6,2 %

12,3 %

Total (000)

6 028

7 436

 

 

 

 

Région métropolitaine de Montréal

Français

66,3 %

65,7 %

Anglais

21,7 %

12,5 %

Autre

12,0 %

21,8 %

Total (000)

2 743

3 589

 

 

 

 

Île de Montréal

Français

61,2 %

49,8 %

Anglais

23,7 %

17,6 %

Autre

15,1 %

32,6 %

Total (000)

1 959

1 824

Sources : Comité interministériel sur la situation de la langue française, Le français langue commune, Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, 1996; Statistique Canada, Recensement 2006 : 97-555-XIF au catalogue. 

Premièrement, on constate que la population qui a l’anglais comme langue maternelle a également régressé et même dans une proportion beaucoup plus importante que le français, soit  de 4,9% à l’échelle de la province et  6,1% à Montréal.  Nous sommes donc  loin d’assister à une anglicisation de la métropole. Nous assistons surtout à une augmentation des allophones, due à notre faible taux de natalité et notre effort à compenser par l’immigration. Mais, diront les souverainistes, les allophones adoptent l’anglais. Faux!  Encore une fois, lorsqu’on se réfère aux statistiques sur la langue parlée le plus souvent à la maison, nous voyons une progression du français et une régression de l’anglais partout sauf sur l’île de Montréal où ce sont les autres langues qui gagnent du terrain sur le français ET l’anglais. Ceci dû encore une fois à l’influx plus important d’immigrants à Montréal que dans les autres régions.

Population du Québec selon la langue parlée le plus souvent à la maison

Région

Langue parlée le plus souvent à la maison

1971

2006

Ensemble du Québec

Français

80,8 %

81,8 %

Anglais

14,7 %

10,6 %

Autre

4,5 %

7,6 %

Total (000)

6 028

7 436

Région métropolitaine de Montréal

Français

66,3 %

69,1 %

Anglais

24,9 %

17,4 %

Autre

8,8 %

13,4 %

Total (000)

2 743

3 589

Île de Montréal

Français

61,2 %

54,2 %

Anglais

27,4 %

25,2 %

Autre

11,4 %

20,6 %

Total (000)

1 959

1 824

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : Comité interministériel sur la situation de la langue française, Le français langue commune, Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, 1996; Statistique Canada, Recensement 2006 : 97-555-XIF au catalogue.

Mais, de dire Mathieu Bock-Côté, « Près de 50% des allophones fréquentent le cégep anglais. Le résultat est prévisible et les études le confirment: ce n’est pas en français qu’ils feront leur vie. Ils poursuivront à l’université en anglais. Et vivront en anglais. Et travailleront en anglais. ». 

C’est vrai, mais depuis 1981, la proportion d’allophones allant aux cégeps francophones est passée de 15,6% à 46,2%, soit une nette progression. De plus, puisque le français est en progression comme langue le plus fréquemment parlée à la maison et que l’anglais, lui, est en régression, on peut se demander de quelles études Mathieu Bock-Côté puise l’affirmation que ces allophones vivent en anglais après avoir étudié en anglais au cégep. La proportion d’allophones qui poursuivent à l’université en français est également en progression.

 

Pourcentage de la population allophone étudiant en français au Québec

Niveau d’enseignement

1971

1981

1991

2001

2006

Primaire et secondaire

14,6 %

43,4 %

76,4 %

78,7 %

81,5 %

Collégial

N.D.

15,6 %

41,3 %

41,2 %

46,2 %

Universitaire *

N.D.

N.D.

42,2 %

45,4 %

52,6 %

*  Il s’agit des étudiants allophones de citoyenneté canadienne qui résident au Québec.

Sources : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Direction de la recherche, des statistiques et de l’information.

 

Quand on examine les chiffres avec rigueur, on ne constate ni régression du français, ni urgence à utiliser le pouvoir étatique à forcer qui que ce soit à aller au cégep français plutôt qu’anglais. Du moins, ce ne sont certainement pas ceux qui s’opposent à cette mesure qui sont coupables de paranoïa délirante. La seule menace, si c’en est une, serait que le français et l’anglais disparaissent à Montréal, au profit d’autres langues comme l’arabique.  Si vous vouliez vraiment contrer ce problème, il faudrait soit trouver un moyen d’augmenter les naissances au dessus du taux de remplacement de 2.1 enfant par femme et diminuer l’immigration, ou diminuer la taille de notre état nounou de façon à ce qu’il puisse vivre avec une population vieillissante et en déclin.

L’importance de la liberté économique

Mes contradicteurs se moquent souvent de mon enthousiasme pour Bastiat. Bien sûr, Frédéric Bastiat n’a pas tout dit, tout fait, tout prévu. Bien sûr il n’est pas le seul à avoir défendu les Droits individuels. Mais force est de reconnaître que sa pensée, très riche et pertinente, élaborée au début du XIXème siècle, est sans cesse corroborée par l’actualité.

Prenons un exemple. Nous constatons que Frédéric Bastiat s’est toujours battu pour mettre fin à toutes les spoliations, afin que les gens gardent le libre usage de leur propriété. Cette idée est, aujourd’hui comme hier, très contestée par les collectivistes. Cependant les faits prouvent sa justesse. Depuis 1995, l’Index de la liberté économique, établi par Heritage Foundation, étudie la liberté économique de part le monde. Il en ressort constamment, que la liberté économique engendre croissance et prospérité. Ces données sont avérées, et particulièrement fiables. Elles résultent de l’observation des faits, si chère à Bastiat. Il écrit dans « Harmonies économiques » « l’économie politique est une science toute d’observation et d’exposition. (…) elle constate que le feu brûle, elle le proclame, elle le prouve, et fait ainsi pour tous les autres phénomènes analogues de l’ordre économique ou moral ».

L’Index 2012 met en évidence que, malheureusement, la liberté économique globale a décliné l’année passée. Seuls cinq pays sur 184 méritent le qualificatif d’« économiquement libres ». En Europe on ne trouve que la Suisse, et elle est au cinquième rang mondial. Les autres sont Hong-Kong, Singapour, l’Australie, la Nouvelle Zélande.  « La force économique relative de ces cinq pays n’est pas un accident. Leur engagement continue en faveur de l’État de droit, un État limité, des réglementations performantes, un marché libre ont été la source d’une résistance impressionnante durant ces temps d’incertitude économique ». Sans surprise, le niveau de liberté économique au Québec est très bas. Sans surprise la situation économique s’y est détériorée. Selon l’Institut Fraser, le Québec se classe  58e sur 60 en Amérique du Nord. L’élément le plus péjoratif au Québec est le poids de l’État et la réglementation, qui ce sont  considérablement accrus. Nous sommes bien loin de l’État limité aux fonctions régaliennes que préconise Frédéric Bastiat. La collectivisation accrue de l’économie que nous promettent les politiciens continuera à détériorer la situation.

Le Québec, aujourd’hui, se débat dans des difficultés qui semblent inextricables. Nos politiciens n’apportent pas de solutions efficaces parce qu’ils restent prisonniers de leur dirigisme. Le résultat est que la pauvreté et la précarité s’accroissent sans cesse, malgré un interventionnisme accru de la puissance publique. Les différents Index montrent, clairement, que c’est cet interventionnisme même qui en est la cause. L’Index 2012 confirme, une fois de plus, la relation positive entre la liberté économique et la prospérité. Le PIB est bien plus élevé dans les pays ou règne la plus grande liberté économique. Plus celle-ci est élevée, plus la lutte pour l’élimination de la pauvreté est un succès. On constate que la misère est en moyenne, beaucoup plus faible dans les pays qui ont la plus grande liberté économique, seule la prospérité économique engendre le progrès social. Malheureusement les Québécois refusent d’admettre ces évidences contraires à leurs convictions.

L’index 2011 montrait que les pays qui avaient le moins relancé étaient ceux qui s’en sortaient le mieux. L’Index 2012 enfonce le clou. « Une rapide expansion de l’État, plus que n’importe quel facteur lié au marché, apparaît comme responsable de l’affaiblissement du dynamisme économique. Il est prouvé que les dépenses massives de l’État ont, non seulement failli pour arrêter la crise économique, mais aussi l’ont prolongée dans beaucoup de pays ». L’approche de la crise caractérisée par des dépenses publiques massives, financées par l’emprunt et la planche à billet, a conduit à creuser les déficits, gonfler la dette publique, et ce malgré des prélèvements obligatoires très élevés. Cela a aggravé la crise avec stagnation, voire récession, marquée par une augmentation du chômage de longue durée.

L’Index 2012 nous apprend également que, si une dette nationale, équivalant à moins de 35% du PIB, a peu de conséquences sur la croissance économique, une dette supérieure à 70% est intrinsèquement néfaste pour le dynamisme économique, et a des conséquences délétères sur la prospérité de la province. Pour mémoire la dette Québécoise est attendue à un pourcentage supérieure à 90% du PIB en 2012. On ne peut que déplorer que les politiciens québécois proposent toujours cette politique, qui a partout échoué. Ils persistent dans leur « modèle », à contre sens des lois économiques validées par l’expérience. Il est dramatique pour notre province qu’ils n’ouvrent pas les yeux sur la réalité et qu’ils restent prisonniers de leurs constructions artificielles. Or les faits démontrent que les organisations naturelles, sont supérieures aux organisations artificielles.

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. Tous ceux qui adopteront ce point de départ : les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté. »  écrit Frédéric Bastiat dans « Harmonies économiques.

À la jeunesse québécoise. » Les faits lui donnent raison. Il faut savoir que dix sept ans d’analyses effectuées par Heritage foundation, démontrent que la solution éprouvée existe. C’est la liberté économique. Ce qu’il faut faire c’est l’améliorer pour élever le niveau de vie de l’ensemble de la population. « Il est avéré que, non seulement un haut niveau de liberté économique est clairement associé à un haut niveau de revenus par tête, mais les améliorations dans les pays où règne la liberté économique, accroissent aussi la moyenne de la croissance des revenus, » preuve que le progrès économique et social diffuse dans toutes les couches de la société. La liberté économique est hautement corrélée avec l’activité innovante des entrepreneurs, qui crée de nouveaux emplois, et multiplient les opportunités et les possibilités de choix pour les individus.

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » Frédéric Bastiat « Propriété et loi.» Ce libre choix et le libre usage de la propriété font que les personnes jouissent de davantage de bien être. La nécessité de renforcer, ou de restaurer, la liberté économique est plus forte que jamais. Le défi aujourd’hui au Québec est de s’assurer que l’agenda des réformes se concentre sur l’impératif de générer plus de liberté économique.

Cerise sur le gâteau, les politiciens prônent tous un « protectionnisme modéré ». Il est certain que cette option aggravera la situation économique de notre province. C’est en effet le libre échange qui a permis des progrès spectaculaires ces dernières années et qui a sorti des centaines de millions de gens de la misère.

Il a également limité l’impact de la crise, les pays émergents bénéficiant d’une croissance soutenue, à l’inverse de la plupart des pays occidentaux, étouffés par leurs politiques étatistes. « L’échange est un droit naturel comme la propriété. Tout citoyen, qui a créé ou acquis un produit, doit avoir l’option ou de l’appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l’objet de ses désirs. Le priver de cette faculté, quand il n’en fait aucun usage contraire à l’ordre public et aux bonnes moeurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d’un autre citoyen, c’est légitimer une spoliation, c’est blesser la loi de la justice. » F. Bastiat « Association pour la liberté des échanges. Déclaration. »

L’injustice et la spoliation n’ont jamais engendré de société prospère.

Frédéric Bastiat écrit dans « La Loi » « L’Absence de Spoliation, — c’est le principe de justice, de paix, d’ordre, de stabilité, de conciliation, de bon sens que je proclamerai de toute la force, hélas! bien insuffisante, de mes poumons, jusqu’à mon dernier souffle. » Bastiat n’est plus mais ses idées perdurent. A nous de reprendre le flambeau, et de défendre la liberté économique.

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Parti conservateur : le moins interventionniste de tous

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti conservateur du Québec, qui effectue un retour après 77 ans d’absence (l’original s’était fusionné avec l’Action libérale-nationale pour former l’Union nationale). Ce n’est définitivement pas un parti libertarien; il prône encore trop d’interventionnisme. Néanmoins, c’est le parti le moins interventionniste de tous[1].

 

Interventionnisme pour les familles

 

Pour aider les familles, on met de l’avant plusieurs promesses qui sont, au mieux, inutiles. Afin d’éliminer, dit-on, les abus de l’union civile, le PCQ propose de mettre au Code civil des paramètres clairs séparant le mariage et l’union civile. Comme le système judiciaire québécois est basé sur le code civil et non le droit commun (comme le reste du Canada; la justice se base sur les précédents), cette solution semble intéressante. Mais dans un monde libertarien, c’est encore plus simple : l’État ne fait absolument rien. Les adultes consentants entrent dans le type d’union qu’ils veulent sans avoir besoin de la bénédiction de l’État; ce dernier peut donc se concentrer à ses missions essentielles et ne pas se questionner à savoir si ses bureaucrates ont le droit de refuser de célébrer des unions en désaccord avec leurs croyances[2].

 

Une autre mesure familiale vise à remettre directement aux parents une allocation plutôt que de subventionner les garderies. C’est un excellent point de départ, puisqu’on fait enfin confiance aux parents pour choisir comment ils vont élever leurs enfants. Par contre, tout comme la proposition de fractionner le revenu des couples avec au moins un enfant, cette mesure serait inutile si les impôts étaient plus bas à la base. Ainsi, les gens auraient déjà plus d’argent dans leurs poches.

 

Les deux dernières mesures familiales touchent plus l’éducation. On propose de donner directement aux parents ou aux étudiants un bon d’éducation, pour étudier où ils jugent que c’est le meilleur, de même que l’abolition de l’impopulaire cours (selon le programme du PCQ) Éthique et culture religieuse (ÉCR). Plusieurs feront vite un rapprochement avec Milton Friedman, grand défenseur des bons d’éducation[3], car on y encouragera la compétition, et donc améliorera les chances des plus démunis. Certains chercheurs diront même que les bons ont pu donner le « coup de pied » nécessaire aux écoles publiques pour qu’elles s’améliorent. Par contre, les bons d’éducation, comme l’allocation familiale, demeurent une intervention indue du gouvernement. Les écoles qui participent au programme – on ne mentionne nul part si c’est volontaire – perdent beaucoup de liberté. Dans plusieurs États aux États-Unis, les écoles participantes doivent remplir une montagne de paperasse, accepter absolument tout le monde qui en fait la demande et ne forcer personne à participer à des pratiques religieuses (si c’est une école confessionnelle); la facture totale pour l’éducation a même augmenté[4]. Aussi, si les politiciens ne réfléchissent pas assez, ils pourraient avoir de mauvaises surprises[5]. Sans compter qu’avec la trop forte culture syndicale qui règne au Québec, un tel programme pourrait donner lieu à de l’intimidation comme en Louisiane[6]. Bref, la solution serait, encore une fois, que l’État ne s’ingère absolument pas dans l’éducation. Ainsi, les parents pourront envoyer leur enfant où bon leur semble, ce qui inclut les écoles qui offriront ou non le cours ÉCR.

 

Une gouvernance sur la bonne voie

 

Du côté de la gouvernance, le PCQ met de l’avant, d’un point de vue québécois, des propositions révolutionnaires. Il est notamment proposé de privatiser la SAQ, cette relique de l’époque de la prohibition, car « Il n’est pas du rôle de l’État de gérer des activités de nature purement commerciales. » Si le processus se déroule comme en Alberta, alors on peut s’attendre à non seulement une chute dramatique des prix et une augmentation des revenus des ventes, mais aussi à une explosion de choix[7]. Toutefois, je suis curieux : considère-t-on l’électricité et les loteries comme « purement commercial »? Dans le premier cas, Hydro-Québec, une compagnie à la gestion plus que douteuse[8], gagnerait sans doute à être privatisée afin que les gens paient le vrai prix de leur électricité. Dans le second cas, Loto-Québec gère un secteur qui n’est pas du tout du ressort de l’État. Sans compter que les revenus de loterie servent avant tout à augmenter la grosseur de l’État et à étouffer la concurrence[9].

 

Toujours dans la gouvernance, on propose l’abolition de la contribution en santé, vue comme un impôt déguisé et propose à la place de réduire les structures administratives et d’augmenter la contribution du privé. On peut placer de grands doutes sur la seconde idée, considérant ses échecs lamentables dans le passé. Aussi, même en les réduisant – et en augmentant la contribution du privé –, on ne règlerait pas le problème fondamentale dans le domaine de la santé : l’intervention de l’État. Partout, même aux ÉU, la totalité ou presque des professions médicales sont protégées par des ordres professionnels, ce qui limite fortement l’entrée de nouveaux docteurs et donc augmente leurs salaires. Au Québec particulièrement, la Fédération des médecins est tellement forte qu’elle empêche la venue d’infirmière praticienne. À défaut d’abolir les ordres, une plus grande intervention du privée pourrait certainement soulager certains patients, comme c’est le cas en Allemagne[10] et même en Suède[11].

 

Un dernier point d’intérêt pour la gouvernance touche les cégeps. On propose leur abolition afin d’adopter le système canadien, soit implanter un secondaire 6 et quatre années de baccalauréat plutôt que trois; on conserverait les cours techniques. Comme c’est le cas avec les bons d’éducation, cette mesure ne s’attaque pas aux problèmes fondamentaux du système, soit un programme étatisé laissant très peu de liberté aux enseignants. Qu’on abolisse le ministère de l’Éducation, et qu’on laisse les écoles se gérer elles-mêmes. Si des gens se regroupent afin de former des commissions scolaires eux-mêmes, grand bien leur en fasse.

 

Un redressement des finances prometteur

 

Le côté financier du PCQ est sans doute ce qui le distingue le plus des partis présentement au parlement. Le parti de Luc Harvey s’engage à réviser la loi sur le déficit zéro et à la respecter. Espérons; le PQ, malgré une loi sur le déficit zéro, avait augmenté la dette de près de 12 G$[12].

 

Une mesure qui aidera à diminuer le déficit est de faire contribuer les fonctionnaires à leur régime de retraite, plutôt que de faire payer le grand public, la plupart duquel n’a aucun régime de retraite. Cette proposition est intéressante, mais le gouvernement (i.e. tous les contribuables) paiera encore une pension à ses employés. À moins qu’il soit absolument impossible de pourvoir à des postes strictement essentiels (justice, sécurité publique), alors les régimes de retraites publics devraient complètement être abolis. Les employés doivent être capables de se prendre en main eux-mêmes.

 

Dans un même ordre d’idée, on propose d’élargir la liste des placements en RÉER accepté, en ajoutant notamment des biens immobiliers et l’investissement dans son entreprise. L’idée est bonne, mais accorde une fois de plus des privilèges inutiles. Si le gouvernement veut vraiment encourager l’épargne, qu’il diminue simplement l’impôt (et abolisse la RRQ) afin que les gens puisse avoir assez pour épargner. Ce qu’ils font de cette épargne ne les concerne qu’eux.

 

Parallèlement, on propose l’abolition du Fonds des générations – on dit qu’il rapporte moins que le cout du financement de la dette – et d’utiliser l’argent pour payer la dette. Dans un contexte de déficits chronique, cette mesure a plein de bon sens. Mais si les surplus venaient qu’à revenir… les autres gouvernements provinciaux ont une réserve (rainy day fund), accumulée en temps de surplus (l’Alberta l’utilise encore, elle qui est en déficit depuis environ 3 ans). Ne serait-ce pas plus sage de suggérer d’avoir une réserve quand les surplus reviendront?

 

Un coup de barre encourageant

 

En plus d’assainir les finances publiques, le PCQ semble le seul à vouloir réviser nos lois du travail caduques et les monstres bureaucratiques qu’elles entretiennent. Le seul engagement concret vise à adresser la transparence et la démocratie au sein des syndicats. Est-ce donc dire qu’on abolira la formule Rand, qui oblige tout le monde à joindre un syndicat? Ou, à tout le moins, est-ce que le Québec deviendra finalement une juridiction de « right-to-work », où les gens peuvent ne payer que la partie de la cotisation qui s’adresse directement à la négociation des conditions de travail[13], ce qui encourage l’emploi[14]? Permettra-t-on de nouveau les briseurs de grève, afin de respecter la propriété privé de l’entrepreneur qui juge qu’il ne peut offrir mieux? Fera-t-on enfin confiance aux employeurs quant à la sécurité qu’ils offrent sur leurs lieux de travail, afin que les normes minimales de la CSST ne deviennent pas, par le fait même, des normes maximales[15]? Abolira-t-on cette infâme loi sur l’équité salariale, qui infantilise les femmes en supposant qu’elles sont incapables de négocier elles-mêmes leurs conditions de travail?

 

L’autre proposition pour aider l’économie vise à « favoriser le développement économique, en s’appuyant uniquement sur des bases scientifiques solides pour évaluer les impacts écologiques potentiels d’un projet et les moyens pour les contrôler. » On parle sans doute du développement des gaz de schiste ici. Ce serait encourageant d’utiliser des faits et non de la peur[16]. Toutefois, ce n’est pas au gouvernement de permettre ou d’interdire quel que développement que ce soit. Si le PCQ veut vraiment encourager le développement économique, qu’il renforce les droits de propriété. C’est la façon optimale d’assurer un développement « durable »[17].

 

De drôles de mesures pour la société

 

Les dernières promesses conservatrices touchent l’intégration des gens. On propose notamment de mettre fin aux pratiques d’accommodements « raisonnables » pour éviter « une inversion du devoir d’intégration des nouveaux arrivants envers la société d’accueil ». Pour se faire, on « adoptera une Charte des valeurs démocratiques propres au patrimoine historique et culturel du Québec. » Il est certes encourageant qu’un parti politique veuille cesser l’accommodation à tout prix des immigrants, mais, encore une fois, ce n’est pas du devoir du gouvernement de s’en charger. Si accommodement il doit y avoir, c’est entre les personnes concernées uniquement. Le seul rôle du gouvernement dans tout ça est d’assurer que les immigrants respectent nos lois et nos chartes. Pas besoin de créer une nouvelle charte, et surtout pas une sur le patrimoine. L’histoire a été créée par les individus, pas par un ensemble homogène.

 

L’autre mesure vise à pousser les personnes aptes au travail à réintégrer le marché du travail et à limiter la durée des prestations qu’elles touchent. Je suis d’accord avec la seconde partie; en coupant les vivres, les personnes auraient plus d’incitatifs à se chercher un emploi, rendant inutile la première mesure. D’ailleurs, si on veut vraiment pousser les gens à travailler, pourquoi n’abolit-on pas tout simplement l’aide sociale? Si les gens veulent palier une perte d’emploi temporaire, ils n’auraient qu’à mettre de l’argent de côté, comme pour la retraite. Ainsi, on n’a pas à se soucier de possibles fraudeurs, et craindre le retour des boubou-macoutes.

 

En conclusion, le PCQ est sans doute le meilleur choix des électeurs qui veulent une intervention réduite du gouvernement. C’est le seul parti qui propose une réduction authentique du rôle du gouvernement dans la société et l’économie. Par contre, les libertariens comme moi risquent de trouver que l’intervention du PCQ est encore trop grande. Il semble encore demeurer omniprésent dans la santé et l’éducation, il semble encore vouloir dominer l’acceptation ou non de projets de développement économique (quoique à moindre échelle) et accorder des privilèges arbitraires à certaines formes de placement. En d’autres mots, il n’y a pas de changements profonds à la structure gouvernementale.