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La nouvelle droite et la question nationale

Par Philippe David

Nombreux sont les intellectuels souverainistes qui perdent leur latin devant le désintéressement général des membres de ce que certains appellent « la nouvelle droite » pour la question nationale et la protection de la langue. Sans pouvoir parler pour tous les individus qui composent la droite québécoise, je crois pouvoir y apporter un peu de lumière.

Libéralisme 101

S’il est faux de dire que la droite québécoise est essentiellement libertarienne, elle est certainement libérale, du moins dans le sens classique du terme. Les libertariens sont effectivement représentés, mais je dirais qu’elle contient une plus grande part de conservateurs fiscaux et de libéraux classiques. Des gens pour qui l’état reste un mal nécessaire, mais qui croient que celui-ci devrait se limiter à des fonctions restreintes et bien définies et qui croient que l’état devrait se substituer le moins possible à la liberté de choix des individus.

Pour les membres de la nouvelle droite, ce qui importe c’est une moins grande ingérence de l’état dans leurs vies personnelles et dans l’économie. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qui réduira la dette. Qui coupera dans la bureaucratie gargantuesque de notre état-providence. Qui remettra en question le panier de services offerts par le gouvernement, de façon à offrir moins de services, mais d’améliorer la qualité de ce qui est offert. Qui réformera le code du travail de façon à donner moins de pouvoir aux syndicats du secteur public?. Qui libéralisera l’éducation de façon à remettre les choix dans les mains des parents et des étudiants?. Qui réformera la santé pour y introduire un système mixte, comme ils ont en Europe et bien d’autres endroits dans le monde, de façon à introduire de la concurrence au grand bénéfice des patients?. Qui osera sabrer dans les subventions directes, indirectes et totalement indécentes, consenties à des compagnies qui ne pourraient se maintenir à flot par elles-mêmes? Qui réformera le système largement déficitaire des garderies?  Qui mettra fin aux monopoles gouvernementaux inefficaces comme la SAQ?

Toutes des préoccupations légitimes et probablement beaucoup plus urgentes à régler que le sempiternel débat constitutionnel et linguistique.

Le monopole du micro

Qu’avons-nous à la place? La même vielle cassette qui tourne depuis un demi-siècle. Le grand péril du français et la souveraineté. Pendant ce temps, le navire coule et nous voulons réorganiser les chaises sur le pont.  Nous ne nous sommes même pas posé de questions sur la dépendance que nous développions pour cet état tentaculaire qui est le nôtre, comme si ça allait de soi. Nous étions tellement obnubilés par la souveraineté et la langue que nous ne nous sommes jamais posés quant aux vrais choix de société que nous faisons. Nous avons perdus cinq décennies à débattre de la langue et de la souveraineté alors que nous nous appauvrissions progressivement et nos infrastructures pourrissaient sous nos pieds. Nous ne cessons de planifier le prochain référendum pendant que les groupes d’intérêt de toute sorte s’enrichissent  à nos dépens, que les contribuables croulent sous le fardeau des taxes et que nous amassons une dette que trois générations ne suffiront probablement pas à payer. Eh bien nous en avons marre!

Nous avons marre des lois liberticides destinées à nous enfermer dans un moule culturel uniforme. Nous avons marre des référendums et des éternelles chicanes avec le reste du Canada. Nous avons marre de la culture de revendication et de mendicité que nous maintenons envers les autres provinces. Nous avons marre du nationalisme économique qui maintient des cancres industriels sur le respirateur et étouffe l’entrepreneuriat en accaparant les ressources. Nous avons marre des apprenti-sorciers qui établissent des programmes qui doivent constamment être réformés, tellement ils sont mal conçus. Nous avons marre de payer trois fois le prix pour tous les projets entamés par le gouvernement. Nous en avons marre de passer des heures interminables à l’urgence et de crever sur les listes d’attentes quand nous savons que les solutions existent mais qu’aucun politicien ne veut les appliquer.

Alors excusez-nous, Ô intellectuels souverainistes, de croire qu’il est  plus urgent de réparer les torts de votre débat stérile que de partager votre fixation idéologique d’un pays qui s’écroulerait de toute façon sous son propre poids. Nous en avons tout simplement assez que vous ayez le monopole du micro.

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7 réflexions sur “ La nouvelle droite et la question nationale ”

  1. Je peine à comprendre pourquoi la nouvelle droite est fédéraliste. Une des raison primordiale pour laquelle l’état peut prendre autant de place dans notre société est qu’il peut être une source de bénéfices privés tout en distribuant les coûts à travers la population. Ceci inclut le reste de la population canadienne, qui paie une bonne partie de notre budget par la péréquation, en plus de probablement payer un taux d’intérêt plus élevé sur leur dette fédérale car le Canada garanti implicitement la dette québécoise qui ne cesse d’augmenter.

    Le moyen le plus sûr de réduire cette distribution de coût est de se séparer du Canada et de faire payer aux québécois la totalité de l’État Providence. En fait, il me semble évident que tout libertarien qui désire réduire la taille de l’état devrait favoriser la sécession dès que celle-ci est possible, un point bien articulé par les libertariens américains: http://journal.telospress.com/content/1996/107/95.short

    Et les données sont assez claires sur les effets bénéfiques de la diminution de l’État. Lorsqu’on regarde les États les plus riches du monde (http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_(PPP)_per_capita) et qu’on oublie les pays pétroliers et les États-Unis, on arrive à une liste de pays très petits avec des économies parmi les plus libéralisés du monde: Luxembourg, Singapore, Hong Kong, Suisse, et Pays-Bas.

    1. Je crois que la nouvelle droite n’est vraiment ni fédéraliste, ni souverainiste. Ce qu’on veut c’est de parler d’autre chose. Encore une fois dans cette campagne électorale, la question nationale accapare tout l’espace et les vrais enjeux passent sous le radar.

      Pour ce qui est des libertariens, je suis de ceux qui croient que de troquer le système actuel pour un seul état plus liberticide n’est pas nécessairement une bonne idée.

    2. Philippe Bélanger Probablement parceque tout les partie souvereniste sans distinctions nous promette un pays plus liberticide, plus gros, p[lus dépensier… Le contraire de se que les gens de la droite cherche

  2. Nous n’avons pas à abandonner la quête de l’indépendance pour pouvoir parler d’économie. Sinon, cela voudrait dire que les fédéralistes ont gagné. Personnellement, et de manière objective, je me situe à droite de l’échiquier politique, mais je suis aussi un indéfectible souverainiste. Et il faut vraiment être bête pour y voir une contradiction.

    De plus, on ne peut être «ni souverainiste, ni fédéraliste». Si vous ne voyez pas comme nécessaire l’acquisition du statut de pays pour le Québec, vous êtes fédéraliste Monsieur David. Vous n’êtes pas hors du débat, personne ne l’est.

  3. Le PQ nous aura gâché l’existence à moi et à toute une génération de baby boomers. Il n’y a rien que le PQ ait fait que le partis libéral ou l’union nationale n’aurait pas fait. Le PQ a été créé pour faire l’indépendance du Québec. Si la population le souhaitait. À mon avis, il aurait fallu que ce soit un désir partagé par au moins 66.6% de la population. Si on avait été des Ukrainiens par exemple. Ou avions appartenu à un peuple qui partage une frontière commune avec la Russie. Mais ici, en Amérique, le jello n’a pas pris. Alors, après 1980, il eut fallu que le PQ renonce à cet élément de son programme. Il ne l’a pas fait et ça donne le résultat que l’on sait. Un Québec divisé en deux avec d’un coté des francophones qui entendent s’affirmer de plus en plus comme Canadien et les autres qui rêvent d’un improbable pays. C’est moche parce que ce pays qu’ils veulent, plus on imagine ce qu’il aura l’air et moins on a envie d’y vivre. La quadrature du cercle. On en sort pas. À quand l’implosion de cette chimère qui accable le Québec depuis deux générations, grand merci à René Lévesque, ce héros douteux qui n’a jamais été le mien?

  4. Se renier soi-même et oublier le passé, cessez de combattre pour ses origines, sa langue, ses droits, sa culture, s’éteindre à petit feu. Ne plus être ce que l’on est vraiment au plus profond de soi. Était-ce un dénommé Jacques Cartier qui a découvert le Canada ? 478 ans plus tard, nous sommes toujours présents, nous les francophones ! Nous en avons traversé des tempêtes et nous avons même été conquis. Ne serait-ce de ceux et celles qui n’ont jamais cessé de lutter à travers l’histoire afin de préserver notre culture, notre langue, nos convictions c’est ce qui a forgé notre identité en tant que nation. Grâce à eux, nous sommes toujours là! Sommes-nous vraiment des canadiens, nous les québécois ? À quoi et à qui aura servi tout ce chemin historique parcouru, à rien ? Et nos enfants dans tout cela! Abandonnez, comment pourrions en arriver là? Non. Le PQ n’a pas gâché l’existence d’une génération de baby boomers et la nation québécoise est toujours vivante plus que jamais! Elle l’était bien avant le PQ. De génération en génération, elle continuera à se tenir debout car au plus profond de chacun de nous vit cette identité distincte qui nous appartient.

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