Le choix automobile écologique, sinon rien

 

Par Noémie L.

Récemment, j’ai eu envie de changer d’automobile et je me suis dit que cela serait intéressant de faire d’une pierre deux coups en y intégrant la notion d’économie et d’écologie dans mon futur choix de véhicule.

Mais pour un budget, malheureusement, limité. En effet, je ne dispose pas de crédit illimité pour cet achat, et, dans de nombreux cas, vouloir  être responsable et durable dans son choix est souvent synonyme de coût et de prix élevé. La Toyota Prius, modèle hybride, étant au moins à 25000 dollars en modèle neuf (et souvent plus proche de 32000 dollars). Il y a bien la Yaris hybride mais le modèle est trop petit pour mes besoins (notamment au niveau du coffre).

Alors, à défaut, je m’oriente plus vers une Honda Civic usagé, et si possible également en hybride car le prix de ce modèle et de cette série reste vraiment très abordable.  La Honda Civic ayant le mérite d’être beaucoup plus accessible financièrement, suivant les différentes séries disponibles à l’achat, que ce soit en neuf ou en usagé.

Ce modèle a l’avantage d’être également beaucoup plus économe en termes de consommation de carburant  que des modèles américains (et notamment Ford, surs des modèles comme la Taurus qui sont de mon avis, de vrais gouffres à essence).  Sans compter que Honda, a toujours réussi a redynamiser ce modèle au succès planétaire avec de nombreuses refontes audacieuses et réussies. La mécanique est également éprouvée et sans risques majeurs à ma connaissance.

Côté pollution, c’est également un bon score avec des notes très convenables pour la taille du véhicule (notations françaises sur les bonus/malus aux normes particulièrement drastiques) Le modèle hybride est évidemment très intéressant avec une consommation de cycle de seulement 4.6L /100km, avec un moteur électrique de 15kW et un moteur thermique de 95 cheveux. Le gros plus avantage reste évidemment la capacité d’arrêt et de reprise du moteur thermique et électrique à l’arrêt sur les plus récents modèles.

En plus, je trouve le design, tant intérieur qu’extérieur, de la Civic des plus réussi, et le confort de conduite est vraiment au rendez-vous. Alors, que demande le peuple ?

Le mal imaginaire

Par Philippe David

Les  chiffres du recensement ont été publiés ce matin et dans tous les journaux on voit des titres « Recul du français » ou « Crise du français ». Crise? Quelle crise? Oui, c’est vrai, le nombre de personnes ayant le français comme langue maternelle a diminué et le poids de ce segment de la population canadienne est en diminution. Quelle surprise! Avec un taux de fécondité de 1.6 au Québec, comment peut-il en être autrement? Je vous ferai remarquer d’ailleurs que le même phénomène est observé du coté anglophone également. Simple équation mathématique, quand une population a un taux de fécondité inférieur à 2.1, elle décline. Compensez par une immigration qui ne parle aucune des deux langues officielles du Canada et vous observerez une dilution lente mais sûre des français et des anglais de souche au profit des nouveaux arrivants. Que croyez-vous qu’il est arrivé aux amérindiens? Le même sort nous guette également à long-terme. Si ça vous alarme, il n’y a pas 56 solutions. Petit indice, ce n’est pas un renforcement de la loi 101 qui y changera quoique ce soit, à moins d’être capable de légiférer une augmentation des naissances.

Mais la langue française elle-même est-elle en péril? Désolé, mais non puisque les statistiques du dernier recensement démontre que le français comme langue parlée au travail et à la maison est en progression. C’est d’ailleurs ce que conclue l’économiste Vincent Géloso dans le Huffington Post. Même si le nombre de francophones de souche diminue, les immigrants allophones adoptent le français et le parlent à la maison et au travail dans une plus grande proportion que l’anglais. N’était-ce pas ce que nous voulions? Alors pourquoi nos média nous servent-ils des titres aussi irresponsables? Pourquoi attiser cette mentalité de siège?

Les nationalistes de tout acabit adorent jouer sur cette corde sensible des québécois. Ça apporte de l’eau à leur moulin. C’est leur épouvantail préféré pour mieux restreindre notre liberté en matière linguistique. Mais il demeure que ce n’est qu’un épouvantail basé sur la malhonnêteté intellectuelle en présentant un mal imaginaire basé sur un « cherry picking » outrageux. Avec cette fausse prémisse, on essaie de vous faire croire toujours que l’assimilation du francophone par les maudits anglais est imminente. Je l’ai déjà dit et je le répète, il ne s’agit là qu’un délire paranoïaque des nationalo-péquistes.

 

Le Parti libéral du Québec doit redevenir une formation politique réformatrice

Par Simon Leduc

Le PLQ est le parti politique le plus ancien de l’histoire de la province de Québec. Il est présent sur la scène politique québécoise depuis la naissance de la Confédération canadienne. Il a réussi à survivre à travers les décennies grâce à sa capacité à s’ajuster aux nouvelles époques. Plusieurs entités politiques sont nées de schismes à l’intérieur des troupes libérales : l’Action libérale nationale (des jeunes libéraux réclamaient des réformes auprès du gouvernement Taschereau), le Parti québécois (l’entourage de René Lévesque voulait que le parti devienne plus nationaliste) et l’Action démocratique du Québec (après l’échec de Meech, des jeunes libéraux n’ont pas accepté la mise au rancart du rapport Allaire). Malgré ces crises, le PLQ a réussi à demeurer une force politique de premier plan dans la Belle province.

En 1960, le Parti libéral du Québec a mis fin à seize ans de domination unioniste en remportant les élections avec une forte majorité. Le gouvernement réformateur de Jean Lesage a mis en place des réformes majeures pour que les Canadiens français puissent prendre le contrôle de leur économie. En 1962, le ministre des Ressources naturelles René Lévesque a complété la nationalisation de l’hydro-électricité. Après la publication du rapport Parent, le gouvernement libéral a créé le Ministère de l’Éducation afin de moderniser les réseaux primaire et secondaire. La Caisse de dépôts et de placements est née en 1965 pour gérer le bas de laine de la population et pour soutenir les entreprises québécoises. Dans les années soixante-dix, le premier ministre Robert Bourassa a ouvert la voie au développement économique du Grand Nord québécois avec les barrages hydroélectriques de la Baie-James. Cela a permis de créer des milliers d’emplois et de la richesse. Ces deux grands premiers ministres libéraux ont contribué au développement économique de notre province.

Jean Charest aurait pu être un premier ministre réformateur comme l’on été Jean Lesage et Robert Bourassa. Lors de la campagne électorale de 2003, le chef libéral avait promis de réformer le modèle québécois qui était déjà à bout de souffle à ce moment-là. Le 14 avril 2003, le PLQ de Jean Charest a été élu avec le mandat de réformer le Québec avec sa fameuse réingénierie de l’État. Le premier ministre Charest voulait réduire la taille du gouvernement afin de le rendre plus efficace et efficient. Il disait que celui-ci était obèse et tentaculaire et qu’un régime minceur était nécessaire afin de réduire la dette et baisser les impôts des contribuables québécois (qui sont les plus taxés en Amérique). Malheureusement, le gouvernement libéral a eu peur des forces du statu quo (les syndicats et les groupes d’intérêts de gauche). Jean Charest a trahi la majorité silencieuse en cédant aux menaces syndicales. Les grandes centrales syndicales ont fait reculer l’administration Charest et cela leur a permis de conserver leurs précieux droits acquis. Sous le règne de Jean Charest, la taille de l’État a continué d’augmenter et la dette publique a explosé et elle se chiffre maintenant à 253 milliards de dollars. De 2003 à 2012, les dépenses gouvernementales ont été hors de contrôle. Les programmes sociaux coûtent de plus en plus cher et personne n’ose les remettre en question. Un jour, il va falloir faire le procès du modèle québécois mais ce n’est pas pour demain.

Le PLQ n’a de libéral que le nom et il continue d’être un des défenseurs du régime en place. Ce parti politique centenaire a une chance en or de devenir une force politique qui va prôner et respecter les idéaux du libéralisme classique : la liberté individuelle, le libre marché, la réduction de la taille de l’État et l’entreprenariat. Le Parti québécois a décidé de se camper clairement à gauche du spectre politique et la CAQ ne semble pas vouloir brasser assez la cage. Selon moi, le prochain chef libéral doit positionner le parti au centre-droit et devenir le parti réformateur que les Québécois recherchent depuis le début des années 2000.

Le Québec est à la croisée des chemins. Il se dirige à toute vitesse vers le mur de la faillite. Il doit tourner à droite et se diriger vers une nouvelle voie. La question que l’on doit se poser est la suivante : Est-ce que le PLQ sera le véhicule réformateur qui va mener la province vers la terre promise? Philippe Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand devront répondre à cette question durant la course à la chefferie de leur parti. L’avenir de la Belle province et du PLQ en dépend.

Guillaume Wagner et la liberté d’expression

 

Par Philippe David

J’ai décidé aujourd’hui de vous donner mon petit grain de sel sur l’affaire de Guillaume Wagner et de la géométrie variable dont nous faisons quelque fois preuve en matière de liberté d’expression. Lors de son passage à «Tout le monde en parle», Guillaume Wagner s’est montré critique  de Radio X. C’est son droit le plus strict, mais voilà. Guillaume Wagner est aussi l’auteur de bien des blagues de mauvais goût. Personnellement, je n’ai pas vu son spectacle, mais toutes les blagues que j’ai entendues de lui, y compris celles qui ont été montrées à «Tout le monde en parle», (qui, je m’imagine, devaient être ses meilleures), je les ai trouvées plates. En écoutant ces quelques clips, je m’ennuyais beaucoup de la belle époque d’Yvon Deschamps et des Cyniques. Ça c’était de l’humour. Mais je ne veux pas vraiment critiquer l’humour ou le manque d’humour de Guillaume Wagner, c’est aussi son droit de faire des blagues douteuses.

Quand Sophie Durocher a écrit une chronique critiquant Wagner, plusieurs se sont portés à sa défense. Il aurait été cité hors-contexte dans sa blague sur Marie-Élaine Thibert dit-on. Ah oui? Et celle de Marie-Mai, c’était hors-contexte aussi? Mais je crois que ses défenseurs ont raté le point que Sophie Durocher tentait de faire. Elle ne critiquait pas la blague comme telle, aussi insultante soit-elle. Elle ne remettait pas en question le droit de Wagner de faire cette blague non plus. La liberté d’expression n’existe pas uniquement pour les propos bénins, elle existe surtout pour les propos qui choquent. Wagner a le droit absolu d’être insultant. D’autres humoristes le font aussi (Mike Ward me vient à l’esprit). Non, le problème n’est pas là.

Imaginez un instant le tollé si Éric Duhaime ou Dominic Maurais avaient fait la même blague en y substituant Françoise David ou Pauline Marois? Je suis certain que des hordes d’enragés avec des torches et des fourches auraient été aux portes des studios de Radio X à Montréal pour réclamer leur tête sur une pique. En bref, quand on fait de l’humour poubelle, on est bien mal placé pour critiquer.  Si tu veux critiquer les dérives passées de Radio X, t’as intérêt à ne pas faire pareil. C’est un point très simple, mais que beaucoup de défenseurs de Guillaume Wagner ont complètement raté. Guillaume Wagner et ses comparses devraient donc se souvenir que s’ils ont la liberté d’expression, d’autres qu’eux ont aussi ce droit.

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise?

Par Minarchiste

Pourquoi le libéralisme est-il la solution à la crise? C’est la question que posait récemment le blogueur Pierre Chappaz à quelques blogueurs libéraux. Voici ma réponse.

 

Premièrement, il incombe de spécifier que la crise dont Pierre parle est la crise de la zone Euro et de ses PIIGS. Résumons d’abord les choses d’un œil objectif :

–          Lors de la création de l’Euro, certains pays qui devaient assumer des taux d’intérêt très élevés sur leur dette en raison de l’irresponsabilité fiscale de leur gouvernement se sont retrouvés à bénéficier d’un taux d’emprunt similaire à celui de l’Allemagne (i.e. beaucoup plus bas).

–          Un boum de crédit s’en est suivi. La consommation et l’immobilier ont été dopés à l’endettement.

–          Le gouvernement aussi a profité de la manne. Ses revenus de taxation ont augmenté en raison de cette activité économique accrue et il en a profité pour augmenter ses dépenses. Les déficits n’étaient pas un problème puisque les taux d’emprunt étaient attrayants.

–          Les autres pays, comme l’Allemagne, en ont eux aussi bénéficié car ceux-ci ont vu leurs exportations augmenter en raison de la demande provenant de ces pays dépensiers.

–          Les flux financiers entre ces pays ne pouvaient pas se rééquilibrer puisqu’ils partageaient la même monnaie. Donc l’Allemagne pouvait engendrer un surplus de sa balance commercial sans voir son taux de change augmenter et réduire sa compétitivité.

Puis, les choses ont mal tourné :

–          La bulle de crédit a fini par se dégonfler (comme elles le font toujours), emportant avec elle le marché immobilier et la consommation.

–          Les revenus de taxation des gouvernements ont chuté, amenant ces pays profondément en déficit.

–          Ces déficits ont été exacerbés par les sommes octroyées en secours au système bancaires défaillants.

–          Les investisseurs ont alors tourné le dos aux titres de dettes de ces pays, doutant de leur capacité à les rembourser.

–          Les PIIGS se sont alors retrouvés dans l’impossibilité de financer leurs déficits ni leurs échéances de dettes, les amenant en situation d’insolvabilité.

–          Les dépenses des gouvernements ont alors augmenté fortement en raison de la récession (en raison du filet social) et en raison de la charge d’intérêt plus élevée sur la dette.

–          Les gouvernements se sont alors mis à couper certaines de leurs dépenses et à augmenter les taxes et impôts (a.k.a. « mesures d’austérité ») pour tenter de rééquilibrer leur budget.

–          Ces dépenses ont largement affecté les transferts sociaux et les services publics, sans toutefois réduire la bureaucratie ou alléger les barrières structurelles de l’économie.

–          Par conséquent, ces coupures de dépenses et hausses de taxes ont eut comme effet de nuire encore plus à la situation économique déjà précaire.

Quelles sont les solutions libérales?

Le meilleur moyen pour les PIGS d’améliorer leur niveau de vie est de créer de la richesse. C’est ça la seule solution durable à la crise. Les politiciens Européens doivent d’abord réaliser que leur conception de la richesse est erronée. La richesse ne résulte pas de la consommation financée à crédit. La richesse résulte de la production et pour produire, il faut des gens compétents et du capital productif (voir ceci absolument). Déployer du capital productif pour mettre les chômeurs au travail serait très bénéfique pour ces économies décimées.

Ceci dit, les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Espagnols ne sont présentement pas en position d’accumuler du capital. Beaucoup de gens sont au chômage et les marchés financiers sont en perdition. Et ceux qui ont du capital inutilisé font face à un environnement trop incertain pour le déployer et à une économie paralysée. Il est important de comprendre qu’il est très difficile de faire des affaires dans ces pays très bureaucratisés et règlementés. Démarrer une nouvelle entreprise y est un vrai casse-tête (voir cette histoire extraordinaire par exemple). Il est presque impossible d’y renvoyer quelqu’un, donc les entreprises sont très hésitantes à embaucher. Que faire?

Si le capital ne vient pas de l’intérieur, il devra venir de l’extérieur. C’est le cas en Irlande, qui s’en tire mieux que ses consœurs en raison de son environnement favorable aux investissements étrangers. Comment arriver à attirer ce capital? En réformant la structure de l’économie comme suit :

1)      Réduction drastique de la bureaucratie étatique résultant en une baisse du nombre de fonctionnaires et de la paperasse (et des dépenses de l’État).

2)      Facilitation du processus de création et d’exploitation d’une entreprise, incluant un allègement significatif de la réglementation et une ouverture tout-azimut au libre-échange.

3)      Réduction du fardeau fiscal des entreprises.

4)      Privatisation des sociétés d’État et des actifs de l’État et utilisation des recettes pour réduire la dette.

5)      Libéralisation du marché du travail de façon à rendre les congédiement plus faciles (comme la flexi-sécurité du Danemark).

6)      Sortie de la zone Euro (ce qui résulterait en un ajustement à la baisse des salaires réels).

Quelles seraient les conséquences? Les PIGS se retrouveraient alors avec des salaires concurrentiels, un marché du travail flexible et un climat favorable au commerce international. Il serait alors facile pour les PIGS d’attirer des entreprises à investir chez eux. Ces investissements engendreraient des emplois durables qui feraient augmenter les recettes de l’État tout en faisant diminuer ses dépenses (parce qu’il y aurait moins de chômeurs et de dépendants de l’État); d’autant plus que la charge d’intérêt sur la dette diminuerait aussi (tant en raison d’une baisse du taux d’intérêt que d’une baisse du montant de la dette). Ces pays se retrouveraient alors sur une trajectoire de reprise économique soutenable.

La vraie charité

Par Philippe David

Une récente publication de l’Institut de Recherche et d’Informations Socio-économiques (IRIS) pose la question : « Les prestations d’aide sociale sont-elles trop généreuses? » Cependant, la lecture de cette publication dévoile que ses auteurs se cherchent à démontrer que ces prestations ne sont pas en fait trop généreuses. Les auteurs s’objectent dans un premier temps contre la classification d’inapte ou apte au travail, disant que ça stigmatise les bénéficiaires. De plus, ils argumentent que les prestations payées aux bénéficiaires jugés aptes au travail sont insuffisantes pour permettre à ceux-ci de pouvoir s’acheter des vêtements, titres de transport et chaussures pour pouvoir rechercher activement un emploi. Selon les auteurs, Ève-Lyne Couturier et Renaud Gignac, les prestations trop basses forcent aussi les assistés sociaux qui veulent retourner au travail à accepter des emplois qui pourraient miner leur santé. Leur solution, trop simpliste, serait de hausser les prestations de façon à ce que les prestataires aient une certaine marge de manœuvre et d’abolir la distinction entre les bénéficiaires aptes et inaptes au travail, qu’ils trouvent trop stigmatisante. Ils se prononcent aussi contre le principe de « workfare » qui consiste à intégrer les bénéficiaires à l’emploi à tout prix. Je vois quelques problèmes à leur approche.

Le vrai problème des assistés sociaux

Au départ, je trouve immoral de forcer, à la pointe d’un fusil, la majorité des gens à faire la charité. La charité est un acte volontaire et personne n’a de mérite à demander à l’état de confisquer le bien d’autrui pour le redonner à d’autres personnes, aussi nécessiteuses soient-elles. Vous n’êtes vertueux que si vous fouillez dans vos propres poches et que vous donnez par vous-même. Ceci étant dit, le système existe et avant même de songer à l’abolir, on devrait s’assurer de remettre au moins la majorité de ses bénéficiaires au travail.

Le temps moyen passé au crochet de l’état au Québec est autour de 10 ans. C’est aberrant et inacceptable. Aucune société n’a les moyens d’avoir des centaines de milliers de gens complètement improductifs et dépendants. Malheureusement, plutôt que de faire tous les efforts pour réduire la dépendance, le système actuel la cultive et la perpétue. On se soucie souvent de ne pas stigmatiser les assistés sociaux, mais quelle fierté devrait-on avoir à vivre au crochet de la société pendant 10 ans de sa vie? Mme Couturier et M. Gignac se soucient de l’effet sur la santé qu’a une politique de retour au travail à tout prix. Ils devraient se souvenir de ces paroles de Félix Leclerc : « La meilleure façon de tuer un homme est de le payer à ne rien faire ». De vouloir rendre la vie des assistés sociaux plus confortable peut sembler bien noble, mais vous ne leur rendrez pas service en enlevant tous les incitatifs qu’ils ont de vouloir s’en sortir.

C’est dans la nature humaine de chercher la voie la plus facile. Nous luttons et travaillons pour survivre, mais nous cherchons tous les moyens pour minimiser le travail que ça prend. C’est ce qui a beaucoup contribué à rehausser notre niveau de vie. Nous bénéficions aujourd’hui de beaucoup plus de temps de loisir que n’en avaient nos ancêtres, mais pour bénéficier de ces temps de loisir, nous sommes toujours contraints à travailler. Il faut d’abord gagner du fric pour pouvoir se payer du bon temps. C’est ce qu’on appelle en économie un coût d’opportunité. Mais si vous donnez suffisamment d’argent à quelqu’un sans qu’il n’ait à travailler pour, nous venons de réduire le coût d’opportunité de ses loisirs. Nous l’incitons donc à préférer les loisirs au travail. À ceux qui me répondront que je suis un sans-cœur de croire que quelqu’un puisse se complaire du maigre revenu consenti par l’aide sociale, je rappelle que plus de 200 000 le font en moyenne pendant 10 ans en n’ayant aucune contrainte physique ou mentale pour les empêcher de travailler. Si c’était si stigmatisant, on s’imaginerait qu’ils se dépêcheraient un petit peu plus que ça à se trouver un travail.

Le vrai problème des assistés sociaux est premièrement qu’ils sont moins employables pour diverses raisons, qu’on exige très peu d’eux et ce, de façon illimitée.

La vraie solution

Tout d’abord il faut commencer par admettre que de vivre sur l’aide sociale n’est pas supposé être un choix de carrière.  Que ce n’est pas supposé être confortable, aisé, ou même décent. Vivre sur l’assistance sociale, c’est forcer vos voisins à travailler pour vous faire vivre. C’est supposé être gênant et honteux. Assumez-le! Ayez un peu de fierté! Donc, si ça peut s’avérer nécessaire que la collectivité s’occupe de personnes qui n’arrivent pas à se trouver un travail, même après avoir épuisé leur assurance-emploi, cette aide ne devrait pas être illimitée. Être 10 ans au crochet de l’état est inacceptable.

Pour résoudre les problèmes d’employabilité, la solution ne passe pas par l’augmentation des prestations, quoiqu’on puisse envisager de le faire si on impose une limite de temps. Elle ne passe pas non-plus par une augmentation du salaire minimum, comme le suggère les chercheurs de l’IRIS. Si cette dernière est effectivement un incitatif aux assistés sociaux de se trouver un emploi, elle est un désincitatif pour les employeurs de les embaucher. Pour vraiment aider les assistés sociaux à se trouver un travail, il faut rehausser leur valeur. On devrait donc les obliger à parfaire leurs qualifications existantes, ou d’en acquérir de nouvelles, si leurs qualifications actuelles ne sont pas en demande.  En ayant de meilleures qualifications pour des emplois où il y a de la demande (et avec le vieillissement de la population, les besoins dans certains secteurs vont devenir de plus en plus criants), non seulement leur sera-t-il plus facile de décrocher un emploi, mais celui-ci sera plus payant et plus revalorisant.

Nous devrions aussi, si les prospects d’emploi sont limités dans leur région, les aider à se déplacer là où les emplois sont plus abondants. De cette façon, non seulement allons-nous favoriser leur retour au travail dans un relativement court laps de temps, mais nous leur donnerions la chance de décrocher des emplois qui sont plus rémunérateurs, ce qui est mieux que de lais laisser croupir indéfiniment sur l’aide sociale, par peur qu’ils se retrouvent dans la rue si on arrêtait de leur payer des prestations.  Il n’en tient qu’à nous de troquer une culture de dépendance en culture d’indépendance. C’est  ça la vraie charité!

Les gaucheries de Madame Malavoy

Par Arielle Grenier

Ce matin, alors que je démarrais la Yaris-mobile tout en grelottant dans l’attente que le moteur se réchauffe, j’ouvris la radio (oui à Radio X, ça vous choque ?). On y annonçait que la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, demande l’abolition les tests de sélection dans les écoles privées en précisant que le financement public leur serait coupé s’ils ne suivaient pas les nouvelles règles! Je vous jure que je n’ai pas eu besoin de mon latte mocha pour me réveiller! Je n’en croyais pas mes oreilles! Le Parti Québécois serait-il plus « free-market » qu’on pourrait le penser?

 

         Les gaucheries de Madame Malavoy embarrasseront probablement notre nouvelle Première ministre à son retour du Sommet de la francophonie. En plus de vouloir faire reculer l’enseignement de l’anglais en freinant l’implantation du programme intensif en sixième année, elle suggère des cours d’histoire portant sur la question nationale. Si un cours universitaire existait sur « comment créer de parfaits petits unilingues souverainistes » Madame Malavoy obtiendrait certainement la note A++ de la part d’un professeur syndicaliste indépendantiste. Non, mais vraiment?! Personne n’est choqué? Vous trouvez normal que le Parti Québécois désire à ce point nous ostraciser du monde extérieur et de la méchante langue anglaise?

 

L’anglais et le profond malaise de nos péquistes apeurés du monde extérieur

 

         Je ne comprends pas pourquoi le Parti Québécois rêve à ce point faire reculer l’anglais dans nos écoles, alors qu’il devrait tout simplement améliorer l’enseignement de la langue française. La survie d’une langue ne passe pas par des programmes politiques, mais bien par l’amour que chaque citoyen porte à celle-ci. Ce n’est pas en soustrayant à nos enfants la possibilité d’apprendre une autre langue que l’on va augmenter ou améliorer la qualité de l’enseignement du français.

 

Les professeurs d’espagnol, d’anglais ou d’italien ne se transformeront pas demain matin en professeurs de français! Si l’enseignement du français est important pour une famille, je me demande bien ce qui l’empêche de corriger les lacunes du système à la maison, alors que plusieurs familles immigrantes continuent de parler leur langue d’origine. J’ai malheureusement l’impression que nous avons affaire à de vrais protectionnistes linguistiques horrifiés de la diversité linguistique de notre province. Pourquoi en serait-il autrement pour la famille québécoise qui  souhaite que ses enfants parlent le français? Ce rôle revient aux parents : ce n’est pas à l’État de décider du bien-fondé du choix d’une langue de prédilection, quelle qu’elle soit. Je suis tannée de cette gauche qui aspire à limiter les libertés décisionnelles des parents concernant le futur de leurs enfants.

 

Et les autres communautés? Ont-elles autant le droit de protéger leur culture?

 

         On se souvient tous de la controverse entourant les subventions accordées à plusieurs écoles religieuses qui ne respectaient pas le régime pédagogique du Québec. Plusieurs péquistes avaient alors crié au scandale en dénonçant l’enseignement de ces écoles. En gros, les subventions ne devaient pas être accordées aux écoles qui ne respectaient pas le programme du Ministère.

 

         Parfait! Maintenant est-ce que les écoles privées qui seront désormais payées entièrement par les parents pourront avoir le programme que ces derniers souhaitent? Autrement dit, l’école privée deviendra-t-elle une nouvelle niche de marché où les étudiants pourront apprendre l’anglais intensivement en sixième année maintenant que le public ne le leur permet plus?

 

         Et les écoles d’éducation internationale publiques? Pourront-elles continuer à « filtrer » les étudiants à l’entrée ou si cette mesure archaïque mettra fin au programme international du secondaire? Souvenons-nous que ces écoles sont publiques, mais qu’elles font passer des tests à l’entrée aux étudiants qui convoitent obtenir une éducation de première qualité au public. Elles ont d’ailleurs été créées pour permettre aux enfants de la classe moyenne et des moins nantis de pouvoir réaliser leur plein potentiel tout en performant dans un enseignement public ayant une qualité de l’enseignement compétitive au privé. OUI! Au méchant privé! Est-ce que mon école secondaire, École d’éducation internationale de McMasterville, deviendra privée ou commencera-t-elle à accepter n’importe quel élève, la faisant baisser de position au classement des meilleures écoles secondaires du Québec? Le Parti québécois est manifestement un parti qui voue un culte sans borne aux élites économiques et au nivellement… vers le bas.

 

         Hey ho! Je n’oublie pas les cours d’histoire de nos nouveaux bébés endoctrinés à voter OUI au prochain référendum! Déjà que nos professeurs sont très (le mot est faible!) souverainistes, pensez-vous vraiment qu’ils ne partagent pas leurs idées politiques pendant un cours dédié au Dieu Lévesque et à Sainte-Pauline? Soit la ministre se paie notre tête ou elle croit  naïvement que nous n’avons pas vu le tour du chapeau qu’elle vient d’effectuer dans le but de la souveraineté autarcique!

 

D’un autre côté, elle nous démontre aisément que le financement et les subventions à l’éducation ne seront peut-être pas vitaux à la survie de l’éducation privée. Merci pour le coup de pouce! L’éducation privée continuera d’exister, elle pourra peut-être créer une niche de marché à l’éducation anglophone et une élite linguistique.  Cette mesure créera certainement un appauvrissement de la diversité du système public. Tout cela pour pouvoir ENFIN obtenir la très chère souveraineté des indépendantistes.

 

Bravo Sainte-Marie, grande sainte d’une société québécoise futuriste ostracisée du monde extérieur!  Vous avez aisément démontré que le Parti Québécois a des œillères tout le tour de la tête quand il est question du futur de nos enfants.

 

Petite question : les parents qui paieront à 100% l’éducation privée de leurs enfants, seront-ils soustraits aux taxes scolaires ou la classe moyenne devra-t-elle encore payer en double ce service ?

Le catastrophique gouvernement Marois

Par Simon Leduc

Au lendemain des élections, Pauline Marois a affirmé qu’elle serait la première ministre de tous les Québécois et une cheffe d’État rassembleuse. En tout cas, le premier mois de gouvernance péquiste prouve le contraire. Depuis le 4 septembre, le Parti québécois tente de diviser les Québécois dans tous les domaines : l’économie (les riches vs les pauvres), l’environnement (les écologistes vs les créateurs de richesse), la langue (les français contre les anglais), etc. Les péquistes se foutent complètement de la majorité qui n’a pas voté pour eux et ils gâtent leur base avec de petits cadeaux (l’annulation de la hausse des frais de scolarité pour les étudiants, la fermeture de Gentilly 2 pour les écologistes et une hausse d’impôts des riches pour les gauchistes). Le Conseil des ministres a congédié le président du BAPE et le patron de la SQ pour les remplacer par des amis du régime. Les ministres Breton et Bergeron refusent d’expliquer leurs gestes. Bien non, ce gouvernement n’est pas obligé de ce justifier car il a l’appui d’une majorité de Québécois. Pour lui, 30.7% des voix est la majorité absolue. Depuis un mois, on a pu constater les dérives idéologiques du gouvernement péquiste et en voici un exemple.

Il faut plus de souveraineté et moins d’anglais à l’école :

En entrevue au quotidien Le Soleil, la ministre de l’Éducation Marie Malavoy a dit que l’enseignement de l’anglais serait aboli à la première année du primaire. Celle-ci désire freiner l’enseignement intensif de la langue de Shakespeare à la sixième année. Également, ce gouvernement veut que les cours d’histoire mettent plus l’emphase sur la souveraineté du Québec. Si je comprends bien, le Parti québécois préconise l’endoctrinement de nos enfants afin de les transformer en bons petits souverainistes. Cela n’a pas de maudit bon sens. Les séparatistes sont tellement obsédés par leur option qu’ils sont rendus à vouloir imposer leur idéologie à l’école, c’est indécent. Et ce n’est pas tout, les souverainistes veulent empêcher les jeunes d’apprendre correctement l’anglais. Les intentions de l’administration Marois sont claires : fabriquer de petits unilingues francophones et les isoler du reste de la planète. Allo les dinosaures péquistes, on ne vit plus dans les années 70, on est au 21e siècle bordel. Le mouvement souverainiste déteste l’anglais mais les jeunes Québécois n’ont pas à écoper pour cela.

Est-ce que Pauline Marois adhère aux idées radicales de sa ministre de l’Éducation? Il faut se rendre à l’évidence, la cheffe du PQ a perdu totalement le contrôle de son Cabinet. Comment peut-elle laisser ses ministres dire n’importe quoi sur la place publique? Pendant ce temps, Mme Marois se cache en Afrique, cela en dit long sur le leadership de cette femme. L’incompétence est prédominante dans l’équipe péquiste. Le Parti québécois est devenu une formation politique verdoyante, propagandiste, anglophobe et socialiste. Pauvre René Lévesque, il doit se retourner dans sa tombe en voyant ce qu’est devenu le PQ. Imaginez s’il avait formé un gouvernement majoritaire.

La ligue nationale d’impro

Caricature: Ygreck

Par Philippe David

Les péquistes ont promis qu’ils aboliraient la taxe santé. Pour ce faire, ils ont décidé de prendre la voie populiste de taxer les riches sur leurs revenus, mais aussi sur les gains de capital et les dividendes. Cependant, ils ne s’attendaient pas au tollé qui s’en est suivi quand les gens ont réalisé que de taxer les gains de capital et les dividendes affectait leurs REER et autres actifs sur lesquels la classe moyenne fonde ses plans de retraite.

Et, comble de malheur, les péquistes ont été frappés de plein fouet par la réalité des chiffres, chose qu’ils auraient dû prévoir puisque le gouvernement  fonctionne en déficit depuis 2010.  Mais apparemment, les mathématiques ne sont pas la force du gouvernement péquistes, alors ils ont probablement cru que ces déficits n’étaient que pur hasard et qu’ils disparaitraient par magie sous leur habile gestion. Ce n’est pas si facile, une fois au pouvoir. Maintenant, ils doivent trouver le moyen de combler le trou laissé par leurs prédécesseurs et celui laissé par leurs propres promesses électorales qu’ils se sont empressés d’exaucer sans trop réfléchir. Nicolas Marceau est en train de découvrir que ce n’est pas aussi facile sur le plancher des vaches que du haut d’une tour d’ivoire.

Ainsi, il se voit obligé de reculer sur sa promesse d’éliminer la taxe santé, mais pour dorer la pilule, il l’a rendu progressive, ce qui fera que les riches paieront plus que les plus pauvres. Mince consolation, puisque la définition de « riche » dans ce cas précis est d’avoir un revenu imposable de $42 000 ou plus. On n’a plus les riches qu’on avait. Je devrais peut-être me réjouir de faire partie de cette catégorie, mais bon. En même temps, les hausses d’impôt pour les revenus de $130 000 et plus demeurent, quoique moindres qu’originalement prévu. Les travailleurs à haut revenu se trouvent donc doublement frappés. Ce n’est plus la taxe santé OU les hausses d’impôt, c’est la taxe santé encore plus salée ET les hausses d’impôt. Si au moins on pouvait espérer une amélioration des services pour compenser, mais j’ai de gros doutes que ça puisse arriver.

Pendant que le PQ s’obstine à essayer d’équilibrer le budget en ne jouant que sur la colonne des revenus, beaucoup d’observateurs font remarquer qu’il existe une autre colonne dans un budget, celle des dépenses. Par exemple, simplement de réduire les subventions aux entreprises au même niveau que l’Ontario épargnerait 3 à 4 milliards au gouvernement sans hausser les taxes et les impôts et serait même acceptable à gauche et à droite de l’échiquier politique. (Eh oui, même les méchants droitistes reconnaissent qu’on subventionne trop!) Mais faire des coupure pourrait vouloir dire une réduction des effectifs de la fonction publique et ça voudrait aussi dire qu’il faudrait dire non à certains groupes d’intérêts. Comme nous avons pu le constater dans le dossier des frais de scolarité, Pauline Marois n’a pas exactement fait preuve de grand courage face à ce groupe d’intérêt dont le pouvoir est relativement limité. Qu’est-ce que ce serait si elle devait faire face à des groupes encore mieux organisés. Découvrirait-on alors que dans les faits, la fameuse « dame de béton » ressemble plus à une dame de Jell-o?

Toujours est-il que manifestement, le seul talent dont le PQ a fait preuve depuis son élection est celui d’improviser. Ce recul sur sa promesse d’abolir la taxe santé ne fait que confirmer qu’il dirige comme une poule sans tête. La confiance de l’électorat en prend pour son rhume.

Qu’est-ce que le libertarianisme?

Par Philippe David

Le 3 octobre dernier, Steve Martineau et ses comparses m’ont  reçu à leur émission de radio « Tête à Queue », diffusée sur Radioshock.fm et nous avons discuté de la philosophie à laquelle j’adhère: le libertarianisme. Je vous invite à écouter cette entrevue, mais si vous n’avez pas 48 minutes de libre, je vais aussi vous en livrer un résumé par écrit. Puisque cette philosophie politique commence à émerger dans les médias de masse, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de la définir pour nos lecteurs.

1   Définition

Les mots “libertarianisme” ou “libertarien” n’apparaissent pas dans les dictionnaires français. Ce sont des anglicismes qui n’ont pas été acceptés par l’académie de la langue française et qui ne sont utilisés dans la réalité qu’en Amérique du nord. Ce que nous appelons le libertarianisme ici est en fait le libéralisme classique. D’ailleurs, en France, on utilise encore le terme « libéral» plutôt que « libertarien ». Mais ici, le terme « libéral » n’a plus la même signification qu’en France. Un libéral au Québec est un social-démocrate, alors qu’un libéral en France est un disciple du libéralisme classique sur lequel est fondée la civilisation occidentale. C’est le libéralisme issu de penseurs comme John Locke, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat ou Thomas Jefferson. C’est la doctrine à l’origine de la déclaration d’indépendance des États-Unis  et de sa constitution. Incidemment, ce sont aussi  ces principes qui ont guidé les pères de la constitution canadienne de 1867. On pourrait donc dire que le libertarianisme est en quelque sorte un retour aux sources de la civilisation occidentale. Le libéralisme classique est fondé sur dix grands principes.

2   Dix principes du libéralisme classique

 

  • La vie d’un individu est une valeur morale universelle et absolue. La vie, liberté et propriété d’un individu non-agressif ne saurait être sacrifiée à aucun but.
  • Chaque individu est propriétaire de son propre corps, son esprit et de son labeur, incluant les objets physiques qui sont le fruit légitime de ce labeur. (Le droit de propriété)
  • Tout individu a le droit de poursuivre des activités nécessaires à l’amélioration de sa vie – incluant ses aspects matériels, intellectuels et émotionnels – en utilisant son propre corps et sa propriété, ainsi que la propriété d’autres personnes consentantes.
  • Les droits d’un individu à la vie, la liberté et la propriété sont inhérents à la nature de cet individu. Ils ne sont octroyés par d’autres  êtres humains et ne peuvent être enlevés par aucune entité. (Le concept de droits naturels)
  • L’initiation de la force physique ou la menace de l’usage de celle-ci ou la fraude contre tout individu n’est jamais permise – Peu importe le caractère ou la position de l’instigateur. Cependant, une force proportionnelle peut être utilisée pour se défendre de ou en réponse à une agression. (Le principe de non-agression)
  • Le seul rôle fondamental d’un gouvernement est de protéger les droits individuels en prenant des actions spécifiquement déléguées à ce gouvernement par ses citoyens. Le gouvernement n’est pas l’égal de la société et n’a pas le droit de sacrifier des individus non-agressifs pour avancer le bien-être des autres. (L’état de droit)
  • Chaque individu a le droit absolu de penser ou exprimer toute idée qu’il veut. La pensée ou la parole ne seront jamais l’équivalent de la force ou de la violence et ne devraient jamais être restreintes ou être sujettes à des pénalités coercitives. Spécifiquement la contrainte et la censure sur la base de religion ou d’idées politiques sont inacceptables en toute circonstance. (La liberté de conscience et d’expression)
  • Le commerce, la technologie et la science sont des forces libéralisantes désirables qui sont capables de soulager les maux historiques, d’améliorer la qualité de vie humaine et l’élever moralement l’être humain. La liberté complète d’échange, d’innovation et de pensée doivent être préservés et soutenus pour tous les êtres humains. (Capitalisme)
  • Les accidents de naissance, de géographie ou de généalogie ne définissent pas un individu et ne devraient jamais générer de restrictions imposées par autrui sur les droits ou les opportunités de cet individu. Chaque individu doit être jugé strictement selon ses qualités personnelles, incluant ses accomplissements, son caractère et ses connaissances. (L’égalité devant la loi)
  • Il n’existe aucune limite « naturelle » ou désirable au potentiel humain de faire le bien, et il n’existe aucun problème substantiel qui ne puisse être résolu par la connaissance humaine présente ou future, l’effort et la technologie. Il tient d’un impératif moral à tous les humains d’étendre leur maitrise de l’univers indéfiniment et de telle façon à assurer la survie et l’épanouissement de tous les individus non-agressifs.

3    Un monde libertarien

 

À quoi ressemblerait une société libertarienne? Certains vous diront que puisque nous voulons minimiser, voire éliminer l’état, qu’un monde libertarien serait la loi de la jungle et au plus fort la poche. Ce n’est pas du tout ça.

3.1  Le rôle de l’État

Pour le libertariens, l’état est la seule entité ayant le droit légal d’utiliser la force et son rôle est d’abord et avant tout de protéger les citoyens contre les agressions extérieures par la force militaire et intérieures par les forces policières et de résoudre les disputes en offrant un système légal. Pour les autres services, les libertariens considèrent que le secteur privé est généralement plus efficace que le gouvernement (ce que notre gouvernement est en train de prouver).

3.2  L’économie

Les libertariens croient que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans la vie économique des citoyens autrement que de punir la fraude et le vol. Le système légal normal devrait donc suffire à règlementer les marchés et prévenir que des gens soient floués dans leurs transactions. Les gens auraient donc le droit de transiger avec qui ils veulent, selon des termes mutuellement acceptables.

3.3  Le filet social

Les libertariens prônent la responsabilité sociale. Ce qui veut dire que nous sommes responsables d’abord et avant tout de nous-mêmes et de nos familles. Prendre soin de nos enfants et de nos ainés, par exemple, est notre responsabilité, pas celle de la société.  Il a été généralement démontré que plus une société est libre sur le plan économique et plus elle est prospère. Dans une société prospère, l’extrême pauvreté est un phénomène marginal et relève de la charité privée. Il est impensable d’utiliser l’État pour forcer les gens à être charitables contre leur gré. L’idée de faire une redistribution forcée de la richesse, comme nous le faisons présentement, est moralement  inacceptable pour un libertarien. Utiliser la force pour saisir la propriété d’autrui est un vol, même si c’est le gouvernement qui le fait avec la bénédiction de la majorité de ces citoyens. Si un citoyen n’a pas le droit d’utiliser la force pour saisir la propriété d’un autre, il ne peut pas déléguer ce pouvoir à son gouvernement, peu importe le nombre de citoyens qui seraient d’accord avec l’acte. La démocratie ne peut servir à violer les droits, seulement les préserver.

3.4  La vie sociale et la vertu

L’État n’a aucune place dans la chambre à coucher. Ce n’est donc pas sa place de dicter ce qui peut se faire ou ne pas se faire entre deux individus consentants. Ce n’est pas sa place également de dicter comment un individu dispose de son propre corps, tant que celui-ci en subit les conséquences et ne nuit pas à autrui. Ce n’est pas à l’état d’imposer une certaine moralité ou une idéologie à l’ensemble de la société par la force. Ce n’est pas à l’État d’imposer une langue d’usage. Sur un territoire, la langue s’impose d’elle-même quand une majorité des citoyens la parlent et transigent avec. L’usage de la force est donc inutile et superflue.

4  Conclusion

Le libertarianisme est l’incarnation nord-américaine du libéralisme classique et adhère à ses principes. C’est une vision de société qui est centrée autour du principe de non-agression et du  respect des droits individuels et de propriété. Le libertarianisme n’est en réalité ni à gauche et ni à droite. C’est la seule philosophie qui est cohérente vis-à-vis l’usage de la force de l’état. La gauche prône l’usage de la force de l’état pour promouvoir l’égalité sociale et la droite prône l’usage de la force pour promouvoir la vertu et la moralité Le libertarianisme condamne l’usage de la force universellement. Les libertariens choisissent de promouvoir le bien collectif par la responsabilité individuelle et la charité et la coopération volontaire.

 

En bonus, je vous offre aussi la vidéo que je mentionne à la fin de l’entrevue: La Philosophie de la Liberté.