La vertu inatteignable

Par Philippe David

Le sort de Daniel Breton était inévitable. De quoi était-il coupable? D’avoir fraudé l’assurance-chômage? D’avoir le pied pesant? De ne pas payer ses amendes, ou son loyer? D’avoir menti? D’être arrogant? Toutes ces réponses? Je ne chercherai pas à le défendre, certainement pas. Il était surtout coupable d’avoir tellement de squelettes dans son placard que les portes ne fermaient plus.

Suis-je content de sa démission? Absolument! Je ne m’en cacherai pas. Ceux qui me connaissent savent que je déteste le PQ et je n’aimais certainement pas Breton. Sa nomination comme ministre de l’environnement m’irritait au plus haut point. Il était un prêtre dans une religion dont certains adeptes souhaiteraient nous voir retourner à l’âge de pierre. Seule sa réaction à l’inversion de flux du pipeline Montréal-Sarnia démontre que notre ex-ministre vert était probablement aussi dogmatique qu’un créationniste. En plus, il est un écolo hypocrite puisqu’alors qu’il était reporter automobile pour évaluer des véhicules soi-disant « verts », il faisait l’essai d’une Porsche à 275 km/h. La Porsche était-elle hybride? Je me réjouis donc de son départ.

Ceci étant dit, cette histoire et toutes les autres histoires sordides de collusion, corruption, gaspillage de fonds publics et abus de confiance dont nous sommes quotidiennement bombardés récemment, m’amènent à une réflexion plus profonde. La commission Charbonneau, depuis son début, nous dévoile un système institutionnalisé de corruption et de copinage. Jusqu’ici, je crois qu’elle fait un excellent travail de confirmer et mettre a grand jour, ce que je crois, nous savions déjà, mais que nous refusions de regarder en face. La commission Charbonneau nous met effectivement le nez dans notre propre caca et nous demande d’en humer profondément l’odeur. Pourquoi je dis « notre » caca? Parce qu’ultimement, nous en sommes tous responsables dans notre aveuglement.

Revenons à Daniel Breton. De quoi était-il vraiment coupable, sinon d’être humain? Daniel Breton est une personne irresponsable, donc il n’aurait jamais dû être nommé ministre. Mais si vous regardez dans votre propre passé, n’avez-vous pas quelques épisodes dont vous n’êtes pas particulièrement fier? Croyez-vous que vous passeriez le test qu’on impose à nos élus d’être plus blancs que blanc. Combien de personnes peuvent vraiment se vanter qu’ils n’ont absolument rien à se reprocher? Si vous essayez de me dire que vous êtes si vertueux, je vous traiterai de fieffé menteur. Diogène n’a jamais trouvé son honnête homme et si on lui avait donné l’immortalité, il chercherait encore. Le problème en fait n’est pas que des personnes irresponsables se retrouvent dans des positions de pouvoir. Le problème est bien plus insidieux, c’est notre croyance que puisque nous ne sommes pas capables de nous gouverner nous-mêmes, nous devons choisir parmi nous des saints qui doivent nous gouverner. Qu’est-ce qui peut bien nous faire croire que ces gens feront mieux que nous? Que ces gens seront plus responsables. Que ces gens seront automatiquement plus honnêtes, du simple fait qu’ils arrivent à gagner un concours de popularité à tous les quatre ans? C’est de la pure délusion! De plus, le pouvoir corrompt. C’est la nature humaine. Et plus un individu aura de pouvoirs, plus il y a de risque qu’il soit corrompu. Les exemples abondent à travers l’Histoire. Il va aussi de soi que le pouvoir attire toujours le genre de personnalité qui désire manipuler les gens. Donc, plus la position comporte de pouvoirs et plus elle attirera des personnalités pathologiques. Alors pourquoi persistons-nous à croire que ce type de gouvernance peut fonctionner? Pourquoi nous attendons-nous que la classe politique soit plus vertueuse et plus responsable alors que le pouvoir attire les personnes les plus corruptibles?

Il y a plusieurs personnes qui croient comme moi que les pouvoir du gouvernement doivent être limités à la seule protection des droits individuels. Nous le faisons parce que nous savons pertinemment que la sagesse de la classe politique et des élites est un mythe et c’est probablement la plus grande fraude de l’Histoire.

Course à la chefferie libérale : Qui va l’emporter?

Par Simon Leduc

En mars prochain, les militants libéraux vont choisir le successeur de Jean Charest lors du congrès à la chefferie. Le prochain chef sera choisi grâce à la bonne vieille formule des délégués. La course libérale n’a pas vraiment pris son envol mais il faut s’attendre à beaucoup d’actions après le temps des fêtes. Après neuf années de règne de Jean Charest, le parti centenaire doit se choisir un leader qui va lui permettre de brasser des idées et de le mener à la victoire aux prochaines élections générales. Lequel des candidats va remporter la course?

Pierre Moreau : l’underdog qui veut se faire connaître :

Le député de Chateauguay est l’aspirant qui est le moins connu du grand public. M. Moreau est membre du Barreau du Québec depuis 1980. De 1981 à 2003, il a pratiqué son métier dans des cabinets d’avocats et il a enseigné en droit public et administratif à l’École de formation professionnelle du Barreau du Québec. Le député a été élu pour la première fois sous la bannière libérale lors des élections générales du 14 avril 2003. Il a occupé des fonctions mineures jusqu’à son ascension au Conseil des ministres en septembre 2011 (au ministère des Transports). Il est un habile communicateur et il a mis cette qualité en pratique lors de son passage aux Transports. Après le mandat houleux de Sam Hamad, M. Moreau s’est bien démarqué et il en surprit plusieurs malgré son inexpérience ministérielle. Le candidat libéral s’est lancé dans la course pour se faire connaître du grand public, des militants libéraux et de l’establishment du parti. Cela serait étonnant qu’il remporte la victoire mais sa présence va lui permettre de se démarquer au sein des troupes libérales. Ma prédiction : une troisième place.

Philippe Couillard : le candidat qui part favori :

M. Couillard a obtenu ses Doctorats en médecine en 1979 et en neurochirurgie en 1985. C’est un grand neurochirurgien qui a pratiqué sa profession jusqu’en 2003. Il a été le candidat vedette du PLQ de Jean Charest lors des élections de 2003. Il fût élu député libéral dans la circonscription de Mont-Royal. Celui-ci a été ministre de la Santé dans le gouvernement Charest de 2003 à 2008. Son grand talent de communicateur et sa capacité de rassurer les gens ont été salués par les personnes du milieu hospitalier. Il a tenu tête à Jean Charest lors de la controverse sur le choix de l’emplacement du CHUM. Il a gagné cette bataille devant son patron et cela a refroidi les ardeurs de l’establishment libéral face à lui.

Philippe Couillard semble être le grand favori dans la course à la chefferie libérale. Il a quelques qualités : sa capacité de rassurer les Québécois, c’est un bon communicateur et il a une certaine stature physique. Mais, il a de nombreux points faibles. Tout d’abord, je trouve que l’ancien élu a un bilan mitigé comme ministre de la Santé. Il faut souligner ses talents de communicateur. Mais sur le fond, sous son règne, le système de santé ne s’est pas du tout amélioré. Il a refusé de donner plus de place au secteur privé malgré le fait qu’il a quitté ses fonctions pour aller y travailler. Je vois dans cela une hypocrisie réelle. Devant les caméras, il défend bec et ongle le monopole public en santé mais en privé, il fait les louanges du secteur privé, c’est décevant comme attitude. Ensuite, l’aspirant chef du PLQ a quitté le gouvernement Charest en plein milieu de la croisière. Plusieurs personnes doivent penser que c’est un déserteur qui a sauté par-dessus bord du navire libéral avant qu’il frappe un iceberg. Soudainement, il décide de revenir en sauveur après l’accident qui a abîmé le paquebot libéral. Subséquemment, M. Couillard ne vient pas du secteur économique. C’est la marque de commerce du parti et les militants pourraient lui préférer le candidat de l’économie : Raymond Bachand. Je crois que M. Couillard va gagner le premier tour du scrutin mais il va se faire dépasser à la ligne d’arrivée. Ma prédiction : une deuxième place.

Raymond Bachand : le candidat de l’économie :

Raymond Bachand a obtenu une licence en droit de l’Université de Montréal en 1969. Il a une maîtrise et un doctorat en administration des affaires à la Harvard Graduate School of Business administration. Il a œuvré pendant des années dans le monde des affaires avant de faire le saut en politique : chez Métro Richelieu, au Fond de Solidarité de la FTQ, chez Culinar, etc. Il a aussi de l’expérience sur le plan politique. Il a travaillé au cabinet de deux anciens premiers ministres du Québec : René Lévesque et Pierre-Marc Johnson. En 2005, il a été recruté par les libéraux de Jean Charest. Celui-ci l’a nommé au ministère des Finances. C’est un poste qu’il a occupé de 2009 à 2012.

Le manque de charisme est le point faible du candidat à la course libérale. En effet, M. Bachand n’est pas très charismatique mais je ne crois pas que cela va lui nuire. Les militants doivent choisir le candidat le plus expérimenté et compétent sur le plan économique. Dans ce domaine, Raymond Bachand devance facilement ses deux adversaires. L’économie est sa grande force. Contrairement à ses deux rivaux, il a une grande expérience dans le monde des affaires. Ce n’est pas un hasard que le Québec Inc. lui a accordé son appui. Dans l’ensemble, il a quand même bien fait lors de son passage au ministère des Finances. Face à un gouvernement faible sur le plan économique, le PLQ doit choisir le seul aspirant qui est solide en la matière : Raymond Bachand. C’est pour cette raison que l’auteur de ses lignes appuie la candidature de l’ancien ministre des Finances. C’est un politicien de centre-gauche qui ne va pas faire trembler les colonnes du Temple (le modèle québécois) mais c’est le meilleur candidat en lice. M. Bachand va terminer deuxième derrière M. Couillard lors du premier tour. Les délégués de Pierre Moreau devraient en grande majorité l’appuyer lors du deuxième tour et assurer sa victoire. Ma prédiction : une victoire pour Raymond Bachand.

La spéculation invisible

Par Jean-Louis Caccomo

NDLR: Jean-Louis Caccomo est un économiste et écrivain français qui enseigne à l’Université de Marseille et l’Université de Perpignan. Ce texte que nous publions avec sa permission, discute des effets pervers de la gratuité universitaire en France, sujet plutôt pertinent ici au Québec. Nous lui souhaitons la bienvenue sur Contrepoids.

Imaginez que des parents financent les études de leurs enfants, en fermant les yeux, sans se soucier d’orientation, de réussite et de projet personnel. Si de tels parents ont à assumer l’intégralité du coût des études de leur progéniture, alors il arrivera un moment où ils demanderont des comptes. Ce n’est pas qu’ils soient économistes de formation, mais c’est dans la nature des relations humaines : si mon enfant me réclame tous les jours de l’argent de poche, je veux en connaitre son utilisation. S’il veut être libre d’affecter l’argent aux usages qu’il désire, alors il devra gagner lui-même son propre argent. Tel est le prix de la liberté : il faut donner en contrepartie du temps à la collectivité. C’est le sens du travail : la vraie solidarité. 
 
En France où l’on pose par principe que l’éducation constitue un service public, les parents ne prennent plus en charge l’intégralité du coût des études, même s’ils le font indirectement en tant que contribuable. Mais le contribuable n’a ni la même liberté ni la même responsabilité que le parent. Et plus il assume par la force des choses le rôle de contribuable, plus il se désengage de son rôle (irremplaçable) de parent. Or plus l’implication financière des parents (ou des étudiants) se réduit au fur et à mesure que grandit la sphère de la prise en charge publique, et plus le sens de la responsabilité est émoussé, entrainant une spéculation collective digne du pari pascalien.
 
Car, il y a la spéculation que l’on voit et que l’on s’empresse de dénoncer à chaque secousse boursière, et il y a la spéculation invisible que l’on ne contrôle plus mais qui engloutit pourtant notre argent à tous puisqu’il s’agit de l’argent public. Or n’oublions jamais que l’argent public n’est pas l’argent de l’Etat, mais l’argent que l’Etat nous a prélevé pour le gérer en notre nom afin de financer des biens et services publics qui ne sauraient être produits et gérés par les acteurs privés. Admettons qu’il existe des biens et services publics qui ne sauraient être produits et gérés par des acteurs privés, rien ne garantit pour autant que l’Etat soit rigoureux et compétent dans la gestion de tels biens, surtout s’il s’en accorde le monopole créant les conditions d’une absence totale de contre-pouvoir et d’obligation de résultats.
 Chaque année, la France consacre un budget important aux étudiants sans aucune évaluation de son résultat, juste pour faire du quantitatif, faisant croire au passage à certains jeunes esprits qu’ils sont faits pour les études alors qu’ils sont tout bonnement égarés dans des filières de complaisance ou des formations sans débouchés. Je fais ce constat amer sans réjouissance aucune. Mais chaque année, je suis convoqué pour les examens de rattrapage. Je compose de nouveaux sujets et je viens surveiller les épreuves (ce qui constitue un temps précieux pris sur mon temps de chercheur). Et chaque année, j’observe que la moitié des étudiants (par rapport au nombre d’étudiants officiellement inscrits) que l’on cherche pourtant à repêcher, ne s’est pas dérangée.
 
Je suis sans arrêt à l’affût d’étudiants motivés et qui veulent s’en sortir, et je consacre à cet effet une grande partie de mon temps à la coopération académique à l’étranger, notamment dans les pays émergents (en Thaïlande, en Syrie, en Algérie, au Maroc ou aux Comores…) où je rencontre d’excellents étudiants [1]. Par respect pour ces étudiants étrangers, sérieux et motivés, il faut aussi dénoncer ceux qui utilisent l’inscription à l’université française pour obtenir une carte de séjour et contourner ainsi les lois sur l’immigration, la motivation pour les études étant plus que secondaire (puisque ces étudiants inscrits ne viennent pas en cours). A leurs yeux, la qualité et la générosité du modèle social exercent plus d’attraction que l’excellence annoncée de notre système d’enseignement supérieur. Un économiste ne saurait leur reprocher d’être rationnel. C’est à nous de changer un système qui envoie des incitations qui ne sont pas de nature à faire émerger les meilleurs éléments et les meilleurs comportements. Il faut donc sélectionner et cela s’applique aussi aux étudiants français, sans discrimination fondée sur l’ethnie, le sexe, la religion ou la couleur de la peau. Seules les qualités personnelles et individuelles, les compétences acquises et la motivation comptent (c’est cela la vision humaniste et positive de l’individualisme), et elles peuvent être partout.
 
C’est pourquoi je suis aussi sévère à propos de ces étudiants français, qui se disent inquiets pour leur emploi et les perspectives de carrière, mais qui évitent les filières de formation offrant des débouchés alors que les secteurs concernés par ces formations peinent à trouver du personnel qualifié français. Alors en effet, un critère de sélection fondé sur la race, l’origine ou la religion ne saurait être pertinent ni moralement acceptable. Il faut encourager les cerveaux d’où qu’ils viennent, mais aussi savoir refuser ceux qui n’ont pas le niveau requis pour entrer à l’université, d’où qu’ils viennent aussi. Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures. C’est en cela que la sélection est juste et nécessaire, et il ne peut y avoir d’orientation efficace sans évaluation des compétences et des motivations. L’orientation efficace implique une sélection juste.
 
Encore faut-il vouloir changer les choses. Car l’administration universitaire est complice dans la mesure où la dotation budgétaire que reçoit chaque université – autrement dit la part du gâteau que constitue la manne publique – est fonction du nombre d’inscriptions. Voilà comment on déchaîne un processus qui déclenche un dérapage de la dépense publique sans aucune garantie de résultats en termes d’orientations et de compétences acquises dans une spirale inflationniste que plus personne ne contrôle dans la mesure où un système de gestion collective centralisée efface le principe même de responsabilité. Dans le même temps, alors que notre pays ne se sort pas du problème lancinant du chômage, qui constitue un véritable cancer pour notre société, les entreprises installées en France sont obligées de faire appel à la main-d’œuvre étrangère dans un nombre croissant de secteurs (santé, hôtellerie et tourisme, bâtiment, banque…) et pour des postes qualifiés, à défaut de trouver les compétences (ou les motivations) requises chez nous.
 
Si l’on est donc en droit de reprocher aux banques de prendre des risques inconsidérés en prêtant à des ménages insolvables, on doit de la même manière épingler les comportements similaires en matière de capital humain, surtout que ce dernier constitue notre capital le plus précieux [2]. La frontière entre l’investissement public et le pur gaspillage est bien fine. Au nom d’une conception erronée et caricaturale de la démocratisation de l’université, la collectivité se retrouve à financer des études d’individus qui n’en ont aucunement le profil, les capacités et les conditions intellectuelles requises.
 
La dépense publique est un investissement (publiquement rentable à terme) dans la mesure où elle sert à financer les études de ceux – d’où qu’ils viennent – qui auront les aptitudes et la volonté de réussir. Grâce à leurs compétences acquises à l’université, et valorisées sur le marché du travail, ils deviendront demain de futurs contribuables, ce qui est une façon de rembourser la dépense initiale et de rentabiliser l’effort de la collectivité. C’est aussi cela être solidaire : on rend à la collectivité (par les impôts) ce qu’elle vous a avancé (en dépenses d’éducation et de formation).
 
Mais pour que cela fonctionne, encore faut-il évaluer et orienter, en d’autres termes, sélectionner, ce qui n’interdit aucunement d’ouvrir le plus largement possible le panel de sélection. La sélection n’est pas anti-démocratique tandis que les plus modestes feront toujours les frais de la non-sélection [3].
 
Dans le cas contraire, la dépense publique sera réalisée en pure perte si elle ne génère pas un flux de revenus futurs, prenant le risque d’augmenter encore – et au-delà du supportable – la part de la population définitivement à la charge de la collectivité (de futurs chômeurs bardés de diplômes).
 
 
 
[1] Il faut dire que, dans la plupart de ces pays, le système d’enseignement supérieur est resté très sélectif, le plus souvent calqué sur le fonctionnement des universités américaines de sorte que les étudiants refusés dans leur propre pays cherchent à tenter leur chance en France où il y a moins de sélection.
 
[2] On leur reprochait jadis de ne prêter qu’aux riches… Mais effectivement, le métier de financier implique l’évaluation des projets d’investissement en vue de faire la sélection des projets les moins risqués, l’épargne étant une ressource rare alors que ses usages peuvent être nombreux. La finance organise donc l’orientation de l’épargne aux meilleures affectations possibles.
 
[3] La sélection s’impose même moralement dans le système public où le coût des études est pris en charge par l’Etat. En effet, je ne peux pas être libre d’étudier ce que je veux avec l’argent des autres : si je veux être entièrement libre dans le choix de mon orientation, alors je finance intégralement le coût de mes études. Il en est de même pour une entreprise. Si elle veut être totalement libre dans le choix de ses investissements, elle doit autofinancer ses projets. Si elle finance à crédit ou si elle ouvre son capital, elle devra rendre des comptes à sa banque pour obtenir un crédit ou à ses actionnaires pour continuer à bénéficier de l’accès au marché financier. Dans la mesure où l’on dépend des autres, on doit rendre des comptes aux autres.