Quand les médias veulent se substituer à la démocratie

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Par Philippe  David

Je n’habite pas à Toronto. Je n’ai personnellement rien à foutre de qui est le maire de cette ville, pas plus que qui est le maire de Québec, Laval ou Saguenay. Je n’ai donc pas de parti pris envers Rob Ford. Pour le meilleur ou pour le pire, les torontois l’ont élu, c’est à eux de vivre avec et ce sera à eux de le sortir s’ils sont insatisfaits de son travail. C’est le fondement de la démocratie.

On dit que Rob Ford est un maire controversé, notamment pour ses déclarations parfois incendiaires. Et alors? Depuis quand les maires ont l’obligation d’êtres drabes et sans histoires? Surtout que nous avons constaté au Québec que ce n’est certainement pas une garantie de gestion honnête. Gilles Vaillancourt a supposément pillé les contribuables lavallois pendant plusieurs décennies, mais il était très peu controversé. Encore là, les torontois connaissaient très bien Rob Ford et ils l’ont encore élu comme maire et comme conseiller municipal pendant plus de 10 ans.

 

Mais voilà maintenant, sur la simple foi d’une vidéo de 90 secondes, que presque personne n’a vu  et dont personne ne peut vérifier l’authenticité, qu’on est près à le lyncher sur la place publique. Et ce qui me surprend le plus, autant par des médias de droite que des médias de gauche. Une petite question: as-t-on prouvé que Rob Ford a fait quoique ce soit d’illégal? Une vidéo que des dealers de crack cherchent à vendre au gros prix, est-ce vraiment une source crédible? Qu’est-il advenu de la présomption d’innocence? À bien y penser, Gérald Tremblay n’a-t-il pas lui aussi été écrasé et lynché sans procès par les médias? Depuis quand est-ce aux médias de décider qui gouverne? Finalement plus que juste une question.

 

Il est évident que les élus ne sont pas au-dessus des lois et qu’ils perdent de facto leur légitimité s’ils ont commis un crime. Mais autant pour Rob Ford que pour Gérald Tremblay, aucun chef d’accusation n’a été déposé et aucune enquête policière n’est en cours. J’espère pour le Toronto Star que leur source est fiable. Si j’étais Rob Ford, mon avocat serait déjà en train de préparer une poursuite en libelle. Je ne serais pas surpris si l’avocat de Ford n’est pas justement en train d’affûter ses couteaux.

Toujours est-il qu’il n’appartient pas au Toronto Star de décider qui devrait être le maire de Toronto.

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