L’histoire de votre asservissement

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Par Stéphan Molyneux

(traduit de l’anglais par Philippe David)

NDLR – Je vous reproduis ici une traduction libre de la narration d’une vidéo de Stephan Molyneux (ci-bas). Vous trouverez certainement sa description de la société actuelle très cynique, mais essayez, si vous le pouvez, de réfuter son triste constat.

Ceci est l’histoire de votre asservissement; comment ça c’est produit, et comment vous pouvez finalement être libre.

Comme tous les animaux, les êtres humains veulent dominer et exploiter les ressources autour d’eux.

Au début, nous chassions, pêchions et vivions surtout de la terre – mais quelque chose de magique et terrible est survenu à notre esprit.

Nous sommes devenus les seuls, parmi les animaux, à craindre la mort, et les pertes futures.

Et ce fût le début d’une grande tragédie, et une possibilité encore plus grande.

Voyez-vous, lorsque nous avons commencé à craindre la mort, les blessures et l’emprisonnement, nous sommes devenus contrôlables — et si précieux — d’une façon qu’aucune autre ressource ne pourrait l’être.

La plus grande ressource à contrôler pour tout être humain n’est ni les ressources naturelles, ou les outils, ou la terre — mais plutôt les autres humains.

Vous pouvez effrayer un animal, parce que les animaux ont peur de la douleur dans le moment, mais vous ne pouvez l’intimider avec une perte de liberté, ou la menace de torture ou d’emprisonnement dans le futur, parce que les animaux ont peu de notion du lendemain.

Vous ne pouvez pas menacer une vache de torture ou un agneau de mort. Vous ne pouvez frapper un arbre avec une épée et hurler pour qu’il produise plus de fruits, ou tenir un flambeau près d’un champs et exiger plus de blé.

Vous ne pouvez obtenir plus d’oeufs en menaçant une poule – mais vous pouvez forcer un homme à vous donner ses oeufs en le menaçant.

L’élevage humain a été l’occupation la plus profitable — et destructrice — de toute l’histoire, et c’est maintenant en voie d’atteindre sa conclusion destructrice.

La société humaine ne peut être comprise rationnellement avant d’être vue pour ce qu’elle est: une série de fermes où des fermiers humains possèdent du bétail humain.

Certaines personnes deviennent confuses parce que les gouvernements fournissent des soins de santé, de l’eau potable, de l’éducation et des routes, et donc s’imaginent qu’il y a une certaine bénévolence à l’oeuvre.

Rien ne saurait être plus loin de la réalité.

Les fermiers pourvoient des soins de santé, de l’irrigation et de l’entraînement pour leur bétail.

Certaines personnes sont confuses parce qu’on nous donne certaines libertés, et donc s’imaginent que notre gouvernement protège nos libertés.

Mais les fermiers plantent leurs plants avec un certain écart pour augmenter leur rendement — et accorderont à certains animaux des enclos et des champs plus grands si ça veut dire qu’ils produiront plus de viande et de lait.

Dans notre pays, notre ferme de taxe, votre fermier vous accorde certaines libertés non pas parce qu’il s’en soucie, mais parce qu’il veut augmenter ses profits.

Commençez-vous à voir la nature de la cage dans laquelle vous êtes né?

« Quand vous regardez une mappemonde, vous ne voyez pas des pays, vous voyez des fermes. Certaines libertés vous sont permises – propriété privée limitée, liberté de mouvement, liberté d’association et d’occupation – non pas parce que votre gouvernement approuve ces droits en principe – puisqu’il les viole constamment – mais plutôt parce que le bétail en pâturage libre est beaucoup moins dispendieux et plus productif. Il est important de comprendre la réalité des idéologies. Le capitalisme d’état, le socialisme, le communisme, le fascisme, la démocratie – ce sont toutes des méthodes de gestion de bétail. » – Stéphan Molyneux

Il y a quatre grandes étapes dans l’élevage humain.
 

La première étape, dans l’Égypte antique, était la compulsion humaine directe et brutale. Les corps humains furent contrôlés, mais la productivité créative de l’esprit humain demeurait hors de portée du fouet, du fer à marquer et des chaînes. Les esclaves demeurent déplorablement improductifs et requièrent d’immenses ressources pour les contrôler.

La seconde étape fût le modèle romain, où une certaine capacité de liberté, d’ingéniosité et de créativité fût accordée aux esclaves, ce qui augmenta leur productivité. Ceci augmenta la richesse de Rome, et donc des revenus de taxes du gouvernement romain – et avec cette richesse additionnelle, Rome devint un empire, détruisant les libertés économiques qui ont alimenté son pouvoir, et s’écroula.
 

Je suis sûr que ceci ne vous est pas tout à fait étranger.

Après la chute de Rome, le modèle féodal a introduit le concept de propriété du bétail et de taxation. Plutôt que d’être possédés directement, les paysans cultivaient la terre et pouvaient la conserver tant qu’ils payaient le seigneur de guerre local. Ce modèle s’effondra à cause de la subdivision continuelle des terres productives, et fût détruite par le mouvement des Enclosures, lorsque la terre fût consolidée et des centaines de milliers de paysans furent chassés de leurs terres ancestrales parce que les nouvelles méthodes de culture ont rendu les grandes fermes plus productives avec moins de gens.

Cette productivité accrue vers la fin du moyen âge créa l’excédent de nourriture nécessaire à l’expansion des villes et cités, qui à son tour a donné lieu au modèle démocratique moderne de propriété humaine.

Alors que les paysans déplacés ont envahi les villes, un grand stock de capital humain à bas prix devint disponible aux industrialistes en expansion – et la classe dirigeante des fermiers humains réalisa qu’elle pouvait faire plus d’argent en laissant leur bétail choisir sa propre occupation.

Sous le modèle démocratique, la propriété directe d’esclaves fût remplacée par le modèle mafieux. La mafia possède rarement des compagnies directement, elle envoie plutôt des gros bras une fois par mois pour voler les « propriétaires » de compagnies.

Il vous est donc maintenant permis de chosir votre propre occupation, ce qui augmente votre productivité – et donc les taxes que vous pouvez payer à vos maitres.

Vos quelques libertés sont préservées parce qu’elle sont profitables à vos propriétaires.

Le grand défi du modèle Démocratique est que l’augmentation de richesse et de liberté menace les fermiers. La classe dominante profite initialement d’un marché relativement libre en capital et main d’oeuvre, mais alors que leur bétail s’accoutume à ses libertés et sa richesse croissante, ils commencent à se demander pourquoi ils ont besoin de maitres en premier lieu.

Eh bien. Personne n’a jamais dit que l’élevage humain était facile.

Garder le bétail de taxe en sécurité dans les enclos de la classe dirigeante est un procedé en trois phases.

La première est d’endoctriner les jeunes à travers l’éducation gouvernementale. Alors que la richesse des pays démocratiques s’accroissait, les écoles du gouvernement furent universellement infligées afin de contrôler les pensées et les âmes du bétail.

La seconde est de retourner ses citoyens les uns contre les autres à travers la création de bétail dépendant.
Il est plutôt difficile de régner sur des êtres humains directement par la force — et là où ça peut être accompli, ça demeure déplorablement improductif, comme on peut le constater en Corée du Nord. Les êtres humains se reproduisent mal et ne produisent pas efficacement en captivité directe.

Si les êtres humains croient qu’ils sont libres, ils produiront plus pour leurs fermiers. La meilleure façon de maintenir cette illusion de liberté est de mettre quelques têtes de bétail à la solde du fermier. Ces vaches qui deviennent dépendantes de la hiérarchie existante attaqueront toutes les autres vaches qui pointent du doigt la violence, l’hypocrisie et l’immoralité de la propriété d’humains.

La liberté est l’esclavage, et l’esclavage est la liberté.

Si vous pouvez convaincre les vaches de s’attaquer mutuellement aussitôt que quelqu’un aborde la réalité de leur situation, alors vous n’avez pas à dépenser autant que pour les contrôler directement.

Ces vaches qui deviennent dépendantes des largesses volées du fermier opposeront violemment le questionnement de la vertu de la propriété d’humains — et les classes intellectuelles et artistiques, toujours et perpétuellement dépendantes des fermiers — diront, à quiconque réclamera l’affranchissement de l’esclavage: « Vous causerez du tort aux autres vaches. »

Le bétail est gardé captif en déplaçant la responsabilité morale pour la destructivité d’un système violent à ceux qui réclament une vraie liberté.

La troisième phase consiste à inventer continuellement des menaces extérieures, pour que le bétail effrayé s’accroche à la « protection » des fermierS.
 
Ce système d’élevage humain tire à sa fin.

La terrible tragédie du système américain moderne s’est produite non pas en dépit de, mais à cause des libertés économiques passées.

L’augmentation massive de la richesse américaine pendant le 19e siècle est le résultat de la liberté économique — et c’est justement cette augmentation qui a nourri la taille et le pouvoir de l’état.

Chaque fois que le bétail devient exponentiellement plus productif, vous obtenez une augmentation proportionnelle des fermiers et leurs dépendants.

La croissance de l’état est toujours proportionnelle aux libertés économiques antécédentes.

La liberté économique crée la richesse et la richesse attire plus de voleurs et de parasites politiques, dont la cupidité détruit ensuite la liberté économique.

En d’autre mots, la liberté génère les métastases du cancer qu’est l’état.

Le gouvernement qui commence le plus petit finira toujours par être le plus gros.

C’est pourquoi il ne peut y avoir d’alternative fiable et soutenable à une société véritablement libre et paisible.

Une société sans dirigeants politiques, sans asservissement humain, sans la violence de la taxation et de l’étatisme.

D’être véritablement libre est autant très facile, et très difficile.

Nous évitons l’horreur de notre asservissement parce qu’il est trop douloureux de le regarder directement.

Nous dansons autour de la violence de notre système mourant parce que nous craignons les attaques des autres vaches.

Mais nous ne pouvons seulement être gardés dans des cages que nous refusons de voir.

Réveillez-vous…

Voir la ferme, c’est la quitter.

 

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