La droite et l’environnement

droite et environnement

Par Philippe David

 La semaine dernière, dans le Prince Arthur Herald, Samuel Castonguay y est allé d’une critique plutôt cinglante envers les représentants de la droite québécoise sur le sujet de l’environnement. Selon lui, la droite québécoise, représentée par le Réseau Liberté Québec et le Parti Conservateur du Québec, souffrirait d’un manque flagrant de conscience environnementale et vivrait dans le déni des changements climatiques. Toujours selon lui, la droite ne se préoccupe que du développement économique et se balance de tout le reste. À la surface, ça peut sembler vrai, mais mon collègue est coupable surtout de trop de crédulité face aux mythes de la gauche.

Le biais médiatique et politique

Puisque les médias québécois penchent surtout à gauche et souffrent d’un nombrilisme extrême, on ne saurait le blâmer. Les québécois en général sont très mal informés sur le sujet de l’environnement parce qu’ils n’ont que nos médias pour seule source d’information et que nos médias (et nos politiciens aussi) sont vendus à l’idée du réchauffement anthropique et sont imperméables à toute preuve du contraire.

Nulle part est-ce ce biais plus visible que dans le fait que nos médias et notre classe politique et bureaucratique accordent plus de crédibilité à Steven Guilbeault, qui a décroché deux fois à l’université en théologie et en science politique et n’a finalement récolté aucun diplôme, qu’a un géologue et un sismologue comme Reynald Duberger. Sachant que l’étude du climat relève autant de la géologie, de la chimie,  de la physique et une panoplie de sciences connexes, qui croyez-vous, est mieux informé en la matière? Pourtant, lorsqu’il est question d’environnement, nos médias auront un micro sous le nez du « flunkie » en théologie en moins de 5 minutes alors qu’à part pour les radios de droite, aucun d’eux n’a le géologue dans leur rolodex. Comme vous pouvez le deviner, c’est parce que Reynald Duberger est un fervent sceptique et il ne faudrait surtout pas ébranler les colonnes du temple de la religion réchauffiste au Québec. Pourtant, il n’est pas le seul. Dans tout débat, il y a deux côtés de la médaille et nos médias et notre système d’éducation (Reynald Duberger a même été banni de livrer des conférences dans certaines de nos écoles), s’obstinent à n’en présenter qu’un seul. Devant un tel brouillage, est-il surprenant que le message de la droite soit déformé? Je vous invite donc à visiter le blogue de Reynald Duberger, si vous voulez un autre son de cloche que la propagande habituelle et apprenez à questionner les informations qui vous sont servies par nos médias de masse et nos écoles.

Mythes et légendes

La pensée unique en matière d’environnement au Québec a donné lieu à de nombreux mythes et légendes urbaines et idées reçues. Par exemple, nous croyons mordicus aux modèles informatiques du GIEC et leurs prédictions, malgré le fait qu’il n’y a pas eu de réchauffement depuis 15 ans, ce que même les bonzes d’East Anglia reconnaissent, alors que la concentration de gaz carbonique, elle, n’a cessé d’augmenter. Si on compare les prédictions de ces modèles avec les observations, le mot « fail » vient subitement à l’esprit. Ce qui fait que même les scénarios les plus optimistes du GIEC prévoyaient des températures plus élevées qu’elles ne le sont dans la réalité. Si on a le malheur d’exposer cette thèse au Québec, on nous accusera automatiquement de se foutre éperdument de l’environnement, comme si le seul problème environnemental était le réchauffement. C’est faux. Il y a tout plein de sources de pollution et je vous dirais que le réchauffement est probablement le moindre de nos problèmes. Et même si c’en était un, il serait plus efficace et plus économique de mitiger les effets du réchauffement (par exemple en construisant des digues contre une montée du niveau des océans) que d’essayer de diminuer nos émissions de CO2. Sur ce sujet, je recommande le livre « Cool it! » de Bjorn Lomborg, qui propose des tonnes de solutions pour pallier aux effets du réchauffement qui sont beaucoup plus efficaces.

La gauche travaille fort pour nous faire croire que le réchauffement est causé par l’homme et qu’il est catastrophique, qu’il existe un consensus scientifique et que le seul remède est de diminuer nos émissions de CO2. Nous argumentons que s’il est évident qu’il y a eu un réchauffement, celui-ci est naturel et que la contribution de l’homme est négligeable. Nous argumentons également que ce réchauffement est cyclique et loin d’être catastrophique et aussi que la solution plus pragmatique est de s’adapter aux changements climatique plutôt que de combattre des moulins à vents. Cette approche n’a absolument rien d’idiot, comme le prétend Samuel Castonguay, mais tient plutôt du gros bon sens. Dans la réalité, la gauche utilise la peur des changements climatiques pour imposer un agenda socialiste de développement durable, d’énergie verte hautement subventionnée et de régression économique et l’ONU s’en sert pour faire d’énormes transferts de richesse entre pays riches et pays pauvres sous forme de crédits de carbone. Même les multinationales y trouvent leur compte avec les subventions aux technologies vertes. Mais rien, absolument rien de tout ça ne fait quoique ce soit pour assainir l’air qu’on respire où l’eau qu’on boit. Pour la gauche, absolument tout tourne autour des changements climatiques et pas un mot sur le reste. Pour quelqu’un qui se dit libertarien, M. Castonguay accorde beaucoup trop de foi aux mythes gauchistes et devrait accorder un peu plus de temps sur ce qui se fait vraiment dans son propre camp.

 

Les solutions de la droite

On dit que la droite ne prône que le développement économique. C’est faux. Nous nous soucions aussi de l’environnement, mais nous avons confiance en une bonne application des droits de propriété et l’économie de marché pour apporter des solutions. Et surtout, nous prenons gare aux chimères pour nous concentrer sur les vrais problèmes. Le dioxyde de carbone n’est pas vraiment un polluant, à moins d’être dans une atmosphère comme celle de la planète Mars. Sur la Terre, c’est un engrais qui aide à la croissance de la végétation. Nous sommes très loin de concentrations nocives de ce gaz. Le monoxyde de carbone ou le dioxyde de souffre, en revanche, sont des polluants toxiques.

Vous savez quels sont les endroits au monde où on retrouve le plus de ces polluants toxiques? Ce sont dans les pays émergents. Pourquoi? Parce que le contrôle de la pollution est un souci de pays riche. Quand nous sommes plus pauvres, nous nous soucions moins de la pollution parce que la simple survie est un enjeu plus important qu’un environnement plus propre. Donc, de facto, le développement économique aide à réduire la pollution parce que plus une société est riche et plus elle a à cœur d’avoir une meilleure qualité de vie. C’est d’ailleurs pourquoi il y a maintenant plus de forêts en Amérique du Nord, en Europe et en Asie qu’il y en avait au début du 20e siècle. La qualité de l’eau et de l’air y est aussi meilleure, puisque l’évolution de l’automobile, de la machinerie et des carburants ont réduit les émissions et les techniques d’assainissement des eaux ont beaucoup dépollué les rivières. Je me souviens d’un temps pas si lointain où les plages que nous trouvons à Montréal avaient une qualité d’eau plus que douteuse et qui sont maintenant très populaires.

Mais nous souffrons aussi d’un paradoxe. Nous voulons le beurre et l’argent du beurre. Nous désirons tous les conforts que peuvent nous apporter la technologie, mais nous ne voulons pas en souffrir les inconvénients. Bien qu’il soit correct de vouloir minimiser ces inconvénients, il ne faut pas s’empêcher de vivre pour autant. L’humanité a atteint un niveau de richesse et de confort jamais vu dans son histoire. Cette richesse et ce confort ont un prix et c’est de vivre avec de la pollution. Nous n’arriverons probablement jamais à éliminer complètement cette pollution. Nous ne pouvons que la minimiser, et nous y travaillons. Si par contre, votre but est d’avoir zéro pollution, vous êtes le bienvenu d’aller vous réfugier au fin fond des bois, loin de tout développement humain car le seul moyen de n’avoir aucune pollution est de retourner à l’âge de pierre. C’est sain de vouloir un meilleur environnement, mais d’en faire une obsession comme certains militants écolos le font, ne l’est certainement pas. 

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6 réflexions au sujet de « La droite et l’environnement »

  1. Excellent article! Je m’efforce de communiquer les mêmes informations de mon coté, mais comme vous le dites si bien, la propagande gauchiste a totalement assassiné le sens critique de la population Québécoise. En conséquence, nous sommes confrontés à des dialogues de sourd (pour ne pas dire à des insultes). Mais poursuivons le bon combat: ce n’est qu’une question de temps avant que la logique l’emporte sur l’irrationalité émotive.

  2. Bjorn Lombor est un fondateur de Greenpeace qui a compris que la nature est plus puissante que l’homme. Il est à la tête du Copenhagen Consensus Center, un think-tank qui parle différemment de solutions à l’environnement et dont j’adhère. Or, les chamngements climatiques sont très à la fin de la longue liste des actionsà entreprendre pour améliorer notre envioronnement et notre qualité de vie. Pour eux la famine et l’accès à l’eau sont au faïte des choses à corriger sur terre. http://copenhagenconsensus.com/CCC%20Home%20Page.aspx

  3. Je ne peux pas être d’accord avec vous, parce que ça prend des militants pour ouvrir les yeux à ceux qui liront certainement votre texte et se diront « À quoi bon faire un effort? Le monsieur a dit que tout le monde exagère ». Ça prend ces gens-là pour continuer à pousser les gens à faire un effort au quotidien, pour surveiller les grosses compagnies qui polluent à outrance et qui ne pensent qu’au profit (Et oui, vous abusez de généralisation envers les gauchistes, attendez-vous que les autres en utilisent avec la droite aussi!). Sincèrement, votre texte pourrait sembler vouloir remettre les pendules à l’heure, mais à mon avis, ça ne va que conforter les plus paresseux d’entre nous de ne plus se préoccuper de leurs responsabilités envers la planète et leurs semblables. On sent aussi votre haine envers les gauchistes. Pourquoi prétendre qu’ils ne sont qu’alarmistes et qu’ils ne font rien de concret pour le bien commun?
    Quoiqu’il en soit, votre texte est peut-être bien ficelé et documenté, mais beaucoup trop de haine, de jugements et d’opinions personnelles en ressort pour que je puisse penser que vous avez vous-même bien évalué les deux côtés de la médaille, comme vous nous le conseillez pourtant. Vous êtes manifestement resté sur votre coussin de droite pour juger les gauchistes sans même vous « rabaisser » à tenter de comprendre, trop obnubilé par le besoin de les contredire. Ça aurait pu être plus intéressant avec (beaucoup) plus de neutralité dans le ton. Là, vous auriez eu plus de crédibilité.

    – Une simple citoyenne même pas militante.

    1. @ Isabelle

      votre texte est peut-être bien ficelé et documenté, mais beaucoup trop de haine, de jugements et d’opinions personnelles en ressort pour que je puisse penser que vous avez vous-même bien évalué les deux côtés de la médaille, comme vous nous le conseillez pourtant.

      Merci de dire que mon texte est bien ficelé et documenté. Pour le reste, je suis chroniqueur et éditorialiste. Par définition, mon rôle est de donner mon opinion personnelle sur différents sujets d’actualité. Je n’ai pas à montrer les deux côtés de la médaille, parce que de toute façon, le point de vue opposé a déjà la prédominance dans les médias. Je ne détiens certainement pas la vérité absolue, mais au moins mon opinion a le mérite d’être bien informée.

      Je ne peux pas être d’accord avec vous, parce que ça prend des militants pour ouvrir les yeux à ceux qui liront certainement votre texte et se diront « À quoi bon faire un effort? Le monsieur a dit que tout le monde exagère ».

      Je n’ai aucune objection contre le fait de militer pour conscientiser les gens, mais il y a longtemps que nous avons cessé de conscientiser et nous avons sombré dans la propagande et la désinformation. Je n’ai d’ailleurs jamais dit qu’il ne faillait rien faire, je dis plutôt que nous devrions cesser de dépenser de milliards et de diminuer notre niveau de vie pour combattre la chimère du réchauffement climatique et cibler les vrais problèmes (comme par exemple le manque d’eau potable dans certaines régions).

      On sent aussi votre haine envers les gauchistes.

      Haïr les gauchistes? Moi? Mais pourquoi donc? La pensée socialiste n’a causé qu’une centaine de millions de morts au 20e siècle. Elle confisque, au nom de l’égalité des résultat, en moyenne, presque la moitié du revenu de tous les québécois pour perpétuer un modèle social et économique qui nous a collectivement appauvri, avec des infrastructures qui s’écroulent, un système d’éducation avec un taux de décrochage déplorable et un système de santé où les gens meurent littéralement sur les listes d’attente, des fonctionnaires et des politiciens qui ont des retraites dorées aux frais des contribuables pendant que la grande majorité de ceux-ci n’ont que le schéma de Ponzi de la RRQ pour assurer leurs vieux jours et à force de se faire piller, n’ont pas les moyens d’économiser d’eux-même pour leur propre retraite. Je ne vois pas possiblement pourquoi je haïrais les gauchistes, et vous?

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