La peur verte

Peur verte

Par Philippe David

Depuis le début du débat sur la soi-disant « Charte des valeurs québécoises », j’en ai vu des vertes et des pas mûres (c’est le cas de le dire) de la part des partisans de la charte sur les médias sociaux. Dans ces pages, la semaine dernière, je me suis prononcé contre cette charte qui impose ce que je considère une restriction injustifiée de la liberté d’expression et de la liberté de religion de plusieurs religions. Je considère également qu’elle rate complètement la cible d’endiguer la menace de l’islamisme. J’accuse d’ailleurs le gouvernement péquiste de jouer sur l’insécurité identitaire des québécois par pur électoralisme.

Ils viennent nous envahir! Au secours!

J’ai vu et entendu d’ailleurs beaucoup d’enflure verbale au sujet de la menace que pose l’islam radical. On nous dit carrément que les musulmans vont nous envahir et que d’ici une vingtaine d’années, vieillissement de notre population aidant, ils vont être suffisamment nombreux pour prendre le pouvoir politiquement et nous imposer la charia. Du moins, c’est ce qu’on veut faire gober aux plus crédules d’entre vous. Il y a eu des livres, articles et vidéos produits ad nauseam à ce sujet. Rassurez-vous, ils ne pourront pas le faire ni en Europe et encore moins ici.

Une étude démographique de Pew Research (qu’on ne peut pas accuser de tendances multiculturalistes) intitulée The Future of the Global Muslim Population, jette un peu de lumière sur la croissance des populations musulmanes à travers le monde en se basant sur les tendances actuelles. Utilisant ces tendances, elle établit des projections de ces populations vingt ans dans le futur. Ce genre de projection est monnaie courante dans la science de la démographie et se base sur plusieurs facteurs incluant les naissances, la mortalité, l’éducation, le niveau de vie et les conversions pour estimer ces populations futures. Elles sont très fiables, même si ce genre de prédiction ne peut évidemment pas être 100% exacte.

L’étude conclue que si l’islam connaît présentement une grande croissance (la plus grande de toutes les religions, en fait), celle-ci est en état de ralentissement. Alors une forte croissance, oui; mais un tsunami vert, non. Dans le cas du Canada, sa population musulmane va presque tripler d’ici 2030, passant de 2,8% à 6,6% de la population. Comme vous pouvez le constater, on est encore loin d’un poids démographique suffisant pour venir nous imposer quoi que ce  soit. Même en Europe, la population musulmane de la France et de la Belgique franchira tout juste 10%  et celle de Grande-Bretagne 8,2%.

De toute évidence, même si les islamistes formaient un parti politique, il aurait probablement moins de chances que QS ou ON de remporter des élections au Québec d’ici 2030. Tout au plus, ils pourraient faire élire un député, et encore! Alors peut-on respirer par le nez et se calmer le pompon SVP? Ce n’est pas demain la veille qu’on verra le Québec sous le joug de la charia, à moins de se mettre tous à plat-ventre.

Aqsa Parvez et les Shafia

J’en ai vu plusieurs aussi qui instrumentalisaient les meurtres des filles Shafia et d’Aqsa Parvez, ou le récent meurtre d’un pompier à Toronto, ou tous les actes de terrorisme perpétrés par des musulmans,  pour mousser le soutien à la charte. Si ce n’est pas se percher sur des cadavres pour prêcher, je me demande vraiment ce que c’est.

J’ai une idée! Pour régler ce problème, si on rendait le meurtre illégal? Vous dites? Ça l’est déjà? Tiens donc! Vous voulez dire qu’on va punir ce genre de crime sans l’aide de la Charte? Pourquoi les mentionner alors? À moins que votre but ne soit pour attiser la haine?

Le but de l’islamisme

Le but avoué de l’islamisme est d’anéantir la liberté de religion en fusionnant religion et état, rendant toute critique de l’islam impossible, tuant du même coup toute liberté d’expression. Et que voulons-nous faire pour le combattre? Restreindre la liberté d’expression et la liberté de religion. Suis-je le seul à trouver l’idée de défendre nos libertés en les trucidant un tout petit peu paradoxal?

Le problème n’est pas le voile islamique. On pourrait le bannir complètement de la voie publique et l’islamisme serait toujours là. Il ferait probablement plus de recrues encore grâce au sentiment d’exclusion que ça inspirerait aux jeunes musulmans. Leurs prédicateurs leur diront « voyez comme ils nous haïssent et nous crachent dessus! » Et hop, ils s’embarquent pour la Libye pour un cours de terrorisme 101. C’est pas comme s’ils pouvaient se trouver un emploi. Le taux de chômage chez les jeunes musulmans à Montréal est plutôt élevé. Vous pensez leur envoyer un message avec la Charte? Peut-être que ce n’est pas celui que vous croyez…

Le problème n’est pas non-plus les demandes d’accommodement, ou même les taux d’immigration, quoiqu’une diversification ne serait pas une mauvaise idée.

Non, le véritable problème, c’est de trouver des politiciens et des fonctionnaires avec le courage de dire un seul mot à un groupe de pression : « Non! »

Et pendant que nous nous chamaillons au sujet des voiles, des kippas et du crucifix du salon bleu, Pauline Marois et ses stratèges surveillent les sondages pour déterminer le meilleur temps pour une élection hâtive, en espérant que ce débat nous aura fait oublier complètement leur incompétence pour récolter un mandat majoritaire… Peut-être serait-il temps de se réveiller et humer le café?

La charte de la discorde

burqua

Par Philippe David

Il y a des fois où je souhaiterais que plus de mes collègues de droite adhèrent au principe de non-agression. Ou du moins, que plus d’entre eux comprennent le concept. Ça m’éviterait bien des disputes avec des gens qui sont autrement mes alliés. J’ai beaucoup de respect pour eux, mais je resterai toujours fidèle à mes principes. S’ils perçoivent ça comme une trahison, qu’il en soit ainsi.

Il y en a, même à la droite du centre, qui ont des tendances collectivistes et pour qui la fin justifie souvent les moyens, même si ça viole des principes fondateurs de notre société libérale. Je ne les nommerai pas, mais ils se reconnaîtront sans doute. Je tiens à leur rappeler que les droits individuels ne sont pas sujets à compromis. Que toute violation de ces droits affaiblit notre société. Que nos principes ne comptent pour rien, si nous ne les appliquons pas même envers nos pires ennemis. Si nos actes ne suivent pas les paroles, alors les paroles ne valent rien.

Je me confesse, je suis athée. Je n’adhère à aucune religion, bien que j’ai été baptisé et confirmé dans l’Église catholique. J’ai depuis bien longtemps abandonné cette foi, et je conçois mal de pouvoir un jour y croire encore. Ça prendrait littéralement un miracle. Je considère toutes les religions comme étant des amas de superstitions parfois ridicules. Malgré tout, j’ai toujours accepté que d’autres puissent avoir ce besoin de croire en un être supérieur et j’admets même que ces croyances peuvent avoir un côté positif et qu’elles sont une source de réconfort pour certains. Alors loin de moi l’idée de vouloir imposer mon athéisme à qui que ce soit. Je ne prétendrai pas un seul instant que ce qui est bon pour moi, est automatiquement bon pour mon voisin. Je ne serai pas celui qui viendra vous dire en quel dieu croire ou ne pas croire et je n’ai aucun problème à vous laisser croire ce que vous voulez, tant que vous n’essayez pas de m’imposer vos croyances. La liberté de religion qui vous permet de croire à se que vous voulez et la liberté d’expression qui vous permet d’exprimer votre foi librement font partie de mes principes et jusqu’à récemment, je croyais que ces principes étaient partagés par la plupart des québécois. Cependant, je commence à en douter sérieusement. La soi-disant

« Charte des valeurs québécoises » est une des raisons de mes doutes. Non seulement cette charte est-elle un exemple patent de tyrannie de la majorité, mais elle ne résout même pas les problèmes qu’elle prétend résoudre.

La neutralité de l’État

Supposément, on veut implémenter cette charte afin de garantir la « neutralité » de l’état en matière religieuse. Selon cette logique, il serait donc inapproprié pour tout employé de l’état d’afficher sa croyance religieuse en portant des signes ostentatoires tels le hijab, la kippa ou le turban. Selon les partisans de cette charte, ces signes religieux affecteraient la qualité des services qu’ils reçoivent. Je me demande vraiment en quoi ça affecte la livraison de mon permis de conduire à la SAAQ si le type derrière le comptoir porte un turban? Est-ce que ça veut dire que sa croyance fera que la photo de mon permis aura une pire apparence que si elle était-prise par quelqu’un de foi catholique? Est-ce qu’un infirmier qui porte une kippa est moins apte à prodiguer des soins que celui qui n’en porte pas? Est-ce qu’une agente de bureau d’un ministère qui n’a aucun contact avec le public, mais qui porte un hijab, exercerait un biais quelconque qu’une qui n’en porte pas n’aurais pas? Un juge qui porte un crucifix assez grand pour être remarqué sera-t-il automatiquement moins impartial qu’un juge qui n’en porte pas? En d’autre mots, le simple fait qu’un employé de l’état affiche ses croyances religieuses affecte-t-il vraiment le principe de neutralité de l’état? Ce principe repose-t-il dans une apparence aseptisée de toute appartenance religieuse des employés de l’état, ou plutôt dans ses politiques?

La neutralité de l’état ne provient-elle pas surtout du fait que l’état doit traiter tous ses citoyens également peut importe sa race, son sexe, son orientation sexuelle ou sa religion? Est-ce que le fait que l’état permette à ses employés d’afficher leur croyance compromet ce principe? L’état ne devrait-il pas au contraire représenter la mosaïque des millions d’individus qu’il représente? N’est-ce pas pour ça que nous avons des programmes de discrimination positive? Alors, pourquoi voulons-nous subitement effacer cette diversité du visage de l’état? L’état ne peut-il pas être neutre et afficher sa diversité en même temps?

Le fond du problème

Quel est le fond du problème? Que cherche-t-on à résoudre? Pourquoi est-il soudainement nécessaire de piétiner la liberté de religion et la liberté d’expression, pourtant deux de nos valeurs fondamentales, afin de protéger nos soi-disant « valeurs »? N’est-ce pas un petit paradoxe? Percevons-nous la diversité des croyances religieuses comme une menace imminente? Ou succombons-nous à notre mentalité de village gaulois assiégé avec une réponse irrationnelle et disproportionnée?

Avouons-le maintenant. Le problème n’est pas le judaïsme, le sikhisme, le bouddhisme, l’hindouisme ou le christianisme. Le problème commence par un « i » et finit par un « slam », ou plus précisément l’instrumentalisation de cette religion à des fins politiques. Ce qu’on appelle l’islamisme. À croire certains de mes collègues de droite, les islamistes vont bientôt nous envahir et nous imposer la charia et si nous nous prononçons contre le projet de charte des valeurs, c’est parce que nous sommes des anti-péquistes hystériques. Au dernier recensement, il y avait 243 430 musulmans au Québec et 5.7 millions de catholiques (je ne compte même pas les autres religions qui comptent pour plus d’un million tous réunis). Autrement dit, même si on ouvrait très grand les vannes de l’immigration et qu’ils se reproduisent comme des lapins, c’est pas demain la veille qu’on verra un parti islamique faire campagne sur l’imposition de la charia et avoir une chance de gagner. Nous ne sommes même pas capable d’avoir un parti à la droite du centre capable de prendre le pouvoir à court-terme! C’est qui les hystériques?

Notre vrai problème n’est pas d’avoir des musulmanes voilées dans le secteur public. Ça s’est le moindre mal. Le problème c’est que nous admettons plus d’immigrants que nous pouvons intégrer et que nous les choisissons selon les mauvais critères. Nous priorisons le français par-dessus tout, ce qui nous condamne à accepter une part disproportionnée d’immigrants issus d’anciennes colonies françaises nord-africaines. Qu’est-ce que la charte du PQ fait pour ça? Absolument rien! Zip! Nada! Alors les mecs. Vous voulez une loi juste pour les apparences ou voulez-vous une loi qui s’attaque au vrai problème? Alors pourquoi vous vous êtes soudainement transformés en meneuses de claques pour le PQ?

Je n’ai pas de problème avec l’idée de combattre l’islamisme, mais encore faut-il qu’on emploie le bon remède. Être contre cette charte, ce n’est pas d’être doctrinaire et ce n’est pas d’être pro-islamisme, c’est réfléchir avec autre chose qu’avec ses gonades!

Le mythe de l’austérité au Québec

Une vidéo a récemment été publiée sur Youtube par l’ASSÉ pour souligner le premier anniversaire de la venue au pouvoir du PQ. Au moment d’écrire ces lignes, elle avait récolté 6416 visionnements, ce qui est loin d’être viral. Son but était d’accuser ce méchant gouvernement néo-libéral péquiste de mener une  politique d’austérité sur le dos des pauvres afin de satisfaire sa « lubie » du déficit zéro. De la rhétorique d’extrême-gauche à son meilleur (ou son pire, c’est selon). 

Comme je l’ai mentionné, ce n’est pas comme si bien des gens, autre que les communistes de l’ASSÉ l’ont vu, mais puisqu’elle renferme beaucoup d’inexactitudes qui relèvent soit de l’ignorance, soit de la démagogie, je vous laisse le soin d’en juger, j’aimerais remettre les pendules à l’heure.

Qu’est-ce qu’une politique d’austérité?

Dès l’ouverture de la vidéo, les auteurs se tirent dans le pied en donnant une définition de l’austérité comme étant « une politique visant à réduire les dépenses d’un état pour éliminer sa dette ». J’accepte cette définition d’emblée, en ce qui concerne les politiques publiques, du moins. Et dès le moment que vous acceptez la politique d’austérité comme une diminution des dépenses, tout l’argument central de la vidéo s’effondre quand on regarde les chiffres (c’est vrai que les chiffres et les partisans de l’ASSÉ, c’est comme l’eau et l’huile), parce que dans les faits, les dépenses du gouvernement n’ont jamais diminué. Elles ont plutôt augmenté. Nicolas Marceau a beau avoir pris des mesures pour freiner cette augmentation, mais il reste que les dépenses augmentent quand même. Alors où est-ce que les auteurs de la vidéo ont pigé que le PQ mène une politique d’austérité, autrement que dans le monde de leurs fantasmes?

Je pourrais m’arrêter là et considérer la vidéo discréditée, mais la chronique serait trop courte, alors continuons.

La dette

La vidéo tente ensuite de démontrer que les mesures d’austérité, si fictives  soient-elles, ne sont pas vraiment nécessaires en tentant de minimiser l’impact de la dette. Pour ce faire, ils ont choisi d’utiliser l’artifice de la dette nette vs la dette brute. Selon eux, les think tanks comme l’IEDM préfèrent utiliser la dette brute dans le seul but d’amplifier le problème et de faire peur. Quand on regarde la dette nette (ou dette représentant les déficits cumulés, c’est-à-dire la dette brute moins l’ensemble des actifs du gouvernement), nous paraissons mieux.

Primo, au 31 mars 2013, la dette brute se chiffrait à $193,6 milliards ou 54,2% du PIB alors que la dette nette se chiffrait à $117,8 milliards ou 32,9% du PIB. C’est vrai que si on garde notre cervelle au neutre et qu’on ne considère que la différence entre ces deux chiffres, la dette nette parait beaucoup moins pire. C’est l’impression qu’on cherche à vous donner en espérant que vous n’y verrez que du feu.  Bien sûr, cet argument présume que vous êtes tous des idiots. Quand on met notre cerveau en marche, on se rend compte de la vraie signification de la dette nette et on déchante. La dette nette est la proportion de la dette du gouvernement qui ne repose sur aucun actif. Ça représente 61% de la dette brute. Laissez-moi vous le remettre en contexte : si demain la province de Québec faisait faillite et on liquidait tous ses actifs pour rembourser les créanciers (ce qui serait très difficile), nous ne pourrions rembourser au mieux que 39% des créances. Est-ce que ça vous réconforte vraiment de savoir que près des deux tiers de la dette représente des dépenses d’épicerie irrécupérables ? Moi pas. Ah ! Les avantages de l’ignorance ! C’est tellement moins stressant ! De toute façon, qu’on regarde la dette brute ou la dette nette, il n’en demeure pas moins que nous sommes la province la plus endettée au Canada.

Secundo, il faut aussi savoir que la dette brute a une grande importance. C’est le nombre sur lequel on calcule les intérêts que nous devons payer. Cette année, ce montant dépasse les $10 milliards et c’est le troisième poste budgétaire en importance après la santé et l’éducation. Imaginez ce que nous pourrions faire avec ces $10 milliards ?

Des écervelés vous diront que nous devrions nationaliser les banques et que comme ça, le gouvernement ne paierait aucun intérêt, mais malheureusement, ce n’est pas si simple. Quand le gouvernement emprunte, il ne va pas voir son conseiller à la Caisse Pop pour faire une demande de prêt, il emprunte sur les marchés financiers en vendant des obligations et si ces obligations n’offraient aucun rendement, qui voudrait en acheter ? De plus, depuis la crise de 2008, les taux d’intérêts ont été maintenus anormalement bas pour soutenir la reprise économique, ce qui fait qu’en tenant compte de l’inflation, le gouvernement  jouit de taux négatifs en termes réels et nous consacrons quand même plus de $10 milliards au service de la dette. Imaginez alors si les taux  venaient  à augmenter. Alors c’est alarmiste de dire que notre dette brute est trop élevée ? À vous d’en juger…

Couper pour couper, c’est idiot

Là où, croyez-le ou non, je suis au moins partiellement d’accord avec la vidéo, c’est sur l’idiotie des mesures qu’a prises le gouvernement  péquiste. Mais la solution offerte est toute aussi idiote. Selon les petits génies derrière cette vidéo, il vaudrait mieux taxer les méchantes entreprises qui font des profits faramineux, paient peu d’impôt et reçoivent des subventions trop généreuses. Je suis entièrement d’accord au sujet de la générosité des subventions (trois fois plus que l’Ontario), mais de taxer les entreprises davantage n’est pas une solution.

Taxer les entreprises ou les particuliers, c’est du pareil au même.

Pour la gauche, il a toujours été de bon ton de diaboliser les entreprises. Elles sont une cible facile et quand ils vous disent qu’elles ne font pas leur juste part, ils espèrent encore une fois que vous gardiez vos cerveaux au neutre et que vous évitiez de poser la question : « Quand on taxe une entreprise, d’où provient l’argent? ». C’est trop facile d’ignorer le fait que lorsqu’on taxe une entreprise, elle doit prendre l’argent quelque part. Puisqu’une entreprise n’est pas une personne, elle ne paie rien dans la réalité. Elle ne fait que répartir des coûts et les impôts et taxes ne sont qu’un autre coût parmi les autres qui affectent sa rentabilité. Si on veut que l’entreprise demeure rentable, et donc qu’elle continue à créer de la richesse, elle doit compenser pour les coûts additionnels, quels qu’ils soient. Elle peut le faire de différentes façons : elle peut diminuer ses investissements en capital, ce qui affecterait ses fournisseurs d’équipement. Elle peut également réduire ses coûts de main d’œuvre, auquel cas, ce sont ses employés qui payent. Elle peut aussi augmenter ses prix et passer une partie des coûts additionnels sur le dos de ses clients. Finalement, elle peut réduire les dividendes qu’elle paie à ses actionnaires et leur refiler aussi une partie des augmentations de taxes. Mon point ici est qu’ultimement, qu’on taxe les particuliers ou les entreprises l’argent proviendra des mêmes poches : les vôtres. Que ce soit en tant qu’employés, de clients ou d’actionnaires, ce sera toujours vous qui serez plus pauvres.

Vivre selon nos moyens

À n’importe quel moment donné, la disponibilité de capitaux est limitée. Plus le gouvernement emprunte, moins il reste de capitaux disponibles pour l’investissement, réel moteur de l’économie. Donc, plus la dette publique grossit, plus nous nous appauvrissons collectivement.

Réduire la dette est non seulement une question de gros bon sens économique, mais aussi une question de justice envers les générations futures. La dette publique n’est en réalité que des impôts et taxes reportées dans le futur et plus nous la laissons grossir, plus le gouvernement  devra taxer plus tard. S’il est vrai qu’une famille ne peut pas vivre indéfiniment en s’endettant, ça s’applique encore plus à l’état. Sa dette retombera sur les épaules de millions de personnes qui ne sont pas encore nées.

Il ne suffira pas de juste faire des coupures bêtement. Il faudra repenser l’état et son rôle dans la société. Même si on accepte l’idée que l’état doit assurer une certaine justice sociale (ce que je rejette personnellement), nous devons admettre que l’état ne peut pas être tout pour tout le monde et qu’il a ses limites. Ces limites sont déjà dépassées alors que nous pillons les générations futures afin d’assurer des services que nous n’avons pas les moyens de nous payer dans le moment présent. C’est un débat que nous devons avoir et il est bien plus important que toute autre question, à mon humble avis. Ceux qui vous diront le contraire, ne sont que ceux qui veulent participer au pillage.

Un Québec plus pauvre et surendetté, est-ce vraiment ce que nous voulons léguer à nos descendants? Un jour ou l’autre, il faudra que nous prenions nos responsabilités et que nous fassions certains sacrifices, comme tout bon parent, pour le bénéfice de nos enfants et petits-enfants.