Les as de la médiocrité

As de la mediocrite

Par Philippe David

 À la fin de la semaine dernière, j’ai senti ma tension artérielle grimper plus que d’habitude, ce qui a le don de m’inspirer un peu. Depuis un peu plus d’un an, le gouvernement péquiste de Pauline Marois m’a fourni amplement d’inspiration avec son incompétence. Depuis quelques jours, il se dépasse. Je ne crois pas que le Québec en 400 ans ait vu un gouvernement aussi médiocre et Pauline Marois et ses sbires semblent en rajouter à chaque jour.

Nés pour un petit pain

La semaine dernière a « dévoilé » l’étendue de l’incompétence du gouvernement Marois. Des chiffres troublant nous démontrant qu’alors que le reste du Canada a réussi à générer 145 000 nouveaux emplois depuis le début de 2013, le Québec, lui, s’est démarqué en perdant 45 000 emplois. Mais là n’est pas le pire. Le pire n’est pas que depuis un an, les péquistes ont tout fait pour faire fuir les investissements, mais l’attitude qu’ils ont quand on les confronte avec les faits. Vendredi dernier, lorsque questionné sur la piètre performance de notre économie,  François Gendron, notre Vice-Premier-Ministre, nous a servi cette déclaration :

«Écoutez, j’étais étudiant à l’École normale puis l’Ontario avait une meilleure économie que nous, ça fait 45 ans que c’est comme ça, donc est-ce que ça me dérange? Pas du tout.»

Et encore

«Le taux de chômage au Québec a toujours été presque le double de celui de l’Ontario, a rappelé M. Gendron. La raison principale, c’est le support par nos argents pour 50 % au gouvernement canadien, qui a toujours supporté plus et mieux l’Ontario. Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe au niveau des centres de recherche.»

Non, mais quelle attitude de loser! Attitude qui démontre sans équivoque que les ténors de ce gouvernement croient que les québécois sont littéralement nés pour un petit pain! Avec ces petites perles, M. Gendron est passé dans les annales des déclarations les plus stupides de l’histoire québécoise pour aller accompagner celle de Raymond Bachand comme quoi « la finalité n’est pas d’équilibrer le budget, c’est d’être heureux comme peuple ». Grâce à M. Gendron, M. Bachand arrivera peut-être à se faire oublier. Peut-être.

Primo, si on lit le livre « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » de Vincent Geloso, on découvre que si c’est vrai que l’économie ontarienne performe mieux que l’économie québécoise depuis fort longtemps, il n’en a pas toujours été ainsi. Armé jusqu’aux dents de statistiques, Vincent Geloso fait une démonstration convaincante que pendant la période de 1945 à 1960, l’économie du Québec performait mieux que celle de l’Ontario et les québécois étaient en train de rattraper leurs homologues ontariens à tous les niveaux et que c’est depuis les années ’60, alors que la Révolution Tranquille jetait les base de notre modèle socio-économique social-démocrate actuel, que notre économie a amorcé un lent déclin qui nous a amené où nous sommes présentement. C’est une vérité qui dérange que notre intelligentsia nationaliste ne voudrait certainement pas que vous appreniez, eux qui se sont donné tant de mal à ériger ce mythe qu’est notre modèle québécois. Ce qu’ils ont baptisé la « Grande Noirceur » fût probablement  la période la plus prospère de notre histoire, mais chut! Il ne faut surtout pas le dire, de peur de se faire traiter d’hérétique par les papes de notre religion social-démocrate.

 Secundo, oubliez aussi l’idée que nous sommes moins riches que l’Ontario à cause que cette province reçoit plus d’aide de la part du gouvernement fédéral, c’est magistralement faux. Depuis des décennies, la part québécoise des recettes fédérales rétrécit alors que le gouvernement fédéral dépense plus au Québec qu’en Ontario (incluant paiements de transfert et dépenses de programmes). La différence entre les recettes et dépenses fédérales au Québec a été négative, aussi loin que Statistiques Canada fournit des chiffres sur son site web, alors qu’elle a toujours été positive en Ontario pendant cette même période, sauf très récemment. Depuis les années 80, l’Ontario a toujours contribué plus au gouvernement fédéral qu’elle n’a reçu alors que c’est le contraire au Québec. Un autre mythe nationaliste mord la poussière. Bien sûr, c’est typique pour un péquiste de rejeter le blâme de sa propre incompétence sur Ottawa.

$60 millions dans la toilette, yes!

Le même jour, le ministre de l’environnement, Yves-François Blanchet annonçait la non-reconduction du bail du projet de terminal gazier Rabaska à Lévis, tuant littéralement ce projet et jetant $60 millions en investissements dans la toilette. La réaction de Daniel « bougon » Breton (voir la photo ci-haut), ancien ministre de l’environnement, en dit également long sur l’incompétence de ce gouvernement. Après, on est surpris que l’investissement privé au Québec se tarit et qu’on perd des emplois alors qu’il s’en crée dans le reste du Canada? Pas moi en tout cas. Ce n’est qu’un exemple de tout le mépris que porte le gouvernement Marois sur tous les projets de développement miniers, pétroliers ou gaziers, comme si le Québec était la seule place au monde où nous sommes incapables de trouver un compromis acceptable entre le besoin d’exploiter nos ressources et la protection de l’environnement. Avouez que c’est un peu particulier. Désolé de l’apprendre aux Ouellet, Breton et Blanchet, mais l’exploitation de ressources naturelles sans aucun impact environnemental n’existe pas. Il y aura toujours une certaine quantité de pollution comme prix à payer pour la richesse que l’exploitation de ces ressources peut apporter et de les laisser dans le sol ne nous rapporte rien.

 

La valse des milliards

Peut-être est-ce à cause des critiques qu’elle a essuyé au sujet du chômage, mais Pauline Marois s’est soudainement intéressé à l’emploi cette semaine. Un peu tard peut-être?  Il me semble qu’elle aurait dû s’y intéresser avant. Comme le 4 septembre 2012, par exemple. Alors donc, nous avons encore une fois à un autre épisode de « La soirée de l’impro ». Un plan économique écrit à la hâte, probablement sur une serviette de papier sur le coin d’une table de restaurant. Deux milliards de dollars pour créer 43 000 emplois sur quatre ans. Remarquez que ça ne nous renfloue même pas ce que nous avons perdu depuis le début de l’année et à 46 512 la job, c’est plutôt cher.

Depuis des décennies, le Québec est le champion toute catégorie du BS corporatif. Il aurait surtout pas fallu que le PQ nous sorte une idée originale pour créer de l’emploi. Le Québec paie plus en subventions et crédits d’impôts de toute sorte aux entreprises que les provinces de l’Ontario, l’Alberta et la Colombie Britannique réunies. Et qu’avons-nous comme résultat?

  •  un produit intérieur brut (PIB) par habitant inférieur de 25 %,
  • une moyenne des salaires inférieure de 16 %,
  • un taux d’emploi inférieur de 4 %,
  • un niveau de productivité inférieur de 17 %,
  • un taux d’investissement privé inférieur de 5,4 %,
  • des mises en chantier inférieures de 18 %,
  • un taux d’accès à la propriété inférieur de 10,5 %

et…

  • une dette publique supérieure de 30 %!

 

Il me semble que si ce genre de dirigisme économique où le gouvernement s’amuse à choisir quelles entreprises gagnent et perdent selon ses impératifs politiques fonctionnait, il y a très longtemps qu’on le saurait. Pendant ce temps, l’entrepreneuriat se meurt au Québec. De plus en plus, je commence à croire que l’équipe économique du PQ est exactement comme l’a dépeinte le caricaturiste Ygreck. Je parie aussi que le membre le plus intelligent de cette équipe, c’est le singe.

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