Vive la prostitution libre!

prostitution libre

Par Philippe David

Puisque le débat a à peine commencé au sujet de la récente décision de la Cour Suprême invalidant les dispositions du code criminel sur la prostitution, j’aimerais donner un point de vue libertarien sur le sujet.

Ce n’est pas que j’aie une admiration quelconque pour le plus vieux métier du monde, mais si les politiciens peuvent pratiquer  leur profession en toute impunité, je ne vois sincèrement pas mas pourquoi les prostituées devraient se cacher pour pratiquer leur art. Surtout qu’il y a une étrange similarité entre les deux.  Mais au moins, la prostitution a  le mérite d’être plus honnête. Avec une prostituée, on sait d’avance qu’on va se faire baiser. Avec un politicien, c’est ce qui finit par arriver, qu’on le veuille ou non… Enfin, vous voyez ce que je veux dire? 

Ce n’est pas que je serais particulièrement fier, si un jour, ma fille décidait de se prostituer. Mais d’un autre côté, je ne serais pas terriblement plus fier si elle se lançait en politique.  Dans les deux cas, j’espère qu’elle aura plus d’ambition. Mais trève de plaisanteries…

La criminalisation de la prostitution n’a jamais eu aucun sens, si ce n’est que pour imposer par la force, l’idée que certains ont de la « moralité ».  Vendre son corps est-il immoral? Pourquoi? Ne sommes-nous pas propriétaires de notre propre corps? N’avons-nous pas le droit d’en disposer comme bon nous semble? Il semble que certains croient que non. Ils semble que certains croient que vous ne pouvez disposer de votre corps que dans la mesure où vous n’offensez pas leurs sensibilités. Mais quelle différence y a-t-il vraiment à se prostituer pour de l’argent ou se prostituer pour le pouvoir. Est-il plus immoral de vendre quelques heures de plaisir, que de saisir par la force la moitié du fruit du labeur d’autrui et l’engloutir dans une machine à gaspiller et dilapider la richesse? Est-il plus immoral d’écarter les cuisses pour un étranger que d’endetter des générations qui ne sont pas encore nées et qui ne peuvent dire un mot pour se défendre? Pourquoi la première serait traitée en criminelle et l’autre pas? Personnellement, ce que fait la classe politique de nos jours m’offense cent fois plus que ce que font les prostituées. Au moins on a du plaisir avec une prostituée, je ne pourrais en dire autant avec un politicien.

Contrairement à la politique, où il y a violence et extorsion, la prostitution est une transaction paisible entre deux adultes consentants au cours de laquelle chacune des deux parties obtient quelque chose qu’elle veux. Pourquoi donc serait-ce immoral ou illégal?

Vive les inégalités!

vive les inégalités

Par Philippe David

Un sophisme persistant

S’il existe un sophisme particulièrement persistant  dans la rhétorique politique depuis très longtemps, c’est bien celui des inégalités de richesse.  Ce sophisme, car s’en est vraiment un,  pointe vers l’écart de revenu entre les riches et les pauvres pour dire que les riches deviennent plus riches pendant que les pauvres s’appauvrissent. Le but étant de stimuler la jalousie des pauvres envers les riches et leur donner le sentiment d’être exploités par ceux-ci. Cette argumentation repose donc sur la lutte des classes de Marx.  

Ce sophisme est utilisé fréquemment dans les médias pour justifier la demande populaire de « taxer les riches ».  On a même inventé in indice: le coefficient GINI pour mesure ces inégalités et établir des comparaisons d’une juridiction à une autre. Ces comparaisons sont inutiles et fallacieuses.  Je me propose donc de vous le démontrer.

La marée fait monter tous les navires, même si ce n’est pas également

Récemment, on apprenait par la plume de Francis Vailles de La Presse, que les inégalités de richesses augmentent constamment au Canada depuis 30 ans.  Il essaie ensuite d’en expliquer les raisons, supposément parce que la rémunération des PDG d’entreprises est trop élevée, et conclut que de hausser les impôts ne serait pas une solution viable au Québec. Pourtant, il suffit de comparer la situation des pauvres au Québec, la moins inégalitaire des provinces, avec celle des pauvres d’Alberta et d’Ontario, des provinces plus inégalitaires, pour se rendre compte que ces inégalités n’ont guère d’importance.  Vincent Geloso, auteur du livre « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » a publié sur son blogue la semaine dernière, une série de billets très intéressants sur la pauvreté au Québec, comparé à l’Ontario et l’Alberta. De ces billets, ressortent les points suivants:

  •  Le 20% le plus pauvre de la population québécoise est 33,7% et 44,1% plus pauvre que le même segment en Ontario et en Alberta. (1)  
  • Les québécois pauvres doivent consacrer une plus grosse part de leur revenu sur l’alimentation que leurs homologues de l’Ontario et de l’Alberta (2)  
  • Les québécois doivent aussi travailler plus d’heures en moyenne pour obtenir le même panier de denrées alimentaires que les Ontariens et les Albertains (3)  
  • Les québécois plus pauvres ont aussi des logements moins grands et de moindre qualité que ceux de l’Ontario et de l’Alberta (4)  

 Par ailleurs, on apprend que le Québec se classe au 9e rang sur 10 au Canada au niveau revenu du revenu disponible des ménages après impôts et transferts. Malgré nos généreux programmes sociaux, les plus généreux au Canada, faut-il le rappeler, les familles québécoises se retrouvent avec beaucoup moins d’argent à dépenser, épargner ou investir que ceux de toutes les autres provinces au Canada, sauf l’Île du Prince-Édouard et il s’en est fallu de peu puisque la différence n’est que de $232! Si toute l’idée de taxer les riches afin de redistribuer la richesse vers les pauvres fonctionnait, on le saurait, mais l’évidence dit tout le contraire. D’ailleurs, avec tous les scandales de corruption dont nous sommes témoins depuis le début de la Commission Charbonneau, permettez-moi de sérieusement douter que la redistribution de richesse se fait vraiment à ceux qui en ont le plus besoin. D’après vous, où au Canada vaut-il mieux être pauvre? Dans le Québec égalitaire riche en pauvres et pauvre en riches ou dans la très inégalitaire Alberta? Importe-t-il vraiment pour les pauvres albertains que l’écart entre riches et pauvres soit plus grand, compte tenu que là où l’écart est moindre, les pauvres sont plus pauvres? Est-ce que le fait que les québécois riches soient moins riches a aidé les québécois pauvres à être moins pauvres?  

La mobilité sociale

 L’autre raison pourquoi l’écart de richesse est un sophisme est que pour en venir à cette conclusion, nous divisons la population en quintiles de revenu et nous comparons l’écart de revenus entre les différents quintiles comme s’il s’agissait de groupes statiques. Pourtant, la plupart des gens commencent leur  carrière en ayant très peu d’actifs à leur nom et peut-être même avec des dettes. Mais au fil des ans, en travaillant, en acquérant plus d’expérience et en économisant, ils passent du quintile le plus bas à un quintile plus élevé. Ça s’appelle la mobilité sociale. Seul un relativement faible pourcentage d’individus reste au premier quintile toute leur vie.  Ces quintiles ne représentent pas des « classes » fixes, mais des groupements dynamiques d’individus qui s’enrichissent ou s’appauvrissent au fil des ans.

Sachant cela,  est-ce que de comparer le quintile le plus pauvre au quintile le plus riche est une comparaison valable? Pas vraiment.

La philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie 

Nul n’a mieux décrit le socialisme que Winston Churchill dans cette citation:

« Le socialisme est une philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie. »

 Le sophisme des inégalités de richesse compte effectivement sur votre ignorance pour attiser l’envie envers les plus riches. On s’indigne, par exemple, qu’aux États-Unis, la part de richesse accaparée par le 1% le plus riche a grimpé de 13% à 17% de 1989 à 2009, mais on néglige de vous dire que leur économie a crû de 42% dans la même période, ce qui fait que le 99% se partage un plus faible pourcentage, c’est vrai, mais d’une beaucoup plus grosse tarte. Ce sophisme est utilisé profusément par la gauche pour justifier une taxation toujours plus lourde accompagnée de programmes sociaux toujours plus onéreux.   Bien que leurs intentions soient peut-être honorables, leurs efforts de réduire les inégalités de richesse se soldent inévitablement par un nivellement par le bas qui n’enrichit personne. Dans la réalité, Ils répartissent la pauvreté, pas la richesse.

 Ceux qui déplorent continuellement les inégalités entre les pauvres et les riches se soucient-ils vraiment du sort des pauvres? Non. Comme le disait si bien Margaret Thatcher, ils préfèrent que les pauvres soient plus pauvres, pourvu que les riches soient moins riches. Pour ma part, je me fous que les riches soient plus riches, pourvu que les pauvres soient moins pauvres. Vous voulez aider les pauvres? Suivez l’exemple de l’Alberta plutôt que celui du Québec.

 

Joyeux Noël et Bonne Année à tous!

L’État : bienfaiteur ou exploiteur?

L Etat

Par Philippe David

Si vous n’avez jamais eu de contacts avec un libertarien ou si vous n’avez jamais entendu parler du libertarianisme, vous serez probablement choqués en lisant cette chronique. Même au sein du mouvement de droite, les libertariens sont un peu particuliers, assez d’ailleurs pour que certains membres de la droite veulent s’en dissocier complètement. La raison est que le libertarianisme va à l’encontre de tout ce qu’il vous a été enseigné depuis votre plus jeune âge. C’est la seule philosophie politique qui remet en question le rôle de l’État dans notre société. Pour cela, les libertariens passent quasiment pour des extra-terrestres, tant nous sommes habitués à ce que l’état fasse tout pour nous. La plupart d’entre nous sommes incapables d’imaginer que le monde puisse être autrement. J’ai moi-même eu cette réaction quand j’ai commencé à me joindre aux discussions sur le Blogue du Québécois Libre, il y a cinq ou six ans. J’étais totalement incrédule au départ, et puis j’ai lu et écouté et j’ai finalement accepté que l’idée n’est pas si bête.  En fait,  les libertariens ont beaucoup plus réfléchi sur l’organisation de notre société que la plupart des gens ne le croiraient, c’est pourquoi expliquer cette philosophie n’est pas une mince affaire. Il faut commencer par les bases.

 

Une mission fondamentale

 

Si on vous pose la question, que diriez-vous qu’est votre mission fondamentale dans la vie? Sans doute que si je faisais un sondage, j’aurais presqu’autant de réponses qu’il y a de répondants, mais peu importe quel but vous vous fixez dans la vie, ces buts ne sont que les moyens que vous utilisez pour atteindre un seul objectif: être heureux. Peu importe par quel moyen nous y parvenons, peut-on s’entendre pour dire que tout ce que nous faisons a pour but primaire de nous rendre plus heureux, ou à tout le moins, moins malheureux? Gardez en tête que même si vous dites que votre mission dans la vie est d’assurer le bonheur de tout le monde autour de vous, il n’en demeure pas moins que si vous le faites, c’est que ça vous rend aussi heureux. Donc, toutes les actions posées par un individu vont consister à augmenter le bonheur ou éviter le malheur.

Maintenant, quelles sont les choses qui vous apporteront le bonheur, selon vous? C’est certain que la réponse sera différente selon l’individu. Certains auront des besoins plus matériels, d’autres plus spirituels, d’autres un peu des deux.  Quels qu’ils soient, notre existence dépendra de la satisfaction de ces besoins.

 

Parlons moralité

 

Parlons un peu maintenant de ce qui est moral et ce qui est immoral.  Ces termes sont beaucoup utilisés, mais rarement bien définis. Ma propre définition est simple. Ce qui est moral est tout ce qui promeut la vie et la poursuite du bonheur pour soi-même ou les autres. L’immoralité est ce qui contrevient à la vie et la poursuite du bonheur de soi ou des autres.  Plus simplement, ce qui me rend moi ou les autres heureux est moral, mais ce qui me rend moi ou les autres malheureux est immoral.  Simpliste, j’en conviens, mais ça suffira pour l’instant.

 

À partir de cette simple définition, nous déduisons que le meurtre ou le vol, par exemple, sont des actes immoraux puisqu’ils nuisent à la vie et le bonheur d’individus, mais que de pourvoir à ses besoins matériels et spirituels (ou ceux d’autrui), dans la mesure où ça ne nuit à personne d’autre, est un acte moral.  Y a-t-il des objections?

 

Maintenant,  puisque le vol et le meurtre sont immoraux, peut-on aussi prétendre que tout acte de violence envers un individu ou toute menace de violence envers un individu est immoral? Qu’arriverait-il si vous posiez un geste violent ou que vous commettiez un vol envers un membre de votre famille, un ami, ou un confrère de travail? Qu’arriverait-il de ces relations? La perte ce ces relations ne vous causerait-elle pas un tort également (personne n’est une île, n’est-ce pas)? C’est pourquoi vous ne le feriez pas. Ces relations sont nécessaires à votre propre bonheur personnel.

 

Supposons que votre voisin a acheté une bicyclette neuve à son enfant, et en la voyant, votre propre enfant vous dit qu’il aimerait en avoir une aussi, mais que vous n’en avez pas les moyens. Iriez-vous prendre celle de l’enfant du voisin pour la donner au vôtre? Bien sûr que non! Puisque vous ne pouvez pas le faire vous-même, est-ce que ce serait moins immoral si vous alliez demander à un autre voisin de le faire pour vous? Évidemment que non.

Supposons maintenant que quelqu’un frappe à votre porte. Il dit qu’il se porte candidat aux élections à la mairie et que si vous votez pour lui, il fera construire un amphithéâtre pour  une équipe professionnelle de hockey qui représentera la ville. (Scénario familier, n’est-ce pas?) Vous êtes un grand fan de hockey, et donc vous êtes très enthousiasmé par l’idée, mais ce n’est pas nécessairement le cas de tout le monde.   Comment ce politicien financera-t-il son projet? Passera-t-il le chapeau à ceux qui veulent de l’amphithéâtre et récolter de l’argent de cette façon? Bien sûr que non! Il taxera tous les habitants de la ville, qu’ils soient d’accord ou non et ils n’auront pas le choix de ne pas payer  pour ce projet.  Dans les faits, en votant pour cet homme, vous lui demandez d’aller prendre le bien de votre voisin, contre son gré pour financer un projet que vous voulez, mais que votre voisin, lui, ne veut peut-être pas.

Quelle différence  y a-t-il entre voter pour qu’un politicien prenne le bien de vos voisins pour financer un amphithéâtre et demander à quelqu’un de voler la bicyclette du voisin? Aucune.  Sur le plan éthique et moral, vous avez utilisé un tiers pour aller prendre la propriété de vos voisins pour obtenir quelque chose que vous convoitez. Comment vous sentez-vous maintenant que vous connaissez le fondement de notre système politique?

Tout ce que le gouvernement vous donne, il le prend à quelqu’un d’autre, donc, chaque fois que vous votez, vous demandez que le gouvernement dépouille Paul pour donner à Pierre.

 

La « grande fiction »

 

Nul n’a réussi à mieux décrire la nature de l’état que le politicien et économiste  français Frédéric Bastiat dans un essai qu’il a publié en 1848 intitulé « L’État« . Un texte que tous devraient lire.  Voici comment il le définissait:

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

Si c’était vrai dans la France de 1848, ça l’est encore plus dans les états-providence d’aujourd’hui. Pourquoi Bastiat l’appelait-il une « grande fiction »?  C’est que chacun essaie de manipuler l’état pour en tirer avantage, mais ultimement, c’est avec notre propre argent que l’état nous paye. On peut effectivement dire que l’intérêt personnel du politicien consiste littéralement à acheter les votes des gens avec leur propre argent, qu’il a, incidemment, confisqué de force.

 

Plusieurs sont confus et considèrent l’état bienveillant parce qu’il leur fournit des soins de santé ou des études à bas prix. Mais un fermier entretien également son bétail en lui fournissant de la nourriture, des soins et même un certain degré de liberté afin qu’il puisse gambader et brouter à son aise, mais ce n’est pas de la bienveillance. Ce que le fermier fait, il le fait pour obtenir plus de lait de ses vaches, de laine de ses moutons ou plus de viande de ses bovins. Voyez-vous, ce que l’état fait, comme nous payer des soins de santé ou des études universitaires nous rend plus productifs pour qu’il puisse en retour nous taxer plus. Si vous croyez que je suis cynique, vous avez entièrement raison.
 

Depuis que j’ai décroché mon premier emploi d’été, ce qui, dans le budget familial, a le plus augmenté sont les impôts et taxes. Au point que la famille moyenne paye maintenant plus en impôts et taxes de toutes sortes que ce qu’ils dépensent pour se loger, se nourrir et se vêtir réuni.  Pourtant, si on regarde les journaux des années 1980, on trouve déjà des articles qui déplorent les temps d’attentes aux salles d’urgence et 30 ans plus tard, le problème existe toujours.  D’ailleurs, je cherche encore les problèmes qui ont vraiment été résolus par l’État.

La pauvreté? S’il y a quelque chose, il y a plus de gens qui sont dépendants de l’état que jamais auparavant. Les infrastructures? On peut sentir la différence dans notre suspension quand on franchit la frontière et Montréal est devenu un énorme chantier de construction. L’éducation? On a appris récemment que 49% des québécois sont fonctionnellement analphabètes. Vous voulez me faire croire que les impôts et les taxes que nous payons sont le juste paiement pour les services que nous recevons? D’après moi, nous sommes bien loin du compte puisque nous en sommes à payer pour ces services avec la carte de crédit de nos petits-enfants.

 

Si c’est considéré de l’esclavage de confisquer 100% du fruit du travail d’un autre, à quel pourcentage ça cesse de l’être? Parce qu’actuellement, nous en sommes à 50% et la seule raison que ce n’est pas plus élevé, c’est qu’une partie de la facture est allée à notre descendance.

 

Si vous aviez le monde à refaire

 

La prémisse sur laquelle notre société est fondée actuellement est que la race humaine est mauvaise et imparfaite. Aussi, nous choisissons d’élever certains hommes, également mauvais et imparfaits avec l’autorité de supposément nous garder dans le droit chemin en leur donnant le monopole de l’utilisation légale de la force, tout en espérant que ces hommes ne profiteront pas de leur position pour asservir ceux-là même qui les ont mis dans cette position. Sans trop nous soucier que le genre de personne qui désirerait le plus atteindre ce genre de pouvoir est exactement le genre de personne qui risque d’en abuser.  Insensé? C’est pourtant ce que nous faisons.

 

Je me questionne souvent, si nous avions le monde à refaire ne pourrions-nous pas trouver une meilleure fondation sur laquelle bâtir une société? Il y a un bon moment d’ailleurs que les libertariens comme moi y réfléchissent et nous avons quelques idées en tête, mais on nous accuse d’être utopistes.

Bien sûr, si les ampoules électriques avaient toujours été produites par l’état, on vous dirait probablement qu’elles ne pourraient pas être produites autrement. Que si elles l’étaient, elles pourraient ne pas être assez grosses ou pas assez lumineuses, ou peut-être même vont-elles exploser? Puisque nos ampoules sont produites par des compagnies privées nous savons tous que c’est ridicule. Que l’industrie privée peut très bien produire des ampoules électriques pour satisfaire tous les besoins.  Quoi d’autre vous fait-on croire, qui ne pourrait pas possiblement être produit que par l’État. En êtes-vous sûrs? Où le croyez-vous simplement parce que c’est ce qu’on vous a toujours dit? Est-ce que l’État n’est pas tout simplement qu’une mauvaise idée?

Le plus grand accomplissement de F.D.R.

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Par Philippe David

Vous ne verrez pas souvent un libertarien faire les louanges de Franklin Delano Roosevelt. Nous avons plutôt tendance à le mépriser, comme le grand étatiste qu’il était, mais il y a au moins un accomplissement de la présidence de Roosevelt que les libertariens peuvent admirer. Non, ce n’est pas le New Deal. Il a déjà été établi par plusieurs économistes que le New Deal, plutôt que d’avoir aidé à sortir l’économie américaine de la Grande Dépression, il l’aurait allongée de sept ans. Sa contribution à l’effort de guerre? Puisque les libertariens sont anti-guerre, ça ne serait pas vraiment considéré comme un point d’honneur, surtout si on considère certains documents qui suggèrent que Roosevelt savait que les japonais allaient attaquer Pearl Harbor, mais n’a rien fait pour avertir ses généraux afin de pouvoir rendre l’opinion publique favorable à une déclaration de guerre. Non, le plus grand accomplissement de FDR fût d’abolir le 18e amendement à la constitution américaine: la prohibition.

Pendant plus d’une décennie (1920 à 1933), la prohibition a rendu illégale la production et la consommation d’alcool. Contrairement à ce qui avait été l’intention, la prohibition a complètement raté son but de promouvoir la tempérance. Plutôt que d’éliminer les problèmes liés à l’alcoolisme, elle les a décuplés. Dans une étude de 30 villes américaines de 1920 à 1921, le taux de criminalité avait augmenté de 24%. Les cambriolages avaient augmenté de 9%, les homicides de 12.7%, les voies de fait de 13%, l’addiction aux drogues de 44.6% et les coûts des forces policières de 11.4%. Avant la fin de la prohibition le taux d’homicides monta à 10 par 100 000 habitants, une augmentation de 78% par rapport à l’ère pré-prohibitionniste. En peu de temps, les gangs se faisaient la guerre dans les rues.  Les américains, qui jusque là étaient de grands amateurs de bière, se sont retrouvés à fabriquer des boissons fortes avec des méthodes de fortune. Un marché noir florissant s’est développé, mené par le crime organisé. Des dizaines de milliers sont morts de la consommation d’alcool frelaté. Bref, ce fût un échec sur toute la ligne.

Lorsque Roosevelt a pris le pouvoir en 1933, la prohibition était devenue très impopulaire, de plus, avec la Grande Dépression, on pourrait croire que les américains étaient fins prêts pour un petit remontant. L’abolition de la prohibition leur a non seulement fournit ça, mais avec la réouverture des brasseries, vignobles et distilleries légales, ainsi que toutes les autres industries qui les fournissent, elle a aussi fournit une pléthore d’emplois à un moment où le chômage était à 25%. Les alcools frelatés ont quitté le marché pour laisser la place à des boissons beaucoup moins fortes et beaucoup moins dangereuses à consommer.  Le taux de criminalité a chuté dramatiquement.

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Taux d’homicides aux États-Unis 1910-1944 – Source: US Bureau of Statistics

Pourquoi cette petite leçon d’histoire? Parce que depuis les années 60, nous revivons la même chose avec la guerre que nos gouvernements mènent aux drogues. Quels résultats ont-ils à nous montrer après tant de temps et d’argent à combattre ce supposé fléau? Absolument rien! Les drogues sont tout aussi faciles à obtenir, pour n’importe qui déterminé à en avoir. Notre système de justice s’écroule sous le poids. Les gangs de rues prolifèrent et les utilisateurs crèvent de consommer des produits fabriqués par des trafiquants qui se foutent éperdument que leurs client crèvent. Plutôt que d’avoir la construction de plus de prisons comme enjeu électoral, ne serait-il pas plus opportun de revoir notre stratégie et mettre fin à cette prohibition?