La république de « nananes »

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Par Philippe David

 Ça fait un bout de temps que j’observe la scène politique, même si je ne suis pas payé pour le faire. Je sais donc pertinemment que ce n’est pas d’hier que les politiciens achètent des votes. Ça existe probablement depuis la démocratie athénienne. Cependant, nul n’a fait une observation aussi astucieuse à propos de la démocratie que l’écrivain écossais Alexander Fraser Tytler à la fin du 18e siècle. Il écrivait :

« Un régime démocratique ne peut pas perdurer. Il subsiste jusqu’au moment où les électeurs découvrent qu’ils peuvent se voter des largesses aux dépens du trésor public. Dès ce moment, la majorité élit toujours les candidats qui promettent le plus de cadeaux aux frais du trésor public, avec pour conséquence que la démocratie croule sous le poids d’une politique fiscale immodérée, toujours suivie par une dictature.

 La durée moyenne des grandes civilisations depuis le début des temps historiques, a toujours été d’environ 200 ans. Au cours de ces 200 années, ces nations sont toujours passées par les étapes suivantes :

 De la servitude à la foi en Dieu,

 De la foi au courage,

 Du courage à la liberté,

 De la liberté à l’abondance,

 De l’abondance à la complaisance,

 De la complaisance à l’apathie,

 De l’apathie à la dépendance,

 De la dépendance de nouveau  à  la servitude. »

 

Cette semaine, Pauline Marois et son gouvernement multiplient les annonces  de « nananes », félicitant même le comté de Bonaventure d’avoir « voté du bon bord » après avoir annoncé une cimenterie d’un milliard dans ce comté pour « créer » quelques centaines d’emplois, rappelant l’époque de Maurice Duplessis.  Ça sent le patronage à plein nez.  Plus ça change, plus c’est pareil.  Trois cent ans après Tytler, nous tombons encore dans le panneau et nous nous laissons encore acheter avec notre propre argent. Quand allons-nous apprendre? Quand allons-nous briser ce cycle? Jusqu’à quand allons-nous continuer à répéter les mêmes erreurs?

 Soyons honnêtes, le problème ne provient pas du PQ ou du PLQ ou de la CAQ. L’intérêt personnel des politiciens est de se faire élire (ou réélire). En vous offrant des bonbons électoraux, le politicien ne fait que poursuivre son intérêt. Le problème, c’est nous! Nous continuons à voter pour des politiciens qui nous offrent la lune en oubliant que les politiciens ne produisent rien. Tout ce qu’ils vous donnent doit être pris à quelqu’un d’autre. Laissez-moi répéter pour être bien sûr que vous ayez compris. Tout ce que les politiciens vous donnent, a été confisqué de quelqu’un d’autre. En votant pour un politicien parce qu’il vous offre des « nananes », vous cautionnez un système qui déshabille Paul pour habiller Pierre, et qui dilapide généralement de façon éhontée la plus grosse partie de ce qui a été confisqué.

 

Vous vous désolez de la situation du Québec? Vous êtes tannés qu’on soit toujours en peloton de queue en termes  de richesse? Vous êtes tannés de payer des impôts et des taxes pour les voir tomber dans les mains des petits n’amis véreux des politiciens au pouvoir? Cessez de voter pour des politiciens qui agissent comme si l’argent poussait sur les arbres.

 

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4 réflexions au sujet de « La république de « nananes » »

  1. Longtemps j’ai pensé que de dire: « On a les gouvernements qu’on mérite! » c’était de la cruauté mentale. Avec le temps j’ai dû accepter que c’était malheureusement la triste réalité.

  2. « Cessez de voter pour des politiciens qui agissent comme si l’argent poussait sur les arbres. »

    Le problème, c’est que TOUS les politiciens agissent ainsi. Que faire alors ? Voter pour le moins pire ? Pour celui qui ne promet rien ? Y en a–t-il?

    La citation que vous mentionnez mérite qu’on s’y attarde. Le problème, c’est que nous n’apprenons pas / ne voulons pas apprendre ? de nos erreurs du passé. Avec le comportement actuel et future de la première ministre en vue des prochaines élections (et des partis d’opposition qui eux aussi ne manqueront pas d’y aller de leur distribution de ‘nanannes’ bientôt), je ne peux m’empêcher de faire un parrallèle avec l’excellent article que nous a légué F. Bastiat voilà maintenant 150 ans sur l’État tel que lui le perçevait déjà à cette époque (http://bastiat.org/fr/l_Etat.html). Comme quoi, on aurait intérêt à relire nos classiques…

    1. Que faire alors ? Voter pour le moins pire ? Pour celui qui ne promet rien ? Y en a–t-il?

      Bonne question. Peut-être que si la majorité des citoyens arrêtaient de voter et de cautionner le système, nous commencerions à questionner la légitimité de ce système et son existence, comme nous en sommes à questionner l’utilité des commissions scolaires?

  3. Lorsque la personne citée mentionne : «Un régime démocratique ne peut pas perdurer», ça pose immédiatement une question: par quoi remplacer la démocratie ?

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