La souveraineté : Parce que la tyrannie québécoise a bien meilleur goût…

Par Philippe David

Avec l’annonce de la candidature de Pierre-Karl Péladeau à Saint-Jérôme, le chat souverainiste est sorti du sac. On voit encore PKP, le poing en l’air, proclamant qu’il veut « un pays ». Si le PQ a un seul talent, c’est celui de diviser. Que ce soit la souveraineté ou la charte, ces débats qu’il engendre ont le don de nous inciter à nous sauter à la gorge. Et pourquoi au juste? À cause que certains pensent que la notion abstraite d’une « nation » ou d’un « peuple » leur donne le droit d’imposer leur façon de vivre et de penser aux autres qui vivent sur ce qu’ils considèrent « leur » territoire.

Il est parfaitement normal d’éprouver un  lien émotionnel envers le lieu de notre naissance ou celui où nous avons passé la plus grande partie de notre vie. C’est le lieu où vivent notre famille et tous ceux qui nous sont chers. Lorsqu’il est attaqué, il est normal de vouloir le défendre, même au prix de notre vie, parce que ce que nous défendons réellement, ce sont nos familles et nos amis, pas un territoire délimité par des lignes arbitraires sur une carte ou le gouvernement qui le contrôle. Ce sentiment, c’est ce que nous appelons le patriotisme. Le patriotisme ne se préoccupe pas de la foi religieuse ou de l’orientation sexuelle, ou du genre, ou de l’appartenance politique de vos voisins. Il se préoccupe de ce qui nous unit, pas ce qui nous divise. Le nationalisme, c’est tout autre chose

La plaie nationaliste

Comprenez-moi bien. Dans toute notre histoire, il n’y a probablement jamais eu de pire fléau que l’idéologie du nationalisme. Elle divise le genre humain depuis l’aube de son existence, motivant guerres et conquêtes. Son histoire est écrite avec le sang de ses victimes et nous n’avons toujours pas réussi à nous en débarrasser.  C’est l’idéologie du « nous » et du « eux », groupes définis selon les critères du jour.  Sa seule optique est de pointer les différences qui nous divisent plutôt que les points que nous avons en commun. Son seul objectif est de diaboliser et rejeter ce qui est « différent ». Poussée à l’extrême, elle nous pousse à vouloir soumettre ou exterminer ceux qui sont différents de nous.  Elle est le motif de tous les génocides de l’histoire.

Le nationalisme n’est pas du patriotisme, c’est le transfert du sentiment patriotique vers un groupe défini, centré autour d’une ethnie ou une langue ou une culture quelconque. Naturellement, ça implique que si vous ne partagez pas ces caractéristiques, même si vous vivez en dedans des mêmes lignes imaginaires, vous ne pouvez faire pleinement partie du groupe. Vous serez toujours un des « autres », parfois toléré, mais jamais accepté. Au Québec, faire partie de la « nation » québécoise ne veut pas dire vivre au Québec. Ça veut dire être blanc, francophone, catholique et avoir un arbre généalogique qui s’étend jusqu’avant la conquête britannique. Il tolère ceux qui ne sont pas blancs, pas catholiques mais chrétiens quand même et de descendance plus récente, tant qu’ils sont francophones, mais ne sont pas membres du club à part égale. Si vous êtes anglo ou non-chrétien, vous êtes tolérés, mais vous ne ferez jamais partie du « nous » québécois. Tough luck! Pour les nationalistes, vous êtes des citoyens de seconde classe si vous vivez au Québec. Si vous faites partie de ce groupe dans le reste du Canada, vous êtes « l’ennemi ».

Tyrannie québécoise ou tyrannie « canadian »

Les nationalistes québécois considèrent le fédéralisme canadien comme l’oppresseur. En quelque sorte, une tyrannie envers sa minorité francophone, mais pourtant,  avec des lois comme la loi 101 et la fameuse charte des valeurs, ils se sont montré tout aussi ou même plus tyranniques envers les minorités que la fédération canadienne. Le Canada ne m’impose pas de parler anglais ou d’afficher en priorité dans cette langue. Au contraire, il contraint les anglophones à parler français lorsqu’ils travaillent au gouvernement fédéral,  qualification qu’il serait sans doute utile d’avoir là où le nombre de francophones le justifie, mais pas nécessairement dans un coin de pays où il n’y en a aucun. Le nationaliste cherche non-seulement à imposer le français sur tout le territoire du Québec, mais il réprouve l’usage de l’anglais (ou toute autre langue d’ailleurs, même le créole), même si c’est dans un secteur majoritairement anglophone (comme l’ouest de Montréal, par exemple). Donc, ils s’offusqueront de se faire approcher avec un bonjour-hi par un vendeur dans un magasin, même si ce magasin est situé au Centre Fairview à Pointe-Claire, ou même au centre-ville où statistiquement, les chances soient à peu près égales au vendeur d’avoir affaire à un client anglophone que francophone. Oui, le français est la langue de la majorité au Québec, mais il y a une marge entre préserver une langue et être complètement intolérant des autres.

Maintenant, avec la charte des valeurs, on monte d’une autre coche dans l’intolérance. Il ne suffit plus maintenant de parler français pour être toléré par les nationalistes, il faut maintenant que vous cachiez votre appartenance religieuse. Encore une fois, c’est l’apanage du nationalisme de rejeter ce qui est différent.

La souveraineté du Québec, c’est en réalité le choix entre deux tyrannies. La tyrannie nationaliste québécoise et la tyrannie relativement plus « soft » du fédéralisme canadien. Et dire que les nationalistes s’étonnent que ceux qui sont attachés au libéralisme, comme le sont une grande partie de la droite québécoise, n’embarquent pas. Désolé de vous décevoir. Si ce n’était que de moi, j’abolirais les deux, mais si je dois choisir une ou l’autre, le choix n’est pas trop difficile. Je choisirai celle des deux qui est la plus tolérante.

Soyez sympa! Partagez!

17 réflexions au sujet de « La souveraineté : Parce que la tyrannie québécoise a bien meilleur goût… »

  1. Bonjour M. David,

    Bien que je ne partage pas vos vues sur la souveraineté et que je soie à moitié d’accord avec vous sur la Charte, je respecte vos opinions. Continuez votre travail!

  2. Bonjour,

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que vous affirmez sur qui est ou n’est pas Québécois. Moi-même, je ne cadre pas dans votre portrait du Québécois type, la majorité de mes amis d’ailleurs! Et pourtant, nous sommes pour la grande majorité des souverainistes convaincus. Le fait d’être pure-laine (je prend un raccourci…je sais) n’a rien à voir avec le nationalisme. Est Québécois celui qui se retrouve lui-même, en tout ou en partie, dans l’histoire et dans la culture commune. Celui qui veut être Québécois l’est de facto.

    Je suis nationaliste, patriote, souverainiste…mais surtout Québécois!

  3. Qu’est ce que le Québec gagnera concrètement a être indépendant du canada. a part un vieux sentiment de vengeance des anglais, et d’histoires que les nouvelles générations n’ont pas du tout vécus, et qui priorisent plutôt une meilleure qualité de vie. la seule différence sera principalement d’avoir sa propre armée(pour se défendre contre un ennemi éventuel étranger) et douane( pour créer plu des barrières économiques au libre échange).
    Donc, si le pays des Québécois qu’est le canada s’en occupe de ces deux domaines, pourquoi en avons nous besoin d’être un pays a part.

  4. Ce texte est un ramassis de conneries. Dites-moi donc combien il y a de commissions scolaire anglophones au Québec par rapport aux autres provinces ?? Avec la charte, il n’est pas question de brimer le droit a la religion de qui que ce soit, juste de ré-affirmer que le gouvernement est laique et qu’en tant que représentant de ce même gouvernent, tu ne doit pas afficher, tes convictions, ni religieuse ni politique, point. Vous dites que les Québecois ne sont pas tolérant !!? Nous sommes tellement intolérants que dès que nous parlons de la charte, si quelqu’un nous accuse d’être raciste et intolérant, on se pose nous mêmes la questions a savoir si nous le sommes.

    Vous avez droits a vôtre opinion mais de la a véhiculer des sottises, il y a une marge, si pour vous, s’affirmer est synonyme de rejet et d’intolérance ( ce que pourtant vous faite vous-même ) c’est que vous vous montrer plus étroit d’esprit que bien des gens.

    Le multi-culturalisme Canadien est tellement efficace qu’il n’est même pas capable de reconnaitre et de protèger un de ses deux peuples fondateur et sa langue

    Merci et bonne journée a vous !!

    1. @ Patrick

      Dites-moi donc combien il y a de commissions scolaire anglophones au Québec par rapport aux autres provinces ??

      Au Nouveau Brunswick et en Ontario il y en a probablement autant par rapport à la population francophone de ces provinces.

      Avec la charte, il n’est pas question de brimer le droit a la religion de qui que ce soit, juste de ré-affirmer que le gouvernement est laique et qu’en tant que représentant de ce même gouvernent, tu ne doit pas afficher, tes convictions, ni religieuse ni politique, point.

      Le Barreau du Québec, la Commission des Droits de la Personne et la Commission Bouchard-Taylor ont tous affirmé que bannir le port de symboles religieux ostentatoire pour les employés de l’état n’est pas nécessaire pour assurer la neutralité de l’état. Àmoins que vous croyez que ce sont tous des cons eux aussi. La liberté de religion permet justement d’afficher ses croyances en tout temps. Le fait que ça vous rend inconfortable n’y change rien.

      « Vous avez droits a vôtre opinion mais de la a véhiculer des sottises, il y a une marge, si pour vous, s’affirmer est synonyme de rejet et d’intolérance ( ce que pourtant vous faite vous-même ) c’est que vous vous montrer plus étroit d’esprit que bien des gens. »

      Que le PQ démontre qu’il y a des bonnes raisons pour réprimer la liberté religieuse par des études démontrant que ça pause problème est une chose, mais le gouvernement n’a fait aune étude en ce sens. Faire une loi basée sur des cas anecdotiques et des ouï-dires, ça c’est de la xénophobie et de la tyrannie.

      « Le multi-culturalisme Canadien est tellement efficace qu’il n’est même pas capable de reconnaitre et de protèger un de ses deux peuples fondateur et sa langue »

      Si les souverainistes tenaient tant à la langue, ils commenceraient à s’assurer qu’elle est bien enseignée. C’est loin d’être le cas. Ensuite, comment protéger une culture quand on ne fait pas d’enfants?

      1. Bonjour M. David

        J’aime bien votre opinion même si je ne la partage pas, j’y vois quelqu’un de responsable et réaliste.

        Toutes les fois que le sujet de la séparation du Québec reviens, une des formules de bases des fédéralistes est celle de la peurs, surtout au sujet de la dette canadienne, qui est aussi ÉNORME que celle du Québec, sinon plus. Advenant une hypothétique séparation de Québec, celui-ci devra effectivement assumer sa part, la question que je me pose est: qui dit dette dit aussi  »actifs », si le Québec doit assumer sa part de la dette canadienne, il doit aussi recevoir sa part des  »actifs » du Canada, non ??

        Qu’elle serais la  »portion » du Québec ?? elle serais calculer sur qu’elle base ?

        J’aimerais savoir votre opinion la dessus ?

        Merci d’avance d’éclairer ma lanterne et bonne journée

        1. Bonjour Patrick,

          « Toutes les fois que le sujet de la séparation du Québec reviens, une des formules de bases des fédéralistes est celle de la peurs, surtout au sujet de la dette canadienne, qui est aussi ÉNORME que celle du Québec, sinon plus. Advenant une hypothétique séparation de Québec, celui-ci devra effectivement assumer sa part, la question que je me pose est: qui dit dette dit aussi »actifs », si le Québec doit assumer sa part de la dette canadienne, il doit aussi recevoir sa part des »actifs » du Canada, non ??

          Qu’elle serais la »portion » du Québec ?? elle serais calculer sur qu’elle base ? »

          Très bonne question. Pour les actifs immobiliers, je crois qu’il est évident que la seule et unique réponse est que le Québec hériterait de tous les actifs immobiliers fédéraux en son territoire. Pour le reste des actifs, puisque le Québec hériterait de la dette fédérale selon son poids démographique au sein du Canada, il serait équitable qu’il reçoive aussi une part équivalente de ces actifs, après soustraction des actifs immobiliers.

          J’espère que ça répond à votre question.

          Pour ce qui est des autres arguments économiques, ce n’est pas conter des peurs de souligner par exemple que les dépenses du gouvernement fédéral au Québec, incluant les transferts, excèdent de $16 milliards, ce qu’il récolte en taxes et impôts. Un Québec indépendant n’aurait pas le choix que de compenser ce manque à gagner par une augmentation de la dette et/ou une augmentation des impôts, s’il veut maintenir les programmes actuels. À moins d’un coup de barre dans la gestion des finances publiques, le Québec soirtirait définitivement appauvri. C’est simplement un fait.

          1. Pourtant, vous devez savoir que le Québec na pas toujours reçu de la péréquation et que même si l’Alberta n’en touche plus, il n’en a pas été toujours ainsi.
            Que lors de la fusion du Haut et du Bas Canada, nous avions des surplus et nous avons éponger la dette du Haut Canada, c’est ce qu’on appelle le changement, le progrès.

            Ce qui me fait rire c’est quand des fédéraliste sortent que nous vivons au crochet de Canada. J’ai recherché un peu partout sans jamais tomber sur votre chiffre de 16 milliards en excèdant, j’ai bien trouver sur le site du ministère des finances du Canada des transferts de 16 milliards pour le Québec MAIS ceux-ci inclus des transferts qui vont a toutes les provinces et territoires au pourcentage de leurs populations ainsi que le montant de 55 milliards que les québecois verserais en impôts au gouvernement fédéral ce qui donne:
            55 milliards d’impôts versus 9 milliards de péréquation, donc un surplus de 46 milliards qui resterais au Québec s’il devenais un pays.

            Je me dit que si le Soudan du Sud a décider que ça valais la peine d’essayer quitte a devenir le pays le plus pauvre du monde, ce qui c’est effectivement passer, que les Irlandais, les Écossais, les Catalans essais d’avoir leurs indépendances depuis aussi longtemps sinon plus longtemps que nous, nous devrions ouvrir les yeux et continuer d’essayer.

          2. Bonjour Patrick,

            Je vais commencer tout de suite en réglant la question des chiffres:

            « Ce qui me fait rire c’est quand des fédéraliste sortent que nous vivons au crochet de Canada. J’ai recherché un peu partout sans jamais tomber sur votre chiffre de 16 milliards en excèdant, »

            Vous n’avez pas dû chercher très fort: http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/201402/06/01-4736392-163-milliards-le-chiffre-qui-tue.php
            Pour obtenir ces chiffres, il faut généralement aller sur le site du Ministère des Finances du Canada et obtenir les montants de dépenses de programmes, de transferts aux particuliers, de transferts aux autres paliers de gouvernements et de revenus par province. Vous soustrayez toutes les dépenses et transferts des revenus. Dans le cas du Québec, nous sommes déficitaires de 16,3 milliards et c’est pas d’hier que ça dure.

            « Pourtant, vous devez savoir que le Québec na pas toujours reçu de la péréquation et que même si l’Alberta n’en touche plus, il n’en a pas été toujours ainsi. »

            Vous savez quoi? On s’en fout pas mal. C’est une attitude de loser de dire que c’est ok de recevoir de la péréquation parce que d’autres provinces en percevaient pendant que nous on payait pour eux. Pendant les années 50 et 60 nous étions probablement la province la plus dynamique sur le plan économique et nous étions en voie de rattraper l’Ontario. Aujourd’hui nous sommes dans la cave et nous dépendons des autres. C’est pas un point d’honneur et personnellement, je n’en retire aucune fierté, et vous?

            « Je me dit que si le Soudan du Sud a décider que ça valais la peine d’essayer quitte a devenir le pays le plus pauvre du monde, ce qui c’est effectivement passer, que les Irlandais, les Écossais, les Catalans essais d’avoir leurs indépendances depuis aussi longtemps sinon plus longtemps que nous, nous devrions ouvrir les yeux et continuer d’essayer. »

            Peut-être que vous pouvez vous contenter d’être indépendant, mais pauvre. Moi non. Je n’arrive pas à y trouver un rapport coût-bénéfice avantageux.

  5. Faudrait reconnaître aussi que le revenu médian des franco-Ontariens dépasse, selon Statistique Canada, le revenu médian des Québécois francophones d’environs $3000 par année. De plus, le revenu médian annuel des franco-Ontariens dépasse celui de la population générale de l’Ontario, alors que celui des anglophones au Québec est maintenant en bien deça de la moyenne provinciale et environs $4000 par année plus bas que le revenu médian des francophones au Québec. Finalement, 18 % des Québécois anglophones figurent parmis la population vivant à faible revenu, en comparaison avec 14.8 % des francophones et 26.7 % des allophones.

Les commentaires sont fermés.