Les travaux d’Hercule Couillard

Par Philippe David

Maintenant que le nouveau cabinet des ministres a été assermenté, Philippe Couillard aura un défi de taille : celui de réduire les dépenses du gouvernement de 3,7 milliards tout  en créant un climat favorable à l’investissement privé. Le « dream team » économique des libéraux auront fort à faire pour réparer tous les dégâts que les clowns du PQ ont pu faire en 18 mois, autant à l’économie qu’aux finances publiques.

Chaque fois qu’il y a changement de gouvernement, le nouveau ministre des finances déplore toujours l’état des finances laissé par le gouvernement précédent, sauf que cette fois-ci,  je soupçonne que l’état des lieux ressemble beaucoup à l’ancien apparte de Daniel Breton.

Quoi faire? Martin Coiteux aura la tâche ingrate de trouver où il faut mettre la hache. Il en a parlé dans son blogue et je suis certain qu’il a plusieurs idées. Parions qu’un des premiers endroits où il va regarder, c’est le BS corporatif. Dans ce domaine, nous sommes les champions toute catégorie de l’Amérique du Nord et pourtant nous avons l’entrepreneuriat le plus déficient. Martin Coiteux sait que nous pouvons couper gros dans ce domaine sans trop offusquer de gens. Comment la gauche pourrait-elle s’objecter à couper les subventions à ces méchantes corporations? Cependant, ce ne sera pas suffisant et les autres coupes risquent de faire plus mal. Ce sera au prof Coiteux de mettre la théorie en pratique et de se servir de pédagogie. Une petite suggestion : sabrez donc les mères porteuses pour les couples gais avant que ça ne devienne trop populaire. La population n’a pas à financer les choix de vie des autres. Tant qu’à ça, cessez donc de financer les fécondations  assistées et les avortements.

Philippe Couillard, de son côté devra faire preuve de courage politique.  La tâche herculéenne que doit entreprendre son équipe dépendra beaucoup de cran et des couilles d’acier.  Si nous pouvons tirer une leçon du printemps de 2012, c’est que les parasites de l’état seront prêts à tout pour rester fermement accrochés à ses mamelles.

Quoi qu’il en soit, si le courage lui manque, nous savons d’ores et déjà que Philippe Couillard peut certainement emprunter les couilles de … Lise Thériault. Elle a déjà prouvé qu’elle en a à revendre.

Corruption: L’éléphant dans la pièce

Par Philippe David

Depuis l’élection,  beaucoup de gens se demandent comment avons nous élu un gouvernement d’un parti que 18 mois plus tôt nous avions chassé sous des allégations de corruption?  Certains disent même que  nous l’avions chassé à grands coups de pieds au c… Mais en réalité,  les coups de pieds n’étaient pas si grands que ça si on considère que le PQ l’avait remporté par moins d’un pour cent du vote. Signe que l’électorat était moins que convaincu que le PQ offrait vraiment une alternative.

Je me souviens que bien des gens ont laissé échapper un soupir de soulagement en 2007 quand l’ADQ a failli prendre le pouvoir avec une bande de candidats-poteaux et pourtant, j’ai le sentiment qu’ils n’auraient probablement pas pu faire preuve de plus d’amateurisme que le PQ ces 18 derniers mois. Le PQ aura réussi à presque s’auto-détruire. Le fait que Mme Marois ait été abasourdie par sa défaite confirme d’ailleurs le pire que je n’aurait pu imaginer: elle ne savait vraiment pas ce qu’elle faisait. Devant une si flagrante incompétence, quel choix avions-nous?

Maintenant que l’élection est terminée et que la Commission Charbonneau a repris ses travaux, la corruption est de nouveau revenu dans l’avant-plan.  Les révélations sur le PLQ sont pour le moins troublantes et on peut certainement se poser la question si 18 mois de pénitence auront été suffisants. Sauf que de poser cette question manque totalement le point selon moi. Si la Commission Charbonneau a démontré quelque chose, c’est que la corruption n’est pas un phénomène d’un seul parti. C’est un problème endémique au pouvoir.

Le pouvoir corrompt 

Lord Acton disait que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument, Dans son roman « Dune », l’auteur Frank Herbert émet une autre hypothèse: « Tous les gouvernements souffrent d’un problème récursif. Le pouvoir attire des personnalités pathologiques.  Ce n’est pas que le pouvoir corrompt, mais qu’il est magnétique aux corruptibles. »

Voyez-vous, notre société est fondée sur un paradoxe: Nous croyons que la nature humaine est fondamentalement mauvaise et que pour cette raison, nous avons besoin d’une entité quelconque pour nous maintenir dans le droit chemin, par la force, si nécessaire. Nous nous sommes donc donné des chefs et des rois, qui à l’origine, justifiaient  leur pouvoir par la sanction divine. Soit ils se représentaient comme des dieux, ou ils étaient ordonnés par Dieu.

Puis vinrent les lumières et des formes de gouvernement plus démocratiques, justifiant leur pouvoir par la sanction du « peuple », plutôt que celle de Dieu. Seulement, la faille dans tout ça est que les gouvernements sont composés d’êtres humains qui sont tout aussi faillibles que le reste d’entre nous et, pis encore, pour désirer avoir un pouvoir sur ses semblables, il faut d’ores et déjà avoir le genre de personalité avec une tendance à en abuser. À quoi sert d’avoir le pouvoir, après tout, si on ne peut pas en profiter?

Nous vivons dans l’illusion que ceux que nous élisons et ceux qu’ils embauchent comme fonctionnaires agissent par altruisme plutôt que par intérêt personnel. C’est une grave erreur pour laquelle nous payons depuis très longtemps, et pas seulement au Québec.  Si vous vous imaginez que de voter pour un parti ou un autre va changer quelque chose, ouvrez les yeux. Ce n’est pas d’hier qu’il y a des histoires de gouvernements déchus pour cause de corruption ici et ce n’est pas demain la veille que ça va changer tant que le système est en place.

La peur bleue

Par Philippe David

Les post-mortem de la campagne ont commencé à défiler et déjà, dans le camp péquiste, les excuses commencent à fuser pour se déresponsabiliser de la raclée qu’ils ont reçu lundi dernier. On blâme les médias, la charte des valeurs ou Pauline Marois, mais l’excuse la plus souvent citée est la peur. La peur d’un référendum ou la peur de la souveraineté.

Ainsi, selon un grand segment de l’intelligentsia péquiste, le bon peuple québécois ne sait pas ce qui est bon pour lui. Il ne réalise pas à quel point le fédéralisme canadien est une menace. Il est ignorant du péril qui menace le français à Montréal (après tout, se faire accueillir dans un magasin par un « bonjour/hi » est tellement agressant). Ils ne réalisent pas que les islamistes sont sur le point de nous submerger et nous imposer leur religion (au moment où je tape ces lignes, il y en a probablement un million qui arrivent à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau maintenant que leur marionnette, Philippe Couillard, est en poste. Si, si, sérieusement!) Sauvez-vous! Nous serons sûrement devenus une théocratie musulmane d’ici les prochaines élections! Nous ne réalisons pas à quel point les libéraux sont corrompus. Bref nous ne réalisons pas à quel point il est urgent de devenir un pays.

Selon eux, c’est parce que nous avons peur. Peur du changement. Peur de la faillite. Peur de perdre nos petits conforts. Peur de perdre la péréquation. Peur de « perdre nos Rocheuses ». Peur d’avoir peur? Pour ces messieurs, j’aurais une autre théorie…

Et si la peur n’avait rien à voir? Les récents sondages apportent quelques indices révélateurs. Ils démontrent particulièrement que l’électorat du PQ se situe surtout dans le segment d’âge des 50 à 65 ans. Il récolte très peu d’appuis dans tous les autres groupes d’âge. On a souvent dit que le PQ était le parti d’une seule génération, nous en avons désormais la preuve. Ils n’arrivent tout simplement pas à soulever l’enthousiasme chez les jeunes. Pourtant, s’il y a un qualificatif qui s’applique plus aux jeunes qu’aux plus vieux, c’est la témérité. Règle générale, ce sont les jeunes qui foncent tête baissé sans trop s’attarder aux conséquences. Nécessairement, si on veut mener à bien un projet comme l’indépendance d’un pays, c’est normalement les jeunes qui forment le fer de lance du mouvement. Mais voilà, les jeunes ne sont tout simplement pas intéressés. Le PQ n’a pas réussi à vendre son projet.  Ce n’est pas qu’ils ont peur, c’est plus qu’ils n’en ont rien à cirer. Le discours identitaire et victimaire du PQ ne les touche pas et ils ne conçoivent pas le fédéralisme comme un obstacle ou une contrainte. Le PQ devra trouver d’autres arguments pour les convaincre. Or, le disque du PQ est tellement usé qu’il ne cesse de sauter. En poursuivant ce même discours, le PQ a autant de chance d’exciter les jeunes qu’en leur faisant écouter du Pat Boone.

En bref, le problème du PQ n’est pas tant la peur de la souveraineté ou d’un référendum, mais la lassitude et l’écœurantite aigüe après 45 ans du même débat. Nous ne sommes tout simplement plus intéressés par l’option souverainiste, à part pour ce nœud dur de 30-35%, et nous sommes carrément écœurés d’en entendre parler. Il serait peut-être temps que le PQ nous écoute. Il me semble que le message est clair.

Pourquoi êtes-vous pauvres?

Par Philippe David

Nous sommes maintenant dans le dernier droit de la campagne électorale et dans moins de deux jours, la plupart d’entre-nous devront passer aux urnes. Avant que vous n’alliez voter, il y a quelque chose dont je voudrais vous faire part.  Quelque chose que les politiciens se gardent bien de vous dire et pour laquelle ils n’ont bien sûr aucune solution.

C’est une chance que cette campagne électorale s’adonne à être en plein pendant cette période de l’année où nous nous affairons à préparer nos rapports d’impôt (il ne vous reste que 25 jours, en passant pour éviter que nos agences de revenu lâchent leurs chiens contre vous). Alors que vous êtes sur le point de mettre un X sur un bulletin de vote, je vais vous rappeler combien ces petits X vous coûtent année après année. 

Quelques chiffres

Selon l’étude intitulée Indice d’imposition du consommateur canadien de l’Institut Fraser, en 2012, la famille moyenne consacrait 42,7% de son revenu en impôt et taxes de toutes sortes. L’étude ne cite que des chiffres canadiens, mais puisque nous savons que le fardeau fiscal des québécois est le plus élevé au Canada, nous savons que c’est encore plus élevé ici. Mais déjà les chiffres canadiens seront suffisnt pour vous décourager.

Donc les ménages canadiens doivent débourser en moyenne 42,7% de leurs revenus en impôts et taxes alors que pour les nécessités de la vie, ils doivent débourser en moyenne 36,9% de leur revenu. C’est donc dire que toutes nos institutions publiques nous coûtent beaucoup plus cher que les nécessités de la vie, compte tenu également de la dette publique, qui n’est après tout que des impôts et taxes différées.  Mais il y a pire.

Non seulement, nous payons plus cher en impôts et taxes que ce que nous dépensons pour les nécessités de la vie, mais c’est aussi la dépense dans notre budget familial qui croît le plus rapidement. De 1961 à 2012, les impôts et taxes de la famille moyenne ont augmenté de 1 787%  comparé à 1 290% pour le logement, 607% pour les vêtements, 578% pour la nourriture, 675% pour l’indice des prix à la consommation et 1 382% pour les revenus!

Graph taxes vs necessities+revenue 1961-2012

Vous avez bien lu. La croissance des impôts et taxes que vous payez dépasse de loin la croissance de vos revenus, contrairement à toutes vos autres dépenses. En fait, les impôts et taxes augmentent à un rythme presque trois fois supérieur à l’inflation. Est-il surprenant alors que la famille moyenne peine à rejoindre les deux bouts et que le taux d’épargne soit en baisse constante? Comment épargner quand tous nos niveaux de gouvernements pigent dans nos poches à cette cadence? Comment pouvons-nous espérer préparer une retraite décente?

L’inefficacité de l’état

Soyons honnêtes, le gouvernement provincial n’est pas le seul responsable de cette situation, mais c’est à ce niveau que nous payons le plus d’impôts et taxes. Ceux que nous devons élire lundi seront donc responsables de gérer la plus grande part de ce que nous payons en impôt et taxes dans le futur. Et aucun des chefs des quatres principaux partis n’a un plan crédible pour réduire votre fardeau fiscal. Au contraire, ils se proposent tous de l’augmenter.

Le problème est que le gouvernement en fait trop et qu’il est et sera toujours inefficace dans tout ce qu’il fait parce qu’il n’existe aucune mesure pour déterminer l’efficacité et la productivité de l’état. Aucune mesure qui puisse lui permettre de faire un calcul économique. Dans le secteur privé, les entrepreneurs utilisent le système de prix et les profits et pertes pour les guider et les aider à corriger le tir pour que leur entreprise soit plus efficace. Ils peuvent donc facilement déterminer s’ils sont productifs ou non. Le gouvernement, lui, ne le peut pas. Il lui est donc impossible, lorsqu’il livre un service,  de déterminer s’il le fait de la façon la plus économique et efficace.

C’est pour ça que généralement, lorsque le secteur privé fournit un bien ou service, il y a abondance, alors que lorsque le gouvernement fournit le même service, il y a pénurie et rationnement. Si vous croyez que vous n’obtenez pas suffisamment de services pour ce que vous payez en impôts et taxes, c’est largement à cause de ça et à cause du fait qu’il y a une dislocation du service et du paiement.

Puisque le revenu du gouvernement provient de la taxation forcée de ses citoyens et que cette taxation est prélevée peu importe si nous utilisons les services du gouvernement et que les services gouvernementaux sont tous des monopoles sans concurrence, celui-ci n’a aucun incitatif à vous fournir un service de qualité. Lorsque vous faites affaire au secteur privé et que vous n’êtes pas satisfaits, vous avez toujours l’option d’aller ailleurs. Ce n’est pas le cas des services du gouvernement.

Le rôle de l’état

Sachant cela, n’est-il pas facile d’imaginer que le gouvernement soit en fait une grosse machine à gaspiller et que nous devrions peut-être réévaluer son rôle dans notre société? Pourquoi insistons-nous pour confier toujours plus de tâches à une machine lourde, inefficace et coûteuse et dont les objectifs sont basés sur l’arbitraire, le politique et une vision à qui se limite à la date des prochaines élections?

Si un jour nous voulons alléger notre fardeau et garder plus de ce que nous avons gagné à la sueur de notre front. Il faudra que nous nous questionnons quels services devraient être fournis par l’état et lesquels seraient fournis plus économiquement par le secteur privé. Je suis convaincu qu’une étude rigoureuse nous amènerait à conclure qu’une grande partie (sinon tous)  de ces services seraient offerts beaucoup plus efficacement par le secteur privé, diminuant de beaucoup les dépenses gouvernementales et réduisant le fardeau fiscal des familles.

Très peu de politiciens tiennent ce genre de discours. Doit-on attendre que notre fardeau fiscal dépasse les 50% de notre revenu avant de les écouter? Pendant encore combien de temps allons nous opter pour cet état de semi-esclavage dans lequel nous vivons, où nous travaillons presque 6 mois sur 12 exlusivement pour satisfaire l’appétit vorace de nos gouvernements?

L’enfer entrepreneurial

Par Philippe David

Un article du Journal de Montréal de ce matin fait état d’une statistique désolante, mais guère surprenante. Au Canada, 50% des entreprises qui font faillite sont au Québec. Cette statistique en dit extrêmement long sur le modèle économique que nous nous sommes donné depuis 50 ans. Il faudrait arrêter de se faire des illusions. Le Québec est tout simplement un enfer pour les entrepreneurs et par la bande, probablement le paradis des syndics de faillite.

Un dirigisme maladif

Au Québec, il existe un concensus parmi presque tous les partis politiques (sauf peut-être pour quelques partis embryonnaires de droite). Tous les principaux partis, que ce soit le PLQ, le PQ, la CAQ ou QS s’accordent pour dire que l’état doit diriger l’économie. Ils nous promettent donc plein de programmes pour « aider » les entreprises et créer des emplois. En fait, nous sommes les maitres incontestés de la « subventionnite » au Canada. Aucune autre province ne dépense autant pour l’aide à l’entreprise; trois fois plus que l’Ontario.

Si nous dépensons tant pour « soutenir » les entreprises, comment se fait-il que nous ayons tant d’entreprises qui font faillite? Cherchez l’erreur. Est-il possible que notre recette ne soit pas la bonne? L’Ontario qui est en deuxième place pour le nombre de faillites compte pour 30% des faillites canadiennes et l’Alberta 4,3%. Et alors que ce nombre est constamment en hausse au Québec, en Ontario il régresse de 39,5% en 2008 à 30% en 2013. Peut-être qu’il serait temps de changer notre approche?

Un changement d’attitude

Tout d’abord, un changement d’attitude s’impose. Il faudrait que nous abandonnions collectivement notre méfiance de l’entreprise privée qui nous porte à croire qu’aucune entreprise au Québec ne pourrait survivre sans dépendre d’une façon ou d’une autre de l’aide du gouvernement. Et si une entreprise a tant besoin d’aide du gouvernement, peut-être est-ce parce qu’elle n’a pas sa raison d’être? Peut-être est-ce parce que ce qu’elle produit n’a pas suffisamment de valeur aux yeux des consommateurs pour garder l’entreprise en vie? Dans ce cas, pourquoi faudrait-il y investir gaspiller des fonds publics?

L’idée de dépenser des fonds publics pour soutenir une entreprise provient bien plus d’une logique politique que d’une logique économique. Dans la logique politicienne, ces subventions servent littéralement à acheter des votes. Pensons à la cimenterie en Gaspésie, à l’exploration pétrolière sur l’Ile d’Anticosti, à la Davie, la Gaspésia, General Motors. Tous des exemple de fonds publics gaspillés à des fins purement électoralistes.  Pour convaincre les électeurs de « voter du bon bord » pour le parti qui le offre le plus de « nananes ».

Économiquement, par contre, ces « investissements » ne font aucun sens. Si une entreprise est profitable, elle n’a aucun besoin de fonds publics pour vivre. Si la survie d’un entreprise dépend d’un continuel influx provenant des poches du contribuable, c’est probablement parce qu’elle est improductive et qu’elle gaspille les ressources. De subventionner une telle entreprise est de tout simplement perpétuer ce gaspillage. Il vaudrait mieux laisser de telles entreprises faire faillite et laisser d’autre entreprises plus productives récupérer ces ressources.

Un instant! Dites-vous. Nous voulons diminuer le taux de faillites, pas l’augmenter! Vous avez raison, mais dans un marché relativement libre, maintenir des entreprises en vie sur le respirateur empêche les entreprises en bonne santé de s’étendre ou à d’autres même d’être créés par l’accaparement de ressources humaines et de capitaux par des entreprises qui gaspillent ces ressources. En les libérant, nous permettons à ces entreprises plus solides de de fleurir et à long-terme, d’avoir une économie plus solide.  Dans un jardin, il faut arracher les mauvaises herbes pour que les légumes et les fleurs puissent pousser.

Un modèle étouffant

Essayez d’imaginer quelqu’un nourissant un enfant d’une main tout en l’étranglant de l’autre et vous aurez une bonne image du modèle de gestion de l’économie de notre gouvernenment, tous partis confondus.

D’un côté notre gouvernement enfonce pratiquement des subventions dans la gorge des entreprises et de l’autre, il les étouffe avec des impôts deux fois plus élevés que la moyenne canadienne, des taxes sur la masse salariale 45% plus élevés, un marché du travail inflexible, un taux de syndicalisation trop élevé et des tonnes et des tonnes de paperasses. Comment voulez-vous qu’un entrepreneur arrive à percer? Pour reprendre l’analogie du jardin, pour que  votre plant de tomates puisse porter ses fruit, encore faut-il que vous lui laissez l’espace nécessaire pour grandir, sinon, toute l’eau et le fertilisant du monde ne l’aideront pas à pousser et produire plus de fruit.

La bonne recette

Nous ne pouvons pas avoir une économie dynamique sans entreprises solides. plus nous subventionnons des entreprises improductives et que nous étouffons celles qui produisent, et plus nous nous appauvriront collectivement. Il n’y a aucune raison valable pourquoi les québécois seraient plus pauvres que les autres canadiens. Nous avons tout ce que nous avons besoin pour être une des provinces les plus prospères au lieu d’être une des plus pauvres (ou un pays en faillite). La clé du succès ne dépend pas du reste du Canada, elle vient de nous et de notre propre attitude. Soit nous continuons avec une recette économique usée qui goûte mauvais, où que nous essayons une recette plus audacieuse et moins fade.

C’est certainement moins payant pour les politiciens, mais c’est bien plus payant pour le reste d’entre-nous. Pensez à ça pendant que les politiciens essaient de vous faire croire qu’ils peuvent « créer des emplois ».

Le voile se lève

Par Philippe David

Comme si la sortie de Janette Bertrand d’hier n’était pas assez pour notre tension artérielle, la journée d’hier  nous apporte quelques intéressantes révélations. Tout d’abord, un papier de Vincent Marissal dans La Presse d’hier nous apprend que le virage identitaire du PQ et sa charte de laïcité se trament depuis assez longtemps et que outre Bernard Drainville et Jean-François Lisée, les cerveaux derrière cette charte incluent Mathieu Bock-Côté, Éric Bédard, Jacques Beauchemin… et Pierre-Karl Péladeau!

Il apparait de plus en plus évident que les personnes ci-haut planifient le virage identitaire du PQ depuis belle lurette et que ce fût dès le début, comme je l’avais dit, une tactique purement électoraliste visant à instrumentaliser la peur des «étranges» pour éventuellement servir de «levier» pour la souveraineté, puisque les péquistes savent bien qu’ils sont incapables de vendre leur salade sur ses propres mérites. Il leur faut donc un subterfuge quelconque pour essayer de convaincre la majorité d’entre nous que le Canada est une menace à notre liberté.  Comment maintenant prendre au sérieux le démenti d’au moins un des membres  de ce brain trust que ce n’était pas effectivement une diversion?

Je gruge, tu gruges, il gruge …

Si Janette Bertrand s’inquiète que nos droits et libertés soient grugés petit à petit par les méchants islamistes, j’aimerais attirer son attention sur un danger bien plus immédiat. La charte de la laïcité brime les droits fondamentaux de liberté de religion et liberté d’expression et pas seulement pour les islamistes, mais aussi pour tous les autres qui ont le malheur de vouloir exprimer leur appartenance religieuse, qu’ils soient juif, sikhs ou même catholiques. Qu’on-t-ils fait, eux, pour justifier qu’on brime leurs droits? Une question que le gouvernement ne veut pas répondre et pour laquelle il n’est même pas foutu de présenter une justification quelconque. 

Si vous cherchez une entité dans notre société  qui « gruge » les libertés, vous devriez mettre notre gouvernement en tête de liste. Et maintenant que Pauline Marois a annoncé son intention d’utiliser la clause dérogatoire pour protéger la charte des contestations, le PQ montre définitivement ses couleurs en utilisant la plus grosse massue dans son arsenal législatif pour abroger sans aucune justification la liberté religieuse de milliers de ses citoyens.

Si vous croyez que puisque la clause dérogatoire existe, il n’y a aucun mal à l’utiliser, j’aimerais attirer votre attention sur ce petit extrait du livre « La Route de la Servitude » de Friedrich Hayek (probablement un des meilleurs essais sur le totalitarisme):

«Rien ne distingue plus clairement  les conditions dans un pays libre de celles d’un pays sous un gouvernement arbitraire que l’observance  dans le premier  du grand principe  connu sous le nom de la règle de droit.  Dénuée de tout technicalités, cela veut dire que le gouvernement, dans toutes ses actions est lié par des règles fixes et annoncées d’avance – des règles qui permettront de prévoir avec un certain degré de certitude comment l’autorité utilisera ses pouvoirs coercitifs dans des circonstances données et de planifier nos affaires individuelles sur la base de cette connaissance  (…)»

(H/T Germain Belzile)

En utilisant la clause dérogatoire avec autant de désinvolture, le PQ nous signale que nous ne sommes désormais plus dans un pays libre mais sous le joug d’un gouvernement arbitraire qui se permet de modifier les règles comme bon lui semble. Si jamais le PQ réalisait son objectif de faire du Québec un pays indépendant, lui qui se donnerait la tâche de rédiger la constitution de ce pays, peut-on douter que ce pays ne vaudra guère mieux qu’une république bananière dans la protection de vos droits? Surtout quand un des intellectuels du brain trust péquiste a écrit sans gêne que :

«Malgré ses limites et ses excès, une des vertus de la Charte québécoise comparée à la Charte canadienne tient justement dans le fait qu’on peut l’amender sans procédure constitutionnelle exceptionnelle, ce qui limite, justement, la prétention qu’ont certains à la faire surplomber le débat public à la manière d’un texte sacré dont ils se veulent souvent les seuls interprètes légitimes. Le politique, autrement dit, peut reprendre ses droits.»

Traduction: vos droits individuels ne comptent pour rien face à ceux de l’état.  C’est ce que pensent les intellectuels qui guident l’agenda du PQ.

C’est ça le pays que vous voulez? C’est ça leur grand projet de société? Un pays où le gouvernement peut changer les règles du jeu à sa guise et où vous n’avez aucun recours et aucune protection contre lui? Maintenant vous savez pourquoi je parlais récemment de « tyrannie québécoise« .

Le voile est levé. On voit maintenant le visage derrière le niqab de la soi-disant charte de la laïcité. Voter pour le PQ est voter pour avoir un pays avec un gouvernement totalitaire. Tenez vous-le pour dit, la plus grande menace à vos droits et libertés n’est pas l’islamisme, mais votre propre gouvernement. À vous de leur montrer si votre liberté personnelle vous importe.