Liberté 46

Par Philippe David

Comment aimeriez-vous prendre votre retraite aussi jeune que 46 ans avec presque $1 million  en capital accumulé après avoir gagné un salaire de $71 000 par an pendant 25 ans de carrière?

Que faut-il faire? Être entrepreneur? Être patron d’entreprise? Professionnel de l’informatique? Bonne chance! Pour pouvoir faire ça dans le secteur privé, il vous faudrait mettre de côté 40% de vos revenus dans vos REER à partir de l’âge de 21 ans et dans la réalité, vous n’avez droit qu’à 18%.

Non. Vous ne pouvez avoir ce genre de retraite pratiquement nulle part dans le secteur privé, mais vous pourriez l’avoir dans le secteur public, plus précisément en travaillant comme… Pompier. Et en bonus, vous n’aurez qu’à contribuer que 6% de votre salaire à votre fond de retraite au lieu de 40%. Vos voisins, qui peineront à travailler probablement jusqu’à 65 ans et finiront probablement à peine au-dessus du seuil de pauvreté pour leurs vieux jours, paieront le reste.

Ce n’est pas que je ne crois pas que les pompiers méritent d’être bien traités. Leur travail est difficile et même quelques fois héroïque, mais tout leur salaire et bénéfices sociaux provient d’un processus d’extorsion qui débute avec l’usage de la force de l’état pour prélever les impôts et taxes et qui généralement fini par une prise en otage de la population par les syndicats. La preuve de cette extorsion, nous en avons été témoins il y a quelques jours par la réaction des pompiers quand on a voulu leur faire contribuer un peu plus à leur plan de retraite. « Touche pas à mes nananes! » Qu’ils fassent un boulot dangereux ne les excuse pas.  Que leurs « nananes » acculent les villes au bord de la faillite, leur  importe peu. Que leurs concitoyens soient taxés à l’os pour payer leur retraite non-plus.

J’en ai vu blâmer ce genre de comportement sur un individualisme sauvage. Mais ça n’a rien à voir avec l’individualisme.  Le syndicalisme et le socialisme qui ont donné ces avantages aux pompiers représentent tout sauf l’individualisme. Ils sont au contraire tous pour un collectivisme qui opposent les groupes un contre les autres et qui se disputent jalousement le butin que représente le trésor public. Et au diable les autres. Il n’y a en effet rien de plus égoïste qu’un socialiste qui se bat pour son bonbon.  Gare à celui qui se mettra en travers de son chemin.

Dans le secteur privé, même les syndicalistes les plus radicaux doivent se plier à l’exigence de la rentabilité de l’entreprise lorsqu’ils font des revendications. Dans le secteur public, on se fout littéralement de la capacité de payer du contribuable. Si on ne peut pas le payer aujourd’hui, on le pellete en avant sur la dette et nos arrières-petits enfants le paieront! Pas de problème! Nous le méritons bien! Que nos descendants n’aient plus d’argent pour résoudre leurs propres problèmes importe peu, n’est-ce pas?

Voyez-vous, quand vous voyez les syndicalistes scander « so, so, so… », ils parlent de solidarité pour eux. Ils se fichent bien de vous.

 

Pourquoi je déteste la St-Jean…

Par Philippe David

Être gouverné

“Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu…

Être gouverné, c’est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé.
C’est sous prétexte d’utilité publique et au nom de l’intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré.

Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et qu’il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République !”

Pierre-Joseph Proudhon, “Idée générale de la révolution au XIXe siècle”

Je sais que je suis un rabat-joie, mais pour moi, à part le fait que j’ai congé, le 24 juin est une date comme les autres. Il y a bien des années que j’ai pris part aux festivités qui marquent l’occasion (et celles du 1er juillet aussi).  Je ne vois tout simplement pas de bonne raison de fêter.

Pourquoi on devrait fêter une organisation criminelle qui nous tient en esclavage presque la moitié de l’année? Qui nous force à payer pour des services dont on ne veut pas, ou qui nous force à accepter des services d’une si piètre qualité que nous préférons souvent nous en passer? Aucune entreprise privée ne songerait à laisser ses clients croupir dans une salle d’attente pendant 18 heures, mais pour l’état québécois, c’est la norme. Et on prétend que ces services sont trop importants pour être laissés au privé!

Donc, avec cet argent qui vous est confisqué à la pointe du fusil, vous passerez la journée à vous abreuver de spectacles d’artistes que la plupart d’entre vous ne paieraient pas un rond pour aller voir le reste du temps et exalter la grande fraude qu’est l’état québécois.  Pourquoi célébrer quelque chose qui est foncièrement immorale?

Aujourd’hui, tout le monde se saoûle pendant quelques heures et le reste de l’année, près de la moitié d’entre nous sont sur des anti-dépresseurs pour passer à travers. Vous pouvez continuer à célébrer votre esclavage si ça vous fait plaisir, mais personnellement, je fêterai lorsqu’il n’y aura plus d’état à fêter.

L’esclavage à temps partiel

Par Philippe David

Le 14 juin est la date où, selon l’Institut Fraser, les québécois auront, en moyenne, fait suffisamment d’argent pour s’acquitter des impôts et taxes provenant de tous les paliers de gouvernement. Une seule province doit attendre plus long temps: Terre-Neuve et Labrador pour qui la date fatidique est le 22 juin. Les albertains, eux, fêtaient déjà leur libération le 23 mai et l’ensemble du Canada le 9 Juin.

Cependant, il y en a qui s’insurgent contre l’appellation qu’on donne à cette journée, soit la journée d’affranchissement de l’impôt.  Selon l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), l’impôt « volontaire » et « démocratique » serait payant pour les contribuables et l’institut Fraser a tort de les considérer uniquement comme une dépense. Il ne prend pas en considération tout ce que nous recevons en bénéfices. Ce point de vue est tellement truffé de faussetés que je ne sais pas où commencer.

Volontaire et démocratique?!?

L’impôt est volontaire? C’est merveilleux! Vous voulez dire que je remplis des rapports d’impôt pour rien depuis tant d’années quand j’aurais simplement pu dire non? Vraiment?

Dites-moi ce qui arriverait si vous refusiez de payer vos impôts? On commencerait par vous envoyer des lettres polies (ahem!), puis des agents du fisc viendront frapper à votre porte, puis viendront les amendes et  éventuellement, des hommes armés viendront vous arrêter pour vous mettre dans une cage. Si vous résistez votre arrestation, vous serez probablement molesté. Si vous fuyez, vous pourriez possiblement être abattu. Étant donné les conséquences à ne pas payer vos impôts, croyez-vous vraiment avoir le choix de ne pas payer?

Or, le mot volontaire implique un choix.  Donner son argent à la pointe d’un fusil n’est pas un choix. Comment appelle-t-on l’acte de s’approprier le bien d’autrui sans son consentement par la force ou la menace de l’utilisation de la force? Le vol. Dans la plupart des endroits du globe, c’est considéré comme immoral, c’est pourquoi il y a des lois contre ça. Le vol devient-il soudainement moral parce que c’est le gouvernement qui le fait ou parce que c’est la majorité qui l’exige?  Est-ce qu’un mal devient un bien aussitôt que 50%+1 des citoyens le sanctionnent? La réponse est non, bien sûr.

Donc, affirmer que la majorité a le droit moral de piller la propriété d’une minorité, c’est affirmer qu’un viol collectif ou un lynchage sont des exemples de démocratie en action.

Paiement contre services rendus?

Mais ces chantres de la social-médiocrassie soutiennent qu’il s’agit là d’une juste rétribution pour services rendus. Vraiment? Considérons ça pour un instant…

Dans un marché libre, si vous achetez du pain frais d’un boulanger, par exemple, vous effectuez une transaction qui est bénéfique aux deux. Vous obtenez ce que vous voulez: une miche de pain à un prix que vous considérez comme acceptable, sinon vous iriez voir un autre boulanger; et il obtient la quantité d’argent qu’il désire pour le fruit de son travail. C’est un arrangement qui est gagnant-gagnant et tout le monde sort de la transaction avec quelque chose auquel il accorde plus de valeur que ce qu’il a cédé.

Qu’en est-il des services du gouvernement et de l’impôt? Primo, vous n’avez aucun contrôle sur le prix. Le gouvernement décide ce que vous devez payer, et vous ne pouvez pas aller voir ailleurs pour un meilleur prix. Secundo, vous n’avez aucun contrôle sur quels services vous payez. Le gouvernement vous offre un certain panier de services et vous payez pour tous ces services, que vous en ayez besoin ou non. Tertio, vous n’avez aucun contrôle sur la qualité des services. S’ils sont médiocres, et au Québec, ils le sont, vous n’avez pas le choix d’aller voir ailleurs. Est-ce que ça ressemble à un échange équitable, selon vous?

Alors pourquoi un individu sain d’esprit accepterait de se laisser escroquer de cette façon? Ah oui! C’est vrai! Parce qu’il se retrouverait dans une cage avec un gros gars chauve et barbu qui veut faire de lui sa petite copine peut-être?

Alors l’impôt n’est certainement pas volontaire et il n’est certainement un paiement pour services rendus.

Quelques faits…

Selon les données les plus récentes du Ministère des Finances du Québec (2010):

  • 37,2%  des contribuables ne paient aucun impôt
  • Les 4,4% les plus riches ($100 000 et +) paient 35% des impôts
  • Les 23% les plus riches ($50 000 et +) paient 75% des impôts

Allez dire que les riches ne font pas leur part.

Selon l’Institut Fraser:

  • En 2012, la famille moyenne consacrait 42,7% de son revenu en impôt et taxes de toutes sortes. C’est plus que toutes les autres nécessités de la vie.
  • De 1961 à 2012, les impôts et taxes de la famille moyenne ont augmenté de 1 787%  comparé à 1 290% pour le logement, 607% pour les vêtements, 578% pour la nourriture, 675% pour l’indice des prix à la consommation et 1 382% pour les revenus!

N’êtes-vous pas surpris que les familles peinent à pouvoir épargner?

Conclusion

D’année en année nous devons consacrer de plus en plus du fruit de notre labeur pour avoir le « privilège » d’attendre des heures aux urgences, des mois pour une chirurgie et de bénéficier d’infrastructures croulante, tout en subventionnant tout ce qui bouge et en payant des plans de retraite dont le reste d’entre-nous ne peuvent que rêver aux élus et fonctionnaires. Il est temps que cesse cet esclavage à temps partiel.

 

Pourquoi Justin Bourque n’est pas un «héros de la liberté»

Par Philippe David

Depuis la fusillade de Moncton, il y en a beaucoup qui semblent vouloir capitaliser sur l’évènement, comme toutes les fusillades, mais contrairement aux fusillades précédentes, le tireur fou a mis des messages contre le contrôle des armes à feu et anti-gouvernement sur sa page Facebook. Il n’en faut pas plus pour que les médias s’écrient « Aha! Un libertarien! » et pour certains illuminés l’acclâment comme un «héros de la liberté». Si c’est votre cas, vous êtes un ignorant ou un idiot, ou les deux. Je vous expliquerai pourquoi, mais je veux d’abord et avant tout joindre ma voix à celles de milliers de libertariens pour exprimer mes sincères condoléances aux familles, amis et collègues des officiers de la GRC tombés dans l’exercice de leur devoir. Sachez que nul parmi nous n’approuve le geste de Justin Bourque. Un homme qui de toute évidence, souffre de grave problèmes de santé mentale. Je souhaite sincèrement que justice sera faite.

Une philosophie de la non-violence

Les libertariens sont des gens qui croient fortement en la liberté et la responsabilité individuelle. Ils peuvent adhérer à une variété de croyances religieuses et sont généralement des personnes qui tiennent beaucoup à leurs principes. La pierre angulaire de ces principes, celui qui est le fondement moral de leur philosophie est le principe de non-agression. Ce principe s’énonce comme suit: personne n’a moralement le droit d’initier une agression. Par « agression », les libertariens entendent toute atteinte à la personne ou la propriété. La seule situation où l’usage de la force est acceptable, c’est en légitime défense. Et même encore là, les libertarien n’utiliseront que suffisamment de force pour neutraliser leur attaquant, ou dans le cas d’une atteinte à la propriété, obtenir une restitution.  Tout autre usage de la force est immorale et inacceptable. Un libertarien ne pourrait pas agir comme Justin Bourque a agit, à moins que les policiers n’aient fait feu en premier. Selon les reportages, ce n’était pas le cas.

Un défenseur de la liberté?

Certains exaltent Bourque comme un défenseur de la liberté. Ce sont des idiots. Bourque a commit trois meurtres complètement gratuits sans aucun motif apparent. Les prochain jours nous renseigneront peut-être sur ces motifs, mais en attendant, nous ne pouvons que spéculer sur ce qui s’est passé dans sa tête. Je doute que ce soit la défense de la liberté. Ce triple meurtre n’a absolument rien accompli en ce sens. À l’inverse, il aura privé trois policiers de leur vie et trois familles d’un des leurs. C’est inacceptable. Aucun geste de la sorte n’aidera jamais la cause de la liberté.

Oui, nous n’aimons pas l’état.

À cause de notre principe de non-agression, nous n’aimons pas l’état, que nous considérons une institution immorale et dangereuse.  Et oui, nous militons contre le contrôle des armes qui criminalise les propriétaires d’armes honnêtes sans pourtant incommoder les criminels. Nous croyons au droit de pouvoir se défendre contre ces criminels, mais pas pour tuer ceux qui ne nous ont rien fait. Nous prenons nos principes extrêmement au sérieux. Dans le débat politique, ce sont ces principes qui nous sépare de ceux qui trop souvent, semblent n’en avoir aucun.

Austérité, mon œil

Par Philippe David

J’ai emprunté un graphique à mon ami Vincent Geloso pour commenter sur le budget déposé mercredi par le ministre des finances Leitao. Les Françoise David de ce monde peuvent bien hurler à l’austérité permanente, en regardant ce graphique, une seule question devrait vous traverser l’esprit : « Quelle austérité? ».  Parce que les réductions de dépenses proposées par le gouvernement, mises en perspective, sont loin d’être aussi catastrophique que ça. En réalité, ce sont des « peanuts ».

austérité

C’est quoi l’austérité?

L’austérité, c’est quand on fait un réel effort pour réduire une situation financière précaire. Or, le gouvernement dépense comme un matelot en permission depuis les années 60. On le voit très précisément sur le graphique. On a institué des tonnes de programmes sans vraiment se demander s’ils étaient efficaces et justifiés. Nous maintenons aussi ces programmes en place, même si, dans bien des cas, ils n’ont plus aucune raison d’être. C’est un peu comme quand vous travaillez au salaire minimum, vous n’arrivez pas à rejoindre les deux bouts, mais vous avez le plus gros forfait télé, internet et cellulaire possible qui vous coûte $250 par mois. Est-il possible que vous n’ayez pas besoin de 200 chaines de télé et le forfait de données du cellulaire?  Couper un peu là-dedans ne vous empêchera pas de vivre, mais vous permettrait peut-être de payer pour l’épicerie? C’est un peu la même chose avec le gouvernement. Un jour ou l’autre, il faut faire le ménage des dépenses et décider si une dépense est justifiée ou non. Pourquoi est-ce si difficile à comprendre pour certains?

Un coup de barre nécessaire

Pour moi, ce qui est le plus positif dans le budget de Carlos Leitao, c’est l’annonce de la formation de deux commissions qui auront pour but de déterminer quelles dépenses peuvent être coupées et comment réformer la fiscalité.  C’est un signe que contrairement aux gouvernements précédents, le gouvernement de M. Couillard fait un effort non-seulement pour réduire les dépenses et la dette, mais de le faire intelligemment, pas juste couper pour couper. Il faut justement que le gouvernement coupe là où il faut couper afin de pouvoir se concentrer sur ses missions essentielles. L’état ne peut pas être tout pour tout le monde. On doit déterminer quelles missions il doit poursuivre, et lesquelles il devrait progressivement abandonner pour pouvoir mettre ses ressources aux bons endroits.

Comme le dit M. Leitao, le budget actuel est un budget de transition. Son véritable test sera le budget suivant. D’ici là, on présume que les deux commissions auront remis leur rapport et auront suggéré des réformes valables. Ça reste encore à voir. Personnellement, je suis sceptique. L’état se réduit rarement de lui-même et trop de gens profitent du statu quo. Pour moi, ils ne couperont jamais assez. Je retournerais volontiers au niveau de dépenses de 1926. Mais je suis réaliste, alors juste de voir le graphique pointer vers le bas serait un bon début.