Austérité, mon œil

Par Philippe David

J’ai emprunté un graphique à mon ami Vincent Geloso pour commenter sur le budget déposé mercredi par le ministre des finances Leitao. Les Françoise David de ce monde peuvent bien hurler à l’austérité permanente, en regardant ce graphique, une seule question devrait vous traverser l’esprit : « Quelle austérité? ».  Parce que les réductions de dépenses proposées par le gouvernement, mises en perspective, sont loin d’être aussi catastrophique que ça. En réalité, ce sont des « peanuts ».

austérité

C’est quoi l’austérité?

L’austérité, c’est quand on fait un réel effort pour réduire une situation financière précaire. Or, le gouvernement dépense comme un matelot en permission depuis les années 60. On le voit très précisément sur le graphique. On a institué des tonnes de programmes sans vraiment se demander s’ils étaient efficaces et justifiés. Nous maintenons aussi ces programmes en place, même si, dans bien des cas, ils n’ont plus aucune raison d’être. C’est un peu comme quand vous travaillez au salaire minimum, vous n’arrivez pas à rejoindre les deux bouts, mais vous avez le plus gros forfait télé, internet et cellulaire possible qui vous coûte $250 par mois. Est-il possible que vous n’ayez pas besoin de 200 chaines de télé et le forfait de données du cellulaire?  Couper un peu là-dedans ne vous empêchera pas de vivre, mais vous permettrait peut-être de payer pour l’épicerie? C’est un peu la même chose avec le gouvernement. Un jour ou l’autre, il faut faire le ménage des dépenses et décider si une dépense est justifiée ou non. Pourquoi est-ce si difficile à comprendre pour certains?

Un coup de barre nécessaire

Pour moi, ce qui est le plus positif dans le budget de Carlos Leitao, c’est l’annonce de la formation de deux commissions qui auront pour but de déterminer quelles dépenses peuvent être coupées et comment réformer la fiscalité.  C’est un signe que contrairement aux gouvernements précédents, le gouvernement de M. Couillard fait un effort non-seulement pour réduire les dépenses et la dette, mais de le faire intelligemment, pas juste couper pour couper. Il faut justement que le gouvernement coupe là où il faut couper afin de pouvoir se concentrer sur ses missions essentielles. L’état ne peut pas être tout pour tout le monde. On doit déterminer quelles missions il doit poursuivre, et lesquelles il devrait progressivement abandonner pour pouvoir mettre ses ressources aux bons endroits.

Comme le dit M. Leitao, le budget actuel est un budget de transition. Son véritable test sera le budget suivant. D’ici là, on présume que les deux commissions auront remis leur rapport et auront suggéré des réformes valables. Ça reste encore à voir. Personnellement, je suis sceptique. L’état se réduit rarement de lui-même et trop de gens profitent du statu quo. Pour moi, ils ne couperont jamais assez. Je retournerais volontiers au niveau de dépenses de 1926. Mais je suis réaliste, alors juste de voir le graphique pointer vers le bas serait un bon début.

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Une réflexion au sujet de « Austérité, mon œil »

  1. Est-ce que vous êtes pour les valeurs de l’altruisme et du partage ou est-ce que vous êtes pour les valeurs de l’individualisme et de la privatisation? Est-ce que vous pensez que ceux qui en ont trop doivent aider ceux qui en ont moins ou pensez-vous que ceux qui en ont déjà trop doivent empêcher ceux qui en ont moins d’en avoir un peu plus. Surtout lorsque les enfants, les handicapés et les malades font parti de l’équation? http://blogues.journaldemontreal.com/iris/politiques-publiques/ce-que-lausterite-change-dans-votre-vie/

    Ce site n’est aucunement un contrepoids, c’est un poids de la droite qui est déjà trop médiatisé… http://jeanneemard.wordpress.com/2014/05/29/un-autre-institut-de-recherche-de-droite/

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