Voter à la pointe d’un fusil

Par Philippe David

Au printemps dernier, l’Institut Nouveau Monde, un think-tank socialiste, a relancé le débat sur le vote obligatoire. Récemment, Justin Trudeau et le Parti Libéral du Canada ont aussi repris cette idée. C’est donc dire qu’il y a possibilité que le PLC songe à l’intégrer dans son programme et que le Canada pourrait se joindre à la trentaine de pays au monde qui ont déjà rendu le vote obligatoire, si le PLC est porté au pouvoir.

Vu les taux de participation anémiques qu’on a vu dans l’histoire récente, on peut comprendre que les étatistes puisse considérer cela comme une une bonne solution. Après tout, en Australie, où le vote est obligatoire depuis 1924, le taux de participation de est de 95%. Avec des taux aussi bas que 58% à certaines élections, et encore pire lorsqu’il s’agit d’élections municipales et de commissions scolaires, certains croient que la légitimité même de notre système démocratique ne tient qu’à un fil et que pour le sauver, il serait aussi logique de rendre le vote obligatoire comme d’autres soi-disant « devoirs » citoyens comme payer ses taxes (si vous me suivez, vous savez probablement déjà ce que j’en pense).

Le fusil dans la pièce

Chaque fois qu’un politicien prononce le mot « obligatoire », il faut toujours se souvenir que derrière ces paroles se cache un fusil. Ils ont beau dire que la loi ne serait enforcée que par une petite amende, si je choisis par pur principe, de refuser de payer cette amende, des hommes armés viendront éventuellement frapper à ma porte et si je refuse de venir paisiblement avec eux, ils pourront user de force physique et le feront très certainement.  Si je tentais de m’enfuir, ils pourraient même m’abattre. Tout ça pour avoir manqué à « mon devoir de citoyen » de mettre un X sur un bout de  papier. Ces illuminés croient donc que ça va rendre la démocratie « plus légitime ».

Pour ma part, je poserais la question: pourquoi croyez-vous que de menacer des citoyens paisibles de violence s’ils refusent de voter est légitime et moral?

Une autre vision des choses

Si vous voulez mon humble avis, je crois peut-être que la démocratie n’est pas aussi légitime qu’on le croit. Quand on voit les abus perpétrés par certains politiciens et fonctionnaires. Quand on constate la corruption rampante et l’appauvrissement que nous subissons à coup de taxes et de politiques économiques ruineuses et le fait que peu de choses changent au final, peu importe pour qui nous votons, nous sommes en droit de se demander si ce système qui favorise la classe politique et leurs lacquais au détriment du reste de la population, est vraiment légitime.

Je crois qu’un grand nombre de personnes commencent à se réveiller et réaliser que le gouvernement, représenté par les politiciens et fonctionnaires, ne travaille pas pour notre bien (ou plutôt si, et ils vont l’avoir). Qu’ils se foutent éperdument de notre sort. Tout ce qui leur importe vraiment c’est de toujours accroître leur pouvoir et de se garnir les poches au passage et de vivre leurs vieux jours grâce à des régimes de retraite dorés au frais des contribuables.  Ils commencent à voir que leur vote pèse de moins en moins dans la balance et ne change absolument rien.

Si vous croyez que de rendre le vote obligatoire est une bonne idée, cessons de prétendre alors que nous ne vivons pas dans un état fasciste et commençons tout de suite à envoyer des hommes armés escorter les gens aux urnes.

Ils n’ont rien volé (eux)

Par Philippe David

C’est inévitable, le sujet de la fiscalité des entreprises devait revenir dans l’actualité. On connait la rengaine : ces méchantes multi-nationales qui refusent de payer leur juste part d’impôts et taxes.

Burger King vient d’acheter Tim Horton  et installera son siège social de ce côté-ci de la frontière, ce qui veut dire qu’ils devront payer des millions en taxes et impôts au gouvernement fédéral et provincial (mais sûrement pas au Québec). Malgré tout, les bobos du Devoir trouvent le moyen de s’en désoler et commisérisent avec ce pôvre Obama, privé de tant de revenus parce que sous sa gouverne, les États-Unis sont devenus un enfer fiscal pour les entreprises (et ils se grattent la tête à savoir pourquoi ils ont encore tant de chômage et tant d’américains sont dépendants du programme des timbres alimentaires).

Le plus rigolo, selon ce que le Devoir rapporte, est que Warren Buffett est impliqué dans la transaction et a obtenu une petite fleur qui lui économisera lui aussi des impôts dans cette affaire, car voyez-vous, M. Je-paie-moins-d’impôts-que-ma-secrétaire ne manque pas une entourloupette pour faire en sorte qu’il en paie moins que sa secrétaire, pour ensuite dénoncer cet état de fait en toute hypocrisie. « Payez les caves! Pendant ce temps, j’ai une armée de fiscalistes pour me trouver toutes les failles dans le système. »

Un autre sophisme persistant

Cependant, l’indignation de nos bobos nationaux repose sur un sophisme. C’est celui qui dit que si les entreprises paient moins d’impôts, les particuliers devront en payer plus et donc, c’est injuste envers les pauvres petits contribuables qui sont déjà surtaxés. Oui les petits contribuables sont surtaxés (particulièrement au Québec, où les politiciens ne comprennent pas la courbe de Laffer), mais augmenter les impôts des entreprises ne les aidera pas.

Premièrement, nos gouvernements dépensent déjà plus qu’ils ne récoltent en impôts et taxes. Ne doutez pas un seul instant que nos politiciens, s’ils voyaient des rentrées additionnelles, trouveraient vite un moyen de les dépenser.

Deuxièmement, même si nous avions des politiciens qui géraient convenablement les deniers publics, il faut vraiment songer à d‘où proviennent les impôts  que payent les entreprises pour voir la futilité de la chose. Une entreprise comme tel ne paie pas d’impôt. Une entreprise n’est qu’un groupe d’individus qui coopèrent pour offrir des produits ou des services.  C’est une abstraction, et non une personne réelle. Or seules les personnes réelles paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une écriture comptable qui représente un coût d’opération. Ce coût n’est qu’un parmi tant d’autres qui va dans l’équation qui détermine la profitabilité de l’entreprise. Cette équation détermine également de combien d’argent l’entreprise disposera pour faire des achats, des investissements en capital, payer des dividendes aux actionnaires ou des salaires aux employés. Moins elle aura de coûts de toute sortes, et plus elle aura d’argent pour ces investissements. Une augmentation des impôts, toute chose étant égale par ailleurs, va être payée au détriment de ces autres catégories.  C’est donc dire que ceux qui vont réellement faire les frais des impôts et taxes payés par l’entreprise, sont les individus qui transigent avec elle à un niveau ou un autre. C’est-à-dire :

  • Ses fournisseurs qui subissent une baisse dans les achats d’équipement capital de l’entreprise.
  • Ses clients, qui verront les prix de ses produits augmenter.
  • Ses employés qui auront peut-être des augmentations de salaire plus faibles qu’autrement, ou qui ne seront pas embauchés du tout, ou peut-être mis à pied.
  • Ses actionnaires, qui verront le montant de leurs dividendes baisser et peut-être aussi la valeur de leurs actions.

Ce sont tous ces gens qui, dans la réalité, paient les impôts et taxes de l’entreprise. Multipliez ça par toutes les entreprises au pays et au final, vous vous rendez compte que ces gens, c’est vous et moi.

Ils n’ont rien volé (eux)

Mais vous savez ce qui m’énerve le plus? C’est cette notion que les profits d’une compagnie ou les revenus d’un particulier ne lui appartiennent pas. Que si quelqu’un essaie de conserver plus de ce qu’il a honnêtement gagné, il est un voleur, un tricheur, un égoïste, un moins que rien.  Pour ma part, je crois que c’est plutôt le contraire. Ce que nous gagnons nous appartient.  Le contraire voudrait dire que le gouvernement a plus de droits sur votre propriété que vous, ce qui fait de vous essentiellement un esclave. Et si nous ne sommes pas des esclaves, c’est la confiscation de nos revenus par le gouvernement qui est immorale et le cautionnement de ce pillage par les idiots utiles de l’état l’est tout autant. Ceux, incluant les entreprises, qui désirent prendre action pour payer moins d’impôts ne sont pas des voleurs (eux). Ils ne font que se défendre des véritables voleurs.

[Photo : Wikipedia]

Le fusil sur la tempe

Par Philippe David

Un aspect du débat autour du projet de loi 3 sur la pérennité des régimes de retraite des employés municipaux qui, je crois, ne reçoit pas suffisamment d’attention est la légitimité.

Si on devait en croire les matamores des syndicats, ce projet de loi met en péril les acquis de leurs membres et donc, tout leur est permis pour protéger leurs acquis. La réalité est que leurs acquis ne sont absolument pas menacés. Tout ce que le projet de loi fait est de forcer les employés du secteur public à contribuer plus à leur retraite. La retraite dorée à 50 ans est certainement encore là pour ces travailleurs, ce qui est loin d’être le cas pour ceux qui payent les taxes qui ont comblé les déficits de ces régimes au cours des années.

La Rolls Royce

Les employés du secteur public jouissent de privilèges que l’écrasante majorité des travailleurs du privé n’ont pas. Ils ont la Rolls Royce des plans de retraite (Cadillac, c’est même plus assez riche pour décrire ces régimes. Ce sont des Rolls Royce, des Bentley, des Lamborghini même! Rien de moins!). Ce sont des régimes à prestation déterminées.

Qu’est-ce qu’un régime à prestation déterminées? Simplement, on vous garantit que peu importe l’état de la caisse de retraite, on vous pairera à la retraite un montant x, généralement un savant calcul basé sur le nombre d’années de service et vos meilleures années de salaire. Après 25 ans de service, certains régimes vont vous garantir jusqu’a 70% de la moyenne de salaire de vos 5 meilleures années, indexé au coût de la vie. Considérant qu’une fois à la retraite, votre coût de la vie est considérablement réduit (après tout, vos enfants ont présumément quitté le nid et vous n’avez pas toutes ces dépenses reliées à l’emploi), donc 70% du salaire de vos meilleures années est énorme et vous permet de maintenir un niveau de vie encore plus élevé que lorsque vous travailliez.  Certainement ce genre de régime est un rêve pour ceux qui peuvent en bénéficier. Ils obtiennent, tout au long de leur retraite, peu importe combien d’années ils vivent, une rente substantielle à l’abri de tous les aléas des marchés.

Cependant, si justement, on se retrouve avec de moins en moins de cotisants, le régime devient de plus en plus dépendant aux rendements des marchées pour maintenir leur viabilité et si ces rendements ne sont pas au rendez-vous, la caisse de retraite peut facilement se retrouver en déficit.  Qui doit combler ces déficits? Selon les syndicats, c’est à l’employeur. Mais dans le secteur public, l’employeur c’est vous!

Et le reste d’entre nous?

Même parmis les plus grosses entreprises du Québec (200 employés et +), moins de 50% des travailleurs ont la chance d’avoir un tel régime. De plus ce type d’entreprise compte pour moins de 1% de toutes les entreprises au Québec, ce qui fait que la grande majorité des travailleurs du secteur privé n’ont pas ce genre de régime. Une autre distinction importante est le nombre d’années de service. Pour obtenir les prestations maximales, il faut travailler pour le même employeur 25 ou 30 ans. Ce n’est pas inhabituel du côté public, mais qui, de nos jours, travaille encore aussi longtemps pour le même employeur?

Donc, non seulement très peu de travailleurs du privé ont accès à des régimes à prestation déterminées, mais encore moins de ces travailleurs pourront prendre leur retraite avec pleine pension. La retraite dorée des employés du secteur public n’est donc qu’un rêve inaccessible à la grande majorité des travailleurs qui pourtant sont forcés à contribuer aux régimes des employés publics.

L’Iniquité avec un grand « I »

Quand je dis que les travailleurs du privé sont forcés de contribuer aux régimes de retraite des employés, ce n’est pas seulement au sens figuré. Ces travailleurs n’ont guère le choix que de payer leurs taxes et impôts, dont une partie est allé à fournir non-seulement les contributions normales de l’employeurs, mais aussi combler les déficits, très substantiels dans certain cas, de ces régimes.

Si encore ces privilèges avaient été obtenues par le biais d’ententes de bonne foi entre les syndicats et la partie patronale, mais dans le sercteur public, nous savons tous qu’il n’en est rien. Le terme « libre négociation » brandi par les syndicats n’a jamais été autre chose qu’une grosse farce dont nous sommes tous les dindons.  Ces privilèges ont toujours été obtenus en prenant la population, dépendante des services municipaux et gouvernementaux monopolisés, très littéralement en otage comme s’ils avaient un fusil sur la tempe. Comment alors peut-on parler de bonne foi? L’usage de la force, de l’extortion, du vandalisme sont-ils ce qu’on appelle « négocier de bonne foi »?

Comment se fait-il que nous acceptons encore la légitimité de ces privilèges accordés à une infime minorité au dépens de la grande majorité des travailleurs? Qu’est-ce qui rend cette minorité plus méritante que les autres? Rien, sauf le rapport de force dont ils jouissent.

Certains vous diront qu’il faut vivre dans la réalité. Que ces privilèges ont été accordés depuis si longtemps qu’ils sont maintenant des acquis que nous ne pouvons pas retirer. J’imagine que c’est probablement ce qu’on disait naguère des titres de noblesse. Du moins, jusqu’à ce qu’on décide de passer quelques nobles à la guillotine. Mais maintenant, la nouvelle noblesse, ce sont les employés du secteur public et il arrivera un jour où leurs privilèges ne seront plus tolérés.

Tuer la poule aux œufs d’or?

Par Philippe David
Récemment, les jeunes libéraux ont fait d’intéressantes propositions que Philippe Couillard a tôt faites de tuer dans l’œuf. L’une d’entre elles est de privatiser la SAQ, une proposition qui devient de plus en plus populaire.

Réjean Parent, en bon syndicaliste qui s’est enrichi largement grâce à l’expansion de l’état québécois, pousse le bouton panique en disant que si le gouvernement se défait de la SAQ, nous allons tuer la poule aux œufs d’or. Bien sûr, tous les moyens sont bons pour piller la population et grossir l’état toujours plus. Selon lui, l’idée que nous vivons au-dessus de nos moyens relève de la pure fiction, malgré toutes les preuves du contraire. Après tout, combien de dettes accumulées un gouvernement doit-il avoir avant que les syndicats réalisent qu’il dépense bien au-delà de ce qu’il récolte en impôt et taxes de toutes sortes et que, étant déjà la juridiction la plus taxée en Amérique du Nord, il ne peut guère augmenter les taxes sans souffrir des conséquences (voir : Courbe de Laffer).

Est-ce que le gouvernement du Québec perdrait tant de revenus que ça s’il privatisait la SAQ? Considérant qu’il continuerait quand même à taxer chaque bouteille de vin et spiritueux vendue et qu’il n’aurait plus à payer les salaires et plans de pension relativement exorbitants (comparativement au marché de la vente au détail) des employés de la SAQ, probablement pas tant que ça. Et même si c’était vrai, devrait-on verser une larme? Après tout, nous les consommateurs payons déjà assez.  Pourquoi devrions-nous payer plus? Nous travaillons déjà la moitié de l’année pour le gouvernement et les impôts et taxes sont déjà ce qui a le plus augmenté dans notre budget familial.

Est-ce vraiment le rôle du gouvernement d’être un détaillant d’alcool? Ou tant qu’à y être de gérer des casinos et vendre des billets de loteries? Ou même, produire et distribuer l’électricité (à perte, côté production du moins)? La dernière fois que j’ai vérifié, ça ne faisait ni partie des fonctions régaliennes, ni de ce qu’on considère typiquement comme un service public essentiel. Alors pourquoi l’état québécois a-t-il  nationalisé ces marchés si ce n’est que pour soutenir l’insoutenable?

Pour M. Parent, la solution passe toujours par plus de revenus pour l’état. Nul doute qu’il n’aurait aucun problème à ce que l’état vienne vous chercher jusqu’à votre dernière cenne noire (puisque ça se traduit par plus de cotisations perçues pas les syndicats). Et si ce n’est pas assez, empruntons toujours plus pour hypothéquer les générations futures. Il ne serait surtout pas question de dire que peut-être le gouvernement est trop inefficace et que l’entreprise privée mise en concurrence, offrirait la plupart des services présentement offerts par le gouvernement à meilleure qualité et meilleur coût simplement dû au fait de ne pas être un monopole gangréné! C’est pourquoi il serait impératif de réfléchir  à quels services devraient être confiés au gouvernement. Puisque c’est effectivement un monopole lourdaud (et corrompu à l’os), ne devrait-on pas lui confier le moins possible?

Certains vous diront que ces services ne sauraient être confiés au privé qui n’a pour intérêt que de faire du profit, mais qu’est-ce qui est vraiment mieux? Obtenir un service de quelqu’un qui a tout avantage de vous en offrir pour votre argent parce qu’il dépend de chaque dollar que vous dépensez volontairement  chez lui plutôt que chez son compétiteur, ou quelqu’un qui se fout éperdument de vous parce qu’il aura votre argent de force, peu importe la qualité du service qu’il offre et que de toute façon, vous ne pouvez pas aller ailleurs? Réfléchissez-y deux secondes. Croyez-vous vraiment que vous serez mieux servis par le deuxième?

Donc, privatiser la SAQ et ouvrir le marché de la vente d’alcool à la concurrence (simplement remplacer un monopole public par un monopole privé ne serait vraiment une solution) offrirait non seulement un meilleur service à meilleur prix, mais il donnerait un peu de justice aux consommateurs québécois de vins et spiritueux, depuis trop longtemps les prisonniers de ce monopole.

[Crédit photo : Comparaison de prix SAQ vs US par Philippe David]

« Nous n’avons rien volé (nous). » Ah oui?

Par Philippe David

Ils sont partout en ville ces autocollants des syndicats des employés du secteur public. On les voit sur les autos de police, les camions de pompiers, les autobus et tous les autres véhicules publics et édifices publics. C’est pour protester contre ce projet de loi qui vise à forcer ces employés à payer une plus grande part des déficits de leur plan de pension plaqué or. Parce que selon eux, ils ont travaillé tellement fort pour cette pension et ont fait plus que leur part pour le capitaliser.

Voyez-vous, 7% de son salaire, c’est plus que suffisant pour s’assurer de pouvoir prendre sa retraite à 55 ans (si ce n’est pas 45) avec 70% de ses 5 meilleures années de salaire, non seulement pour le reste de ses jours, mais ceux de son/sa conjoint(e). On s’en fout du fait que la grande majorité des travailleurs québécois qui paient pour leurs salaires et leurs pensions, n’ont absolument rien de comparable pour leur propre retraite et que s’ils voulaient récolter assez dans leurs REERs pour s’assurer le même train de vie, ils devraient mettre 4 fois plus dedans que certains employés de l’état contribuent à leur plan de pension. Comment est-ce possible que même quelques-uns des plus gros employeurs québécois ne peuvent offrir ce genre de plan de retraite à leurs employés, mais que pour eux, pfff pas de problème!

Ce n’est pas que je leur envie ces conditions de travail. Tout le monde devrait profiter d’aussi bonnes conditions. Cependant, comme le témoignent les énormes déficits accumulés par ces régimes de pension, ce n’est juste pas réaliste. Ces régimes sont insoutenables, tout le monde le sait (du moins, ceux qui savent compter). Nos petits-enfants vont encore payer pour les pensions d’employés publics morts et enterrés. Et même si le projet de loi passe, ils auront toujours un régime de pension de loin supérieur à tout ce qui est offert dans les entreprises privées.

Comment en sommes-nous venus là? À travers des grèves, des fronts communs, des moyens de pressions et du vandalisme qui ont privé la population des services essentiels pour lesquels ils paient et qui sont monopolisés par l’état. (Qui va payer pour faire enlever les autocollants, vous croyez?) L’état est comme une toilette chimique. On préfèrerait ne pas avoir à faire nos affaires là, mais si on voulait le faire ailleurs, on se ferait arrêter.  Quand l’état offre un service, on ne peut l’obtenir ailleurs. Cette particularité permet aux employés qui livrent ces services, le pouvoir de tenir la population en otage pour négocier leurs conditions de travail. Il y a un mot pour ce genre de tactique : l’extorsion.  Généralement considéré comme un crime, mais étrangement permissible aux syndicats.

Ils n’ont rien volé, disent-ils. Vraiment? Par ce slogan, les syndicats tentent  de s’approprier le haut-lieu moral. Ils sont des travailleurs honnêtes, disent-ils, leur pension, ils l’ont gagnée à la sueur de leur front. Pourtant, dans la réalité, considérant le peu qu’ils ont eu à contribuer dans leur plan de pension vs ce que les contribuables ont eu à payer (le gouvernement, municipal, provincial ou fédéral, ne paye rien. Il ne fait que prendre ce qui est la propriété des contribuables de force et la redistribuer), ce sont les contribuables qui l’ont gagné à la sueur de leur front. Les syndicats l’ont ensuite extorqué et les politiciens ont cédé pour préserver la paix publique. Le seul haut-lieu moral qu’il peut y avoir dans ce débat n’appartient pas aux syndicats, il appartient aux contribuables, qui étrangement, quand vient le temps de décider des conditions de travail des employés de l’état, est toujours absent de la table de négociation.

[Crédit photo : Philippe David]