Le grand mythe de l’austérité

Par Philippe David

Le terme « austérité » a mauvaise presse ces temps-ci. On voit ce terme galvaudé à gauche et à droite, surtout à gauche, à toutes  sauces, tant par des illettrés économiques que par des prix Nobel de l’économie comme Stiglitz et Krugman, mais c’est quoi l’austérité vraiment?

Quand on examine les dictionnaires, on y parle de rigueur en général ou rigueur budgétaire en particulier. Certains démagogues parlent de « coupes sauvages ». Certaines doctrines économiques ne jurent que par les interventions du gouverment pour contrer ce qui est perçu comme « les lacunes du capitalisme ».  Pour ces gens if fait un certain sens de toujours vouloir  plus de dépenses gouvernementales et ils trouveront certainement des tas de raisons pour justifier ces dépenses. Ils auront donc intérêt à nous mettre en garde contre toute diminution des dépenses de l’état parce que ces gens croient qu’ils sont plus éclairés que le reste des gens et croient qu’ils peuvent gérer les ressources mieux que vous.

Qui gère mieux quoi?

L’austérité revient en réalité à une seule question: « Qui gère mieux quoi? ».  Les ressources dans l’économie ne sont pas infinies (comme les anti-capitalistes aiment à nous rappeler, comme si nous ne le savions pas) et dans notre société, deux grands groupes se font concurrence pour les gérer: Les individus et le gouvernement.  Effectivement, celui ou celle qui s’oppose à « l’austérité » croit effectivement que le gouvernement est le mieux qualifié pour gérer ces ressources, alors que celui qui est pour les mesures d’austérité croit au contraire que les ressources sont mieux gérées par les individus.

Des opposants de l’austérité, comme Stiglitz et Krugman croient que les dépenses du gouvernement viennent avec un « multiplicateur » qui fait qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait pour deux dollars de bien. Sur quoi repose cette assomption demeure encore un mystère, mais il faut les croire sur parole que c’est vrai, même s’il n’existe aucune donnée empirique pour le prouver.

Cependant, l’économiste Milton Friedman qui a consacré sa vie à démontrer de façon empirique que les programmes gouvernementaux sont invariablement inefficaces, explique qu’il y a quatre façons de dépenser de l’argent:

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

Avec les individus, ce sera invariablement les trois premiers qui primeront. Pour les gouvernements, c’est pratiquement exclusivement la quatrième méthode qui prime. C’est pour ça que pratiquement tous les programmes gouvernementaux aboutiront inévitablement avec des dépassements de coûts, du gaspillage et de la corruption. Vous ne me croyez pas? Retournez voir les clips des témoignages de la Commission Charbonneau sur Youtube. Si ça ne vous convainc pas, rien ne vous convaincra et on pourra effectivement dire que votre foi en l’état prend des caractéristiques religieuses. Le fameux multiplicateur des keynésiens, dans les faits est plutôt un diviseur.

La véritable question

Certains essaient de vous faire croire que si certains services ne sont pas offerts par le gouvernement, ils ne le seront pas du tout, ou ils seront offerts à des prix prohibitifs par le privé. Pourtant c’est faux. Là où le gouvernement offre un service, il revient toujours généralement plus cher. Pensons simplement aux prix de la SAQ.

La gratuité de certains services n’est aussi qu’une grande illusion qui ne persiste que par les véritables coût sont cachés. Un excellent exemple de ceci est notre système de santé qui coûte moins que le système américain, nous dit-on (et pourtant pas beaucoup moins), mais quels sont les coûts engendrés par tous les temps d’attentes du système? Combien coûtent toutes les heures que nous passons à attendre à une salle d’urgence (qui est vraiment un oxymore dans notre système) ou les mois où des gens ne peuvent travailler en attendant une chirugie orthopédique ou cardiaque qui les rendront de nouveau productifs. Comme l’a souvent dit l’économiste Frédéric Bastiat, ce qui est important dans l’économie n’est pas tant ce qu’on voit, mais ce qu’on ne voit pas. Ainsi il est bien plus aisé de voir ce qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait que de faire l’effort intellectuel pour imaginer ce qu’il aurait pu faire dans les mains d’un individu, si on ne lui avait pas arraché par la force.

Puisque les ressources ne sont pas infinie et que les gouvernements ont toujours été et seront toujours des gaspilleurs de ressources à grande échelle et que chaque dollar dépensé par un gouvernement est un dollar de moins dépensé de façon plus productive par un individu. Donc, dans le débat sur l’austérité, la véritable question est combien de ressources finies voulons-nous vraiment confier au gouvernement. La réponse devrait être simple: le moins possible.

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