La valeur du savoir

Par Philippe David

J’apprend ce matin, via le site de Radio-Canada, que selon un sondage réalisé l’automne dernier par Mitacsfaire de longues études n’est pas nécessairement une garantie de richesse (matérielle, du moins). En effet, on y apprend que deux tiers des post-doctorants gagnent moins de $45 000/an et qu’à peine 20% des finissants arrivent à se décrocher un emploi dans leur discipline.  Ces chiffres me laissent songeur.

Certains diront que des études ce n’est jamais perdu mais que vaut vraiment le savoir s’il ne peut pas être mis en application? Est-il vraiment utile de passer de longues années à étudier pour ensuite se retrouver à occuper un emploi ou ce savoir est complètement inutile? Est-il utile de s’endetter personnellement pour finalement n’en retirer aucun avantage financier afin de rembourser ces dettes? Par la même occasion, puisque ces études sont en grande partie financées par les contribuables, est-ce que la société y gagne au change à dépenser tant d’argent et voir ce savoir se perdre, puisqu’il n’est mis au service de personne?

À quoi sert l’éducation?

Peu importe ce que certains peuvent en penser,  l’éducation n’est pas une fin en soi.  Nous étudions d’abord et avant tout pour se munir de certains outils intellectuels nous permettant d’atteindre un but précis. Ce but peut être pour satisfaire une curiosité personnelle ou pour acquérir une culture générale ou pour apprendre une discipline précise qui nous permettra de décrocher  un emploi et faire de nous un membre productif de la société et nous permettre  de subsister et subvenir à nos besoins personnels.

Si vos priorités sont bien ordonnées, votre  premier objectif doit être de veiller à votre subsistance. Après tout, vous ne pouvez pas vivre éternellement au dépens de vos parents. Un jour où l’autre vous devrez assurer votre propre survie et croyez-moi, du point de vue de vos parents, le plus tôt sera le mieux! Donc, si par bonheur, vous pouvez marier l’utile à l’agréable et trouver une discipline qui vous passionne et qui peut vous permettre de gagner votre croûte, à la bonne heure! Mais sinon, vous devrez faire certains compromis. Je suis certain que d’étudier l’organisation sociale des macaques d’Indonésie peut être passionnant, mais il y a peu de chance que vous puissiez décrocher un emploi qui vous permettra de faire ce genre de recherche. C’est malheureux, mais vous devrez probablement passer au plan B (ou C ou D) si vous ne voulez pas faire partie du 80% des hauts diplômés qui travaillent chez Mc Do.

Des incitatifs tordus.

Pourquoi avons-nous tant de gens qui poursuivent des études sans avenir? Ils sont présumément intelligents et savent sûrement que peu de débouchées existe dans leur champs d’étude, alors pourquoi persistent-ils? La raison est simple: le système actuel leur épargne beaucoup du poids des conséquences de leur décisions.  Puisque leurs études sont financées en grande partie par l’état, leurs études ne leur coutent que très peu cher, comparativement à ce qu’elles coûtent aux contribuables. Ce n’est qu’une autres des multiples façons que l’état socialise les pertes et privatise les gains. Si les études débouchent sur un emploi bien rémunéré, les gains  vont directement dans les poches du premier concerné, mais sinon, c’est l’ensemble des contribuables qui paie pour une éducation qui ne lui est d’aucun bénéfice.  C’est similaire au dilemme quand un médecin est formé dans nos universités, mais qu’il décide ensuite d’aller pratiquer ailleurs. Dans ce cas aussi, nous avons payé pour rien.

Quelles solutions?

À ce petit problème,  je ne vois pas beaucoup de solutions. En fait, je n’en vois que deux:

  1. Soit l’état décide quelles études vous avez le droit de faire
  2. Soit l’étudiant doit payer le plein coût de ses études et subit seul les conséquences de son choix

La première implique de vous forcer à aller dans une discipline que vous n’aimerez peut-être pas alors que la seconde vous laisse libre de choisir, mais vous laisse en subir les conséquences, bonnes ou mauvaises.

Je vous laisse deviner quelle des deux solutions je préfère…

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