De bleu à orange. Quand l’Alberta vire à 180 degrés.

Par Philippe David

Doit-on être surpris des résultats des élections d’hier en Alberta? Pas vraiment! Après 45 ans au pouvoir, les conservateurs étaient déjà usés à la corde, puis ils ont convaincu la cheffe du Wild Rose à déserter son parti et je crois que les albertains ne l’ont certainement pas apprécié. S’ils comptaient réunir la droite albertaine en faisant ça, c’est complètement raté et ça leur est retombé sur le nez. Les conservateurs ont opté pour une élection hâtive et ont payé le prix de leur témérité et leur manque de transparence. 

Est-ce qu’on assiste à un virage permanent de l’Alberta vers la gauche? Je ne crois pas. Les albertains sont fièrement conservateurs, mais puisque le Wild Rose n’était pas encore remis de la désertion de Danielle Smith, ça a permis au néo-démocrates de se faufiler. Les albertains voulaient détrôner les conservateurs, mais je doute qu’ils cessent d’être conservateurs pour autant.

Le NPD albertain n’est pas vraiment prêt au pouvoir et une grande proportion de ses candidats étaient des « poteaux ». Tenter de gouverner une province avec une bande de néophytes ne sera pas de tout repos et leur programme n’aura pas un accueil si enthousiaste. Je suis prêt à parier que lorsque leur compte de taxe augmentera (inévitablement avec une parti dépensier comme le NPD) et qu’ils verront leurs surplus budgétaires fondre comme neige au soleil et être remplacés par des déficits et une dette croissante comme les autres provinces, on verra les albertains déchanter bien assez tôt. La lune de miel risque d’être plutôt courte. Je ne serais pas trop surpris que ce soit le tour du Wild Rose aux prochaines élections s’ils jouent bien leurs cartes.

En attendant, les politiques que veulent implémenter les néo-démocrates vont très probablement réduire la richesse relative de cette province dans l’ensemble du Canada et c’est une bonne nouvelle pour la droite québécoise.

Dans un premier temps, nous serons au premières loges pour pouvoir observer l’effet NPD sur l’économie albertaine. Ce sera probablement comme le passage de Bob Rae en Ontario. Ceci apportera un peu d’eau au moulin de ceux qui voudraient un peu plus de liberté économique au Québec. En boni, la péréquation risque de se retrouver amputée au Québec et nous pourrons aussi constater à quel point notre belle province en est dépendante.

J’ai hâte de voir comment réagira notre gouvernement devant ce gros manque à gagner. Augmenter les taxes et impôts ou pelleter sur la dette en retombant en déficit sont des solutions qui risquent de ne pas être trop populaires. Le gouvernement n’aura que deux autres choix, débloquer l’exploitation des ressources qu’on se refusait à exploiter avant pour ne pas se salir les mains et regarder les albertains de haut pendant que nous parasitions gaiement les revenus de leurs ressources sales, et créer un peu de richesse à taxer (bien sûr); ou bien de sabrer dans tous ces beaux services que les autres provinces ne se paient pas et que nous n’aurons pas les moyens de payer sans notre sempiternel chèque de BS.

Les deux cas feront grand plaisir à la droite québécoise, qui verra tous ses voeux réalisés. Qui sait, peut-être que ça pavera le chemin à l’élection d’un parti plus à droite au Québec. On peut toujours rêver…

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2 réflexions au sujet de « De bleu à orange. Quand l’Alberta vire à 180 degrés. »

  1. Je ne connais pas le Canada alors vous pouvez m expliquer ? Les néo-démocrates sont des gauchistes ? C est plutôt une mauvaise nouvelle pour l alberta

    1. Bonjour Jacques,

      En réalité, ce n’est pas uns si mauvaise nouvelle à long terme. Oui, les néo-démocrates sont des socialiste, mais le fait qu’ils aient été élus ne veut pas nécessairement dire que l’Alberta va devenir socialiste. L’Alberta est probablement la province la plus conservatrice du Canada. C’est encore le bastion du Parti Conservateur du Canada et jusqu’à hier c’était aussi celui du Parti Conservateur d’Alberta depuis 45 ans. Mais après 45 ans, l’usure du pouvoir a réussi à rattraper les conservateurs et le second parti de droite, le Wild Rose a été mis quelque peu KO par la désertion de sa cheffe Danielle Smith et de tout son caucus parlementaire qui se sont joints aux Conservateurs juste quelques mois avant le scrutin. Les albertains ont donc dû se replier sur le Nouveau Parti Démocratique pour ne pas ré-élire les conservateurs. Ce n’était pas tant un vote pro-néo-démocrate que anti-conservateur.

      C’est la première fois qu’un gouvernement néo-démocrate prend le pouvoir en Alberta et je crois qu’ils sont sous le choc eux-mêmes. La plupart de leurs nouveaux députés n’ont jamais été élus auparavant et ils compte implémenter un programme très à gauche. Disons, que la lune de miel risque d’être plutôt courte, en particulier lorsque les albertains verront leurs impôts et taxes augmenter. Bref, je ne crois pas que les néo-démocrates risquent de passer plus d’un terme au pouvoir.

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