Hommage à Jacques Parizeau

Par Philippe David

Jacques Parizeau n’est plus et alors que les hommages pleuvent dans tous les médias, j’ai décidé d’attendre quelques jours pour rendre le mien, question de faire bande à part et surtout parce que le mien ne sera pas exactement élogieux.

Sans conteste, Jacques Parizeau fût une des figures de proue de la politique québécoise et que ce soit comme haut-fonctionnaire, comme Ministre des Finances, comme Premier Ministre ou comme bell-mère du Parti Québécois, il a été l’un des principaux architectes  et un des plus grands défenseurs de ce que nous avons appelé « le modèle québécois ». Notre propre marque de commerce de socialisme soixantehuitard. Le problème, c’est que ce modèle nous appauvrit depuis 55 ans et nous mène droit dans un mur.

Pour cette raison, j’ai très peu de respect pour les politiciens en général puisque leur rôle consiste essentiellement à restreindre nos droits, nous infantiliser et nous taxer jusqu’à ce que nous soyons complètement exsangues. Je vois très peu de raison de les remercier quand la dépense qui a le plus augmenté depuis 1960, ce sont leurs taxes pour avoir le privilège d’attendre 18 heures dans une salle d’urgence si ça nous rend malades.

C’est vrai, je ne peux pas attribuer tout le mérite à M. Parizeau, il n’a pas été le seul. N’empêche qu’il a eu la distinction d’avoir presque réussi à séparer le Québec du reste du Canada tout en établissant les politiques qui ont rendu le Québec irrémédiablement dépendant des autres provinces. Faut le faire! Sans compter que son discours de mauvais perdant a fait reculer l’option souverainiste pendant des années. 

Alors, lancez-moi les insultes que vous voulez, mais je ne verserai aucune larme pour M. Parizeau, ou tout autre politicien, d’ailleurs. Ils ne contribuent pas à rendre notre vie meilleure, la plupart du temps ils la rendent pire et nulle part en Amérique du Nord n’est-ce plus une évidence qu’au Québec. Je me suis donc permis de compiler quelques preuves empiriques de ce pourquoi nous devons remercier M. Parizeau et ses congénères dans une petite présentation.

Si vous ne pouvez visionner la présentation, cliquez ici.

Sources des données:

Tableaux « Le déclin tranquille » et le avant et depuis la révolution tranquille
Tableau PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion des Comptes économiques du Québec
Tableau Revenu personnel disponible: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Péréquation: Ministère des Finances Canada: Budget 2006 : Annexe 3 – Principaux transferts et Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tableau Fonctionnaires: Statistique Canada: Tableau 051-0005 et Tableau 282-0012
Tableaux Riches en pauvres et pauvres en riches:  Statistiques Canada: Tableau 204-0001
Tableau Dette sous Parizeau: Ministère des finances du Québec, Données historiques des budgets depuis 1970-1971 (Tableau 14)
Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Exportations: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002

La course à l’investiture républicaine, vers un ticket Bush-Cruz

Par Simon Leduc

 

En janvier 2016, les courses aux investitures des deux grands partis politiques vont commencer avec les caucus de l’Iowa et les primaires du New Hampshire. Dans le camp démocrate, Hillary Clinton ne devrait pas affronter d’adversaires de taille. Mais du côté du GOP, plusieurs candidats de prestige ont déjà commencé leurs campagnes afin de devenir le prochain candidat républicain à la présidentielle de 2016. Quel serait le ticket idéal pour les républicains? Selon moi, un duo Bush-Cruz serait le meilleur choix pour le GOP et voici pourquoi.

Jeb Bush, le modéré

Jeb Bush est le fils et le frère de deux anciens présidents américains, Georges H. W. Bush (1989 à 1993) et Georges W. Bush (2001-2009). En novembre 1998, il a été élu Gouverneur de la Floride où il a fait deux mandats (1999 à 2007). Ses principales priorités ont été la réforme de l’éducation et la protection de l’environnement. Il s’est même opposé à un projet de recherche pétrolier sur les côtes de la Floride, qui a été proposé par son frère, qui était alors président. Sur le plan idéologique, il est considéré comme étant un républicain modéré. Par exemple, il affirme que l’immigration est un atout pour le pays et non une menace.  Selon lui, les immigrants clandestins devraient, avec le temps, obtenir une certaine forme de naturalisation. Sa position lui a attiré les foudres de l’aile droite du parti, les tea parties. M. Bush pourrait aller chercher l’appui des républicains traditionnels, des reagans democrats (les démocrates conservateurs) et des indépendants. S’il devient le candidat du GOP à la présidence, ce dernier serait en mesure d’obtenir le soutien d’une partie de l’électorat hispanique, et ce, grâce à sa position modérée sur la question de la naturalisation des immigrants clandestins. Il a été gouverneur de la Floride, donc, il pourrait gagner cet État, qui va être primordial pour le GOP en novembre 2016. Les deux faiblesses de Jeb Bush sont son impopularité auprès des tea parties et le fait qu’il soit le frère de l’ancien président Georges W. Bush, qui est encore impopulaire auprès d’une partie de l’électorat. Je crois que Jeb Bush est le seul candidat qui pourrait battre Hillary Clinton dans une course présidentielle. Il devrait choisir comme colistier, une figure populaire du Tea Party afin de s’assurer de son appui. Le nom du sénateur du Texas Ted Cruz me vient à l’esprit.

Ted Cruz, le conservateur

Ted Cruz est sénateur du Texas depuis 2013. En novembre 2012, cet homme politique de 44 ans a surpris tout le monde en devenant le plus jeune sénateur de la Chambre haute. Ce dernier est une figure populaire des tea parties. Il défend cœur et âme les principes des Pères fondateurs de la Constitution américaine. Il est fortement opposé à l’intrusion de l’État fédéral dans la vie des Américains. Son opposition à la réforme de la santé du président Obama le prouve bien. Sur le plan fiscal et économique, il est pour le libre-marché et préconise la flat tax (un taux d’imposition unique pour tous). Il est un conservateur social. Il est contre le mariage entre conjoints de même sexe et viscéralement opposé à l’avortement (sauf si la vie de la mère est en danger). Il s’oppose à la naturalisation de millions d’immigrants clandestins. Il prône la ligne dure envers les illégaux, ce qui plaît énormément aux partisans du Tea party. Sur le plan extérieur, le sénateur du « Lone Star State» trouve que les Etats-Unis doivent défendre et promouvoir les valeurs démocratiques à l’étranger. Il est un grand ami et défenseur de la seule démocratie au Moyen-Orient, l’État hébreu. Donc, Ted Cruz représente l’aile droite du Grand Old Party. S’il devenait candidat présidentiel, il serait en mesure de faire le plein d’appuis chez les tea parties, les conservateurs sociaux et la droite religieuse, trois factions importantes pour le GOP. Ses prises de position sont jugées trop radicales pour les républicains modérés, les indépendants, les Latino-Américains et les démocrates conservateurs, Donc, le sénateur Cruz ne serait pas le candidat idéal pour l’establishment républicain, car il est à la recherche d’un modéré qui pourrait avoir une véritable chance de battre Mme Clinton. Mais ce dernier serait un candidat idéal à la vice-présidence des Etats-Unis.

Le Parti républicain est une grande coalition composée de plusieurs factions. Le prochain candidat à la présidence va avoir besoin de l’appui de celles-ci afin d’avoir une chance réelle de battre Hillary Clinton en novembre 2016. Lors des présidentielles de 2008 et 2012, l’aile droite avait boudée les candidats à la présidence (John McCain et Mitt Romney) à cause de leur modération. Afin de maximiser ses chances de succès, je crois que le GOP doit choisir un ticket qui va bien représenter toutes ses factions, un modéré et un droitiste. Jeb Bush et Ted Cruz seraient les choix idéals. Le premier ferait le plein d’appuis chez les républicains modérés, les démocrates conservateurs, les indépendants et les hispaniques. Le second obtiendrait le soutien du Tea Party, de la droite religieuse et des conservateurs sociaux. C’est pour ces raisons qu’un ticket Bush-Cruz permettrait au GOP d’avoir de réelles chances de remporter une bataille présidentielle contre Hillary Clinton.